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Publié le 8 Août 2017

Il y a quelques jours, sans m’y attendre j’ai reçu un mail de Google Maps Timeline intitulé retour sur votre mois de juillet. J’ai découvert le Google Dashboard il y a quelques mois (années ?) par pur hasard en cherchant à modifier une donnée dans mon compte Gmail. Cette découverte était aussi fascinante qu’inquiétante. Bien sûr je connaissais le principe et la théorie du big data mais c’était la première fois que je me retrouvais nez à nez avec ma grosse data. C’était vertigineux de remonter le temps, refaire les trajets, retrouver ses recherches Googles et essayer de se remémorer le pourquoi et le comment, etc. Ce qui était vraiment inquiétant à mes yeux et à mes oreilles c’est de réaliser que Google conservait toutes les requêtes vocales que j’avais lancée à OK Google.

C’était impressionnant mais passé la stupéfaction initiale j’ai repris une vie numérique comme avant sans redouter que Google en conserve une trace. Cela me procure d’ailleurs la curieuse sensation d’externaliser ma conscience. Mais lorsque j’ai découvert le Google Dashboard ce qui m’avait le plus surpris c’était la sensation que tout cela se passait en coulisse, sans que j’en sois prévenu et sans que ce soit mis en avant par Google. Alors lorsque j’ai reçu ce mail de Google Maps Timeline ça m’a surpris. Mais je ne suis pas en train de pousser des cris d’orfraie devant la grosse data que Google me jette au visage, je continu de trouver cela fascinant. Et puis sans contextualisation je trouve encore cette empreinte numérique de moi encore assez absconde pour que je m’en inquiète.

En fait si je parle de cela c’est parce qu’en recevant ce mail et en décryptant les traces de mon mois de juillet avec ma propre grille de lecture je me suis rappelé les pensées que j’avais lorsque j’étais au collège. A cette époque j’étais un jeune garçon terriblement timide et introverti, plutôt terrorisé par le monde et les relations sociales qui l’on est censé lier avec ses semblables à cette période de la vie. En bon adolescent angoissé par le reste du monde j’avais des pensées et des peurs qui n’étaient pas nécessairement rationnelles. Et justement à cette période de ma vie j’éprouvais une peur irrationnelle, celle que mes congénères puissent lire dans mes pensées. J’étais un garçon censé, raisonnable et plutôt correctement cultivé mais pourtant j’avais peur que l’on puisse lire dans mes pensées.

Je ne me souviens pas quelles pensées je redoutais que l’on découvre, je me souviens surtout de la peur que j’ai que l’on puisse les entendre contre mon gré. Peut-être que je redoutais que mes congénères réalisent à quel point j’étais différent d’eux, ou alors peut-être que j’avais peur qu’ils réalisent au contraire que j’étais comme eux. Mais peu importe pourquoi, ce dont je me souviens c’est la peur que l’on puisse lire mes pensées. Ce n’était pas de la paranoïa, je ne supposais pas que j’étais le seul à pouvoir être victime d’une exploration non consentie de mes pensées ; je voyais le fait de lire dans les pensées des autres comme une arme. Et pour me rassurer et me protéger de cette pensée anxiogène j’imaginais le jour où l’on pourrait inventer la machine à matérialiser visuellement les pensées des gens. J’imaginais alors soumettre des semblables à cette machine et je me rassurais parce que dans mon imaginaire mes pensées étaient alors plus estimables que celles que je prêtais à mes congénères. Malgré le fondement parfaitement fantaisiste de cette peur, j’avais en fait, je crois, l’intuition qu’une société de la transparence était une mauvaise chose.

Ce que je redoutais je pense c’est que l’on piétine mon jardin secret. Et je suppose que je me rassurais en me disant que les jardins secrets des autres devaient être moins enviables que le mien. Cette époque du collège où je redoutais que l’on lise mes pensées secrètes lorsque nous faisions la queue pour rentrer dans la cantine est un temps qui remonte au siècle dernier. Un temps d’avant internet et c’est toute la différence. Parce qu’aujourd’hui lorsque je reçois un mail de Google qui rend transparent mes déplacements, mes trajets, mes espaces, mes recherches, je trouve cela amusant et fascinant mais il y a 25 ans c’était ma pire angoisse.

J’ai grandi, je suis devenu plus vieux, peut-être même plus adulte, je n’ai plus peur, je suis devenu écrivain et je fais de mon jardin secret la matière de mon écriture et je m’amuse de laisser Google poser sur moi son œil intrusif et d’en faire la matière de sa fortune.

Les temps changent, je crois que moi aussi.

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Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #Chronique chaotidienne, #Je est un Blog, #Google

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Publié le 6 Août 2017

Il y a vingt ans Stéphane Diagana devenait champion du monde de 400 mètres haies à Athènes. Il y a vingt années de cela je me trouvai dans le stade olympique d’Athènes et j’assistais à ce sacre. C’était la première fois que je me trouvais dans un stade pour être spectateur d’un événement sportif de cette ampleur. Vingt ans … mon dieu que c’est long vingt ans. Pourtant à l’échelle de mes souvenirs ce championnat du monde c’était hier, ces vingt années  disparaissent en un clin d’œil lorsque je me souviens du vertige ressenti en entrant dans le stade. Ce séjour en athlétisme dans le pays qui fut le berceau des jeux olympiques a été et reste comme une expérience merveilleuse.

Nous n’étions pas en voyage, nous étions en pèlerinage de l’hôtel au métro, du métro au stade et du stade  au bonheur. De la Grèce nous n’avions rien vu, mais nous n’en avions pas besoin. Ce qui comptait c’était d’y être ; nous ne manquions rien. Dès le matin se plonger dans la session du matin, les séries, les moments volés aux coulisses du sport, rester jusqu’à la fin, à midi, à plus tard, sous le soleil de Grèce qui frappe à son zénith.

Puis sortir du stade, chercher un coin d’ombre et s’installer dans un coin, pique-niquer puis somnoler sur un carton pour se gorger de l’ambiance, de l’atmosphère et ne rien manquer jusqu’à ce que l’athlétisme reprenne pour la session du soir. C’était il y a vingt ans, et pour moi c’était hier. Pourtant lorsque je réfléchis un  peu je réalise pour que pour toute une génération dans la vingtaine, vingt ans c’est une éternité, c’est leur vie, c’est long, mais à l’échelle de ma vie, ces championnats du monde à Athènes c’était hier et si c’était hier alors vingt ans dans ma vie vingt ans ce n’est qu’une étape et si vingt ans c’est une étape alors c’est qu’aujourd’hui je commence à devenir vieux.

C’est ça de grandir ? Est-ce cela de vieillir ? Est-ce qu’oublier la distance entre le passé et le présent c’est ce qui fait de nous un vieux con ? Mon hier c’était il y a vingt ans alors je ne peux plus le nier : je suis vieux.

Et c’est le sport qui me révèle tout cela.

Merci au sport de jalonner ma vie.

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Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #Je est un autre, #Je est un Blog, #Sport

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Publié le 26 Juin 2017

Au pied d’un jour neuf qui finira comme tous avant lui par devenir un vieux jour, un jour du passé, je regarde de l’autre côté de la fenêtre, du miroir, de l’écran, de la page, du temps, de moi, de l’univers et de l’autre côté de dieu et sur cette autre rive j’espère qu’une autre vie a laissée des marques dans la plage d’un sable seul, copaux de pierres et de temps. Je suis coincé au pied de cette page comme un passant, un anonyme, coincé dans un recoin sombre d’un parking par un loubard, un anonyme citadin en haine et en rage. Il me bloque, le dos contre le béton, et la lumière névrosée qui s’échappe des lampes nécrosées rendues aveugles à force de n’éclairer que sous la terre ne laisse pas d’espoir  mes regards alentours. Le naufrage est-il une légende ? En bon dyslexique je confonds se vautrer et faire naufrage, le vautrage et le naufrage ; deux mêmes idées d’un désastre identique qui englouti l’individu dans un flot boueux et guttural.

Je ne suis pas prisonnier dans un parking sous terre, il fait encore jour et les lampes aveugles et nécrosées ne déversent des photons que dans le sang de la métaphore.

Et pourtant je m’envisage dans ce sarcophage post-moderne, le grand gouffre où le piéton camoufle ses voitures pour des sommes folles. J’ai toujours aimé les parkings souterrains, leurs peintures, leurs lumières et cette impression d’être chez soi dans l’uniformité de ces architectures invisibles comme des intestins urbains. Alors pourquoi y envisager un naufrage ? Ce n’est qu’un garage. Et dehors, par le fenêtre ouverte je vois la pluie tomber, doucement et je pourrais jurer que l’herbe reverdie à vue d’œil.

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Rédigé par Monsieur Ray

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Publié le 25 Juin 2017

Le choix des rois est un morceau de viande avec une cuisson saignante et une poignée de pomme frites sorties de terres pour finir dans l’assiette puis dans le gosier du roi.

Le choix des rois est un ciel d’étoiles brillantes déserté par la lune, un ciel juste noir et juste infini qui se donne et se retire comme la mer sur le sable.

Le choix des rois est un livre de poème aux pages usées, aux pages cornées, aux pages pliées, pour témoigner qu’un jour une personne a voulu retenir ces quelques vers.

Le choix des rois est un mode de société qui n’est pas la démocratie et qu’écrit son pouvoir dans la beauté linéaire d’une trajectoire unique.

Le choix des rois est une foule qui vibre dans ce qui ressemble à une communion, une réunion émue autour d’un lieu, d’une architecture, d’une poésie, d’un dieu, d’une émotion, d’un sentiment.

Le choix des rois est une phrase qui meurt à la fin  de sa ligne et sur laquelle plus jamais personne ne reviendra chercher le sens d’un temps perdu.

Le choix des rois est une bouffonnerie en deux actes de trois scènes qui fera rire le roi et qui marquera les visages des spectateurs d’un étrange rictus.

Le choix des rois est cet étrange rictus.

Et ce point final.

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Rédigé par Monsieur Ray

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Publié le 24 Juin 2017

3201, plus un, articles publiés et 42636 visiteurs uniques depuis le début, plus toi et peut-être toi aussi. Huit années et des millions de chinois. Et moi et moi et moi.

C’est demain que je devais écrire cela. Mais qui sera là pour lire ? Depuis huit ans ce blog existe et qui est là pour lire ? Ma mère, quelques amis, l’œil scrutateur de rare espions et après ?

Pour écrire il y a quelqu’un, c’est moi.

Mais pour lire ?

Huit ans à venir quotidiennement écrire quelque chose. Il y a huit ans j’ai décidé de lancer ce blog pour me forcer à écrire. Et chaque jour je suis venu y écrire quelque chose ; souvent quelque chose d’anodin, parfois quelque chose d’intéressant.  Dix fois et plus encore j’ai imaginé que je pouvais tout arrêter. Et à chaque fois que j’ai pensé à cela j’en suis revenu à la raison et j’ai continué.

Et à chaque anniversaire de ce blog je me conforte à mon choix de continuer en me disant que je me rapproche de la décennie. Une décennie que j’aurai passé sous l’astreinte et la contrainte d’une écriture quotidienne en espérant que cela me conduise à écrire plus ou mieux.

Mais pourquoi ?

Mais comment ?

Et si j’arrêtai tout demain ?

Je serai là demain, et si je suis là demain je serai sûrement là toute une année durant. Et si je suis là toute une année durant, je serai sûrement là pour deux années, 365 jours deux fois pour 730 articles encore. Mais je pourrais arrêter d’être dans la contrainte du quotidien et me sentir livre. Sauf que je ne sais pas si je saurai faire quelque chose de bon  de cette liberté, alors tant qu’à gâcher quelque autant que ce soit la contrainte que la liberté, la sensation est moins amère.

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Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #Je est un Blog

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Publié le 15 Juin 2017

Et tout ça pour ça.

Nous avions dit que l’on ne nous y reprendrait plus. Pas cette fois non. Pas encore. En tout cas je ne sais pas si vous vous l’étiez dit ; moi je me l’étais dis.

Ne pas céder aux espoirs du pire, de la révolution et du changement.

On nous avait agité le drapeau des extrêmes, le risque de basculer dans la … révolution ? la révolte ? la rupture ? La république mise en marche avait agité la promesse du changement.

Tout allait basculer dans le chaos ; belles promesses.

Les extrêmes allaient balayer le consensus ; belles promesses.

Les choses allaient changer parce que des hommes nouveaux allaient émerger ; belles promesses.

Nous pouvions croire et adhérer à n’importe laquelle de leurs promesses de fin radicale d’un monde pour la venue d’un nouveau, dans tous les cas ça allait changer.

Mais je m’étais promis de ne plus espérer la fin et le chaos dans choses.

Je m’étais juré de ne plus y croire et de ne plus écouter les oiseaux de mauvaises augures parce qu’à la fin nous sommes toujours déçus par leurs promesses de cataclysmes.

Et voilà … tout ça pour ça.

La France est en marche. Ce n’est pas un changement, ce n’est pas une révolte, ce n’est pas une révolution. La France va être gouvernée par un président ayant le soutien de son assemblée, tu parles d’un changement, tu parles d’une surprise, tu parles d’une révolution.

La marche n’est pas une rupture, la marche est un déséquilibre contrôler et rentabilisé pour éviter que l’individu tombe comme une bouse sur le trottoir. La marche canalise le déséquilibre que l’on provoque en se mettant sur un pied et en se penchant en avant. La marche ne peut pas être une rupture, c’est la chute la rupture, c’est la chute qui survient quand on fait rupture de la marche.

Politiquement est-ce que ça sera différent ?

Bien sûr que non.

Le libéralisme à l’œuvre dans la nouvelle marche de la France est-il une rupture ? Peut-être que oui si l’on se place dans l’angle de vu restreint d’une vision franco provincial. Mais à l’échelle du monde et des sociétés qui nous entourent le libéralisme à l’œuvre dans notre marche est un facteur presque déjà éculé, c’est déjà une norme, une habitude ; La république en marche n’invente rien, elle n’innove rien, elle ne fait que mettre à jour le wagon qu’elle avait de retard sur une partie du monde qui lui sert de modèle.

Pas une rupture.

Pas une nouveauté.

Embrasser l’air du temps, paraphraser le réel, ce n’est pas source de changement ou d’innovation.

Et les vieux partis se meurent.

Et les partis des extrêmes se meurent.

Et l’abstention demeure.

Et depuis le sacre reculé de mon esprit critique la tentation de la plage est grande. L’envie d’aller mettre dans une urne en sable un bulletin en coquillage. A trop se regarder la politique nous en avons perdu une vision de société.

Mais la plage je peux pas, dimanche c’est vide-grenier, je serai debout, tant qu’à m’être lever autant mettre le bulletin dans l’urne. La place ça sera pour après.

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Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #Je est un Blog, #Réflexion

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Publié le 13 Juin 2017

La finale NBA vient de se terminer, il est 06 :15 heure de la France et j’ai les yeux mouillés. Ce n’est pas la fatigue, c’est l’émotion. C’est pour cela que j’aime regarder le sport. Je ne suis pas américain, je ne suis pas d’Oakland, je ne suis pas de Cleveland non plus, j’aime ce sport en spectateur plus qu’en partisan et pourtant j’ai eu les yeux mouillés en regardant la cérémonie qui célébra les vainqueurs. Ici le basket, ailleurs le tennis, le handball, le volley, l’athlétisme, partout le sport, toujours l’émotion.

Cette émotion qui me traverse c’est ce que je recherche, c’est ce que je trouve. Au-delà d’un goût d’esthète ou de passionné pour la nature technique et physique d’un sport, il y a cette émotion des hommes qui le pratique. C’est elle qui est contagieuse, transmissible à n’importe qui possédant un cœur et un peu d’empathie. Alors oui je verse quelques larmes pour les histoires individuelles qui se nouent et se résolvent dans le sport, la victoire et la défaite.

Vous pouvez bien vous moquer des supporters en ostracisant leur passion passive pour des pousseurs de ballons et des générateurs de sueurs. Mais il est bel et bien question d’émotion, d’humanité et d’histoires qui s’écrivent par et pour le sport. C’est ce que j’aime. Vous le savez vu que je me répète. Mais c’est normal il est très tôt et je n’ai pas encore dormi. Bonne nuit et merci à cette finale NBA.

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Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #Je est un Blog, #Sport

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Publié le 26 Mai 2017

Dans la lumière du cosmos le rythme des étoiles et comme le rythme du clavier ; elles scintillent avec une irrégularité normale et moi je frappe le clavier avec une irrégularité normative qui témoigne de la profonde solitude des mots qui naissent la poitrine et qui transite directement dans les doigts. Je suis à deux doigts, comme ceux qui se frappent sur le clavier. La musicalité des mots, au sens de musicalité des paroles est une chose, et il est exacte de dire que je passe souvent le clair de mon écriture à l’écouter parler pour déceler les moyens de faire en sorte que cette écriture sonne bien, en tout cas qu’elle sonne mieux que le gruau indistinct qu’elle est lorsqu’elle naît dans l’idiotie crânienne de mon cerveau. Mais parfois ce n’est que le bruit de clavier que j’écoute, le rythme saccadé qui découpe le silence et qui hache tant bien que peu le brouhaha de ma conscience. Parfois je n’espère qu’une seule chose c’est que le clavier puisse faire taire ma pensée.

 

Alors vous comprendrez pourquoi j’appréhende assez mal les personnes qui me laisse entendre ma pensée par le silence de la leur qui devient une caisse de résonance infinie et informelle qu’il est impossible de contrôler et dont je subis alors la dite résonance. Le rythme du clavier n’a pas de sens, il est comme le bruit d’une rivière ou d’une autoroute, c’est un parasite familier qui englobe assez de conscience active pour tenir sous l'éteignoir les cavalcades de la pensée. Et s’accrocher au rythme c’est abandonner une part de sens, c’est privilégier le mot qui vient à celui qu’il faudrait prendre de trouver parce que celui qui est là fera le bon bruit de cliquetis plastifiés sur le clavier. En d’autres termes écrire sans écouter la musique des mots mais se concentrer sur la rythmique de la frappe c’est dénouer d’avec la conscience et embrasser un peu de poésie. C’est paradoxalement embrasser un peu de poésie. De cette poésie abstraite et arbitraire qui n’a de sens que dans le sens du courant de ce fleuve artificiel qui charrie l’angoisse de l’auteur.

 

Le silence est une agression sans filtre. La parole à l’opposé est un filtre permanent parce que la parole est une mise en scène, c’est une double ponction, ponction dans la soupe primitive de la conscience et ponction dans le réel perçu ou ressenti, qui est mise en forme afin d’adopter une forme transmissible. La parole est une mise au moule du sens et du sens commun parce que la parole a toujours la prétention de pouvoir être transmise. Alors nécessairement la parole est un filtre, c’est une superposition de filtre qui protègent, altèrent, nuancent l'insupportable chaos de la conscience. Le silence est l’enfer.

 

Le silence est cet enfer du soi par soi, qui extermine toutes possibilités de filtrage ce qui conduit la pensée à faire fleurir ses fleurs les plus toxiques. Le silence est le terreau toxique d’un enfer vert qui pourrait proliférer sans limites jusqu’à saturer l’espace, épuiser le sol, appauvrir la terre et ne laisser derrière lui que la possibilité d’un désert. Et je ne veux pas de ce désert qui se profil sur l’horizon comme un mauvais mirage ondulant sous mes yeux trop crédules et qui recouvre d’un voile humide ma conscience à la manière des gentlemans qui mettaient leurs mouchoirs sur leurs honneurs bafoués. Ce que je veux c’est le bruit, la fureur et le son des idées qui parlent et se parlent ensemble comme un ensemble de formes et de couleurs sur la toile abstraite de l’air alentour.

 

Cette fin est maudite comme un mauvais roman d'exotisme avec momie et sables mouvants.

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Rédigé par Monsieur Ray

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Publié le 22 Mai 2017

La nuit logée dans un moment de liberté, d’amertume, de supposition poétique.

C’est un instant éphémère. Une construction patentée qui raisonne de souvenirs lointains.

Mais il n’y a pas de véritable écho. C’est juste toi et toi dans la même tête, ce n’est pas un écho c’est un fantôme. C’est dans la nuit c’est un fantôme. C’est dans les draps c’est un fantôme et tu maudis le temps où le fantasme est devenu fantôme. C’est dans l’horreur d’un cri d’effroi c’est un fantôme. Il est issu du paradis, c’est un fantôme. C’est l’issue des enfers, c’est un fantôme.

Et l’ectoplasme froid qui colle à tes doigts ne laisse pas de doutes.

Je creuse ma nuit.

Je creuse dans la nuit. Dans la nuit je creuse entre l’œil délétère dans ma conscience et l’autre objectif de l’horloge. Certains prennent la pose, d’autre la marque mais je n’ai pas le temps pour une hésitation.

Pas plus que je n’ai le temps pour une esthétique. C’est du cœur au trait, de l’âme à l’océan, je vague de refoulés et je pioche le soupir. Et si la grande ourse me fait de l’œil dans le ciel étoilé des corps nus sur la plage c’est que je me souviens d’elle comme l’exact moment de toute une vie. Le moment qui condense et rattrape ma vie dans une dilatation parfaite du sommeil du crâne jusqu’à mon dernier chakra.

Et si d’un côté une muse éventée s’évente l’abcès sur une île éventrée je conserve comme vierge la marque à l’âme de l’autre muse, visée dans le boulon de mon crâne de créature comme Frankenstein.

Ce n’est pas de la faim qui tiraille, c’est la nuit. C’est bonne nuit. C’est ma nuit. Ma petite musique de nuit.

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Rédigé par Monsieur Ray

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Publié le 17 Mai 2017

J’ai tellement de choses à plagier. De toute façon tout à déjà été plagié par tout et tout le monde, vingt-six lettres quelques milliards de vies, le reste est une équation mathématique de la répétition. Rien ne se crée, rien ne se perd, tout est médiatique. Moi-même je suis le média de ma bouche, elle-même média de mes idées, elles-mêmes médiatrices de ma décadence. Est-ce vrai ? Est-ce faux ? Est-ce de la poésie ? Est-ce que je suis le faussaire d’un autre qui fût un fake qui affirmait qu’il était le beau, le seul et l’unique exemplaire de son espèce ?

Espèce de con. Oui, l’être humain est une espèce de con, un peu plus haut que l’animal et que le végétal sur l’échelle ouverte de la bête et de la reproduction. De toute manière c’est déjà écrit dans la bible, qu’est ce que je disais ? Je ne suis bon qu’à plagier. Le mâle est un plagiat assumé de dieu, c’est l’auteur lui-même qui prétend avoir tout pompé sur lui-même, quand à la femelle elle n’est qu’une copie bâtarde du mâle, une resucée réchauffée par le même auteur sans inspiration. La femelle c’est le plagiat travesti de dieu, et sans extrapoler, où à peine, la femelle est le plagiat des nuits de débauche où dieu se travesti et se bourre la gueule à ne plus finir d’en rire, de s’en rouler parterre à s’en briser les os.

Tout était déjà là avant moi, les mots, les modèles, les hommes de qui s’inspirer pour plaire à ces mêmes femmes qui étaient déjà séduites par ces mêmes ficelles littéraires. Et pour ne pas choquer la bonne conscience des muses et des farfelus qui prétendent connaître l’inspiration et puiser dans le néant la nouveauté prétendue de leurs mots liquéfiés par la hantise d’ignorer leur redondance dans l’ensemble du paysage lettré je vais reformuler la chose. Ceci n’est pas du plagiat, c’est une tradition, un folklore voyez vous bandes de cons. On s’inscrit dans un folklore et on s’inscrit dans une tradition avec complaisance mais confort. D’accord, si toutes cette inspiration mécanique de la reproductibilité des mots d’autrui n’est pas un plagiat mais un hommage qui s’inscrit dans une tradition ancestrale alors peut-être que vos consciences l’acceptent avec plus de déférence, mais moins de dignité.

Je sais bien que je suis comme les roses, vendues à la tonne dans les marchés aux fleurs. Je suis comme ça, récolté sur le terreau puis calibrée et mis sous plastique ou sous le verre de vos écrans. Puis étiqueté. N’allez pas croire que c’est une plainte, c’est un constat assumé et je préfère dignement poursuivre un plagiat qui pourrait me tirer vers le haut si je m’assure de plagier l’inspiration d’auteurs plus haut que moi dans l’estime subjective que j’échafaude du monde, plutôt glisser vers la médiocrité solitaire et imbécile de ceux qu’ignorent qu’ils ne sont que des facsimilés assimilé par le système et la tradition depuis tellement longtemps qu’ils ne sont même plus capables d’envisager qu’il ai pu en être autrement.  

La logique est respectée, je plagie cette illustration sous l'égide d'une autre Brigitte

La logique est respectée, je plagie cette illustration sous l'égide d'une autre Brigitte

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Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #écrire, #Je est un Blog, #Plagiat

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