Articles avec #reflexion tag

Publié le 22 Octobre 2017

La difficulté ? Faire un par un. Du mot à mot. Phrase à phrase. Et s’il faut écrire, c’est scène à scène, Acte par acte. Paragraphe par paragraphe. L’écriture se doit au pragmatisme alors qu’elle peut l’omniscience. Le pouvoir de tout écrire et de tout décrire. La force d’une infinité de transgressions possibles. La puissance littéraire de ne respecter aucune limite ni aucune frontière. Et pourtant l’obligation de faire les choses pas à pas. Mot à mot. Un putain de mot avant un autre putain de mot pour construire une putain de phrase avant une autre putain de phrase jusqu’à écrire un putain de paragraphe. Et seulement après en rédiger un autre.

J’adore l’écriture pour son potentiel.

Mais je ne suis pas patient. Mes doigts vont toujours trop lentement.

La temporalité du geste littéraire est un carcan frustrant.

Penser un texte, un roman, un projet c’est pensant une temporalité. Même si je fractionne, si je fragmente, si je cherche à réduire le temps narré je n’aime pas me confronter à ce putain de temps. Je voudrais pouvoir accoucher mes textes d’un coup de césarienne sur mon crâne ou n’importe où ailleurs sur mon corps où pourraient se loger mon écriture. Mes idées ne viennent pas une à une, je ne conçois pas une écriture comme un collier de perles qu’il suffirait d’enfiler une à une bien  alignées sur un jonc de métal ou un crin naturel. Dans mon crâne ce fait texte est au départ une masse unique, visqueuse et grouillante. Voilà comment naissent mes mots et ce n’est qu’ensuite que l’écriture entre en scène, elle relève alors de la sculpture, de la dissection ou du recyclage. Mais qu’il est chiant le temps que l’on passe à devoir se confronter aux mots qui un à un doivent descendre du crâne, couler le long des doigts et prendre vie en se figeant ici. Ou là.

Je ne suis peut-être pas fait pour l’écriture, et ce n’est peut-être pas un hasard que mes premiers amours aient vibré pour la photographie.

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Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #écrire, #Réflexion

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Publié le 12 Octobre 2017

Je suis né à Toulon mais je n’y ai pas grandi. Mes grands-parents sont toulonnais des deux côtés de la famille, je suppose donc que mes racines sont un petit peu ici, là-bas. Des racines je ne sais pas, ne pensant pas posséder de racines je ne suis pas sûr de savoir identifier ce que peuvent être des racines pour un être humain. Est-ce seulement une donnée géographique qui dépend exclusivement de là où l’on a été accouché ? Est-ce une dimension moins premier degré qui désigne le terreau culturel dans lequel l’individu puise son substrat ? Faudrait-il encore définir ce que peut être ce substrat, mais si tel est le cas alors mes racines devraient se trouver dans quelques livres, dans les émissions de radio de France Inter puis de France Culture et chez les quelques professeurs qui ont su me transmettre le goût de faire tremper mes racines dans telle ou telle sphère culturelle. Mais je ne crois pas à cette définition, c’est pourtant une définition qui me conviendrait bien mais je doute très largement que cette définition soit celle acceptée et partagée par la majorité des personnes qui parlent et évoquent leurs racines. Il reste une acceptation qui pourrait convenir à une définition élargie au plus grand nombre et à ma propre vision. Les racines sont peut-être l’ensemble des habitudes et des repères qui nous confèrent une forme de confort et de sécurité existentielle. Oui, nos racines sont peut-être cet espace social et culturel ;  rassurant où nous pouvons évoluer avec un sentiment de sécurité. Dans ce cas là je peux comprendre que l’on puisse avoir des racines et vouloir les entretenir et les conserver. Autrement avoir des racines ça sonne un peu comme avoir des entraves.

Mais alors où sont les miennes ? Je suis en cet instant précis à Toulon où je n’ai aucun repère ni aucune habitude et pourtant je sens que je pourrais éprouver la sensation que mes racines sont ici. Pourquoi je ne le sais pas. Peut-être que revendiquer où se chercher des racines c’est simplement rechercher un élément auquel être fidèle. Alors avoir des racines c’est peut-être cela, faire acte de fidélité. Un choix parfaitement arbitraire dont la valeur réside dans la distance qui sépare la légitimité de la revendication de la fidélité avec laquelle nous nous y tenons. Je crois surtout que si je penche vers cette conception qui intellectualise le concept d’avoir des racines c’est surtout parce que je suis une personne avec peu d’affect et d’instinct qui doit compenser ce manque par l’intériorisation et la réflexion autour d’une chose qui relève du naturel. A mois que j’ai réellement raison et que ma prose ne soit qu’une manière de verbaliser ce que les autres ressentent naturellement.

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Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #Réflexion, #Je est un Blog

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Publié le 11 Octobre 2017

Les tous premiers mots du matin. Je ne me suis jamais demandé ce qui pouvait être la source de l’angoisse de la page blanche, pas vraiment l’angoisse et pas vraiment la page blanche, disons que je ne m’étais jamais questionné sur l’origine de ce sentiment un peu désagréable que je peux ressentir en commençant à écrire. Pas un malaise, juste une gêne. Juste un état mental. Juste quelque chose d’un peu désagréable. Je crois que ça ne vient pas des doigts ou du ventre, et que ça ne vient pas vraiment du crâne. Il me semble que ça vient de la liaison entre les deux. La tête brouillonne, bouillonne, mugie toujours de beaucoup de voies, de pistes à explorer, de projets à avancer, de textes à retravailler, de choses en retard et d’autres qui viennent en avance et de leur côtés les doigts n’ont qu’une seule voix au chapitre. Il n’a qu’un trait qui sort des doigts, qu’une seule lettre par une seule lettre, qu’un mot avant un autre mot et nécessairement qu’une idée avant l’autre. Et cela en mettant de côté l’aspect désagréable de l’orthographe qui suppose prendre le temps d’écrire dans la justesse chaque mot ; or cela me prend plus de temps que de penser aux mots suivants. Et vitesse et en nombre les mots écrits sont tous des freins. Le foisonnement d’un côté, et le goutte à goutte de l’autre. J’écris bien lorsque j’écris doucement, lorsque je pèse le mot avant de le poser. Mais je n’écris jamais doucement, en tout cas trop rarement lors d’un premier jet, j’écris doucement seulement lors de la réécriture.

Je pense que ce sentiment désagréable qui rôde aux prémices de mes moments d’écritures et dû à cela, à la dissonance des rythmes de la main et des rythmes de la pensée. Peut-être aussi alors que cela signifie que je n’écris pas assez, qu’il me faudrait écrire plus encore pour apaiser toutes les voix et explorer toutes les voies pour chasser de mon esprit la sensation d’incomplétude de la pratique écrite qui ne développe jamais qu’une prose à la fois. Et pourtant j’ai souvent deux ou trois fichiers ouverts en même temps plus le cahier posé à côté de moi pour recueillir ce qui déborde. Mais toujours un mot après l’autre pourtant.

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Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #Chronique chaotidienne, #écrire, #Réflexion

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Publié le 4 Octobre 2017

Une page blanche, cette nuit j’avais des idées, de la moelle et des os. Je me souviens m’être souvenu en me réveillant pour pisser que j’avais des idées, mais ce souvenir de s’être souvenu c’est trop peu, ce n’est pas trop ça, c’est inutile. Est-ce comme se souvenir d’avoir été heureux sans se souvenir le comment et le pourquoi ? Est-ce comme se souvenir du moment où l’on s’est souvenu de notre plus bel orgasme au lit sans pouvoir se rappeler le contenu réel et précis du souvenir orgasmique en question. Le soleil rase encore le matin malgré les neufs heures et ce soleil rasant met en exergue toutes la poussière qui s'accumule statique l’écran de l’ordinateur. D’ici quelques minutes ayant échappée au regard en biais des rayons du soleil toutes cette poussière redeviendra invisible. comme des souvenirs ? J’en sais rien moi. Je vous en pose des questions ? Oui parfois, mais c’est parce que vous n’y répondez jamais. Boom, c’est à cela que je pensais cette nuit en me réveillant pour aller au toilette. Je pensais à ces personnes que l’on inonde de questions et qui savent ne répondre qu’à une portion congrue de nos questions sans pour autant nous donner l’impression de manquer de respect ou d’attention à notre curiosité. C’est gens là savent élever au rang d’art leur manière de laisser des questions en suspend en en faisant des portes ouvertes pleines de suspense et de mystère plutôt que des désaveux elles sont rares. Mais autant elles sont rares les personnes qui savent vous donner l’impression de vous écouter, qui savent vous rendre vivant par leur attention et qui n’ont pas besoin de répondre à nos questions pour témoigner de cela, autant elles sont précieuses, stimulantes et excitantes. Manière l’attention comme on manie un pinceau trempé d’encre de chine pour esquisser des estampes ultra expressives en émotion mais très retenues dans le geste est un art que je trouve proche de l’amour. Il n’y a pas de pont réel entre cette posture précieuse et l’amour mais je vois ces deux postures comme des cousines potentiellement incestueuses sans que l’on sache vraiment si un jour elles ont ou si elles franchiront le frontière ténue de la pudeur légitime. Comme une forme inceste quantique entre l’amour et cette attention que ma métaphore transfigure en estampe japonaise. Oui c’est à cela que je pensais avant le soleil.

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Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #Chronique chaotidienne, #Réflexion

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Publié le 21 Septembre 2017

Je me lève, j’allume l’ordinateur et en buant le premier café d’une longue série je regarde mes réseaux sociaux. Et je fais deux constats. Le premier c’est que mes réseaux sociaux n’ont pas besoin que je socialise avec et sur eux pour être sociaux. Ainsi les réseaux sociaux que dont je dis qu’ils sont miens parce que ce sont où je me rends et où il m’arrive de publier du contenu n’ont de sociaux que le titre arbitre que la société leur a décerné sur un malentendu ; ce n’est pas parce que ce sont des individus qui issus de la société qui génèrent le contenu de ces sites que ces sites sont sociaux. LE second constat que je fais c’est que je ne suis pas doué, ni attiré par le fait de produire de l’écran publicitaire, de la punchline, du titre à clic, de jouer les attentions whore ou de flirter avec la pute à clic. Ce n’est pas pour moi, ce n’est pas mon attrait, ce n’est pas mon don, ce n’est pas mon talent et ce n’est pas mon goût.

Si mes souvenirs ne me trompent pas, il y a bien eu une fenêtre de temps où les réseaux sociaux été bels et biens des espaces de sociabilisation qui permettait sans avoir à travestir la nature de sa plume de recréer des sociétés et des communautés. Mais il me parait clair qu’avec le temps et l’apprentissage des usages de ces réseaux, les usagés ne sont plus là en tant qu’individu appartenant à un groupe, ils sont tous devenus des communicants au service de leur communauté ou de leur personne parce que les personnes sont devenues des entreprises individuelles et libérales dont il faut vanter le mérite afin de sociabilisé sur les réseaux.

Peut-être que je me trompe. Je devrais le demander à ma communauté ou à celles auxquelles je crois appartenir. Mais je ne le ferai pas de peur d’apprendre que je ne suis qu’un vieux con, un has been, voir pire encore, je pourrais réaliser que je me trompe.

Je vais aller me faire un autre café.

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Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #Réflexion

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Publié le 14 Septembre 2017

Au collège je n’étais pas un enfant sportif et encore moins un enfant social. De ce fait j’ai bien connu l’enfer des cours de sports lorsque le professeur décidait de nous faire participer à un sport « collectif ». Et en particulier je connais trop bien ce moment gênant où le professeur désigne parmi les élèves les plus volontaires deux capitaines qui à leurs tours doivent choisir les coéquipiers avec qui ils feront équipe. En toute logique ils commencent par choisir leurs amis par affinité naturelle, ensuite ils choisissent les élèves les plus compétant vis-à-vis du sport en question, dans un troisième temps ils prennent avec eux les élèves dont ils se souviennent le prénom et dans un dernier temps, le temps le plus gênant, ils finissent par choisir les incompétents, les asociaux, ceux dont on ignore le prénom et moi. Lorsque l’on est celui choisi par défaut, s’il nous reste un peu de dignité nous rejoignons son équipe la tête basse et si l’on manque de dignité on remercie la personne de nous avoir désigné feignant d’ignorer qu’il n’avait pas d’autre choix.

Pourquoi est-ce que je parle de cela ? Parce que cette situation très malaisante c’est celle que vient de connaître Paris 2024 avec sa désignation comme ville organisatrice des jeux olympiques de 2024. Depuis l’époque où je vivais les cours de sport comme des épreuves désagréables je ne suis pas devenu sportif en revanche je suis devenu grand amateur de spectacles sportifs, un vrai supporter. Alors ne doutez pas mon attachement aux jeux olympiques et aux grandes compétitions sportives. Pourtant je n’ai que du mépris et du dédain pour Paris 2024. Les jeux olympiques nous aurions dû les avoir avant et donc les remporter plus tôt. Mais nous avons été battus encore et encore par des villes et des pays ayant plus de vices à coup sûr et peut-être même plus d’envies de rapporter les JO en  leurs terres.

La première défaite, la plus cinglante, la plus injuste, la plus cruelle parce que notre victoire était la plus plausiblement légitime contre Londres aurait nécessité que l’on réagisse avec dignité et justement une grande force d’indignation. Mais au lieu de cela nous avons courbé l’échine et nous avons présenté notre candidature à de nouveaux jeux olympiques que nous avons encore perdus. Habité à se présenter pour perdre nous nous sommes alignés été comme hiver jusqu’à finir seul candidat aux jeux de 2024. Alors forcément, à se présenter seul, il devenait probable que l’on gagne, comme il était logique que je sois choisi pour un match de handball lorsque j’étais le dernier élève planté comme un plot sur le terrain à attendre ma désignation.

Très bien nous avons remporté des jeux olympiques, par défaut, à l’usure, des jeux au rabais pour une candidature au rabais. Et dans ce pays où la culture sportive se résume à supporter de temps à autres son équipe nationale du sport le plus médiatique on trouve qu’il y a de quoi se réjouir de remporter les jeux sans avoir d’adversité. Mais personnellement je ne parviens pas à me réjouir de cela ; personnellement je me souviendrais que l’on a perdu les jeux plus de fois que nous les avons remporté. Et cette décision du CIO de nous accorder les jeux olympiques alors que toutes les autres villes s’étaient désistées ne compense et ne compensera pas de ne pas nous avoir désigné comme ville hôte lorsque nous le méritions.

Peut-être que d’ici cinq ou six sans j’aurai ravalé mon amertume et je parviendrais à me réjouir que la perspective olympique s’écrive à Paris. Mais pour le moment laissez moi ruminer.

Paris 2024 la perspective de mon amertume

Paris 2024 la perspective de mon amertume

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Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #Sport, #Réflexion

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Publié le 13 Septembre 2017

Du peintre, du musicien, du chorégraphe, de l’écrivain, de l’artiste d’art contemporain, du photographe et de tous les créatifs issus de toutes les sous-catégories que l’on peut dénombrées parmi les niches où se logent les personnes qui s’adonnent à une forme de création je me demande régulièrement qui est le plus libre. Je parle ici d’une liberté dont l’expérience se manifeste au sein de la forme d’expression choisie et non d’une liberté vis-à-vis de l’establishment ou de la société. Et si je me pose cette question c’est que j’ai l’intuition que la voie de l’écriture est une des formes les plus contraignantes parmi celles évoquées.

J’ai conscience que cette perception est très largement faussée du fait que l’écriture est la forme d’expression que je pratique le plus et avec le plus de sérieux et qu’à se titre j’ai certainement bien plus conscience des limites et des contraintes alors qu’à l’inverse je peux facilement fantasmer sur d’autres formes de création. Pourtant je continu de penser que le musicien, le peintre ou le chorégraphe peuvent être plus libres dans leurs gestes créatifs. Il n’y a pas là de jugement de valeur, et surtout pas un regard péjoratif ou négatif sur telle ou telle forme. C’est simplement une manière d’exprimer mon impression qui est qu’à la base du geste créatif, le peintre, le chorégraphe, le musicien peuvent plus facilement que l’écrivain s’adonner à une pratique instinctive. J’ai la sensation que je n’ai pas cette liberté de me mettre devant une feuille et d’aligner des mots comme ça, juste des mots en libertés simplement agencés par une pulsion invisible.

Je sais que c’est idiot de penser cela.

Je sais que je ferai bien de me taire.

Oui je le sais, ce n’est pas beau la jalousie.

C’est encore pire quand la jalousie se fonde sur des préjugés et des idées fausses.

Mais pourtant je vous jalouse.

Et lorsque je m’escrime à poser des mots en vrac, dans un vrac apparent seulement ordonné par un fil invisible c’est contre vous que je le fais.

Contre les peintres et la couleur.

Contre les danseurs et le mouvement.

Contre les musiciens et le son.

Pourquoi cette impression de devoir se coltiner le sens ?

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Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #Réflexion, #écrire

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Publié le 12 Septembre 2017

Donnez moi l’occasion d’acheter des choses et faites de moi le tout petit pilier d’un pont qui enjambe je ne sais quel gouffre pour réunir toutes les rives disparates de lambeaux de terres eux aussi disparates afin de former une nation. Et si les morceaux de terres, fractions disséminées par le hasard et le chaos du déterminisme social et culturel qui fractionne les hommes en lambeaux de société disparates, désignent en réalité des pièces éparses du puzzle sociétale jadis reversé mais jamais réellement reconstitué et si ce pont qui multiplie ses piles et ses tabliers jusqu’à devenir une toile d’araignée alors donnez moi l’occasion d’être un de ces insectes prétentieux mais inconscient qui est venu se prendre et se perdre sur les brins poisseux de cette toile d’union arbitraire. Mais c’est cela le prix d’une nation, c’est ainsi la vertu d’une société qui tente de tisser en vain un semblant de tissu ; réunifier le patchwork dans le geste simple et désespéré d’en faire une couverture mais de prétendre surtout que cette couverture est belle. Comme si le patchwork pouvait un jour revenir à la mode. Ne me donnez pas l’argent, ne me donnez pas de pièces, ne me donnez pas de sous, même pas les petits et garder à l’esprit que c’est le peuple le généreux, celui qui vient se vider les poches, les bourses et la panse à dépenser l’argent acquis pour faire pont, pour faire ouvrage d’art, pour faire ouvrage urbain dans le geste de la consommation. Il est bien urbain le peuple, ça oui, même quand il ne l’est pas ; et il est bien riche le peuple à engraisser l’engeance qui le menace de vide, du vide de ne plus pouvoir dépenser l’argent qu’il emprunt à s’acheter du sens à sa vie et à s’acheter du sens commun par pack de douze comme pour la bière, les tampons et le yaourt industriel. Toujours bien prendre le temps de dépecer le peuple comme l’araignée démembre les insectes avant d’injecter en eux le poison larvaire qui s’ils ne sont pas mort leur portera le poison de l’illusion de leur libre arbitre alors qu’en vérité le dit poison larvaire aura depuis bien longtemps disséqué leur cerveau, liquéfié les neurones pour mieux tirer les ficelles de ces pantins sans culotte qui marchent aux portes d’une révolution permanente comme une page de pub qui décapite le film du dimanche soir.

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Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #révolution, #Réflexion, #Je est un autre

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Publié le 26 Août 2017

D’aussi loin que ma mémoire télévisuelle me permet de me rappeler, j’ai la sensation d’avoir toujours vu à la télévision les publicités pour ces collections par abonnement qui s’étalent sur des jours, des mois, des semaines et peut-être même des années ; les minéraux, les voitures miniatures, les statuettes de chats, fabriquer un corps humain, une maquette de bateau, un réacteur nucléaire et tant d’autres encore. Je ne me rappelle pas avoir eu envie de ces collections, dans mon souvenir je trouvais déjà ses collections artificielles, désuètes, un peu beauf, beaucoup kitch, et surtout ça sentait le vieux. Collection Atlas, collection Altaya, la collection par correspondance ça ne me semblait déjà ne pas être fait pour moi et plus largement pas pour les jeunes non plus.

Et mon impression est restée ainsi inchangée depuis des années. Avec la force de l’habitude je n’ai même plus prêté attention à ses promesses télévisées qui souhaitaient faire de moi l’acquéreur heureux d’une tonne de babioles sans intérêt. De toutes les façons c’était comme les conventions obsèques et les couches pour adultes ça ne me concernait pas.

Et puis insidieusement ces derniers mois, ces derniers jours et je suppose peut-être même ces dernières années les objets des collections par correspondances se sont mises à cibler ma génération comme souvent Lara Croft était en avance, après elle la culture comics book et puis une foule de babioles en mesure de devenir objet de désir des vieux que nous sommes en train de devenir. C’est la sortie dans tabac presse de la collection Olive & Tom et Assassin’s Creed qui m’a fait prendre conscience de cela. Nous sommes devenus une génération assez adulte et assez vieille pour faire nos collections par correspondance. Je ne sais pas vous mais ça me laisse comme un goût de vieux biscuits mous et éventées dans l’arrière bouche de mon cerveau.

Mais oui, j’ai acheté Oliver Atton … mais j’avais besoin d’une petite dépense pour caser un gros billet. Mais je ne suis pas fier pour autant …

• Figurines exclusives

• Entre 11 et 14 cm de hauteur

• Réalisées en PVC

• Peintes à la main

• Base spéciale imitant la pelouse

• Figurines décorées avec un grand réalisme

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Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #Chronique chaotidienne, #Réflexion

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Publié le 7 Août 2017

Le temps d’un soir encore, un soir enfin, le temps d’une vie à laquelle j’aime emprunter des instants je regarde les championnats du monde d’athlétisme sur France Télévision. J’ai connu l’athlétisme avec la télévision et les commentaires théâtraux qui jalonnaient les épreuves. Bien sûr je parle d’une époque où Stéphane Diagana nous donnait des frissons sur la piste et où Christine Arron batailler contre les chronomètres mondiaux mais Patrick Montel était déjà là, Nelson Monfort aussi. Dans mon souvenir il était bon, mais j’étais un enfant et les souvenirs d’un enfant sont toujours embellis par le temps.

Aujourd’hui Patrick Montel sévit toujours sur le service public et Nelson Monfort aussi. Dans mon souvenir leur numéro de duettiste tragicomique apportait un folklore que je trouvais agréable ; je me souviens de l’emphase qui transmettait une émotion au spectateur néophyte que j’étais. Mais maintenant je n’entends plus que les approximations, les maladresses, les réflexions malaisantes et cette sensation désagréable que le commentateur tombe toujours à côté de la plaque et que l’essence même de ce qu’il se passe sous ses yeux lui échappe.

C’est triste.

Pourtant j’entends toujours dans la musique de Patrick Montel la musique de mon enfance. Mais lorsque j’écoute ses paroles mon innocence s’écroule et l’exaspération prend le relais. Mais ça ne m’empêche pas de regarder les championnats du monde d’athlétisme. Ni d’écouter Stéphane Diagana se débattre avec les informations, Patrick Montel commenter à contre temps et Christine Arron dormir paisiblement jusqu’aux instants où l’on entend ses paraphrases de manière subreptice.

Aujourd’hui je me demande si je pourrais tomber amoureux de l’athlétisme si je le découvrais seulement aujourd’hui en allumant ma télé. Et je doute. Je doute. Je doute. Et c’est triste oui, parce que ça me laisse imaginer que malgré cette diffusion de l’athlétisme en prime time il n’y aura peut-être pas de nouvelles générations de supporters qui tomberont amoureux par l’entremise d’un commentaire passionné.

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Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #Sport, #Réflexion

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