Articles avec #ebauche tag

Publié le 25 Mai 2017

Il se trouve dans le pays où vivent les aventuriers une région importante, une ville à teneur de capitale régionale qui prospérait sous la protection d’une créature emblématique de type dragon, géant, ou n’importe quelle figure mythique suffisamment imposante pour imposer la paix. Les aventuriers, qu’ils se connaissent ou pas, se trouvent dans la ville au moment où elle porte le deuil (à priori naturel) de leur créature protectrice. Dans la ville se succèdent célébrations et cérémonies mortuaires qui marquent la fin de ce cycle. Il n’y pas à douter que des aventuriers sauront trouver un intérêt à cette situation.

Mais là où les choses pourraient devenir intéressantes c’est lorsque la rumeur enflent dans la ville et qu’elle prétend que l’âme de la créature protectrice s’est fractionnée et que les fragments se sont incarnés chez différentes personnes présentes en ce moment en vile. Le hasard faisant les choses avec doigté il est probable que nos aventuriers soient tous ou en parti possiblement porteurs d’une parcelle de l’âme du protecteur de la ville.

Que va-t-il se passer ? Une guilde ou une secte plus ou moins bienveillante peut désirer réunir les fragments de l’âme dispersée pour qu’un nouveau protecteur prenne la ville sous son aile membraneuse. Faut-il pour cela passer par un sacrifice ou un exorcisme ? Peut-être qu’une faction politique, officielle ou dissidente, veut  éviter qu’une colossale créature aux valeurs rigoristes ne reviennent faire peser sur la ville un ordre improductif et que l’organisation souhaiterai supprimer les porteurs d’âmes pour éviter qu’un nouveau cycle s’entame. Peut-être encore que cette âme procure des pouvoirs, des dons, des maladies, des symptômes qu’il va falloir trouver comment soigner, apaiser, cacher, contrôler … Nos héros pourraient-ils s’unir et contrôler la ville ? Comment gérer le vent de folie et de panique que la rumeur fait souffler dans les rues ; comment discerner les vrais des faux prophètes quand tous le monde revendique posséder une part de l’âme du protecteur ? Et si cette rumeur venait aux oreilles des royaumes voisins, que feraient-ils en apprenant que la ville n’est plus sous protection mythologique ?  

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Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #ébauche, #jdr, #jeux de rôle

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Publié le 24 Mai 2017

[...] Il a mit du temps à trouver celle-ci. Maintenant que les fées ont accès à tous le conformisme des classes moyennes humanoïdes elles ont déserté les bas-fonds où viennent mourir les faisceaux câblés de fibres en tout genre qui s’enfoncent dans les entrailles de la ville pour s’y nourrir avant de renaître ailleurs. Les fées se sont ruées dans les appartements interstitiels aménagés pour elles dans les espaces vacants des immeubles excitants construits dans les quartiers où la bourgeoisie en quête de décadence érige des architectures grotesques. Loin des lumières précieuses qui habillent les matériaux post-modern les ruelles étroites accumulent la poussière poisseuse de la déveine et la crasse métaphysique qui recouvre la vie lorsqu’un citoyen affronte la misère de son accablement. On comprend sans mal pourquoi à partir du moment où il a été possible de quitter le cloaque où elles sont venues au monde les fées n’ont pas tergiversé ; elles sont parties sans retour et elles ont remontées l’arbre social vers les hauteurs de la citée. Certaines ont même quittées la ville pour s’implémenter dans les territoires d’habitations non urbaines. Evidemment il est hors de question de s’aventurer là-bas pour chasser dans ces zones sous protection légale. Il n’y a plus que dans les espaces équivoques des bas-fonds de la ville que l’on peut espérer trouver une fée sauvage d’éclosion énigmatique pour la capturer tout en échappant à la vindicte de la loi. Mais miser là-dessus c’est miser sur l’improbable. C’est à cause de cela que les chasseurs connaissent la fièvre de l’incertitude. [...]

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Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #SF, #recyclage, #ébauche

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Publié le 23 Mai 2017

Voilà cinq heures qu’il fouille la rue à la recherche de fées comme le chercheur d'or scrute la rivière des promesses. Ses pupilles sont dilatées, la sueur ruissèle sous l’effet de cette fièvre qui bat à ses tempes et son front humide reflète le pastel des néons et le flux bleuté des écrans qui déversent énigmatiquement leurs pollutions optiques sur la crasse impure des ruelles interlopes qu’il arpente au zénith de cette nuit. Une obsession noueuse nervure ses viscères depuis un moment. Elle grandie au fil lent de sa quête discrète qui conduit chacun de ses pas dans le profond de la ville mais il camoufle ce trouble dévorant, celui qui pousse l’homme de la passion à la folie qui ronge les sangs, derrière l’aplomb flegmatique accroché à son visage buriné. Être chasseur de fée ce n'est pas un statut dont on peut se revendiquer actuellement. Simplement parce qu’il est parfaitement interdit de les chasser. C’est ainsi depuis plus de dix ans. Le peuple fée, comme les autres peuples émergeants, s’est battu pour acquérir le statut d’êtres vivants d’obédience humaine, une espèce à valeur citoyenne équivalente aux êtres humains. Alors, lorsque l’on continu de chasser la fée il faut faire profil bas et refouler les prétentions et le prestige que l’on  pouvait en tirer avant ; même lorsque l’on a la chance d’en choper une sauvage. C'est secret, son secret à lui, rien qu’à lui, son petit secret. Il fera bientôt jour, il éprouve une sensation rappelant le bonheur, son cœur palpite comme au premier jour car il vient d’en capturer une. Elle a les cheveux noirs avec des reflets rouge sang, le regard bleu comme la glace. Elle possède de magnifiques ailes noires qui scintillent quand elle se débat. Elle est encore inerte, inconsciente, prise dans les mailles fines de son filet électrifié. Elle est assommée, ses cheveux sont tout emmêlés, mais il la trouve déjà magnifique. [...]

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Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #recyclage, #ébauche

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Publié le 19 Mars 2017

Il fut donné une sépulture décente aux corps calcinés dévorés par le feu et outrager par l’horreur d’indicibles bandits. Dès lors notre petite troupe de voyage était sur le qui vive redoublant de méfiance et de vigilance. Nous ne voulions pas faire chemin  arrière mais nous redoutions que la barbarie des individus ayant commis ces crimes s’abattent sur nous. Nous progression dans un silence épais et la lumière des jours peinait à étreindre nos cœurs d’un peu de chaleur. Declan Harpe faisait œuvre de toutes ces techniques de ruse pour nous guider entre les ombres pesantes des arbres de la forêt et le péril lancinant de la terreur qui nous harcelait lorsque nous fermions les yeux.

Après une nouvelle journée de progression nous arrivions en vue d’une bicoque reculée connue dans la région comme un relais pour des voyeurs éreintés comme nous. L’idée de passer une nuit avec un toit au dessus de la tête me réjouissait d’avance et j’aurai eu tendance à baisser ma garde si notre ami et guide le demi-indien n’avait pas mobilisait notre attention nous exhortant à quelques instants encore de prudence ; des chevaux attachés indiquaient la présence d’autres voyageurs. Nous étions descendu de nos chevaux et progressions à pas prudents sur le sentier tracé par les nombreux les voyageurs qui avant nous étaient venus trouver une nuit de paix ici.

Chacun de nous sentait palpiter con cœur si fort dans sa poitrine que le battement était perceptible jusque dans les paumes de nos mains qui tenaient fermement les crosses de nos armes. Dans le ciel crépusculaire le soleil s’apprêtait à disparaître laissant se répandre dans les cieux la lumière rouge de son sang. Avant que nous ayons le temps d’héler les occupants pour annoncer notre venue la porte volait en éclats et quatre hommes furieux comme des chiens enragés jaillissaient de la baraque en hurlant. Avec une frénésie d’aliénés ils courraient sur nous, certainement ivres de haine et d’alcool, en tirant sur nous une pluie de balles mortelles.

Tout c’est alors passé très vite. Les canons de nos armes crachèrent leurs plombs dans des gerbes de poudre. Dans le chaos de la fusillade les chevaux hennissaient en s’enfuyant. Autour de nous les impacts soulevaient la poussière. L’air devenait irrespirable. La fusillade a duré quelques secondes mais l’intensité outrancière de cette confrontation donnait l’impression que nous traversions une longue guerre. Quelques secondes plus tard, le voile poisseux d’un silence interlope recouvrait pourtant de nouveau le parvis de la bicoque. Nos premiers mots furent pour compagnons afin de voir si nous étions tous en vie. Evidemment nous n’avions pas pu échapper aux morsures violentes des plombs dans nos chairs mais tous nous étions vivant ce qui n’était pas le cas de nos agresseurs.

Nous pourrions croire que c’est la main d’un dieu de miséricorde et de vengeance qui a guidé nos gâchettes pour défendre nos vies, mais je crois plus prosaïquement que si nous nous en sommes sortis c’est parce que nous avions bien plus à perdre que nos assaillants. L’homme qui sait ce qu’il peut perdre sait ce qui le raccroche à la vie et dans les moments où la faucheuse est sur le point de faire basculer le plateau où elle tient votre âme du côté des enfers cela peut vous sauver.

C’était une erreur d’appréciation, tous nos assaillants n’étaient pas morts. L’un deux pourtant blessé à mort à la poitrine continuait de vitupérer contre sa pitoyable fatalité. Nous avons voulu offrir à ce pauvre homme l’opportunité d’une ultime rédemption mais alors que nous cherchions à recueillir sa dernière confession l’homme fulminait toujours. Sur son flanc nous pouvions voir le sang buller depuis la plaie béante qui le déchirait. Au lieu de demander pardon l’homme a revendiqué son sort en avouant que c’était lui et ses frères qui avaient commis l’attaque du prospecteur ainsi que le meurtre et le viol de sa famille.

Si la mort n’avait pas emporté ce rejeton du diable à ce moment précis je suis sûr qu’il aurait continué d’avouer et de revendiquer d’autres barbaries. Je suis convaincu qu’aujourd’hui ces monstres ne manquent à personne. Lorsque fut venu le moment de rassembler les biens, panser nos blessures et reprendre le voyage nous avons découvert les actes de propriétés qui avaient été usurpés au prospecteur. Une famille morte pour quelques feuilles de papier …

Nous avons aussi réalisé que les quatre corps étendant devant nous qui se vidaient de leurs sangs par les trous que les balles avaient laissés dans leurs entrailles n’étaient autre que le gang des frères Jeffret. Sans surprise malheureusement leurs têtes étaient mises à prix. Avant de devenir les bandits odieux qu’ils étaient devenus les frères Jeffret ont connu et commis la guerre. Cette implacable guerre qui avait fait tressaillir tellement de familles dans notre pays, cette irrémédiable guerre qui avait déchiré tellement d’âmes dans notre pays. Si longtemps après, si loin du front, nous payons encore pour les horreurs de cette guerre civile. Combien d’hommes, de soldats, de mercenaires, de jeunes garçons enrôlés, ont été marqués et façonnés par les drames incessants de la guerre et aujourd’hui errent comme des âmes torturées inadaptées à la vie moderne qui nous offre une seconde chance ? Combien de temps allons-nous souffrir des blessures de guerre comme les Jeffret ? Seul l’avenir nous le dira.

Fin.

Ray Nilwood

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Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #ébauche, #jdr, #jeux de rôle, #recyclage, #Deadlands

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Publié le 18 Mars 2017

Cela faisait quelques semaines que je travaillais à un dossier susceptible de déboucher sur un scoop. Mais mon papier piétinait. Je me résolvais à quitter Portland et ses faubourgs où tout avait commencé afin de me rendre à Crimson Bay dans l’idée que la petite bourgade recelait des éléments qui pourraient débloquer mon article.

 Je conseille à tous les hommes désireux de réellement connaître un lieu et sa population de s’y rendre à cheval et non en train. Certes le confort et la modernité du chemin de fer vous permettra d’y arriver plus vite et plus frais. Mais si vous n’entreprenez pas un véritable périple éreintant et difficile qui vous imprégnera de la poussière et de la sueur sous la chaleur étouffante des jours, de l’insécurité des nuits sous les étoiles d’un ciel glacé, ou de l’imperceptible étrangeté de la nature sauvage qui a formé ce décor alors vous passerez à côté de l’objet de votre quête. Si vous souhaitez vraiment entrer dans l’esprit d’une personne rappelez-vous que c’est son environnement qui a façonné son esprit et qu’en vous imprégnant de l’expression sous jacente du paysage vous serez en mesure d’acquérir le meilleur outil de compréhension.

C’est pour cela que je décidais de me rendre à Crimson bay à cheval. J’embauchais un guide, un certain Declan Harpe à moitié indien et à moitié américain. Il acceptait de me conduire jusqu’à Crimson Bay en  passant par les chemins de traverses. Nous nous mîmes en  route accompagnés de deux autres voyeurs préférant comme moi le souffle de la nature à celui charbonneux de la locomotive. Les premiers jours de voyages étaient sereins, Declan Harpe aussi bon guide que trappeur menait le trajet sans heurts.

Arrivés à mi-chemin les sens de notre guide furent  alertés par un sombre présage ; un peu à l’Ouest de notre route une colonne chancelante de fumée grisâtre défigurait le ciel. Il fut décidé de nous dérouter afin  d’identifier la nature de ce mauvais augure. En nous approchant avec prudence nous eûmes l’horreur de découvrir un charriot renversé et le spectacle terrifiant de quatre corps sans vie auxquels quelqu’un avait mit le feu. Le brassier malhabile n’avait pas encore dévoré toutes les chairs et nous pouvions reconnaître les cadavres profanés et en parti calciné d’un homme, de sa femme et de ce que je supposais être leurs deux filles.

Il faut déjà avoir accepté de réveiller le monstre qui sommeil en chacun de nous pour rançonner d’honnêtes gens et jouir sans remords de leurs biens. Mais il faut avoir abandonné tous espoirs en la nature humaine et avoir consommé la chair sanguinolente du monstre errant dans notre âme pour s’adonner au meurtre, au viol et à la torture d’innocentes personnes.

 

à suivre ...

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Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #ébauche, #jdr, #recyclage, #jeux de rôle, #Brainstorming, #Deadlands

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Publié le 3 Mars 2017

Nous revenions avec Scarlett Johansson et Natalie Portman de l'avant-première d’un film où elles jouaient toutes les deux qui était diffusé dans un cinéma de province. Nous rentrions en voiture parce que les filles n’aiment pas dormir à l’hôtel même si notre chambre dans un cinq étoiles était réservée par les producteurs qui poussaient mes deux amies à faire toutes les promos possibles.

Sur la banquette arrière de la grosse berline allemande que je conduisais depuis une heure Natalie Portman fumait des cigarettes. Elle avait rempli le cendrier de la portière droite et commençait à bourrer le cendrier central. Elle paraissait agacée. Assise à la place de la morte Scarlett Johansson avait abaissé le dossier de son siège pour mieux s’avachir dans le cuir souple. Elle n’arrêtait pas de parler pour me raconter comment les journalistes de cinéma français étaient terrifiés par les actrices américaines. Son discours sous-entendait que les actrices françaises n'avaient ni charme ni charisme et que devant la grandeur et la splendeur des actrices américaines les actrices françaises n'étaient que des petites filles pudibondes, de vraies petites pucelles incapables de faires bander les critiques alors que les américaines en mamans guéries possédaient un plus grand sens de l'érotisme qui fait perdre leurs moyens aux hommes et aux journalistes.

Dans le rétroviseur j’observais d'un œil attentif Natalie Portman crapoter ses cigarettes mentholées.  À côté de moi Scarlett Johansson continuais de m'expliquer à quel point il était jubilatoire pour elle d'être une actrice américaine en promotion en France. Pour étayer son discours elle me racontait que plus tôt dans la journée alors qu’elle était avec une journaliste de la presse écrite pour son interview, Scarlett avait lâché un long vent merdique. Au lieu de s’en offusquer et de remettre l'actrice sa place, la journaliste fît comme si elle n'avait rien remarqué et pourtant Scarlett m'assurait que son pet était aussi bruyant qu’odorant. Et je suis bien placé pour savoir que lorsqu’elle pète Scarlett ne fait jamais dans la demi-mesure, à la maison elle ne fait preuve d’aucune retenue.

Natalie Portman qui nous écoutait en fumant s'énervait subitement et rétorquait à Scarlett que si elle pète ainsi devant les journalistes ce n'était pas parce qu'elle était une grande actrice américaine mais simplement parce qu'elle n’était qu’une blonde vulgaire sans éducation. Comme une petite fille intrépide qui vient s'immiscer dans la discussion de ses parents Natalie Portman avançait sa tête entre les deux sièges avant de la voiture et elle soufflait toute la fumée de sa cigarette dans le visage de son amie. Quelques instants plus tard les deux actrices éclataient de rire et Natalie retombait sur la banquette.

Scarlett Johansson & Natalie Portman présentent dans cette ébauche en prélude à la débauche ?
Scarlett Johansson & Natalie Portman présentent dans cette ébauche en prélude à la débauche ?

Scarlett Johansson & Natalie Portman présentent dans cette ébauche en prélude à la débauche ?

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Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #Nouvelles, #ébauche

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Publié le 23 Février 2017

Le soleil, trop calme, se lève enfin. Enfin il sort des nuages et déchire la gangue vaporeuse qui ouvrageait le ciel d’un voile hors saison.

Dans la chambre nuptiale Lénaic se réveille enfin. Elle relève le drap qui la couvrait et laisse le soleil darder son corps nu perlé de sueur. Elle transpire de sa plongée dans le sommeil paradoxal.

Comme une chatte elle s’étire.

Dehors dans le jardin son mari coupe du bois. La scie à bras s’en va et vient arrachant aux bûches ce qu’il faut de sciure pendant que sur le front de son homme la sueur ruisselle.

Combien de temps a-t-elle dormi ?

L’hiver est-il venu les rejoindre ?

Il y a des choses que le ciel ne lui dit pas. Sur la table de nuit les aiguilles du réveil pointent quinze heures et trente-huit minutes mais elles ignorent les jours, les semaines et les ans.

Sa vessie est bien pleine et ses pupilles parfaitement acclimatées à la lueur de cette matinée tardive. Elle sent au fond d’elle que ses viscères transitent tièdement à la bonne température. Elle sera assez vite au rendement idéal de son corps. Derrière son mari les rondins de bois forment déjà une seconde rangée.

Raide à la fenêtre elle tapote de l’index les bûches qu’elle décompte comme sur un boulier imaginaire.

Il dépose la scie et s’essuie le front. Il se tourne vers la fenêtre de la chambre nuptiale. Sa femme est là, bonde, nue comme le jour. Elle tapote la vitre du bout du doigt. Quelques instants plus tard, elle dessine un visage grimaçant dans la buée qui trouble le verre au niveau de sa bouche.

Il est temps de rentrer.

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Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #Forme courte, #ébauche

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Publié le 22 Février 2017

[...]

J’étais la petite fille qui jouait à la marelle

Elles disaient que je n’irai pas au ciel

Menteuses ! Je n’en étais qu’à quatre degrés d’y être.

Mon paradis pour leurs enfers ! Foutaises simiesques !

Je me rappelle de la colère que je minais.

Le chien aboyait.

Les passants ne nous regardaient même pas.

Nous jouions dans la rue avec personne pour soudoyer nos jupes.

Personnes pour regarder nos cheveux.

Nous aurions pu partir en fumer.

D’ailleurs mon amie Sophie apportait quelques fois des cigarettes tirées dans le paquet de sa grand-mère.

Nous avions l’âge des marelles et nous ne cachions même pas pour allumer nos cigarettes.

Nos quintes de toux prenaient des tours de fous rires.

Nos ballerines roses écrasaient ces cigarettes à peine consumées.

Et nous reprenions notre conquête de l’enfer ou du paradis.

Cela dépendait des secrets que nous voulions camoufler.

Le futur c’était trop loin pour nous inquiéter.

Nous n’imaginions pas devenir des femmes, notre présent c’était l’éternité.

Nous n’imaginions pas qu’il fallait croire en dieu non plus.

Nous étions les seules du monde dans cette rue, avec juste un univers de craie.

Et tout à basculé dans l’instant d’après.

Les pneus qui crissent au coin du boulevard.

La taule qui se déforme, la mécanique qui rompt lorsque le mur intervient.

Le corps démembré ensanglanté qui nous regarde d’un air mort.

Une flaque d’urine danse sous la jupe.

Je suis stupéfaite de voir la mort en face.

Elle entre dans nos jeux comme le chien qui marche sans voir la marelle.

[...]

Fiction à une aile

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Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #ébauche, #Fiction

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Publié le 15 Février 2017

Un photographe, un journaliste, un fouille merde, une fouine, un tocard puant sans éthique, un homme de lettres sans honneur ni déontologie. Un ancien bandit, homme de main armée à la gâchette facile qui traînait avec sa horde de province avant de réaliser son goût pour le macabre. C'est dans les bars en racontant ses histoires qu'il a prit le goût du détail sordide et de la mise en scène parce que les femmes aiment les voyons. Lui il aime le gore, les cloaques, les histoires sordides où la nature humaine rampe dans sa fange. Il aime l'aura que ça lui confère de rapporter l'homme à sa médiocrité, lui même est un être médiocre mais pourquoi ne pas révéler que les autres ne valent pas mieux que lui ? Il a commencé à raconter les exploits de sa bande dans les salons où leurs vacarmes invitaient à l'écouter. Ses histoires sont un soir tombées dans l'oreille du directeur d'une feuille de choux sordides qui racole le passant avec des foutaises de foire qui sentent le sang, le foutre et la poudre noire. Ce soir là le bonhomme a proposé à notre homme de lui acheter son histoire, ça lui payerait l'alcool et la pute pour finir la nuit, alors il a dit oui, il a prit sa plume et il a torché un texte. Quelques jours plus tard le même bonhomme est venu le retrouver pour lui proposer un deal, du fric contre ses histoires garanties vécues. Notre homme avait eu la chance de savoir écrire parce ses parents étaient instituteurs grâce à quoi il maniait la plume aussi bien que le colt. Semaine après semaine il vendait son lot d'anecdotes hors-la-loi, s'attachant aux détails misérables des blessures, des morts, et de l'or des bandits qu'il encensait. Dans un monde de fou le peuple voulait aduler les voleurs, les violeurs, les violents et il savait le leur vendre.

 

Bientôt il avait fait sa notoriété de plume plus grande que celle de son colt mais il avait épuisé le filon des anecdotes. Alors il n'a pas hésité à faire jouer ses relations pour se mettre dans le sillage des gros poissons, de bandits plus gros que lui qu’il suivait, il participait et se mouillait dans la magouille en échange de quoi il gagnait une histoire à raconter. Autrement il faisait ce qu'il savait faire de mieux, chercher la merde et la soulever parce qu'il disait que sous la merde des rues il y a toujours un truc inavouable à raconter. Mœurs, meurtres, misères des uns et des autres il savait où chercher pour tirer les ficelles de la trame nauséeuse des villes. Fallait-il parfois donner soi même quelques coups de surins pour créditer son histoire il n’hésitait pas. Bob son patron l'avait pourvu d'une chambre noire pour illustrer la vérité qui coulait dans le sang et la poussière des ruelles et notre homme avait vite compris que les photos savent si bien mentir. S’inspirant de ses souvenirs il poussait de pauvres hères à singer la mort.

 

Avec le temps il eu fini par éprouver la véracité du réel en déformant la vérité rendant grotesque certaines personnes, et mettant les Marshall sur la trace des autres. Il avait tant et tellement soulevé la merde que maintenant elle lui retombait dessus. Il comprit alors qu'était venu le temps de partir se trouver une autre ville et d'autres histoires à raconter.

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Rédigé par Monsieur Ray

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Publié le 5 Décembre 2016

C’est l’histoire d’un gobelin qui participe à une compétition de dégustation de foie gras et …

… dans son assiette se trouve le treizième foie gras à engloutir. Ils ne sont plus que deux en compétition, le dit gobelin et un vieil elfe aux cheveux blonds et gras retenus par un étrange chignon pour que l'elfe puisse engloutir de larges tranches de foie gras sans avaler ses cheveux. D'ailleurs l'elfe semble montrer des signes de fatigue, de grosses gouttes de sueurs perlent sur son front blanc alors que ses joues maculées de graisses d’oie commencent à donner des teintes rosées avec de légères marbrures violettes. Le gobelin est tout à son aise, il tient le foie à pleine main et laisse de belles marques de crocs à chaque bouchée dévorée ; bref la victoire lui semble acquise.

Dans la taverne la foule s'est amassée et elle commence à être électrisée devant la performance du gob'. Des cris d'encouragements courent vers l’estrade où les deux derniers mangeurs affrontent le treizième foie. Pour une fois que ce ne sont pas des insultes qui montent jusqu'aux oreilles sales du gobelin qu’il se laisse volontiers emporter par l'euphorie. Souhaitant jouir de son moment de gloire il profite d'être perché sur la scène pour toiser la salle du regard et parcourir ainsi la foule qui l'acclame des yeux.

Soudain l'expression joyeuse qui dessinait une curieuse grimace sur la face du gobelin se fige un éphémère instant avant de disparaît derrière une immense gerbe de vomi où la bile de gobelin est mêlée à des morceaux de foie gras mal digéré. La foule exulte et se gausse devant la défaillance pathétique de la petite chose. Un œil avisé aurait pu distinguer dans le fond de l'auberge, derrière la foule médusée, madame gobelin les quatre pattes en l'air sur le comptoir en train de s'envoyer en l'air avec trois jars qui cacardent.

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Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #ébauche, #jeux de rôle, #jdr

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