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Publié le 27 Juin 2017

 

L’usine venait d’exploser, une colonne de fumée âcre déchirait le ciel de Crimson Bay et le galop de nos chevaux nous arrachait de Crimson Bay où résonnait encore le chaos de l’explosion. Dans ce ciel rouge entaché de noir nous nous lancions à la poursuite des chiens du général Wainegrow. Les naseaux fumant de nos montures fendaient l’air. En contre bas du chemin que nous empruntions nous pouvions observer le convoi avec ses hors-la-loi escorter les lourds chariots rendus plus lents par le poids de son chargement dérobé à l’usine. Il nous fallait un plan et implorer des renforts si nous voulions défaire ces bandits sans âme. Alors avec mes compagnons Cullen Boahen, Ben Wayne et Declan Harp nous faisions le choix d’ renvoyer l’un d’entre nous en ville afin prévenir le Marshall pour qu’il convoque les autorités adéquats pour rallier des renforts à notre cause et affronter les hordes sanguinaires du général Wainegrow. C’est Declan Harp, fin connaisseur des routes, des sentiers et des raccourcis, qui quittait notre groupe pour filer comme le vent jusqu’aux rues de Crimson Bay. Sa connaissance des trajets et son audace pour mener des hommes dans la nature sauvage lui a permis de nous rejoindre rapidement. Lorsque son ombre discrète nous a rattrapée il était accompagné d’hommes, et d’une femme, tous volontaires pour sauver Crimson Bay de la menace odieuse qui planait sur elle. Parmi eux l’adjoint Shane Atterton qui sous ses airs de buveur de bourbon cache une gâchette hors pair, mais aussi le vieux prospecteur retraité de l’armée qui ne se déplace jamais sans sa fidèle dynamite ou encore l’audacieuse et séduisante jeune chanteuse Katherine Williams. Nous formions une équipée sauvage à la poursuite d’un convoi volé par des brutes sans honneur. Si nos théories étaient justes alors l’attelage se rendait à Fort Lincoln pour grossir les rangs de cette armée mercenaire. Il nous semblait plus judicieux d’intervenir avant qu’ils rejoignent leurs renforts, nous décidions donc de mener une embuscade. Porté par la fougue de notre courage, par le galop virevoltant de nos chevaux et guidé au travers des territoires indiens par l’instinct de Declan Harp nous faisions le choix d’une route plus risquée afin de prendre de l’avance sur le convoi et pouvoir mener une attaque surprise. Nous choisissions un canyon propice pour organiser notre embuscade. Et alors que nous posions la dynamite et que nos tireurs prenaient position sur la roche chauffée à blanc par le soleil Harp partait seul en éclaireur sur le territoire indien pour convaincre la tribu locale de se rallier à notre cause. Sur l’horizon la poussière levée par le convoi nous intimait l’urgence. La tension montait d’un cran dans le crâne silencieux de chacun d’entre nous …

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Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #ébauche, #jdr

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Publié le 21 Juin 2017

Les agissements malfamés de la communauté d’Abraham n’étaient malheureusement au premier rang des priorités de la ville. Les marshals et les citoyens n’avaient pas le temps d’instruire plus en profondeur les agissements louche de cette communauté car une menace plus grande planait toujours sur Crimson Bay. Avec ces fils de chiens qui étaient encore en liberté à mener des razzias sanglantes dans les parages, la ville ne pouvait pas retrouver la paix. Alors, les jours suivants le 5 avril, nous pansions les plaies de nos blessés pendant que les esprits les plus vaillants enquêtaient sur les plans de ces ignobles truands. Les informations que nous récoltions nous ramenaient toutes vers le général Wainegrow, l’infâme personnage qui mena les armées sudistes d’une main froide et sanglante vers le tristement célèbre massacre de fort Lincoln. Toutes les preuves laissaient supposer que ce vil général était en train de mettre sur pieds une armée de mercenaires afin de mener d’autres exactions plus terrible encore. Nous supposions que l’abject personnage se terrait dans la colline ensanglantée de l’homme de la liberté. Il nous fallait agir rapidement. Mais avant de passer à l’action il nous fallait confirmer nos soupçons. C’est mandaté par le Marshall que nous nous apprêtions à partir vers fort Lincoln lorsque l’usine de munition de Crimson Bay a été lâchement attaquée. En prélude de cette attaque une explosion gigantesque ébranlait chaque habitant de cette ville dans ses chairs, s’en suivit avec horreur l’attaque des stocks par les chiens du général Wainegrow qui s’enfuyaient ensuite avec des chariots chargés de munitions. N’écoutant que notre courage nous sautions sur nos chevaux pour suivre ces bâtards convaincus qu’ils nous mèneraient jusqu’à leur chef. 

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Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #ébauche

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Publié le 20 Juin 2017

Le lendemain de la fusillade les hommes de Crimson Bay pansaient leurs blessures pendant les mercenaires à la solde de l’ignoble Wainegrow se faisaient dévorer par les vers. Mais nous pouvions parier que d’autres crapules sous le contrôle du général renégat rôdaient autour de la ville comme des vautours qui lorgnent sur le cadavre d’un canasson. Forcément lorsque l’on apprenait la disparition du fils Jensen les soupçons se sont immédiatement portés sur la horde de hors-la-loi qui traînait aux alentours. Jerry Jensen est un gamin adorable et quiconque est déjà venu se restaurer à la table du Washington connaît sa bouille malicieuse. Le jeune garçon est un proche de Declan Harp le trappeur indien qui lui transmettait son enseignement quotidiennement. Le métis indien s’est installé en ville en même temps que votre serviteur et il s’est rapidement intégrer à la prospère communauté. En apprenant la disparition de son protéger il sollicitait le soutien d’hommes de confiance tel que Cullen Bohnen, Ben Wayde et moi-même et nous sans attendre pour partions à la recherche de l’enfant. Nous étions convaincus que la piste allait nous mener vers les bandits maraudant dans les parages de Crimson Bay mais elle nous conduisait vers la paisible communauté d’Abraham installée au sud de la ville. La nuit était déjà avancée lorsque nous arrivions au milieu des demeures endormies et nous décidions d’attendre l’aube pour obtenir une explication pouvant justifier de la présence de l’enfant disparu.

 

Ce matin là lorsque la communauté s’éveillait nous retrouvions la trace du jeune garçon qui était en train d’être conduit vers un temple où une cérémonie allait être donnée afin le convertir aux croyances de la communauté. Nous interpellions alors le révérant en faisant valoir la volonté légitime des parents de Jerry de retrouver leur fils. Mais ce révérant réfutait avec véhémence nos injonctions à libérer l’enfant en nous opposant une prétendue volonté divine. Le jeune garçon ne semblait pas dans son état normal, il était visiblement sous l’effet d’une drogue qui inhibait sa volonté. Il parvenait à peine à marcher sans être fermement soutenu et lui d’habitude si volubile était incapable de s’exprimer. La situation était tendue mais nous ne voulions pas user de la force pour la résoudre le problème avec cette communauté religieuse. Nous assistions avec stupéfaction à une cérémonie grotesque mais malgré l’effet de la drogue qui embrumait son esprit Jerry exprimait son désaccord avec  les volontés du révérant et de son dieu. Le révérant refusant toujours de libérer l’enfant la tension montait d’un cran et à tout moment elle risquait de basculer dans la violence. Nos doigts posés sur les gâchettes de nos armes étaient prêts à nous défendre. C’est à ce moment là que Cullen Bohnen fit preuve d’une grande force de caractère. Il prenait la parole et avec sa présence il parvenait à faire entendre à l’assembler la sagesse de libérer l’enfant. Et malgré l’hostilité qui régnait dans le temple nous parvenions à repartir avec le jeune Jerry. Nos cheveux claquaient des sabots en repartant vers Crimson Bay en laissant derrière nous une communauté aux pratiques interlopes et discutables.

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Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #ébauche, #jdr, #jeux de rôle

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Publié le 19 Juin 2017

Au soir du quatre Avril 1876, certains habitants de Crimson Bay avaient encore des doutes sur l’imminence du drame qui couvait dans la citée. Mais la fusillade sanglante qui éclatait devant le Gold Digger après le tour de chant de Katherine Williams la nouvelle charmante chanteuse, finissait de les convaincre. En effet ce soir là un groupe de truands à la bâtardise sans limite attendait tapis dans l’ombre, les mains crispées sur leurs Colts. Leurs yeux de coyotes perfides scrutaient chaque personne qui sortait du luxueux saloon à la recherche de leurs cibles. Ces mercenaires sans cœur ni honneur étaient en traque. Lorsque Cullen Bohnen et ses compagnons (dont votre fidèle serviteur) quittaient le Gold Digger les bandits puants déchaînaient les foudres d’une funeste fusillade. D’un bord à l’autre de la rue centrale de Crimson Bay les balles fusaient.

Les corps frappés par les morsures du métal fumant chancellent mais les hommes se cramponnent à leurs crosses. Les armes crachent de nouvelles salves de balles et dans cette nuit empestée par l’odeur de la poudre les silhouettes tombent les unes après les autres. Les corps sont meurtris et depuis leurs plaies béantes des gerbes de sang brûlant giclent et maculent le sol. Les survivants respirent fort et l’air qui s’engouffre dans leurs poumons laisse un goût de métal dans leurs bouches.

Les armes avaient finies par se taire, et après que la fumée se soit dissipée nous pouvions contempler l’ampleur du massacre et décompter les cadavres de ces vauriens qui avaient mordus la poussière. Des hommes de notre noble ville s’étaient impliqués dans la fusillade et eux aussi avait choppés du plomb dans la couenne. Heureusement pour eux que ce bon docteur Lightgow et que son assistante la sémillante mademoiselle Lili Brown sont toujours disposés à sauver la vie des héros et des vauriens au grand cœur. Mais ils ne pouvaient rien pour sauver leur ville, Crimson Bay venait d’entrer dans un état d’inquiétude et de danger exacerbé.

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Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #ébauche, #Nouvelles, #jdr, #jeux de rôle

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Publié le 18 Juin 2017

Messieurs, mesdames, habitants de Crimson Bay, citoyens de Californie et peuple des Etats-Unis je viens vous apporter le témoignage d’une histoire extraordinaire qui va vous raconter comment une poignée d’habitants de Crimson Bay s’est dressée face au danger, aux bandits de grands chemins, aux indiens belliqueux et aux desseins exécrables de l’infâme Général Wayne Grow tristement célèbre pour avoir mené la charge qui conduisit au massacre de fort Lincoln afin de rétablir l’ordre et la justice. Cette aventure aussi épique que rocambolesque qui a vu des hommes et des femmes ordinaires devenir des héros est longue, laissez moi vous relater comment tout a commencé.

 

Durant les dernières semaines votre journal relatait des événements qui se faisaient de plus en plus violents et macabres. Des attaques de convois d’armes, d’or et de marchandises étaient perpétrées dans toute la région. Aucune des villes, aucun des villages aux alentours de Crimson Bay n’étaient épargnés par la barbarie de ces agressions éclaires menées par bandits sans foi ni loi. Avec une violence sans limites ces hors-la-loi sans honneur massacraient tous les membres d’un convoi avant de repartir avec leurs butins ne laissant derrière eux que des caisses éventrées, du sang et des cadavres. Le climat de ce mois d’Avril  1876 était définitivement exécrable et chaque habitant de Crimson Bay sentait monter dans nos cieux l’ombre sinistre d’un grand malheur. Lorsque Joe Wallace, notre bon maire, annonçait que le tournois annuel de Poker était annulé parce qu’aucune banque n’osait s’aventurer à convoyer les fonds nécessaire c’était la confirmation que la ville traverser une période sombre.

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Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #ébauche, #Je est un autre, #jdr

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Publié le 25 Mai 2017

Il se trouve dans le pays où vivent les aventuriers une région importante, une ville à teneur de capitale régionale qui prospérait sous la protection d’une créature emblématique de type dragon, géant, ou n’importe quelle figure mythique suffisamment imposante pour imposer la paix. Les aventuriers, qu’ils se connaissent ou pas, se trouvent dans la ville au moment où elle porte le deuil (à priori naturel) de leur créature protectrice. Dans la ville se succèdent célébrations et cérémonies mortuaires qui marquent la fin de ce cycle. Il n’y pas à douter que des aventuriers sauront trouver un intérêt à cette situation.

Mais là où les choses pourraient devenir intéressantes c’est lorsque la rumeur enflent dans la ville et qu’elle prétend que l’âme de la créature protectrice s’est fractionnée et que les fragments se sont incarnés chez différentes personnes présentes en ce moment en vile. Le hasard faisant les choses avec doigté il est probable que nos aventuriers soient tous ou en parti possiblement porteurs d’une parcelle de l’âme du protecteur de la ville.

Que va-t-il se passer ? Une guilde ou une secte plus ou moins bienveillante peut désirer réunir les fragments de l’âme dispersée pour qu’un nouveau protecteur prenne la ville sous son aile membraneuse. Faut-il pour cela passer par un sacrifice ou un exorcisme ? Peut-être qu’une faction politique, officielle ou dissidente, veut  éviter qu’une colossale créature aux valeurs rigoristes ne reviennent faire peser sur la ville un ordre improductif et que l’organisation souhaiterai supprimer les porteurs d’âmes pour éviter qu’un nouveau cycle s’entame. Peut-être encore que cette âme procure des pouvoirs, des dons, des maladies, des symptômes qu’il va falloir trouver comment soigner, apaiser, cacher, contrôler … Nos héros pourraient-ils s’unir et contrôler la ville ? Comment gérer le vent de folie et de panique que la rumeur fait souffler dans les rues ; comment discerner les vrais des faux prophètes quand tous le monde revendique posséder une part de l’âme du protecteur ? Et si cette rumeur venait aux oreilles des royaumes voisins, que feraient-ils en apprenant que la ville n’est plus sous protection mythologique ?  

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Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #ébauche, #jdr, #jeux de rôle

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Publié le 24 Mai 2017

[...] Il a mit du temps à trouver celle-ci. Maintenant que les fées ont accès à tous le conformisme des classes moyennes humanoïdes elles ont déserté les bas-fonds où viennent mourir les faisceaux câblés de fibres en tout genre qui s’enfoncent dans les entrailles de la ville pour s’y nourrir avant de renaître ailleurs. Les fées se sont ruées dans les appartements interstitiels aménagés pour elles dans les espaces vacants des immeubles excitants construits dans les quartiers où la bourgeoisie en quête de décadence érige des architectures grotesques. Loin des lumières précieuses qui habillent les matériaux post-modern les ruelles étroites accumulent la poussière poisseuse de la déveine et la crasse métaphysique qui recouvre la vie lorsqu’un citoyen affronte la misère de son accablement. On comprend sans mal pourquoi à partir du moment où il a été possible de quitter le cloaque où elles sont venues au monde les fées n’ont pas tergiversé ; elles sont parties sans retour et elles ont remontées l’arbre social vers les hauteurs de la citée. Certaines ont même quittées la ville pour s’implémenter dans les territoires d’habitations non urbaines. Evidemment il est hors de question de s’aventurer là-bas pour chasser dans ces zones sous protection légale. Il n’y a plus que dans les espaces équivoques des bas-fonds de la ville que l’on peut espérer trouver une fée sauvage d’éclosion énigmatique pour la capturer tout en échappant à la vindicte de la loi. Mais miser là-dessus c’est miser sur l’improbable. C’est à cause de cela que les chasseurs connaissent la fièvre de l’incertitude. [...]

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Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #SF, #recyclage, #ébauche

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Publié le 23 Mai 2017

Voilà cinq heures qu’il fouille la rue à la recherche de fées comme le chercheur d'or scrute la rivière des promesses. Ses pupilles sont dilatées, la sueur ruissèle sous l’effet de cette fièvre qui bat à ses tempes et son front humide reflète le pastel des néons et le flux bleuté des écrans qui déversent énigmatiquement leurs pollutions optiques sur la crasse impure des ruelles interlopes qu’il arpente au zénith de cette nuit. Une obsession noueuse nervure ses viscères depuis un moment. Elle grandie au fil lent de sa quête discrète qui conduit chacun de ses pas dans le profond de la ville mais il camoufle ce trouble dévorant, celui qui pousse l’homme de la passion à la folie qui ronge les sangs, derrière l’aplomb flegmatique accroché à son visage buriné. Être chasseur de fée ce n'est pas un statut dont on peut se revendiquer actuellement. Simplement parce qu’il est parfaitement interdit de les chasser. C’est ainsi depuis plus de dix ans. Le peuple fée, comme les autres peuples émergeants, s’est battu pour acquérir le statut d’êtres vivants d’obédience humaine, une espèce à valeur citoyenne équivalente aux êtres humains. Alors, lorsque l’on continu de chasser la fée il faut faire profil bas et refouler les prétentions et le prestige que l’on  pouvait en tirer avant ; même lorsque l’on a la chance d’en choper une sauvage. C'est secret, son secret à lui, rien qu’à lui, son petit secret. Il fera bientôt jour, il éprouve une sensation rappelant le bonheur, son cœur palpite comme au premier jour car il vient d’en capturer une. Elle a les cheveux noirs avec des reflets rouge sang, le regard bleu comme la glace. Elle possède de magnifiques ailes noires qui scintillent quand elle se débat. Elle est encore inerte, inconsciente, prise dans les mailles fines de son filet électrifié. Elle est assommée, ses cheveux sont tout emmêlés, mais il la trouve déjà magnifique. [...]

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Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #recyclage, #ébauche

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Publié le 19 Mars 2017

Il fut donné une sépulture décente aux corps calcinés dévorés par le feu et outrager par l’horreur d’indicibles bandits. Dès lors notre petite troupe de voyage était sur le qui vive redoublant de méfiance et de vigilance. Nous ne voulions pas faire chemin  arrière mais nous redoutions que la barbarie des individus ayant commis ces crimes s’abattent sur nous. Nous progression dans un silence épais et la lumière des jours peinait à étreindre nos cœurs d’un peu de chaleur. Declan Harpe faisait œuvre de toutes ces techniques de ruse pour nous guider entre les ombres pesantes des arbres de la forêt et le péril lancinant de la terreur qui nous harcelait lorsque nous fermions les yeux.

Après une nouvelle journée de progression nous arrivions en vue d’une bicoque reculée connue dans la région comme un relais pour des voyeurs éreintés comme nous. L’idée de passer une nuit avec un toit au dessus de la tête me réjouissait d’avance et j’aurai eu tendance à baisser ma garde si notre ami et guide le demi-indien n’avait pas mobilisait notre attention nous exhortant à quelques instants encore de prudence ; des chevaux attachés indiquaient la présence d’autres voyageurs. Nous étions descendu de nos chevaux et progressions à pas prudents sur le sentier tracé par les nombreux les voyageurs qui avant nous étaient venus trouver une nuit de paix ici.

Chacun de nous sentait palpiter con cœur si fort dans sa poitrine que le battement était perceptible jusque dans les paumes de nos mains qui tenaient fermement les crosses de nos armes. Dans le ciel crépusculaire le soleil s’apprêtait à disparaître laissant se répandre dans les cieux la lumière rouge de son sang. Avant que nous ayons le temps d’héler les occupants pour annoncer notre venue la porte volait en éclats et quatre hommes furieux comme des chiens enragés jaillissaient de la baraque en hurlant. Avec une frénésie d’aliénés ils courraient sur nous, certainement ivres de haine et d’alcool, en tirant sur nous une pluie de balles mortelles.

Tout c’est alors passé très vite. Les canons de nos armes crachèrent leurs plombs dans des gerbes de poudre. Dans le chaos de la fusillade les chevaux hennissaient en s’enfuyant. Autour de nous les impacts soulevaient la poussière. L’air devenait irrespirable. La fusillade a duré quelques secondes mais l’intensité outrancière de cette confrontation donnait l’impression que nous traversions une longue guerre. Quelques secondes plus tard, le voile poisseux d’un silence interlope recouvrait pourtant de nouveau le parvis de la bicoque. Nos premiers mots furent pour compagnons afin de voir si nous étions tous en vie. Evidemment nous n’avions pas pu échapper aux morsures violentes des plombs dans nos chairs mais tous nous étions vivant ce qui n’était pas le cas de nos agresseurs.

Nous pourrions croire que c’est la main d’un dieu de miséricorde et de vengeance qui a guidé nos gâchettes pour défendre nos vies, mais je crois plus prosaïquement que si nous nous en sommes sortis c’est parce que nous avions bien plus à perdre que nos assaillants. L’homme qui sait ce qu’il peut perdre sait ce qui le raccroche à la vie et dans les moments où la faucheuse est sur le point de faire basculer le plateau où elle tient votre âme du côté des enfers cela peut vous sauver.

C’était une erreur d’appréciation, tous nos assaillants n’étaient pas morts. L’un deux pourtant blessé à mort à la poitrine continuait de vitupérer contre sa pitoyable fatalité. Nous avons voulu offrir à ce pauvre homme l’opportunité d’une ultime rédemption mais alors que nous cherchions à recueillir sa dernière confession l’homme fulminait toujours. Sur son flanc nous pouvions voir le sang buller depuis la plaie béante qui le déchirait. Au lieu de demander pardon l’homme a revendiqué son sort en avouant que c’était lui et ses frères qui avaient commis l’attaque du prospecteur ainsi que le meurtre et le viol de sa famille.

Si la mort n’avait pas emporté ce rejeton du diable à ce moment précis je suis sûr qu’il aurait continué d’avouer et de revendiquer d’autres barbaries. Je suis convaincu qu’aujourd’hui ces monstres ne manquent à personne. Lorsque fut venu le moment de rassembler les biens, panser nos blessures et reprendre le voyage nous avons découvert les actes de propriétés qui avaient été usurpés au prospecteur. Une famille morte pour quelques feuilles de papier …

Nous avons aussi réalisé que les quatre corps étendant devant nous qui se vidaient de leurs sangs par les trous que les balles avaient laissés dans leurs entrailles n’étaient autre que le gang des frères Jeffret. Sans surprise malheureusement leurs têtes étaient mises à prix. Avant de devenir les bandits odieux qu’ils étaient devenus les frères Jeffret ont connu et commis la guerre. Cette implacable guerre qui avait fait tressaillir tellement de familles dans notre pays, cette irrémédiable guerre qui avait déchiré tellement d’âmes dans notre pays. Si longtemps après, si loin du front, nous payons encore pour les horreurs de cette guerre civile. Combien d’hommes, de soldats, de mercenaires, de jeunes garçons enrôlés, ont été marqués et façonnés par les drames incessants de la guerre et aujourd’hui errent comme des âmes torturées inadaptées à la vie moderne qui nous offre une seconde chance ? Combien de temps allons-nous souffrir des blessures de guerre comme les Jeffret ? Seul l’avenir nous le dira.

Fin.

Ray Nilwood

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Publié le 18 Mars 2017

Cela faisait quelques semaines que je travaillais à un dossier susceptible de déboucher sur un scoop. Mais mon papier piétinait. Je me résolvais à quitter Portland et ses faubourgs où tout avait commencé afin de me rendre à Crimson Bay dans l’idée que la petite bourgade recelait des éléments qui pourraient débloquer mon article.

 Je conseille à tous les hommes désireux de réellement connaître un lieu et sa population de s’y rendre à cheval et non en train. Certes le confort et la modernité du chemin de fer vous permettra d’y arriver plus vite et plus frais. Mais si vous n’entreprenez pas un véritable périple éreintant et difficile qui vous imprégnera de la poussière et de la sueur sous la chaleur étouffante des jours, de l’insécurité des nuits sous les étoiles d’un ciel glacé, ou de l’imperceptible étrangeté de la nature sauvage qui a formé ce décor alors vous passerez à côté de l’objet de votre quête. Si vous souhaitez vraiment entrer dans l’esprit d’une personne rappelez-vous que c’est son environnement qui a façonné son esprit et qu’en vous imprégnant de l’expression sous jacente du paysage vous serez en mesure d’acquérir le meilleur outil de compréhension.

C’est pour cela que je décidais de me rendre à Crimson bay à cheval. J’embauchais un guide, un certain Declan Harpe à moitié indien et à moitié américain. Il acceptait de me conduire jusqu’à Crimson Bay en  passant par les chemins de traverses. Nous nous mîmes en  route accompagnés de deux autres voyeurs préférant comme moi le souffle de la nature à celui charbonneux de la locomotive. Les premiers jours de voyages étaient sereins, Declan Harpe aussi bon guide que trappeur menait le trajet sans heurts.

Arrivés à mi-chemin les sens de notre guide furent  alertés par un sombre présage ; un peu à l’Ouest de notre route une colonne chancelante de fumée grisâtre défigurait le ciel. Il fut décidé de nous dérouter afin  d’identifier la nature de ce mauvais augure. En nous approchant avec prudence nous eûmes l’horreur de découvrir un charriot renversé et le spectacle terrifiant de quatre corps sans vie auxquels quelqu’un avait mit le feu. Le brassier malhabile n’avait pas encore dévoré toutes les chairs et nous pouvions reconnaître les cadavres profanés et en parti calciné d’un homme, de sa femme et de ce que je supposais être leurs deux filles.

Il faut déjà avoir accepté de réveiller le monstre qui sommeil en chacun de nous pour rançonner d’honnêtes gens et jouir sans remords de leurs biens. Mais il faut avoir abandonné tous espoirs en la nature humaine et avoir consommé la chair sanguinolente du monstre errant dans notre âme pour s’adonner au meurtre, au viol et à la torture d’innocentes personnes.

 

à suivre ...

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Rédigé par Monsieur Ray

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