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Publié le 29 Juin 2016

Ce blog à sept ans.

Cette phrase me semble irréelle et folle. Je me souviens de quand j’ai décidé de m’imposer d’écrire au moins une fois par jour sur ce blog. Il y a sept ans. Je voulais m’habituer à l’astreinte d’écriture.

Sept ans, en temps internet ça me semble une éternité.

Et même en temps humain sept ans c’est long ; c’est une vie, ou une demi-vie si je parle comme pour les éléments radioactifs ; une demi-vie générationnelle durant laquelle l’élément c’est dégradé. Et je suppose que j’ai été cet élément.

Cet été je vais publier un recueil de poésie issue de ce blog. Je n’aurai jamais cru cela possible avant.

Et je me repère à ma sélection de texte il m’aura fallu quasiment trois ans d’écriture quotidienne sur ce blog avant d’arriver à produire le début d’un texte poétique honnête, adjectif plus valorisant que médiocre, mais qui évoque la même échelle de valeur pour moi.  

Des jours, des nuits, et des années. Tout cela sur un blog. Tout ça pour un blog. Tout cela pour moi. Et jamais plus de dix visiteurs par jour.

Sept longues années dans l’ombres des moteurs de recherches, ignorés des partages, des réseaux ou des commentaires. C’est donc sept ans d’astreinte, d’abnégation et beaucoup de croyance, ça ressemble à l’espoir mais avoir encore moins de raison.

Et sur toutes ces années j’en suis souvent venu à douter, me demander s’il ne faudrait pas arrêter pour concentrer mon énergie ailleurs. Mais sept ans, ça veut dire qu’il me reste plus que trois ans à tenir avant le cap des dix ans, ce moment où je pourrais me la raconter et me vautrer dans la prétention expresse et onirique ; je pourrais dire, putain les gars ça fait dix ans que je suis là.

Trois ans encore, ça ne fait que 1095 articles à rédiger ; j’en ai déjà écrit 2835, 2836 avec celui-ci. C’est drôle plus je parle de ce que j’écris sur ce blog et plus je parle de chiffre, au lieu d’écrire, de décrire mes meilleurs articles, mes plus grandes réussites, je parle de nombres et de chiffres, belle ironie.

Je n’arrête rien, un jour je vous parlerai de mes dix ans. Un jour je vous parlerai de mes publications nées sur ce terreau un peu pauvre.

Mais aujourd’hui, c’est mots ne sont que des mots en plus. Un chiffre plus un pour grossir ma grande rivière de nombres.

Sept ans pour mon blog, l'âge de mettre une photo racoleuse en illustation

Sept ans pour mon blog, l'âge de mettre une photo racoleuse en illustation

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Rédigé par Monsieur C

Publié dans #Je est un Blog, #Blog

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Publié le 28 Juin 2016

Je ne sais pas quoi écrire ici ce soir. Mon ratio est mauvais, hastag bancal. Globalement je ne manque pas d'idées d'écritures ou de projets dans lesquels me projeter. Ce dont je manque c'est une part d'organisation et d'autres parts c'est de me délivrer de mes oeillères. J'ai des idées, des envies, ce qui manque à ce blog, c'est un cadre, une ligne directrice. Voilà sept ans que j'avance dans le noir parce que je n'ai pas le courage de m'imposer pour ce blog une restriction créative ; la seule à laquelle je me soumets c'est celle de la périodicité, quotidienne, chaque jour venir là et écrire mais écrire quoi ? Les articles critiques de films ou de jeux vidéo c'est pour le blog dédié, les projets d'écriture c'est pour moi, pour le papier pour l'ordinateur, pour la perspective de publier, mes envies de soubresauts littéraires, écriture de fanzines, la créativité brute du Do It Yourself je le garde pour plus tard quand je me serai libéré du temps de cerveau, alors il me reste quoi pour ce blog, la mère de tous mes blogs ? Je ne sais pas, je ne l'ai jamais su et c'est toute la difficulté.

 

Sept ans c'est long il est peut-être temps que je concède à mes névroses de renier sur la périodicité et me ranger sous une ligne directrice ou éditoriale. C'est peut-être le cas oui. Peut-être que je ne suis pas capable d'arrêter non plus. Je porte haut dans mes habitudes la fidélité mais peut-être que de cela aussi je devrais me défaire pour renouer avec plus de liberté.


Je pose la question comme si quelqu'un pouvait me répondre.

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Rédigé par Monsieur C

Publié dans #Blog, #Je est un Blog

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Publié le 23 Juin 2016

Dans les rues, dans les médias, dans les bouches grandes ouvertes de la doxa facile, on brandit volontiers le spectre de la pauvreté comme la pire des déchéances ; elle est montrée du doigt et désignée comme l’ennemi intime numéro un, loup solitaire nécessairement affamé d’être pauvre, qui prêt à bondir sur nous et déchiqueter dans sa gueule rageuse les lambeaux de nos habitudes et les haillons de nos illusions. Devenir pauvre serai comme la pire des lycanthropies, cela transformerai les moutons en des bêtes plus monstrueuses encore. Car le pauvre c’est le monstre, celui qui n’est pas comme nous au point qu’on le pointe du doigt l’excluant de facto du cercle fermé de ceux qui font société.

Oh ça non il ne fait pas beau être pauvre, il ne faut pas l’être et si tu l’es alors il ne faut pas le dire, tu devrais courber la tête et aller à la mine creuser un peu plus profond ta tombe dans l’espoir de trouver un chemin de sortie à l’ignoble pauvreté. Pourtant le monde est un pays pauvre, le monde est un pays majoritairement peuplé de pauvre ; être pauvre est une norme statistique et l’humanité de chacun survie à cela.

Il ya dans certaines formes de pauvreté une force qui est salvatrice, elle nous isole de la course insensée à la consommation, c’est un vaccin violent qui nous prive de l’inessentiel. Alors, enfin libéré de sa place de sujet consommant l’homme se retrouve devant sa condition d’homme. Faut-il encore accepter sa pauvreté sans s’y soumettre, s’y confronter sans s’y conforter, la voir comme une lanterne, un élément aléatoire, libérateur et brutal. Il se peut alors que l’homme se trouve libéré de l’angoisse que provoquait un supposé devoir de consommation et il peut alors commencer à créer. Pour de bon, pour son bien, pas comme un travail, mais comme un exutoire nécessaire afin de générer ses propres outils d’existence.

Et finalement, si ce jour advient, les lieux communs n’avaient pas tout à fait tord, parce que ce jour là, le pauvre, homme errant parce que libéré de ses chaînes, homme armé des outils qu’il s’est construit, devient un électron libre insoumis aux impératifs qui contraignent la doxa sociétale et il devient de fait le danger. C’est un radical libre, soustrait à la dominance des masses par l’argent et instruit de sa puissance créative ; et dans ce moment là je jubile ma pauvreté.  

Un seul visiteur hier ; faites mieux #RT #racolage

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Rédigé par Monsieur C

Publié dans #Je est un Blog, #Réflexion, #Autofiction

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Publié le 22 Juin 2016

Je me rappelle qu’il y a quelques années déjà je voulais faire la manche, faire de la mendicité. Ce n’était pas un projet d’avenir non, c’était dans une vision politique et artistique, l’idée de mendier quelques euros alimentait des idées d’arts, de provocations, et de stimulations intellectuel pour ma matière grisée à cette idée de flirter avec l’argent des autres. Je m’imaginais alors me tenir debout à un rond-point en portant sur moi les codes du genre pour distribuer aux automobilistes me prêtant de l’intérêt des papiers les invitants à se rendre sur un site internet afin de me faire un don.

J’aimais alors cette idée de délocaliser l’acte de don, j’étais animé par un sens du paradoxe qui renvoyait le mendiant du possible, c'est-à-dire moi, et le donateur de la rue, c'est-à-dire l’autre à des postures détachées de la réalité. Par la suite je continuais de manipuler cette idée de la mendicité et du don faussement gratuit de l’autre à autrui en cherchant toujours à faire émerger une forme d’art ; c’est ce que je voulais. J’imaginais l’artiste mendier pour son œuvre, pas pour la vendre mais pour lui donner une valeur ; mener mendicité pour faire naître une valeur relative à une œuvre d’art. Encore après j’ai même mené mon mémoire en photographie sur ce que j’ai appelé la posture du mendiant. C’est bien que cette image du mendiant est une récurrence intellectuelle en moi.

Nous voilà des années plus tard, je n’ai encore rien osé mendier mais je continu d’être porté par cette question ; sauf que nous sommes entrés dans l’air du financement participatif et des collectes d’argent collective. Encore ce matin j’ai découverts OKpal une nouvelle plate-forme pour récupérer de l’argent conçue par Ulule déjà acteur majeur du financement participatif. J’ai donc survolé les projets qui demandent de l’argent sur OKpal et j’ai réalisé que nous sommes bel et bien entrés dans l’époque de la mendicité numérique, mendicité 2.0 pour reprendre cette expression déjà désuète. Je ne critique rien, si ce genre de plate-forme permet de créer de la solidarité et de faire passer de l’argent de mains à d’autres mains je trouve ça très bien. Mais ça a réveillé mon envie de mendier, pas comme un projet d’avenir, non, mais comme un geste politique et artistique. Parce que sur OKpal pas de contrepartie, pas de limite de temps, c’est juste une interface pour permettre à des gens de réclamer de l’argent à d’autres personnes libres de leur en donner ; faire la manche, faire la mendicité c’est maintenant possible avec sa carte bleue et peut-être même avec son compte Paypal, je trouve cela tellement fascinant que je ne sais pas si je résisterai longtemps à l’envie de mendier à mon tour.

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Rédigé par Monsieur C

Publié dans #Je est un Blog, #Réflexion, #argent

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Publié le 19 Juin 2016

Je me rappelle que lorsque nous étions petits avec ma petite sœur nous aimions entre autre chose jouer aux vaisseaux. Je ne me rappelle plus très bien du contenu de ces jeux, mais je sais que souvent nous y revenions. Jouer aux vaisseaux c’était s’imaginer en capitaine de vaisseau façon corsaire de l’espace qui commande son navire spatial avec un ordinateur. Je me rappelle très bien que nous nous étions fabriqué des ordinateurs pour accompagner ces jeux où nos vaisseaux étaient nos lits ou nos chaises ; oui je vous parle d’une époque où nous n’avions encore jamais vu d’ordinateur personnel à la maison, du coup un ordinateur c’était en fait une de ces interfaces abstraites et absurdes avec des boutons, des lumières et des écrans radars comme l’on en voit dans n’importe quel film ou dessin animé de science-fiction. Ayant des parents bricoleurs, nous avions pu récupérer des choses qui nous inspiraient quelques choses de science-fictionnelle, des interrupteurs, des potards, des pièces de bric et de broc que nous plantions dans notre ordinateur qui était en fait deux tranches de polystyrène l’une sur l’autre dans une forme vaguement inspirée d’une machine à écrire – il n’existe pas de photo de nos constructions et j’ai bien conscience que ma description est trop succincte pour que vous puisiez bien visualiser ce que nous fabriquions, j’en suis désolé –. Notre père avait installé de petites ampoules de lampe de poche derrière des écrans qui étaient constitués de portes documents où nous posions des papiers claques sur lesquels nous dessinions le contenu des écrans radars. Ce que je veux dire par là c’est que lorsque je repense à tout cela je réalise que ma vision du futur, de l’ordinateur par exemple, était parfaitement claquée sur ce que je voyais dans les dessins animés qui eux-mêmes retranscrivaient ce qu’ils pensaient que serai le futur dans les années 70. Mais c’était non-conscience mais c’était bien en moi ; je ne cherchais pas précisément à reproduire le cockpit de l’Odysseus d’Ulysse 31 ou du Cyberlab du Capitaine Flam mais c’est ce que je faisais parce que ces figures sont celles qui ont imprégné en premier la matière première de mon imaginaire.

Je suis le fils d'un autre siècle
Je suis le fils d'un autre siècle
Je suis le fils d'un autre siècle
Je suis le fils d'un autre siècle

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Rédigé par Monsieur C

Publié dans #Je est un Blog, #Réflexion, #recyclage, #SF

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Publié le 15 Juin 2016

Aujourd’hui – plus rien à dire – ce midi plus rien en tête – ce n’est pas la fin – c’est une démarche démagogique – tous trop de mots – tous trop d’images – tous des discours – tous en paroles – tous en visuel – tous ces autres avec tous ces mots – trop c’est trop – tous en masse – et moi en plus – je devrais arrêter là – je devrais changer de focale – trop de pubs – trop de prétentions – trop de partisans – trop de revendications – ça va jase trop – ça buzz trop – c’est trop pour moi – c’est trop à l’intérieur de moi – l’éponge est gorgée – le tissu est saturé – la matière grise déborde – plus rien n’y entre – les pores sont bouchés – rien ne sort – je ne dévide plus – je ne me vide pas – reste un corps à évider – une âme est émincer – mais jusqu’au bout des doigts l’expression plafonne – plus rien à faire – trop rien à dire – pas assez de place – vous être trop – ils sont trop – tout est trop – trop est trop – tout étroit en dehors – très étroit au-dedans – une dimension surchargée comme une dentition trop serrée – il faut vider l’espace public de toutes vos baves – il faut nettoyer l’espace numérique de toutes vos traces – il faut ranger vos expressions dans des livres, des affiches, des fascicules – il faut faire du vide – faire de la place – faire table rase ; ils nous l’avaient déjà dit

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Rédigé par Monsieur C

Publié dans #Je est un Blog, #Divagations diverses

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Publié le 14 Juin 2016

De la grandeur à la misère je regarde le monde des autres, j’entre des yeux au milieu de leur jungle et je jubile comme diable qui couve le moment où il va exulter. Je me cache, si petit dans ma grotte et par le judas d’un petit trou platonicien je crache sur le monde d’autrui ; je n’essuie pas ma morve et je macule les alentours de jets organiques ; mes yeux sont des fontaines d’où des torrents rugueux déferlent de moi. Non je ne pleure pas, je transpire de mon âme honteuse, je sue des gouttes dégoûtantes qui suintent à l’intérieur de moi et transperce ma frontière de peau métaphorique. J’ai les flux organique perforants comme l’homme qui nique déflore l’hymen qui s’offre et souffre à lui. C’est donc moi, caché je me dévoile, j’envisage un virage ou une claque sur ma propre joue. C’est une caresse palmaire bien brutale qui explose quand elle s’écrase sur ma peau métaphorique ; j’en tremble encore comme le métal du diapason. Je frappe ma poitrine, sur mon cœur le blason d’un diable, je frappe encore, je m’enclume, je marteau, sueur en grains de métal en fusion. Et la forge empirique d’où naîtra un empire reprend vie ; je n’en reviens pas de m’y retenir.

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Rédigé par Monsieur C

Publié dans #Je est un Blog

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Publié le 9 Juin 2016

Tous les jours je viens trainer mes guêtres sur les réseaux sociaux, caniveaux numériques collectant nos grandes et nos petites eaux intimes pour les récolter dans de grand réservoir, gueules béantes, anonymes et invisibles qui se nourrissent de cela et nous stockent sûrement sous forme de graisse ou de matière organique en petits paquets d’octets et de bits. On ne m’y force pas, je viens, je me tiens debout au bord de la décharge et je regarde autour de moi. Je vois là un sacré potentiel, un outil puissant qui végète et doucement sombre et s’enfonce dans le marasme mouvant de nos non-actions.

Et chaque jour où je viens ici, en pénitent du cynisme ambiant j’éprouve le fameux je-ne-sais-quoi ; c’est comme une pulsion de renaissance. Je là, le clic mou et l’œil torve et je regarde cette incommensurable carcasse constituée de nos avatars et je me dis que j’ai envie de faire un truc ici. Juste là, sur Facebook, je voudrais créer ma page, mon groupe, définir un espace et lui donner un ton, une couleur, bref une ambition et une prétention. Et je voudrais faire de cette espace une zone de hype, de créativité, d’esprit critique et de libre arbitre. Je voudrais que ça soit fort et que ça fasse réagir les autres, parce que je veux faire partir du jeu et prétendre que j’en suis parce j’agrégerai petit à petit une communauté d’esprit et que le bouzin se portera à ébullition jusqu’à créer un maelstrom très stimulant pour la pensée et la créativité. Dès lors nous pourrons passer à l’acte dans le réel et contaminer la réalité de l’inventivité née entre les parois invisibles de ma zone, ma page, mon groupe, ma cellule primitive.

Oui je veux ça. Oui, je veux la même chose que les autres. Oui, je veux m’inspirer de ceux qui sonnent comme bons à mon esprit critique et je veux surpasser, enterrer, faire passer de mode ceux que je suppose médiocres et mauvais. Oui, je veux ça, comme un caprice et comme une ombre pourpre qui rend rouge mes joues de honte. Parce que je veux ça, mais je sais que je n’ai pas le talent ni le réseau nécessaire pour l’avoir. J’ai peur de mettre en jeu une ambition pour laquelle je n’aurai pas les épaules, les clefs et le mors pour la dompter et lui faire les figures élégantes que je voudrais lui imposer.

J’ai la sensation d’avoir juste assez de lucidité pour envisager mon échec, juste assez pour me projeter et percevoir le pathétique de la situation que je pourrais créer. Juste un peu trop pour lâcher prise et ne pas voir ce que je vois, ne pas savoir ce que je sais.

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Rédigé par Monsieur C

Publié dans #Je est un Blog, #créer, #écrire, #ébauche

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Publié le 7 Juin 2016

On oublie tellement souvent que le mauvais goût est une forme d'art, un domaine qui peut être la prédilection de certaines personnes parce que le mauvais goût est partout, en art, dans la mode, la musique, dans les concepts philosophiques, dans des lieux et des espaces géographies, c’est un absolu capable d'émerger n’importe où comme une métastase culturelle. Le mauvais goût est une invariance qui traverse notre culture de part en part avec l’implacable fatalité d’un magma qui fini toujours par retrouver la surface pour tout déformer autour de lui. Et ce mauvais goût éculé ou déclaré c’est forcément pour certains esthètes une source de fantasme. Nos éducations si subjectives nous font grandir dans le dénigrement d'une forme culturelle de mauvais goût et dans la célébration d'une forme de bon goût, nous conduisant inévitablement à rejeter l'un des deux à aduler le second.

C’est naturel et implicite à nos éducations et nous ne pouvions pas y échapper. Et même si certains semblent convaincus de l’imperméabilité des deux zones, la vérité est mouvante, indistincte, même incertaine.

Personnellement je revendique mon attirance pour un mauvais goût, oui je bande pour le mauvais goût et le vulgaire. Bien sûr que ça m'excite parce que le mauvais goût transporte avec lui une véritable charge de transgression sociale et sexuelle parce qu’il est non-consciemment lié à la misère, à la lutte des classes, à l'inculture et la pédance des rapports de forces avec l'autre. Avoir du goût pour le goût mauvais c’est renverser un lien oedipien, ou l’accoucher je ne sais pas trop, car succomber aux attraits du mauvais goût c'est frayer avec le camp adverse dont nos parents voulaient s'extraire. Ainsi fantasmer sur l’idée de baiser avec une femme de mauvais goût, une femme reconnue et identifiée de mauvais goût pour mes pairs, c’est trahir papa et maman en baisant hors de leur zone de confort et de compréhension et cet acte est unanimement excitant pour moi.

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Rédigé par Monsieur C

Publié dans #Je est un Blog, #Sexualité, #érotisme

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Publié le 6 Juin 2016

Lorsque je suis entré au collège, gamin timide, solitaire et introverti j’avais une grande peur. Je redoutais que les autres puissent lire dans mes pensées. Ce n’était pas exactement de la paranoïa, c’était seulement de la pudeur. Avec mes mots d’adulte contemporain, je peux dire que je ressentais des pulsions et des désirs nouveaux qui provoquaient en moi des pensées nouvelles que je n’assumais pas et je redoutais que les autres, la doxa cruelle des élèves de sixième et des classes suivantes, entre dans ma tête et se moque de cela. 

C’était une peur sincère, c’était-à-dire une peur irrationnelle. Je savais bien que l’on n’était pas capable de lire dans les pensées des gens, j’en étais rationnellement convaincu mais pourtant je redoutais que cela m’arrive. J’interprétais toujours le comportement des autres à mon égard à la lumière de mes pensées intimes. Dans le même temps je désirais aussi ardemment que cette horde vorace constituant la doxa pré-pubère ai à son tour ses pensées révélées au grand public ; je pensais que cela rétablirait une forme d’équilibre cosmique. Je pensais que si l’on parvenait à dévoiler au grand jour les pensées intimes, et donc forcément faillibles et déviantes, de ces jeunes animaux hormonaux ils tomberaient de leurs piédestal et j’entrerai là où j’étais le mieux, c'est-à-dire dans l’anonymat. 

Je parle d’un temps où les réseaux sociaux n’existaient pas, et nous n’avions ni Twitter, ni Facebook, aucun outil pour justement exposer en permanence le contenu de nos pensées, de notre estomac et de notre culotte. 

Je redoutais donc que l’on découvre le monde intérieur de mes pensées charnelles et fantasmatiques parce que j’étais incapable de les assumer et encore moins de les réaliser. C’était sale, sexuelle, sensuel, délirant et instinctif ; je bouillais de pulsions dépassant ce que ma conscience pouvait gérer. Pourquoi est-ce que je raconte cela ? Parce qu’aujourd’hui je réalise qu’avec internet et les blogs, je suis en mesure de constituer une zone qui est à l’image de mon inconscient de l’époque. J’avais douze, treize et quatorze ans et je ne savais pas que faire de ces pensées salaces. Plus de 20 ans après je réalise que je tiens un blog qui est le reflet de mes désirs archaïques avec des corps dans une sexualité crue, de l’érotisme pudique, quelques flirts transgressif et ma parole qui s’y sent libre. Ce cocktail là c’est celui du moi archaïque qui naissait en mon corps et en mon âme lorsque j’entrais dans l’adolescence. Et avec le recule je trouve ça fascinant. 

Je vais continuer à laisser divaguer mes fantasmes et mes obsessions et parfois je vais laisser ma conscience exploser mes pensées avec mon goût indéfectible pour les mots, l’érotisme et la transgression.

 

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Rédigé par Monsieur C

Publié dans #Je est un autre, #Je est un Blog

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