Publié le 31 Janvier 2017

Oh la jolie petite pute, une vraie catin que j'espère gratuite pour que je puisse lui gicler mon foutre pictural partout sur son visage d'ange.

Poésie larme à l’œil je conchie sur ta plume de velours avec panache et avec rage.

Prosodie pathétique de la langue crue qui se roule dans la fange, avec l’âge et le goût amer de le prendre j’apprends à oser le ton.

Hache à part je lui coupe la tête et la littérature râle lorsque de sa gorge tranchée elle macule le sol et gesticule comme un canard sans tête avant la saison.

Un geyser profane de souillure séminale déborde des encriers que l’on croyait démodés depuis que le chant des canons à supplanté l’audace des claviers mécaniques.

Ils ne dorment plus, ne vivent plus et même plus ils ne baisent ; ainsi ne fronde plus la génération perdue amante effrénée des uniformes et du clic.

Le prono des éperons a le luxe douteux de marquer les poitrines, mais pourquoi ne le voient-ils pas ? Cécité sémantique ou bien nécessité inique de ses gravures de mort d’ignorer le rang des moutons hiéroglyphes.

Demain le désastre annoncé dans le cri de l’aube moqueuse viendra s’échouer leur le pavé érodé par les bottes courtisanes qui se donnent aux mains riches des clients passifs.

La forêt est mammaire et les mamelles du pouvoir enflent dans l’ignorance des dogmes. Alors sous le ciel de l’instant j’abandonne mon âme aux fontaines du vice

Alors je redondance dans mon renoncement et j’abdique le pastiche de mon âme à la pratique onanique qui vise et pourfend la vacuité bienfaitrice.  

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Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #poésie, #Prose, #érotisme

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Publié le 30 Janvier 2017

Les pucelles piaillent en ingurgitant les fruits lombrics qu'elles arrachent la terre. Les moniteurs diplômés des mains moites, délivrent des borborygmes gutturaux pour dompter les donzelles qui fardent leurs dentelles zarbies dans des geysers de sang.

Sous la pluie qui revient à bride rabattues les jeunes garçons dispensent leurs jeux jumeaux dans les rues dénudées. Le pavé vorace laissera des traces dans leurs chairs chamarrées.

Et que fait le poète dans tout cela ? Il fractalise des pans entiers de la réalité et débusque des itérations mammaires dans les petites longueurs des artères étouffées.

Le poète est un terroriste pédestre, fourrageur des astéroïdes délétères. La rime est alarmiste et le feu soutenu dans les pilules divines lorsque l'ordinateur devise encore dans la dévastation du décor.

Le nid est sombre parce que les pies rapportent sans cessation de va et vient des monceaux de métal, des poutrelles métalliques, des fils de barbelés alors les bébés étouffent en manque de poitraille à téter.

Ne restez pas dans le vide même si les seuls qui risquent la chute sont les braves. Ni vous ni moi car nous sommes de ceux qui vont finir écraser sur le sol.

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Publié le 29 Janvier 2017

Je prélève rien dans le soir.Et je vais me dormir.Homme aux grandes oreilles n'étant plus rien de la drôle de drogue circulaire.Je plie une origami et je dépose la petite grue dans sa nature.Dans une bibliothèque.

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Publié le 28 Janvier 2017

Des plages et des plages de poésie cathartique, autrement dit de gros cacas grisâtres collés de sable. Il y a de la valve cardiaque qui manque de se faire mâcher entre les dents de deux zèbres.

Tes robes et Tes jupes et dessous des os et des os, ton petit corps calcaire ébranlé par les joutes magmatiques de mes pulpeuses pulsions. Tu tremble comme la terre quand un bassin minier est perforé par le membre mécanique d'une unité de forage, comme mon père, oh désespoir !

Orbe de foudre et vestiges lacustres donnent le change d'un décor demain. Ce soir il parcourt la parcelle enneigée émaillée de cadavres d'animaux et le cannibale tiendra son ventre jusqu'au jour qui vient après la nuit, il heurtera son cri à la matière grasse qu'il a marié à sa gorge et qu'il nomme sa rage.

Quelques branches coupées qui ne sont même pas des arbres.

Aujourd'hui c'est un beau gosse qui sort de son œuf. Il n'est pas venue seul, sa sœur cadette sort elle aussi de l’omelette, coulante,baveuse, qui trône à sa table. L'orage grêle fort à sa fenêtre et couvre les cris. Il lève son verre et trinque aux fantôme avec lesquels enfin, il peut se permettre de boire.

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Publié dans #poésie, #prose

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Publié le 27 Janvier 2017

Je suis allé dans un lycée technique, autant dire un lycée de garçons même si dans ma filaire S nous avions le luxe d’avoir quatre filles dans notre classe. C’était un lycée de garçons et autant de mâles alphas et bêtas en qui je ne me reconnaissais pas et d’une certaine façon c’était réciproque. Je n’y avais pas d’ami et c’était bien comme ça.

Un jour d’hiver du temps de ma première il pleuvait fort. Le ciel déjà bas avait fait place à la nuit avant même la fin des cours. Ce jour là pour une raison qui a échappée à mes souvenirs nous n’avions pas cours et chacun était libre de vaquer à son oisiveté comme il le désirait. Comme toujours et tant que possible lorsqu’il m’était permis de m’éloigner de mes congénères je sautais sur l’occasion pour sortir, marcher, parcourir la ville. Ce jour là il pleuvait. Oui, ce déjà soir de fin de journée la pluie battait fort sur la ville, j’avais une veste, étanche et chaude, mais pas de chapeau, de parapluie ou de capuche et pourtant je me suis mis à marcher, seul et sous la pluie. Il n’y a que les dix premières secondes qui sont un  peu contrariantes, peut-être désagréables, le temps de passer de sec à mouillé, mais les instants suivants je m’installer dans cette posture de garçon engoncé dans sa veste qui marche, la tête nue sous la pluie battante et le pantalon bientôt trempé de l’eau qui ruisselait sur moi. Plus j’apprivoisais cette posture et plus je me sentais bien. La pluie qui tombait uniformisait la ville, les gens reculaient sous les abris, et disparaissaient sous les parapluies me donnant l’impression de posséder la rue comme un roi audacieux.

Je marchais sans autre but que de butter le temps et j’étais bien. Soudain, au milieu d’un trottoir j’ai rencontrée une fille de ma classe, une des rares et la seule qui trouvait grâce à mes yeux, c’était à dire la seule à m’inspirer désir et tendresse. Elle se protégeait sous sa veste et sa capuche, seul son visage quelque peu ruisselant affrontait la pluie. Nous sommes arrêtés à face à face et je crois me souvenir qu’elle a eu une phrase du genre « Salut Rémy qu’est ce que tu fais là ? », c’était trois fois rien, quelques mots suivis de banalités climatiques. Mais elle m’avait nommée, elle s’était arrêté, m’avait vu détrempé et elle m’avait nommé par mon prénom. J’étais déjà le roi qui se tient droit sous la colère pluvieuse d’un dieu climatique, et soudain par l’intermédiaire de ses mots j’étais quelqu’un. Nous avons repris nos marches en sens contraire mais je goûtais alors avec plus d’intensité au bonheur de cette situation.

Je crois que c’est de cette phrase, de cette rencontre, du désir érotique et émotionnel que j’éprouvais pour cette fille croisée dans ce contexte hors lycée et hors normes, que me vient mon goût pour les jours de pluie, les jours de pluie sur la ville, et les errances sous la pluie dans la ville. Hier soir je marchais sous la pluie, dans la ville, j’avais ma veste épaisse et j’étais à l’abris sous ma chapeau qui n’empêchait pas le vent de me claquer la pluie au visage, et en éprouvant le plaisir de l’eau sur mon visage j’ai repensé à cette scène, à cette fille, à ce jour où lycéen je devenais le roi éphémère des rues mouillées.

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Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #Je est un Blog, #souvenir, #autofiction

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Publié le 26 Janvier 2017

Stéphane Mallarmé, dans un livre de poème que les auteurs, les éditeurs aiment trop souvent appeler : poésies, au pluriel parce que la poésie est toujours plus qu’elle-même, plus qu’une aile, plurielle et oui elle l’est. Mais le livre lui est petit comme un de ceux que l’on emmène dans sa poche à la mer ou sous la neige, un petit livre dense, doux qui valait 35 francs en 1989 aujourd’hui le livre pèse pour le poids des poèmes de Mallarmé comme si l’auteur ne s’était pas armé avant d’écrire.

Alfred de Musset à fait comme Mallarmé, à moins que ce ne soit son éditeur qui décida un jour de 1941 de titrer ce recueil très prosaïquement Poésies. 1941 et à Paris on éditait encore de la poésie, sûrement pour contrer les bruits de bottes, ou comme les autruches pour croire que rien ne changeait. Je ne connais que trop peu la poésie d’Alfred de Musset, mais cette ouvrage un peu petit, un peu serré de n’invite pas à m’y plonger, tant pis, la belle date et la poésie me pousse à le collecter.

Je ne peux pas dire que je connaisse mieux Saint-John Perse, sauf que lui son nom porte pour moi le goût épique de l’exotisme, de cette forme indistincte d’esprit instinctivement large, incernable mais poète et littéraire, l’esprit d’un intellectuel avec ce que j’éprouve d’admiration pour ce que je n’en connais pas mais que je perçois. L’impression, c’est ce qui me porte, l’emporte, et je suppose qu’il mérite son prix de littérature nobélisé. Et puis là c’est la collection Poésie/Gallimard que j’aime voir, avoir et lire alors cette fois je vais le lire avant de le ranger. Et pour cette fois le recueil ne se limite pas à se nommer poésies ou poèmes, il s’appelle Vents.

Et l’autre d’où me vient-il, qui est-il ce poète Michel-Ange ? Je le connaissais artiste, total, complet, sculpteur, peintre, dévot et impie, je connais le génie, je géant, un monstre sacré que l’on a sacré comme l’art de son temps et l’art d’à travers les temps. D’où me vient cette édition encore en Poésie/Gallimard du recueil que l’on appelle Poèmes ? Je ne sais pas, il est là et j’en suis heureux.

Que faisaient ces livres dans mon garage c’est le mystère, maintenant ne les cherchez plus ils seront dans ma bibliothèque chinée.

Chiner sa bibliothèque #HorsSérie : récolte dans le garage
Chiner sa bibliothèque #HorsSérie : récolte dans le garage
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Publié le 25 Janvier 2017

L’hiver est long pour les chineurs et le projet de chiner sa bibliothèque est un petit peu en sommeil, disons en hibernation pour user d’un terme de saison. Et très sincèrement les vide-greniers me manquent, chiner me manque, la promenade de l’âme qui ne cherche rien mais qui erre aux milieux de ces choses dont les autres se séparent et qui s’accroche parfois à un détail qui réinvente du sens me manque ; oui tout cela me manque. J’ai bien essayé de chiner dans les supermarchés et les boutiques spécialisées les jours de soldes mais ça n’a pas la même saveur, encore moins le même sens. Alors j’attends que les saisons soient plus clémentes et que les vide-greniers reviennent.

Pour palier à ce manque j’ai décidé de ranger mon garage qui me tient lieu de grenier et de trier les choses diverses et variées que je réserve pour un jour aller les vendre en vide-greniers. J’ai notamment trié, ordonné, rangé, les livres que j’irai offrir aux vagabondages d’autres chineurs. C’est là que j’ai eu le bonheur amusé de trouver quelques pièces que j’ai décidé de chiner pour moi, c'est-à-dire les garder pour moi en les faisant passer du statut d’objets à vendre à celui d’objets à moi. Il y a longtemps, bien longtemps avant que je ne sois chineur, j’ai eu une période où je vendais très régulières aux puces, c’est pour cela que j’avais accumulé livres e et objets divers issus de don, d’héritages, ou de dieu sait où, sans vraiment en connaître la liste.

C’est en faisant cette liste que je suis tombé sur Le livre de la jungle de Rudyard Kipling dans une édition qui m’aurait à nul doute attiré le regard si je l’avais vu en vide-grenier. C’est une édition de 1994, donc récente, très richement illustrée par Christian Broutin. Les illustrations venant très naturellement s’intégrer à l’œuvre elle-même joliment mise en page et accompagnée d’encarts informatifs sur les lieux, ou les traditions qui ont inspiré le roman de Kipling. C’est un livre très agréable à manier, à feuilleter et je suppose à lire. Lorsque j’ai vu cet ouvrage dans mes cartons il m’a attiré l’œil, son contenu m’a convaincu de le prendre pour moi, mais au moment où je me décidais je me disais intérieurement que s’il y avait eu dans la couverture un petit mot manuscrit ça aurait été parfait, je sais qu’en vide-grenier c’est le genre de détail qui fait basculer ma décision. Alors je regarde dans la couverture et je découvre deux petites feuilles tirées d’un cahier où sont inscrites des citations. Voilà donc un livre que j’entre très volontiers dans ma bibliothèque.

Chiner sa bibliothèque #HorsSérie : retrouver de la nostalgie dans mon garage

Le second livre que j’ai découvert dans mon garage est un livre que je recherchais en vide-grenier. C’est rare sont les ouvrages que je recherche précisément, mais celui là était particulier pour moi, tout simplement parce que c’est un livre que j’ai beaucoup joué en étant petit et j’avais envie de le retrouver. Finalement c’est assez logique de le retrouver chez moi, il y a même toujours mon nom à l’intérieur. Cet ouvrage c’est une sorte de BD dont vous êtes le héros, un livre jeu, quelque chose de simple pour un jeune enfant, sur chaque page un petit jeu, un labyrinthe, des figures à retrouver, et en fonction du choix le livre nous invite à aller à telle ou telle page. Comme vous pouvez le voir sur les photos le livre jeu se déroule dans un univers de science-fiction avec cette imagerie que j’aime tant où les robots côtoient les monstres géants sur des planètes exotiques. Je n’ai plus à rechercher cet ouvrage dans mes futurs vide-greniers, il était déjà chez moi et il peut enfin re rejoindre ma bibliothèque. Je ne vous ai même pas donné le titre, il s’agit de La planète aux 100 pièges chez Gründ.

Le dernier livre que j’ai trouvé chez moi et dont je vais parler aujourd’hui est un magazine, un mensuel, pour ainsi dire un journal puisqu’il se nomme lui-même Pac-Man Journal. Je ne doute pas une seule seconde que si j’avais vu un tel ovni culturel dans un vide-grenier je me serai arrêté et j’aurai demandé le prix. Pour le coup je n’arrive pas à me souvenir si j’ai eu ce journal en main lorsque j’étais petit. Je viens de vérifier l’année, il date de 1980, j’avais deux ans, donc je doute que ce journal vienne d’une histoire personnelle, et je ne peux pas vous dire comment il est arrivé jusqu’à mon garage. Quoi qu’il en soit, un journal sur et avec Pac-Man, icône geek pour certains, en parfait état, je suis très content de mettre la main dessus. C’est le même éditeur que les BD Ulysse 31 que j’ai chiné l’été dernier.

Comme quoi, le chineur en manque de chine est capable de tout, comme de chiner chez lui. Ce n’est pas tout ce que j’ai trouvé, mais je m’en garde sous le coude pour rédiger un prochain article, qui sera consacré aux livres de poésies qui dormaient dans mon garage. Pour le moment je me limite à ces trois nouveaux ouvrages qui viennent grandir la collection littéraire dictée par le hasard et les souvenirs.

Le Livre de la jungle de Rudyard Kipling dans une édition illustrée. C'est dans le revers de la couverture que j'ai trouvé quelques notes laissées là par un précédent lecteur
Le Livre de la jungle de Rudyard Kipling dans une édition illustrée. C'est dans le revers de la couverture que j'ai trouvé quelques notes laissées là par un précédent lecteur
Le Livre de la jungle de Rudyard Kipling dans une édition illustrée. C'est dans le revers de la couverture que j'ai trouvé quelques notes laissées là par un précédent lecteur
Le Livre de la jungle de Rudyard Kipling dans une édition illustrée. C'est dans le revers de la couverture que j'ai trouvé quelques notes laissées là par un précédent lecteur
Le Livre de la jungle de Rudyard Kipling dans une édition illustrée. C'est dans le revers de la couverture que j'ai trouvé quelques notes laissées là par un précédent lecteur

Le Livre de la jungle de Rudyard Kipling dans une édition illustrée. C'est dans le revers de la couverture que j'ai trouvé quelques notes laissées là par un précédent lecteur

Pac-Man journal - Je trouve ça délicieux et désuet, j'aime beaucoup la publicité pour la montre de l'an 2000 !
Pac-Man journal - Je trouve ça délicieux et désuet, j'aime beaucoup la publicité pour la montre de l'an 2000 !
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La planète aux 100 pièges - Je le recherchais en vide-grenier et je le retrouve dans mon garage. Avec ces trois livres issus de mon garage la bibliothèque chinée grandie sans rien me coûter.
La planète aux 100 pièges - Je le recherchais en vide-grenier et je le retrouve dans mon garage. Avec ces trois livres issus de mon garage la bibliothèque chinée grandie sans rien me coûter.
La planète aux 100 pièges - Je le recherchais en vide-grenier et je le retrouve dans mon garage. Avec ces trois livres issus de mon garage la bibliothèque chinée grandie sans rien me coûter.
La planète aux 100 pièges - Je le recherchais en vide-grenier et je le retrouve dans mon garage. Avec ces trois livres issus de mon garage la bibliothèque chinée grandie sans rien me coûter.
La planète aux 100 pièges - Je le recherchais en vide-grenier et je le retrouve dans mon garage. Avec ces trois livres issus de mon garage la bibliothèque chinée grandie sans rien me coûter.

La planète aux 100 pièges - Je le recherchais en vide-grenier et je le retrouve dans mon garage. Avec ces trois livres issus de mon garage la bibliothèque chinée grandie sans rien me coûter.

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Publié le 24 Janvier 2017

Je suis de la génération du pire, cette génération qui a été bercée avec les promesses de catastrophes, de crises nucléaire avant la guerre froide, de crise climatique quand le mur est tombé, de capitalisme galopant qui allait tout détruire ou dévorer, de libéralisme jusqu’à en devenir ultra dans une hypertrophie morbide, crises financière, crises diplomatiques, fin du monde, fin des mondes, crise du numérique, oui je suis de cette génération à qui l’on a promis mille fois le pire, la fin et l’apocalypse. Comprenez que je sois de cette génération qui ne croit plus aux promesses de morts et de fin capitale d’un monde ou d’un concept, car je suis de cette génération à qui l’on a annoncé mille fois la fin, le pire, la fin des temps par mille promesses que personne n’a jamais tenus.

La politique est un spectacle, un pur show de divertissement que l’on projette au peuple en remplacement du foot, du pain et des jeux. La politique c’est ce show, un divertissement pur jus à l’américaine où seuls les showmans, artistes, adorés, adulés, conspués et détestés par la doxa fébrile à qui l’on parvient encore à faire croire qu’être spectateur de la grande récréation politique est un geste citoyen sont encore capables d’en sortir vivants.

La politique, comme entité conceptuelle, c’est elle qui mille fois nous à fait la promesse du pire, annonçant par le menu la liste des réjouissances qui allaient nous frapper comme les plaies frappèrent l’Égypte, je vous avoue maintenant je ne sais plus si c’était des menaces ou des promesses, mais pour peu que l’on prenait cela pour des menaces c’est que l’on entendait cela comme des promesses. Mais toujours en mon sens la politique s’est fourvoyer parce qu’à chaque fois les promesses échouer à s’incarner aussitôt remplacée par de nouvelles promesses de fins.  

Ainsi s’est écrite la règle politique, la règle médiatique, la règle citoyenne, c’est d’un trait simple que s’est écrite la règle, de ce même trait avec lequel s’est barrée la démocratie.

Et aujourd’hui la politique comme entité performative des réjouissances accouche de Donald Trump en plein cœur de la piste cendrée du grand cirque tragicomique qu’est devenu le monde. Présentez moi une à une les mesures de Donald Trump, confrontez moi une à une aux saillies et aux idées du président américain et je vous promets de vomir chacune d’entre elles avant d’élever ma raison et ma conscience contre elles. Je promets et jour sur l’athéisme qui m’anime que je ne partage rien avec le président qui porte le même nom qu’un canard de Walt Disney.

Sauf que.

Sauf que cette fois je me dis que c’est possible.

Peut-être qu’enfin la promesse du pire sera tenue. Enfin nous allons voir le monde basculer dans sa fange et nous ne pourrons plus courir en avant en fermant les yeux. Et en un sens, l’avènement du pire provoque en moi un profond soulagement. Enfin, là, le vrai grand acteur du show politique mondial, le guignol grotesque à échappé à son marionnettiste et voilà que déjà il s’agite. Il s’agira maintenant pour Trump de tenir ses promesses et d’incarner le pire, la fin d’un monde ou la résurgence morbide d’un monde que l’on voulait croire mort. Nous n’aurons alors plus à penser sous la menace d’un pire potentiel pouvant arriver, nous voilà au pied du mur et je compte sur Donald Trump pour ériger son mur, pour tenir ses pires promesses, que l’on puisse enfin, nous, les autres, libres penseurs dans un monde moribond commencer enfin à penser le futur, l’avenir, la révolution, la mort d’un monde, enfin nous allons pouvoir penser sans la peur que le pire arrive, il est déjà là, en tout cas je l’espère.

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Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #Réflexion, #Fantasmagorie

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Publié le 23 Janvier 2017

Ici je suis presque sûr d'être seul. Personne pour me lire, personne pour me voir. Et comme seul horizon j'ai cette photo de bannière, une culotte en coton qui se déforme sur les jambes d'une femme, avec la perspective d'une femme que je ne suis pas. Ici, l'art, l'écriture et la mort. J'aurai bien besoin d'une balle à mettre dans mon revolver pour m'en tirer une dans le crâne comme on s'envoie un shot d'alcool fort.

Boom, clic, boom, le déclic du déclencheur pour figer l'instant d'avant le boom cérébrale et la blancheur maculée. De la matière noire ? Du sang ? De l'encre ? Et une cohorte de démons cannibales, pédophiles et nazis qui exultent comme des damnées en déferlants sur votre monde depuis le trou béant dans mon crâne. Une photo pour figer le monde, une autre pour mon plaisir à moi, un secret focus à chérir que la poupée en herbe sèche que l'on a glané dans le jardin secret d'une pucelle vierge déniaisée dans les taillis pendant que vous braconniez dans l'arrière jardin entre les plantes vénéneuse et le souffre producteur.

Ici personne, ce soir personne, minuit personne, pas une seule âme pour me survivre et l'océan dégueulé qui vacille dans ma bouche sèche jusqu'à ce qu'une marée de galets lapide l'entière nuée des anges décharnés qui vous guident comme des moutons depuis des éons et des éons.

Vous aviez encore un doute ?
Mais à moi ils ne mentent pas.

Monsieur Ray

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Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #autofiction, #Je est un autre

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Publié le 22 Janvier 2017

Sortir du lit et quitter le cocon ouaté où sous la tendre et chaude couette où l’air palpite de bouffées licencieuses. Lorsque je regarde par la fenêtre, la tête à la renverse, je guète les intentions du ciel gris convaincu qu’il va lâcher sur nous une floppée de flocon. Quitter la maison, dehors l’air est trop chaud pour de la neige alors il pleut. Dans la voiture les essuies glaces hachurent le temps de ma pensée ; fallait-il où non prendre la route et la décision de voter ? Par-dessus le couvercle nuageux je suis sûr que le soleil ce couche mais en dessous c’est déjà la nuit d’un dimanche d’élection pluvieuse. J’ai hésité jusqu’à la dernière minute, y aller, ne pas y aller, voter ou s’abstenir. Ce n’est pas tant la conviction idéologique pour tel ou tel candidat qui m’a décidé, mais c’est une forme de réflexe de survie démocratique, j’ai la sensation que si je laisse filer cette élection présidentielle sans parvenir à m’impliquer c’est toute mon implication pour la société que je laisserai partir et je risquerai de devenir une de ces personnes qui ne s’implique pas, et qui s’enfonce dans l’indifférence ou le radicalisme en ayant laissé s’éloigner la réalité.

J’ai roulé avec un œil sur l’horloge pour arriver à l’heure, dans la nuit, sous la pluie, jusqu’à un village reculer dans ma campagne, même pas mon village, même pas ma campagne, et dix neuf heure qui approchaient à l’horologe. Mais je suis arrivé à tant pour voter, la maire avait ouvert une très grande salle blanche, de longues tables où deux urnes presque vides trônent discrètement. A combien de votes déjà exprimés est venu se rajouter le mien, je ne le sais pas, j’ai été là à temps et je suis rentré dans ma maison froide pour allumer le feu et y brûler quelques bulletins de candidats qui ce soir ne sont pas au second tour de la primaire de gauche.

Pour combien de temps cela va durer, aucune idée, mais ce soir je crois que j’ai éprouvé le plaisir d’éprouver la sensation d’avoir fait parti d’un mouvement, pas un mouvement idéologique, plutôt à un mouvement démocratique. J’ai voté un peu comme on pari sur un lévrier sur un champ de courses avec le frisson qu’il puisse gagner, pas parce qu’il est le meilleur, pas pour ses idées (parce qu’on ne peut miser sur les idées d’un lévrier) mais bien qu’il puisse gagner parce que l’on a misé sur lui. C’est excitant, un peu grisant, et je crois que c’est pour le moment le très mince fil qui me raccroche au barnum électif.  

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Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #Chronique chaotidienne

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