La prose qui ose n'est qu'un pléonasme

Publié le par Rémy

Agir clef en main sur ton visage blanc comme la crème de nuit – reposer le poids, trinité la main en l’air j’efface d’un geste vif la galbe qui claque. La poésie profane le réel tel un mensonge – poète et matador dans l’arène sa dessus dessous et sa fille sans couronne. La poésie contourne autant qu’elle contorsionne, tailler à la serpe en nature refaite celle qui est brutale, l’arbre tel qu’il pousse, l’herbe telle qu’elle se sème de pétales parsemés la vue levée d’un astre d’horizon ; point de mire, de focale, poing levé, lèvres jointes pour ne pas crier les slogans spontanés qui ont supplanté la plume concave puis convexe toujours complexe de l’arme poétique chargée en ouate douce et en violence mégas fortes de métaphores médisantes car elles ne disent pas les mots en face et préfères les fractales comme les gangs préfèrent les bangs des fusils aux râles stridents des sirènes.

Ma prose est sédimentaire, couche après couche elle couvre la cohue du monde et dans le lit blanc des pages éponymes c’est le coïte incongru de réel défloré par la verve poétique. Il n’y a pas de double pénétration des mots dans l’âme, seulement la ligne droite de l’encre noir qui dessine des lettres comme la fumée des cigarettes et la poudre des pétards qui décrivent des volutes évanescentes qui ornent vos silhouettes d’une cabale absconse.

Je n’ose pas dit le poète, je cris muet sur le papier.

Noriyoshi Ohrai
Noriyoshi Ohrai

Noriyoshi Ohrai

Publié dans Prose, poésie, divagations

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