1628 ème jour : La fille et ses chandelles

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Treize et trois c’est ainsi qu’elle comptait ses amis. Mais ce soir-là elle avait la tête vacillante, comme si elle était assise dans le cœur d’une fleur dont la tige cédait sous le poids de son petit cul. L’amour fait des papillons dans le ventre, mais là c’est la tête qui tournait, ce n’était pas l’amour, même pas le désir, c’était une expérience dure et curieuse. C’était comme quand elle vidait des verres de tequila sauf qu’elle n’avait rien bu ce soir, pas plus qu’elle n’était amoureuse ou qu’elle avait de la fièvre. C’était juste l’oscillation de ses sens comme une porte qui se prépare à céder à la suffocation. S’ouvrir c’était donc ça ? S’ouvrir comme une fleur ? Comme un cœur ? Comme un livre ? Comme une révélation qui s’ouvre à l’évidence du réel ? Fallait-il compter sur ses seize amis étroits pour s’ouvrir ? Est-ce là la vérité de son existence ? On s’ouvre parce que l’on se ferme et l’on se ferme pour se protéger, comme une plante en pot, comme un placard dans lequel on entrepose le fruit de sa consommation et l’ouvrir, ouvrir ses cuisses ou ouvrir sa gueule, ouvrir ses bras ou ouvrir son cœur c’est remettre tout en jeu et dire cette fois les mecs les jeux sont faits, rien ne va plus. Rien ne va jamais, mais si on ne le dit pas alors ça n’entre jamais dans le jeu.

Publié dans Divagations diverses

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