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Publié le 8 Mai 2016

Un jour une suite en France ; un enfer sournois dans une vieille boite en carton au détour d’un vide grenier. Je ne suis pas un gredin, je ne suis pas fou, je n’ai trop rien de folklorique mais je flâne, affairer à regarder en bas histoire de couper les visages des autruis qui sont là autour de moi au niveau du visage ; j’en connais les bouches mais j’ignore leurs regards. L’âme est dans le regard ? Alors je frôle des êtres sans âme, des zombis ou peut-être des femmes. Qu’est ce que l’on peut observer dans la bouche des gens ? Quelle métaphore se loge dans la bouche ? Je ne sais pas et pourtant c’est elle que j’ai frôlé ce matin. D’autres que moi frôlent la mort. Et alors ? C’est gratuit ? Non, c’est payant donc je dis ce que je veux, la merde que je veux sort de ma bouche je la contrôle et je peux la choisir contraire à l’autre. Je suis là pour mieux partir, mais je suis là pour durer aussi, six ans un jour et bientôt sept, de l’âge con à l’âge des raisons, je peux bien être le maître de ce petit et minable monde.

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Rédigé par Monsieur C

Publié dans #Je est un Blog, #Divagations diverses

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Publié le 3 Mai 2016

J’ai échoué à visiter bien des ports. J’ai échoué surtout à prendre des navires comme on échoue à saisir les occasions. J’ai donc échoué à m’échouer et pourtant j’ai échoué sans raisons, les malles toujours pleines prêtes à partir, trop bien pleines, trop bien prêtes et je suppose que ce n’est pas ainsi que se dessinent les vrais voyages ; la délivrance.  J’ai échoué sans tripes, évitant de rendre les miennes sur le pont d’un bateau, je suis resté à quai amarré quelque part entre je ne sais où et je ne sais quoi. Et j’ai pourtant échoué à échauder toutes les putains du port, j’ai raté le meilleur sans deviner le pire avec la mollesse partisane de ceux qui n’ont pas su partir. Inévitablement, en échouant mes départs j’ai échoué mon retour, je ne suis bon qu’a effleurer la côte comme un léger ressac ; je mouille un peu les pieds des femmes avec la vigueur flasque de la brise quand elle est marine, tandis que j’ai mes pieds ancrés dans le sable mouvant ; même pas besoin de bitte pour nouer mes cordages et prétexter un lien pour ne pas quitter le port. Non, j’ai seulement échoué, comme le sel sur les rochers ; je cristallise en surface pour un peu d’amer et j’ai loupé la mer, je n’ai pas su la prendre et elle n’a pas voulu me prendre. Et même si je devrais pleurer je ne fais rien comme il faut. Debout sur le rebord du quai comme debout sur la frontière d’un monde j’erre sans oser basculer car la marée est basse.

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Rédigé par Monsieur C

Publié dans #Je est un Blog, #voyage

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Publié le 30 Avril 2016

Sur l’écran les radins et l’écrivain se retrouvent. Ici, lui et moi ici. Un troisième type doit être dans le coin. C’est un retour, un come back qui pue un peu quand même. Normal un des hommes à libéré ses vents intestinaux. C’est l’encre, encore l’écran, c’est l’encore, un cran au dessus, c’est le clavier, un musicien sur un clavecin de plastique, c’est la pratique, l’antique résonnement, un gargouillement caverneux, grosse tête et des mains, de la terre de sienne, la main au cul au pied du mur, la main au mur ; mauvaise peinture en graffite, le noir du charbon et l’ardent qui brille sous le météore, et alors ? Alcoolique revenu de tout, d’un dernier verre et du goût des pastilles à la menthe pour le goût d’un cigarette mentholée, une Emma blonde imprimée sur un billet, doux papier plié pour tuer les mouches, génocide arménien à peu près, je martèle encore, l’enclume et le marteau qui façonnent la faucille mécanique, comme mes doigts, comme la coupe d’un coiffeur fou, un ours brun d’origine danoise qui regarde le soleil passer dans le ciel, quatorze fois des animaux dans regardent au travers de leurs cages pour vérifier que les hommes sont là pour les voir.

Bien à moi ici.

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Rédigé par Monsieur C

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Publié le 22 Avril 2016

Je suis là mais je parts, une semaine loin de là ; approximation océane, je reste vague et un peu merdique, merdeux comme au matin lorsque je passe à nu devant le chantier où les ouvriers écoutent du Queen alors que c’est Prince qui est mort, pas assez jeune pour mourir comme une légende numéraire mais il meurt assez vieux pour avoir eu le temps de construire sa légende. N’est-elle pas fascinante cette expression ? Construire sa légende, comme les ouvriers du chantier qui construisent une maison ; construire sa légende comme si tout était aussi simple ; le talent n’est qu’un don et des doués il y a plus d’un qui végètent, les légendes sa s’érigent et par effet de levier on ne peut qu’être frustré de ne pas avoir su construire la sienne. Mais je ne manque pas d’espoir, je construirai la mienne comme on construit sa personnalité, comme on érige son personnage en personne franchement réelle pas d’être vivante mais d’exister. Travailler son écriture c’est surtout ça, ce n’est que cela, c’est la carotte qui donne le cap de la boussole métaphorique ; gouffre glacial et noir comme sous la jupe de la mort vers lequel tout pointe, par delà Rome et tous les chants des cygnes qui par élégance se parent d’un Y.

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Rédigé par Monsieur C

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Publié le 21 Avril 2016

Au fil à la patte ; j'arrose et transgresse. Pour une pute alanguie, futal rose et talons de pacotille ; j'entorse à ma règle. Dans le jeu rouge des menstruations ; ostensible dépression utérine sous l’œil scopique de mon cyclone j'explore le soluté sensible cristallisé entre mes doigts. Hydro poésie au fil de l'épée ; s'agite le rasoir des antiques derrière le feu des boucliers aux parements pileux. L'ancêtre de qui j'étais, par le truchement de l'argent, est transformé en artiste désargenté par les cuisses lestes des dames cabotines qui jappaient les larmes perlées à la surface de mon front. Sur le fameux fronton maculé de foutre, les déesses et les nymphes dansent encore ; gigots dodus qui ondulent sous la rhétorique gouailleuse aboyée en saccades. J'éructe mon faux patronyme ; j'impose le commun de mon faux comme la faucheuse impose la mort aux corps vivants ; sans fondement, seulement un geste fondamental ancêtre de toutes les pulsions. Sans pression, rien que des souvenirs ; il était l'autre qui était moi quand j'étais lui. Nous n'étions qu'un comme une femme et l'autre ; comme les fausses promesses et les mauvaises illusions que permettent les lieux communs. Je chemine jusqu'à m'extraire ; je rampe comme la vermine. Je grouille comme la misère, et secrètement j'exulte des doigts, de la bouche, de la conscience et du sexe.

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Rédigé par Monsieur C

Publié dans #Prose, #poésie, #Je est un Blog

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Publié le 20 Avril 2016

Je regarde mon chien dans le fusil, je me demande si l'autre est plus serein que moi et je me demande lequel de nous deux appuiera sur la détente avant l'autre. Le chien s'est couché sur son cousin, il ne nous attend pas et moi je me demande encore et toujours, je me jure tous les diables que je ne m'y reprendrais pas. Pourtant je regarde s'éparpiller aux quatre coins des vents les miettes qui s’effritent de ma personne ; je suis un être pulvérulent, un lépreux sans la lèpre qui n'échappe pas à son érosion. Triste sort pour un triste sir je m'imagine comme la pierre de roc dans le tumulte d'un torrent et je ne vois pas que je suis le galet qui roule dans le lit de la rivière. Je regarde à nouveau l’autre qui me tient en joue et j’imagine la morsure froide du canon, je feu et l’acier, je le suppose pêcheur devant dieu et moi comme la biche qui se fige dans les phares du camion ; j’ai les mains sur le volant, je ne bronche pas le corps sylphide de la biche se fige dans le faisceau de mes phares, je m’attends au choc les sens à l’affût pour ne rien manquer des os qui se brisent sous la violence de l’impacte. BANG. Vitesse constante, le pare-choc de mon 33 tonnes absorbe le corps vivant de l’animal comme le torrent emporte les bois et les feuilles dans le flot régulier et tumultueux de son expression. Quelques secondes plus tard l’asphalte se déroule de nouveau dans le calme noir de ma nuit. Il défile comme les lignes serrées qui noircissent la page blanche.  

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Rédigé par Monsieur C

Publié dans #Je est un Blog, #écrire

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Publié le 7 Avril 2016

J'en suis venu à écrire par hasard, dans un mouvement à l'intersection de ma timidité et de l'informatique. Oui, j'en suis venu à écrire sans savoir écrire, j'avais la dyslexique en verve, et j'écrivais sans savoir que j'écrivais, ce que je faisais c'était juste de l'expression, une forme de pulsion qui agissait en moi par nécessité.

 

Je n’écrivais pas par vocation. Encore moins par mimétisme littéraire. J'écrivais d'écriture brute et je n'imaginais pas que cela puisse avoir une existence formelle légitime. Je bafouillais sur l'écran de mon ordinateur comme on écrivait sur les murs des grottes, et sur les murs tout court.

 

Par le hasard des balbutiements de mes goûts, éclectiques, je me suis aventuré penaud, honteux et solitaire à écouter du rap et instinctivement, sans me l'avouer, j'ai compris que ce que je faisais avait à voir avec l'énergie tellurique de ce mouvement culturel de la rue. Mais j'étais un petit campagnard éduqué à la chanson française et je repoussais cette musique tout en y cédant, juste assez pour en digérer une partie de la forme mais pas assez pour me fondre dans le mouvement. De toutes façons je n'étais pas fais pour me fondre, même si je suis sûr que j'aurai pu être à mon aise dans cette marge culturelle émergeante.

 

C'est toute la vie du déterminisme ; en imaginant que je sois la même personne, si j'étais né dans une ville ou dans une citée je suis sûr que j'aurai versé dans la passion de la culture hip hop. Mais j'ai grandi ailleurs et j'ai versé mes mots ailleurs, pourtant sans me l'expliquer encore aujourd'hui j'éprouve de la fascination pour la parole du rap, l'improvisation, le Flow, le clash, qu'importe, j'écoute ça comme un enfant qui regarde un monde où il pense qu'il n'ira jamais en éprouvant une putain d'envie d'y aller.


Je suis un MC refoulé, et lorsque j'écris ma poésie et que je me lis et relis à haute voix mes textes j'écoute toujours voir s'ils prennent un Flow, le pamphlet comme un écho ancien ou moderne à une forme de poésie, la rue, la ville, moi je ne suis rien, aucune crédibilité, aucune prétention, je suis l'oiseau blanc et le loser d'un rêve déchu mais fascinant qui me hante encore.

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Rédigé par Monsieur C

Publié dans #Je est un Blog, #rap

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Publié le 5 Avril 2016

Les mots sont malléables et moi je suis fatigué. Ce soir je suis malade.

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Rédigé par Monsieur C

Publié dans #Je est un Blog

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Publié le 21 Mars 2016

Des chocolats en sachet est une foule hétéroclite ; hétéroclite je trouve que c’est un mot qui sonne moins noble que hétérogène. Dans les deux cas les spectateurs sont bigarrés comme une foule grand public pour un film lui même de calibre grand public. La répartition des sièges sur un mode aléatoire par les caissières humaines et les autres machines donne à cette salle une répartition énigmatiques qui bafoue les habituelles organisations populaires de spectateurs. Du coup je me demande ce que je fais là, assis à la marge d'une rangée. Je ne me met jamais ici, je suis toujours du centre.

 

La salle se remplie devant une bande annonce d'un film de Michael Bay et je retrouve le goût du cinéma. Je ne parle pas des films mais bien du lieu. Ça fait longtemps que je n'étais pas venu, depuis le Star Wars en décembre, plus de trois mois, avant je voyais au moins un film par semaine, souvent deux. Les écrans des machines avaient raison, les retardataires qui se foutent des bandes annonces et du décorum remplissent les allées et presque tous les sièges.

 

J'attends le noir pour ouvrir les chocolats et me laisser porter par le noir. Avant je digère les publicités en rédigeant ces quelques mots. Petit écran sous grand écran, finalement j'aime bien la promiscuité devant le divertissement, le bruit des stades, le brouhaha des salles noires, c'est la même chose, un semblant de communion païenne. Et puis le cinéma est toujours stimulant pour mon goût. Même pour les films de grandes distributions, le souffle de la créativité passe entre toutes les mailles qu'importe le pognon et les chocolats.

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Rédigé par Monsieur C

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Publié le 15 Mars 2016

Ce matin j’ai ouvert la porte à dieu. Comme à son habitude, lorsqu’il sonne chez moi c’est sous les traits d’une femme blonde à l’allure stricte et au regard incommensurable. Je ne sais plus depuis combien d’années je la connais ; quatre ans au moins, peut-être cinq années entières qu’elle vient chez moi me parler de lui. J’ai ouvert ma porte et avec ses yeux elle m’a ouvert sa porte vers dieu. Ils sont bleus, c’est banal, mais ils sont intenses, un bleu profond qu’elle souligne toujours au crayon noir. D’ailleurs je me demande si elle le sait, si elle sait à quel point ça la rend belle, pugnace et intensif, si elle sait jusqu’à quel point un homme est prêt à ouvrir sa porte à pareil regard. Je me dis que si elle savait cela elle ne le ferait pas parce que je doute que dieu soit raccord avec le pouvoir de ce regard, ni avec les pensées qu’elle convoque à mon âme quand nous nous regardons.

Je voudrais pouvoir dire que ce matin j’ai soutenu son regard mais ça serai mentir, à elle, à dieu et à moi, or j’espère que personne n’est dupe dans ce trio. Alors non, je n’ai pas soutenu son regard, je l’ai fixé pour m’y plonger. Il est bleu intense, ses pupilles étaient petite et noires, perçante comme un éclair de fulgurance, comme un trou noir. La regardant avec une intensité décomplexée j’ai remarqué qu’autour de ses pupilles il y avait un motif plus clair, comme une galaxie indigo irradiant.  Un bleu intense étoilé d’un bleu que je voudrais indigo contenant quelques éclats d’or. À côté d’elle parce que les témoins de Jéhovah viennent toujours pour deux, l’autre femme disparaissait docilement comme une lune qui gravite autour d’un astre et qui régulièrement disparaît derrière.

Pendant deux ans, chaque semaine elle entrait chez moi, je l’accueillais pour qu’elle me parle de dieu, je l’accueillais surtout parce que je n’ai jamais vu une femme aussi belle m’offrir une heure de débat théologique sincère. Elle ne venait jamais seule, parfois avec son père, presque toujours avec son mari, un homme gentil ignorant sa chance et ne sachant pas goûter l’ironie avec laquelle leur dieu se joue de moi car ce mari aimant porte le même prénom que moi. Elle incarnait mon attraction astrale et à les observer tout les deux je me suis convaincu que c’est aussi une femme de tête, une de celle qui porte la culotte et tout le panel des responsabilités décisionnelles.

Par instinct elle tient les cordons et les rennes et s’applique par culture à le faire dans le cadre délimité par son dictat théologique ; un numéro de funambule féminin. Toute évidence elle sous estime ce pouvoir, elle ne le sait pas mais elle appartient à la race de celles qui peuvent avoir le monde à leurs pieds, pour l’aimer, le façonner, le détruire qu’importe, elle est de la race avec laquelle nous sommes toujours d’accord. Je ne dirais pas comment je la trouve belle, ça serai faire injure au vocabulaire et je risquerai de travestir cette vérité qu’elle voile sous des tenues chastes, élaborées pour la dissimuler mais qui soulignent plus qu’elles ne cachent ce que mon esprit n’a de cesse de broder. Mais parfois, alors que j’ouvre la porte je ne peux retenir un compliment sur sa coiffure, son aspect, et ce je ne sais quoi qu’elle dégage.

Ce matin j’ai ouvert ma porte à dieu, j’avais encore l’allure hirsute du dément tombé du lit, je sentais le café chaud et la nuit courte ; quand la prote à sonné j’ai eu un instant de honte, de culpabilité, j’aurai aimé lui présenter l’apparence d’un Apolon pour répondre à sa splendeur virginale bien qu’étant mère je suis certain qu’elle a été déflorée. Quand la porte fut ouverte j’oubliais ma honte et les relents de culpabilité, je me laissais porter par son regard ; ne feignant même plus de croire au roman de son dieu. Je sais que c’est lui qui oblige ses témoins à visiter les âmes comme la mienne, perdue et païenne prête à être sauver. J’ai de la chance d’être son mécréant.

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Rédigé par Monsieur C

Publié dans #Dieu, #Je est un Blog

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