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Publié le 8 Mai 2017

S’endormir comme l’être libre ; nous sommes entrés dans un monde libéral alors autant l’être, entièrement et radicalement. Et tant pis si je trompe la vérité en mêlant élan libertaire et prose libéral ; c’est une confusion volontaire et dans un certain sens c’est une volonté politique. Je ne vais pas laisser les seuls hommes politiques jouer et jongler avec le sens des mots et la valeur des symboles. Je suis un homme, je suis un citoyen et je suis un auteur politique. C’est tout, personne ne pourra venir me le contredire le contraire parce que je joue de l’oxymoron comme un homme mourant joue de la corde sensible. Séduisante liberté, je me suis endormi en être libre à l’heure où les poules doivent refarder la télévision et je me suis réveillé en homme fatigué comme lorsque l’hôtesse dans l’avion, employée des compagnies et elle aussi passagère de l’air, vient vous réveiller pour un plateau repas. Je me suis endormi libre et réveillé libre, affamé, décalé avec la gorge nouée où se forge les barreaux futurs de mon accablement sociétal. Elle ne m’aura pas comme je m’amusais à l’écouter dans les chansons Renaud, le bourgeois, le banquier, le politicien, et puis le repas froid dans le frigo ne pourront pourtant pas aliéner ma condition. Je vais vous dire bonne nuit et bon appétit.  

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Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #Divagations diverses, #Chronique chaotidienne

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Publié le 4 Mai 2017

Je crois que la médiocrité du débat d’hier soir en dit beaucoup sur la pauvreté politique qui anime notre France. Je n’ai jamais cru que Marine Le Pen avait une stature présidentielle mais je ne pensais pas qu’elle dévoilerait sur scène une pareille indigence lors de cet échange télévisé avec Emmanuel Macron. Le spectacle donné aux électeurs était ridicule, pathétique et risible. Et je commence à croire que je suis réellement naïf parce que je n’imaginais pas que ce débat serait si pauvre surtout du côté de la candidate du Front National. Je suis pourtant convaincu que cela fait des années que Marine Le Pen espère et attend ce moment où elle serait au second tour. Alors, comme la fourmi demande à la cigale ce qu’elle faisait cet été, je me demande ce que faisait Marine Le Pen durant tout ce temps où elle convoitait le fauteuil du président … N’avait elle pas le temps de préparer ces arguments, d’affûter ses convictions, de travailler sa rhétorique ?

Les doutes qui m’animaient sur la nature de mon vote pour le second tour étaient alimentés, en parti, par la probabilité que Marine Le Pen puisse être élue. Mais après ce débat il me parait impossible qu’elle parvienne à rafler la majorité des électeurs de France. Je suis convaincu que nous vivons dans un pays où les cons sont nombreux, mais je suis aussi un optimiste convaincu que le bon sens l’emporte toujours à la fin. Marine Le Pen aurait eu une chance de l’emporter si elle avait été en mesure de faire illusion et de laisser penser aux électeurs qu’au-delà de ses idéaux nationaux sur lesquels elle est censée être en contrôle, elle pouvait faire preuve de contenu et de contenance. Mais le débat d’hier à révélé la triste inanité du bon sens et de la capacité de réflexion de Marine Le Pen.

J’ai à un moment de cette élection réellement cru qu’elle pouvait l’emporter même si elle n’était pas sortie de sa zone de confort. Je pensais que si elle avait su, avec une force de conviction, présenter le modèle de société auquel elle croit et aspire, à des électeurs qui auraient pu se retrouver dedans elle aurait peut-être pu arracher la majorité des voix. Au lieu de cela elle a sciée, sciemment ou pas je ne sais pas, la branche où elle était assise préférant singer des pitreries hystériques que de tenter un acte politique. C’était pathétique. Je suis rassuré. Et à quelques jours du vote le sens de ma voix s’affine plus librement. C’était peut-être le but du Front National me direz vous, se montrer tellement pathétique que les électeurs indécis comme je peux l’être ne verront plus en eux une menace et se permettrons de voter blanc. Si tel est la démarche du FN je devrais lui reconnaître une certaine audace machiavélique.

En face de la prestation ubuesque et burlesque de Marine Le Pen, le petit enfant sage, premier de classe, a eu du mal à enflammer de convictions le cœur du débat. Mais en avait-il besoin ? Sur le fond je le savais au point, même si je ne partage pas ses convictions libérales je reconnais volontiers qu’il est cohérent et qu’il maîtrise le sujet économique. D’ailleurs avec une pointe de cynisme nous pourrions penser que dans un monde contrôlé par la finance c’est judicieux d’élire un homme ayant connaissance des enjeux ce milieu à la tête de l’état mais ce n’est pas la question. Mais lui non plus ne m’est pas apparu comme un fin stratège politique. Je ne parle pas de son programme mais de sa posture face à son adversaire. Il avait à n’en point douter les moyens d’humilier Marine Le Pen (avant qu’elle le fasse elle-même) et l’écrasant avec la cohérence de son programme. Il aurait pu, sans l’humilier poursuivre le spectacle en s’adressant à la France, aux électeurs, aux indécis, au peuple, mais à longueur d’échange j’ai eu la sensation qu’Emmanuel Macron se contenter de s’adresser à une seule personne, son adversaire. Le peuple, les téléspectateurs, les électeurs n’étaient là qu’en spectateurs anonymes et inexistant. Il n’a pas selon moi montrer la stature d’un grand homme politique, il ne sera peut-être pas un mauvais gestionnaire de la France mais ne me demandez pas de voir en lui un grand homme. Il a si facilement cédé aux invectives, à la médiocrité et la petitesse formelle du débat. Il n’a pas eu la trempe ou la carrure pour élever à lui seul le débat se retranchant derrière l’inertie crasse de son adversaire du soir.

Je crois que c’est là qu’il faut rendre hommage à Marine Le Pen, c’est que hier soir elle a été bonne, bonne à une chose, à mettre en valeur un Emmanuel Macron toujours très lisse. Sans adversité politique, sans opposition idéologique, son programme est nécessairement apparu comme crédible et solide. Mais ce n’était pas compliqué vu qu’il n’y a pas eu de proposition alternative en face. Et dans ce débat du second tour s’il y a un gagnant, je crois que c’est François Holland qui n’a jamais vu le bilan de son quinquennat discuté, attaqué, valorisé ou discuté. Il sort peut-être par la petite porte, mais il sort de la scène sans avoir eu à patauger dans la fange idiomatique qu’à été le débat d’hier soir.

à l'époque ils n'avait pas la couleur mais ils avait le sens de la punchine

à l'époque ils n'avait pas la couleur mais ils avait le sens de la punchine

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Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #Réflexion, #Je est un Blog, #Chronique chaotidienne

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Publié le 3 Mai 2017

Pour la seconde fois pendant cet entre deux tours présidentiels j’essaie de mettre à plat mes idées et mes ressentis vis-à-vis des discours auxquels je suis confronté. Et notamment les discours qui en appellent à faire barrage au Front National.

 

Je vais le préciser au cas où le doute vous soit permis, je ne partage pas les idées et le programme du FN et je n’appelle pas à voter pour leur candidat  dimanche. Mais cela ne m’empêche pas d’éprouver des sentiments contrariés lorsque je suis exposé à la doctrine qui convoque avec véhémence le fait de faire barrage au FN. Si je me donne une seconde chance pour rédiger ce texte c’est justement pour essayer de verbaliser ce ressenti qui provoque en moi un certain malaise.

 

Je ne sais pas par où commencer alors je vais rappeler une évidence : je suis pour le fait de faire campagne afin qu’un autre candidat que celui du FN soit élu. Lorsque j’écoute la radio, que j’allume la télé, lorsque je vais sur les réseaux ou que j’entends les gens parler je suis attristé de voir que le principal argument en faveur du vote Macron est le fait de faire barrage au FN. Voilà le nœud  de mon mécontentement la défaite des idées et arguments. Je suis peut-être naïf, pire encore je suis peut-être optimiste et si vous le voulez vous pouvez même considérer que je suis déconnecté de la réalité mais jusqu’à présent je reste convaincu que pour contrer l’idéologie du Front National nous pourrions recourir aux arguments et aux valeurs des idéaux humanistes.

 

Par facilité rhétorique j’ai choisi d’opposer les termes idéaux humanistes que j’envisage comme une doctrine liés à la pensée des lumières aux idéaux nationalistes qui sont défendus par le FN.

 

Mais au lieu d’entendre avec force de conviction ceux des électeurs, des politiques, de la doxa et des journalistes qui sont contre l’idée de l’élection du FN, en appeler à voter en faveur d’idéaux d’ouverture, de tolérance, d’intelligence et de raison je les entends brandir un argument principal quasi unique qui est le barrage au FN. Je considère que faire barrage n’est pas un argument. Je considère que faire barrage n’est pas une conviction. Je considère que l’on ne peut pas convaincre avec du faire barrage. Je crois en la force de conviction des idées et je n’ose pas penser que la société manque de véritables arguments idéologiques contre le Front National. Parce que là on commence à s’approcher de ce qui me révulse tant lorsque j’entends les gens brailler leurs appels au barrage. Se retrancher derrière cette posture « politique » ou « idéologique » c’est déclarer l’échec et la mort d’une idéologie humaniste qui soit à mène d’emporter le sens commun. Si vous aviez une once d’estime ou de respect pour le pool d’idéaux humanistes qui sont mis à mal par les programmes du Front National c’est aux noms étincelants de ces idéaux là que vous cherchiez à convaincre les gens de se détourner du vote FN. Mais se limiter à supplier, invectiver, inciter à faire barrage c’est dévoiler votre propre manque de conviction. Cet appel au barrage révèle que ceux-là même qui prônent le barrage ne croient pas que l’on puisse convaincre une majorité d’électeurs avec des valeurs humanistes.

 

Et qu’est-ce que cela dit de notre société ?

 

Est-ce là un mouvement hautain des élites vis-à-vis de la masse qui considèrerait que les gens d’en bas sont trop cons pour comprendre que les idéaux humanistes sont plus séduisants que les idéaux nationalistes ? Est-ce une tentative des hommes politiques de cacher la véritable déliquescence de la société française ? Est-ce tout simplement une confiscation du pouvoir démocratique de notre république à partir du moment où l’on considère que le peuple vote mal ? Je ne sais pas.

 

Mais entendre cet appel au vote barrage m’épuise, m’attriste, m’irrite, me blesse, me pousse dans mes retranchements. Et lorsque ce n’est pas le faire barrage qui est utilisé, on passe à la culpabilisation ; culpabilisation des abstentionnistes, des votes blancs, des votes FN parce qu’il semble acté que dans ce second tour des élections présidentielles il y a un bon vote et un mauvais vote. Lorsque je suis exposé à cette dialectique de la culpabilisation j’ai envie de vomir. Je crois être un électeur honnête, peut-être pas un citoyen modèle mais depuis que j’ai eu le droit de vote je suis allé voter mais surtout j’ai essayé de réfléchir à la nature et au sens de vote afin de donner du poids à ces bulletins que je déposais dans l’urne. Lorsque l’on vient me faire la morale, que l’on cherche à me culpabiliser, que l’on essaie de me priver de ma démarche démocratique en considérant qu’avoir un doute sur la marche à suivre et réfléchir à la nature de mon vote de dimanche est une mauvaise chose et qu’il faut opter pour le barrage sans réflexion, je suis énervé.

 

Je respecte la règle démocratique, je vote et si des personnes désirent obtenir mon vote j’attends qu’elles cherchent à me convaincre avec des arguments constructifs qui m’exposent la valeur de leur vision de société. Je n’ai pas besoin que l’on agite des spectres et que l’on convoque de la politique fiction pour me faire peur et me priver de mon libre arbitre. Je ne devrais pas avoir à me justifier, je ne devrais pas me sentir pris en otage par la faiblesse rhétorique de cet entre deux tours présidentiel.

 

Faire barrage, je redoutais ce moment avant de connaître les résultats du premier tour. C’est le moment où la démocratie vacille sur ses fondements. Parce que soudainement la machinerie politique qui appel à faire barrage semble se réveiller et réaliser que le Front National existe. S’il avait fallu faire barrage à ce parti politique pourquoi aucunes des personnes ayant été au pouvoir depuis 15 ans n’a fait quelque chose de démocratique ou de non démocratique pour faire en sorte que ce parti ne soit plus en position de faire basculer une élection ? S’il faut faire barrage parce que ce parti n’est pas démocratique ne fallait-il pas essayer de le dissoudre ou de l’interdire ? Et si ma question est purement rhétorique et que ce parti est constitutionnel alors pourquoi l’agiter comme un spectre ? Lorsque je dis que ce front républicain qui aujourd’hui en appel au barrage avait 15 ans pour faire quelque chose afin d’éviter ce second tour, j’entends aussi qu’ils avaient quinze années pour amener les électeurs du Front National à opter pour d’autres convictions politiques. Et ils ont échoué à cela. Chirac puis Sarkozy puis Hollande puis tous les élus de tous les échelons citoyens ont tous échoué à faire changer de conviction les électeurs qui font la force du FN. Ils ont échoué ou alors ils n’ont rien fait pour faire infléchir la tendance qui voit élection après élection les votes du Front National être de plus en plus nombreux.

 

Je n’ai pas attendu dimanche pour avoir des convictions, je n’ai pas attendu le dimanche du premier ou du second tour pour avoir des idéaux humanistes et radicaux. Je n’ai pas attendu cet entre deux tour pour étayer ma prose et forger mes arguments en faveur de mes convictions. Alors quand on vient me dire ce que je dois voter et pourquoi je dois le voter sans quoi on porterait sur moi un jugement de valeur antidémocratique et antirépublicain j’ai envie de rire, de rire et de pleurer et de brûler quelques maisons poussé par la colère. Ce n’est pas faire un barrage une fois tous les quinze ans qui fera changer les mentalités de notre peuple. Soyons honnêtes avec nous-mêmes et visons à terme à faire une autocritique. Il y a quinze ans nous avons fait barrage au Front National et Chirac a été élu avec 80 % des voix. Le barrage a eu lieu, il a été important et ensuite ? Et ensuite les voix conquises par le Front National élection après élection n’ont pas cessé d’augmenter. A quoi a été utile ce barrage alors ? Le barrage contre le FN est un épiphénomène qui n’est suivi par rien. Comprenez bien pourquoi j’ai de l’aversion contre ce discours.

 

J’ai l’amère sensation que la réussite d’un front républicain fausse par la suite la perception que nous pouvons avoir du paysage démocratique de notre société. L’électorat du Front National existe, il persiste dans le temps et il parvient petit à petit à s’accroître. C’est ce que semblent nous dire les chiffres. Si nous ajoutons les voix de Mélenchon et celles de Le Pen nous pouvons considérer que le vote populiste est largement plus grand que le vote Marcon. Si nous ajoutons entre elles les voix de Mélenchon, celles modestes de Hamon et les miettes des candidats d’extrême gauche nous pourrions considérer que le vote de Gauche est supérieur au vote Macron, et identiquement si nous additionnons les voix d’une droite élargie. Mais il est quasi acté que nous allons élire Emmanuel Macron qui se revendique ni de droite, ni de gauche et qui en valeur absolue le représentera aucun des courants d’idées recouvrant le plus de voix dans ce premier tour mais le barrage au FN effacera cette disparité et lancera un président dans un paysage tronqué. Faut-il faire barrage au FN pour réduire au silence les électeurs qui voient dans ce parti la reconnaissance de leurs idées et ensuite continuer de maintenir le système tel qu’il était même si ce système génère toujours plus de vote FN ? Je ne sais pas.

 

Non je ne sais pas ce qu’il faut faire.

 

Imposer le vote de barrage comme s’il était une évidence démocratique me paraît au contraire comme une mutilation démocratique. Cette injonction qui vise à culpabiliser ceux qui hésitent ou qui réfléchissent avant de se décider m’apparaît comme une confiscation du principe démocratique. Et le fait de brandir l’argument du barrage raisonne en moi comme l’échec de la raison et des idéaux humanistes dont il apparaît qu’ils ne pourraient plus convaincre et l’emporter dans un débat d’idée contre le FN.

 

Je soulève ces points du discours actuel parce qu’ils provoquent en moi un trouble profond et sincère. Mais je reconnais que je n’ai pas de solution, la situation dans laquelle nous sommes est complexe et compliquée à solutionner d’un vote. Surtout que la mécanique électorale propose un quasi vote à quatre tours. Je continue de penser que voter pour le candidat qui n’est pas celui du FN n’est pas un geste anodin et qui si barrage il doit avoir je suis étonné que les politiciens qui nous invitent à le faire ainsi que les gens du peuple qui revendiquent ce geste électoral ne témoignent pas plus de doutes ou de déchirements. Dans mon souvenir peut-être tronqué de 2002 lorsque nous sommes allé voter Chirac il y avait beaucoup plus de voix pour s’élever et dire combien la chose était difficile et douloureuse. Alors qu’aujourd’hui le vote Macron semble aussi anodin que le vote Le Pen. Je parle ici du vote Macron venant d’électeurs qui au départ ne sont pas convaincus par sa doctrine, Si d’un côté le vote FN ne mobilise plus contre lui des réactions aussi épidermiques qu’il y a 15 ans, le vote à contre cœur mais par conviction humaniste pour le candidat opposé au candidat FN ne provoque plus lui non plus beaucoup d’émois.

 

Je ne sais encore pas ce que contiendra mon bulletin de vote dimanche, et je ne sais toujours pas le sens que je donnerai à ma voix. J’ai bien conscience qu’actuellement les réseaux sociaux regorgent jusqu’à la saturation de personnes qui comme moi donnent leurs avis, pour ceci, contre cela, faire ci, pas faire ça, et je m’excuse de participer à la confusion actuelle dont je suis le premier à reconnaître qu’elle tire le débat vers le bas. Mais si j’ai voulu écrire et publier ce texte c’est simplement parce que j’en avais besoin. Je subis de plein fouet la médiocrité de cet entre deux tours et j’ai besoin de l’exprimer comme une catharsis. Peut-être qu’une fois que je serai libéré de ces atermoiements intérieurs ma pensée sera plus apaisée et parviendra à penser mon vote de manière plus pragmatique.

 

Merci à ceux qui m’auront lu jusque là.

 

Sur la médiocrité du débat électoral de cet entre-deux tour …

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Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #Réflexion, #egotrip, #Je est un Blog, #Chronique chaotidienne

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Publié le 21 Avril 2017

Les hommes par paires de deux, vieux et malades ne s'observent pas dans le silence bactérien de la salle d'attente du médecin. Aux quatre coins cardinaux de la pièce ils se tiennent comme les gardiens d'un temple désuet où ils patientent chacun dans son silence lourd. Mais de temple il n'y à guère, seule la secrétaire médicale qui reste à l'orée du temple campe le rôle magnifique de la Pythie qui délivre son oracle ; elle se lève, virevolte comme une fleur dans la brise de printemps et elle annonce un destin retardé. L'avenir n'aura pas lieu, en tout cas pas tout de suite. Son visage d'ange serein cerclé par ses lunettes sages n'y change rien, elle annonce le grand retard qui a lui seul ébranle tout le beau silence d'or. Le temple n'est plus qu'un bac à sable où la maladie s'oublie et les langues dédiées aux oracles font et défont l'ordre établi. C'est la tempête dans l'ordre des choses jusqu'à ce que le destin plus lourd et plus fort que tout reprenne le fil de sa pesanteur et impose le sens de son immobilisme et la mollesse de son entropie sur la vérité de l'instant. C'est toujours le même temps pour la destinée, celui qui fait mentir les oracles.

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Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #Je est un autre, #Chronique chaotidienne

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Publié le 3 Avril 2017

Voilà le point de départ. J’ai posé devant moi les outils. Il un couteau dont la lame replié sur le manche et dont je me délecte du claquement sec et un peu gras lorsque le ressort déploie la lame dans un mouvement de cinéma. Il la ma tasse à café vide qui m’a laissé ce goût d’y revenir ; je regarde dans le fond de la tasse et je n’y vois qu’un avenir que je ne sais pas lire. Il ya le porte-monnaie de cuir qui commence enfin à porter la patine du temps ; il contient les quelques pièces qui me feront tenir jusqu’à la fin du mois. C’était il y a déjà trois jours la fin du mois ? Alors je vais devoir tenir avec ce pool de pièce jusqu’au revenu du RSA. Il y a la facture que j’ai outragé d’un dessin de fille nue au marqueur pour faire semblant de m’en moquer et ne supposer que ce n’est que du papier. Il y a les pièces cuivrées qui se cumulent sur le bureau parce qu’elles sont belles, propres et que même elles ne peuvent pas combler les manques de la fin du début du mois. Il y a les lamelles de papier, celles qui couvrent les zones autocollantes des enveloppes que je garnis des objets que je vends et que je renvois par internet. Dans mon dos le soleil tourne et rempli enfin la pièce de manière directe. Il y a encore tant de chose qui jalonnent le bureau de mon quotidien et que je vais devoir ranger parce que je suis sûr que parmi eux il y a les freins et les entraves.

La chronique d'un bureau de l'instant

La chronique d'un bureau de l'instant

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Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #Chronique chaotidienne, #Pictogranimation

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Publié le 2 Avril 2017

Dans combien d’avatars tu vas disparaître ? Oui c’est vrai ça, il y a combien d’itérations de toi qui errent  sur la toile et qui te servent de points de fuites pour difracter ta personnalité ? Je ne sais pas combien vous-êtes dans votre fausse danse, des dizaines de toi ? Des centaines de toi ? Ou seulement trois ou quatre toi ? Mais même si vous n’êtes que trois ou bien  quatre alors c’est déjà beaucoup trop.

Vous n’êtes pas des clones qui sont capables de démultiplier ton pouvoir ou ton  talent. Vous n’êtes que des ombres hantées qui allument des feux et creusent des fossés comme les barricades de la communes. Ils se lancent comme des mercenaires et se battent pour conquérir une clairière où tu viens à leur suite pour déposer ton camp.

Mais dès lors que tu installes ta présence incognito dans cette terre meuble et que tu plantes tes racines vagabondes dans ce sol neuf tu commences à le polluer. C’est un fait, tu prospères vite, tu grandi dans une forte jouissance et plus tu es haut et plus tu puisses dans le sol qu’une itération  à terrassé pour toi.

Et puis que tu as épuisé ce sol, tu te refuses à achever l’itération qui était venue en éclaireur, tu n’arrives pas à la tuer, tu essaies même de la sauver mais le temps fil, la terre est devenue pauvre et tu finis par repartir sur les terres investies par une énièmes itérations.

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Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #Chronique chaotidienne

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Publié le 29 Mars 2017

Il m’arrive parfois d’utiliser mon téléphone et la saisie vocale de Google pour noter mes idées et faire des brouillons facilement et rapidement. Ce n’est pas idéal pour écrire, en revanche je trouve que cette formule est une bonne façon de retranscrire à la volée le bouillonnement de mon esprit à un moment donné. Jusqu’à présent je suis plutôt bluffé par la qualité du service. Aujourd’hui j’étais dans les bouchons, j’avais les fenêtres ouvertes et la radio parlait fort lorsque j’ai voulu utiliser la technique pour ébaucher un article. Et je me suis rendu compte que dans ces circonstances l’application ne captait qu’un sens très relatif de ce que je voulais dire. J’avais beau faire des efforts, prendre soin de bien articuler, parler fort et même crier, rien n’y faisait.

Je voulais dire : Il y a cinq ans j’ai beaucoup hésité avant de donner mon vote. Je vous laisse avec les nombreuses approximations interprétées par la saisie vocale parce que j’ai trouvé ça très amusant.

Il y a 5 ans j'ai beaucoup les idées agréablement votre il y a 5 ans j'ai beaucoup hésité avant d'arriver mon votre il y a beaucoup hésité avant il y a 5 ans et j'habite hésité avant de donner mon Mathias en congé beaucoup hésité avant de donner mon pote il y a 5 ans il y a 5 ans j'ai beaucoup c'est super abandonné mon votre il y a 5 ans épuisé il y a 50 ans et beaucoup plaisir avant de donner mon vol il y a Kiabi il y a 5 ans j'ai beaucoup hésité à donnez-nous votre il y a 5 ans j'ai beaucoup aimé ikea donnez-nous votre il y a 5 ans j'ai beaucoup hésité donner mon boss

La saisie vocale de mon téléphone Android

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Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #écrire, #Chronique chaotidienne, #Dialogue de sourd

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Publié le 26 Mars 2017

Réveillé trop tôt pour aller chiner.

Marcher parmi les pauvres, les étrangers et le peuple étrange de ceux qui ne savent pas ce qu’ils cherchent mais qui savent ce qu’ils veulent trouver.

Je n’ai pas laissé ma part aux chiens, j’ai croqué dans le gâteau de l’aléatoire et j’ai chopé ma perle, perle de culture, underground ça va de soi.

Je suis rentré sous le regard d’eunuque de l’horloge ravagée. Il fait encore beau, déjà chaud. Je me suis déshabillé, je sentais la vie du dehors et je me suis rendormi. Encore et enfin.

Au réveil nouveau il était déjà midi passé d’aujourd’hui, pas d’hier, ce n’est pas grave. Et nous avons mangé, dedans, ici, dans la cuisine, manger de la cuisine cuisinée dans la casserole et servie dans des assiettes.

En fixant la montagne dressée sur l’horizon j’ai refais la vaisselle et nous avons mangé pour le dessert les pains au chocolat achetés pour le petit déjeuné que nous avons sauté.

J’ai pris le temps de trier mes trouvailles, exposer mes trophées sur les réseaux et escompter des notifications comme autant de valeurs ajoutées pour certifier mes choix et mes affaires bien faites.

Le soleil ne veut pas descendre, j’ai fais du pain perdu parce que nous avions faim et que nous sommes gourmands. Je ne sais jamais comment s’écrit pain, avec un n ou un m, parce que lorsque je pense pain je pense à la faim qui porte son m à la queue.

Et le soleil qui reste haut, et moi qui suis ici, plus tard à la douche.

Un article qui se chronique comme son auteur.

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Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #Chronique chaotidienne

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Publié le 23 Mars 2017

La page (ne répond plus)

L’ordinateur semble à l’agonie. Un outil souffreteux qui peine à chaque tâche. Est-il comme un fidèle compagnon le reflet de mon âme / esprit / cervelle / crâne / tête ? Tout y est lent ; l’affichage est fantomatique et résiste au dévoilement, la frappe est épaisse et elle sonne comme une enclume décalée comme si je frappais dans la mélasse. Seul le bruit réside dans la norme / la normalité.

La page (est un diesel corrompu)

Les clics ne naissent plus. La souris connectée ne dispense plus les pages souhaitées. Elle disperse ses clics dans des hasards miraculeux et moi j’attends. Comme devant les portes closes d’une maison qui se refuse à vous, je frappe puis j’attends. Clame et serein mais éprouvant une frustration rampante. Le chrome ne brille pas. Il ne se passe rien dans le sablier oublié. La roue ne tourne même pas.

La page (sous Damoclès du bug)

Est-ce que je vais succomber à la colère ou le redémarrage ? Ai-je vraiment le choix ? Suis-je le maître d’un navire technologique échoué sur mon bureau où suis-je le passager involontaire qui subit les assauts d’icebergs non visibles mais qui trahissent leurs présences par la coque déchirée de mon embarcation ? J’ai un doute mais pas vraiment.

Page (souhaitez vous redémarrer)

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Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #Chronique chaotidienne

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Publié le 12 Mars 2017

Un soir c’est dimanche et dimanche nous sommes le soir.

La semaine morte est déjà presque entière étalée derrière nous. Le charnier des semaines mortes est surchargé depuis bien avant ma naissance. Mais cela ne rend pas mes dimanches soirs moins amères. Des siècles que cela se perpétue et rien ne change.

Sauf peut-être les mots, les réseaux sociaux que l’on peut invoquer. Les blogs que l’on peut écrire et lire. La télévision qui hurle et les livres qui frémissent. Même la console gronde et vibre en espoir.

Rien ne change et tout s’offre aux changements.

Demain un jour nouveau pour une semaine nouvelle et je mettrai sur mon atelier mon ouvrage. Mon  éternel ouvrage que je dois finir. Je compte que ce soit pour moi la bonne semaine.

Mais d’ici là nous sommes le dimanche soir.

Avant minuit et même après, rien n’y fera.

Juste les mots qui s’alignent, les verres d’eau avec les cafés et tout le jaune inactinique déversé par les réverbères. Dans ma campagne la nuit est encore noire de sa lune. Mais à la ville la nuit est jaune. J’en avais fait mon fantasme mais pour le réaliser je dois éteindre toutes les lampes de l’intérieure. Et éteindre les écrans aussi.

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Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #Chronique chaotidienne

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