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Publié le 14 Juin 2013

C'est l'histoire d'un homme qui voulait avoir une grosse bite, mais qui de toute façon était trop timide pour s'en servir auprès des filles alors il ne disait rien, mais il désirait tout, surtout mettre à nu les sept filles dont il fut amoureux même s'il n'y en a que trois qu'il a aimés vraiment. Et comme les filles ce n’était pas pour lui un jour il a crié. Il a hurlé de plaisir, c’était devant la télévision et il se roulait par terre d'extase. Il roulait et criait sur le tapis dans la cuisine d’un inconnu qui avait la télé que lui n’avait pas. Et puis après il a encore connu le plaisir - mais en fait c'était avant -. Pour la seconde fois c’était sous le soleil grec du temps où la Grèce était encore le pays des philosophes et non celui de la misère économique. Le plaisir lui est venu en entrant dans le stade pour la première fois jusqu’à s’asseoir dans les tribunes.

 

Il se rêvait tribun, orateur, dictateur ou gourou d'une secte qu'il aurait conduit au firmament en la faisant coter en bourse, ou peut-être même terroriste, défricheur du territoire de l’art ou bien un de ces trucs qui marche sur la prétention du monde. Sauf que lui ce n'était qu'un tout petit corbeau de lycée, un esthète de la lettre envoyée et il regardait l'effet de ses mots sur les autres comme il regardait les ronds dans l'eau que font les cailloux qu'il balance dans le lac. Il n’aimait pas les autres, sauf les sept, sauf les deux ou trois autres pour faire une portion congrue, les gens qui offraient des tricycles, des bonbons, des billes, des punaises, des bouts de terre, morceaux de toit ou de ce pouvoir bourgeois de s'abandonner aux mots.

 

Il a joui parfois, mais c'était plus tard, il aime cela mais un peu moins que la soumission des désirs aux mots parce qu’il appelle ça la transcendance et que de se dire que l’on peut transcender c’est bien. Il a baisé parfois, mais c'était plus rare, il aime cela mais un peu moins que la rhétorique sauvage qu'il fantasme de pouvoir éructer à n’importe quels moments. Il a aimé sept fois et environ un peu moins, mais cela ne lui a jamais foutu la tête à l'envers aussi fort, aussi beau et aussi bien que peut le faire l'émotion que le sport provoque parfois, ou l'art mais c'est plus rare. Il a tué parfois, mais c’était par nécessité d’esthète et parce qu’il répugnait au viol et que le vol c’était trop conservateur.

 

Il a suscité souvent et ça c’était bon, il aimait ça comme rien d’autre alors un jour il s'est marié à une poupée qu'il avait chinée lors d'un voyage dans une cité Russe. Il s'est marié et ça a été drôle et sanglant, complaisant et sordide et il a aimé ça. Il a fabriqué pour sa femme nouvelle sept enfants, sept petites filles plus ou moins belles parce qu'il s'est dit qu'il pourrait écrire un beau conte avec elle. Et au pire il écrirait une saga sordide en sept volumes. Alors il a éduqué comme on joue aux jeux vidéo avec sept vies différentes pour multiplier les chances d'y déceler du romanesque ; il y aurai bien dans le lot une Alice Liddell, une Lolita, une Shéhérazade ou dieu sait quoi d’autre d’amusant comme une joueuse de tennis, une Marie Curie, une Nabilla ou une Emily Dickinson. Plus tard, mais c'était après, il est devenu vieux et il a passé du temps à se souvenir.

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Publié le 13 Juin 2013

Ouvrir son ordinateur comme l'on ouvre un livre, je vous parle du geste, de ce que l'homme fait quand il déplie, déplace, tourne la protection de sa tablette, comme s'il ouvrait un livre. Et d'autant plus que la couverture de ma tablette est blanche comme la plupart des pages du même nom. J'éprouve le même plaisir que celui que j'ai à ouvrir un livre sauf que c'est un livre que je peux lire, autant que je peux l'écrire. Et comme les livres, c’est aussi un pont entre deux rives ; celle de l'intime,celle du public. Ce livre c'est comme mon Fantasia, il est possible d'en voir surgir n'importe quoi, que n'importe qui m'emporte, la musique et les mots, les vivants et les morts, les images, les envies. C'est un livre qui s'ouvre et un tombeau qui se referme, c'est le geste divin ; camoufler sa nature dans l'hypertrophie d'une sociabilité de réseaux à la mémoire de moineaux, c'est abandonner dans un souffle le secret de soi qui se délivre dans un texte adultérin que l'on susurre à sa muse.

 

D'un geste qui était anodin avant même d'entrer dans nos habitudes, on entre en paradoxe a mi chemin de la surface profane et de la symbolique profonde. Je doutais et je doute encore de l'asservissement de l'homme à la téléphonie mobile ne voyant pas l'intérêt d'être soumis en permanence à la sollicitation des autres, l'impossible fuite, l'échec de nos solitudes. Pourtant, j'éprouve pour la tablette une fascination constante, j'y vois l'objet d'une libération, celle de l'homme qui enfin échappe à la posture informatique, au lieu informatique, au poste informatique, à l'imposture nécessaire. Ouvrir et fermer son écran avec la simplicité de l'homme qui ouvre son livre, le referment et l'ouvre encore et toujours, sans nécessité de posture et entendez bien cela d'un point de vue anatomique. Vous êtes tous dans mon livre et lui-même est toujours sous ma main, vous êtes tous dans ma poche et un peu dans ma tête et je me fous de réinventer l'eau tiède parce que tant que je peux l'écrire sur ma tablette je suis en mesure d'en jouir et c'est l'essentiel . Ma tablette réenchante le monde et je ne lui en serai jamais assez reconnaissant, le luxe juste sous la main, elle me rend bourgeois.

 

Je vous écris du jardin

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Publié le 10 Juin 2013

Se lustrer la barbe avec un peigne, c’est tout à fait désuet, tout à fait honteux, tout à fait délicieux et bien entendu très addictif. Je voudrais un jour avoir une belle barbe ; mais non je ne suis pas un hipster, ni même un bears, un ours, ou un fétichiste mais j’alimente patiemment un fantasme sur ma barbe. C’est le désir d’un barbe comme une forme crinière inversée, un écrin foisonnant pour le siège avancé de ma parole. Mais je crois qu’avant tout c’est un simple plaisir tactile, caresser sa barbe dans le sens du poil comme on le ferait avec un gros matou. Y toucher - à sa barbe - comme on ne rongerait les ongles pour trahir mais canaliser sa nervosité, son ennui, son attente, qui justement relève souvent de l’ennui et de la nervosité en même temps. Ou tout simplement jouer avec sa barbe comme le fumeur joue avec ses cigarettes de métal ou de papier pour se donner de la contenance, lustrer son sérieux d’un geste désinvolte. Mais ma barbe est imparfaite, ma barbe est une réfugiée en quête d’intégration mais qui sous mes yeux, enfin je devrais dire sur mes joues, se désintègre un peu et campe une diva capricieuse que j’ai décidé de caresser dans le sens du poile. J’aime dire lustrer. Non j’aime l’idée de lustrer quelque chose, lustrer une part de soi c’est encore mieux, bien mieux que de brosser le chien. Je me brosse moi, je suis un peu mon chien et je dois tout à mon maître, c'est-à-dire à moi. Wouafff

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Publié le 7 Juin 2013

Hier soir j’étais à l’Aréna à Montpellier, salle vaste et polyvalente où ce soir là se déroulait la dernière journée de championnat de France de handball. Comme toujours j’étais à avant l’heure, en avance pour humer l’ambiance, s’imprégner des lieux et des personnes. Assez vite s’est assis à côté de moi un jeune couple pas tout à fait dans la trentaine. C’est toujours plus fort que moi, quand j’en ai l’occasion je me laisse volontiers le droit d’écouter leur discussion, c’est finalement si rare un couple qui au lieu d’attendre en silence discute. L’homme, parce que chez les cons, c’est souvent l’homme qui doit instruire la femme, faisait le descriptif de la salle à sa copine. Quand on est habitué d’un lieu, on fini repérer assez vite la nature de ceux qui le fréquente, reconnaître ceux qui sont la pour leur première fois par exemple comme ça devait être le cas pour eux.

 

L’homme donc faisait à sa petite amie la liste exhaustive des événements ayant eu lieu dans cette Aréna, les concerts bien sûr, le handball, la danse, la gym, l’équitation, le cirque, il était bien aidé à cela par les images promotionnelles qui étaient diffusées sur les écrans et tout aurai été d’une grande banalité s’il n’avait pas cité dans sa liste le hockey. Sa compagne restée jusqu’à présent docilement attentive à la litanie de son homme eut comme un sursaut et répéta d’un air interrogatif « le hockey ? » sous-entendant ainsi son incrédulité à ce que l’on puisse recouvrir de glace cette salle de spectacles. Elle avait ébranlé son homme qui marqua à son tour une petite pause comme s’il découvrait à son tour l’incongruité de ce qu’il venait de dire.

 

C’est à ce moment que l’inculture eut un éclat de poésie fulgurant ; avec un aplomb tirant sur le sérieux, il apporta une rectification magnifique « non, mais ils ne mettent pas de la glace mais un truc glissant ». Et sa réponse aussi absurde qu’inattendue eut pourtant pour effet d’apaiser l’incrédulité grandissante de sa petite copine lui permettant ainsi de reprendre sa présentation de la salle. J’avoue qu’à partir de ce moment-là j’ai cessé de les écouter, j’étais entrains de ressasser sa réponse, me repasser la phrase et dans ma tête déjà gloser les quelques mots que j’écris là. Ne croyez pas que je critique ou que je me moque, rien de cela. Ma réaction a réellement été un émerveillement. Et je pense sincèrement que l’inculture et la connerie populaire sont les choses qui réenchantent le monde, remettant du merveilleux là où la raison et la science se sont appliquées à gommer le merveilleux.

 

La question qu’a posée la petite amie était légitime et même intéressante ; comment mettre une patinoire dans une salle de spectacles, elle avait raison de s’interroger, ce qui est beau c’est cette réponse, cette idée que déplacer une patinoire est une idée folle et que pour refaire coller ce qu’il savait réel il a eut cette idée, cette conviction, cette certitude que l’on pouvait remplacer la glace par un truc glissant. Il ne savait pas quoi mais au moins cela lui permettait de refaire coller le réel avec ce qu’il pensait être impossible : déplacer la glace. J’aurais pu m’interroger aussi sur comme faire entrer la patinoire, comment est-ce que c’était possible et je l’avais fait, j’aurai eu j’en suis sûr plusieurs hypothèses, j’aurai chercher à démêler ces hypothèses pour en faire sortir la plus crédible, la plus proche du véridique ou de la vérité. Mais ils n’ont pas eu besoin de cela d ; il fallait juste une réponse à la question peu importe le crédible de la réponse.

 

Oui c’est beau, je trouve cela beau, et je sais, voir même j’espère, moi aussi parfois être ce con qui réenchante le monde de son inculture et de sa naïveté.

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Publié le 5 Juin 2013

Le contresens, rester contre tes sens dans odeur d’essence, un système de mise à feu en main et se tenir debout à corps et à cœur et contre tous, contre tous les hacker, pirates des sens qui mettent à feu et à sang les farouches et les blondes tandis que dans les bac à sable c’est la bataille des cerveaux, canon à billes, habiles petites mains carnassières qui dévorer des corps de bas en hauts et d’eaux en dents ; un débat sur l’enfer, dicter les heures par sens inversé, aimez vous, aimez nous et émiettez vous le cœur, dépoussiérez vous la culotte ; j’ai mes vapeurs, je n’ai même pas peur, je déploie mes ampleurs et je te tentacule et t’accule dans les coins, dans mon lit, dans ma littérature, dans mes itérations gratuites distribuées à grands coups ; introduction dans le trou de la grande bouche, rentre et entre et fais-le toi-même, rentre des mots dans ma bouche, remonte tes mots en moi jusqu’à ma cervelle, fouille et entre avec la langue, trépanation linguale et visqueuse sans être extra au territoire terrestre ; toi l’autre rentre en ma bouche et fait y tout le ménage, remue méninge, et lavement de printemps ; Faites-moi ma révolution printanière comme une bande d’Arabes à goût vieux de Révolution française et de jungle mexicaine

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Publié le 29 Mai 2013

La ligne morte nous empêche de la dépasser, c’est assez, au-delà, ce n’est plus la vie, ce n’est plus le temps, il n’est plus temps et nous ne serions alors que des âmes en peine sur une île à la dérive à la surface houleuse où les nombres et les signes prennent des ourlets lourds au revers de nos médailles, une ligne morte comme une envie invisible, la frontière non visible du temps indivisible et demain il sera trop tard, un pas en trop et on sera en dehors sous aux regards de dieu toujours chargé da la culpabilité ; pourquoi croyez-vous que l’on s’enferme dans des maisons, dans des grottes, dans des appartements ? c’est juste pour lui échapper mais les lignes mortes nous découvrent la tête alors comme des fous roulant à tombeaux couverts droit dans un mur nous nous réveillons et agissons avant de la franchir la morte ligne, remplir des litres de la trilogie des trois S, le sang, la sueur, les signes, il faut que cela saigne ou que l’on soit inspiré et les grands fermés en soi on puise, on épuise et aussi fort que l’homme peut le faire on transcende soi et les mots et on parvient à se séduire c'est-à-dire à s’échapper de la culpabilité divine et on se sent beau et fort, un doigt d’honneur en l’air et fier de n’avoir pas franchir la ligne morte

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Publié le 28 Mai 2013

Il regardait sous la pluie sous les jupes des joueuses de tennis, des joyeuses sportives en jupette et basket de tennis qui s’amusent sur la terre battue à se renvoyer des balles, il regardait sous la pluie avec espoir les jupes courtes qui trônaient bien souvent au sommet d’interminables jambes fuselées et il espérait que le mouvement du bassin, que le soubresaut du service et que le vice du caméraman lui permettraient de voir sous la jupe des joueuses de tennis là où ce cache le cœur du monde et tous les mystères de l’univers. Le mariage pour tous n’était qu’une sombre merde, le tennis pour toutes voilà ce qui aurait nécessité d’être plébiscité pour ici et partout et pour toutes les femmes ; nécessité de porter la jupe aussi courte que le shorty qu’elles portent sous leur jupe, nécessité des jambes nues et des glissades sur terre battue et un peu de sueur pour le lustre quand il ne tombe pas la pluie ; on pourrait croire que sous les jupes les femmes ne portent qu’un short, rien de sensuelle dans un simple short, mais si tel était réellement le cas, pourquoi elles le cacheraient sous des jupes minuscules, c’est la jupe qui crée l’intérêt pour regarder en dessous, ce n’est pas ce qu’il y a réellement en dessous qui nous inspire des regards déplacés ; et sous ce climat d’hiver où seules les folles et les adolescentes - qui le sont aussi - songent à porter des jupes, regarder dans la télé sous la jupe des joueuses de tennis est devenue la seule activité estivale possible.

 

Mon marronnier de saison

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Publié le 27 Mai 2013

Quand j’ai commencé ce blog c’était il y a bientôt quatre ans, c’était par pur défi personnel et non par intérêt littéraire, c’était une époque où la procrastination éditoriale était chez moi une légion galopante alors je me suis dis que ça serai intéressant de ce contraindre à écrire au moins un article par jour, au moins un paragraphe, au moins quelque chose et l’écrire sur ce blog qui serai mon témoin. Il n’y avait que dans un seul domaine que je ne procrastinais pas ; c’était l’ouverture du blog, je créais des blogs plus souvent que certains mecs mettent un slip propre ; j’avais donc une colonie de blog, coquilles vides témoignant d’envie morte nées. Ce jour-là j’ai au lieu d’en créer un nouveau j’ai opté pour le recyclage et ceci explique pourquoi Les Arts Débauchés comme adresse du blog alors qu’ici je ne fais ni art ni débauche.

 

Les gens qui me connaissent bien savent que je suis d’un naturel obsessionnel - naturel que je chasse au galop - et que je tiens souvent de manière démesurée à mes routines, à mes habitudes, au rang desquelles quand je convoque ce blog la nomenclature des titres, toujours jour suivi d’un dièse et du numéro du jour et cela depuis 1432 jours. Bien sûr, il y a des habitudes que j’ai changées, rappelez-vous qu’au commencement je refusais les majuscules et le point final en fin de phrase, sans compter la maltraitance que je faisais subir à la ponctuation ; c’était ma façon à moi de dire « ceci est de l’écriture mineure », « ceci n’est pas de la littérature », « ceci c’est n’importe quoi », c’était ma posture et j’y tenais, pourtant j’ai réussi à la changer même si je continu de maltraiter la ponctuation parfois.

 

Mais voilà depuis quelques jours je commence à me question sur la tournure de mes titres ; et si je changeais cela ? Oh, pas un gros changement, ne plus commencer par jour, mais par le nombre. Mais après presque quatre ans d’habitudes, comment changer cela ? N’est-il pas trop tard pour changer cette chose que, j’en suis presque sûr, personne ne remarquerait ? Comment faire ? Comme ça ? En commençant sans prévenir, sans préambules, sans préliminaire, un changement discret et direct ? Ou bien faut-il attendre la date, le jour, la raison, attendre la muse, la bonne étoile et le parfait prétexte ? Bien je dirais que ça fait quatre ans que je suis là c’est un bon prétexte non ? Mais dans un mois aurai-je toujours envie de changer ? Et puis par quoi changer ?

  • 1432ème jour #
  • 1432e jour #
  • 1432 jours #
  • Mille quatre cent trente-deuxièmes jour #

 

Aussi risible soit cette question sachez que c’est une réelle question que je me pose et à laquelle j’aimerai avoir vos réponses

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Publié le 24 Mai 2013

On passe nos vies, nos journées, nos nuits, nos connexions perpétuelles aux mondes des possibles peuplés de personnes, d’alias et d’avatar à communiquer, échanger de la communication, parler, s’écrire, se répondre, se répandre, se donner à lire, à voir, à entendre, à comprendre, se réagir les uns les autres. Nous baignons, que l’on soit consentant ou non, dans un bain de communication avec son couple, son amoureuse, son flirt, sa maîtresse, sa cousine, la famille, les collègues, la politesse aux inconnus, les travailleurs de nos interactions, de la boulangère au gynéco, du contrôle de police au contrôle fiscal, nous sommes en échange de communication avec les autres, autrui, l’altérité.

 

Nous ne sommes pas égaux dans le don de communiquer, certains le feront avec talent, d’autres seront plus laborieux, maladroits, méprisants, bégayants, professionnels et amateurs sur le même plan, au pied du même mur, celui de traduire l’intériorité d’une pensée, d’une pulsion, d’un sentiment, d’une sensation, d’une angoisse en une chose intelligible pour l’autre. On parle, on se parle, sans garantie de réussite et fondamentalement on s’en fout parce que l’immense et écrasante majorité de ce que l’on se dit, de ce que l’on s’échange, de ce que l’on se communique n’a aucun impacte sur nous, au mieux nous obtenons une éphémère satisfaction ou un désagrément passager.

 

Pourtant dans ce chaos, ce bruit perpétuel de l’humanité qui existe, il y des anomalies, parfois une personne va vous dire une chose et cette chose là entre dans votre vie, elle entre en vous et elle vous marque au plus profond, au plus intime de votre être. Et ce qu’il y a d’extraordinaire, c’est qu’aucune loi ne semble réagir cela, aucune logique, aucune cohérence, aucune hiérarchie respectée et on se retrouve alors à garder dans son cœur - parce que c’est là que les choses s’inscrivent - des phrases parfois totalement absurdes. On peut tomber amoureux, sortir le grand jeu, mener de grand discourt, lancer de belles déclarations, construire des discussions passionnantes et pourtant avoir inscrit dans le cœur une remarque sur la vaisselle, la conduite trop à droite ou une remarque sur l’épilation. On se retrouve avec gravé en soi des paroles prononcées parfois par des personnes à qui l’on tient très fort, et c’est une chance, mais aussi parfois par des inconnus croisés une fois par hasard et qui habitent nos vies d’une seule phrase.

 

Je trouve fascinant cette vulnérabilité de notre sensibilité. Et parfois je me demande combien de fois j’ai eu mes phrases qui ont pénétré la vie d’autrui pour s’inscrire en eux.

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Publié le 23 Mai 2013

il y a des personnes, en vrai, quand je les regarde et que soudain je les vois et bien parfois j'ai peur. Je n’ai pas peur de regarder les gens encore moins de les voir, mais parfois il faut admettre, reconnaître, se ranger sous la subjectivité triomphante qu’ils sont moches, perçus comme tel par soi et moi ça me fait peur. Regarder une personne, même en photo et réaliser que je la trouve réellement moche fait naître ma peur. Pourtant jamais je n’irai le leur dire. Je n'ose pas, justement parce que c'est sincère, ils me font sincèrement peur parce que je les trouve moches ou indignes et souvent les deux vont ensemble comme si être moche, bien en dessous du disgracieux - ou au-dessus selon le sens de vos échelles - rend à mes yeux indigne parce qu’une part archaïque de moi trouve que la mocheté entame la dignité. Mais jamais je ne le dirai parce que j’ai peur, peur d’être archaïque, de passer pour l’archaïque de service, le cerveau reptilien ce n’est pas bien dit-on dans le dos ; alors je ne le dis pas, je garde mon effroi pour moi, je détourne la tête, politesse, courtoisie et je me dis que le pire dans tout cela, c’est que parfois ça doit être moi qui confrontons les autres à cela, à cette peur, échange de cerveaux reptiliens

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