Articles avec #prose tag

Publié le 26 Septembre 2017

Au matin des amants l’ivresse ne coule plus, elle sommeille sous les draps, froissée d’alcool, de sueur et de battement de cœurs.

Dès l’aube alors, il faut importer le souvenir des roses et des nuées de rosée qui mouillent des pétales et tes battements de cils.

C’est un fameux départ et le soleil n’est plus, ce sont nos étoiles sauvages qui maculent le ciel. Nous sommes nus sur la plage et minuit dort encore.

L’ourse veillent sur nos fleurs comme moi je te surveille dans le noir alors que ton jardin s’adonne aux secrets d’un autre animal.

Et puis c’est le silence, l’outrageuse édition de nos espaces contraires qui raisonne dans l’abime avec la sonorité douce de la tendre attente.

Et maintenant je bois.

Par un verre puis un autre, je bois.

La bouteille à tes lèvres où naissent tes eaux vives, je bois.

L’alcool est dérisoire et ses vagues s’écrasent ivres sur le silence de de tes féminités.

Devenu ivre le temps sur toi roule et s’enroule comme un voile de soie.

Et moi le temps je le tresse comme un héros sans aventure.

Voir les commentaires

Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #Prose, #poésie

Repost 0

Publié le 15 Septembre 2017

A l’heure où le ciel se fige comme le vol des étourneaux sur le câble électrique je regarde par-dessus l’épaule du temps et j’envisage l’hier comme un drap de coton qui conserve au matin la chaleur de la nuit. Au temps des nus dérobés du coin l’œil à un instant d’intime qui fracture la surface du monde et à la lueur des nostalgies évanescentes que recouvre le sable des plages des légendes j’abandonne ces quelques mots.

Il y a la vie, il y a la mort et bien sûr persiste toujours le terreau fertile issu de la décomposition. Mon crâne est un contenant idéal pour servir de composteur ; ma cervelle directement au composteur, au fond du jardin où les souvenirs, la nostalgie et les épluchures de pulsions s’entassent et se décomposent au grès de l’immuable effet du temps.

C’est ça le sable. C’est cela le souvenir.

Plonger les mains dans de la matière en décomposition. S’y enfoncer jusqu’au coude, au cou ; y disparaitre comme tout le reste jusqu’à retrouver sa forme fœtale pour l’exhumer et accoucher à nouveau.

Voir les commentaires

Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #Divagations diverses, #Prose

Repost 0

Publié le 7 Septembre 2017

Il y a longtemps que je n’ai pas été là en mots, en présence réelle parce que les mots relèvent du réel et non du virtuel. Je suis donc là, des mots pour le réel et les images pour le rêve. Si je parle de rêve comprenez échappatoire et non onirisme. J’ai du vice qui coule dans mon encre et des pulsions qui battent dans mon encore. Je suis là, l’homme, dans toute ma médiocrité et mon génie qui se confondent comme chienne et chatte. D’un côté je me sens comme un vieux loup sans la mer et de l’autre je suis un gigot au feu des fours ; entre les deux je me tiens là et je suis la boussole sans le magnétisme.

 

Oui je me tiens suis là et je vous regarde et d’ici je vous regarde aussi me regarder. Je suis un bon public autant qu’un sujet docile qui endosse avec facilité le rôle de l’objet, drôle d’objet, sale et factice est son emballage mais tellement soi si vous regardez en dessous ou par derrière. Moi ce que j’aime ici c’est regarder entre les briques, je regarde les interstices et j’espère voir au-delà ; alors parfois je gatte le joint et j’ai de la poussière de mortier au bout des doigts mais ça, vous le savez, c’est désagréable.

Prose de l'homme

Voir les commentaires

Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #Prose

Repost 0

Publié le 5 Septembre 2017

Je garde un œil sur la comète et avec impatience j’observe le vide du bout des doigts. Ce vide il faut le faire, c’est nécessaire car de ce vide doivent naître les pleins et les déliés comme les diables qui sortent de leurs boîtes. D’ailleurs je me demande dans quels genres de boutiques on peut trouver des diables en boîte, pas un, pas deux, mais assez de diable pour qu’ils représentent un nombre suffisant pour obtenir leur S à leurs queues.

Il y a trop de choses, de fenêtres, d’écrans, de portes ouvertes et d’affiches placardées sur les murs qui subsistent entre murs et fenêtres pour dissoudre mon attention de poisson rouge amateur de papillons. C’est dans le vide que je trouve mes solutions pourtant l’ascétisme n’est pas mon fort, j’en suis le maillot faible, l’adepte non apte au cœur croyant d’une pulsation mentale.

Je regarde le vide qui ne vient pas, je regarde le brouillard numérique comme une nuée ardente qui hurle son feu à mes sens d’attention et je cherche un point de fuite. Je pose alors mes mots en barrage, lentement, laborieusement comme devrait être l’écriture. Et si je ne fais pas le vide, je ne fais pas le plein non plus ; seulement un peu de remplissage.

Un jour il y aura une ligne pour marquer une direction.

Pour le moment le bateau saoul et l’horizon ivre.  

Voir les commentaires

Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #Divagations diverses, #Prose

Repost 0

Publié le 4 Septembre 2017

Septembre.

Je ne suis pas un grand communicant.

Même pas un petit non plus.

Je ne communique pas.

Je suis un écrivain, encore différent d’un auteur.

Et même cela n’est pas certain.

 

Septembre.

Tu es là sur ce blog.

Ni la queue, ni la tête, dans une corrida je suis un échec.

Une erreur de communication.

Un Coca-cola à la main je regarde les fils de la toile.

Ce n’est pas un destin que l’on attend.

 

Septembre.

Des photos au compte-goutte, des mots qui viennent.

Mais sur le fil, les oiseaux se posent en prévision du grand départ.

Et moi je passe sous les carreaux du drapeau.

Pas sous les fourches ni les tridents de pulsions démontées.

Comme la mer, comme le vent et ma coupe de cheveux.

 

Septembre.

Le mois que personne n’attend, un peu comme moi.

Pas de lecteurs pour mes lectures frappées à la main.

Je verse de l’eau dans le vase de pierre.

Quelques bulles et des poussières après la surface se rompt.

Si je ne suis rien de tout cela alors c’est le poète.

 

Septembre.

Au bord des eaux vives comme des eaux mortes.

Les corps font l’amour et les fous le jardinage.

A la ronde des rivières coule la sueur des lacs.

Et au bas de la page la poussière des ponctuations.

Sous une couverture souple de pixels liquides.

Voir les commentaires

Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #Prose, #poésie

Repost 0

Publié le 1 Septembre 2017

Mon été, mes étés, l’essence même de l’été, l’été, est le temps des fenêtres ouvertes. Et les portes ouvertes, tant que cela est possible tout ouvrir, la maison aux quatre vents comme les cœurs et les bras, le temps des fenêtres ouvertes même si elles s’ouvrent derrière les volets entrouverts. Cet été-là c’est le temps d’un souffle d’air frais et brûlant qui circule d’une porte à l’autre, d’une fenêtre à l’autre jusqu’au temps une porte claque. Le temps de l’été c’est ce temps de l’ouverture et de l’air qui bat sous la lumière de la lune et de l’air qui bat sous le chant des cigales.

Et puis vient le jour de septembre ou bien d’après où je ferme une fenêtre, le soir où je ferme une porte pour la nuit laissant à la vitre les innombrables battement d’ailes des papillons de nuit, vient toujours le moment de la fermeture, une à une les ouvertures closes, ouvertes puis closes, ouvertes puis closes, ouvertes puis closes, le jour puis la nuit, le jour puis la nuit, le jour puis la nature. Et lorsqu’une porte de ferme, lorsqu’une fenêtre se ferme, l’été meurt petit à petit jusqu’à l’automne, puis l’hiver, puis le printemps et le enfin le temps de rouvrir les fenêtres puisqu’à ce que les murs meurent, se percent et se crèvent à nouveau jusqu’à voir ici et au-delà.

Je n’aime pas ferme les fenêtres.

Je n’aime pas fermer les murs.

Voir les commentaires

Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #Prose

Repost 0

Publié le 13 Mai 2017

Et j’ai coupé le sexe du fossoyeur malingre qui dormait dans le fond du placard. L’enfant fou qui revient du dortoir à réveillé la conscience demi-molle des hordes d’enfants sages. Souffle la rage, un soir de fête, et la victoire érigera ses citations dans le cœur même des ruines patentées. La fillette dégingandé au déguisement tout déchiré indique à ses amies la route qu’il faut prendre pour se servir un thé et faire de l’eau bouillante l’assommoir des diables qui se tapissent sous les draps de satins qu’elles ont désormais à jamais souillés. Le guignol à tête d’âne dont les oreilles et la queue ont été tranchées jadis est lui aussi revenu, son jeu de carte à la main, il mine le chaînon qu’il manque à son esprit et enchaîne les névroses qui prennent une teinte rougeâtre lorsqu’elles dardent à ses joue de joyeux drille. Et la troupe déferle comme la pluie de septembre qui amène la mousson qui elle même est venue et arrive pour tout défricher, tout emporter dans un torrent de boue qui a l’allure d’un fleuve qui ne laissera rien dans son sillage que ma mort éculée qui a vécu mille fois de rancœur et de drame et de quelques danses aussi pour les conjurations, et de quelques danses encore pour les implorations.

Voir les commentaires

Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #Prose

Repost 0

Publié le 5 Mai 2017

Heureusement qu’il reste la poésie. Oui, fort heureusement il nous reste encore de la prose pour se départir de la médiocrité.

Une envolée lyrique bruisse dans le sous-bois et soudain elle jailli de derrière la futaie pour traverser le ciel avec célérité.

Les candidats sont de pauvres polémistes. Ils ont joué ce soir et à fleurets rouillés la pantomime des fous galvaudant à loisir la valeur du pamphlet.

Cela n’est grave. Je ne suis qu’un oiseau. Je possède un clavier et dans le crépuscule idiot d’une journée raturée je frappe mon ventre gonflé.

L’orge et le houblon fauchés par les mains d’artisans étrangers ne coulera pas dans ma gorger. Je suis l’enfant pauvre, un artiste fauché de la bière générique.

Mais j’ai l’encre délesté d’une amertume banale dans mes veines de papier. Au grand soir du grand vide je fantasme sur les figures idiotes dont je pourrais faire la nique.

Rouvrez donc la roche qui obture l’antre gutturale où la terre renferme l’amour. Pour les gardiens des urnes soyez sûrs que la galaxie regarde.

Rouvrez donc la plaie pour que vos cordes sensibles retrouvent une résonance. C’est une vibration comme une onde cosmique dont les rayons vous dardent.

Il reste la prose posée ici, et le temps qui efface. Il reste l’entièreté de nos âmes et la beauté des femmes. Il ne reste plus qu’une poignée de jours.

Par le désastre encordé au destin désarmé  j’applique l’extrême onction à la doxa docile que je vois danser dans la lucarne qui me fait une fenêtre sur cour.

Allons dormir sur les champs d’une bataille.

Pour une nuit entière espérer un conseil de taille.

Voir les commentaires

Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #poésie, #Prose, #punchline, #Réflexion

Repost 0

Publié le 22 Avril 2017

Preuves en est que je dois malgré tout ne pas être aussi jeune que je ne l'ai été avant c'est d'une part que je radote (un peu) et que d'autre part que j'ai connu un monde sans internet et un monde avec un internet naissant et puis Caramail et puis Facebook et puis le reste. Et s’il vous faut une preuve supplémentaire je rédige des phrases bancales à la ponctuation borderline. Mais on se moque de l'âge, ce n'est qu'un chiffre inscrit sur ton état civil qui aux yeux de la loi pour définir ta norme, ton degré de liberté, ton cadre légal et le regard de la société sur toi, bref rien de très sérieux.

Mais pourquoi est-ce que je parle de cela ? C'est pour introduire un souvenir et pour parler de la manière dont je suis venu à l'écriture. Comme je suis passé d’un garçon timide, introverti, que l'on avait convaincu qu'il était fait pour les mathématiques et ses princesses sciences non pour les lettres, à quelqu'un qui essaie de se battre avec les mots pour écrire et faire de lui un homme de lettre, ou à défaut un homme de plume et de prose.

Partons du principe que le début de ce souvenir se déroule dans un monde où internet n'était pas arrivé jusqu'à moi, disons la deuxième moitié des années 90 et partons du principe que la suite de se souvenir se déroule dans le monde où internet arrive en 56k jusqu'à chez moi et que bien entendu je ne connais rien des usages du net. D'ailleurs je ne sais même pas s'ils existaient déjà usages. Je ne suis pas historien, et si je le suis malgré tout alors je suis seulement l'historien de moi-même, l'unique auteur de mon histoire nationale.

Voir les commentaires

Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #Je est un autre, #souvenir, #Je est un Blog, #écrire, #Prose, #autofiction

Repost 0

Publié le 12 Avril 2017

Il y a de l’or, liquide doré, qui s’écoule et s’enroule en circonvolutions houleuses à la commissure mouillée de ta bouche ; princesse percée jambe aussi cassée.

A l’orée duveteuse de ta forêt naissante et sur les bords séduisants de tes dentelles farouches il y a l’eau salée qui perle en sueur ; tambour désaxé frappé sur la cuisse.

Le croquemitaine doigt posé sur le fil de sa hache intime au silence, il voudrait pouvoir, trancher, réduire la foule de tes mots ; rentrer désirs verbeux dans sa bouche.

Le rayon du soleil froissé renversé sur ton ventre vrille les ombres nombreuses sur ta silhouette noueuse, tu frémis et t’affole ; tranchant osseux la main sur les yeux.

Les reines glorieuses de ta lignée antique, reins cambrés et gorge nue, lorgnent ta vie comme le fruit vert sous leurs branches charnues ; jambe balante fesses suspendues.

Je fais ode lancinante à tes cuisses écartées, à tes bras démembrés, à tout l’or qui s’écoule de ton corps dans un hoquet né de l’histoire de ton intimité ; arche détruite le roc.

Dès l’aurore je rupture, je fais monts de tes seins vermeilles et j’amorce à tes lèvres cerises la morsure outrageuse où perle sanguinaire ; soigner rythmique rompue.

Je poème mon errance bohème comme le singe voleur d’alcool, ivre et borgne je titube et je tombe dans un élan rompu je cause la fin ; poésie tranchée et la main.

Voir les commentaires

Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #poésie, #Prose

Repost 0