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Publié le 24 Octobre 2012

La voilà la vie, à minuit à la lisière du sous bois, assis sur le capot de la voiture garée dans un petit chemin de terre entrain de regarder ce ciel sans lune où ne brille que l'éclat des étoiles. On ne se dit pas grand chose, presque rien de nouveau, rien que l'on ne se soit déjà dit tout en évitant de se répéter des choses qui font mal pour mieux admirer l'instant. C'est moi qui ai conduis, elle qui m'a guidée. L'absence de la lune a rendu l'obscurité très dense et mon regard s'écrase sur ce rideau noir. L'immensité vertigineuse de ce ciel cristallin me rempli jusqu'au plus profond de moi. A côté de moi elle se redresse. « Je vais y aller. » Je me dresse à mon tour et la tôle du capot se déforme avec un bruit métallique qui résonne dans le silence. Je ne sais pas quoi lui dire, je lui souris en disant « d'accord, je vais rester un peu le ciel est beau ce soir ». Elle descend du capot, la suspension bouge un peu et je reste assis. J'entends à peine ses pieds sur le sol elle part calmement. L'obscurité a vite fait de la faire disparaître de ma vue mais je perçois encore un peu le bruit de ses pas qui crissent sur les pierres. Je me rallonge avec le ciel comme témoin. Je n'entends déjà plus rien que la nuit qui bruisse et soudain le lointain grondement. En quelques secondes il est là, il déchire l'air et fend la nuit d'un rai de lumière. Je ne tends pas l'oreille, je n'attends pas un cri, je sais qu'elle n'a pas crié quand le train l'a happée. C'est le hurlement métallique des freins qui lacère le silence qui me dit les choses. Je me redresse, je descends du capot. Je regarde dans la direction où elle est partie, je n'aperçois pas si loin la masse imposante du train qui s'arrête. Je remonte dans ma voiture, je ne veux pas rester là, je lui dois ce mystère. Si je reste sa famille, ses amis, ses proches, son petit ami tous voudront savoir, ils exigeront des explications, les mêmes qu'ils n'ont jamais su comprendre. Mon silence est le prix de leur véhémence à entendre sa souffrance. Entre condamner son choix ce qui supposer la laisser partir seule et accepter ce choix et l'accompagner j'ai fais le mien. Je repars et le chanteur reprend sa mélodie là ou il l'avait suspendu.

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Publié le 22 Octobre 2012

Quand elle déploie ses ailes et ferme les yeux pour se laisser planer dans les courants tièdes du crépuscule elle sent tout autour d'elle un monde presque tangible lui palpiter à fleur de peau. C'est une impression prégnante qu'elle ressent depuis toujours et qui jalonne son histoire. Il lui a fallu se battre âprement pour défendre sa cause et ses justes intuitions et maintenant elle a l’impression de pouvoir percevoir les artifices, les flux et les reflux d'un monde lointain qui n'attend que sa venue pour se réveiller d'un sommeil singulier. Ce sentiment laisse en elle une impression de réel trop intense pour qu'elle puisse les ignorer. C’est pour cela qu’elle continu son chemin d'horizons en horizons toujours plus loin vers ses lignes frontières qui parcèlent l’univers de morsures rectilignes. C’est comme ça qu’elle s’est retrouvée dans des contrées inconnues devant juges et bourreaux à devoir en opiniâtre cœur passionné défendre ses convictions et ces débats pouvaient durer des siècles, c'est là le luxe et l'entrave de l'éternité, jusqu’à ce qu’elle parvienne à purger de ses mots les maux de son auditoire miraculeux.

 

Hier elle expurgeait un monde de sa chiasse séculaire ; aujourd'hui elle reprend bat des ailes comme une poule de luxe qui passe une frontière en fraude vers un monde qu’elle ne connait pas. Elle vole à travers l'éther à mi chemin entre les étoiles et le sol, bien au dessus de nuages et bien en dessous de chez elle. Elle transperce l’espace en une traînée scintillant se disperse dans le vide derrière elle. La nuée ardente qui lui chauffe les fesse la pousse dans le ciel astral comme si elle était attirée par cette planète bleue zébrée de vies et de malheurs ; elle accélère, s'engouffre sous cette atmosphère qui lui résiste, elle se débat des ailes jusqu’à ce que sa traînée se soit dissipée. Elle atteint enfin les nuages. Elle ne voit rien, les yeux humides de pluie. Elle s’avance encore sous la couverture nuageuse et débouche hors brume au dessus d'une montagne.

 

Impatiente elle survole une falaise sculptée dans la roche en scrutant la vallée en contre bas à la recherche d'un lieu où des êtres habitent s’y poser. Soudain son corps s’irrigue de toutes les passions du monde et ça l’emporte comme ça l’habite. L’impétuosité des rêves lui donne l'enthousiasme d’embrasser son destin ; elle est là expurger le monde de ses viscères les plus noirs. Elle aperçoit en l'imposante silhouette d'une croix au pied d'un ruisseau sinueux. D'un bond elle prend de l'altitude, l'air emmêlant ses cheveux et le vent fait bruisser ses ailes. Elle vole à vive allure en direction de cette croix que quelques instants après elle peut contempler en détail. C’est une impressionnante architecture de métal ouvragé. Elle frissonne. Le sol rugueux et tiède racle sa voute plantaire. Elle les sens, ils sont tous là lovés dans le sol, tous les maux du monde, ils palpitent et son cœur s’emporte. D’ici quelques siècle peut être elle va sauver le monde et soulager les hommes de leurs folies.

 

Sous le ciel obscur une voiture roulait vite. Quand le faisceau cru de ses phares se posèrent sur l'ange il était trop tard. Ils n'eurent pas le temps de comprendre. Il faucha violemment ce qu'il prit pour un animal et la voiture perdant tout contrôle fini par d'encastrer dans le pylône électrique.

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Publié le 20 Octobre 2012

Le son est intense, violent et fort. La techno joue à fond conduisant les corps à un état proche de la transe. La boite est bondée et l'atmosphère suffocante, les corps au hasard se touchent, ils se bousculent plus qu'ils ne s'effleurent. A chaque impact la fumée de cigarettes et des bouffées de parfum m’entrechoque l’odora.

 

Ni attirance ni répulsion juste la foule et déjà deux heures que je danse, un parmi les autres et tous nous décomposons nos corps dans le mouvement saccadé des cadences hypnotiques des stroboscopes. Au départ entrant dans le noir submergé par le bruit et les lumières on en oublie de se regarder, tout n’est qu’un vaste mouvement nerveux d’une foule agitée. On se laisse emporter, se faire immerger et laisser la musique prendre le contrôle. La personne que l’on était à l’entrée se fait arracher par l'atmosphère dense. On fini par s'habituer, décoder dans la foule les silhouettes apprêtées sans hasard qui se déhanchent juste à coté. Jeune femme visage fermé, jeans et t-shirt le paquet de clopes à la ceinture. Il y en a des plus vulgaires, d'autres belles. Elle qui danse est seule, suffisamment pour que ça se remarque sans que ce ne soit un hasard. Impossible de dire des choses par le regard, dans cet environnement c'est le corps qui parle. L’expression brouillonne parasitée par l’enthousiasme des foules de suivre les modes. Je me rapproche et sa danse qui concède un oui. Des gestes qui encerclent pour marquer son territoire et elle qui ondule en désordre s’adossant aux jalons de ma propriété sur elle. Je la colle, elle se frotte ; on erre dans la foule.

 

La musique isole, le silence nous protègent des autres ; celui qui ne dont la parole ne peut pas faire irruption dans ma sphère privée n’existe pas. Sous le couvert de cette sécurité mes mains la touche sur les ses hanches. Je décide mais c’est elle qui conduit. Je me plaque parfois à la moiteur de sa peau et les morceaux s'enchaînent sans silences. Des corps vibrent sous l’effet des basses. On se déverse violemment quelques verres diluant la hardiesse avec du soda. Poser la paume de la main sur son ventre nu et sentir ses ébranlements indistinctement identiques aux miens. Sans réfléchir plonger en dessous du corps ébranlé sans s’arrêter de danser lui danser des balivernes. Je suppose sur son corps ses dessous, la mettre sans dessus dessous et la peau qui se fait tendre mais le langage du corps ne s’embrase pas pour des sous entendu. De la couleur, la forme où la matière de ses dessous je m’en fous comme de mon premier verre et elle oui elle dont le corps ne bafouille plus, il cri, il dit qu’avant de mourir il lui faudra brûler beaucoup de nuits qui trouveront le chemin charnel, le colossal, l’exubérant, son corps transpire des mots dont sa bouche ingénue ne sait même pas le sens. Ce qui compte c'est la peau, c'est mes doigts, une caresse un peu rêche, l'insidieuse agitation et la pudeur de la foule qui fait semblant de ne rien voir et pire encore elle le croit

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Publié le 15 Octobre 2012

Armatures de bétons habillées de murs, de dalles, de sordidité, d'affiches effacées, de tracts encollés, décollés, déchirés. Ne te retourne pas ; cette phrase qui résonne en écho dans ma tête a guidé mes pas depuis des jours. Marcher sans se retourner. J'ai marché jusqu'à l'entrée de ce souterrain, ancien métro et nouvel espoir pour un abri. Couloirs carrelés de gris et de crasse, sol synthétique usé, arraché par endroits, entrelacs de fibres au travers du quel j'entrevois les entrailles, gaines, câbles, conduites, grilles, sol synthétique usé, abrasif, abrasé et harassé par tous ces pas qui résonnent autour de moi ; il ne faut pas lever la tête, juste marcher sans se retourner. Encore des couloirs carrelés, dalles sordides, sol usé, harassé par tous ceux qui marchent et ceux surtout qui se sont enfuient par là avant moi. Ne te retourne pas ; je martèle cette phrase dans ma cervelle et je sens leur présence. J'avance sur un fil imaginaire comme une trace qui se faufile au milieu du vert du couloir, je suis ce fil couleur terre, couleur brune, couleur usée, absente, qui laisse deviner la trame du sol qu’elle est censée colorer, je poursuis une Ariane à la peau couleur absente. Je sens parfois une ombre me frôler ; je ne me retourne pas. Parfois c’est une présence qui s'approche mais je ne me retourne pas. Aux alentours de mes pas résonnent des pas que d'autres font. Je marche en équilibre ; il ne faut pas dévier, ne rien toucher, survivre ce tracé, la tête basse, le dos courbé, les sacs remplis collé à mes cotes, suivre ce chemin des yeux et regarder mon ombre sur mes pas espérant qu’à un moment mon ombre m’abandonne pour qui je puisse disparaître. Ne te retourne pas ; je sais qu'ils sont sur mes talons mais si je ne trahis pas le fait que je sais qu'ils savent qui je suis alors ils ne sauront pas qui je suis. Mon ombre se brouille sous l’effet électrique des aléas des néons au-dessus de moi alors mon cœur trésaille ; je ne dois pas me retourner. Des bruits de pas retentissent toujours autour de moi. Je m'absorbe en moi-même, je m'absente du monde autour, on se frôle, je ne dois pas me retourner, on se croise, tête basse, ce ne sont que des contours ; je ne dois pas me retourner, des silhouettes absentes, des anonymes dont je ne peux pas être l'égal ; alors surtout ne te retourne pas. L'espace étroit du couloir débouche et l'étroit qui devient grand, odeur de mécanique, d'homme, de pourriture, d'ailleurs. Les armatures de laitons au dessus des lampes chaudes forment d’énormes déversoirs à lumière sale. C'est une nuée de vies minuscules qui s'agite dans la salle. Sol noir, dur, chaud, tiède, rugueux, râpeux sous mes pieds nus. Des véhicules déglingués et désuets trône vers là où tous convergent. Partout ce n'est qu'amas hétéroclites de vies ramassées sur elles-mêmes et stockées à la hâte dans de tout petits sacs et des grandes caisses. La salle est immense des dizaines et des dizaines de dizaines de couloirs débouchent, repartent, s'engouffrent et se déversent ici. Au-dessus encore des déversoirs à lumière, le bruit sourd et la silhouette massive des turbines à hélices qui brassent l'air. La foule absorbe mes pas ; ne te retourne pas. Je suis emporté par les remous humains jusqu'à ce que je trouve refuge au dos d'une colonne. La foule emporte son flot toujours ailleurs et moi mon cœur bat encore plus fort, plus vite, j'approche ma tête ; je le savais ils sont là

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Publié le 14 Octobre 2012

Je trouve ça curieux de voir les insectes nocturnes venir se coller à la vitre, débattre des ailes et essayer de rentrer attirées qu'ils sont soi-disant par la lumière. Je monte debout sur mon lit pour pouvoir les voir. Ça fait dans ma nuit le même bruit que la pluie quand ils frappent cette vitre qu'ils ne voient pas. Oui je trouve ça marrant tous ces insectes nuisibles qui veulent passer par ma fenêtre pour rentrer dans ma cellule, dans ma prison pour finir par brûler leur vie sur mon ampoule ou par être écrasés de ma main sur ma télé ; à force il y a plein de cette poudre d'ailes sur mon écran, je la laisse s’accumuler, c’est comme le strass sur les robes de soirées ou le fard aux paupières des femmes de nuit que je croisais avant.

 

Pourtant je le leur dis. Tous les soirs. «Non il ne faut pas rentrer, elle est dehors la vie, ici c'est dangereux » je le leur dis, mais ils ne m'entendent pas. Pourquoi est-ce ils n'entendent rien les papillons ? Ce soir c'est encore la même chose. D'abord je les entends. Ils reviennent, dix ou douze, peut être vingt-six, ils sont tous là venus s'agglutiner à ma fenêtre. Ils essayaient de la forcer en se jetant dessus. Je colle ma tête à la vitre, elle est froide et je regarde leurs corps qui se déforment à chaque impacte. Je sens quand ils la cognent.

 

Quand je peux j'entrouvre la fenêtre sécurisée et par le petit interstice s'engouffrent les bêtes du dehors. Elles rentrent, elles rentrent et elles volent, elles volent et puis se posent. Sur mon plateau repas, sur la télé, l'ampoule, dans le silence de leur battement d'ailes. Ils rentrent encore, c’est trop, toujours il fini par y en avoir trop et moi je cris parce que c’est mon air qu’ils battent, c’est ma place qu’ils occupent ; je le leur dis : sortez de là, ici c'est dangereux. Mais ils ne m'entendent pas. A présent c'est à ma porte qu'on tape, les gardiens entrent, ils entrent, par nuée nombreuse et ils m'attrapent, ils battent à mes tempes alors je cris, je rage puis le lit avec les sangles.

 

Ce n'est pas ce soir que je m'envole, je ne sortirai pas, ne sortirai pas, ne sortirai pas, ne sortirai pas, ne sortirai pas, ne sortirai pas, ne sortirai pas, ne sortirai pas, ne sortirai pas, ne sortirai pas, ne sortirai pas, ne sortirai pas, ne sortirai pas, ne sortirai pas, ne sortirai pas, non pas ce soir

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Publié le 13 Octobre 2012

30 secondes pour sauver le monde ... la mission peut sembler incertaine alors dans le cas d'un possible échec je commence par prendre un peu de mon temps pour faire l'amour au cas où ce soit la dernière fois, faudra donc faire vite et une fois que j'aurai connu pour la dernière fois peut être le plaisir d'une femme je pourrais me mettre en branle pour sauver ce foutu monde mais le sauver de quoi ? Je vais donc prendre un peu de mon temps pour allumer la télé, mettre une chaine d'info et voir ce qui cloche ; ce qui cloche c'est que je suis entrain de regarder la télé alors que le temps, je ne peux pas rester là, je dois y aller, je sors, je cours, je me rappelle de l'album de Tintin L'étoile mystérieuse, c'est ça ! ça ne peut être qu'un astéroïde qui va tomber sur terre ; c'était déjà le cas dans Deap Impact et Armagedon et puis les dinosaures aussi s'en sont pris un gros mais cette fois on ne nous la fera pas, je cours, je ramasse une batte de base ball, je cours vers la montage la plus haute et la plus proche et je le vois qui s'approche énorme brulant et menaçant ; le météorite fend l'atmosphère dans un déluge de pierre en fusion ; je campe mes pieds dans ce qui reste du glacier et je prépare mon meilleur coup de batte ; je ne dois pas le rater le monde dépend de ce coup de batte ; le chronomètre cosmique égraine les dernières secondes de ce qui aura été l'humanité si je rate mon coup ; une goute de sueur coule le long de ma tempe, la roche en fusion pleut sur moi comme la pluie d'un matin d'avril, mes deux mains se crispent sur le manche et ça me rappel les mains de cette femme posées sur moi il y a encore quelques secondes mais cette pensée ne doit pas détourner mon attention de cet énorme morceau de pierre stellaire qui fonce sur moi. Si le monde survie il se souviendra de moi. La chaleur grimpe et transforme le glacier en vapeur ; je me tiens là dans ce sauna à ciel ouvert en haute altitude et le monde se souviendra de cela. Le temps s'enroule sur la réalité dans un mouvement langoureux presque érotique ; j'ai l'impression que l'astéroïde est devenu le ciel, il occupe tout l'horizon. Oh mon dieu ce n'est pas un astéroïde ! Je le vois maintenant c'est un œuf, un gigantesque œuf cosmique d'une créature monstrueuse et spatiale et ce n'est pas de la roche en fusion qui tombe du ciel mais du placenta cosmique. Je peux voir les yeux de la créature et dans ses yeux voir l'enfer et dans cet enfer l'avenir de l'humanité. Alors d'un geste sec, sûr et rapide je projet mon bras et tout mon corps dans mon coup de batte, la cylindre de bois fend l'air et vient percuter la gueule béante et monstrueuse qui émerge de l'œuf. Le choc est presque silencieux, durant un instant le temps s'est totalement arrêté puis une déflagration instantanée remplie l'air d'un chaos radical. Le geste est précis, mouvement de batte parfait, le mouvement idéal, rotation du buste et je tourne le dos à l'enfer. Le temps à reprit son rythme naturel, il y comme un courant d'air. L'histoire a été changée, la trajectoire de l'astéroïde œuf de l'espace a été déviée et moi je me tiens là en haut de cette montagne couvert de placenta spatial et il me reste au moins 18 secondes ; 18 secondes c'est largement assez pour descendre de la montagne, m'arrêter dans une station service pour prendre un sandwich club mayo œuf thon tomate et m'assoir sur un banc pour reprendre des forces

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Rédigé par #ceciestunblog

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Publié le 9 Octobre 2012

La convention annuelle des commerciaux m'emmène toujours loin de chez moi, souvent dans le cœur de villes grossièrement urbaines. C'est sans déplaisir que je goûte à cet exotisme crasse, collant et poisseux. Trottoirs noirs, ordures en surplus, odeurs rances, bitume mouillé, cris rauques de l'agonie urbaine et tout ces autres clichés qui hantent les zones industrielles et commerciales que l’on ne trouve jamais chez les marchands de cartes postales. Cette année je dors dans un hôtel caricaturalement miteux mais dans le luxe d'une chambre individuelle. La journée j'ingurgite indifféremment les colloques forces de ventes, les repas collectifs, les vannes vérolées, mes semblables avec une mollesse passive. Je regagne ensuite ma chambre là où j'ai le plus de chance de connaitre un peu de solitude.

 

La journée m'a vidé, je traîne laborieusement ma carcasse jusqu'au tissu usé d’un fauteuil échoué au pied de mon lit. Le visio holographe déverse dans la pièce les ersatz du monde, informations frelatées et propagandes pour la colonisation spatiale avec le même ton monocorde. Le cul enfin posé je peux rester jusqu'au bout de la nuit à mater la rue et son spectacle. Des heures durant regarder se jouer le théâtre ridicule des pantins citadins sous les éclats bariolés des publicités au néon, regarder le monde interlope qui se peuplent petit à petit des noctambules anonymes.

 

Ce n’est pas le spectacle goudronné ce soir qui m'interpelle mais la fenêtre d'en face. Son verre opaque diffuse la lumière blanche d'un intérieur dont le mobilier se découpe en ombres floues et fixes. Parmi elles une silhouette se découpe, se déplace et dessine des mouvements surprenants ; arabesques et sursauts, équilibre et rupture, la silhouette traverse mon champ de vision et en sort avec grâce, y revient par surprise. Pirouettes, petits sauts, tressaillements de ce corps de femme taille serrée poitrine esquissée, galbe de mains et cheveux longs. La silhouette ne laisse pas de doute, ce spectacle m'hypnotise. J'essaie d'imaginer cette femme qui danse sans s'arrêter, je l'habille, la déshabille, je me laisse emporter. Il se joue dans ma tête la musique qui la porte, enfin j'essaie mais en vain, je n'arrive pas à saisir le rythme qui l'emporte. Je suis descendu au bar et je suis revenu avec un whisky et de trop partielle information sur l'immeuble d'en face. Je retrouve ma ballerine qui ne montre aucun signe de fatigue, elle enchaîne encore ses figures, ses fioritures du bout des doigts. La pluie se met à tomber, quelques goûtes sur la vitre ne détournent pas mon attention, danse la danseuse, elle se cambre, rejette ses bras vers le sol inventant sans cesse de nouveaux mouvements que ma modeste imagination ne pouvait prévoir. C'est donc ça la danse, c'est donc ça la grâce.

 

J'ai passé un long moment dans cette contemplation jusqu'à ce que je me rende compte que le jour se levait. Dans quelques instant il sera là, plus besoin de lumière, plus de vitre opaque et d'ombres chinoise, plus de danseuse, plus rien. Putain, je me lève, je me sors de ma chambre et m'engouffre dans l'escalier. Il faut que je sache pour qui ou pour quoi une femme peut danser toute la nuit. Dans la rue il pleut toujours, je lève la tête pour apercevoir la fenêtre toujours éclairée, un peu plus haut dans le ciel je devine l'immense, une masse sombre comme un cargo et derrière les nuages, plus loin encore les lueurs claires de l'aube. Le hall de l'immeuble est dévasté, je m'engouffre jusqu'à la cage d'escalier. Je grimpe les étages à la hâte. Un palier, un autre, l'escalier baigné d'une morne lumière, quatrième étage, une porte entrouverte et une raie de lumière blanche. C’est évident elle m'attend, elle a vu que je l'observais, c'était pour moi qu'elle dansait, c'est pour moi qu'elle a ouvert sa porte, au diable les conventions quand il s'agit d'amour ; on ne danse pas toute une nuit pour un homme sans raison. Mon esprit s'embrouille, la passion ou le sommeil, il faut que je rentre dans son appartement.

 

Je pousse la porte. La pièce est sans dessus dessous, cambriolage, c'est le premier mot qui me vient. Au milieu des meubles renversés, le corps mutilé de l'androïde de ménage. Sa peau de synthèse brûlée par l'acide ne représente plus rien et laisse voir son squelette métallique. Sa tête est fracassée, de la plaie sortent des fils et des étincelles qui crépitent. Son squelette désarticulé s'agite pathétiquement dans tous les sens. Je n'ai rien à faire ici, je me retourne et j'éteins la lumière juste avant de claquer la porte.

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Publié le 8 Octobre 2012

Trancher, couper, sectionner, des corps, des têtes et des aussi des membres.
Perforer les corps encore chauds qui sont à peine des cadavres.
Casser, briser, broyer les êtres depuis leur squelette jusqu’à leur ombre.

Lutter contre d’anonymes ennemis et tuer des pantins chaire et fureur c'est mon œuvre.
Il y a eu pour et par moi du sang et de la poussière, en abondance et en excès.
Du sang et de la poussière mêlés.
Du sang dans la poussière.
Du sang sous la poussière.

J'ai glissé dans les chaires chaudes d'où j'ai fait jaillir la douleur en couleur rouge.
Et j'ai plongé dans la bataille jusqu’au naufrage des corps abattus et sans refuge.

Du délice du fourreau aux délices du bourreau
Sans gloire ni valeur juste menée de main par la main de l'homme

J'ai goûté à mon destin et eux à leurs tombeaux
Ma vie brille face aux leurs, ces vies éteintes dans ce décor achrome.

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Publié le 6 Octobre 2012

« une ‘tite pièce s'il vous plaît. Vous avez bien peu de monnaie monsieur. Ça ne sert à rien de crier, ma voix éraillée se disloquerait dans le vent qui balaie la rue plus sûrement encore que ces gens la traversent. Alors c’est au hasard que je lâche ma voix par bribe aux passants. Je n'ai même pas les marches d'une église pour poser mon cul juste les grilles d’un parking sans Christ ni âme mais dans les relents de pisse et de parfum fraise artificiel de produis de nettoyage industriel il y'a un peu d'air chaud, tiède et dioxydé qui remonte depuis les entrailles des voitures. Je suis adossé à un mur à la crasse lépreuse où mon dos vouté a creusé la pierre pour y inscrire la place d’un corps, le mien, appuyé contre les lichens urbains les pierres. Par terre le trottoir, le bitume, le macadam, c'est là que les gens marchent, passent, ils y crachent aussi, y jettent leurs mégots dans le sale du sol et trop rarement ils jettent sur moi un œil, une pièce parfois.

 

Je reconnais le bruit de la rue pourtant couvert par les rafales parce que j'en connais par cœur les images. Je suis glacé, je suis sale, avec le temps j'ai oublié si j'en avais peur, je ne crois pas me rappeler être blessé. La nuit est tombée, ou le soleil s'est éteint je n'en sais rien ; plus de lumière, je ne vois plus rien au-delà du cône orange du lampadaire. Mais putain qu'est ce qu'ils foutent à passer sans s'arrêter, à passer, repasser encore et toujours ? Ils vont où ? Qu'est ce qu'ils fuient à ne jamais s'arrêter dans l’enfilade des rues. J’imagine que si je reste là, je finirai par être rattrapé par cette bête qu'ils fuient. Cette pensée m'accompagne depuis des heures, des jours, enfin j'en sais rien, depuis longtemps, combien de temps je vais rester là ? Ma survie n'a plus de prix, je ne vaux rien alors j'attends.

 

Je crois qu'il pleut, oui c'est cela, le bruit en rafale cogne le mur, claque le sol et ruisselle tout autour, sur et sous moi. Il pleut ? Ou alors, c'est mon esprit qui explose en petits bouts gluants de matière grise qui viennent se fracasser sur les parois de ma tête. Je n'ai personne à qui penser, ma bouche s'ouvre, crie et avale de l'eau de l'air et le goût amer de ma condition. Ma main se crispe ; garder l'esprit alerte. Y'a comme des percussions, des coups, du bruit. Ça tape derrière le mur. Oui ils sont là, venus pour moi, la délivrance. Les mains en sang, je gratte la pierre, oui moi aussi, je vais les rejoindre.

 

Mais c'est sur mon épaule qu'une main s'abat et fait exploser ma peur. Dans la stupeur je me retourne, la terreur dans les yeux ce n'est pas le moment de ne plus creuser je vais les manquer, ils vont repartir et me laisser là. « bonsoir» me disent le t-shirt blanc et le jeans banal qui habillent l'homme posté devant moi. Il pleure où il pleut, je ne sais pas, ses yeux mouillent tout son corps et inonde la rue. Il s'assoit à côté de moi, colle son cul à la rue.

 

Je ne peux retenir un « bonjour monsieur », il ne répond pas, il sourit tristement. La rue nous inonde la nuit nous avale. Il sort un paquet de cigarettes de sa poche, en prend une puis me tend le paquet, j'en prends une aussi. Je lui temps un briquet, « merci », nous sommes deux incandescences sous un lampadaire

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Publié le 4 Octobre 2012

c'est une heure indue de la nuit, une de ces heures perdues durant lesquelles on sombre, où l'on se réfugie à défaut de pouvoir tout à fait fuir. Ce soir elle a veillé tard et maintenant elle se couche seule lui rappelle sa mélancolie. Les lumières éteintes la voilà à demie nue qui se glisse sous les draps ; si elle ne s'est pas tout à fait déshabillée c’est pour préserver sa pudeur, une attention maladroite et insolite dans un instant pareil. Les draps sont frais, la sensation un peu rêche d'une literie neuve, la fenêtre ouverte laisse entrer le vent et les bruissements de la ville. Son regard alerte dans le noir cherche à surprendre par delà l'horizon quelques étoiles qui brilleraient d’une lueur particulière. L'instant est beau et elle l'aime. Machinalement elle se tourne sur le côté le regardant toujours tourné vers le ciel. Elle rêve en refermant ses yeux ouverts de pouvoir faire palpiter ce moment ailleurs entre ses doigts. Ses bras enserrent un de ses oreillers, elle le serre contre elle. Elle le serre très fort comme s’il pouvait s'imprégner de son rêve. Elle retrouve ses gestes d'adolescente, des gestes qu'elle a fait avant mille fois toute seule, mille fois avant qu'elle ne puisse goûter à de l'amour, du vrai, celui des corps et la sueur. Elle retourne à des gestes qu'elle avait enfoui et l'oreiller qui redevient l'amant de ces nuits perdues. Sans y penser, ses lèvres se posent sur le tissu et embrassent ce garçon dont elle a croisé le regard dans le métro. D’un bras elle maintien contre elle l'objet pudique de son désir et caresse le dos familier de son dernier amour. Elle n'est plus immobile, sous les draps c'est tout son corps qui s'anime, elle se love, doucement s'enroule autour de ses envies enfouies. Elle s’endort, elles se réveillent, elle se tourne, elles reviennent et emportent l’oreiller avec elle l'oreiller jusqu’à ce corps à corps de chaire et de plume. Elle exerce en son dedans, elle s'oublie ou se retrouve c'est une question de point de vue, une question de temps. Ses rêves ne se posent plus de questions, ils s'incarnent sans retenue dans le carré de tissu qu'elle maintient contre elle. Elle prolonge l'instant jusqu'à ce qu'une pensée nouvelle l'emporte ailleurs deux doigts dans le sommeil

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