Publié le 30 Juin 2016

La grande confrontation écrase le stade d'une chaleur toute marseillaise, tapi de pelouse verte pour le rouge des maillots couleur de la fougue portugaise. Figure contre figure, la feinte du buteur sur le penalty, une course d'élan en courbe, finesse de la feinte pour tromper sa peur puis le gardien et la pression se mue en exaltation exaltée pour célébrer son tir au but gagnant, et la pression monte sur le suivant et le suivant, toutes les figures tournées sur soi, les coéquipiers et puis les anges, les dieux du stades comme ceux du ciel qui se penche par dessus le vélodrome regarder le dénouement d'une tragédie qu'ils n'ont pas écrite eux-mêmes. Mais qu'est ce qui compte réellement dans une séance de tir au but si ce n'est le but et enfin la délivrance ; le gardien est parti du bon côté, de tout son long il allonge sa silhouette à l'horizontale jusqu'à croiser la course du ballon. Et c'est Quaresma qui frappe pour échapper à la déchéance du tireur et revêtir la tunique du héros, une longue course d'élan, il ralenti, il petits pas, et une lourde frappe au fond qui voudrait bien traverser les filets et s'envoler vers la demi-finale. Le Portugal va y aller tâter de la presque finale et poursuivre sa course d'espoir pour arracher un titre à l'histoire du football définie par sa glorieuse incertitude.

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Rédigé par Monsieur C

Publié dans #Sport, #foot, #poésie

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Publié le 29 Juin 2016

Ce blog à sept ans.

Cette phrase me semble irréelle et folle. Je me souviens de quand j’ai décidé de m’imposer d’écrire au moins une fois par jour sur ce blog. Il y a sept ans. Je voulais m’habituer à l’astreinte d’écriture.

Sept ans, en temps internet ça me semble une éternité.

Et même en temps humain sept ans c’est long ; c’est une vie, ou une demi-vie si je parle comme pour les éléments radioactifs ; une demi-vie générationnelle durant laquelle l’élément c’est dégradé. Et je suppose que j’ai été cet élément.

Cet été je vais publier un recueil de poésie issue de ce blog. Je n’aurai jamais cru cela possible avant.

Et je me repère à ma sélection de texte il m’aura fallu quasiment trois ans d’écriture quotidienne sur ce blog avant d’arriver à produire le début d’un texte poétique honnête, adjectif plus valorisant que médiocre, mais qui évoque la même échelle de valeur pour moi.  

Des jours, des nuits, et des années. Tout cela sur un blog. Tout ça pour un blog. Tout cela pour moi. Et jamais plus de dix visiteurs par jour.

Sept longues années dans l’ombres des moteurs de recherches, ignorés des partages, des réseaux ou des commentaires. C’est donc sept ans d’astreinte, d’abnégation et beaucoup de croyance, ça ressemble à l’espoir mais avoir encore moins de raison.

Et sur toutes ces années j’en suis souvent venu à douter, me demander s’il ne faudrait pas arrêter pour concentrer mon énergie ailleurs. Mais sept ans, ça veut dire qu’il me reste plus que trois ans à tenir avant le cap des dix ans, ce moment où je pourrais me la raconter et me vautrer dans la prétention expresse et onirique ; je pourrais dire, putain les gars ça fait dix ans que je suis là.

Trois ans encore, ça ne fait que 1095 articles à rédiger ; j’en ai déjà écrit 2835, 2836 avec celui-ci. C’est drôle plus je parle de ce que j’écris sur ce blog et plus je parle de chiffre, au lieu d’écrire, de décrire mes meilleurs articles, mes plus grandes réussites, je parle de nombres et de chiffres, belle ironie.

Je n’arrête rien, un jour je vous parlerai de mes dix ans. Un jour je vous parlerai de mes publications nées sur ce terreau un peu pauvre.

Mais aujourd’hui, c’est mots ne sont que des mots en plus. Un chiffre plus un pour grossir ma grande rivière de nombres.

Sept ans pour mon blog, l'âge de mettre une photo racoleuse en illustation

Sept ans pour mon blog, l'âge de mettre une photo racoleuse en illustation

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Rédigé par Monsieur C

Publié dans #Je est un Blog, #Blog

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Publié le 28 Juin 2016

Je ne sais pas quoi écrire ici ce soir. Mon ratio est mauvais, hastag bancal. Globalement je ne manque pas d'idées d'écritures ou de projets dans lesquels me projeter. Ce dont je manque c'est une part d'organisation et d'autres parts c'est de me délivrer de mes oeillères. J'ai des idées, des envies, ce qui manque à ce blog, c'est un cadre, une ligne directrice. Voilà sept ans que j'avance dans le noir parce que je n'ai pas le courage de m'imposer pour ce blog une restriction créative ; la seule à laquelle je me soumets c'est celle de la périodicité, quotidienne, chaque jour venir là et écrire mais écrire quoi ? Les articles critiques de films ou de jeux vidéo c'est pour le blog dédié, les projets d'écriture c'est pour moi, pour le papier pour l'ordinateur, pour la perspective de publier, mes envies de soubresauts littéraires, écriture de fanzines, la créativité brute du Do It Yourself je le garde pour plus tard quand je me serai libéré du temps de cerveau, alors il me reste quoi pour ce blog, la mère de tous mes blogs ? Je ne sais pas, je ne l'ai jamais su et c'est toute la difficulté.

 

Sept ans c'est long il est peut-être temps que je concède à mes névroses de renier sur la périodicité et me ranger sous une ligne directrice ou éditoriale. C'est peut-être le cas oui. Peut-être que je ne suis pas capable d'arrêter non plus. Je porte haut dans mes habitudes la fidélité mais peut-être que de cela aussi je devrais me défaire pour renouer avec plus de liberté.


Je pose la question comme si quelqu'un pouvait me répondre.

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Rédigé par Monsieur C

Publié dans #Blog, #Je est un Blog

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Publié le 27 Juin 2016

Le foot est une histoire de folle, ce soir il y a eu une marrée bleue couleur d’iceberg menée par les joueurs venus d’une île aux centaines de volcans, furieux comme des flots d’un magma bouillant ils ont percés le Fog brouillard anglais. Les tribunes résonnaient des hurlements vikings coordonnées comme un seul homme, comme une seule île, ils étaient tous là, sévères silhouettes défensives, campées par la robustesse de corps qui semblaient animés par des âmes elles-mêmes forgées au cœur du brasier magmatique de la terre. Coups de boutoir balle aux pieds, les anglais ont été boutés hors de la surface adverse ; ils avaient beau pilonner l’adversaire, ils ont pourtant fini par plier l'échine devant la pierre volcanique qui fusionnaient la défense adverse. C'est le football, la balle au fond des filets anglais, un penalty tiré par des anglais mais rien n'était joué, comme la promesse d’une joute ; c'est un mythe antique qui s’est rejoué sur la pelouse, onze David contre onze Goliath, et onze fois le mythe a connu le même dénouement ; la joie pour le visages des vainqueurs, la tristesse qui écrase de fatalité les perdants anglais déjà devenus les parias de l'Europe et les voilà misent en marge de l'euro. Sacré football qui donne dans l'ironie et la verve supportrice ; les islandais ont gagné à la faveur d'une ferveur qui soulève les hommes au dessus de leur médiocrité pour les porter aux fronts des guerres sportives et les faire sortir vainqueurs, une victoire si vive que le coeur l'aime pour la beauté brute et fraîche de l'exploit magnifique.

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Rédigé par Monsieur C

Publié dans #Divagations diverses, #Sport, #poésie

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Publié le 26 Juin 2016

C’est toujours dangereux de flirter avec les habitudes, parce que généralement les habitudes que l’on prend, naturellement, instinctivement, inopinément, finissent toujours par devenir de mauvaises habitudes parce que plutôt que des habitudes elles forgent des liens qui nous entravent et des dressent des œillères qui nous aveuglent. Heureusement qu’avec d’en arriver à ce stade de dépense à la prévisibilité de nos envies et de nos réflexes acquis il y a un temps où l’habitude nouvelle nous forge encore un plaisir frais. Je naviguais donc entre ces deux pôles des habitudes au milieu d’un vide-grenier en cherchant un livre ; autrement dit je forçais la rencontre. Hier je vous disais qu’entre un livre et un acheteur il est surtout question d’une rencontre qui crée un je ne sais quoi qui fait basculer l’homme de l’indifférence au désir, mais parfois l’homme se force à faire tomber son désir sur un objet.

Je marchais donc en quête d’un livre à faire entrer dans ma bibliothèque chinée ; et curieusement ce jour là je ne trouvais rien qui m’intéresse. Les vide-greniers sont pourtant presque toujours remplis de livres plus ou moins anciens, plus ou moins précieux pour un lecteur, mis là je ne trouvais rien. J’avais pourtant besoin de revenir avec un livre, me dire que j’aurai ainsi un article à écrire en rentrant et qu’un nouvel ouvrage prendrait place dans ma bibliothèque chinée. Alors quand je suis enfin tombé sur un stand où trois hommes bourrus avaient étalé une pile de livre en vrac je me suis arrêté et j’ai fouiné. Je ne repartirais pas sans rien je me disais ; et pourtant là encore rien ne ressortait vraiment du lot.

Heureusement j’ai fini par repérer une belle couverture bleue, un trône en fer et un humanoïde assit dessus et sûrement même branché à lui. Dans le bandeau jaune en travers de l’image le titre, Le temps des autres, un roman de la série Anticipation des éditions fleuve noir. La même série dont je vous avez parlé il y a quelques semaines lorsque j’avais ramené trois roman de 1952. Avec cette édition nous sommes 25 ans après, l’ouvrage date de 1977, un roman de science-fiction de Chris Burger qui malgré son nom aux consonances étrangère est un auteur français. Pour dire vrai je ne sais rien de cet homme ni de son œuvre.

La couverture qui m’a conduit à acheter ce livre pour 1 euro a été dessinée par un artiste du nom de Young Artists VLOO qui a semble t il beaucoup travaillé pour les couvertures de la série Anticipation ; et finalement c’est pour moi tout aussi important que la nature des mots qui sont retranchés derrières ces visuels que je trouve toujours tellement porteur d’imaginaire. La bibliothèque s’enrichie d’un nouveau livre de science-fiction et la valeur totale ce monte donc à 21,20 euros.

Chiner sa bibliothèque #12

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Rédigé par Monsieur C

Publié dans #livre, #brocante, #bibliothèque, #vide grenier, #videgrenier, #chiner, #SF

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Publié le 25 Juin 2016

Il serait tellement facile de tomber dans le mysticisme et de raconter qu’un  livre acheté est le fruit une rencontre et que les vide-greniers sont des lieux de partouzes entre des lecteurs errants et des livres aux pages largement écartées ; oui ça serait sûrement facile de déchoir dans cette prose grandiloquente et grandguignolesque mais ça serait aussi idiot.

Pourtant il y a bien des matins où l’objet livre qui passe entre mes mains me procure plus de plaisir que d’habitude et cela avant même de l’avoir lu, avant même qu’il face partie de ma bibliothèque chinée. C’est la fleur de l’instant fécondée par une intuition qui ressemble à cette fleur dont le parfum ensorcèle l’esprit de l’homme qui croise la silhouette d’une femme et que sait dans immédiatement que ce corps habité est le parfait élément de son désir ; aussitôt la femme convoitée trouve une place idéale dans l’architecture branlante des fantasmes secrets de l’homme. C’est la coïncidence entre le sujet et l’objet qui est belle, ce je-ne-sais-quoi de hasard qui écrit le sous texte d’une rencontre ; un incipit improbable qui nait dans des cartons poussiéreux où des gens d’horizons différentes entassent des objets-livres.

Il me fallait bien ces digressions nébuleuses en guise d’introduction avant de vous parler de deux ouvrages que j’ai trouvés samedi dernier dans un petit vide-grenier. Ce sont deux livres issus de la même collection dans la même édition, édité par La Bibliothèque des arts, rien  que le nom est un gage de poésie et de la poésie il en question  dans chacun  des ouvrages. Mais revenons à l’objet, ce sont de petits formats un peu plus large qu’un livre de poche, avec une couverture blanche, une police noire et une petite illustration noire & blanche en  médaillon. Les deux ouvrages portent un papier translucide mais un peu opaque en guise de couverture ce qui leur augmente leur aura de mystère. A l’intérieur les pages sont en papier épais avec un grain doux sous mes doigts dans une teinte pas tout à fait blanche. Les pages devaient être à l’origine non massicotées, d’ailleurs sur l’un des ouvrages il reste des pages de gardes qui n’ont pas été ouvertes, les autres comportent ces traces de feuillets ouvert au coupe papier. Tout ceci faisait déjà de ces deux ouvrages deux pièces que j’avais envie de posséder.

Le premier de ces deux livres porte le titre de Poésies de Verlaine Dessin de Saurat ; donc de la poésie, j’ai envie de dire de la poésie classique même si appliqué à Verlaine cet adjectif frôlerait le contre sens.  Reste pourtant que Verlaine est un poète qui incarne une figure reconnue de la poésie française, figure emblématique du poète maudis et malheureux et que beaucoup de personne on déjà entendu du Verlaine sans forcément se le rappeler. Par contre je ne connaissais pas Georges Seurat et je découvre au travers de ces illustrations un style radical qu’il sera intéressant de mieux découvrir. En tout cas l’ouvrage est beau, la mise en page est aérée laissant ainsi les vers du poète déployer toute sa musicalité singulière.

Le second livre j’en connaissais le titre, et le nom de l’auteur mais je n’avais jamais eu l’occasion encore de le lire ; il s’agit de Lettres à un jeune poète par Rainer Maria Rilke. L’ouvrage regroupe la dizaine de lettres qui constituent la correspondance entre un  jeune élève à l’école militaire tiraillé par la tentation de la poésie dans l’empire Austro-hongrois et le poète Rainer Maria Rilke.  Les deux hommes ne se connaissaient pas et c’est le jeune homme qui sollicite l’attention de Rilke pour bénéficier de ses lumières. J’ai seulement survolé quelques pages pour le moment, mais je ne peux qu’être intéressé par cette correspondance ; d’une part parce que j’ai eu par plusieurs périodes ce que je pense avoir été de véritables correspondances et que cette forme littéraire est sûrement celle parce qui est affirmée en moi le désir d’écrire, d’autre part je me sens un peut poète et un peut tiraillé par les tentations d’autres vies et je suis sûr que la réponse du poète à l’élève officier saura elle aussi me parler.

Ce sont là deux ouvrages que je suis vraiment très heureux de faire entrer dans le projet chiner sa bibliothèque, sûrement deux des plus jolies trouvailles faites en vide-grenier avec Les yeux d’Elsa par Argon. J’ai eu ces deux livres pour la somme dérisoire de 2 euros. Surtout que pour 2 euros en plus de ces deux ouvrages j’ai aussi pu prendre L’étranger d’Albert Camus. L’édition est bien plus banale mais ce n’est pas pour cela que j’ai pris ce livre. Albert Camus fait parti des premiers auteurs que je suis allé lire de moi-même afin de commencer à me forger une culture critique. Je ne sais plus pourquoi je suis arrivé à Camus, est-ce un professeur qui me l’avait conseillé, est-ce mes parents qui m’ont un jour dit que je trouverai dans cet auteur une pensée pouvant faire écho à la mienne, ou est-ce la radio (à l’époque j’étais un auditeur régulier voir excessif de France Inter) qui m’a laissé penser que Camus serait une bonne entrée en lecture, je ne sais pas. Peut-être tout cela à la fois, peut-être est-ce autre chose, mais qu’importe, Albert Camus reste un des premiers auteurs, apparenté philosophe que je suis allé lire en dehors du cadre scolaire, le second étant Freud. Alors j’ai une comme une nostalgie bienveillante pour cet auteur et même si je dois déjà avoir quelques part un exemplaire de L’étranger, je suis content que celui-ci entre dans ma bibliothèque chinée.

Voilà donc en conclusion trois livres qui arrivent dans la bibliothèque chinée, Lettre à un jeune poète de Rainer Maria Rilke, L’étranger par Albert Camus et Poésie de Verlaine Dessins de Seurat, tout cela pour la somme de 2 euros ce qui fait donc grimper le prix total de la bibliothèque à 20,20 euros.

 

Chiner sa bibliothèque #11
Chiner sa bibliothèque #11
Chiner sa bibliothèque #11

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Rédigé par Monsieur C

Publié dans #livre, #brocante, #chiner, #bibliothèque, #vide grenier, #videgrenier

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Publié le 24 Juin 2016

J’exulte à une main dans l’ordre de l’art de ma pornographie

Je suis onaniste, humaniste de soi et ma main ne trace pas de calligraphies

Car elle danse, palpation de sens, elle branle en vagues déferlantes

Du haut de ma tour de Babel sensuelle, j’exulte aux temps des belles plantes

J’enfonce mes doigts, de tréfonds en chaudes grottes, les profondeurs m’engouffrent

Comme l’air moite qui crépite de mots crus dans ta bouche et s’en échappe en souffle

Je convoite l’étroit milieu mouillé que tu loges en toi, comme la perle d’un coquillage

Petites femmes aux pieds de grues, farandoles adolescentes et adorables filles sages

Fourmillent nuent et grouillent à la hâte dans le marécage de ma cage crânienne

Chaque instant roule sur l’autre, j’en tiens une, une image se dessine que je fais mienne

Et comme la poussière retombe, moi je repars de l’avant, l’instant n’est rien

Je me passe des ânes et des basses-cours de campagne pour me sentir bien

C’est le temps des orgasmes, la saison des corps nus qui s’entassent aux coins des regards

Ce n’est pas une tige sous la fleur qui se dresse, tu n’es pas une abeille mais là est mon dard

Que tu joues les pisseuses qui pleuvent dans l’herbe verte aux heures chaudes

Ou une tête noble couplée à son amant, c’est autour de quoi que je rôde

 

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Rédigé par Monsieur C

Publié dans #poésie

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Publié le 23 Juin 2016

Dans les rues, dans les médias, dans les bouches grandes ouvertes de la doxa facile, on brandit volontiers le spectre de la pauvreté comme la pire des déchéances ; elle est montrée du doigt et désignée comme l’ennemi intime numéro un, loup solitaire nécessairement affamé d’être pauvre, qui prêt à bondir sur nous et déchiqueter dans sa gueule rageuse les lambeaux de nos habitudes et les haillons de nos illusions. Devenir pauvre serai comme la pire des lycanthropies, cela transformerai les moutons en des bêtes plus monstrueuses encore. Car le pauvre c’est le monstre, celui qui n’est pas comme nous au point qu’on le pointe du doigt l’excluant de facto du cercle fermé de ceux qui font société.

Oh ça non il ne fait pas beau être pauvre, il ne faut pas l’être et si tu l’es alors il ne faut pas le dire, tu devrais courber la tête et aller à la mine creuser un peu plus profond ta tombe dans l’espoir de trouver un chemin de sortie à l’ignoble pauvreté. Pourtant le monde est un pays pauvre, le monde est un pays majoritairement peuplé de pauvre ; être pauvre est une norme statistique et l’humanité de chacun survie à cela.

Il ya dans certaines formes de pauvreté une force qui est salvatrice, elle nous isole de la course insensée à la consommation, c’est un vaccin violent qui nous prive de l’inessentiel. Alors, enfin libéré de sa place de sujet consommant l’homme se retrouve devant sa condition d’homme. Faut-il encore accepter sa pauvreté sans s’y soumettre, s’y confronter sans s’y conforter, la voir comme une lanterne, un élément aléatoire, libérateur et brutal. Il se peut alors que l’homme se trouve libéré de l’angoisse que provoquait un supposé devoir de consommation et il peut alors commencer à créer. Pour de bon, pour son bien, pas comme un travail, mais comme un exutoire nécessaire afin de générer ses propres outils d’existence.

Et finalement, si ce jour advient, les lieux communs n’avaient pas tout à fait tord, parce que ce jour là, le pauvre, homme errant parce que libéré de ses chaînes, homme armé des outils qu’il s’est construit, devient un électron libre insoumis aux impératifs qui contraignent la doxa sociétale et il devient de fait le danger. C’est un radical libre, soustrait à la dominance des masses par l’argent et instruit de sa puissance créative ; et dans ce moment là je jubile ma pauvreté.  

Un seul visiteur hier ; faites mieux #RT #racolage

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Rédigé par Monsieur C

Publié dans #Je est un Blog, #Réflexion, #Autofiction

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Publié le 22 Juin 2016

Je me rappelle qu’il y a quelques années déjà je voulais faire la manche, faire de la mendicité. Ce n’était pas un projet d’avenir non, c’était dans une vision politique et artistique, l’idée de mendier quelques euros alimentait des idées d’arts, de provocations, et de stimulations intellectuel pour ma matière grisée à cette idée de flirter avec l’argent des autres. Je m’imaginais alors me tenir debout à un rond-point en portant sur moi les codes du genre pour distribuer aux automobilistes me prêtant de l’intérêt des papiers les invitants à se rendre sur un site internet afin de me faire un don.

J’aimais alors cette idée de délocaliser l’acte de don, j’étais animé par un sens du paradoxe qui renvoyait le mendiant du possible, c'est-à-dire moi, et le donateur de la rue, c'est-à-dire l’autre à des postures détachées de la réalité. Par la suite je continuais de manipuler cette idée de la mendicité et du don faussement gratuit de l’autre à autrui en cherchant toujours à faire émerger une forme d’art ; c’est ce que je voulais. J’imaginais l’artiste mendier pour son œuvre, pas pour la vendre mais pour lui donner une valeur ; mener mendicité pour faire naître une valeur relative à une œuvre d’art. Encore après j’ai même mené mon mémoire en photographie sur ce que j’ai appelé la posture du mendiant. C’est bien que cette image du mendiant est une récurrence intellectuelle en moi.

Nous voilà des années plus tard, je n’ai encore rien osé mendier mais je continu d’être porté par cette question ; sauf que nous sommes entrés dans l’air du financement participatif et des collectes d’argent collective. Encore ce matin j’ai découverts OKpal une nouvelle plate-forme pour récupérer de l’argent conçue par Ulule déjà acteur majeur du financement participatif. J’ai donc survolé les projets qui demandent de l’argent sur OKpal et j’ai réalisé que nous sommes bel et bien entrés dans l’époque de la mendicité numérique, mendicité 2.0 pour reprendre cette expression déjà désuète. Je ne critique rien, si ce genre de plate-forme permet de créer de la solidarité et de faire passer de l’argent de mains à d’autres mains je trouve ça très bien. Mais ça a réveillé mon envie de mendier, pas comme un projet d’avenir, non, mais comme un geste politique et artistique. Parce que sur OKpal pas de contrepartie, pas de limite de temps, c’est juste une interface pour permettre à des gens de réclamer de l’argent à d’autres personnes libres de leur en donner ; faire la manche, faire la mendicité c’est maintenant possible avec sa carte bleue et peut-être même avec son compte Paypal, je trouve cela tellement fascinant que je ne sais pas si je résisterai longtemps à l’envie de mendier à mon tour.

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Rédigé par Monsieur C

Publié dans #Je est un Blog, #Réflexion, #argent

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Publié le 21 Juin 2016

Plus je suis moche, intègre et fou et mieux je me sens moi. Plus je déverse ici l’insensé de mes désirs, l’outrance de mes fantasmes, la perversité de mes pulsions, l’outrage de mes obsessions, autrement dit plus je suis sûr que la crudité nue de mon âme reflète la médiocrité de mon corps et mieux je me sens libre d’être moi. Donc plus je suis sale et plus je me sens sincère ; sans pour autant être sûr du taux de souillure de ce que je dévoile ici car le puritanisme étant maladroitement réparti dans la société, la souillure de l’un et la dorure de l’autre ; et d’un jeu de pisse piteux à l’odeur âcre aux jet dorés d’un jaillissement cristallin qui réjouit l’homme lorsque le flot brûlant tombe et coule sur sa fierté bandée il n’y qu’une infra mince frontière de mots, de morale et de culture ; une frontière indistincte qui oscille et qui fait vaciller le droit chemin de sa destinée divine. Je ne sais pas si j’écris pour constituer cette frontière mouvante, ou si au contraire les mots que je dévoile depuis le siège humain qu’est mon cervelet biologique viennent fissurer cette frontière pour la faire avancer ou reculer voir disparaître au profit d’une nouvelle. 

J’écris ici pour cela ; pour être moi et un être-soi qui bande histoire d’avoir une arme en plus de mon clavier pour partir à la guerre ; et surtout avoir une raison de vaincre et de revenir parce que la perspective d’une femme qui ouvre son sexe et ses bras c’est la meilleure façon de me faire dévaler les montagnes que je ne saurai pas détruire. 

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Rédigé par Monsieur C

Publié dans #Digression, #érotisme

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