Publié le 30 Juin 2017

Une phrase qui écrit de la poésie.

Un homme qui écrit de la poésie.

Mais qu’écrit le poète ?

Mais qui est la poésie.

Seulement des mots pour dire la poésie.

Poser de la prose avec des mots.

Des mots simples.

Des phrases courtes.

Ceci n’est pas un exercice.

Ceci n’est pas une expérience.

C’est une réduction.

Ramener la poésie au minimum de son syndicat.

Il n’y de noir que l’encre et les pixels.

Il n’y a pas de métal.

Il n’y a pas de drame.

Il n’y a pas d’extrême, seulement des extrémités.

Je ne suis pas un enfer.

Et je ne suis pas les autres.

Je ne suis pas la montre.

Je ne suis pas le temps.

Pas plus que je ne suis Damoclès.

Un parfum de menthe à l’eau.

Un goût de citron pour faire passer celui du temps.

Et un verre d’eau pour dissoudre les protéines.

Poésie et punk qui se tiennent dans une ligne.

Comme une boîte de lignes droites.

Un stock que je ne dérange pas.

Mais je possède une règle ; une en plastique l’autre en fer.

J’ai toujours besoin de savoir que je possède une règle.

Peut-être un réglet parfois.

Ce n’est pas pour l’utiliser, seulement un repère.

Un focus du passé et un rappel à l’ordre.

C’est de la poésie.

Courte et simple.

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Rédigé par Monsieur Ray

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Publié le 29 Juin 2017

Derrière les vitres baissées de sa voiture Jean-Henri-Charles rentrait du supermarché par une route nationale de campagne. Il ne roulait pas trop vite parce qu’il avait eu la présence d’esprit de prendre des sacs de congélations avec des packs de glaces. Ainsi, avec ses surgelés au frais et protégés du soleil dans son coffre, Jean-Henri-Charles pouvait prendre son temps et rêvasser au volant sur la route le ramenant chez lui. Cette route il la connaissait par coeur parce qu’il habitait dans son village depuis plus de vingts longues années. Avant il n’y avait pas de supermarchés dans le coin, c’est certain que ça avait changé le paysage, mais ça avait aussi changé son mode de vie et il s’en satisfaisait.

 

Soudain Jean-Henri-Charles remarquait une étrange silhouette devant lui. Au détour d’un virage il avait rattrapé un homme roulant sur un scooter. Le deux roues avançait à allure constante avec un bruit strident que Jean-Henri-Charles percevait très bien ayant les vitres baissées malgré la climatisation. Jean-Henri-Charles pensait à mettre ses surgelés aux frais pour éviter la rupture de la chaîne du froid, par contre il se moquait de gaspiller la climatisation dans sa voiture. Le scooter roulait donc en émettant un bruit strident pareil à un gros insecte. Mais avant d’identifier le bruit ridicule du véhicule c’était bien la silhouette du conducteur qui l’avait interpellée car le conducteur était très gros. Mais alors vraiment très gros. Jean-Henri-Charles n’était pas particulièrement svelte lui même, mais au regard du pilote de ce scooter c’était incomparable.

 

L’homme avait des cuisses énormes, des mollets gros et gras, un dos gargantuesque, des épaules comme de grosses boules de chaires au dessus desquelles son casque semblait minuscule. Littéralement le conducteur débordait de part et d’autre de sa machine et le bruit strident qu’elle émettait renforçait l’idée que la mécanique devait être poussée à son maximum pour faire avancer le scooter. Et comme s’il fallait rajouter du grotesque à la scène l’homme était en short, un short en tissu synthétique qui moulait ses énormes cuisses et en t-shirt, dans un t-shirt qui semblait imprégné de transpiration.

 

Au bénéfice d’une ligne droite Jean-Henri-Charles doublait l’homme et en se portant à sa hauteur il s’autorisait à le défigurer avec plus d’attention avant de raccéler et de laisser disparaître l’ubuesque silhouette dans son rétroviseur.

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Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #contre écriture

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Publié le 28 Juin 2017

Des mots, dix fois le début.Déjà le soir qui fait son zoo.Un écran déjà brisé.Des mots lents à venir.Imagination immigrée en clandestinité.Tragique de situation.Comédie humaine.La chanteuse du président sous le ciel nuit.Des étoiles d'ours sous les nuages fous.L'ogre de la montre sonne sa montre.La trotteuse électrique s'échappe.Au matin le chat pourra danser.Un petit soda.Un verre avec un parasol.J'irai couper le bambou.Et faire rouler les dés.Mais le hasard ne sera pas aboli.

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Publié le 27 Juin 2017

 

L’usine venait d’exploser, une colonne de fumée âcre déchirait le ciel de Crimson Bay et le galop de nos chevaux nous arrachait de Crimson Bay où résonnait encore le chaos de l’explosion. Dans ce ciel rouge entaché de noir nous nous lancions à la poursuite des chiens du général Wainegrow. Les naseaux fumant de nos montures fendaient l’air. En contre bas du chemin que nous empruntions nous pouvions observer le convoi avec ses hors-la-loi escorter les lourds chariots rendus plus lents par le poids de son chargement dérobé à l’usine. Il nous fallait un plan et implorer des renforts si nous voulions défaire ces bandits sans âme. Alors avec mes compagnons Cullen Boahen, Ben Wayne et Declan Harp nous faisions le choix d’ renvoyer l’un d’entre nous en ville afin prévenir le Marshall pour qu’il convoque les autorités adéquats pour rallier des renforts à notre cause et affronter les hordes sanguinaires du général Wainegrow. C’est Declan Harp, fin connaisseur des routes, des sentiers et des raccourcis, qui quittait notre groupe pour filer comme le vent jusqu’aux rues de Crimson Bay. Sa connaissance des trajets et son audace pour mener des hommes dans la nature sauvage lui a permis de nous rejoindre rapidement. Lorsque son ombre discrète nous a rattrapée il était accompagné d’hommes, et d’une femme, tous volontaires pour sauver Crimson Bay de la menace odieuse qui planait sur elle. Parmi eux l’adjoint Shane Atterton qui sous ses airs de buveur de bourbon cache une gâchette hors pair, mais aussi le vieux prospecteur retraité de l’armée qui ne se déplace jamais sans sa fidèle dynamite ou encore l’audacieuse et séduisante jeune chanteuse Katherine Williams. Nous formions une équipée sauvage à la poursuite d’un convoi volé par des brutes sans honneur. Si nos théories étaient justes alors l’attelage se rendait à Fort Lincoln pour grossir les rangs de cette armée mercenaire. Il nous semblait plus judicieux d’intervenir avant qu’ils rejoignent leurs renforts, nous décidions donc de mener une embuscade. Porté par la fougue de notre courage, par le galop virevoltant de nos chevaux et guidé au travers des territoires indiens par l’instinct de Declan Harp nous faisions le choix d’une route plus risquée afin de prendre de l’avance sur le convoi et pouvoir mener une attaque surprise. Nous choisissions un canyon propice pour organiser notre embuscade. Et alors que nous posions la dynamite et que nos tireurs prenaient position sur la roche chauffée à blanc par le soleil Harp partait seul en éclaireur sur le territoire indien pour convaincre la tribu locale de se rallier à notre cause. Sur l’horizon la poussière levée par le convoi nous intimait l’urgence. La tension montait d’un cran dans le crâne silencieux de chacun d’entre nous …

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Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #ébauche, #jdr

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Publié le 26 Juin 2017

Au pied d’un jour neuf qui finira comme tous avant lui par devenir un vieux jour, un jour du passé, je regarde de l’autre côté de la fenêtre, du miroir, de l’écran, de la page, du temps, de moi, de l’univers et de l’autre côté de dieu et sur cette autre rive j’espère qu’une autre vie a laissée des marques dans la plage d’un sable seul, copaux de pierres et de temps. Je suis coincé au pied de cette page comme un passant, un anonyme, coincé dans un recoin sombre d’un parking par un loubard, un anonyme citadin en haine et en rage. Il me bloque, le dos contre le béton, et la lumière névrosée qui s’échappe des lampes nécrosées rendues aveugles à force de n’éclairer que sous la terre ne laisse pas d’espoir  mes regards alentours. Le naufrage est-il une légende ? En bon dyslexique je confonds se vautrer et faire naufrage, le vautrage et le naufrage ; deux mêmes idées d’un désastre identique qui englouti l’individu dans un flot boueux et guttural.

Je ne suis pas prisonnier dans un parking sous terre, il fait encore jour et les lampes aveugles et nécrosées ne déversent des photons que dans le sang de la métaphore.

Et pourtant je m’envisage dans ce sarcophage post-moderne, le grand gouffre où le piéton camoufle ses voitures pour des sommes folles. J’ai toujours aimé les parkings souterrains, leurs peintures, leurs lumières et cette impression d’être chez soi dans l’uniformité de ces architectures invisibles comme des intestins urbains. Alors pourquoi y envisager un naufrage ? Ce n’est qu’un garage. Et dehors, par le fenêtre ouverte je vois la pluie tomber, doucement et je pourrais jurer que l’herbe reverdie à vue d’œil.

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Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #Je est un Blog

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Publié le 25 Juin 2017

Le choix des rois est un morceau de viande avec une cuisson saignante et une poignée de pomme frites sorties de terres pour finir dans l’assiette puis dans le gosier du roi.

Le choix des rois est un ciel d’étoiles brillantes déserté par la lune, un ciel juste noir et juste infini qui se donne et se retire comme la mer sur le sable.

Le choix des rois est un livre de poème aux pages usées, aux pages cornées, aux pages pliées, pour témoigner qu’un jour une personne a voulu retenir ces quelques vers.

Le choix des rois est un mode de société qui n’est pas la démocratie et qu’écrit son pouvoir dans la beauté linéaire d’une trajectoire unique.

Le choix des rois est une foule qui vibre dans ce qui ressemble à une communion, une réunion émue autour d’un lieu, d’une architecture, d’une poésie, d’un dieu, d’une émotion, d’un sentiment.

Le choix des rois est une phrase qui meurt à la fin  de sa ligne et sur laquelle plus jamais personne ne reviendra chercher le sens d’un temps perdu.

Le choix des rois est une bouffonnerie en deux actes de trois scènes qui fera rire le roi et qui marquera les visages des spectateurs d’un étrange rictus.

Le choix des rois est cet étrange rictus.

Et ce point final.

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Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #Je est un Blog

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Publié le 24 Juin 2017

3201, plus un, articles publiés et 42636 visiteurs uniques depuis le début, plus toi et peut-être toi aussi. Huit années et des millions de chinois. Et moi et moi et moi.

C’est demain que je devais écrire cela. Mais qui sera là pour lire ? Depuis huit ans ce blog existe et qui est là pour lire ? Ma mère, quelques amis, l’œil scrutateur de rare espions et après ?

Pour écrire il y a quelqu’un, c’est moi.

Mais pour lire ?

Huit ans à venir quotidiennement écrire quelque chose. Il y a huit ans j’ai décidé de lancer ce blog pour me forcer à écrire. Et chaque jour je suis venu y écrire quelque chose ; souvent quelque chose d’anodin, parfois quelque chose d’intéressant.  Dix fois et plus encore j’ai imaginé que je pouvais tout arrêter. Et à chaque fois que j’ai pensé à cela j’en suis revenu à la raison et j’ai continué.

Et à chaque anniversaire de ce blog je me conforte à mon choix de continuer en me disant que je me rapproche de la décennie. Une décennie que j’aurai passé sous l’astreinte et la contrainte d’une écriture quotidienne en espérant que cela me conduise à écrire plus ou mieux.

Mais pourquoi ?

Mais comment ?

Et si j’arrêtai tout demain ?

Je serai là demain, et si je suis là demain je serai sûrement là toute une année durant. Et si je suis là toute une année durant, je serai sûrement là pour deux années, 365 jours deux fois pour 730 articles encore. Mais je pourrais arrêter d’être dans la contrainte du quotidien et me sentir livre. Sauf que je ne sais pas si je saurai faire quelque chose de bon  de cette liberté, alors tant qu’à gâcher quelque autant que ce soit la contrainte que la liberté, la sensation est moins amère.

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Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #Je est un Blog

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Publié le 23 Juin 2017

Poésie dans les moments de creux, et la main du crime dans le crâne sans cheveux. Poésie ici aussi et va dormir. Ce n’est pas de la poésie c’est de la légitime défense. Une plume, une prose, le clavier et le sommeil de plomb chargé dans les armes à feu ionique.

Je n’ai pas envie d’en  faire plus ce soir.

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Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #Divagations diverses

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Publié le 22 Juin 2017

Canicule tes chiens, canicule ta mère, canicule vous tous bien profond les températures. Mal aux mains, aux avant-bras, aux bras, aux épaules, aux coudes et à la tête sous les cheveux ; au crâne sous la tête et à l’âme sous le crâne et à l’essence vitale sous l’âme qui sue comme une truie vautrée dans la pataugeoire que serait mon âme, elle-même dans la porcherie que serait on crâne, dans la ferme que serait ma tête, dans l’exploitation que serait ma tête, sous l’emprise de mes cheveux qui seraient les règles des technocrates de Bruxelles qui seraient à leur tour des hommes et des femmes individuels, comme s’il était possible qu’il en soit autrement. Canicule mercure, canicule de plomb, canicule des chiens et canicules des ailes ; le désir trésaillant est d’autant plus sorti qu’il est très saillant et que les gouttes de sueurs qui perlent à sa surface roulent comme des billes malines qui s’échappent du bois pour s’en aller se cacher dans les terriers sous les taillis. Taisons nous messieurs, taisons nous mes dames, nous sommes partis à la chasse dans le soleil de juin et nous ne pourrons rentrer qu’une fois les poches pleines comme des outres des liquides et des liqueurs et de ce quelques fluides divers qui dorment loin de nous.

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Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #Divagations diverses

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Publié le 21 Juin 2017

Les agissements malfamés de la communauté d’Abraham n’étaient malheureusement au premier rang des priorités de la ville. Les marshals et les citoyens n’avaient pas le temps d’instruire plus en profondeur les agissements louche de cette communauté car une menace plus grande planait toujours sur Crimson Bay. Avec ces fils de chiens qui étaient encore en liberté à mener des razzias sanglantes dans les parages, la ville ne pouvait pas retrouver la paix. Alors, les jours suivants le 5 avril, nous pansions les plaies de nos blessés pendant que les esprits les plus vaillants enquêtaient sur les plans de ces ignobles truands. Les informations que nous récoltions nous ramenaient toutes vers le général Wainegrow, l’infâme personnage qui mena les armées sudistes d’une main froide et sanglante vers le tristement célèbre massacre de fort Lincoln. Toutes les preuves laissaient supposer que ce vil général était en train de mettre sur pieds une armée de mercenaires afin de mener d’autres exactions plus terrible encore. Nous supposions que l’abject personnage se terrait dans la colline ensanglantée de l’homme de la liberté. Il nous fallait agir rapidement. Mais avant de passer à l’action il nous fallait confirmer nos soupçons. C’est mandaté par le Marshall que nous nous apprêtions à partir vers fort Lincoln lorsque l’usine de munition de Crimson Bay a été lâchement attaquée. En prélude de cette attaque une explosion gigantesque ébranlait chaque habitant de cette ville dans ses chairs, s’en suivit avec horreur l’attaque des stocks par les chiens du général Wainegrow qui s’enfuyaient ensuite avec des chariots chargés de munitions. N’écoutant que notre courage nous sautions sur nos chevaux pour suivre ces bâtards convaincus qu’ils nous mèneraient jusqu’à leur chef. 

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Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #ébauche

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