Articles avec #je est un blog tag

Publié le 26 Mai 2017

Dans la lumière du cosmos le rythme des étoiles et comme le rythme du clavier ; elles scintillent avec une irrégularité normale et moi je frappe le clavier avec une irrégularité normative qui témoigne de la profonde solitude des mots qui naissent la poitrine et qui transite directement dans les doigts. Je suis à deux doigts, comme ceux qui se frappent sur le clavier. La musicalité des mots, au sens de musicalité des paroles est une chose, et il est exacte de dire que je passe souvent le clair de mon écriture à l’écouter parler pour déceler les moyens de faire en sorte que cette écriture sonne bien, en tout cas qu’elle sonne mieux que le gruau indistinct qu’elle est lorsqu’elle naît dans l’idiotie crânienne de mon cerveau. Mais parfois ce n’est que le bruit de clavier que j’écoute, le rythme saccadé qui découpe le silence et qui hache tant bien que peu le brouhaha de ma conscience. Parfois je n’espère qu’une seule chose c’est que le clavier puisse faire taire ma pensée.

 

Alors vous comprendrez pourquoi j’appréhende assez mal les personnes qui me laisse entendre ma pensée par le silence de la leur qui devient une caisse de résonance infinie et informelle qu’il est impossible de contrôler et dont je subis alors la dite résonance. Le rythme du clavier n’a pas de sens, il est comme le bruit d’une rivière ou d’une autoroute, c’est un parasite familier qui englobe assez de conscience active pour tenir sous l'éteignoir les cavalcades de la pensée. Et s’accrocher au rythme c’est abandonner une part de sens, c’est privilégier le mot qui vient à celui qu’il faudrait prendre de trouver parce que celui qui est là fera le bon bruit de cliquetis plastifiés sur le clavier. En d’autres termes écrire sans écouter la musique des mots mais se concentrer sur la rythmique de la frappe c’est dénouer d’avec la conscience et embrasser un peu de poésie. C’est paradoxalement embrasser un peu de poésie. De cette poésie abstraite et arbitraire qui n’a de sens que dans le sens du courant de ce fleuve artificiel qui charrie l’angoisse de l’auteur.

 

Le silence est une agression sans filtre. La parole à l’opposé est un filtre permanent parce que la parole est une mise en scène, c’est une double ponction, ponction dans la soupe primitive de la conscience et ponction dans le réel perçu ou ressenti, qui est mise en forme afin d’adopter une forme transmissible. La parole est une mise au moule du sens et du sens commun parce que la parole a toujours la prétention de pouvoir être transmise. Alors nécessairement la parole est un filtre, c’est une superposition de filtre qui protègent, altèrent, nuancent l'insupportable chaos de la conscience. Le silence est l’enfer.

 

Le silence est cet enfer du soi par soi, qui extermine toutes possibilités de filtrage ce qui conduit la pensée à faire fleurir ses fleurs les plus toxiques. Le silence est le terreau toxique d’un enfer vert qui pourrait proliférer sans limites jusqu’à saturer l’espace, épuiser le sol, appauvrir la terre et ne laisser derrière lui que la possibilité d’un désert. Et je ne veux pas de ce désert qui se profil sur l’horizon comme un mauvais mirage ondulant sous mes yeux trop crédules et qui recouvre d’un voile humide ma conscience à la manière des gentlemans qui mettaient leurs mouchoirs sur leurs honneurs bafoués. Ce que je veux c’est le bruit, la fureur et le son des idées qui parlent et se parlent ensemble comme un ensemble de formes et de couleurs sur la toile abstraite de l’air alentour.

 

Cette fin est maudite comme un mauvais roman d'exotisme avec momie et sables mouvants.

Voir les commentaires

Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #écrire, #Je est un Blog

Repost 0

Publié le 22 Mai 2017

La nuit logée dans un moment de liberté, d’amertume, de supposition poétique.

C’est un instant éphémère. Une construction patentée qui raisonne de souvenirs lointains.

Mais il n’y a pas de véritable écho. C’est juste toi et toi dans la même tête, ce n’est pas un écho c’est un fantôme. C’est dans la nuit c’est un fantôme. C’est dans les draps c’est un fantôme et tu maudis le temps où le fantasme est devenu fantôme. C’est dans l’horreur d’un cri d’effroi c’est un fantôme. Il est issu du paradis, c’est un fantôme. C’est l’issue des enfers, c’est un fantôme.

Et l’ectoplasme froid qui colle à tes doigts ne laisse pas de doutes.

Je creuse ma nuit.

Je creuse dans la nuit. Dans la nuit je creuse entre l’œil délétère dans ma conscience et l’autre objectif de l’horloge. Certains prennent la pose, d’autre la marque mais je n’ai pas le temps pour une hésitation.

Pas plus que je n’ai le temps pour une esthétique. C’est du cœur au trait, de l’âme à l’océan, je vague de refoulés et je pioche le soupir. Et si la grande ourse me fait de l’œil dans le ciel étoilé des corps nus sur la plage c’est que je me souviens d’elle comme l’exact moment de toute une vie. Le moment qui condense et rattrape ma vie dans une dilatation parfaite du sommeil du crâne jusqu’à mon dernier chakra.

Et si d’un côté une muse éventée s’évente l’abcès sur une île éventrée je conserve comme vierge la marque à l’âme de l’autre muse, visée dans le boulon de mon crâne de créature comme Frankenstein.

Ce n’est pas de la faim qui tiraille, c’est la nuit. C’est bonne nuit. C’est ma nuit. Ma petite musique de nuit.

Voir les commentaires

Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #Je est un Blog

Repost 0

Publié le 17 Mai 2017

J’ai tellement de choses à plagier. De toute façon tout à déjà été plagié par tout et tout le monde, vingt-six lettres quelques milliards de vies, le reste est une équation mathématique de la répétition. Rien ne se crée, rien ne se perd, tout est médiatique. Moi-même je suis le média de ma bouche, elle-même média de mes idées, elles-mêmes médiatrices de ma décadence. Est-ce vrai ? Est-ce faux ? Est-ce de la poésie ? Est-ce que je suis le faussaire d’un autre qui fût un fake qui affirmait qu’il était le beau, le seul et l’unique exemplaire de son espèce ?

Espèce de con. Oui, l’être humain est une espèce de con, un peu plus haut que l’animal et que le végétal sur l’échelle ouverte de la bête et de la reproduction. De toute manière c’est déjà écrit dans la bible, qu’est ce que je disais ? Je ne suis bon qu’à plagier. Le mâle est un plagiat assumé de dieu, c’est l’auteur lui-même qui prétend avoir tout pompé sur lui-même, quand à la femelle elle n’est qu’une copie bâtarde du mâle, une resucée réchauffée par le même auteur sans inspiration. La femelle c’est le plagiat travesti de dieu, et sans extrapoler, où à peine, la femelle est le plagiat des nuits de débauche où dieu se travesti et se bourre la gueule à ne plus finir d’en rire, de s’en rouler parterre à s’en briser les os.

Tout était déjà là avant moi, les mots, les modèles, les hommes de qui s’inspirer pour plaire à ces mêmes femmes qui étaient déjà séduites par ces mêmes ficelles littéraires. Et pour ne pas choquer la bonne conscience des muses et des farfelus qui prétendent connaître l’inspiration et puiser dans le néant la nouveauté prétendue de leurs mots liquéfiés par la hantise d’ignorer leur redondance dans l’ensemble du paysage lettré je vais reformuler la chose. Ceci n’est pas du plagiat, c’est une tradition, un folklore voyez vous bandes de cons. On s’inscrit dans un folklore et on s’inscrit dans une tradition avec complaisance mais confort. D’accord, si toutes cette inspiration mécanique de la reproductibilité des mots d’autrui n’est pas un plagiat mais un hommage qui s’inscrit dans une tradition ancestrale alors peut-être que vos consciences l’acceptent avec plus de déférence, mais moins de dignité.

Je sais bien que je suis comme les roses, vendues à la tonne dans les marchés aux fleurs. Je suis comme ça, récolté sur le terreau puis calibrée et mis sous plastique ou sous le verre de vos écrans. Puis étiqueté. N’allez pas croire que c’est une plainte, c’est un constat assumé et je préfère dignement poursuivre un plagiat qui pourrait me tirer vers le haut si je m’assure de plagier l’inspiration d’auteurs plus haut que moi dans l’estime subjective que j’échafaude du monde, plutôt glisser vers la médiocrité solitaire et imbécile de ceux qu’ignorent qu’ils ne sont que des facsimilés assimilé par le système et la tradition depuis tellement longtemps qu’ils ne sont même plus capables d’envisager qu’il ai pu en être autrement.  

La logique est respectée, je plagie cette illustration sous l'égide d'une autre Brigitte

La logique est respectée, je plagie cette illustration sous l'égide d'une autre Brigitte

Voir les commentaires

Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #écrire, #Je est un Blog, #Plagiat

Repost 0

Publié le 16 Mai 2017

J’éprouve depuis hier le besoin d’écrire une histoire, besoin d’écrire des histoires, besoin de décrire des histoires. Qu’importe la forme de l’expression, écrire est une chose que je fais et que je sais plus ou moins bien faire. Mais lorsque je dis que je sais écrire je parle à l’ultra premier degré. Écrire, réécrire, travailler la langue, retravailler un texte, travailler ma matière brute rédigée jusqu’à ce que ça ressemble à quelque chose que j’aurai le courage et l’honneur de faire lire. Raconter des histoires c’est tout autre chose, pour moi ce n’est pas ça écrire, non ce n’est pas écrire, c’est autre chose. Il n’y a pas de jugement de valeur dans ce que je dis, je ne fais qu’exprimer une nuance qui m’habite.

Et si j’écris tous les jours ou presque, je raconte peu d’histoire.

Les histoires il m’arrive de les branler pour le jeu de rôle. Mais dans ma passion de l’écriture raconter des histoires n’occupe qu’une toute petite part du temps que je consacre ; dix pourcent ou moins même si c’est difficile à jauger.

Depuis hier j’ai envie de raconter des histoires. J’ai envie de retirer ma peau d’aspirant écrivain et d’opter pour une peau, nouvelle et étroite, de raconteur d’histoire. J’ai dans mon esprit tordu l’idée que celui qui utilise les mots pour raconter des histoires est beaucoup plus libre que celui qui utilise les mots pour le plaisir de l’écriture. L’écriture est une astreinte puissante et une contrainte permanente. Écrire c’est affronter la matière malléable littéraire pour la dompter sans rompre son flot et son fluide de félin sauvage. L’auteur est alors un combattant qui pour chaque mot retravaillé lutte sur un front infra mince qui recule mais que l’auteur ne franchi jamais parce que la phrase et le texte et l’histoire et le livre n’abandonnent jamais.

Raconter des histoires, dire des histoires, rédiger des histoires place selon moi l’auteur derrière son histoire, il recule et gagne en liberté et si l’histoire puissante puise dans des ressorts narratifs suffisant l’élan qui lui est nécessaire alors l’auteur peut se permettre d’abandonner le style et les mots au profil de fil de l’histoire.

Longtemps j’ai écris.

Aujourd’hui j’ai envie de raconter des histoires.

Alors j’en lis.

Voir les commentaires

Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #écrire, #narration, #Je est un autre, #Je est un Blog

Repost 0

Publié le 4 Mai 2017

Je crois que la médiocrité du débat d’hier soir en dit beaucoup sur la pauvreté politique qui anime notre France. Je n’ai jamais cru que Marine Le Pen avait une stature présidentielle mais je ne pensais pas qu’elle dévoilerait sur scène une pareille indigence lors de cet échange télévisé avec Emmanuel Macron. Le spectacle donné aux électeurs était ridicule, pathétique et risible. Et je commence à croire que je suis réellement naïf parce que je n’imaginais pas que ce débat serait si pauvre surtout du côté de la candidate du Front National. Je suis pourtant convaincu que cela fait des années que Marine Le Pen espère et attend ce moment où elle serait au second tour. Alors, comme la fourmi demande à la cigale ce qu’elle faisait cet été, je me demande ce que faisait Marine Le Pen durant tout ce temps où elle convoitait le fauteuil du président … N’avait elle pas le temps de préparer ces arguments, d’affûter ses convictions, de travailler sa rhétorique ?

Les doutes qui m’animaient sur la nature de mon vote pour le second tour étaient alimentés, en parti, par la probabilité que Marine Le Pen puisse être élue. Mais après ce débat il me parait impossible qu’elle parvienne à rafler la majorité des électeurs de France. Je suis convaincu que nous vivons dans un pays où les cons sont nombreux, mais je suis aussi un optimiste convaincu que le bon sens l’emporte toujours à la fin. Marine Le Pen aurait eu une chance de l’emporter si elle avait été en mesure de faire illusion et de laisser penser aux électeurs qu’au-delà de ses idéaux nationaux sur lesquels elle est censée être en contrôle, elle pouvait faire preuve de contenu et de contenance. Mais le débat d’hier à révélé la triste inanité du bon sens et de la capacité de réflexion de Marine Le Pen.

J’ai à un moment de cette élection réellement cru qu’elle pouvait l’emporter même si elle n’était pas sortie de sa zone de confort. Je pensais que si elle avait su, avec une force de conviction, présenter le modèle de société auquel elle croit et aspire, à des électeurs qui auraient pu se retrouver dedans elle aurait peut-être pu arracher la majorité des voix. Au lieu de cela elle a sciée, sciemment ou pas je ne sais pas, la branche où elle était assise préférant singer des pitreries hystériques que de tenter un acte politique. C’était pathétique. Je suis rassuré. Et à quelques jours du vote le sens de ma voix s’affine plus librement. C’était peut-être le but du Front National me direz vous, se montrer tellement pathétique que les électeurs indécis comme je peux l’être ne verront plus en eux une menace et se permettrons de voter blanc. Si tel est la démarche du FN je devrais lui reconnaître une certaine audace machiavélique.

En face de la prestation ubuesque et burlesque de Marine Le Pen, le petit enfant sage, premier de classe, a eu du mal à enflammer de convictions le cœur du débat. Mais en avait-il besoin ? Sur le fond je le savais au point, même si je ne partage pas ses convictions libérales je reconnais volontiers qu’il est cohérent et qu’il maîtrise le sujet économique. D’ailleurs avec une pointe de cynisme nous pourrions penser que dans un monde contrôlé par la finance c’est judicieux d’élire un homme ayant connaissance des enjeux ce milieu à la tête de l’état mais ce n’est pas la question. Mais lui non plus ne m’est pas apparu comme un fin stratège politique. Je ne parle pas de son programme mais de sa posture face à son adversaire. Il avait à n’en point douter les moyens d’humilier Marine Le Pen (avant qu’elle le fasse elle-même) et l’écrasant avec la cohérence de son programme. Il aurait pu, sans l’humilier poursuivre le spectacle en s’adressant à la France, aux électeurs, aux indécis, au peuple, mais à longueur d’échange j’ai eu la sensation qu’Emmanuel Macron se contenter de s’adresser à une seule personne, son adversaire. Le peuple, les téléspectateurs, les électeurs n’étaient là qu’en spectateurs anonymes et inexistant. Il n’a pas selon moi montrer la stature d’un grand homme politique, il ne sera peut-être pas un mauvais gestionnaire de la France mais ne me demandez pas de voir en lui un grand homme. Il a si facilement cédé aux invectives, à la médiocrité et la petitesse formelle du débat. Il n’a pas eu la trempe ou la carrure pour élever à lui seul le débat se retranchant derrière l’inertie crasse de son adversaire du soir.

Je crois que c’est là qu’il faut rendre hommage à Marine Le Pen, c’est que hier soir elle a été bonne, bonne à une chose, à mettre en valeur un Emmanuel Macron toujours très lisse. Sans adversité politique, sans opposition idéologique, son programme est nécessairement apparu comme crédible et solide. Mais ce n’était pas compliqué vu qu’il n’y a pas eu de proposition alternative en face. Et dans ce débat du second tour s’il y a un gagnant, je crois que c’est François Holland qui n’a jamais vu le bilan de son quinquennat discuté, attaqué, valorisé ou discuté. Il sort peut-être par la petite porte, mais il sort de la scène sans avoir eu à patauger dans la fange idiomatique qu’à été le débat d’hier soir.

à l'époque ils n'avait pas la couleur mais ils avait le sens de la punchine

à l'époque ils n'avait pas la couleur mais ils avait le sens de la punchine

Voir les commentaires

Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #Réflexion, #Je est un Blog, #Chronique chaotidienne

Repost 0

Publié le 3 Mai 2017

Pour la seconde fois pendant cet entre deux tours présidentiels j’essaie de mettre à plat mes idées et mes ressentis vis-à-vis des discours auxquels je suis confronté. Et notamment les discours qui en appellent à faire barrage au Front National.

 

Je vais le préciser au cas où le doute vous soit permis, je ne partage pas les idées et le programme du FN et je n’appelle pas à voter pour leur candidat  dimanche. Mais cela ne m’empêche pas d’éprouver des sentiments contrariés lorsque je suis exposé à la doctrine qui convoque avec véhémence le fait de faire barrage au FN. Si je me donne une seconde chance pour rédiger ce texte c’est justement pour essayer de verbaliser ce ressenti qui provoque en moi un certain malaise.

 

Je ne sais pas par où commencer alors je vais rappeler une évidence : je suis pour le fait de faire campagne afin qu’un autre candidat que celui du FN soit élu. Lorsque j’écoute la radio, que j’allume la télé, lorsque je vais sur les réseaux ou que j’entends les gens parler je suis attristé de voir que le principal argument en faveur du vote Macron est le fait de faire barrage au FN. Voilà le nœud  de mon mécontentement la défaite des idées et arguments. Je suis peut-être naïf, pire encore je suis peut-être optimiste et si vous le voulez vous pouvez même considérer que je suis déconnecté de la réalité mais jusqu’à présent je reste convaincu que pour contrer l’idéologie du Front National nous pourrions recourir aux arguments et aux valeurs des idéaux humanistes.

 

Par facilité rhétorique j’ai choisi d’opposer les termes idéaux humanistes que j’envisage comme une doctrine liés à la pensée des lumières aux idéaux nationalistes qui sont défendus par le FN.

 

Mais au lieu d’entendre avec force de conviction ceux des électeurs, des politiques, de la doxa et des journalistes qui sont contre l’idée de l’élection du FN, en appeler à voter en faveur d’idéaux d’ouverture, de tolérance, d’intelligence et de raison je les entends brandir un argument principal quasi unique qui est le barrage au FN. Je considère que faire barrage n’est pas un argument. Je considère que faire barrage n’est pas une conviction. Je considère que l’on ne peut pas convaincre avec du faire barrage. Je crois en la force de conviction des idées et je n’ose pas penser que la société manque de véritables arguments idéologiques contre le Front National. Parce que là on commence à s’approcher de ce qui me révulse tant lorsque j’entends les gens brailler leurs appels au barrage. Se retrancher derrière cette posture « politique » ou « idéologique » c’est déclarer l’échec et la mort d’une idéologie humaniste qui soit à mène d’emporter le sens commun. Si vous aviez une once d’estime ou de respect pour le pool d’idéaux humanistes qui sont mis à mal par les programmes du Front National c’est aux noms étincelants de ces idéaux là que vous cherchiez à convaincre les gens de se détourner du vote FN. Mais se limiter à supplier, invectiver, inciter à faire barrage c’est dévoiler votre propre manque de conviction. Cet appel au barrage révèle que ceux-là même qui prônent le barrage ne croient pas que l’on puisse convaincre une majorité d’électeurs avec des valeurs humanistes.

 

Et qu’est-ce que cela dit de notre société ?

 

Est-ce là un mouvement hautain des élites vis-à-vis de la masse qui considèrerait que les gens d’en bas sont trop cons pour comprendre que les idéaux humanistes sont plus séduisants que les idéaux nationalistes ? Est-ce une tentative des hommes politiques de cacher la véritable déliquescence de la société française ? Est-ce tout simplement une confiscation du pouvoir démocratique de notre république à partir du moment où l’on considère que le peuple vote mal ? Je ne sais pas.

 

Mais entendre cet appel au vote barrage m’épuise, m’attriste, m’irrite, me blesse, me pousse dans mes retranchements. Et lorsque ce n’est pas le faire barrage qui est utilisé, on passe à la culpabilisation ; culpabilisation des abstentionnistes, des votes blancs, des votes FN parce qu’il semble acté que dans ce second tour des élections présidentielles il y a un bon vote et un mauvais vote. Lorsque je suis exposé à cette dialectique de la culpabilisation j’ai envie de vomir. Je crois être un électeur honnête, peut-être pas un citoyen modèle mais depuis que j’ai eu le droit de vote je suis allé voter mais surtout j’ai essayé de réfléchir à la nature et au sens de vote afin de donner du poids à ces bulletins que je déposais dans l’urne. Lorsque l’on vient me faire la morale, que l’on cherche à me culpabiliser, que l’on essaie de me priver de ma démarche démocratique en considérant qu’avoir un doute sur la marche à suivre et réfléchir à la nature de mon vote de dimanche est une mauvaise chose et qu’il faut opter pour le barrage sans réflexion, je suis énervé.

 

Je respecte la règle démocratique, je vote et si des personnes désirent obtenir mon vote j’attends qu’elles cherchent à me convaincre avec des arguments constructifs qui m’exposent la valeur de leur vision de société. Je n’ai pas besoin que l’on agite des spectres et que l’on convoque de la politique fiction pour me faire peur et me priver de mon libre arbitre. Je ne devrais pas avoir à me justifier, je ne devrais pas me sentir pris en otage par la faiblesse rhétorique de cet entre deux tours présidentiel.

 

Faire barrage, je redoutais ce moment avant de connaître les résultats du premier tour. C’est le moment où la démocratie vacille sur ses fondements. Parce que soudainement la machinerie politique qui appel à faire barrage semble se réveiller et réaliser que le Front National existe. S’il avait fallu faire barrage à ce parti politique pourquoi aucunes des personnes ayant été au pouvoir depuis 15 ans n’a fait quelque chose de démocratique ou de non démocratique pour faire en sorte que ce parti ne soit plus en position de faire basculer une élection ? S’il faut faire barrage parce que ce parti n’est pas démocratique ne fallait-il pas essayer de le dissoudre ou de l’interdire ? Et si ma question est purement rhétorique et que ce parti est constitutionnel alors pourquoi l’agiter comme un spectre ? Lorsque je dis que ce front républicain qui aujourd’hui en appel au barrage avait 15 ans pour faire quelque chose afin d’éviter ce second tour, j’entends aussi qu’ils avaient quinze années pour amener les électeurs du Front National à opter pour d’autres convictions politiques. Et ils ont échoué à cela. Chirac puis Sarkozy puis Hollande puis tous les élus de tous les échelons citoyens ont tous échoué à faire changer de conviction les électeurs qui font la force du FN. Ils ont échoué ou alors ils n’ont rien fait pour faire infléchir la tendance qui voit élection après élection les votes du Front National être de plus en plus nombreux.

 

Je n’ai pas attendu dimanche pour avoir des convictions, je n’ai pas attendu le dimanche du premier ou du second tour pour avoir des idéaux humanistes et radicaux. Je n’ai pas attendu cet entre deux tour pour étayer ma prose et forger mes arguments en faveur de mes convictions. Alors quand on vient me dire ce que je dois voter et pourquoi je dois le voter sans quoi on porterait sur moi un jugement de valeur antidémocratique et antirépublicain j’ai envie de rire, de rire et de pleurer et de brûler quelques maisons poussé par la colère. Ce n’est pas faire un barrage une fois tous les quinze ans qui fera changer les mentalités de notre peuple. Soyons honnêtes avec nous-mêmes et visons à terme à faire une autocritique. Il y a quinze ans nous avons fait barrage au Front National et Chirac a été élu avec 80 % des voix. Le barrage a eu lieu, il a été important et ensuite ? Et ensuite les voix conquises par le Front National élection après élection n’ont pas cessé d’augmenter. A quoi a été utile ce barrage alors ? Le barrage contre le FN est un épiphénomène qui n’est suivi par rien. Comprenez bien pourquoi j’ai de l’aversion contre ce discours.

 

J’ai l’amère sensation que la réussite d’un front républicain fausse par la suite la perception que nous pouvons avoir du paysage démocratique de notre société. L’électorat du Front National existe, il persiste dans le temps et il parvient petit à petit à s’accroître. C’est ce que semblent nous dire les chiffres. Si nous ajoutons les voix de Mélenchon et celles de Le Pen nous pouvons considérer que le vote populiste est largement plus grand que le vote Marcon. Si nous ajoutons entre elles les voix de Mélenchon, celles modestes de Hamon et les miettes des candidats d’extrême gauche nous pourrions considérer que le vote de Gauche est supérieur au vote Macron, et identiquement si nous additionnons les voix d’une droite élargie. Mais il est quasi acté que nous allons élire Emmanuel Macron qui se revendique ni de droite, ni de gauche et qui en valeur absolue le représentera aucun des courants d’idées recouvrant le plus de voix dans ce premier tour mais le barrage au FN effacera cette disparité et lancera un président dans un paysage tronqué. Faut-il faire barrage au FN pour réduire au silence les électeurs qui voient dans ce parti la reconnaissance de leurs idées et ensuite continuer de maintenir le système tel qu’il était même si ce système génère toujours plus de vote FN ? Je ne sais pas.

 

Non je ne sais pas ce qu’il faut faire.

 

Imposer le vote de barrage comme s’il était une évidence démocratique me paraît au contraire comme une mutilation démocratique. Cette injonction qui vise à culpabiliser ceux qui hésitent ou qui réfléchissent avant de se décider m’apparaît comme une confiscation du principe démocratique. Et le fait de brandir l’argument du barrage raisonne en moi comme l’échec de la raison et des idéaux humanistes dont il apparaît qu’ils ne pourraient plus convaincre et l’emporter dans un débat d’idée contre le FN.

 

Je soulève ces points du discours actuel parce qu’ils provoquent en moi un trouble profond et sincère. Mais je reconnais que je n’ai pas de solution, la situation dans laquelle nous sommes est complexe et compliquée à solutionner d’un vote. Surtout que la mécanique électorale propose un quasi vote à quatre tours. Je continue de penser que voter pour le candidat qui n’est pas celui du FN n’est pas un geste anodin et qui si barrage il doit avoir je suis étonné que les politiciens qui nous invitent à le faire ainsi que les gens du peuple qui revendiquent ce geste électoral ne témoignent pas plus de doutes ou de déchirements. Dans mon souvenir peut-être tronqué de 2002 lorsque nous sommes allé voter Chirac il y avait beaucoup plus de voix pour s’élever et dire combien la chose était difficile et douloureuse. Alors qu’aujourd’hui le vote Macron semble aussi anodin que le vote Le Pen. Je parle ici du vote Macron venant d’électeurs qui au départ ne sont pas convaincus par sa doctrine, Si d’un côté le vote FN ne mobilise plus contre lui des réactions aussi épidermiques qu’il y a 15 ans, le vote à contre cœur mais par conviction humaniste pour le candidat opposé au candidat FN ne provoque plus lui non plus beaucoup d’émois.

 

Je ne sais encore pas ce que contiendra mon bulletin de vote dimanche, et je ne sais toujours pas le sens que je donnerai à ma voix. J’ai bien conscience qu’actuellement les réseaux sociaux regorgent jusqu’à la saturation de personnes qui comme moi donnent leurs avis, pour ceci, contre cela, faire ci, pas faire ça, et je m’excuse de participer à la confusion actuelle dont je suis le premier à reconnaître qu’elle tire le débat vers le bas. Mais si j’ai voulu écrire et publier ce texte c’est simplement parce que j’en avais besoin. Je subis de plein fouet la médiocrité de cet entre deux tours et j’ai besoin de l’exprimer comme une catharsis. Peut-être qu’une fois que je serai libéré de ces atermoiements intérieurs ma pensée sera plus apaisée et parviendra à penser mon vote de manière plus pragmatique.

 

Merci à ceux qui m’auront lu jusque là.

 

Sur la médiocrité du débat électoral de cet entre-deux tour …

Voir les commentaires

Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #Réflexion, #egotrip, #Je est un Blog, #Chronique chaotidienne

Repost 0

Publié le 24 Avril 2017

J'avais soudain trouvé comment je pouvais m'exprimer. J'étais toujours ce garçon adolescent timide et paniqué à l'idée d'adresser la parole à des inconnus, terrifié à l'idée de parler en public, inquiet de devoir parler à des amis ; j'avais le sens expression comme source d’angoisse et de névrose. Mais si je n'arrivais pas à m'exprimer ça ne voulait pas dire que je n'en avais pas envie. Avec l'ordinateur comme outil, l'imprimante et la distance que permet de poster le papier j'avais soudain un moyen d'expression. Alors tout seul, j'ai continué à écrire ce « journal ». J'exprimais dans ses lignes mes révoltes et mes envies de révolutions adolescentes, mes idéaux politiques et mes idéaux de société et lorsqu'il s'agissait d'être plus « intime » et de parler de moi, de mes désirs, mes pulsions, mes sentiments, je le faisais en essayant de couvrir le tout d'humour ou d'esprit histoire de mettre de la distance. J’apprenais ce premier réflexe de camoufler l’impudeur derrière le rideau de fumée du style. Bien sûr qui ne garantissait que j’aie réellement un style, mais je faisais l’effort conscient de rédiger des écrans de fumée tout en rédigeant mes pensées sincère. Et ce papier je le postais toujours au hasard des boites aux lettres en espérant un jour avoir l'occasion d'apprendre l’existence d’une réaction.

Ce geste d'écriture envoyé au hasard, c'était en quelque sorte et avant l'heure comme si je publiais un statut sur mon mur Facebook, même si à cette époque Facebook n'existait pas et si j'avais bel et bien envie de poster des choses sur les murs, c'était plutôt dans l'idée de faire comme les pamphlétaires des siècles précédant.

Voir les commentaires

Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #écrire, #écriture, #egotrip, #Je est un Blog

Repost 0

Publié le 23 Avril 2017

Un jour, mon père revient à la maison avec un ordinateur, un PC de bureau qu'il me donne. Je me retrouve alors avec une grosse machine qui prend toute la place sur mon bureau et dont je ne sais pas vraiment quoi faire. Quelques mois plus tard, c'est l'été et avec mes amis nous nous ennuyons. Je ne sais pas d'où ni de qui est venue l'idée mais nous nous décidons dans l’après-midi de nous retrouver autour de l'ordinateur décider à écrire un « journal ». Nous sommes cinq ou six et nous passons toute la journée pour rédiger une feuille A4 recto verso dans laquelle chacun s'est vu alloué un paragraphe pour donner libre expression à ses idées. Nous essayons d'être drôles, nous parlons des voisins et des gens du village, d'être gentiment engagés parce que nous sommes ados et que nous avons des idéaux. Le soir venu nous imprimons une quinzaine d'exemplaires de ce bout de papier que nous appelons journal et nous attendons trois heures du matin pour courageusement aller poster la page de notre forfait littéraire dans les boîtes aux lettres alentours.

Quelques jours plus tard, nous remettons ça, mais cette fois nous ne sommes plus que trois amis à jouer aux journaleux. Cette fois ci la feuille A4 recto verso est mise en page avec des colonnes ça fait plus classe. Et comme le premier soir nous jouons les noctambules pour poster notre papier. C'est la dernière fois que ce jeu littéraire a amusé mes amis et la suite de l'été a été occupée à d'autres choses. Mais pour moi ces deux jours d'écriture spontanée et ces deux soirs d'aventures postales dans l'espoir de provoquer une réaction avec nos mots a été une révélation.

Voir les commentaires

Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #autofiction, #écrire, #écriture, #Je est un Blog

Repost 0

Publié le 22 Avril 2017

Preuves en est que je dois malgré tout ne pas être aussi jeune que je ne l'ai été avant c'est d'une part que je radote (un peu) et que d'autre part que j'ai connu un monde sans internet et un monde avec un internet naissant et puis Caramail et puis Facebook et puis le reste. Et s’il vous faut une preuve supplémentaire je rédige des phrases bancales à la ponctuation borderline. Mais on se moque de l'âge, ce n'est qu'un chiffre inscrit sur ton état civil qui aux yeux de la loi pour définir ta norme, ton degré de liberté, ton cadre légal et le regard de la société sur toi, bref rien de très sérieux.

Mais pourquoi est-ce que je parle de cela ? C'est pour introduire un souvenir et pour parler de la manière dont je suis venu à l'écriture. Comme je suis passé d’un garçon timide, introverti, que l'on avait convaincu qu'il était fait pour les mathématiques et ses princesses sciences non pour les lettres, à quelqu'un qui essaie de se battre avec les mots pour écrire et faire de lui un homme de lettre, ou à défaut un homme de plume et de prose.

Partons du principe que le début de ce souvenir se déroule dans un monde où internet n'était pas arrivé jusqu'à moi, disons la deuxième moitié des années 90 et partons du principe que la suite de se souvenir se déroule dans le monde où internet arrive en 56k jusqu'à chez moi et que bien entendu je ne connais rien des usages du net. D'ailleurs je ne sais même pas s'ils existaient déjà usages. Je ne suis pas historien, et si je le suis malgré tout alors je suis seulement l'historien de moi-même, l'unique auteur de mon histoire nationale.

Voir les commentaires

Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #Je est un autre, #souvenir, #Je est un Blog, #écrire, #Prose, #autofiction

Repost 0

Publié le 20 Avril 2017

C'est ce qu'il est intéressant. Toi et moi nous sommes des êtres fichés dans deux galaxies différentes, deux galaxie éloignée d'aux moins 20 années lumières, et si j’exagère sur les lumières disons que nous sommes distant d’au moins 20 années terrestre. Et pourtant nous sommes là à nous regarder en chien de fusil à se demander lequel de nous deux est le plus étrange de nous deux. Tu me regardes comme un objet vestige étrange dont on a perdu l’usage dans le temps de ta génération et moi je te regarde comme sous l’œil microscopique de ma modernité comme un ersatz également nouveau, antépénultième avatar de ce qui a toujours été mais qui se croit l’unique rose de son champ. Rassures toi, il n’y a pas de doute sur qui de nous deux est le plus étrange, je connais la réponse, lorsque j'étais toi, je veux dire lorsque j'avais ton âge, j'étais un petit bonhomme étrange, étranger aux autres car justement les autres me trouvaient différent, marginal, et moi je les trouvais cons ce qui me semblait être une bonne raison de voir en eux une bonne raison de ne pas être comme eux. Donc je pense que j'ai toujours été le plus bizarre ; ici maintenant dans le miroir de ton regard et là bas aussi dans le miroir de mon souvenir.

Voir les commentaires

Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #Je est un Blog, #Je est un autre, #recyclage

Repost 0