Publié le 30 Avril 2015

Assis devant mon ordinateur, le cul posé dans le siège parfois inconfortable de mon intuition j’essaie de fois au-delà de ce que l’écran me montre. Oui, assis là j’essaie de voir dans les tréfonds du réseau, dans les entrailles de la chose et je me demande jusqu’où vont ses tréfonds, jusqu’où se logent ses entrailles. Je n’ai pas le savoir assez ardu et la vision beaucoup trop courte pour voir jusqu’où peuvent se perdre mes intuitions, pourtant sans douter, je suis convaincu qu’internet est comme un cerveau humain. Convaincu qu’internet, ce bon vieil internet, est un outil remarquable dont on utilise, selon moi, qu’un faible pourcentage. Avec les modestes pourcentages de mon cerveau actif je jauge que nous sommes là avec un outil dont on n’utilise qu’un faible pourcentage ; la seule question est jusqu’où ? Dans quelle dose ? Dans quelle mesure ? Et quand est-ce que nous cesserons de produire, reproduire les mêmes créations du monde d’avant ? Nous continuons sans cesse de reproduire les mêmes productions du temps où nous ne possédions pas cet outil. Ce temps cessera et viendra un moment où nous réaliserons que cette intuition que je jauge depuis le siège où je loge devant l’ordinateur est une réalité qui nous dépassera tous. Et d’ici ce jour je n’aurai de cesse de chercher à anticiper ce moment.

Voir les commentaires

Rédigé par Ceci est un blog

Publié dans #Je est un Blog, #écrire, #Internet

Repost 0

Publié le 29 Avril 2015

Une armée de tours éternelles, minuscules et grandes. Une forêt de tours éternelles, métalliques et phalliques qui se dressent sans échelle de grandeur sous les yeux qui ne les voient plus. Minuscules tours éternelles ou immenses, toutes les mêmes sans marges amères, comme avant elles les pyramides, comme le sont parfois les écrans de surimpression de réalité. J’ai oublié mille fois ces tours qui n’ont jamais vraiment été les miennes mais qui étaient là pour moi, divin totem de la grandeur d’homme, juste sans échelle de grandeur ou de valeur, des tours comme des cailloux ou comme des arbres, comme quelque chose que l’on a cessé de voir depuis que ça habite le monde avant nous. Je vais parfois pourtant les rechercher, comme les mouches entrent dans la lumière aveuglément moi j’entre en elle aveuglément, et j’en ressors parfois brûlé par une nuit majestueuse, pathétique, majestique. Juste une nuit de plus entre elles et moi. Je les aime comme tout ce que j’aime détester et puis plus tard je rentrerai dedans d’autres tours pour y trouver la mienne et y creuser ma place. Comme les autres, comme tout le monde, comme la ruche et ses abeilles, et les termites au fond de cette terre d’étranger.

Voir les commentaires

Rédigé par Ceci est un blog

Publié dans #Divagations diverses, #ébauche, #ville, #absurde, #jdr

Repost 0

Publié le 28 Avril 2015

Le roi est mort, vive les poings qui font venir la mort. Deux par deux, les coups pleuvent, les corps cèdent, craquent les os et les chairs qui se déforment sous les impacts crient la douleur qu’elles endurent. Et le boxeur ivre de sa lucidité distribue ses coups sans restriction, il se tient debout, comme le i dans la victoire, droit comme le destin qui d’un geste vif du bras assène un jab pour ébranler son adversaire. Il y a du sang plein ses mains, et de la chair meurtrie et parfois même des os, des dents, de la matière dure qui s’effrite des corps tabassés et qui se colle à sa peau couverte de sang coaguler ; peut-être le sien même s’il en doute, non pas qu’il esquive tous les coups mais son sang est fier, fougueux comme le feu de la rage qui l’anime et son sang à lui il coule, fluide comme un crochet du droit qui s’écroule sur le visage du pauvre hère qu’il a pour cible ; son sang à lui ne coagule pas, il jailli comme les coups qu'il porte. Demain une rivière de corps morts, cadavres entassés à ses pieds de colosse et déjà il est comme le roc, la falaise où se brise les lames de l’adversité.

Voir les commentaires

Rédigé par Ceci est un blog

Publié dans #retard, #boxe, #ébauche, #jdr

Repost 0

Publié le 27 Avril 2015

Même si l'on a rien à écrire sur la ville, même si l'on n'envisage aucune victoire dans cette ville et même si cette ville est un lieu de campagne, un décor pour l'action, même si la ville n'est qu'un bourg de province, la ville est toujours belle quand la nuit pleut sur elle. Que de la gueule, que du bitume, rien que des murs usés, crasseux et le béton qui fond sur le dos des urbains comme les guenilles mouillées leurs collent à la peau. Tu es si belle la ville quand tu pleure sur moi, quand tu me piétine jolie putain de métal et de pierre, plus grouillante que la vermine dans le centre-ville. Tout ce tient là dans un espace restreint, la rue comme unité de temps, la ruelle comme unité de lieu et le Block ou le quartier en unité d'épique. Plus, le district, la commune, la ville relevé du divin.

Voir les commentaires

Publié dans #ébauche, #ville

Repost 0

Publié le 26 Avril 2015

Sous la pluie du soir. Une pluie sans titre, une pluie une fois de plus plus anonyme que le jour. Un jour sans soleil, la pluie a les mains grises et forcément arthritiques. Il a mal aux mains et à chaque articulations, même la nuit, surtout sous la pluie, surtout s'il a deux mains à chaque bras. Deux fois plus le temps de regarder la pluie pour y cacher des larmes, trop facile d'être triste sous la pluie, comme d'être heureux sous le jour. Petit con d'idiot, tu ne sait rien faire, rien dire et moi je manque de temps parce que mes doigts s'enlisent. C'est horrible la mélasse.

Voir les commentaires

Publié dans #temps

Repost 0

Publié le 25 Avril 2015

Avoir un monde et ne pas savoir s'il est le seul monde du monde. Avoir un monde, vivre à l'intérieur de ce monde et ne pas savoir si ce monde est unique au sens d'original. Fallait il aspirer à habiter un monde à tout prix original, ou ce satisfaire de vivre un monde, juste un monde, rien que cela, un monde comme tant d'autres, comme si la théorie des cordes ne comptait qu'une seule corde accordée sur une seule note. Et là, debout sur le toit du son immeuble un peu raide dingue d'acier vers le ciel polué et un peu miteux au dedans comme une beauté intérieure absente, il regardait son monde, le monde qu'il habite et qui lui paraît si fade, presque facile. Il sait parce qu'il a apprit son histoire, que quelque par sur une planète appelée Terre, la civilisation humaine à déjà eu un foyer. Son monde n'est il qu'une réplique, vague réplique, ou un original d'inspiration, un hommage qui ne renie pas son avenir. Il voudrait le savoir, il scrute son horizon urbain sachant avec certitude qu'il ne trouvera aucune réponse ici

Voir les commentaires

Publié dans #jdr, #ébauche

Repost 0

Publié le 24 Avril 2015

 

Est-il possible de tout arrêter. Partir s’aérer la tête et revenir après comme si rien n’avait changé. Jamais bougé. Revenir avec dans la tête le vent du sud qu’il souffle dehors. Comme aller et puis revenir à son point de départ avec l’expérience acquise avant de partir et pendant de partir. Je suis fatigué, de tête lasse, un esprit arasé comme le désert, comme les petites fleurs et les grandes herbes après les passages des trop nombreux marcheurs. Un esprit harassé.

Envie d’en rester là.

Ici.

S’en remettre à tête vide, cœur vide, corps vide.

La vide trinité.

La contrition des libres.

Voir les commentaires

Rédigé par Ceci est un blog

Publié dans #Je est un Blog

Repost 0

Publié le 23 Avril 2015

 

La faille dans le creuset de notre réalité formait une sorte d’arc, un arc de cercle à la perception légèrement ondulante et irisée dans l’air frais de la fin d’après-midi. L’imperceptible lumière qu’elle dégageait ne troublait pas l’atmosphère crépusculaire de ce désert de pierre. Le jour déclinait lentement avec la plénitude des choses séculaires et je m’étais caché à l’abri de gros granite rouges pour observer la faille. Depuis des semaines des femmes disparaissaient dans la région, paysannes, jeunes fermières, c’était en passe de devenir problématique.

Après à peine quelques minutes de planque un grésillement d’intensité variable se faisait entendre. Et sans que je puisse formellement le voir en sortir, le roi lézard se tenait sur son trône volant juste devant la faille. Il ne pouvait pas venir d’autre part que de cette anfractuosité lumineuse dans notre réalité. Objectivement le roi lézard n’avait rien réel, en tout cas rien de réaliste. Il faisait bien deux mètres de haut, peut-être trois, il se tenait debout comme un homme. Son corps de reptile était enserré d’une armure de plastique, de métal et de technologie qui m’était inconnue. Sa gueule de lézard géante avait tendance à m’hypnotiser, comment une telle créature pouvait-elle se tenir là dans mon monde, perchée sur un trône mécanique flottant à quelques mètres du sol maintenant en l’air silencieusement par une technologie inconnue ?

Après quelques instants d’immobilité, comme si cet attelage incongru devait s’habituer à sa présence dans mon monde, le roi Lézard brandissait son sceptre impie et une forme ressemblant à un œil de serpent se dressait à l’avant du trône qui se mettait en mouvement. C’est à ce moment-là que je réalisais que le roi Lézard était entouré par trois femmes à la silhouette humaine. Elles portaient des casques qui cachaient leurs visages, elles portaient aussi des combinaisons dans un tissu moulant très transparent qui ne cachaient quasiment rien de leurs anatomies ; c’est ainsi que le reconnaissais Sylvie, une jeune fermière pour qui j’avais depuis longtemps des désirs qui m’avaient conduit à l’observer nue à son insu. Or un homme ne doute jamais quand il est face à face avec le fruit de son fantasme, c’était bien elle.

Mes peurs se renforçaient. Le roi Lézard venait sur nos terres pour braconner nos plus jolies femmes. Autour de l’impressionnant lézard les trois femmes s’affairaient activement, elles semblaient libres et agissantes de leur plein grès. Est-ce que cela signifiait que le vil roi à l’aide de sa technologie inconnue avait pu prendre le contrôle de ces pauvres âmes ? Etaient-elles tombées amoureuses ? Je devais les suivre pour en apprendre plus.

Voir les commentaires

Rédigé par Ceci est un blog

Publié dans #écrire, #SF, #science-fiction, #jdr

Repost 0

Publié le 22 Avril 2015

au départ j’écrivais sans majuscules et sans point à mes phrases ; juste des virgules, des points virgules mais surtout pas de point final à mon texte, à mon article - c’était l’époque héroïque des tirets et d’une guérilla de ponctuation ; et j’aimais ça - c’était tout à la fois une marque de fabrique et un style, une façon de rythmer l’écrit comme l’était ma pensée ; jusqu’au jour où c’est devenue une habitude et donc une contrainte

Au début toujours, j’annonçais les jours, j’égrenais les jours, en lieu et place d’un titre j’inscrivais le jour pour montrer depuis combien te temps je m’étais lancé dans ce blog. C’était rigide, rigoureux j’espère, je n’affichais pas la date mais un compte, comme on décompte ou comme on compte les jours quand une personne connue est prise en otage - on ne décompte pas les jours de la même façon à la télé quand on est personne -. Aujourd’hui j’aurai titré jour#2157 comme pour rappeler que j’ai commencé à écrire quotidiennement dans ce blog depuis 2157 jours.

J’ai fini aussi par lâcher cela, et par essayer de glisser le - nombre - dans le corps de l’article, une date dissimulée dans un certain sens ; pour moi c’était plutôt un rappel. Inutile rappel.

Ce n’était pas le cas au départ mais après quelques mois ou quelques années je me suis imposé une limite par le bas, pas moins de 200 mots par articles, plus s’il en fallait plus, plus si l’inspiration était prospère et la prose prolixe mais jamais moins, en tout cas rarement moins. Tout cela parce que j’avais lu un jour que 200 mots minimum c’était ce qu’il fallait pour que les robots de Google s’intéressent à mon blog. Ce n’était pas une information très sûr, comme tout ce qui concerne le référencement, c’était peut-être 200 signes, ce n’était peut-être qu’une légende urbaine mais quoi qu’il en soit mon blog n’a jamais attiré les foules.

Et petit à petit toutes ces contraintes, toutes ces névroses ont façonnées ma prose. En tout cas celle que je posais ici, et parfois celle que j’écrivais ailleurs. Mais peut-on être écrivain avec tant de névrose ? Depuis quelques temps je crois que je me suis défait de mes règles, presque toutes, parfois naturellement et pour d’autre en me forçant à sortir du carcan que je m’étais imposé.

Dans quelques mois ce blog aura 6 ans et plus de 2400 articles publiés. Et peut-être 5 % d’articles, de textes, de proses, de poésies, de pamphlets qui méritent d’être considérés comme intéressant.

Parfois je me demande s’il faut continuer.

Voir les commentaires

Rédigé par Ceci est un blog

Publié dans #Je est un Blog, #écrire, #Blog, #mélancolie

Repost 0

Publié le 21 Avril 2015

Il y a quelque part un monde primordial.

Quelques pages de magazine qui un jour m’ont dévoilé l’impromptue existence de ce monde imaginaire. Une évocation, presque une nouvelle, trois pages, trois fois rien et pourtant si j’en parle comme d’un monde primordial c’est que dans ces quelques lignes j’ai perçus et découverts l’essence d’une pulsion. J’ai vu, lu, perçus un monde qui 20 ans après me marque toujours, encore. Une empreinte de science-fiction folle, datée, débridée, hybridée, délirante et précise comme un monde plausible. C’était surtout d’une liberté folle, un vent qui m’a parlé, nuée radioactive qui a certainement déclenché une mutation en moi.

Vingt ans après j’y repense, j’en reparle et par miracle j’ai gardé ce magazine et parfois je m’y replonge comme l’homme rassure sa foi en caressant ses reliques.

Il y a un monde primordial qui m’échappera toujours parce qu’il est en anglais, anglophone, jamais traduit ; c’est peut-être cette barrière entre ce noyau primordial et mon inaccessible esprit qui a attisé mon attention. Peut-être pas.

Mais de ce fossé entre ce monde primordial est moi et sûrement né un désir. La seule possibilité d’épouser ce monde est donc de le réécrire, de me le réécrire, d’en réécrire un comme moi, comme je le désir, comme je le fantasme. Je cours sûrement depuis 20 ans après ce monde qui n’existe que dans mes fantasmes. C’est peut-être ça oui qui a conduit mon esprit à prendre le courage d’écrire.

D’abord en se mentant à lui-même et ensuite à acceptant de reconnaître le manque de son monde primordial et la nécessité de se l’écrire pour soi - ensuite peut-être pour les autres. 

Il y a un monde primordialIl y a un monde primordialIl y a un monde primordial

Voir les commentaires

Rédigé par Ceci est un blog

Publié dans #Je est un Blog, #jeux de rôle, #jdr, #SF, #mélancolie, #nostalgie, #Pictogranimation

Repost 0