Publié le 30 Avril 2017

En ce temps là récolter les e-mails sur les tchats c'est facilement parce qu'ils étaient toujours affichés. J'essayais de repérer des personnes qui pouvaient m'intéresser, sexuellement ou intellectuellement, et j'ajoutais leur mail à mon carnet d'adresse. Je ne me souviens pas au départ de combien d'adresse je disposais lorsque j'ai fais mon premier envoie groupé sur ma propre liste, mais cette fois j'ai eu des réactions. J'avais peut-être entre 20 et 50 mails qui n'avaient pas demandé à se trouver dans ma liste et sur cette quantité j'ai eu une majorité de non réponses, puis des messages de personnes qui se demandaient ce qu'elles faisaient dans ma liste et qui me demandaient gentiment de les retirer, puis bien sûr des insultes qui me demandaient de retirer leurs mails et enfin des réactions positives. Mais qu'importe le type de réaction, j'étais en joie dès que je recevais une réponse. Je répondais à toutes les réactions, j'affinais ma liste en supprimant les gens trop chiants et en ajoutant de nouvelles adresses, et évidemment je commençais une réponse plus personnelle aux personnes qui réagissaient positivement. Ces échanges sont devenus pour quelques uns de véritables correspondances qui ont durées des mois ou des années. Pour l'anecdote qui souligne que je n'étais pas encore bien habitué aux usages du virtuel, c'est que tous les mails de réponse que je recevais je les imprimais pour les conserver dans le classeur où je conservais mes lettres manuscrites.

Mais même si je développais des correspondances intimes et personnelles avec certaines personnes ça ne m'empêchait pas de continuer les envois groupés de littérature non sollicité. C'était tellement excitant. Et c'était tellement facile d'ajouter de nouvelles personnes et potentiellement un nouveau lectorat. Je crois que la première fois qu'AOL a bloqué mon compte c'est parce que j'envoyais ma littérature non sollicitée à plus de 900 personnes. Mon carnet d'adresse avait grossi et le fournisseur d'accès considérait que je faisais du spam. Alors que ça ne pouvait pas être le cas puisque je ne savais pas ce qu'était le spam. Après négociation téléphonique, et promesse de réduire, je retrouvais ma connexion et plein de bon sens je scindais mon carnet d'adresse en deux, puis en quatre, puis en huit, histoire d'avoir des envois plus discrets.

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Rédigé par Monsieur Ray

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Publié le 29 Avril 2017

Lorsque j’ai connu internet j’ai rapidement appliqué mon goût pour la littérature non sollicitée à ce nouvel outil qu’était internet et cette période, même si elle perdure encore aujourd'hui, a débuté pour moi il y a plus de 15 ans. Je parle de littérature non sollicitée pour parler de ces textes que j'écrivais et que j'envoyais par la Poste à mes camarades de lycée (avec qui je rappelle que je n'étais pas camarade), à mes camarades que fac (avec qui j'étais camarade) ou à mes voisins. J'ai appris le goût de l'écriture en ressentant le besoin d'être lu et de provoquer des réactions. Et lorsque l'on écrit sur une feuille de papier que l'on envoie anonymement à des gens dont on n'est pas forcément proche, le taux de réaction est assez faible.

Ceci étant redit revenons à mes moutons qui est seul et ce mouton c'est moi. Donc revenons à moi. L'ordinateur, l'outil qui m'avait poussé à passer à l'écriture, était intervenu dans ma vie par hasard. Mais quelques années plus tard, j'ai désiré avoir internet. C'était encore un truc pas vraiment connu, pas encore bien répandu, on payait nos connexions à la durée et lorsque l'on était en ligne ça coupait la ligne de téléphone. Bref, c'était un peu archaïque et même si j'avais voulu internet je ne savais pas trop ce que je pouvais en faire. Assez instinctivement je retrouvé sur les sites de tchat pour discuter avec des inconnues, essayer de draguer des filles virtuellement, et forcément aussi trouver du porno et de la musique téléchargée. Je vous rappelle que nous n'avions pas encore le haut débit donc nous étions patients, patients, patients. Je ne convoque pas le porno et la musique piratée juste pour faire de la déco un peu sale et prouver que j'ai toujours été un cochon doublé d'un pervers et d’un voleur, mais c'est que fréquenter ces salons m'a permit de découvrir les listes de diffusions. Si tu rencontrais les bonnes personnes en ligne tu pouvais donner ton e-mail qui se retrouvait dans une liste de diffusion qui faisait des envois réguliers et groupés de porno ou de musique.

En voyant cela j'ai rapidement vu le potentiel que ça offrait à mon principe de littérature non sollicité. Si j'accumulais assez d'adresses je pourrais faire des envois groupés de mes textes. Et c'est ce que j'ai vite commencé à faire. Vu que nous étions dans des listes de diffusions un peu interlopes je me suis permis de faire répondre à tous et d'envoyer un texte. Je ne sais plus du tout la nature du texte, toujours un truc exalté, révolutionnaire, colérique, vaguement poétique et moyennement drôle. C'était une bouteille à la mer, un truc qui n'espérait rien. C'était plutôt un teste et je crois que mon adresse a été presque tout de suite supprimée de la liste de diffusion parce que les gens qui s'y trouvaient s'en moquer de lire un pavé, ils voulaient voir des seins et des chattes. Faut dire que je ne connaissais rien des usages du net, j'expérimentais de manière empirique, j'improvisais et j'ai compris que je devais me faire ma propre base de donnée d'adresse.

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Rédigé par Monsieur Ray

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Publié le 28 Avril 2017

 

J'ai pratiqué ce jeu une année durant, seul, au lycée, dans une classe dans laquelle je n'avais aucune estime pour mes camarades. L'année suivant j'étais à la fac, et j'ai eu l'opportunité de rejouer ce jeu. J’'ai tenu là aussi une année totale, mais c'était légèrement différent parce que j'avais rencontré des personnes que j'appréciais. Et dans mes journaux anonymes, en plus d'exprimer les idéaux je découvrais aussi le sens d'un jeu de séduction littéraire. Tout était pareil à la fac mais tout était différent, d'une part il y a avait des filles qui me plaisaient et pour lesquelles j'apprenais à éprouver du plaisir en provoquant chez elles des émotions. Et puis j'avais ma voiture, il m'arrivait parfois de finir les cours à 20 heures, prendre ma voiture, rouler une heure pour rentrer chez mes parents, écrire un numéro de mon journal anonymes, en imprimer quelques exemplaire, reprendre la voiture, retourner dans la ville où j'étais à la fac, faire un détour pour poster mes exemplaires dans des bureaux de postes différentes pour brouiller les pistes et enfin retrouver ma chambre de citée universitaire. J'étais passionné, j'étais excessif mais j'étais solitaire.

Quoi qu'il en soit cette pratique de l'écriture anonyme et de l'envoie à des lecteurs potentiels c'est ce qui m'a amené à l'écrire. Et vu que ce chapitre de ma vie est déjà trop long, je réserve à un futur chapitre comment j'ai appliqué cette expérience dans l'internet de mes débuts. C’est avec la fin de la première année de fac, une année durant laquelle j’ai été plus assidue à mes écritures qu’aux courts que se termine mon expérience de correspondance anonymes et littéraires. Peut-être que ça c’est terminé à ce moment aussi parce qu’internet arrivait …

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Rédigé par Monsieur Ray

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Publié le 28 Avril 2017

 

J'ai pratiqué ce jeu une année durant, seul, au lycée, dans une classe dans laquelle je n'avais aucune estime pour mes camarades. L'année suivant j'étais à la fac, et j'ai eu l'opportunité de rejouer ce jeu. J’'ai tenu là aussi une année totale, mais c'était légèrement différent parce que j'avais rencontré des personnes que j'appréciais. Et dans mes journaux anonymes, en plus d'exprimer les idéaux je découvrais aussi le sens d'un jeu de séduction littéraire. Tout était pareil à la fac mais tout était différent, d'une part il y a avait des filles qui me plaisaient et pour lesquelles j'apprenais à éprouver du plaisir en provoquant chez elles des émotions. Et puis j'avais ma voiture, il m'arrivait parfois de finir les cours à 20 heures, prendre ma voiture, rouler une heure pour rentrer chez mes parents, écrire un numéro de mon journal anonymes, en imprimer quelques exemplaire, reprendre la voiture, retourner dans la ville où j'étais à la fac, faire un détour pour poster mes exemplaires dans des bureaux de postes différentes pour brouiller les pistes et enfin retrouver ma chambre de citée universitaire. J'étais passionné, j'étais excessif mais j'étais solitaire.

Quoi qu'il en soit cette pratique de l'écriture anonyme et de l'envoie à des lecteurs potentiels c'est ce qui m'a amené à l'écrire. Et vu que ce chapitre de ma vie est déjà trop long, je réserve à un futur chapitre comment j'ai appliqué cette expérience dans l'internet de mes débuts. C’est avec la fin de la première année de fac, une année durant laquelle j’ai été plus assidue à mes écritures qu’aux courts que se termine mon expérience de correspondance anonymes et littéraires. Peut-être que ça c’est terminé à ce moment aussi parce qu’internet arrivait …

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Rédigé par Monsieur Ray

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Publié le 27 Avril 2017

Pour la première fois de ma vie, je peux observer de près la réaction des lecteurs exposés à ma prose. C'est terriblement excitant. D'autant plus qu'ils essaient de trouver qui peut être l’auteur et que pour cela ils « décortiquent » ma prose en quête d'indices. Évidemment je me suis empressé une fois chez moi d'écrire un nouveau numéro « sur mesure », jouant des fausses pistes et des moqueries. On pourrait m'accuser peut-être aujourd'hui de jubiler d'une posture de harcèlement, sauf que je ne crois pas que c'était le cas, j'écrivais le même numéro que j'envoyais à la moitié de la classe et même si j'y exprimais des jugements de valeurs sur la culture communément partagé par ceux que je visais, je ne portais aucune attaque personnelle. Et puis c'était une lettre postale par semaine ...

Durant toute cette année de terminale j'ai jubilé de voir les remous que provoquaient mes journaux dans l'écosystème de la classe. Lorsque les élèves rapportaient mes feuilles en cours pour les analyser, ces feuilles sorties de mon imprimante et de ma chambre j'étais fasciné. J'étais aussi fasciné par le fait que jamais personne ne m'ai soupçonné, il y a même plusieurs élèves qui après m'avoir parlé en cherchant l’auteur ont fini par me dire quelque chose du genre « mais je perds mon temps de toute façon ça peu pas être toi ». J'avais du pouvoir sur eux, mon pouvoir c'était de manier les mots pour agiter leurs idées et créer du mystère, des tensions, orienter leurs attentions. Je crois qu’une part de mon goût pour l'écriture est venue de cette expérience littéraire.

J'aimais et j'aime toujours assister à l'effet des mots sur les autres. Durant cette année scolaire, j'ai gagné mon goût de l'écriture, mon goût des idées, mon goût aussi des réactions. Finalement, là encore on peut dire que si j'avais eu Facebook j'aurai été en quête de notifications et de commentaires.

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Rédigé par Monsieur Ray

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Publié le 25 Avril 2017

Le soir, impatient et excité je me mets au clavier et je rédige un morceau de bravoure dans ma prose maladroite et adolescente exaltée. Mes années de lycée ne sont pas de bonnes années, j'ai donc de la rancœur, du mépris et de un esprit de revanche qui nourrit mon écriture mais je m'abandonne à ma plume en prenant bien soin de ne rien laisser deviner de mon identité. J’avais besoin de l’anonymat pour envisager d’écrire et l’auteur que j’étais, auteur de lui-même, faisait son possible pour resté caché derrière son œuvre et son personnage. Après avoir rédigé ce numéro 1 d’un mon journal à visé scolaire je mets au point un stratagème pour envoyer les lettres à ma grand-mère pour qu'elle puisse les poster à son tour d'une ville qui n’est pas la mienne histoire de brouiller les pistes. Et j'attends. J'attends une réaction de mes camarades de classe qui ne sont toujours pas mes camarades.

Rien.

Pas un mot pour évoquer ma lettre. Je suis déçu, frustré, mais j'ai l'habitude, j'ai aussi l'habitude d'être persévérant, j'écris donc un nouvel épisode de mon journal que j'expédie comme le premier. Et j'attends.

Et rien.

Et je recommence une troisième fois ; d'une part parce que je suis têtu, d'autre part parce qu'écrire à un lectorat que je connais me stimule et m'excite beaucoup et puis je ne perds pas espoir d'avoir une réaction. Et au bout de la troisième semaine, enfin un élève évoque les lettres bizarres qu'il reçoit. Du coup, à partir du moment où il évoque la chose, tous ceux qui ont reçu ma prose se mettent à en parler, les langues se délient et c'est comme si un barrage venait de se briser et que toute l'eau contenue se déverser dans un joyeux torrent.

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Rédigé par Monsieur Ray

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Publié le 25 Avril 2017

J'ai pratiqué cette pratique solitaire durant quelques mois, c'était une forme de masturbation littéraire, réjouissante mais forcément un peu frustrante. Pourtant j'étais devenu accro au fait de m'exprimer et donc d'écrire. Je n'écrivais pas parce que j'aimais écrire, mais j'écrivais parce que j'aimais exprimer mes idées. Et même si le geste de poster au hasard ces textes dans le village a tout du geste idiot, vain et désespéré j'avais besoin de me dire que j'étais lu. J’ai besoin pour ressentir la plénitude de mon outil d’expression de pouvoir penser que mes mots, quelque part, étaient reçus, lus, perçus et qu’ils pouvaient potentiellement provoquer une réaction. Au travers de cette idée c’était ma façon d’envisager d’exister par la procuration littéraire.

Arrive la classe de terminale, le début d'année scolaire et je vous rappelle encore qu'à cette époque internet était un concept marginal mal distribué dans nos vies. Donc la prof de math lors du premier cours fait passer une feuille où elle demande à chacun d'inscrire son nom et son adresse postale sur la feuille afin de pouvoir nous contacter. Moi je suis le garçon solitaire, seul à son bureau au fond de la classe. Lorsque la feuille arrive à moi j'ai donc le nom de tous mes camarades de classe qui ne sont pas mes camarades parce que je ne les aime pas et leurs adresses. Et à ce moment là j'ai une révélation, je vais noter leurs adresses et leur envoyer mon journal anonymement. Personne ne prête attention à moi et je copie la feuille en toute tranquillité.

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Rédigé par Monsieur Ray

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Publié le 24 Avril 2017

J'avais soudain trouvé comment je pouvais m'exprimer. J'étais toujours ce garçon adolescent timide et paniqué à l'idée d'adresser la parole à des inconnus, terrifié à l'idée de parler en public, inquiet de devoir parler à des amis ; j'avais le sens expression comme source d’angoisse et de névrose. Mais si je n'arrivais pas à m'exprimer ça ne voulait pas dire que je n'en avais pas envie. Avec l'ordinateur comme outil, l'imprimante et la distance que permet de poster le papier j'avais soudain un moyen d'expression. Alors tout seul, j'ai continué à écrire ce « journal ». J'exprimais dans ses lignes mes révoltes et mes envies de révolutions adolescentes, mes idéaux politiques et mes idéaux de société et lorsqu'il s'agissait d'être plus « intime » et de parler de moi, de mes désirs, mes pulsions, mes sentiments, je le faisais en essayant de couvrir le tout d'humour ou d'esprit histoire de mettre de la distance. J’apprenais ce premier réflexe de camoufler l’impudeur derrière le rideau de fumée du style. Bien sûr qui ne garantissait que j’aie réellement un style, mais je faisais l’effort conscient de rédiger des écrans de fumée tout en rédigeant mes pensées sincère. Et ce papier je le postais toujours au hasard des boites aux lettres en espérant un jour avoir l'occasion d'apprendre l’existence d’une réaction.

Ce geste d'écriture envoyé au hasard, c'était en quelque sorte et avant l'heure comme si je publiais un statut sur mon mur Facebook, même si à cette époque Facebook n'existait pas et si j'avais bel et bien envie de poster des choses sur les murs, c'était plutôt dans l'idée de faire comme les pamphlétaires des siècles précédant.

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Rédigé par Monsieur Ray

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Publié le 23 Avril 2017

Un jour, mon père revient à la maison avec un ordinateur, un PC de bureau qu'il me donne. Je me retrouve alors avec une grosse machine qui prend toute la place sur mon bureau et dont je ne sais pas vraiment quoi faire. Quelques mois plus tard, c'est l'été et avec mes amis nous nous ennuyons. Je ne sais pas d'où ni de qui est venue l'idée mais nous nous décidons dans l’après-midi de nous retrouver autour de l'ordinateur décider à écrire un « journal ». Nous sommes cinq ou six et nous passons toute la journée pour rédiger une feuille A4 recto verso dans laquelle chacun s'est vu alloué un paragraphe pour donner libre expression à ses idées. Nous essayons d'être drôles, nous parlons des voisins et des gens du village, d'être gentiment engagés parce que nous sommes ados et que nous avons des idéaux. Le soir venu nous imprimons une quinzaine d'exemplaires de ce bout de papier que nous appelons journal et nous attendons trois heures du matin pour courageusement aller poster la page de notre forfait littéraire dans les boîtes aux lettres alentours.

Quelques jours plus tard, nous remettons ça, mais cette fois nous ne sommes plus que trois amis à jouer aux journaleux. Cette fois ci la feuille A4 recto verso est mise en page avec des colonnes ça fait plus classe. Et comme le premier soir nous jouons les noctambules pour poster notre papier. C'est la dernière fois que ce jeu littéraire a amusé mes amis et la suite de l'été a été occupée à d'autres choses. Mais pour moi ces deux jours d'écriture spontanée et ces deux soirs d'aventures postales dans l'espoir de provoquer une réaction avec nos mots a été une révélation.

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Rédigé par Monsieur Ray

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Publié le 22 Avril 2017

Preuves en est que je dois malgré tout ne pas être aussi jeune que je ne l'ai été avant c'est d'une part que je radote (un peu) et que d'autre part que j'ai connu un monde sans internet et un monde avec un internet naissant et puis Caramail et puis Facebook et puis le reste. Et s’il vous faut une preuve supplémentaire je rédige des phrases bancales à la ponctuation borderline. Mais on se moque de l'âge, ce n'est qu'un chiffre inscrit sur ton état civil qui aux yeux de la loi pour définir ta norme, ton degré de liberté, ton cadre légal et le regard de la société sur toi, bref rien de très sérieux.

Mais pourquoi est-ce que je parle de cela ? C'est pour introduire un souvenir et pour parler de la manière dont je suis venu à l'écriture. Comme je suis passé d’un garçon timide, introverti, que l'on avait convaincu qu'il était fait pour les mathématiques et ses princesses sciences non pour les lettres, à quelqu'un qui essaie de se battre avec les mots pour écrire et faire de lui un homme de lettre, ou à défaut un homme de plume et de prose.

Partons du principe que le début de ce souvenir se déroule dans un monde où internet n'était pas arrivé jusqu'à moi, disons la deuxième moitié des années 90 et partons du principe que la suite de se souvenir se déroule dans le monde où internet arrive en 56k jusqu'à chez moi et que bien entendu je ne connais rien des usages du net. D'ailleurs je ne sais même pas s'ils existaient déjà usages. Je ne suis pas historien, et si je le suis malgré tout alors je suis seulement l'historien de moi-même, l'unique auteur de mon histoire nationale.

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Rédigé par Monsieur Ray

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