Articles avec #poesie tag

Publié le 12 Avril 2017

Il y a de l’or, liquide doré, qui s’écoule et s’enroule en circonvolutions houleuses à la commissure mouillée de ta bouche ; princesse percée jambe aussi cassée.

A l’orée duveteuse de ta forêt naissante et sur les bords séduisants de tes dentelles farouches il y a l’eau salée qui perle en sueur ; tambour désaxé frappé sur la cuisse.

Le croquemitaine doigt posé sur le fil de sa hache intime au silence, il voudrait pouvoir, trancher, réduire la foule de tes mots ; rentrer désirs verbeux dans sa bouche.

Le rayon du soleil froissé renversé sur ton ventre vrille les ombres nombreuses sur ta silhouette noueuse, tu frémis et t’affole ; tranchant osseux la main sur les yeux.

Les reines glorieuses de ta lignée antique, reins cambrés et gorge nue, lorgnent ta vie comme le fruit vert sous leurs branches charnues ; jambe balante fesses suspendues.

Je fais ode lancinante à tes cuisses écartées, à tes bras démembrés, à tout l’or qui s’écoule de ton corps dans un hoquet né de l’histoire de ton intimité ; arche détruite le roc.

Dès l’aurore je rupture, je fais monts de tes seins vermeilles et j’amorce à tes lèvres cerises la morsure outrageuse où perle sanguinaire ; soigner rythmique rompue.

Je poème mon errance bohème comme le singe voleur d’alcool, ivre et borgne je titube et je tombe dans un élan rompu je cause la fin ; poésie tranchée et la main.

Voir les commentaires

Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #poésie, #Prose

Repost 0

Publié le 11 Avril 2017

Il y a ma signature épaisse qui traverse ton corps

Elle macule ta poitrine mieux que tes colliers d’or

C’est une marque poisseuse qui s’allonge sur toi

Elle s’enroule et s’accroche sur ta peau et tes soies

Depuis la pointe carnée d’une aréole carmin

Jusqu’au tréfond terreux de ton nombril humain

Ma larme glisse, elle roule et trace sur ta peau

Le destin racé de ton abandon à la langue du beau

Toi là, ma jolie petite poupée qui n’est plus très sage

Tes pierres précieuses sont tombées sur le carrelage

Lorsqu’un baiser fougueux a déchiré ton corsage

Ta pudeur fiévreuse s’effondre, elle ne fait plus barrage

C’est une lame de fond qui te renverse avec rage

Couchée dans le rêve souillé d’une putain de passage

Tes endorphines diffuses dans l’atmosphère suave

La trahison discrète de ton bonheur grave

Il n’y a rien qui te retient dans les mailles de la tapisserie

Les mots dansent puis s’effilochent, la source se trahie

Du rêve au réel tu sombres dans le profond de ma forêt

Mon fluide sur ta chaire s’attache à te garder

J’ai trempé ma plume dans le foutre de la nuit câline

Pour parapher cette strophe d’une fin d’opaline

Voir les commentaires

Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #poésie, #Prose

Repost 0

Publié le 10 Avril 2017

J'aime beaucoup le ressenti général laissé par la lecture de la poésie. Si j'étais pointilleux à rechercher à tout prix à formuler une critique pour faire réfléchir l’auteur ou le lecteur alors ma critique se porterait sur l'image au fronton d’un poème. En couverture ou en couvercle, il y a des créateurs qui dans le sens de ma stupeur clouent au pilori de leurs poésies une image, une photo, un dessin, une illustration. Quelque soit sa forme graphique en règle générale je trouve la présence illustrative d’une poésie redondante et au fond parfaitement inutile. L’auteur de poésie, le poète ou la poétesse, doivent avoir un peu plus de confiance dans les mots de leurs poésies. Car ce sont eux, les mots, qui portent seuls et très bien l'émotion que le poète cherche à véhiculer. Ils n'ont pas besoin de ces images pour être plus fort les mots. Je vais jusqu’à penser que l’image en incipit d’une poésie est une flaque d’eau insipide, je trouve qu'elle agit à l'inverse du mouvement poétique en préparant le lecteur à ce qu'il faut lire rendant sur le coup le lecteur moins apte à être cueilli par l'émotion. Et ici, en mes pages de blog, lorsque j’ai l’impression de déposer une verve poétique je l’expurge toujours d’images et à l’inverse lorsque je sens la médiocrité de la publication devenir menaçante j’ajoute alors une image. Et peut-être que je pinaille mais l’image qui vient après le texte n’a pas le même danger et pas le même impact que l’image de couverture qui agit comme un couvercle qui ferme la poésie sur un pilori souvent mal choisi.

Voir les commentaires

Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #Réflexion, #poésie

Repost 0

Publié le 7 Avril 2017

La théorie des cordes à la peau du ventre bien tendue. Lorsque ça commence comme cela je sais que l’on se vautrer dans l’erreur poétique et dans les jeux des mots un peu trop faciles qui falsifient la face voilée de la science usurpée de la prose. Je pose ici l’usure des mots sciés ; à droite l’embranchement de la forêt où verdoient des rimes esseulés et la prose langoureuse qui n’a pas perçu la présence métallique de la scie sur sa branche. La frondaison des établissements façonnés par les forces naturelles forge face à moi la frontière bien palpable d’un horizon très blanc. J’aurai besoin d’une arme à feu, d’un fusil ou d’un missile balistique pour maculer la ligne clair de cette oraison horizontale d’une tâche noire en guise de point de fuite.

J’accélère, l’heure tourne, le ventre vide creuse une ride affamée qui me pousse hors de lui vers un hors de moi pour dévorer le hors-d’œuvre. Non mais sérieux ? Hors-d’œuvre, en dehors de l’œuvre j’use et utilise le mot depuis la nuit de mes temps et ce n’est qu’aujourd’hui, qu’à cet instant précis, ce vendredi 07 Avril 2017 que je réalise le sens littéral du terme. Un hors de l’œuvre ? Vais-je donc en faire mon entrée en matière poétique ? J’ai envie de pouvoir dire que je suis un poète hors-d’œuvre.

Voir les commentaires

Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #Prose, #poésie

Repost 0

Publié le 22 Mars 2017

Un poète doublé d’un gourou sectaire qui s’est exilé dans l’ombre d’un scandale ; derrière cette formule j’aurai très volontiers résumé ma figure d’auteur. Mais ce n’est pas de moi dont il s’agit l’auteur, le poète et le gourou d’un possible scandale c’est Lucien J. Engelmajer alias le Patriarche un homme qui a longtemps œuvré dans le soutien aux toxicomanes et aux victimes du Sida. D’abord ici en France dans les années 70 puis un peu partout en Europe et dans le monde avant de devoir quitter le bateau lorsque la disgrâce des procès et des accusions de viols ou de détournement de fonds risquaient de lui tomber dessus. Pourquoi est-ce que je vous parle d’un pareil personnage ? Pas pour en faire un modèle, simplement parce que j’ai chiné un de ses ouvrages. Un livre de poésie pour 50 centimes intitulés Drogue Société, un livre réalisé avec des ex-toxicomanes. Si la figure du Patriarche gourou post-hippie et poète est un archétype que j’apprécie parce que je suis amateur de faits divers, la qualité de la prose poétique est un peu plus discutable. Ce n’est pas toujours mauvais, mais pas forcément bon non plus.

Le deuxième livre dont j’ai vais parler ici est l’ouvrage d’un auteur qui s’est toujours montré à la hauteur de mes lectures. Un des tous premiers auteurs vers lequel je suis allé de moi-même lorsque j’ai ressenti ce soubresaut me dictant qu’il était temps pour moi de me forger une culture personnel. Cet auteur c’est Albert Camus et l’ouvrage que j’ai chiné de lui c’est Noces suivi de L’été. Noces est un recueil de quatre textes écrits entre 1936 et 1937 dans lesquels Camus évoque son rapport à sa Terre natale Algérienne. L’été est aussi un recueil de textes où Camus évoque et invoque le monde Méditerranéen. Et commencent à lire ce livre, j’ai eu une pensée pour le premier texte que je m’apprête à publier et qui relate lui aussi mon expérience Algérienne. Je n’ai rien de Camus comme auteur, mais pendant un instant j’ai eu cette pensée de comparaison amusée.

 

Deux livres chinés, 1 euro dépensé, tout va pour le mieux le momant total dépensé cette saison est de 3,10 euros

Deux livres chinés, 1 euro dépensé, tout va pour le mieux le momant total dépensé cette saison est de 3,10 euros

Voir les commentaires

Repost 0

Publié le 21 Mars 2017

Le sacre du cinéma est un cénobite aveugle qui beugle ses répliques dans l’ouvrage électronique des diableries sans nom. Car s’il avait eu le nom du diable au bout de sa langue aveugle sans plisser un sourcil à ses yeux de démon écervelé il aurait plongé le monde dans la ruine immonde de ses partisans dévoyés.

Non je ne ferai pas de sacre de cinéma aujourd’hui. En tout cas pas ici car j’ai de la pudeur et je réserve ma meilleur plume à l’orée différente d’une ailleurs aux dorures incertaines. Le cinéma et le culte de ses morts c’est une griffe d’acier sur le sac à main d’une ballerine au plastique nasal déposé avec soin.

Son enfant est féline, son papa est la nuit ; dans la rivière pastelle des couleurs acides je regarde mourir ce monde qui n’a pas encore eu le temps de naître. Il n’y a que les cervelles androgènes scellées entre des plaques de verres fins qui peuvent pondre de pareils crépuscules. C’est mon plan diabolique, ma visée respiratoire, c’est l’entière dévotion d’un projet forestier que d’abattre à mon tour une trouée pour percer la frondaison verdoyante de ma perspective nouvelle.

Et s’il n’y a rien de nouveau, comme il n’y a pas de sacre, et s’il n’y a rien de beau ni de sacré dans le flot de ma prose, si tout ceci n’est qu’une danse mauvaise sur la chanson hérétique d’une bouche de femme fissurée avec une voix de fausset je me moque volontiers d’être pris au sérieux.

Je sais que l’homme est mort et que l’enfant a vécu. Sous le tombereau de pierre de la lapidation qui me sera réservée j’irai flinguer l’homme que je suis dans l’instant pour qu’advienne le prochain qui se préserve en moi.

Voir les commentaires

Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #Je est un autre, #Prose, #poésie

Repost 0

Publié le 20 Mars 2017

Mon silence a été long.

Celui des mots. Celui de mon être. Le silence d’une présence ; d’un être au monde tel qu’un être à soi.

Mon silence a eu le goût d’un naufrage. Le goût navrant d’un Titanic de l’ego faisant ouvrage d’échec sur l’iceberg de sa prison.

Comme le silence je suis brisé.

Comme les entraves je suis brisé.

Comme le vent qui caresse la surface verdoyante du printemps je suis brisé.

Mais surtout je reviens.

Comme un fœtus mort nés je revis ; mais avec plus de panache que lui et moins de respirateurs artificiels.

Je connais les ficelles pour avoir réfuté la corde du pendu.

Mon silence a été long, pas comme ma bite.

Mes mots faciles vont gicler à la face du monde, comme mon foutre.

Ensemence ma semaine d’une verve printanière.

Pourvu qu’éclosent les boutons des chemisiers des femmes d’étés et des fillettes du printemps.

Adieu les hommes de l’hiver car aux dieux des ivresses j’irai trahir la saoulerie des pollens.

Voir les commentaires

Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #Prose, #poésie, #Je est un autre

Repost 0

Publié le 17 Mars 2017

Il y a du sexe et du swag entre les pages des Fleurs du mal de Charles Baudelaire. Il y en a de manière poétique à coup sûr dans les vers du poète et il y en a aussi historique pour tous les hommes et les femmes qui se sont séduits à la force poétique des rimes romantiques qui palpitent dans Les Fleurs du mal. Mais c’est autre chose que je convoque en cet instant précis. Il y des traces de swag et des traces de sexe (69) dans les notes et les gribouillages qui maculent l’ouvrage que j’ai chiné en vide-grenier dimanche dernière.

Je crois que c’est mon neuvième exemplaire des Fleurs du mal de Baudelaire, et la huitième édition différente. Ici nous sommes avec une édition scolaire de chez Hatier mais ce que je retiens ce sont les traces laissées par les élèves, les tranches coloriées au marqueur fluo, les gribouillages qui trahissent l’ennui de l’élève pendant l’étude de l’œuvre. J’aime toujours imaginer les vies modernes des lecteurs juvéniles qui sont confrontés à des œuvres poétiques.

Chez le même vendeur qui à priori avait bon goût j’ai trouvé du même auteur (Charles Baudelaire pour les mémoires des poissons rouges) Petits Poèmes en prose le dernier recueil de l’auteur publié à titre posthume et qui aurait dû s’appeler Le spleen de Paris. La couverture est cornée, les pages un peu rêches pour dire que l’aspect physique de l’objet ne m’invite pas à le lire. Pourtant je suis curieux de ces œuvres dernières ancrées dans la ville et dans la fin de vie du génial poète.

Les trouvailles de ce jour se terminent avec un livre quasi neuf, dans un état parfait qui invite à la lecture autant que l’auteur et que la nature de ses textes. Il est question de Paroles de Jacques Prévert, un recueil de 95 textes de formes et de natures différentes qui traversent la violence du siècle, l’art et l’oralité se posant parfois dans la douceur d’un quotidien puis dans l’acide de la critique.

Trois livres de poèmes et de poésie que j’ai trouvés à 20 centimes pièces. Il n’y a pas de doute la saison nouvelle des vide-grenier a commencée et je peux continuer de chiner des livres pour ma bibliothèque.

Trois ouvrages de poésie et 60 centimes de dépense. La somme totale dépensée pour la saison deux est pour le moment de 2,10 euros.

Trois ouvrages de poésie et 60 centimes de dépense. La somme totale dépensée pour la saison deux est pour le moment de 2,10 euros.

Du swag (si si), du sexe et des traces d'ennuis

Du swag (si si), du sexe et des traces d'ennuis

Voir les commentaires

Repost 0

Publié le 15 Mars 2017

Le futur est un combat de quelques centimes qui traînent sur mon bureau

Et dans le même temps, l’ordinateur outil de mes écrits récolte lui aussi des centimes

Ce n’est pas un bourreau de travailler, ni un mineur, rien qu’un alcoolique électrique

Ma machine racle les fonds de tiroir mécanique ; pas de messie ni de mécènes

C’est le dernier jour du roi, il est comme moi le roi et le roi c’est moi

Comme les derniers jours de l’hiver travestis en fleurs de printemps

Le roi se ment, se meurt et demain il va éclore, pétales de putain et cocon de catin

J’ai une gorgée d’ivresse à deviner la route rouillé dans le mur de nos mesquineries

Le compteur ne s’affole pas, je m’affilie à ces zéros qui gisent comme les perles d’un collier cassé

Je ne crains pas ; non, j’envisage la crainte comme l’horizon des normes qui s’écrasent

C’est ma queue, mon crâne et les quelques miettes de mes espiègleries qui se font brouiller

Les points d’énormes i roulent des tonnerres de tous mes diables

Des pièces de 89 % de cuivre, 5 % d'aluminium, 5 % de zinc et 1 % d'étain dorment

Elles maculent l’espace sous le regard hagard de la poule rose qui me surplombe

C’est un jour toujours nouveau où rien ne change

Utiliser une image sexy de Marilyn Monroe nue est une valeur sûre pour récolter des visiteurs

Utiliser une image sexy de Marilyn Monroe nue est une valeur sûre pour récolter des visiteurs

Voir les commentaires

Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #Prose, #poésie, #Ponctuation

Repost 0

Publié le 4 Mars 2017

Anachronique chronique sans queue ni tête

Il faut être têtu pour se tenir ici dans le silence des voix

Le bruit ténu de tes pas frôle l’espace

Tu teintes l’air avant de lui tenir tête

Cela nous épargne les trémolos et tout le tintouin qui vient en cascade

Je me carapace quand tu te carapates

Toute petite chronique d’un vieux grognard

Les mots grincent lorsque je grimace grimé d’un silence gourmand

Au lit, avec quelques livres, tu te remémores des allitérations

D’escalier en escargot la pensée rampe dans le colimaçon

Demain nous partirons pour Stalingrad

Le train de nuit et les frontières franchies une à une au rythme de nos passeports

Dans le wagon-bar les fumées de cigarettes dévoileront le temps qui passe

Et nos pas pourront se poser en terre étrangères où nous ne serons personne

Comme une fin en soi, anonymes dans le langage d’autrui, anonymes dans leurs yeux

La liberté de nos corps retournés à l’accent russe des bouches slaves

Ainsi que le bruit des artères autoroutières larges comme des baleines éventrées

Il n’y aura pas de maison pour crasher nos espoirs dévoyés

Seulement le lit d’un hôtel pour nos corps aimantés

L’exotisme nous sera ordinaire sous les auspices d’un nouveau dévot

Et le regard d’un tyran liminaire

Voir les commentaires

Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #poésie, #Prose

Repost 0