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Publié le 24 Juillet 2017

Chronique du lundi 24 juillet, une chronique qui n’a rien  à dire. Et cette fois ce n’est pas une posture, ce n’est pas un effet d’annonce, ce n’est pas une méthode de pensée contradictoire. Non, il n’y a rien à chroniquer dans ce lundi 24 juillet. Se lever, faire le petit déjeuné, la regarder petit déjeuner, faire la vaisselle, dehors le ciel se nuage, et puis voilà, ordinateur allumé, le café qui descend dans la tasse, et l’écriture du matin, l’écriture du début de la semaine, écriture du lundi avec des empreintes de rêves laissés par la nuit et des empreintes de fantasmes nés dans la nuit. Mais la nuit n’est plus là, la nuit est le jour, et le temps passe vite dans le noir et le blanc qui contraste des lettres sur l’écran de l’ordinateur. S’arrêter, se doucher, la sensation d’avoir le cheveu propre et bouclé c'est-à-dire beau, manger, vaisselle et encore le café. C’est le moment de la pause, c’est ce que je me suis dis, le mot de profiter de sa pause pour aller faire le plein de la voiture parce que ce soir c’est concert et que je n’avais pas envie de faire le plein au dernier moment. Je suis sorti, à peine dehors il s’est mit à pleuvoir, à venter, un début d’orage. Mal abrité par la structure de la station j’ai fais le plein avec l’impression d’être sous un brumisateur immense et je suis reparti le ventre de la voiture plein de gasoil. Sur la route retour pendant un instant j’ai suivi une femme sur un vélo le temps que je puisse la doubler sans risque, elle avait un pantalon en tissu bleu marin et poids blancs, sûrement un tissu léger parce qu’avec la pluie on faisait plus que deviner ses dessous. Entre les rafales de vents et de pluie elle était obligée de conduire son vélo à une main utilisant l’autre pour tenir son chapeau. J’ai eu de la compassion en la doublant, puis je l’ai remercié intérieurement parce qu’elle m’offrait la possibilité de broder quelques mots sur elle afin d’augmenter ma chronique de ce 24 juillet de quelques lignes de plus. Ce soir ça sera Super, pour le moment c’est tout.

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Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #Chronique chaotidienne

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Publié le 23 Juillet 2017

L’ordinateur refuse de sortir de sa léthargie. Il rame, il chouine, il fait durer les choses et le temps s’étire à son contact. C’est comme si l’ordinateur avait du mal à se remettre des excès du week-end, l’alcool, la fête et le manque de sommeil. Nous sommes le 23 juillet et je chronique ce jour comme je pourrais chroniquer le week-end. Il est 23h41 et tandis que minuit approche je commence à percevoir des ombres qui s’agitent dans ma vision périphérique. Ce n’est pas grave, je ne suis qu’à huit ou neuf pas du lit, pas de route, pas de contrôle, pas de rapport sociaux, juste moi, ma fatigue, un verre d’eau froide, Esprits Criminels qui rediffuse pour la énième fois l’étendu de la déviance humaine et moi qui suis là pour chroniquer un jour commencé trop tôt et que pourtant je voudrais finir tard.  

L’acuité de l’attention est une donnée curieuse, elle ne s’écroule chez moi que lorsque j’ai le cul posé sur un siège, un fauteuil, une chaise familière. Je ne suis pas casanier pour autant, je ne suis même pas sûr d’être méfiant non plus, en tout cas plus qu’il me semble raisonnable de l’être, mais lorsque je suis hors de ma tanière je me sens responsable et redevable d’être suffisamment conscient de mon attention pour ne pas manquer un instant de ce qui se trame autour de moi. Alors dans les soirées, dans les moments sociaux, dans ces instants où je ne me sens qu’à moitié légitime d’être présent je m’efforce d’être attentif, de tout percevoir, le plus, le mieux possible. Au final l’ironie du sort c’est qu’en cherchant d’instinct ou d’inconscience à ratisser l’instant présent pour n’en perdre le moins possible ça me conduit à reprendre une posture de spectateur. Cette posture d’observateur du réel à laquelle j’étais réduit lorsque j’étais trop timide et introverti pour avoir le choix.

Aujourd’hui où j’ai ce choix, j’ai conscience que dans un mouvement conduit par un élan de névrose je me retrouve dans la même posture. Vivre l’instant au sens de pleinement s’abandonner à lui, et donc lorsque nous sommes en état de rapport social, s’abandonner à l’autre, c’est accepter de faire un choix et de laisser les autres personnes, les autres discussions, laisser filer ces choses là que l’on voudrait capter comme le témoin privilégier de ce microcosme. Il y a dix ans, à chaque soirée je mitraillais de littéralement de millier de photos et au lendemain de la soirée j’aimais pouvoir témoigner aux autres de ce que l’alcool ou simplement l’abandon à un instant donné leur avait empêché de se souvenir. Au fil du temps je prends de moins en moins de photos. Je suppose que mon état s’améliore un peu.

Reste que je suis souvent le dernier à passer le générique. Le dernier vaillant pour pouvoir témoigner que la fête est finie et que les gens sont couchés. Dans mon fantasme adolescent je rêvais d’être le témoin de la fin du monde ; je m’imaginais assis sur le bord du cratère d’un volcan lorsque le méga météorite qui va frappé la Terre s’apprêter à tomber et à détruire toutes formes de vies. Dans cette vision  d’apocalypse j’espère juste être le dernier à pouvoir voir les choses s’éteindre. Dans le fond c’est ce que je fais lorsqu’à une soirée je m’endors en dernier.

Et ce n’est que lorsque je me retrouve seul, qu’enfin la fatigue me submerge.

Je ferai bien d’aller dormir.

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Rédigé par Monsieur Ray

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Publié le 23 Juillet 2017

Chronique à rebours d’un vingt-un juille, sous la chaleur d'un ciel faussement gris, plutôt blanc, vent du sud. Un peu plus loin ils jouent au ping-pong, un peu plus près ils travaillent connectés aux réseaux et entre eux et eux c'est l'heure de la sieste. Une mobylette passe dans la rue au bout du jardin. Puis on rentend les cigales et les bruits de la balle de ping-pong. Un peu le bruissement du vent dans les arbres. Un cerisier trapu bien plus vaste que haut offre un peu d'ombre. Ils travaillent en dessous. Je m'y abrite aussi. Plus tard les bières, l'alcool, les mots plus hauts et les rires. À l'instant le silence de la sieste avant la tempête. Je l'attends affalé dans un transat. Un temps d'orage. Un ciel d'orage. L'humidité orageuse. Aucune appréhension. Se fondre dans le temps suspendu. Celui des maillots de bains et des corps sans complexes. Légèreté et lourdeur estivale. Au point d'équilibre l'instant présent. Le vent se lève il est tant de vivre. Suivra le temps des défis. Espadrilles sous la table, pieds nus, silhouette longiligne dans une robe noire d'été, fluide. Lunette jaune et verre polarisé. Bretelle de soutien-gorge mauve. Estimation discrète devant l'écran, le temps d'un choix qui ne peut pas attendre. Ciel de plastique bleu entre moi et l'autre ciel, le blanc. Serviette sur le dossier de la chaise, torse nu devant l'ordinateur, peau bronzée et tatouée, le temps relatif de celui qui prend son temps et un verre d'eau avant le café. Table de ping-pong, trampoline, filet de volley, terrain de pétanque, piscine avant d'arriver jusqu'à moi.

 

Elle descend dans la piscine, d'autres sortent de leurs siestes.

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Rédigé par Monsieur Ray

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Publié le 21 Juillet 2017

Vingt et un juillet de cette année et que les lecteurs des temps futurs et les archéologues d’internet prennent la peine de trouver l’année ailleurs que dans cette phrase. Il y a quelques semaine je perdais mon téléphone, enfin mon Smartphone pour justement respecter la nomenclature de mon époque. Ce n’était pas la crème de la crème mais une machine suffisamment puissante et performante pour réaliser des photos d’une qualité plus qu’honnête.

Lorsque j’ai acheté un nouveau téléphone de remplacement j’ai opté pour un appareil au bas de la gamme parce que je n’avais pas les moyens d’une vaste dépense et j’ai retrouvé un Smartphone qui fait des photos moyennes et médiocres.

Il y a quelques lundis de bon matin j’ai réalisé que l’on avait volé l’antenne radio sur ma voiture ; impossible de rouler en campagne et de capter les stations au sein desquelles j’avais mes habitudes. Du coup j’en suis revenu à prendre des afin de pouvoir rouler en musique dans ma voiture.

A défaut d’avoir un appareil photo correcte j’ai ressorti mon bon vieux boitier réflexe numérique et quelques objectifs chinés. Partant de là je me suis dis que je pouvais aller encore plus loin dans le retour dans le temps en sortant de vieux appareils photos argentiques chinés cette saison ainsi que des pellicules très largement périmées afin de réaliser des photos très basiques dans l’esprit Lomo. Et tout comme je retrouve le plaisir délicieusement désuet d’écouter de la musique sur CD avec les imperfections d’un CD en voiture, je retrouve le plaisir de la photographie à l’ancienne comme celle avec laquelle j’ai appris la photographie.

Parfois il y a des contraintes matérielles qui ramènent du sens et de la liberté à la pratique habituelle des technologies. Et dans cette chronique d’un vingt-et-un juillet je renoue avec des lieux communs et le goût de la photo argentique médiocre et imparfaite. J’ai tellement souvent poursuit le charme des photos ratées, je me demande comment j’ai pu oublier tout cela.

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Rédigé par Monsieur Ray

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Publié le 20 Juillet 2017

Il n’est pas encore onze heures du matin, pas encore midi, et pourtant je me lance dans la chronique de mon vingt juillet ce qui laisse supposer une chronique tronquée et ce n’est pas faux parce que cette chronique quotidienne remonte le temps dans ma nuit, dans la nuit débutante de ce vingt juillet mais elle remonte aussi dans les nuits de ma jeunesse.

Aujourd’hui il est de notoriété publique que je suis un téléspectateur passionné de River Monster. Cette émission est à mi-chemin entre le documentaire animalier et le thriller. Cette production anglaise mise sur le charisme de son animateur pêcheur et sur la qualité de la production pour passionner le téléspectateur pour de la pêche en eaux douces. Il faut dire que le lascar pêcheur ne traque que des monstres d’eaux douces ce qui justifie le titre de l’émission. Et je suis donc fan de cette production qui est la fille légitime de Très Pêche et d’Esprits Criminels. Donc si comme cette nuit je tombe sur une rediffusion de l’émission je peux y consacrer mon attention jusqu’à des heures indues de ma nuit.

Lorsque j’étais adolescent j’ai eu la télé dans ma chambre, une magnifique télé noir & blanc directement volée aux années 70, une télé sans télécommande pour laquelle il fallait se lever pour zapper et pour laquelle il fallait un tournevis pour régler une à une les chaînes. L’adolescence c’était aussi le temps de la conquête des nuits d’été, ces nuits que je passais seul ou avec des amis à refaire le monde en repoussant toujours plus loin les assauts du sommeil. C’est lors de ces nuits là que j’ai découverts Histoires Naturelles la série documentaire sur la nature, la chasse et la pêche diffusé sur TF1 de 1982 à 2009. Je regardais cette émission avec dédain et humour ; l’émission paraissait parfaitement désuète, beauf, grotesque, décalée et pourtant je la regardais.

A force de nuits blanches d’été et d’hiver j’ai fini par développer une forme d’affection pour cette émission qui marquait la nuit. Lorsque TF1 cessait les rediffusions des émissions de la journée et que commençais Histoires Naturelles ça signifiait que nous rentrions dans la vraie nuit. Et cette nuit en me laissant porter par le fleuve des rediffusions de River Monster je songeais à mes nuits d’avant où déjà je me laisser emporter par les documentaires sur les animaux et la nature. C’est un drôle de pont, c’est une drôle de chronique, ça sera peut-être un drôle de vingt juillet.

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Rédigé par Monsieur Ray

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Publié le 19 Juillet 2017

Je manque cruellement d’objectivité mais je m’avance et je dis qu’il y a des jours qui manquent cruellement d’intérêt ce qui fait d’eux des jours définitivement ennuyeux à chroniquer. Mais c’est là la marque du quotidien, par nature il est prévisible et moyen, ennuyeux et modeste, banal et anonyme dans l’ordre de l’extraordinaire. Et je sais d’avance que la chronique de ce dix-neuf juillet sera un calvaire d’écriture et je suppose de lecture.

Pour être honnête je ne me lis pas donc je me moque relativement de l’expérience de lecture qui découle de mes articles.

Je pourrais toujours parler du temps qu’il fait, chronique météo de ce dix-neuf juillet à dix-neuve heure et treize minutes le ciel est gris, tendance nuage. Ce n’est pas un temps d’orage où d’imposantes colonnes de nuages grossissent et grimpent loin dans l’atmosphère avant de faire péter sur nous des seaux d’averses d’été. Non, c’est plutôt un ciel chargé, des nuages bas qui couvrent quasiment toutes les portions de ciel que je peux voir. Lorsque j’attarde mon regard sur cette voute nuageuse je vois nettement les endroits où les nuages s’effilochent en zones pluvieuses. Je me dis que ça va peut-être me tomber dessus et je me dis alors que ça ne sert à rien que j’arrose le gazon. Le voisin doit regarder le ciel lui aussi et redouter que ça tombe parce que le voisin vient de sortir pour préparer des grillades. Je le soupçonne d’avoir un barbecue à gaz parce qu’il n’a pas fallu longtemps avant que ça ne sente la viande griller. Sur ce point-là je reconnaître un vieux réac’ qui ne jure que par le goût et le fumé du charbon de bois. Cela n’empêche pas que les odeurs de viandes grillées m’ouvrent l’appétit et je ne suis pas dupe, je n’ai rien à manger pour rivaliser avec ce parfum.

Pourvu que la pluie tombe et qu’elle lave ce dix-neuf juillet de l’injuste barbecue d’un voisin.

J’avais imaginé que je pourrais parler d’autre choses, mais je crois que ça sera pour un autre jour parce que j’ai oublié.

Aujourd’hui j’ai pris un peu de temps pour m’occuper de mon autre blog, celui où je parle jeux vidéo, pop culture et consommation ; j’y chroniquais les jeux achetés aux fils de mois pour la PS3. J’ai un goût particulier pour les jeux de sports désuets. Pour environ tous les types de sports, les jeux ressortent chaque année avec quelques changements et une nouvelle jaquette ; foot, basket, boxe, golf, formule 1, etc. Et inexorablement le jeu de l’année devient obsolète lorsqu’il est remplacé par le jeu de l’année suivante, et ainsi de suite dans une fuite en avant qui pour le moment ne connaît pas de fin. On peut donc acheter régulièrement le dernière titre pour rester à la page et surfer sur la synergie directe d’avec l’actualité sportive, ou alors, à l’inverse, on peut remonter le temps en faisant de l’archéologie sportive via les jeux vidéo. Rien qu’en observant les couvertures de chaque jeu on peut observer les variations des stars et des champions. Et lorsque l’on se lance dans un jeu qui a plus de dix ans, on remonte le temps jusqu’à une saison sportive du passé qui est à jamais figée dans ce jeu. Et je trouve ça poétique.

Définitivement la chronique de ce dix-neuf juillet n’en mérite pas plus.

A demain.

PS : il ne pleut toujours pas

PPS : j’aime aussi les lapins

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Rédigé par Monsieur Ray

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Publié le 17 Juillet 2017

J’ai titré chronique d’un dix-sept juillet mais en vérité sous ces mots entrent les chroniques pêle-mêle du quatorze, du quinze et du seize et de ce jour même et même la chronique de ce moment où je suis sorti pour m’installer dans le jardin à l’heure où le soleil glisse derrière la cime des arbres et qu’en tirant ma chaise et ma table proches de l’amandiers j’ai dérangé mon ami et compagnon de jardin l’écureuil. Je n’ai jamais été aussi proche d’un écureuil ; il est très loin d’être apprivoisé, mais il semble s’être prit de passion pour l’amandier au milieu du jardin et il n’hésite pas à y grimper lorsque je suis là, figé à l’ordinateur, je le regarde approcher, grimper, saisir une amande, l’ouvrir en deux, la grignoté. Malgré le vacarme des cigales qui hurlent toujours bien fort même à cette l’horaire je parviens à distinguer le chuintement de l’écureuil et les petits craquements des amandes qu’il décortique. C’est aussi ridicule de s’émerveiller de cela, que c’est plaisant à observer, le chien, le chat, la tortue et les poissons ne peuvent pas rivaliser avec le degré de mignon d’un écureuil, même s’il a vendu son image à une banque.

Je regarde l’arrosage tourbillonner l’eau.

Je recoiffe mes cheveux d’un geste de la main gauche.

Entre les branches vertes des chênes le soleil passe en une poignée de rayons qui viennent éclairer les gouttelettes de l’arrosage.

J’ai déplacé les gros pots des cactus pour qu’ils soient sous cette pluie artificielle. Même si ce sont des cactus j’ai l’impression qu’ils se flétrissent un peu de chaleur.

Hier nous sommes allés regarder le Tour de France passer.

Hier nous étions en Lozère, c’est presque la montane ; et la route était presque une côte.

Il n’y a pas de Tour de France sans bord de route et caravane publicitaire, et il n’y a pas caravane publicitaire sans sentiment de sidération et une once de malaise devant l’alchimie festive de la route, des spectateurs et des voitures comme des chars de carnaval qui jettent leurs marketings par grandes brassées. C’est étrange. La première fois que j’ai vu passer la caravane du Tour de France j’ai trouvé ça beau, grotesque et burlesque comme un défilé de carnaval ; la première fois que j’ai vu passer le Tour de France c’était pour voir passer les athlètes et apercevoir le prestige des noms. Ce n’est qu’après son premier Tour de France que l’on commence à percevoir dans ce cirque routier la part de sidération et l’once de malaise qui s’y trouve ; le long de la route, des individus de tous les âges s’impatientent et s’existent lorsque des hôtesses anonymes et des travailleurs estivaux leur lance des babioles commerciales. C’est comme les enfants sur le manège qui se battent pour attraper la queue du Mickey et du tour supplémentaire. Sauf qu’ici pas de tour bonus, et pas seulement des enfants, on se passionne pour un échantillon de lessive, une madeleine, un bob ou un porteclé de la sécurité routière. Il y a quelque chose de beau tout comme il y a quelque chose de malaisant ; la passion, la ferveur, la gratuité de ce spectacle œcuménique qui traverse la France comme une procession sainte c’est beau, la frénésie pour de la publicité c’est le reste. Mais cette alchimie est l’alchimie exacte de ce je ne sais quoi d’unique d’être sur le bord d’une route du tour. Et après les coureurs. Avant eux les hélicoptères, les voitures, les motos, enfin les vélos.

Deux heures pour nous, peut-être un peu plus, pour d’autre des heures en plus, une journée, une demie journée, une semaine, un rituel, le temps d’une vie, le temps étiré des souvenirs, ceux qui se transmettent. Le temps de voir passer le Tour de France c’est finalement le temps moyen de n’importe quel spectacle sportif, sauf que le Tour de France à une particularité que je trouve intéressante c’est qu’il incarne une forme de transcendance.

Je m’explique.

Nous sommes là sur la route, sous la chaleur, dans un coin de la France où nous ne sommes pas sûr de capter les réseaux. La course ce sont des bribes d’informations, la rumeur sur le bord de la route, les on-dit, les calculs d’apothicaire, le son grésillant d’un poste radio et l’internet qui va qui vient. Ce temps de l’incertain précède le temps du présent, de l’instant sportif et cycliste qui est un temps éphémère, un temps bien plus court que le temps du spectacle. Et lorsque que la voiture balais est passée, que le spectacle est fini, vient le temps de rentrer chez soi, dans sa maison, dans sa voiture et de retrouver l’immuable temps de la diffusion sportive et c’est dans ce glissement d’échelle que je trouve du transcendantale dans le Tour de France.

La chronique de ce dix-sept juillet se terminera ainsi, je vais passer sous le silence du littéraire le reste, même assis dans le jardin à l’abris de ma haie j’écoute les voisins.

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Rédigé par Monsieur Ray

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Publié le 13 Juillet 2017

Treize juillet, soit un jour avant le quatorze, mais tout le monde, moi y compris, se moque de savoir quand le feu d’artifice sera tiré, ni où il sera d’ailleurs ; surtout qu’il y a de plus en de lieux, villes et villages qui se moquent allégrement des traditions et qui tirent le fameux feu soit le treize juillet, soit le quinze juillet, soit le 24 décembre mais là c’est pour de toutes autres raisons que l’on est capable d’admettre.

Bref, nous ne sommes que le treize juillet et je suis là pour chroniquer mon jour, ma journée, ma pensée et je constate que ce soir je manque d’inspiration. Et pourtant une journée j’en ai eu une, ce n’est pas pour autant que je saurai la chroniquer en étant intéressant. C’est peut-être là le plus horrible défaut de l’écrivain, se persuader qu’il se doit d’être intéressant et ainsi se restreindre et se contraindre à d’impalpable limite. Je reste convaincu que la principale qualité littéraire d’une plume c’est de se défaire de ses liens, pas de ses bagages.

Alors que dire pour ce treize juillet, que dire qui ne soit ni une trahison ni une impudeur indirecte qui serait en soit une erreur de focale. Si je devais être précis je commencerai ma chronique par hier, par le soir, par la nuit, par cette nuit parce que j’ai dormi comme une nuit d’été c’était à dire avec la fenêtre grande ouverte. Ni vitre, ni volet, ni rideau, dormir en prise direct avec la nuit et ses odeurs, en direct avec la nuit et ses sons et bien sûr en direct avec la nuit, la lune et les étoiles. Le luxe se tient là, il se loge dans cette fenêtre grande ouverte d’où je peux m’endormir en voyant la lune me regarder et les étoiles briller.

On pourrait penser que lorsque je dis la lune me regarder j’use d’une métaphore très banale, sauf que dans mon ressenti ce n’est pas une métaphore, c’est un ressenti réel, précis et exacte ; lorsque je m’allonge dans mon lit, que je ferme les yeux et que je cherche le soleil, si je sais que la lune est dans le ciel je perçois son regard. Ce n’est pas mystique, ce n’est pas poétique, c’est juste un sentiment naïf mais sincère. Je n’éprouve pas la même chose pour les étoiles, que par ailleurs je préfère regarder. La lune c’est juste un regard spatial qui pose sur mon dos nu et ma nuque endormie l’acuité d’une entité spatiale. Je me suis donc endormi avec la lune brillante, la nuit avait la couleur bleue et blanche des nuits où la lune illumine le noir de ce je ne sais quoi de lumière lunaire. Et je me suis réveillé avec le soleil se grand bruleur de nuit et le son des outils électriques du voisin.

Le reste de la journée il n’y avait presque plus de lune, plus de voisin et plus d’outil, le reste de la journée finalement je n’en parlerai pas ici, parce que je n’ai de mots que pour la nuit.

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Rédigé par Monsieur Ray

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Publié le 12 Juillet 2017

Chronique d’un douze juillet, soit deux jours avant le quatorze ce qui n’est pas vraiment intéressant en soit. Mais je sais qu’à partir du quatorze juillet et jusqu’au seize du même mois je ne serai pas en mesure de chroniquer mes jours. Techniquement je pourrais sans problème rédiger les chroniques de mes journées mais je ne serai pas en mesure de les publier. D’ailleurs j’ai déjà programmé la publication d’articles pour les jours de déconnexion, preuve que ces jours à venir ont occupés une part de ma journée.

Comme toujours mes contraintes d’écritures sont amenées à devenir de véritables contraintes qui viennent m’interroger sur ma pratique du blogging. Alors que techniquement on s’en moque totalement de savoir si je pourrais chroniquer mon quatorze, quinze ou seize juillet. Je ne suis personne, pas une star, pas un influenceur, à peine un bloggeur que l’on vient lire. Cela fait de moi un homme libre de transgresser les règles que je m’inflige.

Un douze juillet à débattre de soi avec soi pour savoir si je vais me manquer lorsque je ne serai pas là pour écrire. Bien sûr chaque jour où je ne peux pas tenir ce blog j’ai très loin dans mon esprit mais vraiment ancré dans mon esprit pourtant le sentiment de me trahir. C’est idiot, mais je suis un homme de ce genre, un homme qui se fixe des contraintes invisibles et arbitraires qui font ma fierté lorsque je parviens à les domper, mais qui ensuite deviennent des freins lorsqu’il n’y a plus l’excitation du dépassement.

Alors la chronique de ce douze juillet c’est cette lutte qui se passe dans mon esprit, assailli d’obsessions, de questions et de dialogues impossibles que je suis voué à transmettre à l’écriture pour ne pas sombrer dans l’abime qui est toujours proche parce que marcher au bord de l’abime c’est dans ma nature. Enfin bref, comme toujours, comme encore, je pourrais aussi chroniquer ce douze juillet par ma visite à la Poste, c’était même ce que j’avais prévu.

Il y a quelques mois la Poste du village a été fermée pour travaux, trois mois plus tard, c’était à dire aujourd’hui la Poste réouvrait. J’avais quitté un bureau de Poste de village, à l’ancienne, dans un bâtiment comme une maison ; derrière sa grosse porte en bois il y avait une petite pièce aux couleurs passées, au carrelage usé par le passage de l’épaisse porte. La pièce était coupée en deux par le large comptoir en bois qui traversait la pièce surmonter de l’indémodable paroi de verre percée par l’hygiaphone. C’était une pièce d’un autre temps, une Poste d’un autre âge ; autant dire que j’ai toujours connu ce bureau de Poste de dans cet état et d’aussi loin que je puisse m’en rappeler il avait l’air dans son jus hors du temps ; avec sa porte blanche mystérieuse d’où parfois un conseiller de la Poste sortait pour emporter un client via un mystérieux escalier.

Aujourd’hui douze juillet la Poste réouvrait ; et je m’y suis rendu pour envoyer mes fameux paquets Priceminister. Plus de porte en bois, plus d’hygiaphone, plus de couleurs passées, plus de mystères, plus rien que le blanc normatif la Poste, un petit ilot aux coins arondi derrière lequel trône ma postière et une machine automatique pour affranchir tout seul ses paquets. Je me retiens pour dire que c’était mieux avant, avant c’était juste plus authentique, plus ancré dans son espace et dans le temps, aujourd’hui c’est juste un espace passe partout. Je ne suis pas un vieux con, non juste un nostalgique.

Et tant qu’a parfumer ma chronique d’un douze juillet de nostalgie, pendant que j’attendais mon tour dans cette peau neuve de Poste j’ai vu entrer une jeune femme. Au départ je ne l’ai pas vraiment vu, seulement du coin de l’œil mais sa silhouette m’a tout de suite frappé dans le souvenir. Il faut dire que contrairement à cette Poste qui venait faire peau neuve après avoir subi les assauts du temps pendant trop longtemps, le temps ne semblait pas avoir eu de prise sur cette jeune femme. Cette femme je la connais à peine et pourtant je l’ai immédiatement reconnu, c’est la petite sœur d’une fille qui un jour a été une amie. Nous étions partis en vacances une fois avec elle, sa sœur, ma sœur et d’autres personnes ; elle était la plus jeune mais c’était aussi une personne à l’esprit vif et sauvage et j’avais trouvé ça en elle très intéressant. Et puis je me suis fâché avec ma cousine, qui était amie avec la grande sœur en question et dans le sens naturel des choses je me suis éloigné de ces personnes-là au point de ne plus m’en rappeler d’elles jusqu’à ce matin. Lorsqu’elle est entrée dans la Poste deux choses m’ont frappées, trois si veux être précis, la première chose c’est que la jeune femme a conservé sa silhouette de jeune fille, même corps, même visage, même coiffure, même type d’expression sauvage.

Hier je parlais de mes cheveux et du fait que lorsque je me vois je ne me reconnais pas facilement, c’est pour cela que j’ai été assez confiant de ne pas être reconnu, et puis j’avais mes lunettes de soleil, je pouvais donc observer la jeune femme sans peur d’être reconnu et d’entrer en conversation, parce que si son côté sauvage m’avait intéressé c’est parce que j’ai moi-même un côté sauvage et que je n’aime pas toujours les retrouvailles.

Les deux autres choses qui m’ont frappées en la voyant entrer ce sont les deux enfants qu’elle avait avec elle. Un jeune garçon de deux ou trois ans à sa main et un bébé de quelques mois qu’elle portait dans l’autre bras. Il doit y avoir une petite dizaine d’année que je ne l’avais pas vu, si on excepte une fois où je l’avais croisé à la Poste justement, elle revenait d’Inde ou d’une autre destination du genre où l’on va enter son adolescence pour revenir changé. Le fait qu’elle ait conservé sa silhouette longiligne et mince d’adolescente contrastait avec ces deux enfants à son bras au point que j’en suis venu à me demander si c’était les siens, ou ceux de sa sœur ou de son mari qui les aurait eus avec une autre. Mais le petit garçon l’a appelé maman.

Je ne suis pas un émotif qui se sent ébranlé par les enfants des autres, mais ces enfants-là au bras de cette femme-là révélaient toute la distance parcourue par la jeune fille connu par le passé. Et percevoir des distances de vie ça m’a toujours chamboulé.

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Rédigé par Monsieur Ray

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Publié le 11 Juillet 2017

Onze juillet 2017, je suis obligé de m’attacher les cheveux afin de pouvoir écrire dehors dans que le vent s’occupe de m’envoyer mes cheveux que le lecteur avisé supposera assez long dans le visage. Je répète, nous sommes en juillet, nous sommes le onze du mois, nous sommes 2017 et je m’attache les cheveux ; les vrais sauront goûter à tout le cocasse qu’il y a dans cette situation. Et cela même si moi-même je ne suis toujours pas sûr que tout cela est réel, normal et consensuel. En trente-huit ans durant combien de temps ai-je eu les cheveux longs, assez long pour nécessité d’être attachés ? Si je mets considère les mois et années d’avant que je n’ai une conscience je dirais que je n’ai jamais eu les cheveux longs avant. Et si je m’en réfère aux photos d’enfances, jamais avant ma conscience je n’ai eu cette tête de chevelu.

J’ai donc vécu toute une vie, la mienne, avec une tête surmonté d’une image capillaire donnée. Celle du garçon avec les cheveux raisonnablement courts, parfois le garçon avec le crane presque rasé. Je ne me rasais pas à blanc, je laissais généralement quelques millimètres de tonsure pour pas me sentir nu de la tête, mais j’avais les cheveux suffisamment courts pour sentir l’air, le vent, la pluie et l’ensemble du monde avec le crâne. On se forme à son image, je veux dire que la force du temps nous forme, formate, forge, à nous concevoir avec une image donnée de nous-mêmes. Et je me suis habitué à me reconnaître avec la tête de celui qui n’a pas de cheveux.

J’avais repéré à la fin de l’adolescence un manque de cheveux sur le haut du crâne qui me semblait appeler à une calvitie précoce, je m’étais donc habitué à être ce jeune homme aux cheveux courts avant de devenir l’homme à la tête chauve. Je n’en faisais pas un complexe, seulement une mauvaise habitude. Et puis cette calvitie met du temps à venir, et j’ai essayé de laisser pousser mes cheveux, ma touffe mi frissée mi crépue, et au fil des mois et des semaines j’ai fini par avoir les cheveux longs. C’est une notion très relative j’en ai conscience, disons que j’ai fini par avoir les cheveux plus longs que je ne les ai jamais eus. Aujourd’hui je suis obligé de les attacher pour ne pas qu’ils me gênent, je suis obligé d’en prendre soin et j’en éprouve une drôle de fierté.

Ce n’est pas tant celle d’avoir le fait d’avoir une toison imposante et généreuse, je tire ma fierté du fait de parvenir à apprivoiser cette image nouvelle de moi. C’est comme conquérir un changement de paradigme, ou définir de nouvelles frontières visuelles à mon image. Ce n’est pas encore devenu une seconde peau, et encore ce onze juillet lorsque je croise mon image dans un reflet je perçois d’abord l’altérité avant que de me voir moi. Mais j’apprends à faire de cette altérité l’autre face de mon image et c’est de là que je tire ma fierté. Parfois je pense à ma grand-mère. Je pense souvent à elle, ce n’est pas la question, je voulais dire que parfois devant mes cheveux je pense à elle parce qu’à chaque fois que venais la voir après que je me sois rasé la tête c’était une déception pour elle, elle n’aimait pas me voir le cheveu trop court. Alors je me dis qu’elle aurait sûrement aimé me voir avec cette touffe ubuesque, je n’irai pas jusqu’à la penser fière de moi pour ce hasard capillaire mais je suis sûr qu’elle aurait apprécié l’esthétique de mes boucles naturelles.

Si je fais de mes atermoiements capillaires le contenu de ma chronique du jour c’est peut-être que ma journée m’a pas était bien remplie ; ou alors c’est que je prends le prétexte de cette chronique autofictionnelle pour développer de la prose avec facilité, à mi-chemin entre l’exercice de style et la facilité estivale. J’aurai pu pour varier le sujet vous parler de la Poste où je suis retourné expédier des objets vendus sur Priceminister. Mais la Poste était fermée, la Poste de substitution était fermée et celle de mon village qui était en travaux ne rouvre que demain et mes paquets n’ont pas pu être expédiés. Mais cela n’affecte pas la satisfaction que j’ai à vendre sur ce site. Ce n’est pas une question d’argent, c’est un soulagement spatial.

Vous le savez je chine, et avant même cela, j’ai tendance à accumuler les choses ; j’ai eu ma période DVD il y a des années, lorsque je découvrais Cdiscount et les DVD pas cher, lorsque le DVD était en format roi, lorsque j’allais souvent au cinéma, je veux dire plusieurs fois par semaine, à l’époque où je comprenais que forger sa culture pouvait être un loisir à part entière et à l’époque où je commençais à acheter des objets culturels que je ne consommer pas. Mais je pouvais les montrer, je pouvais sans mentir dire que je possédais tel ou tel film ou livre et ne presque pas mentir en disant que je le connaissais parce qu’il me suffisait de le regarder pour palier à mon mensonge. J’ai donc accumulé pas mal d’objets culturels qui maintenant m’encombrent plus qu’ils ne me nourrissent et pour me libérer d’eux Priceminister est un bon moyen. C’est idiot et arbitraire, ça aurait pu être un autre site mais c’est avec celui-là que j’ai tissé un lien affectif. Aujourd’hui il ne me reste plus qu’une quarantaine de DVD que j’ai choisi de conserver, peut-être même un peu moins, et avec le temps j’ai fini par me libérer quasiment de tous les autres, il doit ne m’en rester qu’une vingtaine. Lorsque je reçois une commande je suis toujours très excité, curieusement c’est comme lorsque je reçois un cadeau, l’effet de surprise et de suspense avant de savoir quel objet j’ai vendu me procure un vrai plaisir. Et puis le fait que cela me ramène quelques euros ce n’est pas pour me déplaire. J’ai dit que ce n’était pas une question d’argent, c’est un peu mentir parce que pouvoir racheter des objets culturels que j’ai choisi avec plus de parcimonie ça compte aussi. J’ai l’impression de ne pas avoir dépensé en vain cet argent, j’ai l’impression que la culture navigue et que je peux renouveler la mienne sans que ça ne me coûte.

Enfin faudra quand même que je retourne à la Poste demain matin.

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Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #Chronique chaotidienne

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