Articles avec #poesie tag

Publié le 12 Février 2017

De si vieux livres, et des moins vieux ; ou lorsque je chine pour l’émotion temporelle que m’invoque le fait d’avoir entre les mains un livre ancien, un peu ou un peu plus. Il y a tellement de raisons de chiner, des bonnes et d’autres, et lorsque je chine des livres c’est pour constituer cette bibliothèque chinée avec l’ambition de démontrer que la culture est là, accessible à tous ceux qui s’en donnent la peine et pour bien moins cher que ceux qui prétendent le contraire. Mais parfois je craque pour des objets, des livres objets et ces objets livres qui me séduisent sont souvent les livres anciens.

Lorsque j’ai entre les mains un livre ancien je ne vois pas le contenu littéraire de l’ouvrage, ce qui me trouble c’est de me représenter le livre sur une frise chronologique et de me représenter les tranches d’histoires que l’objet à traverser, notamment les guerres, mondiales ou locales, les inventions, les dates marquantes et les événements traumatiques et pourtant le livre arrive jusqu’à moi, entier, épais et beau de son histoire.

Jusqu’à présent dans la bibliothèque chinée je n’ai présenté qu’un seul livre datant du XIXème siècle (1831) alors aujourd’hui je vais convoquer quelques livres anciens, deux que j’ai chinés et deux dont j’ai hérité la propriété et un dernier retrouvé dans mon garage.

Le premier livre date de 1839, édité en Avignon par Seguin Aîné il s’agit du tome premier de Leçon sur la poésie sacrée des hébreux. C’est son lien avec la poésie qui m’a attiré à lui et c’est on âge canonique qui m’a convaincu de le prendre, pour un livre de son âge je le trouve en très bon état. Dans la même brocante et sur le même stand, dans le même carton pour être précis je suis tombé sur un livre encore plus ancien. Conversation sur plusieurs sujets de la morale, propres à former les jeunes demoiselles à la piété ; ouvrage utile à toutes les personnes qui sont chargée de leur éduction. Tout un programme ! Un ouvrage rédigé par M. P. C. docteur de Sorbonne dédiée aux demoiselles de St-Cyr. C’est une édition nouvelle, revue, corrigée et augmentée éditée en 1819 à Lyon. Et d’après la dédicace rédigée à l’intérieur le livre a été transmit ou offert en 1828. Il m’est déjà arrivé de feuilleter ce genre d’ouvrage, par curiosité amusée et avec un peu de voyeurisme historique parce qu’en feuilletant ce genre de livre je ne peux m’empêcher de penser aux demoiselles à qui ils étaient dédiés et à leurs émotions, leurs désirs, leurs ressentis qui devaient entrer en conflit avec ces leçons de morales d’un autre temps. De souvenir j’ai chiné ces deux livres pour 5 euros, en brocante les prix étant généralement un peu plus hauts qu’en vide-grenier.

Les deux autres livres un peu anciens que je convoque pour ce hors série de chiner sa bibliothèque ce sont deux livres que dont j’ai hérité la possession de ma grand-mère. Le premier est un livre de 1867, c’est le second volume de Poésie par Alferd de Musset. Si je mets à part le qualité poétique de l’ouvrage et le fait que cet ouvrage a appartenue à ma grand-mère avec laquelle j’avais un lien fort, je trouve cet ouvrage remarquable de préciosité ébranlée. Le livre a vécu, on sent qu’il a été lu, choyé, consulté et relu encore. C’est un livre qui comporte des illustrations et ce que je trouve très touchant, très beau et carrément sur-poétique c’est que ces illustrations sont des reproductions photographiques qui ont été ensuite découpées et collées dans le livre, et cela rappelle la valeur artisanale et précieuse dans le savoir faire de l’édition des siècles passés. Si vous en doutiez, j’insiste pour dire que ma grand-mère avait du goût, pour preuve le second livre qui lui appartenait et qui se trouve aujourd’hui dans ma bibliothèque est encore un livre d’Alfred de Musset, le premier tome de Comédies et Proverbes. Cette fois le livre est moins ancien, l’édition date malgré tout de 1950. Ce qui fait sa valeur de livre objet c’est que c’est un beau livre, avec de superbes illustrations de Pierre Leroy,  une édition numérotée dont c’est l’exemplaire 578/950 qui se range dans son fourreau cartonné et jaspé. Bien sûr ces deux livres n’ont pas été chinés, mais j’aime les savoir présent dans ma bibliothèque comme des hommages et des souvenirs.

Et pour finir encore un livre ancien, 1906, un livre édité par Alphonse Lemerre à Paris. Il s’agit de La voix des âges, poésies, première série. J’ai du mal à trouver des informations sur cet ouvrage sur internet. Il me semble que c’est un recueil de poésies. J’ai retrouvé cet ouvrage dans mon garage, il m’a été donné, ou je l’ai trouvé, je l’ai récupéré, qu’importe, il est là et comporte des poèmes édité au début du siècle dernière. Le livre n’est pas en bon état, la reliure part en miette, en revanche le papier, épais et lisse est encore dans un état remarquable et si les pages n’avaient pas été massicotées ont pourrait croire que ce papier est neuf. C’est idiot à dire mais lire de la poésie sans en connaître l’auteur a une saveur différente que de lire la poésie d’un auteur connu de soi.

Voilà cinq ouvrages un peu hors série qui entrent dans la bibliothèque chinée, ils incarnent une forme de résistance face à l’obsolescence des objets.

Les livres sur la morale ont toujours quelque chose de sensuel, un érotisme contrarié que j'adore
Les livres sur la morale ont toujours quelque chose de sensuel, un érotisme contrarié que j'adore

Les livres sur la morale ont toujours quelque chose de sensuel, un érotisme contrarié que j'adore

J'aime beaucoup le livre de poésie de Musset qui est très usé et très réparé, ça augmente son charme je trouve
J'aime beaucoup le livre de poésie de Musset qui est très usé et très réparé, ça augmente son charme je trouve
J'aime beaucoup le livre de poésie de Musset qui est très usé et très réparé, ça augmente son charme je trouve

J'aime beaucoup le livre de poésie de Musset qui est très usé et très réparé, ça augmente son charme je trouve

Une très jolie édition numérotée
Une très jolie édition numérotée

Une très jolie édition numérotée

Avec 5 euros dépensés en plus je dirais 142,7 euros

Avec 5 euros dépensés en plus je dirais 142,7 euros

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Publié le 6 Février 2017

Il ou je, le voilier tangue. Il trace l’outrage de l’indécision

Si peu et trop de tout ; la présure de poète après une incision

Chroniqueur d’heure à heure de souvenirs toujours vivants

Ma muse est devenue madame, mais je reste son dissident

Le drame de ta majorité bascule sous la cathédrale de la trotteuse

Ton éventail, une vie nouvelle mais tu reste ma pucelle hargneuse

Dès que le temps est pour moi je m'abandonne à mes indiscrétions

L’œil collé à la bouche de judas, j’y contemple tes accrétions

Des mausolées gastriques, des ruines intestinales

Les papillons sont morts, ton ventre bat d’ombres minérales

Souviens-moi, au saut du lit je buvais à tes mots les sucs

Archéologue de tes alvéoles jeunes qui donnaient sur un viaduc

Je remonte le fil léger des fluides que tu écoulais hors de toi

Sur la carte, méthodique, je suis les lignes du doigt

Sur ta joute démoniaque je me courbe pour embrasser tes sabots

C’est ma valse mécanique, l’orgiaque négation du destin des tarots

 

Je décompte encore ce qu’il me reste de tes souvenirs.

Tu vieillies bien plus vite que ma nostalgie peut le soutenir

Le dessin sauvage trace une ligne sur ta joue juvénile

Pour tes aréoles ostracisées puissent faire le retour du chenil

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Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #Prose, #poésie, #autofiction

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Publié le 3 Février 2017

Elle s’est assise sur une rose.

Elle avait gardé sa culotte mais elle s’est assise sur une rose.

Pétales et épines disparaissent sous son cul serré par une culotte bleue.

Elle lui a soulevé le cœur dans les draps ravagés.

Elles étaient nues, les corps liés.

Leurs bouches bées livraient aux lèvres de salive close la sainte guerre.

Rapide, son corps scindé dans une vrille hurlait dans sa sueur.

Deux fois

Percée d’impudeur puérile elle tiraille son décolleté.

Et la vie qu’à un fil devient à son sein le trouble d’être dévoilée.

Ses mamelles mordorées pèsent sa vie d’une histoire révoquée.

Et le métro passe. Et les portes qui s’ouvrent et il repart sans elle.

Au jardin d’une vision son visage flou laisse entendre le reproche urinaire.

Mais elle cède à la satisfaction d’un ruissellement lacrymal sans pleur.

La cascade en dentelles poursuit la ligne de mire où fuite l’horizon.

Boum. Boum.

Aux sommets des culs orfèvres tremblent les feuilles onusiennes.

Des sans-culottes et fesses tendues vers le ciel attendant la trame bombardière.

Embrasser vos missiles sur la moquette usée et rouge.

Le temps viendra où les sommets sonneront le glas de vos dessous disparates.

Lorsque sonne la fin le monde s’ouvre et s’enroule les tentacules.

Téton dardé par le vice d’un appendice visqueux.

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Rédigé par Mémoire de joueur

Publié dans #poésie, #Prose, #punchline, #érotisme

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Publié le 1 Février 2017

Regarde au fond de ton puits amnésique et confrontes-toi au monstre qui pétarade dans tes entrailles qui deviennent aussi visqueuses que la fange des porcs.

Sous la graisse façonnée comme une statue de glaise tu verras alors Pygmalion qui outrage sa Galatée pour conduire la néréide à hurler derrière la jetée fiévreuse du port.

Le poète est salace et ton âme s’agace tandis qu’il glisse, qu’elle gît et s’enlisent s les diables dans les méandres de l’infini cloaque qui s’étend par-delà la frontière profanée.

Sur leurs doigts cristallins les insectes nécrophages courent en nombres impairs et tissent des chrysalides palmaires qui écloront dans une année.

Un homme damné par les nuances des roses diaphanes et des rouges carnés qu’il s’applique à discerner dans le grain serré de la peau peut mourir.

Dans l’ombre du marais la nature endosse l’étrange épiderme qui se déforme pour épouser la silhouette imberbe avant de la voir dépérir.

S’il veut survivre alors que le mâle s’exile sur l’île renversée et qu’il séduise d’un jet les muses menstruées des irrémédiables enfers tectoniques.

L’horloge rage lorsque la foudre frappe et fauche les phalanges des filles farouches et les fourches des fumeurs d’arsenic.

La fumée enfin dissidente se dissipe alors que l’orage meurt et découvre des cadavres et des lignes noires qui jonchent le sable putride.

Enfin je gratte mes ongles. Je libère quelques gaz. En regardant le ciel devenir un horizon trop blanc je prends le temps de prendre quelques rides.

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Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #poésie

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Publié le 31 Janvier 2017

Oh la jolie petite pute, une vraie catin que j'espère gratuite pour que je puisse lui gicler mon foutre pictural partout sur son visage d'ange.

Poésie larme à l’œil je conchie sur ta plume de velours avec panache et avec rage.

Prosodie pathétique de la langue crue qui se roule dans la fange, avec l’âge et le goût amer de le prendre j’apprends à oser le ton.

Hache à part je lui coupe la tête et la littérature râle lorsque de sa gorge tranchée elle macule le sol et gesticule comme un canard sans tête avant la saison.

Un geyser profane de souillure séminale déborde des encriers que l’on croyait démodés depuis que le chant des canons à supplanté l’audace des claviers mécaniques.

Ils ne dorment plus, ne vivent plus et même plus ils ne baisent ; ainsi ne fronde plus la génération perdue amante effrénée des uniformes et du clic.

Le prono des éperons a le luxe douteux de marquer les poitrines, mais pourquoi ne le voient-ils pas ? Cécité sémantique ou bien nécessité inique de ses gravures de mort d’ignorer le rang des moutons hiéroglyphes.

Demain le désastre annoncé dans le cri de l’aube moqueuse viendra s’échouer leur le pavé érodé par les bottes courtisanes qui se donnent aux mains riches des clients passifs.

La forêt est mammaire et les mamelles du pouvoir enflent dans l’ignorance des dogmes. Alors sous le ciel de l’instant j’abandonne mon âme aux fontaines du vice

Alors je redondance dans mon renoncement et j’abdique le pastiche de mon âme à la pratique onanique qui vise et pourfend la vacuité bienfaitrice.  

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Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #poésie, #Prose, #érotisme

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Publié le 28 Janvier 2017

Des plages et des plages de poésie cathartique, autrement dit de gros cacas grisâtres collés de sable. Il y a de la valve cardiaque qui manque de se faire mâcher entre les dents de deux zèbres.

Tes robes et Tes jupes et dessous des os et des os, ton petit corps calcaire ébranlé par les joutes magmatiques de mes pulpeuses pulsions. Tu tremble comme la terre quand un bassin minier est perforé par le membre mécanique d'une unité de forage, comme mon père, oh désespoir !

Orbe de foudre et vestiges lacustres donnent le change d'un décor demain. Ce soir il parcourt la parcelle enneigée émaillée de cadavres d'animaux et le cannibale tiendra son ventre jusqu'au jour qui vient après la nuit, il heurtera son cri à la matière grasse qu'il a marié à sa gorge et qu'il nomme sa rage.

Quelques branches coupées qui ne sont même pas des arbres.

Aujourd'hui c'est un beau gosse qui sort de son œuf. Il n'est pas venue seul, sa sœur cadette sort elle aussi de l’omelette, coulante,baveuse, qui trône à sa table. L'orage grêle fort à sa fenêtre et couvre les cris. Il lève son verre et trinque aux fantôme avec lesquels enfin, il peut se permettre de boire.

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Publié dans #poésie, #prose

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Publié le 26 Janvier 2017

Stéphane Mallarmé, dans un livre de poème que les auteurs, les éditeurs aiment trop souvent appeler : poésies, au pluriel parce que la poésie est toujours plus qu’elle-même, plus qu’une aile, plurielle et oui elle l’est. Mais le livre lui est petit comme un de ceux que l’on emmène dans sa poche à la mer ou sous la neige, un petit livre dense, doux qui valait 35 francs en 1989 aujourd’hui le livre pèse pour le poids des poèmes de Mallarmé comme si l’auteur ne s’était pas armé avant d’écrire.

Alfred de Musset à fait comme Mallarmé, à moins que ce ne soit son éditeur qui décida un jour de 1941 de titrer ce recueil très prosaïquement Poésies. 1941 et à Paris on éditait encore de la poésie, sûrement pour contrer les bruits de bottes, ou comme les autruches pour croire que rien ne changeait. Je ne connais que trop peu la poésie d’Alfred de Musset, mais cette ouvrage un peu petit, un peu serré de n’invite pas à m’y plonger, tant pis, la belle date et la poésie me pousse à le collecter.

Je ne peux pas dire que je connaisse mieux Saint-John Perse, sauf que lui son nom porte pour moi le goût épique de l’exotisme, de cette forme indistincte d’esprit instinctivement large, incernable mais poète et littéraire, l’esprit d’un intellectuel avec ce que j’éprouve d’admiration pour ce que je n’en connais pas mais que je perçois. L’impression, c’est ce qui me porte, l’emporte, et je suppose qu’il mérite son prix de littérature nobélisé. Et puis là c’est la collection Poésie/Gallimard que j’aime voir, avoir et lire alors cette fois je vais le lire avant de le ranger. Et pour cette fois le recueil ne se limite pas à se nommer poésies ou poèmes, il s’appelle Vents.

Et l’autre d’où me vient-il, qui est-il ce poète Michel-Ange ? Je le connaissais artiste, total, complet, sculpteur, peintre, dévot et impie, je connais le génie, je géant, un monstre sacré que l’on a sacré comme l’art de son temps et l’art d’à travers les temps. D’où me vient cette édition encore en Poésie/Gallimard du recueil que l’on appelle Poèmes ? Je ne sais pas, il est là et j’en suis heureux.

Que faisaient ces livres dans mon garage c’est le mystère, maintenant ne les cherchez plus ils seront dans ma bibliothèque chinée.

Chiner sa bibliothèque #HorsSérie : récolte dans le garage
Chiner sa bibliothèque #HorsSérie : récolte dans le garage
Chiner sa bibliothèque #HorsSérie : récolte dans le garage
Chiner sa bibliothèque #HorsSérie : récolte dans le garage

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Publié le 9 Janvier 2017

La nymphe est une ressource injustement rependue ; les rues, les écoles, les facultés, les boutiques pour midinettes et les réseaux sociaux pullulent de ces nymphes demie-femme et un tiers-ado. A l’œil la nymphe est une espèce bien répartie dans la ville, dans la campagne et de sur quoi dans l’hexagone ainsi que dans l’imaginaire collectif. C’est là, un fait imprimé dans les pages des journaux intimes que les frères et les cousins n’ont plus besoin de dénicher dans les cachettes féminines des chambres de filles parce que ces mêmes filles diffusent et publient les faits intimes fantasmés et vécus dans la langue des pixels, des SMS et des 140 caractères d’impudeur normative.

S’il prétend que la répartition de ces nymphes que l’on épingle à son veston comme une fleur de lys couverte de rosée le soir du bal est mal répartie c’est parce que même si les nymphes collectionnent les apparitions dans l’espace commun de la doxa et des grands cons elles n’appartiennent à personne et s’en vont seules, solidaires et solitaires sur les chemins de l’abattoir qui ressemble à la vie. Le regret de sa catin perdue lui donne envie de renouer parfois avec le souffre cristalliser aux lèvres de l’une d’elles. Il appâte avec du tweet et du texto qu’il balance derrière lui dans l’ombre de ses pas quand il déambule dans la noire forêt de l’anonymat et que pareil au petit poucet il joue la scène de la lapidation sur des chaperons imaginaires, et puis sur les loups rivaux et bien  sûr des pucelles qui puisent au puis l’eau pure des fontaines. Et il appâte, et il espère, il lance des parts de gâteaux des sucreries  mais il se bouffe des radeaux lorsque le rêve redevient réel et que la gueule sur le trottoir il susurre à la mort que ce n’est pas le soir de leur rendez-vous.

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Publié le 26 Décembre 2016

Fallait-il que Rimbaud invite Verlaine à me rejoindre ? Oui, parce que si les deux auteurs ont leurs noms liés dans mon imaginaire, j’entends toujours résonner Verlaine & Rimbaud comme un gimmick ou un mantra de la poésie. Hors Rimbaud j’ai eu la chance de le chiner à quelques reprises, je crois deux, ce qui est une excellente chose. Mais Verlaine, son compère restait absent de ma bibliothèque chinée. Jusqu’à ce matin du 25 septembre, un vide-grenier de fin d’été où je fouinais avec plaisir dans les livres dont les autres se séparent. Et là, au hasard de mes pérégrinations sans buts, je vois la barbe du poète, celle de Verlaine sur un recueil qui contient Sagesse, Parallèlement et Les mémoires d’un veuf. A ce qu’il parait ce ne sont pas les meilleurs morceaux du poète. Je n’ai pas encore pris la peine de lire ce recueil, pour le moment. La plus part des textes ont été écrits après le passage de Verlaine par la case prison, et après le retour de sa foi catholique. Mais ce recueil, même s’il n’a pas le meilleur retour critique a le mérite d’être dans une édition que j’adore, celle de Flammarion, avec le liséré qui fait le tour de la couverture. Je trouve les éditions Flammarion de cette période vraiment très belle et je suis content d’avoir trouvé Verlaine dans cette édition là en direct de 1977 pour 1 euros.

A force de lire mes chroniques, j’espère que vous avez remarqué que les deux genres qui m’attirent le plus sont la poésie et la science-fiction. Ainsi si le premier ouvrage abordé dans cet article est un livre de poésie, alors le second doit être un livre de science-fiction. J’ai ainsi chiné un livre sobrement titré Science-fiction. Il s’agit d’un recueil qui regroupe 7 nouvelles, et c’est déjà une bonne nouvelle, dont les auteurs sont Ray Bradbury, A. E. Van Vogt, James Blish et C. Simak ce qui est une autre bonne nouvelle. Deux auteurs que j’aime beaucoup et deux autres que je vais pouvoir découvrir le tout dans une édition bilingue au cas où je me décide à lire l’anglais, mais plus sûrement je me contenterai des pages en français qui se trouvent derrière la couverture joliment psychédélique. Là encore, voilà 1 euro qui me semble bien dépensé pour ce livre de 1978.

 

Et hop 108,5 euros

Et hop 108,5 euros

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Publié le 23 Décembre 2016

C’était un jour de septembre, un jour d’été qui était encore un peu indien, il faisait donc doux et jour tôt le matin et je m’étais levé aux aurores pour me frotter à l’excitation fébrile d’un grand vide-grenier au cœur d’une petite ville ou d’un gros village. J’avais garé ma voiture assez loin et je remontais à pied la file des voitures pleines de brics et de brocs qui bouchonnaient pour entrer dans le centre de la ville où les stands étaient prévus. Au cœur de la ville les exposants déjà arrivés étaient en train de déballer, le soleil brillait à peine, c’était agréable et je me souviens.

Oui, je me souviens m’être arrêté sur le stand d’un jeune couple, ils devaient avoir à peine la vingtaine tout au plus, pour fouiner dans un sac de livres. Voyant mon intérêt les jeunes me demandent ce que je recherche en me servant du monsieur. Sur le coup le monsieur me fait tiquer parce qu’il me fait sentir que pour eux je ne suis pas dans le même moment du monde, alors qu’en les regardant j’avais l’impression de me voir en eux. Mais qu’importe la fierté d’un ego qui vieilli, je leur dis que je cherche surtout de la poésie, et la fille, me dis que justement ils doivent avoir deux livres de poésie en se mettant elle-même à chercher dans le sac. Elle parvient à sortir deux jolis petits ouvrages d’une même collection avec couverture toilée rouge titre en blanc pour l’un et orange titre en mauve pour l’autre. Ils ont un design très marqué par les années 70. La jeune fille m’annonce 1 euro par livre, un prix très raisonnable mais c’était le premier stand où je m’arrêtais et je n’avais pas de monnaie, eux nous plus évidemment. Je leur demande donc s’ils peuvent mettre les livres de côtés et attendre que je repasse après exploration du vide-grenier, ce qu’ils acceptent mais avec une pointe d’inquiétude parce qu’ils me demandent à plusieurs reprises si je vais bien revenir. Je ne sais pas pourquoi mais je les ai trouvé touchant, et évidemment je suis revenu plus tard avec ma pièce de 2 euros.

Le premier a pour titre Les plus beaux poèmes de la liberté et le second Les plus beaux poèmes d’amour. A l’intérieur des poèmes, logique, souvent illustrés par des toiles célèbres, ce donne de beaux ouvrages avec des auteurs bien choisis. Sapho, Dante, Ronsard, Malherbe, Shakespeare, Hugo, Baudelaire, Cros, Verlaine, Rimbaud, Rilke, Aragon, Neruda et bien d’autre pour exprimer l’amour et pour la liberté nous retrouvons la plume de du Bellay, Huo, Musset, Apollinaire, Eluard, Hikmet et d’autres bien entendu. Le seul petit regret que j’ai eu en voyant les livres c’est qu’ils avaient subis les assauts de l’humidité et donc quelques pages sont légèrement gondolées par endroit et les deux livres étaient légèrement cintrés. Mais j’ai pris deux planches, deux serre-joints et hop j’ai mis mes livres dans ce dispositif barbare quelques jours et aujourd’hui les livres sont redressés.

C’est curieux, je ne me souviens pas toujours des personnes à qui j’achète les livres, mais ce jeune couple m’a touché même si l’on n’a échangé que quelques mots. Du coup j’éprouve une forme de plus-value émotionnelle vis-à-vis de ces deux livres de poésie. En écrivant l’article j’ai regardé la date de l’édition de ces ouvrages, comme toujours d’ailleurs, et ironie du sort pour un chineur qui éprouvait son âge avancé en discutant avec de jeunes vendeurs, les livres ont été publiés l’année où je suis né.

Avec 2 euros dépensés, la somme totale des dépenses est à 103 euros

Avec 2 euros dépensés, la somme totale des dépenses est à 103 euros

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