Publié le 31 Octobre 2012

En plein jour, en pleine nuit ; là où je me trouve je suis nulle part où je puisse dire être ici. Je suis juste en face d'elle et elle est là. Au demeurant d'une vie d'artiste doit-on les laisser souffrir les muses ces fameuses égéries au corps présent. Faut-il laisser couler leurs larmes, laissé crier leurs cœurs, leur laisser souffrir le monde pour pouvoir y puiser notre inspiration ? Faut-il leur laisser insuffler en moi les sentiments exacerbés de cette humanité qui m’est étrangère. Ne sont-elles pas là pour cela, au sublime de leur personne ressentir le vivant, le souffrir ou en jouir pour d’autre ?

 

Qui sont-elles, que sont-elles ?

 

Souffrir, sourire la nuance est mince mais quel est son rôle à la muse ; donner dans le sentiment, l'émotion, l'inspiration, donner du sensible, rien que du sensible, de l’être soi, c’est à dire de l’être elle ; aimer ou être elle, paraître ou être elle, éternelle question dont les réponses se tissent dans ce que j'y puise et dans ce que j'écris.

 

Doit-on laisser les muses expier au pilori de ce que l'on ne peut pas endurer les sensations que l'on refoule ? Sensuelle, fragile, infiniment désirable parce qu'elles sont sensibles, faut-il les laisser souffrir et vivre une vie dont seuls les artistes s’offre l’audace de rêver et par petite gorgée d’un goût subtil distiller au spectateur fasciné.

 

Les muses souffrent-elles ce que l'on n'ose pas endurer ? On les sait sensuelle et fragile et on les expose aux morsures de la vie, à ses foudres et ses poignards, à son goût âpre et amer dont les hommes n'ont eu cessent de se protéger et que l'artiste a souhaité en silence avoir saisir.

 

Peut-on laisser souffrir les muses ? Du piédestal d'où on les voit là où elles sont belles, irradiantes, irradiées plus que de raison à la place du plus fort, nous les voyons vaciller, pleurer, prier, aimer, crier. Doivent-elles être là parce qu'elles le font si bien, simplement parce qu'elles sont douées pour cela, simplement parce que nous ne le sommes pas assez ?

 

Sentiment de feu, de femme et d'amour ou d'existence au zénith.

 

Doivent-elles être les seules à goûter aux goûts amers, la liqueur âcre de la vie ? Transpercées en leurs corps et conscience des soubresauts de la douleur. Elles sont belles mes muses, ruines fragiles et encore tremblante de leurs âmes ; elles sont fières mes muses crucifiées à l'orée de la folie, elles savent faire face mes muses aux cris, aux pleurs, aux tremblements et soubresauts de la raison, pas celle du plus fort mais celle du plus lâche. Faut-il laisser mourir les muses comme s'éteint une bougie, ne gardant au cœur que la nostalgie légère et l'emphase délicieuse que l’on appel inspiration. Faut-il les laisser mourir pour un éclat de mot, une lueur de plaisir ?

 

Une main sur la tête caressant les cheveux, une main sur le cœur caressant la blessure, figée dans sensualité apparente elle est là. Une pause prise près d’un torrent. Faut-il accepter de la laisser partir et rester là stoïque et exalté en ayant à la conscience l'imminence de sa chute, le probable de son plongeon, le certain de sa fin.

 

Faut-il écrire sur elle, pour elle, avec elle, écrire sans elle ? Puis faut-il encore être lu et aimer cela pour poursuivre cet exercice ?

 

Tête à tête divin, d’elle à moi il n'y a rien d'espace qui nous sépare, juste d'infimes différences et d'infinis petits gouffres ; nous avons le don de les vivre, elle a le don de l'être infinie et différente ; j’éprouve la culpabilité contre l'envie, le sublime contre l'extase. Elle et moi, la muse et l’artiste, elle inonde et je canalise, elle traverse et je transport, elle expérimente et j'exprime ; elle expire et j'aspire.

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Publié le 30 Octobre 2012

Ça a commencé il y a longtemps devant un ordinateur, un vieil ordinateur avec juste un traitement de texte et un écran défraichi orange et noir. A cette époque je n’étais personne, un personnage silencieux et invisible, inconnu des autres et ignoré de soi. L’ordinateur était là, improbable trouvaille qui trônait sur mon bureau sans que je ne parvienne à en débusquer le sens ; je devais même éprouver une forme de timidité devant cette machine inerte. Elle était bonne à quoi ? Et moi je devais être bon à rien. Et puis ça à fait sens en moi, comme émerge une pulsion au milieu de la conscience, comme une évidence qui soudain s’impose, écrire ; pas de la littérature mais quelque chose qui avait l’intuition du journalisme, de la feuille de choux, du fanzine, du prospectus, du tract, l’intuition de l’écrit un peu sauvage qu’on jette à la face du monde et du lecteur.

 

C’est né ainsi ; un après midi d’été avec quelques amis pour se donner le prétexte du jeu et passer à l’acte. Mes premiers mots écris, ils sont vaguement engagés et surtout absurdes mais ils ont déjà le souci de s’agresser au lecteur, de s’adresser sans violence mais avec insistance à la personne humaine. Cette feuille A4 noircie recto-verso de notre prose adolescente s’appellera Tran’quille Emyle et bien entendu la signature est anonyme. Après que quelques tirages soient sortis de l’imprimante on attend que la nuit soit tombée et on se glisse dans les ruelles du village et déposer ce que l’on appelle notre « journal » dans les boites aux lettres, sans quoi le geste d’écriture n’aurait pas été abouti. Les jours suivants nous espérons des réactions sans qu’elles ne viennent alors nous recommençons. Cette fois nous sommes moins nombreux, ça doit être moins amusant pour les autres, reste pourtant les mêmes gimmicks dans la même prose, la même expédition nocturne, la même attente. Et rapidement je me retrouve seul, comme je l’ai toujours été au fond, seul devant le clavier, seul derrière les mots, seul à noircir l’écran d’une écriture nocturne qui n’est jamais automatique mais toujours inspirée, je suis pris au jeu. Sous couvert d’une signature inconnue moi l’éternel introverti abonné au silence je fais l’apprentissage farouche et empirique de la parole écrite, de ces mots que l’on dit en les puisant en soi. C’est apprendre à écrire, dans tous les sens du terme, apprendre le goût âpre de l’écrit quand celui-ci se fait pamphlet ou expression satyrique, la saveur enivrante d’une prose qui se fait insoumise et exacerbée quand l’emphase enivre ou qu’un monologue bien calibré touche en plein cœur la cible que l’on se fixe. Je continu ainsi de nuit en nuit avec pour cœur de cible un minuscule lectorat à dérouler le fil de ma pensée à fleur de peau.

 

Je suis un lycéen de 15 ou 16 ans définitivement introverti, timide, seul, silencieux et solitaire et quelques fois malmené par la bêtise de ses congénères. J’ai pour moi cette écriture nouvellement acquise comme un sport de combat, un salvateur exutoire. Un jour de terminale un prof fait circuler une feuille où l’on doit inscrire nos adresses pour je ne sais plus quelle raison sans importance. Je suis au fond de la salle, seul à ma table. Quand la feuille arrive tout le monde l’a remplit, et dans un étonnant réflexe je décide de noter ces adresses, pas toutes mais celles de ceux qui m’inspirent le plus de ressentiments et celle de celle qui m’inspire le plus de tendresse. Je sais dès lors que je tiens mon nouveau lectorat. Je trouve vraiment excitante l’idée de pouvoir enfin puiser dans les ressentiments, les rancunes, la rancœur et l’amertume que j’ai à leur égare l’inspiration des textes que je m’apprête à leur écrire. Je peux enfin m’attaquer à mon lectorat de front, de plein fouet, avec les mots aiguisés, la parole acerbe et le confort d’un l’anonymat. Prendre soin de poster les lettres depuis des bureaux de poste lointains ne pouvant rien révéler de moi et attendre les réactions. J’attends une semaine, deux semaines, sans déceler de réactions, sans surprendre de remarques chez ceux que j’ai choisie. Je recommence, je continu, je persévère, un nouvel envoi puis un autre encore, je continu parce que je sais qu’ils me reçoivent même s’ils ne disent rien et cette idée simple d’écrire à des gens que je fréquente irrigue mon imaginaire. Jusqu’au jour où une de mes cibles parle, elle explique qu’elle reçoit de drôle de lettre et se demande si c’est quelqu’un de la classe qui envoie cela. A partir de là tous ceux qui reçoivent mes écrits se dévoilent et débute la traque, la recherche de l’auteur. Moi je deviens une sorte de corbeau, je découvre le plaisir de jouer avec mes lecteurs, avec les fausses pistes, avec les sous entendu et bien sûr le mensonge. Pouvoir voir les effets que provoquent mes mots m’enivre, assister à ces discussions qui essaient d’analyser, de dépecer ma prose pour y déceler un indice et jouissif, je suis plus fort qu’eux, ils ne me trouveront jamais. D’ailleurs Je n’ai pas trop à mentir, on ne me soupçonne quasiment pas. Tran’quille Emyle devient le sujet récurant de toutes les discussions et j’aime ça, j’adore, alors j’intensifie les envoies et emmène mes mots toujours plus loin pour espérer faire mouche, faire trembler et ébranler l’ordre établit, ébranler leurs habitudes, ébranler leurs certitudes, ébranler leurs faux semblant. Cela durera ainsi jusqu’à la fin de l’année sans que je ne me lasse, sans que l’on me découvre.

 

Viendra l’été, le silence, puis une nouvelle vie, l’université, la cité U et de nouveaux amis. Mais j’ai pris goût aux lettres anonymes, je me débrouille très vite pour récupérer des adresses et je redeviens corbeau cette fois si un peu moins virulent mais plus amoureux, moins enragé mais plus engagé et toujours anonyme. Et toujours le plaisir de jouer avec les lecteurs, se dissimuler, les manipuler toujours se rapport de force, toujours sûr qu’ils ne me trouveront jamais. Je deviens accros, capable de faire une heure de route pour poster mes lettres d’une autres villes et brouiller les cartes, capable de faire une heure de route pour rentrer chez moi écrire une nouvelle lettre et refaire une heure de route pour rejoindre ma chambre d’étudiant prenant soin d’envoyer mes lettres. J’aimais assister aux remous des mots dans le réel, observer la façon dont ils pénètrent les gens et agitent l’espace et le temps. Je resterai silencieux et anonyme jusqu’à la fin de l’année, jusqu’à la dernière nuit du dernier jour où je glissais une dernière lettre sous la porte de ma lectrice favorite dévoilant mon identité puis je disparaissais sans n’avoir plus jamais de nouvelles.

 

Je restais ce garçon silencieux, solitaire et introverti qui s’il n’avait pas eu la verve de ses paroles écrites contre des auditoires qu’il jugeait hostile ne se serait jamais exprimé. Mais le goût de l’injustice et la sensation romantique de se trouver seul contre tous alimentait mes mots d’une inspiration brulante. L’idée de confronter mes mots à un auditoire possiblement hostile s’enflammait sans demi-mesure. Arrêtant mes études pour une année sabbatique c’est l’époque où je découvrais internet. Après avoir apprivoisé la machine ordinateur, cette caisse vide qui résonnait de mes écris je découvrais un média dont j’ai eu rapidement l’intuition qu’il serait le terrain de jeu idéal pour mon exploration personnelle et intime de l’écriture viscérale. Le crépitement du modem 56k m’a rapidement conduit à écumer les tchats d’AOL non pour y discuter mais pour y voler des adresses mail, les copier, les piocher au hasard dans la foule des internautes pour me constituer un carnet d’adresse d’anonymes tous potentiels lecteurs de ma prose. Je me suis alors mis à envoyer mes textes comme cela, par envoi groupé, dix, vingt, cinquante, cent personnes, parfois plus, je balancer mes mots comme des pavés dans la marre du virtuel et là ce qui était bien c’est que dans le nombre il y avait toujours des personnes pour répondre. Mes mots trouvaient écho et pouvaient rebondir. Bien sûr dans le nombre il y avait toujours des mécontents, des cons, avec qui les insultes fusées mais il y avait aussi des personnes exceptionnelles pour des échanges enflammés. Parfois mes lettres anonymes se sont mues en correspondance privée, passionnée, enflammée et amoureuses mais je ne cessais pas de lancer mes mots sur la foule. Tant et tellement que plusieurs fois j’ai été puni par AOL qui m’accusait de faire du spam, du vulgaire spam, alors j’essayais de tricher, multiplier les comptes, morceler mes listes d’envois, pourtant j’ai fini par être radié mais ça n’a pas éteint ma flamme lyrique, mon envie pour la littérature de clavier, ma passion ces mots à la frontière de l’intime, de la discussion, du discourt, de la rhétorique, de l’emphase déclamative et du pamphlet instinctif, viscéral, irréfléchi. Presque plus que le plaisir de l’écrit c’est l’impatience des retours, des réactions qui m’animait, c’est l’échange, la confrontation de la parole face à la diatribe de la foule, le mot écrit, pensé, pesé, posé face aux ambages de la doxa. Il n’était pas question de réseau social comme maintenant, non c’était la foule, l’arène, la place publique, c’était le chaos, la guerre, la jungle, le paradis et l’enfer, c’était vivant, vivace, coriace, terriblement stimulant, c’était l’inconnu, la découverte, le temps des possibles et le temps des illusions à échafauder ou bien détruire selon de quel coté des mots j’étais. Et puis le temps, et peu à peu j’ai cessé de larguer mes mots dans le hasard. Je n’ai jamais tout à fait cessé c’est juste devenu plus rare puis ensuite se ne fut que pour des amis, des connaissances, des personnes consentante pour recevoir ces proses, mail collectif, à demi enflammé, à demi destiné mais toujours désireux d’une réponse, d’une réaction.

 

Et puis voilà vient les blogs, pas ce blog en particulier mais les blogs, puis mon premier, avec l’envie de retrouver les mêmes sensations que celles que j'avais quand je lançais mes mots à l'abordage de la foule, le plaisir de publier face aux inconnus, alors y’a eu un blog sincère et naïf avec la même prose mais pas dans le même contexte et puis j’étais devenu parlant, vivant et vivace, les mots n’avaient plus la même fonction, moins instinctifs et puis désireux de reconnaissance, de gloire et de séduction. Et puis il y a eu mon premier blog fake trouvant rapidement un public conquis par la l’ingénue fantasmé dans mon esprit. Et puis il y a eu d’autres blogs, en dilettante distancié ou en sérieux sincère jusqu’à en arrivé ici, dans ces lignes. Mais les blogs ont perdu une chose essentielle, il n’a pas un auditoire hostile, ou si rarement. Les lettres que j’envoyais et les mailings collectifs avaient un point commun ils étaient intrusifs et cette intrusion rendez généralement l’auditoire plutôt hostile. Mais on vient sur un blog parce qu’on le veut, on le choisi, auditoire conquis et auteur qui se ramollit, au mieux on cherche à séduire quand le blog se fait vitrine de soi. Et moi je suis nostalgique de l’époque où j’avais dans le sang le bouillon des mots comme le goût du combat.

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Publié le 29 Octobre 2012

Tuer le temps à balles perdues,

Au quotidien désemparés

Je perds des heures déjà révolues

Que j'attends sans voir passer.

Accessoirement si lent ce temps m'étonne

Au ralenti inopiné il revient et m'éperonne.

Décati ou alangui, tapi ici l'instant s'évade,

Le temps passé est à présent maussade.

Ces heures usées me font un piètre décor

Pour l'affront osé de cette torpeur dans mon corps.

Les heures anciennes, usagères avachies

De ces non lieux communément dégarnis,

Se font à merveille les compagnes léthargiques

De mon absence, ma somnolence pathétique.

Mais sans y prendre garde l'horaire est là

La temporalité retrouvée le futur revoilà

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Rédigé par #ceciestunblog

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Publié le 28 Octobre 2012

Quatre heures du matin, presque cinq, la route est plutôt déserte et la nuit encore noire. Nous traversons la campagne. A côté de moi Lydie somnole sur son siège la route nous berce, la radio aussi, je conduis en silence, calme et absorbé.

 

Il y a une demi-heure encore nous dansions sur la piste d'une boite surchargée, surchauffée, surpeuplée ; danse de boite qui n’est pas de la danse juste des corps côte à côte un peu moites un peu gauche comme secoués ; elle, petite jupe plissée, bottes et débardeur elle flirtait, papillonnait, dansait avec des inconnus. Moi, le ventre collé au comptoir la main sur mon verre je la regarde faire les yeux mi clos de désir, mi clos d'amertume alors je dévisage la serveuse reportant sur elle ma paresse à en séduire d’autre.

 

C’est la même soupe électro que celle déversée par les radios FM et la mode éphémère comme la virginité d’une adolescente en chaleur. C’est à ce demander si les gens ici écoutent la musique ; regard alentour pour aliéner mes arrières pensées à un corps qu’un décolleté dévoile. Je connais la route par cœur, de regard en regard jusqu’au moment où l’on glisse sur des cuisses nonchalamment décroisées ses doigts pour s’assurer du lâché prise de sa proie.

 

Virages serrés et traversée de hameaux sous les halos des réverbères, pourquoi est- ce que je fais cela ? Un trait de lumière, un regard en coin, elle semble dormir, ma main sur sa cuisse, elle frémie, je n’ai même pas le sourire. J'insiste, elle dort, je remonte sous sa jupe, elle s'étire, cuisses entrouvertes, érection sous ma ceinture. Elle est ivre peut être, pas moi, je m’en fouts. Drôles de vibrations, sourdes et rythmées ; la voiture qui tremble et ma main qui revient sur le volant, ralentir, s’arrêter. Elle se réveille, se redresse, s’interroge.

 

Je lui dis que ce n'est rien, mais je n’en sais rien. Je vais voir ce qu'il se passe, je fais le tour de la voiture, pas de surprise ma roue avant à plat ; une putain de crevaison. Je regarde par la fenêtre, elle a baissé le siège et s’est allongée, sa jupe remonte assez pour que je voie dessous le tissu de sa culotte. Il faut vite que je change cette roue.

 

Une crevaison c’est trois fois rien, change cette roue et rejoins là, pourvu qu’elle reste chaude la petite dans sa jupe ; j’ouvre le coffre, soulève le tapi de sol, trouver la grosse vis qui retient la roue de secours, dévisser, bruit sourd de la roue qui se libère et tombe. Défaire la roue crevée, trouver le cric. Retourner vers le coffre, chercher sous l'aile, essayer d'arracher la moquette, non ce n'est pas là, ne pas paniquer, sous mon siège peut être, non plus. Je sais que je sais, oui mais où ? Ouvrir le capot, rien non plus, j'enlève ma veste, retrousse les manches de ma chemise, blanche. Lydie sort, ça va ? Je ne trouve plus le cric et ça la fait rire. Ça me revient, il est dans les aérations, petite grille ouverte et l'objet repéré, reste à le sortir. Je n’ai pas de lampe, reste la lumière du portable, Lydie m'éclaire quand je voudrais qu’elle m’allume, je me bats pour sortir ce putain de cric. C'est fait. Dévisser les écrous, toujours un qui bloque malgré les coups de pieds dans la croix, j'ai chaud, je sue, l'aube ne va pas tarder à poindre. Les écrous retirés, la roue l'est aussi, reste à la changer, remettre roue de secours, resserrer, remettre la voiture sur le sol.

 

Enfin je remonte dans la voiture, j'ai de la graisse et du cambouis plein la main, de la sueur plein la tête, chemise sale, elle rit de plus belle, je ris amère avec elle et je reprends la route.

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Publié le 27 Octobre 2012

allo citrouille a ma porte et que le vent et la mauvaise musique a faire vomir les monte-personne puissent persuader la troupe legerement mineure qui se tient devant ma porte de partir re, de re partir et de ne plus se tenir la sur mon parterre ma boue a moi mon glacie glacial, il faut partir les enfants, surtout ne pas rester sinon il y aura un vagin, une maman, a se demander ou vous etes, il y aura vite une citrouille et une femme meme pas fee dedans pour vous transformer en pourceaux

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Publié dans #Divagations diverses

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Publié le 26 Octobre 2012

Les réunions de famille ont toujours quelque chose d'ennuyeux, un excès de bienveillance hypocrite due au pouvoir du sacro-saint lien de parenté. C'est comme si celui-ci pouvait supplanter de facto toutes les natures individuelles, par essence discordantes, au profit d'une mièvrerie consensuelle de masse, une guimauve familiale capable d'étouffer toute manifestation d'une opinion, une posture, d'une idée, d'un statut potentiellement original. Mais bon, avec le temps à défaut d'apprécier, je m'étais habitué à cette constellation hétéroclite qui débarquait par vagues successives dans ma maison de campagne sous le regard bienveillant du ciel soleil de ce dimanche de Mai.

 

La maison ouverte comme un moulin accueillait parents, grands-parents, oncles, tantes, nièces, cousins, cousines et autres filleuls. Les enfants courraient déjà partout entre la maison et le jardin poursuivant le chien surexcité par cette agitation et laissant derrière eux le cortège des portes ouvertes et des traces de pas pleine de terre. On se croise à peine le temps de se faire la bise, happé par d'autres à qui on sourit et que l'on quitte pour saluer tatie Agathe. Dans ce papillonnage de salutation mon regard croisa celui de Lydie ma cousine. A son regard j’ai compris ce qu'elle attendait. Et dans ce qui prenait l'apparence d'une foule elle me fit un petit signe et partie s'isoler un peu.

 

Il fallait finir de déblatérer mes boniments de bienvenues. Quelques minutes après dans la charmante cohue j'allais vers la salle de bain et je frappais trois coup ; toc toc toc sur la porte en bois. Le loquet s'ouvrir, la porte aussi et j’entrais à l'intérieur. Du haut de ses 17 ans assisse sur les toilettes une cigarette à la bouche elle me regardait en souriant. Je m'assurais de bien avoir fermée la porte avant de la prendre dans mes bras sentir son parfum, l’embrasser aussi lui caresser son dos et lui rappeler que l’irrévérence de sa jeunesse me rendait toujours folle et combien elle m'avait manquée.

 

Elle laissa tomber sa cigarette dans les toilettes. Elle riait, de moi, d’elle, de nous ; elle riait de sa jeunesse et de son goût pour les interdits. Derrière la porte on entendait l'agitation de la maison, les cris et les rires mais rien ne semblait la perturber. Elle approcha sa bouche pour m'embrasser dans une extase merveilleuse. Quelqu'un frappa à la porte et interpella une voix familière, je réussissais à contenir mon trouble pour répondre que je me repoudrais le nez privilège typiquement féminin.

 

Elle avait arrêté de rire, plongeant ses yeux dans les miens elle me dit je t'aime. Encore quelqu'un pour tourner la poignée de porte, essayé de rentrer encore la question conne « il y a quelqu'un ? ». Rien ne la dérangeait, elle avait l’amour invisible et moi ça me rendait folle, j’aurai pu tuer le monde en entier pour vivre cet amour mais s’enfermer aux toilettes était suffisant ; il n’y aurai pas de bain de sang ce soir. J'étais heureuse mais presque déçue ma muse ne me renversera pas dans le carnage, pas elle, pas maintenant, pas pour moi

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Rédigé par #ceciestunblog

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Publié le 25 Octobre 2012

Caprice de poésie, de peau, de corps aussi,
L'eau à la bouche et la liqueur des corps qui plissent
Apologie de l'envie là où la peau se frôle et crisse

Frémissements et petits cris

J'ai l'esprit accaparé par des caresses inaccomplies

L'esprit hanté, par des caprices défroqués

Des souvenirs capiteux qui couvent encore là où la peau a goût de glisse.

Valse des pensées de mon corps prisonnier
A travers moi poussent des envies et puis du vice
Battements de cœur et corps compris

Une muse prise pour cible

C'est l'impression de l'impossible

 

Dépression immobiles qui d’un voile se couvre

La danse tragique qui se coince dans ta gorge et c’est ton cœur qui s’ouvre

Et fait jaillir des cadavres justes en dehors du corps

Toutes des muses éculées qu’une horde de cafard incorpore

Et la dame toute nue sous son habit de nonne,

Celle qui a le cul d’une pute à faire chavirer tous les hommes

 

Se donne  d’un trait entier à la prose empêtrée

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Publié le 24 Octobre 2012

La voilà la vie, à minuit à la lisière du sous bois, assis sur le capot de la voiture garée dans un petit chemin de terre entrain de regarder ce ciel sans lune où ne brille que l'éclat des étoiles. On ne se dit pas grand chose, presque rien de nouveau, rien que l'on ne se soit déjà dit tout en évitant de se répéter des choses qui font mal pour mieux admirer l'instant. C'est moi qui ai conduis, elle qui m'a guidée. L'absence de la lune a rendu l'obscurité très dense et mon regard s'écrase sur ce rideau noir. L'immensité vertigineuse de ce ciel cristallin me rempli jusqu'au plus profond de moi. A côté de moi elle se redresse. « Je vais y aller. » Je me dresse à mon tour et la tôle du capot se déforme avec un bruit métallique qui résonne dans le silence. Je ne sais pas quoi lui dire, je lui souris en disant « d'accord, je vais rester un peu le ciel est beau ce soir ». Elle descend du capot, la suspension bouge un peu et je reste assis. J'entends à peine ses pieds sur le sol elle part calmement. L'obscurité a vite fait de la faire disparaître de ma vue mais je perçois encore un peu le bruit de ses pas qui crissent sur les pierres. Je me rallonge avec le ciel comme témoin. Je n'entends déjà plus rien que la nuit qui bruisse et soudain le lointain grondement. En quelques secondes il est là, il déchire l'air et fend la nuit d'un rai de lumière. Je ne tends pas l'oreille, je n'attends pas un cri, je sais qu'elle n'a pas crié quand le train l'a happée. C'est le hurlement métallique des freins qui lacère le silence qui me dit les choses. Je me redresse, je descends du capot. Je regarde dans la direction où elle est partie, je n'aperçois pas si loin la masse imposante du train qui s'arrête. Je remonte dans ma voiture, je ne veux pas rester là, je lui dois ce mystère. Si je reste sa famille, ses amis, ses proches, son petit ami tous voudront savoir, ils exigeront des explications, les mêmes qu'ils n'ont jamais su comprendre. Mon silence est le prix de leur véhémence à entendre sa souffrance. Entre condamner son choix ce qui supposer la laisser partir seule et accepter ce choix et l'accompagner j'ai fais le mien. Je repars et le chanteur reprend sa mélodie là ou il l'avait suspendu.

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Publié le 23 Octobre 2012

Il y avait au pied de la chaise de fragiles escarpins, de ceux que l'on attache à la cheville par des lacets qui s'entremêlent. Je remarquais immédiatement qu'elle avait des pieds admirables, d'une cambrure rare et gracieuse, une beauté particulière qui devait la complexer quand elle était plus jeune. Elle avait l'élégance de porter des bas, des bas qui plissaient légèrement derrière son genou juste au dessus de ses mollets. Elle était assise sur la chaise et le contour de sa cuisse esquissait avec la chute de ses reins des fesses au galbe presque parfait. C'est juste là que les lanières qui tendaient ses bas étaient venues se poser. La lumière était allumée avant que je n'arrive. J'observais le laçage de son bustier bleu de gris. Les lacets, rose vif, étaient suffisamment serrés en bas pour cintrer la lingerie et donner à la taille l'apparence de cette finesse élégante. Le laçage avait laissé de petites marques en forme de X sur la peau tendre, des marques que l'on apercevait à peine laissant penser que le bustier avait bougé. Ce bustier, aux allures désuètes de corset, était lacé dans le dos, elle n'avait donc pas pu le mettre seule.

 

Il y avait eu un avant à cette scène, des coulisses et une assistante, peut être un, qu'il me faudrait découvrir. En grimpant le long de son dos les lacets semblaient se desserrer. L'avaient ils toujours été pour ne pas trop compresser sa gorge et la laisser respirer ou bien avaient ils été innocemment desserrés, telle une invitation ou une provocation au désir ? La base de son cou était enserrée par un câble fin et noir, enroulé anarchiquement en des dizaines de spires entre lesquelles la chaire rougie et exsangue apparaissait parfois. Son visage était à l'avenant, complètement ligoté par un amas de fils, certainement des câbles dont il me semblait apercevoir parfois aux extrémités d'étranges petits cubes de plastique. On distinguait par endroit quelques mèches de cheveux roux, le dessin raffiné de son nez et ou le rouge carin au coin d'une lèvre. Le médecin légiste me confirma sans surprise la cause de la mort par strangulation. Je n'étais pas étonné de voir que l'agresseur s'était servi de la même méthode pour lui lier les mains aux accoudoirs. Cependant j'étais troublé par les circonvolutions qu'il avait prit le soin de faire en faisant courir les liens de ses poignets vers ses épaules avant que le cordon ne l'étrangle.

 

Je n'eu pas vraiment le temps de réfléchir à cela, une chose venait de m'ahurir. Je venais de m'apercevoir que les câbles qui enlaçaient cette femme provenaient tous du clavier de son ordinateur. Je ne dis pas qu'ils avaient été arrachés depuis l'intérieur du clavier mais bel et bien qu'en lieu et place de certaines touches des câbles sortaient et venaient s'enlacer autour de ses poignets. L'écran de l'ordinateur était allumé. La fenêtre d'un logiciel de messagerie était encore ouverte. On pouvait lire les derrières lignes d'une conversation.

 

Heart-of-art : Écoute c'est fini. Je ne veux plus vivre cela, ton m'amour m'étouffe.

The-puppetmaster : Mais non ce n'est pas possible !!!! Tu n'as pas le droit de me faire ça je t'aime trop !

Heart-of-art : Tu vois ... N'insiste pas de toute façon ma décision est prise. Je ne peux plus vivre comme ça

The-puppetmaster : Alors c'est cela mon amour t'étouffe ...

 

Je remarquerai ensuite que les lettres du clavier pendaient aux extrémités des câbles, six lettres : s a l o p e

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Publié le 22 Octobre 2012

Quand elle déploie ses ailes et ferme les yeux pour se laisser planer dans les courants tièdes du crépuscule elle sent tout autour d'elle un monde presque tangible lui palpiter à fleur de peau. C'est une impression prégnante qu'elle ressent depuis toujours et qui jalonne son histoire. Il lui a fallu se battre âprement pour défendre sa cause et ses justes intuitions et maintenant elle a l’impression de pouvoir percevoir les artifices, les flux et les reflux d'un monde lointain qui n'attend que sa venue pour se réveiller d'un sommeil singulier. Ce sentiment laisse en elle une impression de réel trop intense pour qu'elle puisse les ignorer. C’est pour cela qu’elle continu son chemin d'horizons en horizons toujours plus loin vers ses lignes frontières qui parcèlent l’univers de morsures rectilignes. C’est comme ça qu’elle s’est retrouvée dans des contrées inconnues devant juges et bourreaux à devoir en opiniâtre cœur passionné défendre ses convictions et ces débats pouvaient durer des siècles, c'est là le luxe et l'entrave de l'éternité, jusqu’à ce qu’elle parvienne à purger de ses mots les maux de son auditoire miraculeux.

 

Hier elle expurgeait un monde de sa chiasse séculaire ; aujourd'hui elle reprend bat des ailes comme une poule de luxe qui passe une frontière en fraude vers un monde qu’elle ne connait pas. Elle vole à travers l'éther à mi chemin entre les étoiles et le sol, bien au dessus de nuages et bien en dessous de chez elle. Elle transperce l’espace en une traînée scintillant se disperse dans le vide derrière elle. La nuée ardente qui lui chauffe les fesse la pousse dans le ciel astral comme si elle était attirée par cette planète bleue zébrée de vies et de malheurs ; elle accélère, s'engouffre sous cette atmosphère qui lui résiste, elle se débat des ailes jusqu’à ce que sa traînée se soit dissipée. Elle atteint enfin les nuages. Elle ne voit rien, les yeux humides de pluie. Elle s’avance encore sous la couverture nuageuse et débouche hors brume au dessus d'une montagne.

 

Impatiente elle survole une falaise sculptée dans la roche en scrutant la vallée en contre bas à la recherche d'un lieu où des êtres habitent s’y poser. Soudain son corps s’irrigue de toutes les passions du monde et ça l’emporte comme ça l’habite. L’impétuosité des rêves lui donne l'enthousiasme d’embrasser son destin ; elle est là expurger le monde de ses viscères les plus noirs. Elle aperçoit en l'imposante silhouette d'une croix au pied d'un ruisseau sinueux. D'un bond elle prend de l'altitude, l'air emmêlant ses cheveux et le vent fait bruisser ses ailes. Elle vole à vive allure en direction de cette croix que quelques instants après elle peut contempler en détail. C’est une impressionnante architecture de métal ouvragé. Elle frissonne. Le sol rugueux et tiède racle sa voute plantaire. Elle les sens, ils sont tous là lovés dans le sol, tous les maux du monde, ils palpitent et son cœur s’emporte. D’ici quelques siècle peut être elle va sauver le monde et soulager les hommes de leurs folies.

 

Sous le ciel obscur une voiture roulait vite. Quand le faisceau cru de ses phares se posèrent sur l'ange il était trop tard. Ils n'eurent pas le temps de comprendre. Il faucha violemment ce qu'il prit pour un animal et la voiture perdant tout contrôle fini par d'encastrer dans le pylône électrique.

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Rédigé par #ceciestunblog

Publié dans #Divagations diverses

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