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Publié le 23 Janvier 2015

2037 des mots

 

écran noir

 

noir sur noir, écriture sur fond noir

 

la page blanche est un mythe

 

l’écriture n’est que noire, comme le suggère le souvenir évasif d’une enfance et d’un tableau noir où l’écriture est une craie blanche

 

2037 mots et des signes en plus, en excès, écriture en exergue

 

souvenirs négroïdes à l’encre des pamphlétaires de comptoir

 

rédaction à grands litres de rhum brun et un élan anti diplomatique

 

sur un ligne coloniale, le cul sur une termitière et la plume dans le cul

 

un grand chapeau et un drapeau en berne

 

je suis mon pasteur, je suis mon ombre, je suis mon noir

 

la quatrième de couverture ne dira rien de moi

 

ni de l’autre, je suis mon nègre, porteur de prose comme d’autres engagent des portes flingues

 

moi et mon autre, la part d’ombre et le puis au fond du jardin dans lequel on épuise la nappe frénétique de ses idées

 

2037 fois le jour fini et un million au moins de merde sous mes doigts

de l’encre médiocre

 

anxiogène dans les veines et le sens de la frappe

 

Cette page majuscule est un sac de sable et je constitue ici une digue qui ne sait pas de quels

côtés il faut contraindre les fluides à rester dans leurs places

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Publié le 22 Janvier 2015

 

Bonjour mon vieux, mon gros, mon vieux gros corps, gros con, corps gras, oui, bonjour à toi l’ami.

 

 

On se connaît bien, en toute logique puisque je suis la tête, pas boule ronde et barbue au dessus de ton cou mais la conscience, l’esprit, l’âme, l’intelligence et la prose qui te parle, comme on s’adresse comme un vieux copain de classe avec qui l’on reprend contact via Facebook après s’être depuis trop longtemps perdu de vu. Je en te demande pas comment tu vas, ça serai idiot parce que je suis toi, ta conscience des choses, je suis ton regard et ta connaissance de toi et à ce titre ce que tu ressens ,moi je le sais, je sais tout et même plus.

 

 

Mais alors pourquoi je t’écris ?

 

 

Pour faire le point, pour faire le pitre aussi un peu, et pouvoir prétendre pour une fois m’être prit pour muse ou pour cible, la direction est la même et seule l’intention diffère dans la nuances. Et puis s’écrire de soi à soi c’est une bonne façon de poser les choses à plat, bien que plat, toi, tu ne l’es pas, pas du tout, disons le d’un coup, comme je l’ai dis en introduction, aujourd’hui mon corps tu es gros. Ce n’est pas difficile à dire, pas à toi puisque tu le sais, mais ça a été difficile de se le dire à moi, à soi, de l'accepter comme certains disent même s’il n’est pas précisément question d’acceptation, mais plutôt de concordance de réalité. Je ne sais pas si tu te souviens mon corps mais toi et moi nous avons longtemps été entourés par les corps en souffrance des jeunes filles anorexiques. Enfin toi tu étais entouré et moi j’étais comme attiré, le corps de ma soeur ayant connu ce démon, j’avais l’âme d’un chevalier pouvant sauver les affamées d’elles-mêmes. Tu vas dire que ça ne nous concerne pas directement, mais tu te trompes le corps, parce que moi devant proche d’elles j’ai forcément réfléchit sur le corps, pas toi, mais tous les corps et le rapport plus ou moins conflictuels que les gens ont avec leurs autres toi. En luttant auprès d’elles, nymphes affamées charmées par le diable habillé en Ana, j’ai appris à relativiser le corps et à mettre en critique la dictature médiatique autour du corps, belle prison aux barreaux minces. Et de là j’ai acquis une certaine réserve quand aux restrictions à appliquer aux corps. C’est pourquoi je t’ai laissé devenir ainsi, gourmand dans ton appétence comme un drogué est esthète avec sa drogue. Bien sûr que je voyais les kilos, toi tu les voyais, mais moi, là-bas dans l’esprit j’avais cette idée folle qu’une société ne doit pas fustiger un corps, lui imposer un carcan et un cadre au-delà du quel il ne serait plus admis comme beau, désirable ou sociable. Sans le savoir nous étions presque en guerre toi et moi, disons en discordance théorique.

 

 

Pourtant je t’aime mon corps, c’est con à dire, mais c’est sincère, je t’aime sincèrement comme tu es et là d’ailleurs est un problème. Parce que oui, au fond de moi, le mâle trentenaire invincible voudrait avoir un corps de rêve, d’un corps d'apollon ou bien d'éphèbe, un corps d’image désirable que je puisse dévoiler sans être dans l’outrance vulgaire. Mais ces corps là se gagnent dans la sueur et l’effort et dans une certainement mesure dans la lutte contre l’image de soi que l’on veut quitter pour une autre. Oui, mais moi je t’aime, je m’aime comme ça, imparfait mais beau dans mes yeux. Surtout que pour être franc avec toi nous avons une bonne tête, un beau visage, de beaux yeux et l’expression d’un ourson docile, ça ne fait pas peur mais c’est mignon et donc c’est plaisant dans le jeu social. Et puis je ne vais pas t’incriminer de prendre du poids, de devenir gros et gras parce que le fautif c’est moi, l’esprit, que veux tu mon cher ami, nous sommes homme de lettre, de plume, d’esprit et nous passons plus de temps le cul fixé sur bien lire qu’à courir la campagne ou les tapis roulants des salles de sports. La plume fait grossir, c’est un comble n’est-ce pas ? Je te fais grossir parce que je travail mon esprit … oui je t’entends venir avec la culpabilité, un esprit saint dans un corps saint … je sais que tu as raison. Mais bon, la paresse elle a qui ? A toi ou à moi ?

 

 

Tu veux sûr que je t’aime ? Que je ne mens pas en disant cela ? Tu veux une preuve ? La preuve c’est que je t’ai tatoué à trois reprises et encore à l’avenir. C’est une preuve parce que si les gens sont vite prêts à voir la symbolique dans l’encre que je mets sous ma peau, ils ne réalisent parfois pas que se tatouer s’est s’approprier son corps, c’est un grand geste confiance du corps dans l’esprit et réciproquement, c’est investir son corps avec son esprit de manière ostentatoire, plus fort qu’un mariage. Et si tu veux une autre preuve c’est que si je ne t’aimais pas je ne passerai pas autant de temps à me masturber avec toi, toi et moi, toi et toi, moi et moi. Je crois que c’est Woody Allen qui a dit que la masturbation c’était faire l’amour avec quelqu’un que l’on aime vraiment. Je crois qu’il avait tout comprit.

 

 

Difficile de parler de nous sans parler de sexe mon vieil ami. Par chance pour moi le tient est plutôt beau, en tout cas pour un sexe d’homme et il est fidèle quand les désirs sont là. Mine de rien, le sexe, sa taille, sa fonctionnalité, sa performance, cela hante une longue part de notre vie d’homme, d’adolescent surtout, le corps étant alors c’est grande incertitude. Aujourd’hui mon ami tu es mon véhicule, mon moyen de transport pour aller au septième ciel avec parfois la chance d’emporter une passagère, ce n’est pas rien, et rien que pour cela je devrais être infiniment reconnaissable et admiratif de ce que tu arrives à faire.

 

 

Je crois que l’on arrive au bout de cette lettre mon cher et gros ami, nous avons peut-être par fait le tour de toi, encore moins de moi, mais nous avons à nous deux déjà été trop longs je crois.

 

 

Je reviendrais peut-être mon ami. Je sais où te trouver.

 

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Publié le 17 Janvier 2015

Quand nous étions en - paix - ni avait-il pas déjà des traîtres à nos valeurs, des ennemis du consensus, de la délation de bouche à oreille et même déjà une dictature marketing ; oui il y avait déjà tout cela, hier, dans un hier symbolique pour dire avant, hier quand nous étions en paix nous étions déjà avec des soldats dans les lieux publics et des gens dans la peur, et pourtant nous ne doutions pas que nous étions en paix sur notre sol. Nous pouvions être en guerre avec nous même, en guerre avec nos démons intérieurs, individuels, mais l'état, la nation, la société était en paix et cela dans le paradoxal flagrant que notre nation était en guerre dans différents pays, sur différents terrains d’opérations militaire. Nous, citoyens nous nous sentions en paix alors que notre nation faisait la guerre, mais ce genre de paradoxe est le prix de la bonne conscience. La paix n'est pas un encéphalogramme plat, la paix et pleine de dissensions, de tensions, de pressions. Aujourd'hui comme hier je considère mon pays en paix, dans une paix qui plait ou ne plait pas mais dans une paix officielle. Et ni traîtres, ennemis, soldats, dictateurs, tous s'agitant dans le sein de notre paix n'ont réussi, pour l'instant, à remettre la paix en question. Il n’y a que nous, le peuple, assez faible pour ébranler notre paix au nom d’intérêts que l’on suppose plus grands parce qu’ils sont plus intimes à nos subjectivités. Il faudra accepter que la paix soit une contrainte, un compromis qui s’appliquent à tous, à chacun, et par essence la paix nous entrave. Nous, toi, moi, les soldats dans les rues, les terroristes, les militants, les vendeurs de crédits et d’assurances, les mecs du marketing et même les écrivains, la paix est notre dictature, nécessaire et choisie. Et si nous voulons faire entrer le pays en guerre, contre les musulmans, les nègres, les roms, les pauvres, les rousses, les vendeurs de matelas, les cuistots chinois, c’est que nous ne sommes pas prêts pour la paix et qu’allégrement nous crachons dans la soupe que nous revendiquons. Que voulez-vous, la paix est finalement assez docile avec les cons.

Moi au moins, je suis en paix

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Publié le 16 Janvier 2015

S'il faut opposer quelque chose à la monté de la parole nauséeuse que des individus pas toujours recommandables par la bonne morale prennent ce n'est pas une loi mais une expression plus intense de la liberté d'expression des penseurs, nobles défendeurs de valeurs. Mais il n'y a plus d'intellectuels pour défendre des valeurs nobles dans notre société. Nos générations ont été désertées par les penseurs, alors ne nous étonnons pas que la parole des cons prenne autant de place. Au lieu de fustiger cette liberté d'expression prise en otage par les cons, fustigeons le recule de nos penseurs, de nos intellectuels et de notre propre parole. Evidemment tu es libre de penser autrement, tu peux à ta guise te faire fossoyeur de l'idée selon laquelle les intellectuels peuvent incarner une avant-garde de la pensée et une figure sous laquelle les gens peuvent se ranger, sous-entendu se réunir, s’unir. En désertant le paysage social l'intellectuel à en fait laissé la place au fait que chacun est devenu son propre intellectuel, comme si penser le monde de façon subjective et personnelle suffisait à faire d'une personne un penseur. Ce n'est pas parce que je prends de l'aspirine en automédication que je suis médecin, pas plus que penser fait des gens des intellectuels. Le libéralisme de la pensée c'est aussi le recul de la pensée, chacun prend son point de vu pour une idée, une valeur à défendre et en réaction c'est la société qui se déchire. La place des intellectuels pour guider, borner, éclairer, la pensée commune sera toujours possible, souhaitable et nécessaire selon moi, hier bien sûr, aujourd'hui surtout et toujours en 2030 et durant les siècles qui survivront.

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Publié le 12 Janvier 2015

D’abord, je me souviens, c’était il y a une éternité, mercredi, d’abord la stupeur, peur d’y croire, pas la tête à comprendre, pas si vite, pas tout de suite, pas avant le balai dans la télé des ruisseaux médiatiques charriant la peine, la peur, le sang et les balles.

Le temps d’y plonger, à mon tour, et après la stupeur une forme d’incrédulité enragée, pas de peur mais le corps et l’esprit ébranlé, liberté d’expression en empathie, au chaud, au bouillant de ses tripes, c’était il y a longtemps, c’était avant d’être Charlie, c’était quand le cœur, individu honorable, se dressait seul dans ma poitrine pour dire qui voulait reprendre le flambeau d’une forme libre d’expression irrévérencieuse.

Déjà, dehors, la traque, les ruisseaux médiatiques sont des rivières, implacables, incapable de suivre autre chose que leurs lits, et sur les berges on observe, on tweet, on retweet, je me souviens, ma première réaction a été une hésitation, devais-je réagir moi aussi, à chaud, donner corps à mon esprit ébranlé, ma toute première réaction fut un doute. Sur les réseaux sa piaille, babillages en moins de 142 caractères, sa partage sa peur, sa colère, c’est humain, c’est légitime, mais ce n’est qu’un bruit de fond de plus en plus assourdissant, le grondement plus ou moins unanime des autoroutes, de l’information, de l’informatif. Beaucoup de bruit qui empêche de penser

Des gens sont morts, policiers, anonymes, journalistes, l’ironie de l’information veut que les auteurs de ce massacre soient en fuite, dévorés par la ville ils ont disparus, et le peuple, peu à peu, devient Charlie. Presque aussi vite nous oublierons Charlie Hebdo, les gens le disent, nous sommes Charlie, je suis Charlie, personne n’est un journal, personne n’est une victime, tout le monde est une phrase, une abstraction, je suis Charlie, mais qui est Charlie ? Qu’est-ce que Charlie ? C’est à ce le demander mais tout va si vite, il y a si longtemps déjà que les caricaturistes sont morts, un jour, deux jours peut-être, et déjà ils phagocytés par la parole d’internet, parce que Je suis Charlie ça vient de là, un hastag, une manière d’indexer la pensée dans le grand tout, le grand vide, le grand bazar sans frontière des internets. Un slogan et même un logo, Je suis Charlie se décline comme on décline sa marque ; archaïsme marketing en avatar, en logo, en bandeau, dans un premier temps sur la toile, ensuite sur la télé, demain dans les journaux, la parole du peuple disent-ils, mais l’internet est la parole de l’anonyme.

Tout vas si vite, la stupeur, la blessure, la colère, l’union, la traque, c’était il y a longtemps. Aujourd’hui tous Charlie, tous rivés à la télé, à la radio, à suivre la traque des criminels responsables des attentats, encore une fois les médias relaient la parole des anonymes, de la foules, des proches, c’est un pot-pourri de l’information, du racolage, de la pudeur et du sensationnel. C’était il y a longtemps, la foule est devenue Charlie, le monde est devenu Charlie, sans savoir exactement qu’est-ce que Charlie, qui est Charlie ; Charlie c’est un moule pour contenir et modeler tout le pathos charrié par la foule et par les flots boueux des fleuves médiatiques. Tout doit entrer dans Charlie, c’est une étiquette, une AOC de la douleur, de la dignité et de la lutte contre la peur.

Déjà demain, et hier sont morts les terroristes, personne ne pleurent de ne pas pouvoir voir ses monstres au pilori de la justice, à croire que le peuple n’a plus croyance en la justice, mais le peuple est Charlie, le peuple dresse des crayons, le peuple n’a pas peur et c’est bien ainsi. Demain le peuple se réunit et marche, tous groupés, tous ensemble, ainsi réuni le troupeau de moutons n’a plus peur des loups et c’est beau, c’est légitime, comme les gazelles pour se prémunir des lions ; tous Charlie en oubliant qu’avant d’être mort Charlie Hebdo était bien seul. Tous unis contre la peur, le terrorisme, tous ces Charlie pensent découvrir la liberté d’expression, et s’inventant une nouvelle passion pour elle, comme si Charlie vivant le peuple était empêché d’être libre de son esprit, de son expression. Tout vas si vite, mercredi la stupeur, mercredi la colère, et dimanche déjà la joie, digne certes, mais joyeuses, on manifeste, on marche ensemble, on dresse devant soi son hastag, son logo ; je suis Charlie et dans la rue on fait son selfie, on porte son slogan, on montre que l’on appartient au groupe des gentils. Tout va si vite, c’était si loin, semble-t-il le temps où le manifestant manifestait sa voix en écrivant sur sa banderole l’expression de sa critique, de son soutien ; aujourd’hui on est tous Charlie et on imprime en A4 les mots-dièses de Twitter et on arbore le logo.

Et c’est beau, c’est sûr, puisque tout le monde le dit, tout le monde le pense, comme pour se rassurer que ce soit bien le cas, c’est reprit par les journaux, par la télé, il y a deux jours encore j’étais dans l’affection sincère, la stupeur, j’avais mal pour eux en visionnant en moi cette scène d’exécution, j’avais mal en réalisant n’avoir jamais usé de ma liberté d’expression assez loin pour être - utile - ; j’étais dans l’affection et je trouvais cela saint, mais c’était il y a trois jours et dimanche il est de bon ton d’affirmer l’espoir, le bonheur et la joie de voir le peuple ensemble, debout. Mais moi je suis comme un plongeur en eau profonde qui remonte trop vite à la surface, sans marquer ses paliers. De l’horreur d’un massacre, à une forme de liesse populaire, dans les rues les gens semblent heureux comme si nous venions de gagner une coupe. Et moi j’ai du mal à les suivre.

Tout vas si vite, mercredi le massacre et au soir de dimanche, déjà, enfin, le grand divertissement télévisuel du service public ; chanteurs pour l’émotion, humoristes pour l’impertinence et dans l’écrin de l’auditorium de la maison de la radio un parterre hétéroclite de public. J’ai la sensation d’être ivre, d’un mauvais trip, d’une drôle d’émission, on s’y sent libre d’expression parce que l’on peut dire bite à la télé. Tous sont Charlie, certains sont charlots, les humoristes ressortent les vannes qu’hier déjà nous lisions sur twitter ou que nous faisons sur la toile ; tout va trop vite.

Tout va si vite.

Tout est allé si vite, les attentats, la mort, l’information, la foule qui se lève et l’émission commémorative, en moins d’une semaine. Et je doute que la pensée, que la réflexion, et même l’émotion puisse être digérées si rapidement ; laissez-nous donc le temps de penser par nous-même, nous exprimer par nous-même, ressentir pas nous même, être nous-même, et utiliser de nos esprits critiques par nous-même.

La liberté d’expression n’est pas une invention, ni une possession de Charlie Hebdo. La liberté d’expression n’a pas attendue les morts et la violence de ces attentats pour être en danger, la pensée unique, la mondialisation de la pensée menace partout et tout le monde. Partout de par le monde, des journalistes luttent et meurent pour ou à cause de leur liberté d’expression. Il n’y a rien de neuf, rien de nouveau, et Charlie Hebdo avait besoin de nous avant, hier, demain, toujours, et la pensée a besoin que l’on cultive notre pensée, la pensée a besoin de notre culture, l’esprit critique à besoin de notre liberté d’expression pour s’inscrire dans le monde, demain, hier, toujours, rien de neuf sur le front de la pensée, de la littérature, et de l’autocensure.

Mais pourtant, à priori, tout va si vite …

Hier j’ai voulu faire preuve de sincérité et d’irrévérence, aujourd’hui je mise sur mon ressenti, je sais que je suis paradoxal à fustiger les réactions à chaud tout en mettant la mienne en place. Je ne me sens pas Charlie, je ne l’affiche pas, je ne le revendique pas parce que je ne me sens pas légitime pour me prétendre Charlie, si ce Charlie est bien Charlie Hebdo. Mais en essayant d’avoir une plume impertinente, irrévérencieuse, j’espère rendre hommage et m’inscrire dans la tradition des pamphlétaires, tradition à laquelle Charlie appartenait. Il ne suffit pas d’imprimer son logo et scander son slogan pour pouvoir se revendiquer d’une liberté d’expression. A ma façon, laborieuse peut-être et maladroite, je forge ma prose critique et j’espère que je serai debout quand la foule sera dispersée, retournée à son quotidien, laissant dans le paysages les tombes couchées de ces agitateurs d’idées.

2026 jours que je suis ici sans titre

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Publié le 11 Janvier 2015

 

Dimanche 11 janvier 2015, la foule descend dans la rue. Unité nationale comptabilisée par million de têtes, de tête de bétail ; je suis Charlie disent-ils et la foule marche et la foule digne dresse ses slogans dans le ciel des lieux communs. C’est aujourd’hui la marche des moutons, les bergers de différentes nations sont là, en tête de troupeau, ou de gondole. La foule, ici, ailleurs, partout est descendue dans ka rue en se rangeant derrière ce Je suis Charlie, mais Je suis Charlie c’est quoi ? Ce n’est pas une idée, ce n’est pas un concept, ce n’est pas une valeur, ni une abstraction métaphysique, ce n’est même pas vraiment un slogan, #JeSuisCharlie ce n’est qu’un hastag, qu’un simple mot-dièse pour le dire en français, une entrée dans un index virtuel et mondial pour annexer une idée. Aujourd’hui dans la rue la doxa scande Je Suis Charlie, et revendique la liberté d’expression.

Voilà donc la liberté d’expression réduite à trois mots issus de Twitter, lieu où la pensée s’exprime en 142 caractères. Un paradoxe ? Une ironie ? L’hypocrisie ? Une surprise ? Dans la rue aujourd’hui la France un zoo où les moutons errent dans les rues ; les bergers des états voisins sont venus faire du tourisme de la douleur, le marché au pathos. Un hastag et un logo et cette foule toujours prompte et bien dressée à répondre aux injonctions marketings s’engouffre et longe les rues comme il se doit et s’il y avait des t-shirt, des mugs, des badges les gens n’hésiterez pas à les acheter.

La liberté d’expression ? Ma liberté d’expression ? Ne pas marcher avec les moutons, ne pas être Charlie, le dire et le faire ? Peut-être, ou le droit de conclure sans talent.

[…] La marche des moutons […] #Libertédexpression

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Publié le 7 Janvier 2015

En matière d’expression en ligne, j’ai toujours essayé resté digne, cela voulait dire pour moi rester en retrait d’une certaine forme de pathos sur les réseaux sociaux en ne réagissant pas à chaud face à une catastrophe, un crime, un acte terroriste, un geste barbare ou une expression de la radicalité. Et jusqu’à ce jour, je crois, j’ai réussi à le faire. Mais cela sans mérite puisqu'en réalité je n’ai jamais été vraiment ébranler en mon âme et en ma pensée devant les irruptions de la violence. Je pouvais éprouver de la tristesse, de la colère ou de l’indignation, mais ça n’ébranlait pas mon for intérieur. Pourtant, en ce jour du 07 janvier 2015, au 2022 ème jour de vie de ce blog, je suis frappé et bousculé par l’exécution des journalistes de Charlie Hebdo.

C’est peut-être parce que l’esprit critique, la liberté d’expression et de pensée de Charlie Hebdo ce sont les outils que j’essaie d’acquérir et de manier moi aussi, moi et d’autres, moi et les autres, penseurs, écrivains, littérateurs, etc. C’est peut-être que cette attaque ne ressemble pas au terrorisme aveugle - et injuste - qui frappe au hasard d’une bombe la foule sans distinction. Ici, c’est une attaque commando, c’est simple, précis, hygiéniste, efficace, on entre, on tir sur de vieux caricaturiste, on traque, on tue les morceaux de choix et on disparait dans la vie. Cette image me frappe et me frappe et me frappe encore ; on entre, on vise, on tue et on repart.

La vérité, c’est que cet attentat, me pose surtout devant la responsabilité de ce pouvoir dont on hérite avec la parole, la pensée et les mots. Je suis, tu es, dépositaire de ce pouvoir, nous possédons un outil qui permet d’exprimer des idées, des pensées et qu’en faisant nous ? Ces hommes sont morts pour avoir fait preuve de liberté d’expression et de tenir bon devant la peur, la menace et la paupérisation de la pensée critique. Et moi, moi avec mes mots, ma pensée, ma plume, je me sens comme un con à écrire sans risque et donc, je suppose, sans engagement. Cet attentat me donne envie d’avoir une pensée et une prose qui puisse me mettre en danger parce qu’elle portrait des valeurs. Suis-je capable d'écrire quelque chose qui puisse éveiller la colère radicale de possibles terroriste ? La question n'est pas de savoir si j'en suis capable par l'envie, mais bel et bien par le talent et la qualité des sujets de ma prose. Ne suis-je bon qu'à mettre de l'eau de rose aux moulins à vent où suis-je capable d'autre chose ?

Je le veux, c’est une impression, c’est indistinct, c’est outrancier en moi et ça me rend vulgaire, pathétique, ça me fait perdre ma réserve, ça me renverse, c’est une sensation sur laquelle je n’arrive pas à mettre de mots justes. À chaud on réagit avec le cœur, les couilles, les tripes, les ovaires et c'est bien, c'est légitime. Mais ça ne conduit nulle part ; pourtant ça fait du bien.

J’ai besoin d’exulter.

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Publié le 6 Janvier 2015

Je suis frappé par l’achèvement faussement naturelle de cette photo, enfin pas sa perfection absolutiste, mais sa perfection à retranscrire l’impression de prendre sur le vif une nature féminine simple, oubliée, naturaliste ; surprendre le rasoir et l’écriture, la contrainte et la création, on entre dans cet imaginaire où les femmes sont toujours nues, où les femmes, en petite culotte, écrivent en pensant à se faire lisses. Elle est belle c’est photo, cette scène, cet univers, c’est beau je trouve, c’est doux comme idée archaïque mais sensuelle à mes sens ; c’est comme un absolu de voyeurisme quand le regard surprend une scène fantasmée de naturel ou personne ne remarque la présence de cet œil qui surplombe comme Caïn ou Dieu ou l’omniscient narrateur ou le voyeur caché dans le double plafond.

2021 jours pour en arriver là

Quand je pense qu'il y a 2021 quand naissait l'idée de ce blog je me refusais à y intégrer des images et puis maintenant je brode autour des images parce qu'elles convoquent mes instincts de voyeur parce qu'en chaque auteur je suis sûr qu'il y a un voyeur ; nous écrivons la vie de personnages pour entrer en elles, être omniscient dans la vie de nos créations. Enfin, c'est ainsi que je suis, que je suis mes héroïnes au toilette et que j'écoute leurs pensées les plus secrètes en y prenant plaisir.

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Publié le 3 Janvier 2015

Profitez ; voilà l'injonction dominante. Il faut profiter sinon ... sinon on va vivre sans profit, sans le goût éphémère mais intense du libéralisme de soi. Parce que - profitez à fond - c'est vivre sa dimension égotique dans toute sa splendeur libérale, tout pour soi et tout de suite, en tout cas aussi vite que possible, tout pour soi, tout de suite et ainsi jusqu'à la fin de l'année.

C'est une belle promesse si on la prend en valeur absolue.

Voilà le vent de 2015 qui souffle, antique souffle qui célèbre, de bouches en bouches, les bonnes intentions, les bonnes révolutions que l'on se promet de faire. Mais ce n'est pas une promesse, et cela ne sonne même pas comme un espoir. C'est un ordre, pire qu'un couperet qui tombe ; profitez, soyez heureux et si possible en bonne santé parce que personne n'est sûr de vouloir exprimer de la compassion. Alors on se libère, on invoque l'ordre d'être heureux ; soyez heureux, de vous à vous, de vous sans moi. Alors que, bon, on aurait pu invoquer les autres à nous rendre heureux, - rendez-moi heureux - voir une variante comme - rendez-moi le bonheur -, ou même évoquer notre force de persuasion à rendre les autres heureux ; d'un lien à l'autre, d'un liant à l'autre, en 2015 j'ai envie de vous rendre heureux. Mais il n'en est rien, rien de tout cela, on ordonne les autres à être heureux comme on se lave les mains avec du gel antibactérien parfumé au pamplemousse.

Pourtant, c'est un procédé gentil et malgré tout cela, l'intention est louable et bonne, et chacun à son tour se plie à l’exercice de style avec la limite de ses moyens, alors pour être honnête ; merci.

 

Et on recommencera en 2018 ...

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Publié le 2 Janvier 2015

Il est comme mort le pauvre, pas à la rue mais sans argent, sans finance fixe, le SFF parce que ça sonne comme RSA mais en plus pauvre ; en plus d’être pauvre il est pingre ; et s’il est pauvre le pauvre c’est justement parce qu’il flambe, parce il dilapide sa misère dans la consommation usuelle et l’autre consommation, la consommation conne, détonante comme la déco d’une émission de télé, parce qu’il est comme cela le pauvre, sans goût, à peine celui de la vie et surtout pas celui des grands arts parce qu’il est con ; certainement, le pauvre, comme le SDF il le cul vissé à sa chaise - de maison - et comme le penseur d’un Rodin il convoque l’image du clochard qui enfonce ses pas dans le goudron, mais seulement l’été parce que l’hiver le goudron c’est comme le béton et le trottoir, c’est dur, aride, raide comme un coup de trique, c’est âpre et râpeux ; et ainsi prostré dans cette posture d’esthète de la chaise, le pauvre sans envie ni argent, il ne brille que par l’indifférence qu’il offre à sa condition et dans l’esprit commun de la doxa il est mort comme une statue dans les églises ; un symbole vite oublié où les ivrognes viennent uriner et les femme éveuvées viennent pleurer ; c’est pourtant de saison, on met tous les gens dans le même sac, télévisés par caste puis étiquetés avec promptitude pour ne pas s’y perdre dans les cases et voilà comment on arrive par mettre tous les pauvres dans la même rue, sans manifestation de manifestation, juste des cons, pauvres, marginaux des centres villes posés là, comme des mots modestes balbutiés par une société analphabète

Un jour nous serons tous des pingouins roux

Un jour nous serons tous des pingouins roux

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