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Publié le 23 Février 2017

Le soleil, trop calme, se lève enfin. Enfin il sort des nuages et déchire la gangue vaporeuse qui ouvrageait le ciel d’un voile hors saison.

Dans la chambre nuptiale Lénaic se réveille enfin. Elle relève le drap qui la couvrait et laisse le soleil darder son corps nu perlé de sueur. Elle transpire de sa plongée dans le sommeil paradoxal.

Comme une chatte elle s’étire.

Dehors dans le jardin son mari coupe du bois. La scie à bras s’en va et vient arrachant aux bûches ce qu’il faut de sciure pendant que sur le front de son homme la sueur ruisselle.

Combien de temps a-t-elle dormi ?

L’hiver est-il venu les rejoindre ?

Il y a des choses que le ciel ne lui dit pas. Sur la table de nuit les aiguilles du réveil pointent quinze heures et trente-huit minutes mais elles ignorent les jours, les semaines et les ans.

Sa vessie est bien pleine et ses pupilles parfaitement acclimatées à la lueur de cette matinée tardive. Elle sent au fond d’elle que ses viscères transitent tièdement à la bonne température. Elle sera assez vite au rendement idéal de son corps. Derrière son mari les rondins de bois forment déjà une seconde rangée.

Raide à la fenêtre elle tapote de l’index les bûches qu’elle décompte comme sur un boulier imaginaire.

Il dépose la scie et s’essuie le front. Il se tourne vers la fenêtre de la chambre nuptiale. Sa femme est là, bonde, nue comme le jour. Elle tapote la vitre du bout du doigt. Quelques instants plus tard, elle dessine un visage grimaçant dans la buée qui trouble le verre au niveau de sa bouche.

Il est temps de rentrer.

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Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #Forme courte, #ébauche

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Publié le 22 Février 2017

[...]

J’étais la petite fille qui jouait à la marelle

Elles disaient que je n’irai pas au ciel

Menteuses ! Je n’en étais qu’à quatre degrés d’y être.

Mon paradis pour leurs enfers ! Foutaises simiesques !

Je me rappelle de la colère que je minais.

Le chien aboyait.

Les passants ne nous regardaient même pas.

Nous jouions dans la rue avec personne pour soudoyer nos jupes.

Personnes pour regarder nos cheveux.

Nous aurions pu partir en fumer.

D’ailleurs mon amie Sophie apportait quelques fois des cigarettes tirées dans le paquet de sa grand-mère.

Nous avions l’âge des marelles et nous ne cachions même pas pour allumer nos cigarettes.

Nos quintes de toux prenaient des tours de fous rires.

Nos ballerines roses écrasaient ces cigarettes à peine consumées.

Et nous reprenions notre conquête de l’enfer ou du paradis.

Cela dépendait des secrets que nous voulions camoufler.

Le futur c’était trop loin pour nous inquiéter.

Nous n’imaginions pas devenir des femmes, notre présent c’était l’éternité.

Nous n’imaginions pas qu’il fallait croire en dieu non plus.

Nous étions les seules du monde dans cette rue, avec juste un univers de craie.

Et tout à basculé dans l’instant d’après.

Les pneus qui crissent au coin du boulevard.

La taule qui se déforme, la mécanique qui rompt lorsque le mur intervient.

Le corps démembré ensanglanté qui nous regarde d’un air mort.

Une flaque d’urine danse sous la jupe.

Je suis stupéfaite de voir la mort en face.

Elle entre dans nos jeux comme le chien qui marche sans voir la marelle.

[...]

Fiction à une aile

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Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #ébauche, #Fiction

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Publié le 15 Février 2017

Un photographe, un journaliste, un fouille merde, une fouine, un tocard puant sans éthique, un homme de lettres sans honneur ni déontologie. Un ancien bandit, homme de main armée à la gâchette facile qui traînait avec sa horde de province avant de réaliser son goût pour le macabre. C'est dans les bars en racontant ses histoires qu'il a prit le goût du détail sordide et de la mise en scène parce que les femmes aiment les voyons. Lui il aime le gore, les cloaques, les histoires sordides où la nature humaine rampe dans sa fange. Il aime l'aura que ça lui confère de rapporter l'homme à sa médiocrité, lui même est un être médiocre mais pourquoi ne pas révéler que les autres ne valent pas mieux que lui ? Il a commencé à raconter les exploits de sa bande dans les salons où leurs vacarmes invitaient à l'écouter. Ses histoires sont un soir tombées dans l'oreille du directeur d'une feuille de choux sordides qui racole le passant avec des foutaises de foire qui sentent le sang, le foutre et la poudre noire. Ce soir là le bonhomme a proposé à notre homme de lui acheter son histoire, ça lui payerait l'alcool et la pute pour finir la nuit, alors il a dit oui, il a prit sa plume et il a torché un texte. Quelques jours plus tard le même bonhomme est venu le retrouver pour lui proposer un deal, du fric contre ses histoires garanties vécues. Notre homme avait eu la chance de savoir écrire parce ses parents étaient instituteurs grâce à quoi il maniait la plume aussi bien que le colt. Semaine après semaine il vendait son lot d'anecdotes hors-la-loi, s'attachant aux détails misérables des blessures, des morts, et de l'or des bandits qu'il encensait. Dans un monde de fou le peuple voulait aduler les voleurs, les violeurs, les violents et il savait le leur vendre.

 

Bientôt il avait fait sa notoriété de plume plus grande que celle de son colt mais il avait épuisé le filon des anecdotes. Alors il n'a pas hésité à faire jouer ses relations pour se mettre dans le sillage des gros poissons, de bandits plus gros que lui qu’il suivait, il participait et se mouillait dans la magouille en échange de quoi il gagnait une histoire à raconter. Autrement il faisait ce qu'il savait faire de mieux, chercher la merde et la soulever parce qu'il disait que sous la merde des rues il y a toujours un truc inavouable à raconter. Mœurs, meurtres, misères des uns et des autres il savait où chercher pour tirer les ficelles de la trame nauséeuse des villes. Fallait-il parfois donner soi même quelques coups de surins pour créditer son histoire il n’hésitait pas. Bob son patron l'avait pourvu d'une chambre noire pour illustrer la vérité qui coulait dans le sang et la poussière des ruelles et notre homme avait vite compris que les photos savent si bien mentir. S’inspirant de ses souvenirs il poussait de pauvres hères à singer la mort.

 

Avec le temps il eu fini par éprouver la véracité du réel en déformant la vérité rendant grotesque certaines personnes, et mettant les Marshall sur la trace des autres. Il avait tant et tellement soulevé la merde que maintenant elle lui retombait dessus. Il comprit alors qu'était venu le temps de partir se trouver une autre ville et d'autres histoires à raconter.

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Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #ébauche

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Publié le 5 Décembre 2016

C’est l’histoire d’un gobelin qui participe à une compétition de dégustation de foie gras et …

… dans son assiette se trouve le treizième foie gras à engloutir. Ils ne sont plus que deux en compétition, le dit gobelin et un vieil elfe aux cheveux blonds et gras retenus par un étrange chignon pour que l'elfe puisse engloutir de larges tranches de foie gras sans avaler ses cheveux. D'ailleurs l'elfe semble montrer des signes de fatigue, de grosses gouttes de sueurs perlent sur son front blanc alors que ses joues maculées de graisses d’oie commencent à donner des teintes rosées avec de légères marbrures violettes. Le gobelin est tout à son aise, il tient le foie à pleine main et laisse de belles marques de crocs à chaque bouchée dévorée ; bref la victoire lui semble acquise.

Dans la taverne la foule s'est amassée et elle commence à être électrisée devant la performance du gob'. Des cris d'encouragements courent vers l’estrade où les deux derniers mangeurs affrontent le treizième foie. Pour une fois que ce ne sont pas des insultes qui montent jusqu'aux oreilles sales du gobelin qu’il se laisse volontiers emporter par l'euphorie. Souhaitant jouir de son moment de gloire il profite d'être perché sur la scène pour toiser la salle du regard et parcourir ainsi la foule qui l'acclame des yeux.

Soudain l'expression joyeuse qui dessinait une curieuse grimace sur la face du gobelin se fige un éphémère instant avant de disparaît derrière une immense gerbe de vomi où la bile de gobelin est mêlée à des morceaux de foie gras mal digéré. La foule exulte et se gausse devant la défaillance pathétique de la petite chose. Un œil avisé aurait pu distinguer dans le fond de l'auberge, derrière la foule médusée, madame gobelin les quatre pattes en l'air sur le comptoir en train de s'envoyer en l'air avec trois jars qui cacardent.

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Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #ébauche, #jeux de rôle, #jdr

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Publié le 29 Novembre 2016

Je me suis remis aux jeux de rôle, comme dans l'ancien temps, au temps de l'adolescence, après une pause de quinze longues années je suis revenu vers cette passion première, la seule pour qui un jour de mon adolescence j'ai verbalisé l'idée que lorsque je serai adulte je pourrais me passer de toutes mes autres passions adolescente mais certainement pas du jeu de rôle. L'ironie du sort à fait que c'est la seule que j'ai délaissé pendant longtemps. Qu'importe, j'y suis revenu, des choses ont évoluées dans ce monde là, d'autres sont restées immuables. Tout ça pour dire que je me suis mis à dessiner des donjons, comme je devais le faire avant. Et c'est pour illustrer la carte que j'ai ébauché que j'ai en retour ébauché quelques lignes d'histoire. Rien d'original, rien d'audacieux, ici il est plutôt question de revenir aux basiques ! Sauf que pour esquisser cela je me suis servi d'un jeu / aide de jeu / livre qui sans surprise s'appelle Dessine-moi un donjon. On lance des dés, on suit les règles, on esquisse des choses et c'est à partir de cette contrainte là que j'ai brodé quelques pistes pouvant servir de rumeur à l'initiation d'un scénario à l'ancienne.

Et comme il est toujours utile d'avoir quelques textes d'avance, j'ai fractionné le texte et voici quelques extraits de la légende qui paraphe mon dessin du donjon de la citée naine de Gudur.

La colonie de nains est arrivée exsangue dans la région, chassée de ses monts lointains non par la guerre, la magie ou la peste mais parce que ses mines étaient vides. Ils avaient asséchés les sous sols de leur montage de toutes ses tripes minérales ; or, gemmes, fer et autres métaux, ils avaient vidangés les intestins de la terre et s’étaient retrouvé sans rien à extraire mais avec une colonie bruyante à nourrir. Dans ces moments là, lorsque la misère frappe, les plus audacieux et les plus désespérés partent. C’est ainsi que certains nains sont arrivés dans la région, usés, lassés, arasés par leurs vies de labeur mais attirés par les rumeurs volages au sujets des pierres tombées du ciel.

En effet dans les temps primordiaux deux énormes pierres sont tombées des étoiles s’écrasant au fond de cratères noirs comme la nuit et lisses comme la surface du lac à l’aube. L’impact avait laissé des fissures profondes qui s’enfonçaient dans les entrailles de la terre et c’est par là que les Nains sont entrés. Ils se sont mis à creuser et parce qu’ils ont comme tous ceux de leur race le don de humer les pierres, ils ont trouvé de l’or. La citée des Gudurs a alors brusquement forgé sa réputation.

Les Gudurs sont des orfèvres de talents, et rapidement une ville est née à la surface, les marchands affluent et les comptoirs commerciaux fleurissent. L’arrivée d’une telle population est une bénédiction pour les fermes alentours qui prospèrent elles aussi allégrement, commerçant autant avec la surface, les marchands, les curieux venus chiné des bijoux d’exceptions qu’avec la citée naine sous la surface qui grandie et qui se régale des mets de la surface. C’est ainsi la région connaît une période faste.

La légende de la citée naine de Gudur

C'est très amusant de dessiner à nouveau des plans identiques ou presque à ce que je pouvais dessiner durant les cours de maths ou de géographie

C'est très amusant de dessiner à nouveau des plans identiques ou presque à ce que je pouvais dessiner durant les cours de maths ou de géographie

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Rédigé par Mémoire de joueur

Publié dans #ébauche, #jdr, #jeux de rôle

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Publié le 21 Novembre 2016

Une Nina deux, dame des égouts, perdue pour la vie des sociétés ? Pas tout à fait, elle est le paradigme merveilleux du parasite qui n’est qu’un danger pour les autres. Et c’est bien connu les autres ce n’est jamais soi. Élémentaire monsieur, élémentaire madame, comme le feu, comme le vent, comme la terre, sûrement comme l’eau aussi, vous le sauriez si vous ne balanciez pas toutes votre eau dans les égouts. La dame y a construit un moulin, une grande roue qui tourne par vous, mécanique bien rôdée qui ronronne dans les profondeurs de la ville. Non, dans les profondeurs sous la ville, comme des borborygmes dans votre abdomen madame. Mais si madame, demoiselle vous aussi, vos ventres si blanc sont des usines à gaz et vos robes outrées sont des quartiers bourgeois qui se partagent la surface de la ville. Mais ne vous y trompez pas mesdames, si la métaphore court sur vos tissus précieux alors c’est que dans vos jupons il y a aussi la plèbe qui loge, les égouts, les eaux usées et le ronronnement du dedans qui gronde comme un tonnerre que vous laissez sortir toujours, j’en ai la certitude. Alors ne vous moquez pas mesdames, la Nina deux n’a rien fait d’autre que d’habiter dans le revers de vos villes de coton et de soie.

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Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #ébauche

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Publié le 20 Novembre 2016

Nina pêche des corps, des cadavres et des restes, organiques et animaux et quand il manque des pièces alors Nina invente, plusieurs personnes ventent ses mérites dans l’art d’improviser, mais ne vous y trompez pas Nina est douée, elle sculpte, forge, modèle, le bois, le métal et la porcelaine quand il s’agit de faire jouer ses doigts sur le fruit maudit de son hobby. Ne vous demandez pas ce que Nina fait, elle construit des marionnettes aux dimensions d’êtres vivants, des animaux, des enfants, des adultes. Et quoi encore ? Ce qu’elle préfère c’est le mélange contrenature comme ils veulent bien l’entendre, mais elle ne s’y trompe pas Nina, ce sont eux qui se trompent, sinon pourquoi viendraient-ils à elle quémander le fruit brunâtre de son talent ?

Quand elle a fini Nina elle met ses œuvres sous cloches, des cloches en métal et en  verre, parfois sont insérées des gemmes qui luisent et brillent comme si elles suivaient le grésillement énigmatique qui remplit l’air sous les cloches. Oui, quand elle a fini Nina conduit ses marionnettes le long des couloirs des égouts qui mènent à sa galerie des cloches. Elles sont là par dizaine les chimères que Nina ouvrage en coutrière du néant, tête de chèvre, corps de femme et de longs membres métalliques qui se termine par de sabots de bois. A coté un visage de porcelaine peinte trône sur un corps de fillette en décomposition relié par des tiges métalliques à des pattes de cochon. La galerie des cloches empeste la chaire morte et la vermine qui grouille mais ça Nina elle s’en moque parce qu’elle sait que la mort n’a qu’un temps.

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Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #ébauche, #jdr

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Publié le 4 Novembre 2016

Le corps donnait dans la silhouette humanoïde, disgracieux et dégingandé. Le lieu du crâne n’était pas une tête, mais plutôt une lampe, un globe lumineux, un orbe biologique qui irradiait d’une lueur blanchâtre. Pareille à une poupée désarticulée la silhouette titubait, des bras ballants se balançant dans la continuité de ses épaules tournées vers le sol. Mais c’était tout qui rappelait ce pantin organique et mécanique vers le sol de la salle. C’était les effets de la gravité alpha. Le câblage chaotique qui traversé le trou dans le sol positionné en guise de sas ou de porte, faisait penser à un intérieur de femme, un utérus mécanique, un vagin métallique irrigué par les tubes non catholiques qui transporter fluides, lumières et énergies comme un cordon ombilicale. Sauf que la poupée cahotante et ondulante errait sans retenu à la matrice originelle ; elle n’avait avec qu’elle qu’une ressemblance de nature. Lorsque le globe organique brille, ne brille pas, brille, irradie et vacille on a la sensation que l’on peut voir l’intérieur de la chose et si les choses possédaient une beauté intérieure cette créature la révèlerai sans pudeur. Aurait-elle alors aussi une conscience ? Une pudeur ? Une existence et un sens à sa vie ? Elle ne recevrait qu’un coup de fusil en guise de réponse.

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Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #SF, #ébauche

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Publié le 28 Octobre 2016

Ou ex

Ou ex

Tasse cassées

Pétoire dans tes mains

Comme une putain

Qui dans sa main

A une tasse cassée

Idiote je dis deux fois idiote

Idiote majuscule

Tes courbes me maculent

Ou ex

J’ai la gorge cassé

Esprit de papier

La voie éraillée

Drôle de cheminée

J’suis de porcelaine

La faïence des chiottes

Pisseuses sans culotte

Dieu ne met pas de capote

Litanie et sodomie

J’entre dans ta tête

J’y rentre par derrière

Et sans main au cul

Pas de préliminaire

Propos liminaire

Idiot et casse-pieds

De la tête aux pieds

Je scrute ma colonne

Elle est vertébrale

Et la boîte crânienne

Elle est dépassée

Je brise ma colonne

Sur un tétraèdre

Une mutilation

Passage à l’action

Tous les engrenages

Ou ex

Tous les engrenages

Ou ex

Les cœurs d’Android

N’arrivent pas à l’heure

Ils ne parviennent pas

Sentiments retards

Comme tous les métros

Qui ne sont pas là

Rames électriques

Pour brasser de l’eau

Électrocution

Sous tes isolants

La laine est mouillée

Comme tes dessous

Culotte mouillée

La sirène coule devant la police

Tous les girophares

Braqués sur ses yeux

Avant qu’elle s’envole

Avec l’huile de crabe

Et son plein panier

Comme le chaperon

Voulant éventrer le ventre du lion

 D’affables africains affrontent les hommes

Devant les toilettes de celui qu’est dieu

On voudra bien boire l’eau de sa cuvette

Et puis on rentra à bord de sa Corvette

J’ignore les mouettes

Et l’art du cynisme

Je ne suis qu’un robot

Et un homonyme

 

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Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #ébauche, #poésie, #Fantasmagorie

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Publié le 27 Octobre 2016

Ava plonge sa main dans son sac. Elle fouille avec une pointe de frénésie jusqu’à ce que sa paume rencontre la surface rigide et froide de son flingue. Rassurée par la présence phallique cachée dans son sac Ava prend une profonde respiration et en hurlant un juron outrancier elle sort son arme et braque le buraliste.

- Putains de grosses merdes ne jouez pas aux cons !

Ava s’est lancée. L’adrénaline coule dans son sang, elle irrigue tout son corps et une partie de son âme. L’irruption radicale de cette arme à feu dans le bureau de tabac à un effet de sidération sur les deux personnes qui sont restées figées et silencieuses.

- Bouge ton gros cul la vieille ! Et toi la fiotte si tu veux pas te prendre une cartouche en plein tête dépêches toi de m’en filer une ! Des Marlboro !

Bien sûr Ava sait très bien qu’un pistolet ne tir pas de cartouche mais des balles. Pourtant elle trouve que sa réplique claque bien. Malgré sa punchline bien envoyée personne ne bouge et Ava sent la colère gronder.

- Putain la vieille tu ne comprends rien !

Du revers de sa main libre Ava frappe la femme âgée en plein visage. Celle ci titube un instant avant de perdre l’équilibre et s’écrouler dans la presse quotidienne. Ava crispe ses doigts sur la crosse de son arme. Elle ne fait qu’un avec le canon du pistolet qu’elle braque. Elle prend conscience de la valeur d’un bras armé. Le buraliste bredouille, il tremble aussi et la jeune fille jubile.

- Je t’ai dis une putain de cartouche de Marlboro merde !

Ava se raidie, elle est arcboutée sur le fil de la réalité prête à basculer d’un côté ou de l’autre. Transi d’effroi et encore sidéré de la situation le buraliste parvient quand même à sortir de sa léthargie comportementale. Il se penche pour saisir la cartouche de cigarette. Au sol la vieille dame sanglote et Ava la trouve bien pathétique. Voyant que le dénouement est proche, d’un geste vif Ava rafle des sucreries sur les présentoirs qui encadrent le comptoir. Elle enfourne des poignées de bonbons et des trucs chocolatés dans son sac. Lorsque l’homme pose la cartouche devant lui Ava tente de la mettre elle aussi dans son sac mais elle dépasse. Ava s’en fout, c’est fini.

Ava et son atavisme

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Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #ébauche

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