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Publié le 10 Septembre 2017

Ce dimanche, comme souvent le dimanche c’est un jour de brocante, de vide-grenier, un dimanche pour se lever tôt et cela même si je m’étais couché tard après une bonne partie de jeu de rôle qui s’est terminée au-delà de trois heures du matin. Comme souvent le dimanche le goût de la chine et le plaisir de partir à la pêche à l’inconnu je me suis levé et je suis parti fouiller les stands. Mais tout cela vous le savez, je le sais, et il n’y a pas de quoi en faire article.

Les articles de vide-grenier sur ce blog sont limités aux ouvrages chinés et d’ailleurs ça fait assez longtemps que je n’en ai pas acheté. Ce matin j’ai fait de belles prises, des jeux vidéo, des Lego, des figurines, tout ce que j’aime collecter et tout ce que je vais prendre plaisir à exposer et chroniquer sur mon autre blog. Là bas, de l’autre côté de mon miroir numérique, sur le blog Mémoire de joueur, j’aime entrer dans ces détails, détailler mes achats et mes trouvailles ; c’est agréable parce que c’est logique, c’est à la bonne place. Et pourtant chroniquer des achats c’est exactement ce que je ne voulais pas faire avant parce que avant je pensais faire de la matière de blog avec des achats c’était tout à la fois honteux et peu glorieux parce que dans le fond mon personnage / blogueur / auteur sur ce blog là bas milite contre la consommation et au fond de lui comme au fond de moi j’ai toujours envie de me dresser contre une société qui prône la consommation comme le sens d’une vie. Mais avec les vide-greniers et avec les boutiques pour pauvres et radins j’ai trouvé de la matière pour acheter et chroniquer ces achats.

Je ne vous cache pas que je ne sais pas du tout ce que je pensais écrire en me lançant dans cet article, ni où j’ai envie d’aller. Oui, ça me revient, je voulais parler de mon envie de changer la bannière du blog Mémoire de joueur et je voudrais aussi changer le titre, pour assumer et revendiquer un peu plus encore ma part de chineur et de consommateur des interstices sans renier ma volonté de rédiger des choses plus littéraires et plus réfléchies.

J’ai mis du temps à choisir le titre de ce blog mais très vite je crois que je m’en suis lassé où que je m’y suis plus reconnu et l’envie d’en modifier le titre perdure depuis quasiment les débuts. L’esthétique et la bannière, le fronton de mon blog en d’autres termes, je voudrais parvenir à créer quelque chose qui soit dans l’esprit de mon esprit. Mais si les envies sont là, si les idées aussi sont là, le passage à l’acte qui fige la prolifération des idées reste pour moi l’étape la plus difficile. Pour ce blog ici, c’est moins important parce que ce blog est l’anti-chambre de quelque chose, l’enfer ou le paradis, et puis je sais que personne ou presque ne passe ici. Mais mon autre blog où j’écris mes chroniques de vide-grenier, mes critiques de films et de jeux vidéo, c’est le blog qui est visité et c’est celui dont je suis fier même si je n’y poste pas assez souvent. J’en suis fier parce qu’il est née avec un but, une ambition, une utopie, celle de faire de cet espace le lieu d’expression et de formation de ma pensée critique autour de cette culture qui est entre autre la culture de ma génération. Et comme l’ambition me tient à cœur je voudrais lui donner un lieu à la hauteur.

Alors peut-être que ce soir je vais encore essayer de bidouiller une esthétique pour ce blog. Ou alors je vais me reposer. Ou regarder la télé.

Cet article n’a pas de fin.

Queue de poisson.

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Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #Divagations diverses, #Je est un Blog

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Publié le 8 Septembre 2017

Qui s’y colle y reste timbré et ce soir, même si les maux de têtes enveloppent mon crâne, je ne pique pas mon fard et je me lance dans la rédaction de la brique du soir ; espoir ; devoir. Mais vu comme c’est parti cet article manque de cachet et pourtant le poste sera mis en ligne ce soir avant minuit. Je ne suis pas auteur, je ne suis pas blogueur, je suis simplement la cendrillon des blogs. Une cendrillon en short et chemise rose qui part chaque jour à la poursuite d’un lapin blanc lorsque l’inspiration me pose un lièvre. Mais si ici ce soir la prose du jour ne vole pas haut vu qu’elle tombe dans le terrier des lapins comme un ivrogne qui sort d’un bar et tombe de haut, j’ai quand même trouvé les bons mots pour rédiger sur mon autre blog un bel article de retour de vide-grenier ; peut-être parce que le vide-grenier en question était fructueux.

Ici les miettes, le temps volé, les maux de tête et les morceaux de pains abandonnés les uns derrière les autres en espérant que cela mène qu’un jusqu’ici.

Oui, seulement du pain.

Juste des miettes.

Je ne suis pas blogueur, je ne suis pas auteur, je ne suis même pas la cendrillon des blogs, en vérité je suis le Loana des lieux communs.

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Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #Divagations diverses, #Je est un Blog

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Publié le 6 Septembre 2017

Six cent quarante et un jours et donc six cent quarante et un articles c’est officiellement le nombre de jour que ce blog va devoir encore exister avant d’atteindre le temps de sa complétude. Et s’il reste six cent quarante et un jours il me reste au moins six cent quarante et un articles à rédiger. C’est à ce terme que le blog atteindra ses dix ans. Après dix ans et je ne sais pas combien d’articles je pourrais considérer ce blog et ce projet comme fini, assez fini pour passer à autre chose.

Je crois que j’ai toujours su cela. Et même si je n’en étais pas conscience je suis sûr qu’au fond de moi j’ai toujours su cela, même si ça ne fait que quelques années que j’ai pris conscience que je devrais atteindre les dix ans d’articles quotidiens avant de me libérer. Mais curieusement cela ne fait qu’un jour où deux que j’ai verbalisé cet objectif. En mettant ces mots sur ce fait je me suis soudain senti plus libre et plus léger. Ce blog n’est pas un blog car j’ai toujours cru qu’il lui manquait une ligne éditoriale ou un fil directeur. Mais finalement je me trompais, ce blog a une ligne directrice, un point de fuite, un projet ; tenir dix ans à écrire au moins un article par jour.

Ce blog n’est pas un blog, ce blog est une forme de performance. Et en cela ce blog est sûrement une résurgence de mes penchants artistiques ainsi qu’une petite expression de mes névroses. Et au milieu de tout cela, des fragments d’écriture, des fragments de vide-greniers et des morceaux de moi. Mais on se moque de tout cela parce que ce soir je suis libre.

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Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #Les mots des mots, #Je est un Blog

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Publié le 23 Août 2017

De l’Italie restent les lacs, la verdure, la Suisse, le ciel, les nuages qui s’accrochent aux reliefs, les routes qui serpentent, les viaducs, les tunnels, et la cathédral de Milan qui s’impose comme un géant de marbre blanc ; un vaisseau aux flancs duquel s'agrippent et grimpent des centaines de statues et des sculptures précieuses qui scellent la splendeur de l’édifice pesant échoué par hasard sur cette place grise, il reste le pragmatisme monumental de Milan qui balaye d’un revers d’architecture ce qui peut être attachant dans une ville, reste le charme des villes de moindre ampleur, le coeur de Varèse et les beautés faussement méditerranéenne des rives du lac de Côme qui se cisèlent d’une rive à l’autre et qui s’accostent par bateaux ancien dont le charme suranné des bielles et des roues à aubes agît toujours comme une magie de 90 ans.

Comme les lacs je retiens cette eaux du sol au ciel, de la surface aux nuages et puis l’orage qui vide les rues et les ruelles et lavent les corps et les esprits de ceux qui marchent sous leurs pluies d’été, le retiens le ciel, lorsque les étoiles dessinent des grandes ourses et des constellations sans lune et que par-delà la ligne de crêtes des collines et des montagnes je vois les orages gonfler les nuages de lumières électriques, je retiens les alludes qui tournoyaient sur le toit de l’église d’où la vue était panoramique, sur le sommet du relief, sur le toit d’une église à défaut d’épouser dieu je pouvais épouser tout le paysage, et des églises et des lieux saints et les pierres de dieu il y en a beaucoup, partout et les cloches sonnent et elles sonnent encore et leurs échos résonnent dans la vallée et puis dans le cœur de la cathédrale de Milan il y a la statue de l’écorché, le Saint Barthélémy de Marco Agrate qui trône sans raison dans un recoin de la cathédrale et qui tranche avec tout le reste drapé dans sa peau vide et dans l’aura de son infini modernité et de son aura de transparence, surprenant et fulgurant.

Et pour le reste de l’Italie, les odeurs et les routes, les lueurs, la rosée dans l’herbe dès la nuit tombée, les pas dans l’eau du lac, les ruelles et les escaliers et puis Google Photo l’impossible œil par-dessus votre épaule et la télé italienne qui diffusent les championnats du monde d’athlétisme et la chute de Usain Bolt et le lit qui grince, et les bouteilles d’eau fraîche, la brosse métallique pour récurer le barbecue et la pizza bien sûr.

Quelques jours en Italie

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Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #Je est un Blog, #Chronique chaotidienne

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Publié le 22 Août 2017

Il a fallu choisir un jour. Non, je voulais dire qu’un jour il a fallu choisir. Et même là c’est erroné puisqu’il a fallu choisir non pas un jour mais deux jours, deux dimanches consécutifs nous avons été amenés à choisir le président il y a de cela quelques semaines qui font déjà des mois. Au premier tour j’ai voté pour un perdant et pour le second tour je me suis retrouvé confronté à la nécessité de faire un choix. Ce choix là j’ai fini par le faire et j’ai choisi en mon âme et conscience de voter nul ; un joli bulletin nul à portée purement artistique. Pourquoi revenir là-dessus au soir du 22 août 2017 ? Parce que ce choix n’a pas été facile, ce fut un dilemme et un tiraillement de faire ce choix mais au soir de ce 22 août 2017 je profite de la protée libératoire de mon vote nul. En faisant ce non choix j’ai choisi de me soulager de la responsabilité politique de l’électeur. Bien sûr en votant nul je laissais aux autres la capacité de faire un choix et je me suis octroyer le loisir de m’en foutre, de m’en moquer, de m’en laver les mains, de regarder de loin l’agitation que devrait être la politique et de commenter comme un pilier de comptoir la morosité du paysage politique.

Et en ce milieu du mois d’août, alors que mes pieds foulent l’herbe jaunie par le soleil qui n’en finit pas de se déverser sur la nature je me sens terriblement serein de ne pas avoir à assumer la mascarade politique de monsieur Macron ; tout cela n’est que de la poudre de perlimpinpin. Et si je suis un con comme un autre, je n’en suis pas moins un de vos concitoyen.

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Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #Je est un autre, #Je est un Blog, #autofiction, #politique, #actualité

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Publié le 8 Août 2017

Il y a quelques jours, sans m’y attendre j’ai reçu un mail de Google Maps Timeline intitulé retour sur votre mois de juillet. J’ai découvert le Google Dashboard il y a quelques mois (années ?) par pur hasard en cherchant à modifier une donnée dans mon compte Gmail. Cette découverte était aussi fascinante qu’inquiétante. Bien sûr je connaissais le principe et la théorie du big data mais c’était la première fois que je me retrouvais nez à nez avec ma grosse data. C’était vertigineux de remonter le temps, refaire les trajets, retrouver ses recherches Googles et essayer de se remémorer le pourquoi et le comment, etc. Ce qui était vraiment inquiétant à mes yeux et à mes oreilles c’est de réaliser que Google conservait toutes les requêtes vocales que j’avais lancée à OK Google.

C’était impressionnant mais passé la stupéfaction initiale j’ai repris une vie numérique comme avant sans redouter que Google en conserve une trace. Cela me procure d’ailleurs la curieuse sensation d’externaliser ma conscience. Mais lorsque j’ai découvert le Google Dashboard ce qui m’avait le plus surpris c’était la sensation que tout cela se passait en coulisse, sans que j’en sois prévenu et sans que ce soit mis en avant par Google. Alors lorsque j’ai reçu ce mail de Google Maps Timeline ça m’a surpris. Mais je ne suis pas en train de pousser des cris d’orfraie devant la grosse data que Google me jette au visage, je continu de trouver cela fascinant. Et puis sans contextualisation je trouve encore cette empreinte numérique de moi encore assez absconde pour que je m’en inquiète.

En fait si je parle de cela c’est parce qu’en recevant ce mail et en décryptant les traces de mon mois de juillet avec ma propre grille de lecture je me suis rappelé les pensées que j’avais lorsque j’étais au collège. A cette époque j’étais un jeune garçon terriblement timide et introverti, plutôt terrorisé par le monde et les relations sociales qui l’on est censé lier avec ses semblables à cette période de la vie. En bon adolescent angoissé par le reste du monde j’avais des pensées et des peurs qui n’étaient pas nécessairement rationnelles. Et justement à cette période de ma vie j’éprouvais une peur irrationnelle, celle que mes congénères puissent lire dans mes pensées. J’étais un garçon censé, raisonnable et plutôt correctement cultivé mais pourtant j’avais peur que l’on puisse lire dans mes pensées.

Je ne me souviens pas quelles pensées je redoutais que l’on découvre, je me souviens surtout de la peur que j’ai que l’on puisse les entendre contre mon gré. Peut-être que je redoutais que mes congénères réalisent à quel point j’étais différent d’eux, ou alors peut-être que j’avais peur qu’ils réalisent au contraire que j’étais comme eux. Mais peu importe pourquoi, ce dont je me souviens c’est la peur que l’on puisse lire mes pensées. Ce n’était pas de la paranoïa, je ne supposais pas que j’étais le seul à pouvoir être victime d’une exploration non consentie de mes pensées ; je voyais le fait de lire dans les pensées des autres comme une arme. Et pour me rassurer et me protéger de cette pensée anxiogène j’imaginais le jour où l’on pourrait inventer la machine à matérialiser visuellement les pensées des gens. J’imaginais alors soumettre des semblables à cette machine et je me rassurais parce que dans mon imaginaire mes pensées étaient alors plus estimables que celles que je prêtais à mes congénères. Malgré le fondement parfaitement fantaisiste de cette peur, j’avais en fait, je crois, l’intuition qu’une société de la transparence était une mauvaise chose.

Ce que je redoutais je pense c’est que l’on piétine mon jardin secret. Et je suppose que je me rassurais en me disant que les jardins secrets des autres devaient être moins enviables que le mien. Cette époque du collège où je redoutais que l’on lise mes pensées secrètes lorsque nous faisions la queue pour rentrer dans la cantine est un temps qui remonte au siècle dernier. Un temps d’avant internet et c’est toute la différence. Parce qu’aujourd’hui lorsque je reçois un mail de Google qui rend transparent mes déplacements, mes trajets, mes espaces, mes recherches, je trouve cela amusant et fascinant mais il y a 25 ans c’était ma pire angoisse.

J’ai grandi, je suis devenu plus vieux, peut-être même plus adulte, je n’ai plus peur, je suis devenu écrivain et je fais de mon jardin secret la matière de mon écriture et je m’amuse de laisser Google poser sur moi son œil intrusif et d’en faire la matière de sa fortune.

Les temps changent, je crois que moi aussi.

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Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #Chronique chaotidienne, #Je est un Blog, #Google

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Publié le 6 Août 2017

Il y a vingt ans Stéphane Diagana devenait champion du monde de 400 mètres haies à Athènes. Il y a vingt années de cela je me trouvai dans le stade olympique d’Athènes et j’assistais à ce sacre. C’était la première fois que je me trouvais dans un stade pour être spectateur d’un événement sportif de cette ampleur. Vingt ans … mon dieu que c’est long vingt ans. Pourtant à l’échelle de mes souvenirs ce championnat du monde c’était hier, ces vingt années  disparaissent en un clin d’œil lorsque je me souviens du vertige ressenti en entrant dans le stade. Ce séjour en athlétisme dans le pays qui fut le berceau des jeux olympiques a été et reste comme une expérience merveilleuse.

Nous n’étions pas en voyage, nous étions en pèlerinage de l’hôtel au métro, du métro au stade et du stade  au bonheur. De la Grèce nous n’avions rien vu, mais nous n’en avions pas besoin. Ce qui comptait c’était d’y être ; nous ne manquions rien. Dès le matin se plonger dans la session du matin, les séries, les moments volés aux coulisses du sport, rester jusqu’à la fin, à midi, à plus tard, sous le soleil de Grèce qui frappe à son zénith.

Puis sortir du stade, chercher un coin d’ombre et s’installer dans un coin, pique-niquer puis somnoler sur un carton pour se gorger de l’ambiance, de l’atmosphère et ne rien manquer jusqu’à ce que l’athlétisme reprenne pour la session du soir. C’était il y a vingt ans, et pour moi c’était hier. Pourtant lorsque je réfléchis un  peu je réalise pour que pour toute une génération dans la vingtaine, vingt ans c’est une éternité, c’est leur vie, c’est long, mais à l’échelle de ma vie, ces championnats du monde à Athènes c’était hier et si c’était hier alors vingt ans dans ma vie vingt ans ce n’est qu’une étape et si vingt ans c’est une étape alors c’est qu’aujourd’hui je commence à devenir vieux.

C’est ça de grandir ? Est-ce cela de vieillir ? Est-ce qu’oublier la distance entre le passé et le présent c’est ce qui fait de nous un vieux con ? Mon hier c’était il y a vingt ans alors je ne peux plus le nier : je suis vieux.

Et c’est le sport qui me révèle tout cela.

Merci au sport de jalonner ma vie.

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Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #Je est un autre, #Je est un Blog, #Sport

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Publié le 26 Juin 2017

Au pied d’un jour neuf qui finira comme tous avant lui par devenir un vieux jour, un jour du passé, je regarde de l’autre côté de la fenêtre, du miroir, de l’écran, de la page, du temps, de moi, de l’univers et de l’autre côté de dieu et sur cette autre rive j’espère qu’une autre vie a laissée des marques dans la plage d’un sable seul, copaux de pierres et de temps. Je suis coincé au pied de cette page comme un passant, un anonyme, coincé dans un recoin sombre d’un parking par un loubard, un anonyme citadin en haine et en rage. Il me bloque, le dos contre le béton, et la lumière névrosée qui s’échappe des lampes nécrosées rendues aveugles à force de n’éclairer que sous la terre ne laisse pas d’espoir  mes regards alentours. Le naufrage est-il une légende ? En bon dyslexique je confonds se vautrer et faire naufrage, le vautrage et le naufrage ; deux mêmes idées d’un désastre identique qui englouti l’individu dans un flot boueux et guttural.

Je ne suis pas prisonnier dans un parking sous terre, il fait encore jour et les lampes aveugles et nécrosées ne déversent des photons que dans le sang de la métaphore.

Et pourtant je m’envisage dans ce sarcophage post-moderne, le grand gouffre où le piéton camoufle ses voitures pour des sommes folles. J’ai toujours aimé les parkings souterrains, leurs peintures, leurs lumières et cette impression d’être chez soi dans l’uniformité de ces architectures invisibles comme des intestins urbains. Alors pourquoi y envisager un naufrage ? Ce n’est qu’un garage. Et dehors, par le fenêtre ouverte je vois la pluie tomber, doucement et je pourrais jurer que l’herbe reverdie à vue d’œil.

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Rédigé par Monsieur Ray

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Publié le 25 Juin 2017

Le choix des rois est un morceau de viande avec une cuisson saignante et une poignée de pomme frites sorties de terres pour finir dans l’assiette puis dans le gosier du roi.

Le choix des rois est un ciel d’étoiles brillantes déserté par la lune, un ciel juste noir et juste infini qui se donne et se retire comme la mer sur le sable.

Le choix des rois est un livre de poème aux pages usées, aux pages cornées, aux pages pliées, pour témoigner qu’un jour une personne a voulu retenir ces quelques vers.

Le choix des rois est un mode de société qui n’est pas la démocratie et qu’écrit son pouvoir dans la beauté linéaire d’une trajectoire unique.

Le choix des rois est une foule qui vibre dans ce qui ressemble à une communion, une réunion émue autour d’un lieu, d’une architecture, d’une poésie, d’un dieu, d’une émotion, d’un sentiment.

Le choix des rois est une phrase qui meurt à la fin  de sa ligne et sur laquelle plus jamais personne ne reviendra chercher le sens d’un temps perdu.

Le choix des rois est une bouffonnerie en deux actes de trois scènes qui fera rire le roi et qui marquera les visages des spectateurs d’un étrange rictus.

Le choix des rois est cet étrange rictus.

Et ce point final.

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Rédigé par Monsieur Ray

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Publié le 24 Juin 2017

3201, plus un, articles publiés et 42636 visiteurs uniques depuis le début, plus toi et peut-être toi aussi. Huit années et des millions de chinois. Et moi et moi et moi.

C’est demain que je devais écrire cela. Mais qui sera là pour lire ? Depuis huit ans ce blog existe et qui est là pour lire ? Ma mère, quelques amis, l’œil scrutateur de rare espions et après ?

Pour écrire il y a quelqu’un, c’est moi.

Mais pour lire ?

Huit ans à venir quotidiennement écrire quelque chose. Il y a huit ans j’ai décidé de lancer ce blog pour me forcer à écrire. Et chaque jour je suis venu y écrire quelque chose ; souvent quelque chose d’anodin, parfois quelque chose d’intéressant.  Dix fois et plus encore j’ai imaginé que je pouvais tout arrêter. Et à chaque fois que j’ai pensé à cela j’en suis revenu à la raison et j’ai continué.

Et à chaque anniversaire de ce blog je me conforte à mon choix de continuer en me disant que je me rapproche de la décennie. Une décennie que j’aurai passé sous l’astreinte et la contrainte d’une écriture quotidienne en espérant que cela me conduise à écrire plus ou mieux.

Mais pourquoi ?

Mais comment ?

Et si j’arrêtai tout demain ?

Je serai là demain, et si je suis là demain je serai sûrement là toute une année durant. Et si je suis là toute une année durant, je serai sûrement là pour deux années, 365 jours deux fois pour 730 articles encore. Mais je pourrais arrêter d’être dans la contrainte du quotidien et me sentir livre. Sauf que je ne sais pas si je saurai faire quelque chose de bon  de cette liberté, alors tant qu’à gâcher quelque autant que ce soit la contrainte que la liberté, la sensation est moins amère.

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Rédigé par Monsieur Ray

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