Articles avec #poesie tag

Publié le 15 Novembre 2016

Chiner c’est faire pour soi dans l’archéologie émotionnelle. Chiner c’est mener à rebours l’exploration de ses souvenirs et des émotions qui sont oubliées, rattachées et archivées entre les pages des livres. Et si le chineur que je suis ne se lasse pas de se lever à l’aube de la saison pour marcher dans le froid entre les objets dont les gens se délestent c’est parce que la mine de mes souvenirs est sans fin. Souvenirs & découvertes, retrouvailles d’envies vieilles et raviver des désirs enfouis parce qu’à  l’époque nous n’avions pas le temps, le savoir, l’argent, la culture, l’habitude de cultiver cette envie là.

Du sport, de la poésie et la douceur acidulée de la culture populaire, pop culture de cinéma.

Quand est-ce que c’était ? Je ne saurais pas le dire exactement, nous étions à la fin de l’été quand les indiens jouent encore à se dorer au soleil dans la douceur du matin. Je chinais donc mes nouvelles amours de poésie, je fouinais tandis que le village vidait ses greniers lorsque je repère un livre simplement intitulé Nouvelle Anthologie Poétique avec Fernand Nathan qui s’affichait en bas de la couverture. Souvent dans le feu frais du matin j’oublie de réfléchir et de comprendre le sens des choses, je n’avais donc pas réalisé que Fernand Nathan n’était autre que le fondateur des éditions Nathan spécialisée dans les livres scolaires. Pour 1 euro j’ai acheté ce livre éditée en 1955 surtout parce qu’il contenait de la poésie, toutes sorties de poésies et d’auteurs. Mais ce qui fait le sel et donc la saveur de cet ouvrage c’est que c’est un ouvrage destiné aux écoliers et qu’à ce titre les poèmes sont accompagnés de question permettant l’analyse de texte. J’adore vraiment ces questions naïves, désuètes et pertinentes pour s’approprier les poètes et ça fait tout le sens je trouve de ce livre.

Plus fragile dans l’archéologie de mes souvenirs il y a un film d’un réalisateur devenu plutôt reconnu mais aux commandes discrètes d’un film pour enfant. J’ai un penchant naturel pour les jeux, les jouets et les dessins animés et si comme ma petite amie vous petit déjeuniez avec moi vous sauriez mon habitude à préférer les dessinés animés à I-télé pour m’accompagner. Et par extension il m’arrive de me retrouver au cinéma, seul, pour voir des films dont je ne suis pas le cœur de cible du public visé. Un jour je suis donc allé voir Le Royaume de Ga’Hoole, la légende des gardiens, un film d’animation réalisé par Zack Snyder qui met en scène une chouette aspirant à appartenir à la grade du royaume pour le sauver. Étonnant de trouver Zack Snyder qui sortait à l’époque du très noir Watchmen et qui s’apprêter à sortir le très baroque Sucker Punch. Étonnant aussi je suppose de moi voir de chiner le livre tiré du film. Trouvé pour 1 euro, Le Royaume de Ga’Hoole, la légende des gardiens a réveillé ma nostalgie et j’avais envie de rendre hommage à ce penchant en moi pour les moments un peu désuet. C’est là un tout petit livre illustré par des images tirées du film, c’est dommage parce que la force du film c’était son animation plus que son graphisme. Mais bon, au vu de la dédicace intérieure, ce livre sera mieux avec moi pour qui il représente une part de mon histoire qu’avec le neuve ou la nièce à qui il a été offert en 2015 et qui le revend moins d’un an après.

Je ne peux pas évoquer le lien entre le fait de chiner et l’archéologie personnelle et culturelle sans parler de livres de sports parce que c’est en feuilletant des livres de sports que j’ai perçus, senti et verbaliser ce concept. Comme je l’explique souvent le sport c’est une des bases de ma culture familiale acquise dès le plus jeune âge, des noms d’athlètes, des souvenirs de télé et des émotions qui se partageaient en famille. Aujourd’hui j’aime parcourir cette architecture oubliée en moi en trouvant des livres de sports datés d’années antérieures au présent mais tournant dans l’époque de ma jeunesse. Par chance les gens n’accordent pas de valeur aux livres de sport, comme en général ils dénigrent aussi le sport en lui-même, on peut donc trouver ces livres à des prix très raisonnables. J’ai donc trouvé Wimbledon le livre officiel de l’année ’92 pour 1 euro. Je me suis d’ailleurs étonné de voir que l’ouvrage cote  une dizaine d’euros sur les sites d’occasions. Ce qui est étonnant c’est que j’ai presque hésité à l’acheter parce que j’étais plus Roland Garros que Wimbledon à cette époque, mais grand bien m’a fait de le prendre. Déjà parce que les vainqueurs de cette année là sont deux icônes du tennis qui ne savaient sûrement pas à l’époque qu’ils finiraient par se marier ; en effet les gagnants ne sont autres qu’André Agassi et Steffi Graf. Avec beaucoup de très belles photos j’ai eu le plaisir de retrouver Monica Seles, Jim Courier, les français Henri Leconte et Guy Forget, c’est aussi l’époque d’une passation de pouvoir entre John McEnroe et Pete Sampras bref beaucoup de noms de renom et des images superbes. Un excellent achat qui me pousse encore un peu à dessiner une collection de livres autour du sport.

3 nouveaux euros bien dépensés pour faire grandir la bibliothèque chinée dont le montant s'élève à 93,6 euros
3 nouveaux euros bien dépensés pour faire grandir la bibliothèque chinée dont le montant s'élève à 93,6 euros
3 nouveaux euros bien dépensés pour faire grandir la bibliothèque chinée dont le montant s'élève à 93,6 euros

3 nouveaux euros bien dépensés pour faire grandir la bibliothèque chinée dont le montant s'élève à 93,6 euros

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Publié le 5 Novembre 2016

L’infini grand merdier est un espace de liberté.

Chacune de mes phrases est un  échec ; je massacre la liberté à coup de poncifs biens  éduqués.

Rendre grâce aux libertés qui s’offrent à moi c’est quoi ? Ne pas écrire pour ne rien gâcher ? Ou accepter de tout gâcher en écrivant forcément mal, forcément faux.

Erreur de parallaxe.

L’impossible château.

Des milliers pour le même et l’impossible soi-même.

Il se vautre et j’aboie. Abêtissante demeure où demeure prisonnière mon âme, conscience et crâne et la boîte adorée.

Toujours restera à l’abandon la possibilité de coller doigts de poésie et le canon chargé sur la tête béate.

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Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #poésie

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Publié le 1 Novembre 2016

Je est allé et je est revenu ; les poches vides sauf de ses vents, de ses pets et de tout l’air de rien.

Je nage dans un trou d’eau bleue une petite brasse.

Liminaire je est resté d’un aller retour sur la rive. Et moi ? Je l’ai suivi.

Évidemment, cette éminence en références grises à fait descendre quelques organes, le ciel à tonné et d’un rideau d’eau de fer l’herbe fut mouillée.

Préliminaires incestueuses, à l’épaule d’une sœur où à l’aine de l’autre, il y a une sœur assise sur le coussin fragile de plumes imberbes et de coton culotté.

Des paroles échangées sur des nombres retournés, nous ne parlions de rien et elle, elle riait de tout, elle détournait la tête et levait ses bras sous le luminaire.

Elle regardait sa sœur, moitié d’elle utérine, et la lumière artificielle coulait comme la pluie, ça révélait des auréoles de cœur sous sa poitrine battante.

Je est allé et quand il est revenu, elles s’étaient enfermées à bras rabattus sur le pari gâché d’une seconde intimité.

C’est la charge héroïque contre le temps perdu, je croyait que c’était encore possible, impassible elle lui offre un dernier espoir.

Sous la jupe de dieu, la candeur en cascade révoque la pudeur.

Je spectateur marie les fils alloués d’un tragédien aux aiguilles d’Épicure.

Dévoilement, une image, une vérité, une pudeur qui s'envole et qui se donne à voir en mots crus et sincères.

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Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #poésie, #érotisme

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Publié le 31 Octobre 2016

Il faut un monstre à toutes choses et à tout monde. Il faut des mondes où pulluler entre l’exil et le retour, la magie noire et les nuits de banlieue. Et le jour où le monde, éternel et immuable tombe et retombe dans le cycle lisse du chaos d’un éternel retour, lorsque les coutures du monde creusent des crevasses et dresse des monts sans nom à la surface du réel alors il faut des héros. Le retour d’un héros, renaissance vagabonde en quête de monde à sauver, rétrécir les légendes pour mieux combler les océans de temps aux rivages farouches.

Conan, le Vagabond de Robert E. Howard, L’invention de Morel d’Adolfo Bioy Casares et Légendes du mythe de Cthulhu d’un homme que l’on nome Lovecraft ainsi viennent trois fois un pilier ou trois têtes de pont d’un même univers fantasmatique ou la science n’est que fiction et les actions de l’héroïsme aux fantaisies d’un éternel retour. Et s’il y a un point commun c’est que tout cela se joue sur de l’encre et du papier, coupé, calé, couplé en livre, ouvrages singuliers qui s’ouvrent comme des portes et se transportent comme des objets. Des trois deux sont des figures ayant réussies le pari d’incarner un genre. Le troisième est venu à moi sous une sobre couverture annonçant détenir les chefs-d’œuvre de la Science-Fiction. Bonjour monsieur, vous venez de la part de Borges ? Alors entrez ! Dépense ? 2 euros ? Destination ? La bibliothèque chinée et mes lectures d’hiver. J’espère qu’il ne sera pas long à faire pleurer le froid sur la nuit, j’ai envie d’y lire.

Et pourquoi ce n’est pas fini ?

Parce que Les Fleurs du Mal et autres poèmes d’un monsieur Baudelaire. Si mes comptes sont justes ça doit être la sixième édition différente avec la couverture cernée par le filigrane de Flammarion des années 60. Pour lui 1 euro, ce qui est cher pour un ouvrage que l’on a déjà en six ou sept exemplaire mais que dire, quand on aime on ne compte pas ; pourtant j’aime et le compte, je décompte.

Je ne sais pas. Non, je ne sais pas. Ce que je sais c’est que je déteste les gens qui écrivent qu’ils ne savent pas, comme ceux qui disent qu’ils n’ont pas les mots pour dire. Mais quoi qu’il en soit j’ai éprouvé un profond plaisir en chinant ces ouvrages ce week-end. Comme une évidence. Une pulsion qui s’ouvrait comme une envie de lecture. Et l’impression indistincte et surannée que l’on connaît quand on retrouve une vieille amie.

Pas de la nostalgie, juste une forme de plaisir avec notre main dans sa culotte pour lui tourner les pages et clouer le bec aux moineaux et aux mauvaises augures. Il n’y a pas d’anges, ni de démons, c’est la fête des morts et je suis vivant. Ce n’est pas mon jour alors. Et durant cet interstice j’explore une forme hybride de rédaction pour vous parler des livres chinés en vide-grenier ce week-end.

87 euros dépensés depuis le début. Richesse de la pauvreté et plaisir de la chine
87 euros dépensés depuis le début. Richesse de la pauvreté et plaisir de la chine
87 euros dépensés depuis le début. Richesse de la pauvreté et plaisir de la chine
87 euros dépensés depuis le début. Richesse de la pauvreté et plaisir de la chine
87 euros dépensés depuis le début. Richesse de la pauvreté et plaisir de la chine

87 euros dépensés depuis le début. Richesse de la pauvreté et plaisir de la chine

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Publié le 28 Octobre 2016

Ou ex

Ou ex

Tasse cassées

Pétoire dans tes mains

Comme une putain

Qui dans sa main

A une tasse cassée

Idiote je dis deux fois idiote

Idiote majuscule

Tes courbes me maculent

Ou ex

J’ai la gorge cassé

Esprit de papier

La voie éraillée

Drôle de cheminée

J’suis de porcelaine

La faïence des chiottes

Pisseuses sans culotte

Dieu ne met pas de capote

Litanie et sodomie

J’entre dans ta tête

J’y rentre par derrière

Et sans main au cul

Pas de préliminaire

Propos liminaire

Idiot et casse-pieds

De la tête aux pieds

Je scrute ma colonne

Elle est vertébrale

Et la boîte crânienne

Elle est dépassée

Je brise ma colonne

Sur un tétraèdre

Une mutilation

Passage à l’action

Tous les engrenages

Ou ex

Tous les engrenages

Ou ex

Les cœurs d’Android

N’arrivent pas à l’heure

Ils ne parviennent pas

Sentiments retards

Comme tous les métros

Qui ne sont pas là

Rames électriques

Pour brasser de l’eau

Électrocution

Sous tes isolants

La laine est mouillée

Comme tes dessous

Culotte mouillée

La sirène coule devant la police

Tous les girophares

Braqués sur ses yeux

Avant qu’elle s’envole

Avec l’huile de crabe

Et son plein panier

Comme le chaperon

Voulant éventrer le ventre du lion

 D’affables africains affrontent les hommes

Devant les toilettes de celui qu’est dieu

On voudra bien boire l’eau de sa cuvette

Et puis on rentra à bord de sa Corvette

J’ignore les mouettes

Et l’art du cynisme

Je ne suis qu’un robot

Et un homonyme

 

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Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #ébauche, #poésie, #Fantasmagorie

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Publié le 26 Octobre 2016

Je connais pour la première fois le crépuscule automnal des vide-greniers. Je me suis lancé dans le projet de chiner ma bibliothèque au printemps, les vide-greniers pullulaient et je courrais partout couvrir les potentiels du hasard et des rencontres. Et puis il y a eu l’été, c’était comme routine délicate et délicieuse qui ronronnait dans la chaleur oisive des mois vacanciers. Et voilà qu’il y a eu septembre et puis octobre, les matins nuits et la fraîcheur qui m’arrache des sourires d’être levé si tôt, les vide-greniers humides de rosée quand ils ne sont pas pluvieux. Et pourtant, heureusement, j’irai même à dire naturellement, je continu de chiner des livres.

Ce week-end j’ai pu rentrer avec deux livres de poésie. D’accord deux livres que je possède déjà mais que je ne me lasse pas de rapporter chez moi. Le premier ouvrage c’est celui pour lequel j’ai accepté l’idée d’une collection. Il s’agit d’une édition des Fleurs Du Mal de Baudelaire. C’est ma petite amie qui a repérer le livre, merci à elle, merci à toi. C’est une édition de chez Flammarion sortie en 2008, une édition que j’aime à classer parmi les livres d’écoles, avec une présentation d’une trentaine de page, une chronologie du poète, l’œuvre complète et un dossier pour parfaire l’approche de l’œuvre. C’est le sixième exemplaire des Fleurs du Mal que je chine, et la cinquième édition différente.

Autre poète à faire son retour dans la bibliothèque chinée c’est Aragon avec son œuvre Les yeux d’Elsa. Encore un livre que j’ai déjà chiné avant. Plus précisément je l’ai chiné lors du premier vide-grenier que j’ai fais après avoir formalisé ce projet de chiner sa bibliothèque. Aragon peut revenir avec Les yeux d’Elsa tant qu’il veut, tant qu’il peut, il n’est pas prêt de me lasser. Et même si cette édition de 1964 n’est pas très glamour la poésie est intacte. Un jour je trouverai une idée pour offrir à ceux et celles qui le désirent les ouvrages que j’ai en plusieurs exemplaires et je n’ai aucun doute quand au fait que Les yeux d’Elsa trouveront des yeux de lecteurs pour les emporter.  

Je me souviens qu’à une époque Enki Bilal tenait le haut de la hype, il fallait avoir vu, lu et aimé les bandes dessinées et les dessins de cet auteur qui me semblait énigmatique et mystérieux parce que je devais associer ses thèmes et ses personnages à sa personne. Pourtant je n’ai jamais lu Enki Bilal même si j’ai feuilleté quelques-unes de ses bandes dessinées j’ai des amis, des connaissances. Ma première réelle rencontre avec une de ses œuvres c’est avec son film Immortel, ad vitam qui me laissa un goût de génie inachevé. Ce dimanche en voyant parmi les livres de poches une couverture avec Enki Bilal je m’y suis tout de suite intéressé. C’est l’édition de 1983 chez Pocket BD de Partie de Chasse. Je ne suis pas un habitué des bandes dessinées, encore moins des bandes dessinées format poche mais pour découvrir l’œuvre de cet artiste de renom je ne vois pas où le problème. Surtout que l’ouvrage est en train bon état.

Voilà les trois nouveaux ouvrages qui entrent dans le projet de chiner sa bibliothèque. Et pour ces trois livres je n’ai dépensé que 2 euros. Si les vide-greniers se font plus rares je vais pouvoir certainement me mettre à jour de tous les retours que j’ai en retard et même reprendre un peu de sommeil perdu. Mais si ces idées là me sont plutôt agréables je ne souhaite pas pour autant la fin de la saison des vide-greniers, d’une part parce que je n’ai pas fini mes cadeaux de noël mais surtout parce que j’aime ça et que ça risque de vite me manquer.

Avec ces trois nouveaux livres la somme totale dépensée s'élève à 84 euros. Ne croyez pas que je donne le prix pour paraître, c'est seulement pour moi m'en rappeler et jauger de la dépense et du coût du projet. En supplément vous pouvez voir un casse-noix crocodile en cuivre chiné lui aussi ce week-end
Avec ces trois nouveaux livres la somme totale dépensée s'élève à 84 euros. Ne croyez pas que je donne le prix pour paraître, c'est seulement pour moi m'en rappeler et jauger de la dépense et du coût du projet. En supplément vous pouvez voir un casse-noix crocodile en cuivre chiné lui aussi ce week-end

Avec ces trois nouveaux livres la somme totale dépensée s'élève à 84 euros. Ne croyez pas que je donne le prix pour paraître, c'est seulement pour moi m'en rappeler et jauger de la dépense et du coût du projet. En supplément vous pouvez voir un casse-noix crocodile en cuivre chiné lui aussi ce week-end

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Publié le 24 Octobre 2016

Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #Pictogranimation, #Prose, #poésie

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Publié le 17 Octobre 2016

Une page blanche – acte de combat

Quelques dés lancés à leurs propres hasards – zone de guérilla

J’ai l’univers dans le dos comme l’œil d’un sniper narquois qui s’est fondu en nuage, en ciel, ou en la lumière de l’automne couchante – un dormeur dans un val

Matière grise vaporisée – le casque résonne et les balles tonnerre contre le kevlar

Tu sens la poudre et foutre noir lyophilisé gicle en traînée – lumière d’obus couleur de feu

Jusqu’au bout des doigts l’encre, graffiti sauce rouge, piquante – le cloaque de tes enfants

Pas un syndrome ne pourra te faire taire – tu es déjà malade à blanc

Livide comme ta camisole tu te renfermes – deuxième peau d’aluminium

Tu n’étais pas déjà que le napalm dictait sa légende – et ton sexe ne sort pas de la jungle

D’autres sont oins et toi ta chaire pour le canon – tu relances les dès pour rouler ton destin

Le chrome a cramé et tes neurones pleurent – terrain miné pour ne rien gâcher

Et déjà l’aube rouge – la rosée perle de sang

Poisseux comme la brume qui enveloppe tes cadavres – matin gris des pas dans la boue

Et les millions n’ont plus de décompte devant toi  - soustraction solitaire

Mettre en joue – tu ne seras pas sous leur joug

Poésie des guerres

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Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #Je est un Blog, #Prose, #poésie, #guérilla, #punchline

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Publié le 14 Octobre 2016

Un jour j’ai écris un personnage et j’étais trop con pour remarquer qu’il était moi, que c’était moi, lui est moi et moi être lui. Ce qui est dommage c’est que j’ai fini par arrêter de l’écrire. Alors je n suis plus sûr de savoir si je suis toujours lui ou si nos lignes de textes ont finies par dévier au point de nous rendre dissemblable. Si je le cherche je le trouverai sûrement en voiture le long d’une rue ou tapinent encore quelques irréductibles avec qui il va s’offrir quelques mensonges à se partager dont il tartinera des pages d’hier. Alors que moi je n’y serai pas, ailleurs je continuerai de mener une vie de démiurge, plus demi dieu ivre que véritable omniscience. Et si je ne suis plus lui, s’il n’est plus moi alors qui est-il ? Et moi, reflet sans source que suis-je devenu ? Un lapin dans un miroir sans tain ?

Je n’y crois pas, il est toujours moi et je suis toujours l’auteur de lui ; il n’y a qu’un chapitre qui dort recroquevillé sur des pages pas encore massicotée sous mes cheveux longs. Nous sommes ce savant mélange d’avance et de retard là où le présent n’est qu’une erreur de concordance, qu’un point de fuite pour des réalités contraires qui s’aspirent au même horizon depuis la même grotte. Il n’est plus là sauf dans les lignes, sauf dans mes livres, sauf dans mon crâne à tisser ses filets de neurones accablés pour capturer des fées, des papillons et des déesses à peine mûres comme les fleurs cueillies à l’aube de leur jeunesse dans la genèse élégiaque d’une beauté à peine déboutonnée.

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Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #Je est un autre, #écrire, #poésie

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Publié le 6 Octobre 2016

Dans un temps avant l’hiver.

S’il y a plus mauvais poète que moi ce sont bien les poètes. Et si je n’en suis pas un c’est sûrement que je le suis. 

Avec un toit entre dieu, la pluie, le hasard et moi.

Avec des portes, ouvertes et fermées, avec les murs du cloître qui n’en ai pas un.

Un peu de terre sous les chaussures.

Et le chien mouillé sur son coussin.

La cheminée est froide et la lumière électrique.

Il n’y a rien de plus, et la tété qui parle froid et la peur au ventre dans le chaos ; conducteur émotionnel bourré qui étale ces merdes sur le bureau comme un le chauffard laisse des os, du sang et de pare-chocs derrière lui. Carrosserie froissée sur le dos du poissard. 

Je me souviens de mes origines indiennes, la marche dans la nuit et les nuits sous le tipi et pour conjurer l’esprit mauvais des augures noires je raye des citations dans les dictionnaires de citations en espérant pouvoir expurger la réalité de la glose d’un foutre suranné sur une banquette arrière.

Je pourrais devenir un vieux fou. 

Peut-être quand je serai vieux ; d’ici là je reste un fou. 

Et alors je n’ai plus froid et si ce n’est pas de la peur c’est de la fougue. 

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Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #Prose, #poésie

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