Articles avec #autofiction tag

Publié le 27 Avril 2017

Pour la première fois de ma vie, je peux observer de près la réaction des lecteurs exposés à ma prose. C'est terriblement excitant. D'autant plus qu'ils essaient de trouver qui peut être l’auteur et que pour cela ils « décortiquent » ma prose en quête d'indices. Évidemment je me suis empressé une fois chez moi d'écrire un nouveau numéro « sur mesure », jouant des fausses pistes et des moqueries. On pourrait m'accuser peut-être aujourd'hui de jubiler d'une posture de harcèlement, sauf que je ne crois pas que c'était le cas, j'écrivais le même numéro que j'envoyais à la moitié de la classe et même si j'y exprimais des jugements de valeurs sur la culture communément partagé par ceux que je visais, je ne portais aucune attaque personnelle. Et puis c'était une lettre postale par semaine ...

Durant toute cette année de terminale j'ai jubilé de voir les remous que provoquaient mes journaux dans l'écosystème de la classe. Lorsque les élèves rapportaient mes feuilles en cours pour les analyser, ces feuilles sorties de mon imprimante et de ma chambre j'étais fasciné. J'étais aussi fasciné par le fait que jamais personne ne m'ai soupçonné, il y a même plusieurs élèves qui après m'avoir parlé en cherchant l’auteur ont fini par me dire quelque chose du genre « mais je perds mon temps de toute façon ça peu pas être toi ». J'avais du pouvoir sur eux, mon pouvoir c'était de manier les mots pour agiter leurs idées et créer du mystère, des tensions, orienter leurs attentions. Je crois qu’une part de mon goût pour l'écriture est venue de cette expérience littéraire.

J'aimais et j'aime toujours assister à l'effet des mots sur les autres. Durant cette année scolaire, j'ai gagné mon goût de l'écriture, mon goût des idées, mon goût aussi des réactions. Finalement, là encore on peut dire que si j'avais eu Facebook j'aurai été en quête de notifications et de commentaires.

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Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #écrire, #écriture, #egotrip, #autofiction

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Publié le 25 Avril 2017

Le soir, impatient et excité je me mets au clavier et je rédige un morceau de bravoure dans ma prose maladroite et adolescente exaltée. Mes années de lycée ne sont pas de bonnes années, j'ai donc de la rancœur, du mépris et de un esprit de revanche qui nourrit mon écriture mais je m'abandonne à ma plume en prenant bien soin de ne rien laisser deviner de mon identité. J’avais besoin de l’anonymat pour envisager d’écrire et l’auteur que j’étais, auteur de lui-même, faisait son possible pour resté caché derrière son œuvre et son personnage. Après avoir rédigé ce numéro 1 d’un mon journal à visé scolaire je mets au point un stratagème pour envoyer les lettres à ma grand-mère pour qu'elle puisse les poster à son tour d'une ville qui n’est pas la mienne histoire de brouiller les pistes. Et j'attends. J'attends une réaction de mes camarades de classe qui ne sont toujours pas mes camarades.

Rien.

Pas un mot pour évoquer ma lettre. Je suis déçu, frustré, mais j'ai l'habitude, j'ai aussi l'habitude d'être persévérant, j'écris donc un nouvel épisode de mon journal que j'expédie comme le premier. Et j'attends.

Et rien.

Et je recommence une troisième fois ; d'une part parce que je suis têtu, d'autre part parce qu'écrire à un lectorat que je connais me stimule et m'excite beaucoup et puis je ne perds pas espoir d'avoir une réaction. Et au bout de la troisième semaine, enfin un élève évoque les lettres bizarres qu'il reçoit. Du coup, à partir du moment où il évoque la chose, tous ceux qui ont reçu ma prose se mettent à en parler, les langues se délient et c'est comme si un barrage venait de se briser et que toute l'eau contenue se déverser dans un joyeux torrent.

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Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #egotrip, #autofiction, #écrire, #écriture

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Publié le 25 Avril 2017

J'ai pratiqué cette pratique solitaire durant quelques mois, c'était une forme de masturbation littéraire, réjouissante mais forcément un peu frustrante. Pourtant j'étais devenu accro au fait de m'exprimer et donc d'écrire. Je n'écrivais pas parce que j'aimais écrire, mais j'écrivais parce que j'aimais exprimer mes idées. Et même si le geste de poster au hasard ces textes dans le village a tout du geste idiot, vain et désespéré j'avais besoin de me dire que j'étais lu. J’ai besoin pour ressentir la plénitude de mon outil d’expression de pouvoir penser que mes mots, quelque part, étaient reçus, lus, perçus et qu’ils pouvaient potentiellement provoquer une réaction. Au travers de cette idée c’était ma façon d’envisager d’exister par la procuration littéraire.

Arrive la classe de terminale, le début d'année scolaire et je vous rappelle encore qu'à cette époque internet était un concept marginal mal distribué dans nos vies. Donc la prof de math lors du premier cours fait passer une feuille où elle demande à chacun d'inscrire son nom et son adresse postale sur la feuille afin de pouvoir nous contacter. Moi je suis le garçon solitaire, seul à son bureau au fond de la classe. Lorsque la feuille arrive à moi j'ai donc le nom de tous mes camarades de classe qui ne sont pas mes camarades parce que je ne les aime pas et leurs adresses. Et à ce moment là j'ai une révélation, je vais noter leurs adresses et leur envoyer mon journal anonymement. Personne ne prête attention à moi et je copie la feuille en toute tranquillité.

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Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #egotrip, #autofiction, #écrire, #écriture

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Publié le 23 Avril 2017

Un jour, mon père revient à la maison avec un ordinateur, un PC de bureau qu'il me donne. Je me retrouve alors avec une grosse machine qui prend toute la place sur mon bureau et dont je ne sais pas vraiment quoi faire. Quelques mois plus tard, c'est l'été et avec mes amis nous nous ennuyons. Je ne sais pas d'où ni de qui est venue l'idée mais nous nous décidons dans l’après-midi de nous retrouver autour de l'ordinateur décider à écrire un « journal ». Nous sommes cinq ou six et nous passons toute la journée pour rédiger une feuille A4 recto verso dans laquelle chacun s'est vu alloué un paragraphe pour donner libre expression à ses idées. Nous essayons d'être drôles, nous parlons des voisins et des gens du village, d'être gentiment engagés parce que nous sommes ados et que nous avons des idéaux. Le soir venu nous imprimons une quinzaine d'exemplaires de ce bout de papier que nous appelons journal et nous attendons trois heures du matin pour courageusement aller poster la page de notre forfait littéraire dans les boîtes aux lettres alentours.

Quelques jours plus tard, nous remettons ça, mais cette fois nous ne sommes plus que trois amis à jouer aux journaleux. Cette fois ci la feuille A4 recto verso est mise en page avec des colonnes ça fait plus classe. Et comme le premier soir nous jouons les noctambules pour poster notre papier. C'est la dernière fois que ce jeu littéraire a amusé mes amis et la suite de l'été a été occupée à d'autres choses. Mais pour moi ces deux jours d'écriture spontanée et ces deux soirs d'aventures postales dans l'espoir de provoquer une réaction avec nos mots a été une révélation.

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Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #autofiction, #écrire, #écriture, #Je est un Blog

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Publié le 22 Avril 2017

Preuves en est que je dois malgré tout ne pas être aussi jeune que je ne l'ai été avant c'est d'une part que je radote (un peu) et que d'autre part que j'ai connu un monde sans internet et un monde avec un internet naissant et puis Caramail et puis Facebook et puis le reste. Et s’il vous faut une preuve supplémentaire je rédige des phrases bancales à la ponctuation borderline. Mais on se moque de l'âge, ce n'est qu'un chiffre inscrit sur ton état civil qui aux yeux de la loi pour définir ta norme, ton degré de liberté, ton cadre légal et le regard de la société sur toi, bref rien de très sérieux.

Mais pourquoi est-ce que je parle de cela ? C'est pour introduire un souvenir et pour parler de la manière dont je suis venu à l'écriture. Comme je suis passé d’un garçon timide, introverti, que l'on avait convaincu qu'il était fait pour les mathématiques et ses princesses sciences non pour les lettres, à quelqu'un qui essaie de se battre avec les mots pour écrire et faire de lui un homme de lettre, ou à défaut un homme de plume et de prose.

Partons du principe que le début de ce souvenir se déroule dans un monde où internet n'était pas arrivé jusqu'à moi, disons la deuxième moitié des années 90 et partons du principe que la suite de se souvenir se déroule dans le monde où internet arrive en 56k jusqu'à chez moi et que bien entendu je ne connais rien des usages du net. D'ailleurs je ne sais même pas s'ils existaient déjà usages. Je ne suis pas historien, et si je le suis malgré tout alors je suis seulement l'historien de moi-même, l'unique auteur de mon histoire nationale.

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Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #Je est un autre, #souvenir, #Je est un Blog, #écrire, #Prose, #autofiction

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Publié le 28 Février 2017

Real Fake a.k.a Monsieur Ray, amateur en racolage et en force passive. But no Fake car l’auteur invente et l’écrivain rédige des railleries sur le réel ; ce sont tous les deux des transitaires qui travestissent les trouvailles des travailleurs afin de faire transparaître les traits de coupe sur les corps et ceux de fuites dans les perspectives virales.

Il n’y a ni queue ni tête ? C’est ce que vous dites ?

Comment voulez vous que j’invente un personnage sans brasser des inepties et des absurdités. Celui que j’invente, le personnage que je recherche c’est moi, mon alias, mon avatar, cet autre moi qui incarnera l’autre, l’altérité en moi, l’autrui que je suis quand je ne suis pas celui que je suis. Je recherche mon alter ego de papier, mon noir, mon nègre ; un nom de plume associé à un personnage, un nom de scène, une peau à enfiler, un corps à habiter, je recherche celui qui saura incarner le chaînon manquant entre moi et l’espèce littéraire à l’autre bout de la plume.

Je renonce aux incitations à la transparence.

Je revendique mon droit à porter le voile.

J’invoque le devoir de mensonge pour préserver mon droit à la créativité.

Monsieur Ray ou monsieur Rat, real fake a.k.a le roi des blogs, le pornographe zéro, le publiciste mort-né à l’œuvre pour le plébiscite de rien si ce n’est de soi, de lui, de nous, de l’autre.

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Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #Je est un autre, #Je est un Blog, #écrire, #autofiction, #egotrip, #Brainstorming

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Publié le 6 Février 2017

Il ou je, le voilier tangue. Il trace l’outrage de l’indécision

Si peu et trop de tout ; la présure de poète après une incision

Chroniqueur d’heure à heure de souvenirs toujours vivants

Ma muse est devenue madame, mais je reste son dissident

Le drame de ta majorité bascule sous la cathédrale de la trotteuse

Ton éventail, une vie nouvelle mais tu reste ma pucelle hargneuse

Dès que le temps est pour moi je m'abandonne à mes indiscrétions

L’œil collé à la bouche de judas, j’y contemple tes accrétions

Des mausolées gastriques, des ruines intestinales

Les papillons sont morts, ton ventre bat d’ombres minérales

Souviens-moi, au saut du lit je buvais à tes mots les sucs

Archéologue de tes alvéoles jeunes qui donnaient sur un viaduc

Je remonte le fil léger des fluides que tu écoulais hors de toi

Sur la carte, méthodique, je suis les lignes du doigt

Sur ta joute démoniaque je me courbe pour embrasser tes sabots

C’est ma valse mécanique, l’orgiaque négation du destin des tarots

 

Je décompte encore ce qu’il me reste de tes souvenirs.

Tu vieillies bien plus vite que ma nostalgie peut le soutenir

Le dessin sauvage trace une ligne sur ta joue juvénile

Pour tes aréoles ostracisées puissent faire le retour du chenil

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Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #Prose, #poésie, #autofiction

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Publié le 4 Février 2017

Une mère anorak saumon remonte la rue et sa petite à la main anorak rose tribal.

Les talons claque dans la rue vide, le feu est rouge et un jour la petite fille se demandera pourquoi elle aime faire claquer ses chaussures sur le trottoir.

Ta grand-mère et ta mère qui te photographient devant la palissade. Derrière toi la barrière et au delà le monument, elles ne voient que toi.

Elle vérifie son rouge à lèvre dans le rétroviseur, le feu est rouge lui aussi.

Personne ne tourne au coin de la rue et de la fontaine mais les voitures klaxonnent.

Son petit chien assaisonné de son vêtement de saison et sa maîtresse qui cache son âge sous sa veste bronze.

Et un jeune dans une golf si vieille que ses plaques sont noires écoute la musique fort depuis son téléphone qui crépite un son ridicule.

Et le facteur pédale.

Un homme d'âge à ressembler à mon médecin traverse la rue me regardant avec une acuité particulière, ses yeux bleus sous ses cheveux blanc et une baguette sous le bras.

Leurs enfants en liberté bravent la rue, elle sur son vélo sans pédales et lui qui poursuit le biberon que maman brasse entre ses mains. Enfin de l'autre côté ils boivent, regardent le ciel et les traces d'avions.

Papa trop jeune, maman trop vieille, lui et sa mère et ses enfants ses petits enfants.

Tresse mal fichue et tshirt à tête de panda à côté ta copine sac de supermarché trop plein,vous marchez sans trouver a sourire entre vos mots échangés.

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Publié le 27 Janvier 2017

Je suis allé dans un lycée technique, autant dire un lycée de garçons même si dans ma filaire S nous avions le luxe d’avoir quatre filles dans notre classe. C’était un lycée de garçons et autant de mâles alphas et bêtas en qui je ne me reconnaissais pas et d’une certaine façon c’était réciproque. Je n’y avais pas d’ami et c’était bien comme ça.

Un jour d’hiver du temps de ma première il pleuvait fort. Le ciel déjà bas avait fait place à la nuit avant même la fin des cours. Ce jour là pour une raison qui a échappée à mes souvenirs nous n’avions pas cours et chacun était libre de vaquer à son oisiveté comme il le désirait. Comme toujours et tant que possible lorsqu’il m’était permis de m’éloigner de mes congénères je sautais sur l’occasion pour sortir, marcher, parcourir la ville. Ce jour là il pleuvait. Oui, ce déjà soir de fin de journée la pluie battait fort sur la ville, j’avais une veste, étanche et chaude, mais pas de chapeau, de parapluie ou de capuche et pourtant je me suis mis à marcher, seul et sous la pluie. Il n’y a que les dix premières secondes qui sont un  peu contrariantes, peut-être désagréables, le temps de passer de sec à mouillé, mais les instants suivants je m’installer dans cette posture de garçon engoncé dans sa veste qui marche, la tête nue sous la pluie battante et le pantalon bientôt trempé de l’eau qui ruisselait sur moi. Plus j’apprivoisais cette posture et plus je me sentais bien. La pluie qui tombait uniformisait la ville, les gens reculaient sous les abris, et disparaissaient sous les parapluies me donnant l’impression de posséder la rue comme un roi audacieux.

Je marchais sans autre but que de butter le temps et j’étais bien. Soudain, au milieu d’un trottoir j’ai rencontrée une fille de ma classe, une des rares et la seule qui trouvait grâce à mes yeux, c’était à dire la seule à m’inspirer désir et tendresse. Elle se protégeait sous sa veste et sa capuche, seul son visage quelque peu ruisselant affrontait la pluie. Nous sommes arrêtés à face à face et je crois me souvenir qu’elle a eu une phrase du genre « Salut Rémy qu’est ce que tu fais là ? », c’était trois fois rien, quelques mots suivis de banalités climatiques. Mais elle m’avait nommée, elle s’était arrêté, m’avait vu détrempé et elle m’avait nommé par mon prénom. J’étais déjà le roi qui se tient droit sous la colère pluvieuse d’un dieu climatique, et soudain par l’intermédiaire de ses mots j’étais quelqu’un. Nous avons repris nos marches en sens contraire mais je goûtais alors avec plus d’intensité au bonheur de cette situation.

Je crois que c’est de cette phrase, de cette rencontre, du désir érotique et émotionnel que j’éprouvais pour cette fille croisée dans ce contexte hors lycée et hors normes, que me vient mon goût pour les jours de pluie, les jours de pluie sur la ville, et les errances sous la pluie dans la ville. Hier soir je marchais sous la pluie, dans la ville, j’avais ma veste épaisse et j’étais à l’abris sous ma chapeau qui n’empêchait pas le vent de me claquer la pluie au visage, et en éprouvant le plaisir de l’eau sur mon visage j’ai repensé à cette scène, à cette fille, à ce jour où lycéen je devenais le roi éphémère des rues mouillées.

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Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #Je est un Blog, #souvenir, #autofiction

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Publié le 23 Janvier 2017

Ici je suis presque sûr d'être seul. Personne pour me lire, personne pour me voir. Et comme seul horizon j'ai cette photo de bannière, une culotte en coton qui se déforme sur les jambes d'une femme, avec la perspective d'une femme que je ne suis pas. Ici, l'art, l'écriture et la mort. J'aurai bien besoin d'une balle à mettre dans mon revolver pour m'en tirer une dans le crâne comme on s'envoie un shot d'alcool fort.

Boom, clic, boom, le déclic du déclencheur pour figer l'instant d'avant le boom cérébrale et la blancheur maculée. De la matière noire ? Du sang ? De l'encre ? Et une cohorte de démons cannibales, pédophiles et nazis qui exultent comme des damnées en déferlants sur votre monde depuis le trou béant dans mon crâne. Une photo pour figer le monde, une autre pour mon plaisir à moi, un secret focus à chérir que la poupée en herbe sèche que l'on a glané dans le jardin secret d'une pucelle vierge déniaisée dans les taillis pendant que vous braconniez dans l'arrière jardin entre les plantes vénéneuse et le souffre producteur.

Ici personne, ce soir personne, minuit personne, pas une seule âme pour me survivre et l'océan dégueulé qui vacille dans ma bouche sèche jusqu'à ce qu'une marée de galets lapide l'entière nuée des anges décharnés qui vous guident comme des moutons depuis des éons et des éons.

Vous aviez encore un doute ?
Mais à moi ils ne mentent pas.

Monsieur Ray

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Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #autofiction, #Je est un autre

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