Publié le 31 Octobre 2015

Un retard. En retard d'un retard, une bonne douche et au lit.

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Publié dans #retard

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Publié le 30 Octobre 2015

Qu’est ce qu’il vaut ? La question, il se la pose réellement, pas souvent mais toujours sincèrement. Et cette question est pour lui un couperet d’autant plus vrai qu'une angoisse existentielle lui barre l'horizon quand il se penche sur la possibilité d’y trouver une réponse. Ne supportant pas le face à face honnête et digne d’avec cette question de sa valeur il cherchait des échappatoires qui conduisaient son ersatz de conscience à se demander si un erratum était encore possible ou s’il était investi définitivement dans une im-posture? Pourrait-il alors en rentrant à la capitale publier cet ultime ouvrage qui dirait pour lui : j'ai fais l’erreur d’écrire et mon écriture est sans intérêt. Je vais dorénavant verser dans autre chose que la littérature. Bien sûr qu’il lui faudrait après cela présenter des excuses crédibles à ses lecteurs, aux filles qu’il a pu baiser grâce à la prétention de l'auteur dans mon slip, des excuses à sa mère, à ses voisins et aux commerçant qui ont eu fait mine de croire que sa posture était plausible quand il évoquais au détour d'une conversation qu’il était écrivain. Des excuses encore il devrait en donner aux prostituées avec qui il n'avait pas eu le courage d'être honnête alors qu’il les payait pour fourrer leurs offices de ses grosseurs moins subtiles que ses mensonges abusant sans remords de leurs taux de pénétration. Et pour finir, il devrait clôturer son erratum en s'excusant pour les auteurs de talents sur lesquels il avait marché en ayant l'intuition, à défaut de conscience, qu'ils étaient plus talentueux que lui, et plus méritant même s’il méprisait ouvertement leurs livres publiés, leurs proses autoproduites parce qu'elles sentaient la triche. C’était beaucoup d’excuses à rédiger,  de flagellations à endosser. Il était en vacances, se farder cette rédemption l’excitait aussi peu que de remplir sa déclaration d’impôt et devant ce constat réaliste il recommande une bière et continu son manuscrit.

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Publié dans #Diarrhée dollar, #écrire, #autofiction

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Publié le 29 Octobre 2015

[…] quelques pas dans le drame d'une vie ordinaire avec pour décor de vieilles pierres en rut qui ruinent toute la typicité de l’endroit. C’est local lui a-t-on dit, comme s’il pouvait douter qu’un lieu puisse être autrement que local. Cette l'histoire d'un écrivain en quête d'une écriture il détesterait l’écrire, lui il est de nature prolixe, il écrit pour le corps de ses fantasmes et il est homme à ne jamais manquer de fantasmer. La quête d’une écriture c’est sa façon d’habiller son temps de vacances et de se coller une figure d’un style sur le front. Il n'habite pas là, comme tous les écrivains il est de passage au pied des fontaines alcooliques sous les piliers d’un bar. Le seul bistrot qu’il a trouvé est du genre typique, il est rempli de gars d'ici qui ne sont pas prompts à lui laisser avoir de l'inspiration. Ici, là bas, là haut, dites le comme vous le souhaitez, là où il est, il n'y a pas de putains dans les bars et les alcools qui s’écoulent dans les gosiers puis dans la veine de la déveine le font sans anormalité alias sans les mouvements épiques d’un lyrisme inspirationnel. Il hume le fond de l’air. Instinctivement il bloque sa respiration pour mieux garder ce fluide en lui. Le regard demi ouvert il fait tourner l’air dans ses poumons à la manière des vieux chercheurs d’or et il débusque dans les vapeurs éparasses comme une odeur de déroute qui rend les femmes faciles et les auteurs inspirés. Depuis qu'il écume les tables bancales des lieux de boissons qui peuplent les villes de la plaine il a le sentiment d'avoir fait le tour de sa prose, de sa plume ; son écriture ne vaut guère plus qu'un lieu commun, qu'une pissotière anonyme où l'on passe se vider sans impressions. Il a fini par être las de cela, lassé de lui et de son petit jeu geignard. Il a donc prit le temps de louer une barque en pierre de montagne sur les rives d’un village reculé pour se mettre en croisière inconnue et comme tous les écrivains avant lui il était monté au dessus de la plaine, espérant s'extraire de la plèbe pour se confronter à la dure réalité de sa propre valeur. […]

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Publié dans #Diarrhée dollar, #ébauche

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Publié le 28 Octobre 2015

Un jour on se lance le défi d'écrire un article par jour pour son blog. Et mille soirs on sèche, une putain de panne d'érection littéraire. Un médiocre par jour pendant plus de six ans et encore aujourd'hui des soirs je panne blanche comme un des multiples écrans qui me dissolvent ; quelle douce vanité.

Je ne suis même pas un artiste dégénéré, pas plus que je ne suis un écrivain dégénéré. Je suis juste un dégénéré parce que je ne génère plus rien - dès-génération -. Sincèrement, y a t il plus moche qu'un écrivain qui maudit sa médiocrité ? Non.

On peut seulement sauver de lui son honnêteté, pas même de la lucidité. Pour le reste baignoire d'acide. Mais je n'ai qu'une douche, ça sera le gaz. C'est facile de cultiver en soi la matière merde, faire grandir le pervers et appâter ses démons. C'est notre facilité à devenir médiocre, la manière qu'on les marginaux de se formater les uns les autres. On ne délivre rien. Je ne délivre rien, je ne livre rien non plus.

Je vais aller devant le miroir de la salle de bain et je vais chercher sous ma peau. Au moins le pue sera réaliste, et le reste de ce que je trouverai ça sera bien moi. Ni page, ni rien. Juste de la chaire.

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Publié dans #Divagations diverses, #Je est un Blog

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Publié le 27 Octobre 2015

[...] Chaque matin révélait un peu plus de désespoir dans ses veines, comme si la nuit ne s’était pas tout à fait levée mais qu'elle s’était glissée sous sa peau pour disparaître aux yeux des autres. C’était ça son drame et il le portait comme un mutant assume son pouvoir, le pouvoir d’avaler la nuit, les millions d’insectes nécrophages, les noctambules et tous les gens ivres, les désespérés et la culpabilité des couples adultères. Mutant contre héroïque sans masque, sans costume, il se levait sans slip, errait nu jusqu’à ce que l’hiver laisse son appartement trop froid. Ni de ça vie, ni de sa marque il pouvait prétendre les avoir choisi comme il ne choisissait de s’endormir ou de subir ses insomnies. La passivité c’était installée insidieusement, le poussant chaque jour un peu plus profond dans son siège de spectateur de sa propre vie. Il n’avait même pas choisi sa place et n’avait pas pu se rincer l’espoir dans le décolleté d’une hypothétique ouvreuse ; spectateur d’un écran noir dans une salle où la vie mettait au rebus les reliquats de la nuit. Et pourtant il s’était fait non sans raison, une vocation de transcender ce marasme. Do it yourself qu’ils disaient dans l’air du temps, c’est ce qu’il allait faire. Construire sa propre bombe faite des briques et des débris qui échouaient jusqu’à lui. [...]

Une table de poker

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Publié dans #autofiction, #Divagations diverses

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Publié le 26 Octobre 2015

[…] Je regarde ces filles, celles de ma pornographie imaginaire, et j’attend qu’elles sortent mon âme de son puits sans fond. Je plonge mes yeux dans l’impudeur de cette pisseuse avec l’espoir que le désir, la pulsion qui surgit du fond de mes âges et qui remonte vers la surface m’emporte avec elle vers un au-dessus de moi où ce trouve peut-être encore une parcelle de moi. […]

[…] J’attends d’une impudique comme elle qu’elle m’attire vers le vivant, la chair et le présent. Oui, c’est idiot de supposer qu’un fantasme puisse tirer un homme dans le présent, mais c’est bien cela, j’espère que cette part de mon âme sensible aux charmes nubiles des jeunes femmes prenne le dessus et agisse en moi. Une manière de se sentir vivant. […]

[…] et de ce face à face avec cette jeune fille à peine en âge de montrer ses gros seins provoque en moi un peu plus qu’un érection. Elle convoque à ma surface la sensation de vivre, et peut-être la transgression. Parce qu’à ce dire qu’elle ressemble à cette adolescente tellement désirée qui aurai pu être là, nue sur mon sexe, réveil l’espoir. Que demande t on d’autre que l’espoir aux jolies dames de nos fantasmes les plus impures ? […]

[…] la sensation que ma vie entière tient dans un gif animé. Il y en ces images répétitive une chose archaïque, l’infini et l’arrivée en gare du train de la Ciotat et surtout le mythe de Sisyphe de la masturbation, une boucle qui excitant trop fort mais trop peu pour jouir ; devant un gif porno je suis Sisyphe et ma queue et la pierre que je pousse sans cesse sur la colline de ma vie […]

Aux anges etc.

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Publié dans #écrire, #ébauche, #autofiction

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Publié le 25 Octobre 2015

Il s’adossait souvent à un immeuble. Seul, le soir, et parfois c’est à une falaise qu’il s’adossait, toujours seul, toujours le soir, toujours pour regarder et parfois pour y écrire. Il avait besoin de se sentir acculé. En tout cas il s’était convaincu de cela pour supporter le fait de l’être. Alors s’assoir au pied du mur ça sonnait bien. C’était sa façon de donner du corps à son idée. Écrire parfois, s’assoir le reste du temps. Et entre deux, entre ces deux extrémités hésiter, résider assit adossé à une falaise. Dans une autre vie il aurait pu être chanteur ou peintre en bâtiment. Il n’était ni l’un ni l’autre et le temps courait à son poignet.

Les lignes rouges

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Publié dans #Divagations diverses

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Publié le 24 Octobre 2015

Il y a des choses insupportables. Et d’autres qui sont insupportables. Il n’y a pas de différences entre ces deux choses et pourtant elles sont fondamentalement identiques et donc différentes. On refait toujours la même chose, les soirs, les jours, toujours la même chose et à chaque fois les choses sont différentes, geste identique chose différente. Et il en va de même avec les choses insupportables, choses insupportables et d’autres choses insupportables et pourtant parfaitement distinctes et si l’on sait que les deux existent c’est que l’on tolère ouvertement et facilement certaines alors que les autres nous sont tellement insupportable que l’on ne peut même pas tolérer de reconnaître qu’elles le sont, des choses qui sont tellement au dessus de notre seuil de supportabilité que l’on préfère les nier de notre existence. Insupportable horloge au tableau des minutes.

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Publié dans #Divagations diverses

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Publié le 23 Octobre 2015

J'échafaude des empires pour mieux m'y détruire, couper mes racines. Mes empires sont des tombeaux d'aciers et de verres fondés sur le bitume imperméable qui enrobe la dentelle du monde, immonde. Toutes les nuits passé le zénith je referme ses portes et je laisse l’électricité couler. Je m’enfonce sous les ersatz.

Un sauvage qui dormait sous la peau

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Publié le 22 Octobre 2015

Ils ont commencé. Les vampires. Ils dévisagent mon paysage. Les vampires. Ils sucent et déstockent les arbres puis les vignes. Ils ont tiré sur les fils de fer, retiré les piquets, bientôt leurs machines ont soulevé le sol pour le vider de son essence. Les vampires. Et demain que feront-ils ? Où s’arrêtront-ils ces fous et ces folles avec leurs enfants, leurs tronçonneuses et leurs pelleteuses ? Ce sont des Picasso en matière première, destructeurs, constructeurs, des vampires je vous dit. Oui je le dis, c’est ma prière païenne pour conjurer le mauvais sort qui s’affale sur mon sol. Je ne vais pas construire de remparts avec des pieux pour repousser les mécréants, mais je vais laisser pousser la terre, grandir le sol, riche de rien je vais pisser dehors lui insuffler mes engrains. Ils seront là demain. Les vampires. J’étais là avant eux, je serai là aussi après eux, j’ai l’œil de dieu qui décolle, surplomb la parcelle bornée de jaune, dépasse leurs cieux pour surveiller et voir au-delà. Les vampires n’ont pas d’images, j’ai planté des miroirs sur l’écorce des arbres pour battre en brèche l’imminente invasion.  Seul comme la pierre, soluble comme le sable, je guette le ciel avant qu’ils ne le bouchent. Les vampires.

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Publié dans #Je est un Blog, #vampire

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