Publié le 26 Mai 2017

Dans la lumière du cosmos le rythme des étoiles et comme le rythme du clavier ; elles scintillent avec une irrégularité normale et moi je frappe le clavier avec une irrégularité normative qui témoigne de la profonde solitude des mots qui naissent la poitrine et qui transite directement dans les doigts. Je suis à deux doigts, comme ceux qui se frappent sur le clavier. La musicalité des mots, au sens de musicalité des paroles est une chose, et il est exacte de dire que je passe souvent le clair de mon écriture à l’écouter parler pour déceler les moyens de faire en sorte que cette écriture sonne bien, en tout cas qu’elle sonne mieux que le gruau indistinct qu’elle est lorsqu’elle naît dans l’idiotie crânienne de mon cerveau. Mais parfois ce n’est que le bruit de clavier que j’écoute, le rythme saccadé qui découpe le silence et qui hache tant bien que peu le brouhaha de ma conscience. Parfois je n’espère qu’une seule chose c’est que le clavier puisse faire taire ma pensée.

 

Alors vous comprendrez pourquoi j’appréhende assez mal les personnes qui me laisse entendre ma pensée par le silence de la leur qui devient une caisse de résonance infinie et informelle qu’il est impossible de contrôler et dont je subis alors la dite résonance. Le rythme du clavier n’a pas de sens, il est comme le bruit d’une rivière ou d’une autoroute, c’est un parasite familier qui englobe assez de conscience active pour tenir sous l'éteignoir les cavalcades de la pensée. Et s’accrocher au rythme c’est abandonner une part de sens, c’est privilégier le mot qui vient à celui qu’il faudrait prendre de trouver parce que celui qui est là fera le bon bruit de cliquetis plastifiés sur le clavier. En d’autres termes écrire sans écouter la musique des mots mais se concentrer sur la rythmique de la frappe c’est dénouer d’avec la conscience et embrasser un peu de poésie. C’est paradoxalement embrasser un peu de poésie. De cette poésie abstraite et arbitraire qui n’a de sens que dans le sens du courant de ce fleuve artificiel qui charrie l’angoisse de l’auteur.

 

Le silence est une agression sans filtre. La parole à l’opposé est un filtre permanent parce que la parole est une mise en scène, c’est une double ponction, ponction dans la soupe primitive de la conscience et ponction dans le réel perçu ou ressenti, qui est mise en forme afin d’adopter une forme transmissible. La parole est une mise au moule du sens et du sens commun parce que la parole a toujours la prétention de pouvoir être transmise. Alors nécessairement la parole est un filtre, c’est une superposition de filtre qui protègent, altèrent, nuancent l'insupportable chaos de la conscience. Le silence est l’enfer.

 

Le silence est cet enfer du soi par soi, qui extermine toutes possibilités de filtrage ce qui conduit la pensée à faire fleurir ses fleurs les plus toxiques. Le silence est le terreau toxique d’un enfer vert qui pourrait proliférer sans limites jusqu’à saturer l’espace, épuiser le sol, appauvrir la terre et ne laisser derrière lui que la possibilité d’un désert. Et je ne veux pas de ce désert qui se profil sur l’horizon comme un mauvais mirage ondulant sous mes yeux trop crédules et qui recouvre d’un voile humide ma conscience à la manière des gentlemans qui mettaient leurs mouchoirs sur leurs honneurs bafoués. Ce que je veux c’est le bruit, la fureur et le son des idées qui parlent et se parlent ensemble comme un ensemble de formes et de couleurs sur la toile abstraite de l’air alentour.

 

Cette fin est maudite comme un mauvais roman d'exotisme avec momie et sables mouvants.

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Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #écrire, #Je est un Blog

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Publié le 25 Mai 2017

Il se trouve dans le pays où vivent les aventuriers une région importante, une ville à teneur de capitale régionale qui prospérait sous la protection d’une créature emblématique de type dragon, géant, ou n’importe quelle figure mythique suffisamment imposante pour imposer la paix. Les aventuriers, qu’ils se connaissent ou pas, se trouvent dans la ville au moment où elle porte le deuil (à priori naturel) de leur créature protectrice. Dans la ville se succèdent célébrations et cérémonies mortuaires qui marquent la fin de ce cycle. Il n’y pas à douter que des aventuriers sauront trouver un intérêt à cette situation.

Mais là où les choses pourraient devenir intéressantes c’est lorsque la rumeur enflent dans la ville et qu’elle prétend que l’âme de la créature protectrice s’est fractionnée et que les fragments se sont incarnés chez différentes personnes présentes en ce moment en vile. Le hasard faisant les choses avec doigté il est probable que nos aventuriers soient tous ou en parti possiblement porteurs d’une parcelle de l’âme du protecteur de la ville.

Que va-t-il se passer ? Une guilde ou une secte plus ou moins bienveillante peut désirer réunir les fragments de l’âme dispersée pour qu’un nouveau protecteur prenne la ville sous son aile membraneuse. Faut-il pour cela passer par un sacrifice ou un exorcisme ? Peut-être qu’une faction politique, officielle ou dissidente, veut  éviter qu’une colossale créature aux valeurs rigoristes ne reviennent faire peser sur la ville un ordre improductif et que l’organisation souhaiterai supprimer les porteurs d’âmes pour éviter qu’un nouveau cycle s’entame. Peut-être encore que cette âme procure des pouvoirs, des dons, des maladies, des symptômes qu’il va falloir trouver comment soigner, apaiser, cacher, contrôler … Nos héros pourraient-ils s’unir et contrôler la ville ? Comment gérer le vent de folie et de panique que la rumeur fait souffler dans les rues ; comment discerner les vrais des faux prophètes quand tous le monde revendique posséder une part de l’âme du protecteur ? Et si cette rumeur venait aux oreilles des royaumes voisins, que feraient-ils en apprenant que la ville n’est plus sous protection mythologique ?  

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Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #ébauche, #jdr, #jeux de rôle

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Publié le 24 Mai 2017

[...] Il a mit du temps à trouver celle-ci. Maintenant que les fées ont accès à tous le conformisme des classes moyennes humanoïdes elles ont déserté les bas-fonds où viennent mourir les faisceaux câblés de fibres en tout genre qui s’enfoncent dans les entrailles de la ville pour s’y nourrir avant de renaître ailleurs. Les fées se sont ruées dans les appartements interstitiels aménagés pour elles dans les espaces vacants des immeubles excitants construits dans les quartiers où la bourgeoisie en quête de décadence érige des architectures grotesques. Loin des lumières précieuses qui habillent les matériaux post-modern les ruelles étroites accumulent la poussière poisseuse de la déveine et la crasse métaphysique qui recouvre la vie lorsqu’un citoyen affronte la misère de son accablement. On comprend sans mal pourquoi à partir du moment où il a été possible de quitter le cloaque où elles sont venues au monde les fées n’ont pas tergiversé ; elles sont parties sans retour et elles ont remontées l’arbre social vers les hauteurs de la citée. Certaines ont même quittées la ville pour s’implémenter dans les territoires d’habitations non urbaines. Evidemment il est hors de question de s’aventurer là-bas pour chasser dans ces zones sous protection légale. Il n’y a plus que dans les espaces équivoques des bas-fonds de la ville que l’on peut espérer trouver une fée sauvage d’éclosion énigmatique pour la capturer tout en échappant à la vindicte de la loi. Mais miser là-dessus c’est miser sur l’improbable. C’est à cause de cela que les chasseurs connaissent la fièvre de l’incertitude. [...]

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Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #SF, #recyclage, #ébauche

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Publié le 23 Mai 2017

Voilà cinq heures qu’il fouille la rue à la recherche de fées comme le chercheur d'or scrute la rivière des promesses. Ses pupilles sont dilatées, la sueur ruissèle sous l’effet de cette fièvre qui bat à ses tempes et son front humide reflète le pastel des néons et le flux bleuté des écrans qui déversent énigmatiquement leurs pollutions optiques sur la crasse impure des ruelles interlopes qu’il arpente au zénith de cette nuit. Une obsession noueuse nervure ses viscères depuis un moment. Elle grandie au fil lent de sa quête discrète qui conduit chacun de ses pas dans le profond de la ville mais il camoufle ce trouble dévorant, celui qui pousse l’homme de la passion à la folie qui ronge les sangs, derrière l’aplomb flegmatique accroché à son visage buriné. Être chasseur de fée ce n'est pas un statut dont on peut se revendiquer actuellement. Simplement parce qu’il est parfaitement interdit de les chasser. C’est ainsi depuis plus de dix ans. Le peuple fée, comme les autres peuples émergeants, s’est battu pour acquérir le statut d’êtres vivants d’obédience humaine, une espèce à valeur citoyenne équivalente aux êtres humains. Alors, lorsque l’on continu de chasser la fée il faut faire profil bas et refouler les prétentions et le prestige que l’on  pouvait en tirer avant ; même lorsque l’on a la chance d’en choper une sauvage. C'est secret, son secret à lui, rien qu’à lui, son petit secret. Il fera bientôt jour, il éprouve une sensation rappelant le bonheur, son cœur palpite comme au premier jour car il vient d’en capturer une. Elle a les cheveux noirs avec des reflets rouge sang, le regard bleu comme la glace. Elle possède de magnifiques ailes noires qui scintillent quand elle se débat. Elle est encore inerte, inconsciente, prise dans les mailles fines de son filet électrifié. Elle est assommée, ses cheveux sont tout emmêlés, mais il la trouve déjà magnifique. [...]

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Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #recyclage, #ébauche

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Publié le 22 Mai 2017

La nuit logée dans un moment de liberté, d’amertume, de supposition poétique.

C’est un instant éphémère. Une construction patentée qui raisonne de souvenirs lointains.

Mais il n’y a pas de véritable écho. C’est juste toi et toi dans la même tête, ce n’est pas un écho c’est un fantôme. C’est dans la nuit c’est un fantôme. C’est dans les draps c’est un fantôme et tu maudis le temps où le fantasme est devenu fantôme. C’est dans l’horreur d’un cri d’effroi c’est un fantôme. Il est issu du paradis, c’est un fantôme. C’est l’issue des enfers, c’est un fantôme.

Et l’ectoplasme froid qui colle à tes doigts ne laisse pas de doutes.

Je creuse ma nuit.

Je creuse dans la nuit. Dans la nuit je creuse entre l’œil délétère dans ma conscience et l’autre objectif de l’horloge. Certains prennent la pose, d’autre la marque mais je n’ai pas le temps pour une hésitation.

Pas plus que je n’ai le temps pour une esthétique. C’est du cœur au trait, de l’âme à l’océan, je vague de refoulés et je pioche le soupir. Et si la grande ourse me fait de l’œil dans le ciel étoilé des corps nus sur la plage c’est que je me souviens d’elle comme l’exact moment de toute une vie. Le moment qui condense et rattrape ma vie dans une dilatation parfaite du sommeil du crâne jusqu’à mon dernier chakra.

Et si d’un côté une muse éventée s’évente l’abcès sur une île éventrée je conserve comme vierge la marque à l’âme de l’autre muse, visée dans le boulon de mon crâne de créature comme Frankenstein.

Ce n’est pas de la faim qui tiraille, c’est la nuit. C’est bonne nuit. C’est ma nuit. Ma petite musique de nuit.

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Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #Je est un Blog

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Publié le 21 Mai 2017

L’auréole est morte. Les mots ne parlent plus. Les points hachent le peuple. Le feu ne brûle plus. C’est la nuit qui se languie dans souvenirs d’antant. Je construis des remparts de souvenirs ; des remparts aux souvenirs. L’écran fume sa clope et il me recrache la fumée dans le visage. Je regarde le couteau à côté de moi prêts à libérer sa lame. Si le peuple est prisonnier c’est que je suis le peuple. Cette idée me paraît la tristesse incarnée. Je bats le cœur de ma poitrine. Je rouvre ma cicatrice pour ne jamais que ma peau se referme. C’est la première image littéraire venant de mon imagination pour laquelle j’ai eu de l’estime. Je pensais déjà depuis la cellule de mon crâne. On n’y échappe jamais, je le savais déjà mais j’en suis toujours étonné. C’était l’histoire d’un homme qui se réveillait sur un charnier au sein d’une usine monde du futur. Le futur c’était du métal partout, il arrachait un panneau derrière lequel il avait des fils et des câbles et il faisait son nid dans cet entre-deux. Après il y a avait une jeune fille cyborg qui avait une cicatrice au bras ou à la main, et lorsqu’elle parlait avec l’homme elle faisait jouer ses doigts dans la plaie comme une enfant qui s’amuse. C’était moi cet homme. J’étais aussi cette fille robot. C’était avant et j’avais oublié ça. Plus maintenant, je m’en souviens. Je pourrais l’écrire un jour cette histoire sans queue ni tête.

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Rédigé par Monsieur Ray

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Publié le 20 Mai 2017

C’est fou comme le jeu de rôle à orienté, imprégné et déterminé une large part de mon bagage culturel et de mes penchants littéraires. Dans ma tendre enfance je soupçonne très fortement les dessins animés comme Ulysse 31, Albator, Goldorak et Captain Flam de m’avoir donné un goût très prononcé pour l’esthétique de la science-fiction issue des années 70. De l’autre côté du spectre de ma jeunesse, l’adolescence qui fut le théâtre animé de ma rencontre avec le jeu de rôle à forgé une grande part de mes goûts littéraire pour certaines œuvres en lien avec certains univers. J’aurai, je suppose, dû lire Tolkien si nous avions joué à Donjons & Dragons où à un jeu à la fantasy classique, mais le hasard à voulu que nous jouions plutôt à des univers futuristes, dystopiques et noirs comme on en trouve dans le cyberpunk ou à des jeux de fantasy assez sombre comme Hawkmoon ou Stormbringer des jeux se déroulant dans l’univers naît sous la plume de l’auteur anglais Michael Moorcock. Et si je parle de lui c’est bien entendu volontaire parce que j’ai longtemps joué dans ses univers mais je n’avais jamais rien de lui. Pourtant, sans que je puisse vous expliquer pourquoi, l’auteur a eu assez facile dans notre groupe l’aura d’un auteur cool, peut-être même culte. Nous étions je suppose fasciné par son univers que nous jouions sur un mode gothique dark punk qui nous plaisait beaucoup. C’est imprégné de ce souvenir et du souvenir de nos parties que je chine les ouvrages de Moorcock dès que j’en trouve afin de redécouvrir son œuvre au plus près de son écriture même si je dois pour cela trahir quelques souvenirs.

Ainsi, avec le coffret chiné il y a quelques semaines, et les ouvrages chinés la saison dernière j’en suis déjà cinq ouvrages de l’auteur et si j’ajoute les deux qui entrent aujourd’hui ça m’en fait sept ce qui ne doit pas être loin de l’auteur le mieux représenté dans ma bibliothèque chinée. Le dieu fou est le second tome de la saga Hawkmoon et c’est une bonne chose. Le second ouvrage chiné est peut-être plus intéressant pour moi, disons qu’il est représente une curiosité plus particulière parce que Le Programme Final est un roman autour du personnage de Jerry Cornelius une sorte d’agent secret pivot d’une SF new wave dont Moorcock a été le porte étendard. Je ne connais pas du tout cette facette de son style et je suis donc curieux de la découvrir. Ces deux livres sont parus dans la collection Titres SF aux éditions Jean-Claude Lattès, c’est une collection dont j’aime vraiment beaucoup les couvertures. Elle comporte 70 ouvrages parus entre 1979 et 1983. La conception graphique de la collection a été faite par Keleck et toutes les illustrations de couvertures sont de Keleck ou Jean-Michel Nicollet. C’est mon troisième ouvrage de Moorcock paru dans cette édition. Je ne chine pas pour faire de bonnes affaires et dénicher des choses rares à moindre prix, mais je vérifie toujours à quel prix on trouve l’objet ou le livre sur e-bay ou Priceminister et j’ai eu la surprise de voir que sans atteindre des fortunes les ouvrages de cette collection valais un peu plus que ce que j’ai payé pour eux. J’ai eu les deux ouvrages pour 1 euro, 50 centimes pièces.

Les deux nous qui rejoignent le premier de cette collection ( 23,90 euros)

Les deux nous qui rejoignent le premier de cette collection ( 23,90 euros)

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Publié le 19 Mai 2017

La première fois que j’ai croisé la route d’une bande dessinée Martin Mystère dans un vide-grenier je l’ai acheté parce que l’objet à attisé ma curiosité. Le contraste de cet ouvrage épais aux dessins rugueux que je trouvais même plutôt burnée contrastait beaucoup avec l’image lisse et creuse du dessin animé pour adolescent portant le même nom. J’ai même cru un instant que derrière ce même patronyme se trouvaient deux personnages distincts. Ce n’est qu’après, en me renseignant un peu sur cet objet culturel énigmatique que j’ai compris le pourquoi et le comment historique de cette série de ce personnage italien. La seconde fois que j’ai croisé une bande dessinée Martin Mystère dans un vide-grenier je l’ai acheté, cette fois par goût de reconstituer des séries, voir des collections. Posséder un seul objet c’est l’expression d’un pic de curiosité. Mais dès lors que l’on commence à en apprendre plus sur l’objet et que l’on parvient à cartographier un espace intime et un espace culturel dans lequel on va pouvoir le classer avec des semblables alors le plaisir de constituer une série arrive. Il existe six tomes des aventures de Martin Mystère, édités chez Glénat entre Mai 1993 et Avril 1995 et quelques autres édités dans une collection différentes éparpillés au fil des années suivante.

Ma première trouvaille c’était le tome 3 chinée par hasard. Par ce même hasard j’ai chiné le tome 1 récemment. Une belle couverture sur fond noir cerné de doré, je trouve l’objet beau. Il est en bon état, et c’est avec plaisir que je vais le ranger avec son compère. Le hasard me permettra t-il de réunir la collection des six premiers tomes ? Quel putain de suspens de bâtard ! Comme pour le premier tome, j'ai trouvé celui-ci pour 1 euro.

22,90 euros dépensés pendant la saison 02
22,90 euros dépensés pendant la saison 02

22,90 euros dépensés pendant la saison 02

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Publié le 18 Mai 2017

Pourquoi dire que je ne supporte pas les gens qui étalent leur vie ? C’est un peu vrai, mais ce n’est pas exactement la question, la question c’est que je ne me souviens pas avoir étalé cela quelque part avant - Paradoxe ? - et si supprime mon espace de paradoxe interrogatif la question n’a pas une forme de question. Dire que je n’aime pas que les gens étalent leur vie est vrai et faux. Je n’aime pas les gens qui étalent leur vie en particulier sur les réseaux sociaux. Je ne sais pas si c’est parce que je suis un vieux réactionnaire qui fustige la modernité d’expression de génération plus jeune que moi ou si c’est seulement parce que je trouve que la vie étalée des gens est globalement pathétiquement banale, vide, et creuse, raisonnant comme un slogan de mauvaise publicité ou l’affiche d’une médiocre campagne de communication. En exposant ainsi la fatuité de leurs vies ces gens-là font preuve d’une grande vulgarité et ils révèlent aux yeux de ceux qui veulent le voir leur incapacité à avoir conscience de ce qu’ils sont. Je trouve cela vulgaire. C’est cette vulgarité qui entraîne mon insupportation. C’est cela que je ne supporte pas.

En revanche j’admire et je convoite l’introspection. Les personnes qui prennent de la parole pour exposer sur un réseau anonyme la vacuité quelques faits anodins c’est détestable, mais la personne qui partage son introspection n’entre pas dans la catégorie de ce que je ne supporte pas. Au contraire cette personne là conduits un exercice de pensée et d’écriture libre qui dévoile une pensée intime et des mécanismes de pensées singulières dans une impudeur consciente et bienveillante et je trouve ça fascinant et admirable. J’aime cela. J’aime l’impudeur quand elle est réelle et honnête. Quelqu’un qui annonce son mariage, sa séparation, sa grossesse ou l’achat de son nouveau canapé sur Facebook comme si c’était un grand événement et qui ne réalise pas que des millions d’autres personnes font la même chose, ont fait la même chose et feront la même chose ça me donne la gerbe. Mais quelqu’un qui fouille sa pensée et qui me donne les clefs  pour la comprendre c’est juste beau.

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Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #Je est un autre, #Réflexion

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Publié le 17 Mai 2017

J’ai tellement de choses à plagier. De toute façon tout à déjà été plagié par tout et tout le monde, vingt-six lettres quelques milliards de vies, le reste est une équation mathématique de la répétition. Rien ne se crée, rien ne se perd, tout est médiatique. Moi-même je suis le média de ma bouche, elle-même média de mes idées, elles-mêmes médiatrices de ma décadence. Est-ce vrai ? Est-ce faux ? Est-ce de la poésie ? Est-ce que je suis le faussaire d’un autre qui fût un fake qui affirmait qu’il était le beau, le seul et l’unique exemplaire de son espèce ?

Espèce de con. Oui, l’être humain est une espèce de con, un peu plus haut que l’animal et que le végétal sur l’échelle ouverte de la bête et de la reproduction. De toute manière c’est déjà écrit dans la bible, qu’est ce que je disais ? Je ne suis bon qu’à plagier. Le mâle est un plagiat assumé de dieu, c’est l’auteur lui-même qui prétend avoir tout pompé sur lui-même, quand à la femelle elle n’est qu’une copie bâtarde du mâle, une resucée réchauffée par le même auteur sans inspiration. La femelle c’est le plagiat travesti de dieu, et sans extrapoler, où à peine, la femelle est le plagiat des nuits de débauche où dieu se travesti et se bourre la gueule à ne plus finir d’en rire, de s’en rouler parterre à s’en briser les os.

Tout était déjà là avant moi, les mots, les modèles, les hommes de qui s’inspirer pour plaire à ces mêmes femmes qui étaient déjà séduites par ces mêmes ficelles littéraires. Et pour ne pas choquer la bonne conscience des muses et des farfelus qui prétendent connaître l’inspiration et puiser dans le néant la nouveauté prétendue de leurs mots liquéfiés par la hantise d’ignorer leur redondance dans l’ensemble du paysage lettré je vais reformuler la chose. Ceci n’est pas du plagiat, c’est une tradition, un folklore voyez vous bandes de cons. On s’inscrit dans un folklore et on s’inscrit dans une tradition avec complaisance mais confort. D’accord, si toutes cette inspiration mécanique de la reproductibilité des mots d’autrui n’est pas un plagiat mais un hommage qui s’inscrit dans une tradition ancestrale alors peut-être que vos consciences l’acceptent avec plus de déférence, mais moins de dignité.

Je sais bien que je suis comme les roses, vendues à la tonne dans les marchés aux fleurs. Je suis comme ça, récolté sur le terreau puis calibrée et mis sous plastique ou sous le verre de vos écrans. Puis étiqueté. N’allez pas croire que c’est une plainte, c’est un constat assumé et je préfère dignement poursuivre un plagiat qui pourrait me tirer vers le haut si je m’assure de plagier l’inspiration d’auteurs plus haut que moi dans l’estime subjective que j’échafaude du monde, plutôt glisser vers la médiocrité solitaire et imbécile de ceux qu’ignorent qu’ils ne sont que des facsimilés assimilé par le système et la tradition depuis tellement longtemps qu’ils ne sont même plus capables d’envisager qu’il ai pu en être autrement.  

La logique est respectée, je plagie cette illustration sous l'égide d'une autre Brigitte

La logique est respectée, je plagie cette illustration sous l'égide d'une autre Brigitte

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Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #écrire, #Je est un Blog, #Plagiat

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