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Publié le 16 Décembre 2015

Dieu s'il aime le sport sait bien à quel point j'aime le handball. C'est un sport qui m'a fait connaître des émotions folles comme seul lui a pu le faire, j'ai vibré, crié, j'ai communié, je me suis roulé parterre emporté par la joie,bref ça ne doit faire aucun doutes que depuis quinze ans j'aime ce sport comme un spectacle épique, lieu d'exaltation et héritier de l'antique tragédie des grecques.

 

Ce soir il y a le hand star game, itération française et handballiqtique du all star game de la sacro-sainte NBA machine à spectacle. Ce soir je regarde ce hand star game parce que j'aime le handball, un peu aussi parce que c'est c'est ma petite soeur qui est derrière le show ce soir, c'est dire si je peux manquer d'objectivité. Et j'admets que le spectacle est beau, sa roule plutôt bien, le terrain est joli et le jeu semble bien s'amuser.

 

Mais si je fais du hand star game le sujet de mon article du soir ce n'est pour ça, oui j'aime le handball, j'apprécie le spectacle du soir, mais il faut reconnaître une chose, ce soir il y a un perdant et le perdant c'est le charisme. Cette célébration du handball à la sauce France fait très bien son job mais elle ne peut pas combler un vide dont elle n'est pas responsable, le manque cruel de gueules, d'icônes, d’idoles pour incarner la grandeur du phénomène handball en France. Nous n'avons pas une seule figure qui soit à la hauteur du palmarès de notre handball champion de tous les championnats mondiaux, européens et olympiques. Et ne me parlez pas de Nicolas Karabatic cet anti héros anti charismatique. Des joueurs beaux à voir jouer nous en avons, blessés ou non, sur le terrain ont trouve des joueurs à aimer. Mais il n'y a plus de personnages à aimer, de personnages qui portent nos passions par delà les terrains.


J'aime le handball très fort, mais charisme tu me manques.

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Publié le 7 Décembre 2015

J’avais envie de parler des élections. Je voulais poser ma bouse moi aussi et me faire éditorialiste politique. Oui je le voulais. Ce matin encore dans la voiture je brouillonnais mes phrases, j’assignais à mes analyses des valeurs pamphlétaires et ça sonnait bien. Mas voilà, j’ai commencé à écrire et c’était aussi moche que les analyses politiques du soir et des comptoirs que je conchie. Je ne suis pas militant frontiste, même pas votant et encore moins sympathisant. Je suis donc plutôt déçu du résultat.

Et c’est là que le bas blesse. Je ne suis pas déçu d’un vote démocratique. La démocratie a parlé et je ne peux que respect une expression démocratique. Si je suis déçu ce n’est pas des scores du Front National, ce sont par les scores de la gauche dissipée et dispersé parce que je suis plutôt sympathisant de ce bord. Je suis surtout mal à l’aise devant l’éternel front républicain qu’il faudrait lever contre l’autre front, celui qui se dit national. En appeler à un front républicain pour contrer une idéologie je vois cela comme l’échec d’une pensée démocratique. J’ai la chance d’être dans une région où la gauche se maintiendra au second tour, elle perdra peut-être mais je pourrais voter. Pas voter contre, mais voter pour.

Si vous n’acceptez pas que la démocratie parle les mots du Front National alors proposez moi une révolution, une refonte du système pour éliminer les pensées qu ne vous conviennent pas. Elles ne me conviennent pas plus mais je veux ne pas avoir à voter contre elles, je veux pouvoir voter pour des idées, des valeurs auxquelles je crois. Cessons de cristalliser les consciences sur le Front National, son expression est démocratique, travaillons plutôt a réinsuffler dans notre société un sens de l’idée, de la réflexion, de la valeur et de l’esprit critique. Parce que si je ne veux pas voter contre le Front National je veux pouvoir voter pour des idées qui par leurs essences devraient supplanter celles des frontistes. Je n’ai pas envie de taper sur les sympathisants du front, je méprise et je conchie la plèbe qui se vautre dans la satisfaction de son inculture assez souvent et depuis assez longtemps pour ne pas éprouver le besoin de le faire ce soir pour panser ma conscience.

Non, je veux une réflexion d’avenir, constructive et idéologique. Mais s’il fallait stigmatiser un problème je ne choisirai pas le Front National mais bel et bien la bêtise crasse et la phobie de la réflexion qui innervent notre société.

Merde, je l’avais dis, même après un deuxième jet, même après une nouvelle approche mon édito est aussi con et pathétique que ceux qui m’exaspèrent. Désolé.  

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Publié le 19 Novembre 2015

Nous sommes en guerre.

Sommes-nous en guerre ?

Est-ce qu’il y a une frontière entre faire la guerre et être en guerre ?

Nous sommes en guerre contre Daesh mais qui est ce nous ?

Où est cette guerre ; dans les avions, dans le ciel, en terre étrangère ?

La guerre, la France en guerre, ça sent le livre d’histoire. Par extension je voudrais penser que ça sent aussi la poudre, le métal brûlant, la terre, la sueur et le sang. Il y a dans mon esprit une part déterminer à supposer la guerre avec une forme, une odeur, un temps ; une ambiance. Quand j’ai entend notre président dire que nous étions en guerre cela à fait sens pour cette part de mon esprit qui savait ce qu’était la guerre. J’étais d’accord sur le fait d’entrer en guerre, je le suis toujours. C’est radical, outrancier et pathétique mais c’est comme je le pense un passage obligé vers une période plus propice à la sérénité. Oui, je pense tout cela et pourtant je suis déboussolé devant cette guerre qui ne se donne pas.

Nous sommes en guerre et que dois-je faire ? Je vois, j’entends, ceux qui retournent vivre en terrasse, qui boivent, mangent, sortent et je comprends que pour ceux qui ont eux peur, pour ceux qui ont étaient frappés par les attaques du vendredi 13 ça soit nécessaire de faire cela. Même si c’est trivial c’est pour eux une façon de remonter à cheval après en être tombé. Mais je ne parviens pas à voir dans ces gestes de vie une portée politique, idéologique, ni même un acte de guerre et encore moins de résistance tout simplement parce que je ne parviens pas à me convaincre que les attaques de Daesh avaient pour but de vider les terrasses, les restaurants et les salles de concerts. On peut le penser, on peut le croire, mais on peut aussi en douter et c’est mon cas. S’il y a une guerre à mener j’ai un doute quand au fait qu’elle se fera avec vos verres, votre musique et vos terrasses, ni même avec vos vies. Et je ne compte pas manquer de respect à ceux qui vivent en disant cela. Ce n’est là que le point départ de mes interrogations.

Nous sommes en guerre.

Je suis en guerre.

Alors que faire ? Quelles sont mes armes ? Quels sont mes fronts, mes terrains de guerre ? Je ne sais pas manier les armes, je ne sais que créer. Alors faut-il que je crée en guerre, que je crée ma guerre, faut-il que je parte en guerre avec ma bite et mon couteau, mon sexe et mon stylo ? Mon avenir de citoyen est-il de brandir des étendards contre Daesh ? Est-ce que l’on va mener une guerre d’idées ? De valeurs ? Je suis là, seul avec mes mots, loin des fronts, des avions, des porte-avions des bombes et des morts et je fais quoi ? Quel est mon devoir de citoyen ? Quel est mon devoir de créatif ? Je me sens comme hanté par une guerre qui n’est pas là, pas sur notre sol parce que je refuse de créditer les attentats passés et futurs comme des actes de guerre, je refuse de donner à Daesh autre chose que ce qu’ils sont, pas un état, pas une nation, juste une secte apocalyptique avec d’horribles desseins. Je ne peux donc pas considérer leurs agissements comment une guerre. Alors que faire de cette guerre qui n’en est pas une ? Que dois-je faire ?

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Publié le 17 Novembre 2015

Je voulais une aube mais c'est un crépuscule. Mais voyez cela comme une aube, un renouveau.

Je voulais une aube mais c'est un crépuscule. Mais voyez cela comme une aube, un renouveau.

Il y a un après. Il y a toujours un après. Il y a toujours un après. Pas une suite, un après. Nous sommes déjà après. En fait nous étions déjà après ce vendredi 13 novembre 2015. Nous étions après les attentats de janvier 2015, nous vivions déjà dans le monde d’après et nous y sommes encore. Il y a dix mois nous devenions Charlie, c’était nos jours d’après, les gens devenaient aussi des mégaphones, des bannières, des éditorialistes, nous étions tous Charlie mais nous étions tous aussi des voix à faire entendre pêle-mêle l’émotion, la peur, la compassion, la colère, la fraternité, les amalgames, la haine, l’unité, la liberté d’expression, les lieux communs, les préjugés, nous étions tous Charlie, tous éditorialistes, tous d’une seule voix dans le monde d’après.

 

Aujourd’hui nous sommes après l’après. Déjà. De fait, contraints d’y être par la violence des attentats commis par Daesh. Poussé dans l’après après par les violences commis en notre sol. Cela peut sembler dérisoire comme précision mais tel est le cas. Bien sûr nous avons retenu certaines choses des attentats du 7 janvier. Enfin c’est l’impression que j’ai. J’ai la sensation qu’il y a un peu plus de retenue dans les médias, un peu plus de dignité, un peu plus de retenue dans les réseaux sociaux, un peu plus de dignité aussi. La nuance est mince, la variation des réactions face à une attaque à l’autre est dérisoire mais perceptible. Et je fais l’hypothèse positive que ces variations de comportement sont des choses que nous avons apprises des attentats de janvier. Mais il est possible que je me trompe, que ce qui me semble être de la retenue ne soit qu’une forme de lassitude, déjà, ou une forme d’habitude, déjà. A moins que la foule et la société soient comme moi, frappées de sidération.

 

Je me rappelle qu’en janvier, après les attentats j’ai connu deux émotions violentes mais distinctes ; la peur et la colère provoquées par le coup porté à la liberté d’expression et de l’autre côté de mon hémisphère l’indignation devant les réactions outrageuses de nombreuses personnes. Mais c’était dans le monde d’avant, j’étais un homme d’avant. Aujourd’hui je suis cet homme d’après. La peur et la colère sont moindre, sidéré bien sûr que je le suis, mais si j’ai moins de peur et de colère c’est peut-être aussi que je n’étais pas dupe de la violence du monde, du danger de Daesh. L’état islamique n’est pas devenu plus dangereux ou plus odieux parce qu’il frappe la France. Il ne nous a pas attendu pour faire démonstration de sa monstruosité, Syrie, Irak, Tunisie, Égypte, Liban et puis la France et sûrement d’autres pays et peuples que j’oublie de citer. Je suis un homme en colère oui, pas plus qu’avant ce triste vendredi 13.

 

Mon indignation devant les outrages de réactions maladroites, violentes, réactionnaires, hors de propos, elle aussi s’est amoindrie. Vous pourriez théoriser que je suis devenu plus tolérant, mais j’en doute. Je crois surtout que les réactions sont moins outrageuses, les gens font moins de politique, manient moins de concepts et font moins entendre leurs voix hors de leurs zones de légitimité. Je délimite la zone de légitimité de chacun à l’expression de son expérience et de son ressenti subjectif. Comme la première fois les réseaux numériques se sont faits des outils importants pour façonner le temps d’après. Ce temps d’après qui s’écrit dans l’instant présent. Nous étions Charlie, l’unité, la disparition de soi, de l’autre, des ego, de la diversité socio-culturelle dans le grand moule de Charlie. C’était le temps d’avant. Cette fois les réseaux numériques ont été là pour exprimer l’inverse, la multiplicité des individualités. Il n’y a pas eu moins de solidarité ni moins d’empathie. Mais au temps où les gens étaient tous Charlie, s’est substitué le temps où chacun était homme, femme, individu, derrière chaque #PortesOuvertes il y avait une personne, un nom, une adresse, tous différents, tous unis dans un même élan mais tous uniques. Cette nuit là je regardais le fil d’actualité des réseaux avec une acuité particulière. Cette nuit là les avatars, les comptes, les profils sont devenus des individus. Il y avait les #PortesOuvertes bien sûr mais rapidement il y a eu les avis de recherches. Tout se passait là, sous nos yeux, dans un temps bien trop rapide pour les médias traditionnels. Dans le temps de l’immédiateté.

 

Très vite il y a eu des noms, des visages, de personnes dont d’autres personnes n’avaient pas de nouvelles. Anodin comme un tweet, mais terrifiant comme une brique d’un réel vacillant. Avant nous étions Charlie, très vite, trop vite, tous identique, même avatar, même slogan, le monde parlait d’une seule voix. Après nous étions des femmes et des hommes, des noms, des adresses et des histoires vraies. Les noms et les adresses des #PortesOuvertes, les avis de recherches, les noms de ces personnes qui cherchaient où passer la nuit, un lieu pour survivre à l’horreur et puis il y a eu les avis de décès. Tout ça au temps de l’immédiateté, nous sommes passés au temps d’après.

 

Nous avions, j’ai envie de dire appris, dans le temps de Charlie à se ranger sous une bannière, unique, dans un slogan, unique. J’ai regardé cette nuit là les gens se chercher une bannière, se chercher un slogan. Et globalement cela a échoué, pas d’affiche unique, pas de slogan d’une même voix. Et je continuais de penser que nous entrions dans le monde d’après par la porte de la sidération. Je regarde les autres, je les vois dans leurs émotions et je perçois, j’imagine, je suppose leurs doubles peines. Parce qu’il y a eu les morts, les proches qui rendent un dernier souffle et que l’on va raconter, il y a la douleur et la peur en réaction. Et puis il y a l’après. Et depuis mon cas, je regarde les autres et je me demande si la double peine, la peine par-dessus la peine ce n’est pas le meurtre des illusions et d’une forme d’une naïveté. Parce qu’aujourd’hui le peuple d’après se réveille dans un monde où ils sont comme les autres, potentielles victimes anonymes et gratuites d’un mal grandissant. Ce n’est pas nouveau, mais peut-être qu’il aura fallu que cette société soient frappée par deux fois par les attentats pour que cette société réalise qu’elle n’est plus à l’abri de ses illusions et de ses prières. Le monde d’après est froid, cruel, c’est peut-être pour cela que ce même peuple comble ses peurs par toutes ces émotions.

 

Je dis plus haut qu’il y a eu cette fois-ci plus de retenue qu’en janvier. D’une certaine façon je le pense, mais dans un autre regard j’en doute. Il y a eu ces noms, ces personnes, vivantes, mortes, blessées, il y avait au temps du presque direct ce dévoilement cru de la banalité de l’horreur. Chacun dans sa retenue, mais créant dans l’accumulation une forme médiatique ambiguë, nouvelle, troublante, dérangeante. Il y a eu des moments où j’ai pensé que c’était le comble de la vulgarité, le paroxysme de l’impudeur. Et puis j’ai des moments de doutes. Je ne vois pas de mal à donner un visage aux victimes mais je m’interroge sur la temporalité des choses, sur les éloges funèbres qui accompagnaient ces photos de victimes, nommées mais anonymes ; j’aurais voulu savoir qui a choisi de partager leurs photos, qui a écrit leur éloge funèbre, la mort dans un attentat ne fait pas tout le sens. Mais il ressemble à cela le monde d’après. Des noms, des visages, des gens qui disent l’émotion. Dans gens qui disent leurs émotions. Bien sûr ces émotions racontent des vies, des histoires, et on écoute, et on respecte. Au début c’est toujours digne, c’est nécessaire et respectable, 140 caractères limitent de facto l’impudeur. Et puis il y a eu les médias traditionnels qui ont repris la parole des réseaux numériques, plus de place à la douleur, à l’impudeur, aux survivants, à l’émotion. Je ne suis rien ni personne pour réfuter cela. Il est comme cela le monde d’après.

 

J’avoue que je peine à trouver ma place dans ce monde d’après. J’ai toujours cru que je devais être celui qui cherche en lui les pensées et les réflexions et je me retrouve dans ce monde d’après où l’émotion sèche prédomine. En janvier il y avait matière à réfléchir, penser la liberté d’expression, penser le monde. Ce vendredi 13 novembre je ne trouve plus le terrain où penser. Quelle place à la réflexion, à la parole ? Je suis sûr que cela est possible, je suis sûr que certains d’entre vous viendront me dire que la réflexion a sa place ici ou là. Mais je ne parle pas au niveau des individus, je me questionne au niveau de notre nation et de notre société.

 

Il n’y a pas de meilleur moment pour penser le monde que dans un moment d’histoire qui déchire les frontières de sa routine de société. Il y a eu ces attentats à Paris, la violence et les morts et les blessés et tous les traumatisés. Et on a un ennemi à stigmatiser, Daesh ! Et le président de la république l’a dit avec fermeté. Nous sommes en guerre contre Daesh. Et j’ai trouvé cela bien. C’est une bonne chose d’entrer en guerre contre l’ignominie d’une secte millénariste qui voudrait accélérer l’apocalypse, une secte assise sur des barils de pétrole pour financer sa planification du chaos. Je suis pour partir en guerre contre Daesh. Mais une guerre ce n’est pas un jeu, ce n’est pas une posture. Si nous sommes en guerre, alors préparons nous à la guerre, préparons nous à vivre dans une nation en guerre, préparons nous à penser la guerre. Il faut penser la guerre comme il faut penser notre condition, penser aux épreuves qui se profilent, penser à l’après de l’après. Attentat, acte de guerre, entrer en guerre, non, nous ne pouvons plus faire l’économie d’une pensée, d’une réflexion. Alors quand je vois des personnes fières de retourner en terrasse prendre un café, quand j’entends qu’il va falloir beaucoup d’amour pour panser nos blessures je le comprends mais ça m’interroge.

 

Le monde n’a pas changé, mais nous sommes passés dans le monde d’après. Et ce monde, cet après, il faut le vivre d’accord mais il faut le penser. Je continue de croire que c’est notre devoir. L’État désire changer la constitution sur cette intuition qu’il faut changer les choses, et je voudrais que nous entrions dans un monde d’après où le peuple sera capable de penser son monde, ses outils dans un véritable débat national.

 

Ce soir je sors de ma sidération.

 

Merci.

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Publié le 16 Novembre 2015

Ébauche d’un texte naît dans la nuit de vendredi 13 à samedi 14 / novembre 2015 et poursuivi jusqu’à lundi 16 novembre

 

Les télévisons parlent beaucoup et cela rend leurs mots transparents. Elles parlent pour combler le vide que laissent la mort, l’horreur et la peur. Les télévisions parlent et cela me semble vain. Les réseaux sociaux parlent à tord, à raison, en travers par bouffée émotionnelle de quelques caractères. Je me refuse de le faire. J'essaie juste d'entendre mon émotion. J'essaie de percevoir ce que je ressens, vraiment. Il y a cette malsaine pulsion scoptique et l'impression de devoir regarder le déroulement de ces événements comme on regarde l'histoire s'écrire dans le sang et l'horreur, une histoire. Est-ce juste une histoire ?

 

Je ne sais pas ce que je ressens. Je ne sais pas si je ressens quelque chose. Je voulais ne rien dire mais je suis écrivain, c'est un devoir d'écrire. Mais écrire quoi ?

 

Il a quelques semaines je confessais à ma mère que le monde avait eut raison de ma volonté de le comprendre et de produire une réflexion honnête, objective, judicieuse à son sujet. Je me suis senti dériver en dehors du monde, hors de lui et ce soir l'horreur.

 

Qu'écrire ?

Rien.

Ressentir de la tendresse pour les proches parisiennes et parisiens.

Pour le reste je regrette de faire l’insecte nocturne qui se brûle les yeux sur l'écran des chaînes d’info qui dévoilent le décomptent macabre d’une horreur.

 

Tout cela est-il indicible ?

Je ne sais toujours pas ce que je ressens.

C’est peut-être cela la sidération.

 

Il y a eu les Charlies, ensuite il y a eu les migrants, la colère du monde et maintenant il y a l'innommable.

 

Quand il y a eu Charlie j'ai été ému et surtout affecté dans ma chair d'écrivain, de créateur, de penseur. Il y a eu Charlie, j’y voyais un symbole idéologique, je me suis senti affecté sur ce point. Sincèrement, vraiment, je me suis senti frère et coupable. Frère par empathie et coupable de la sensation de ne pas avoir écrit jusqu'au bout, jusqu’assez loin pour être mis en danger moi-même par l'audace et la révolte de ma plume. J'ai été frère, coupable mais j'ai senti aussi la communion, j'étais à fleur de peau, à fleur du monde et j'ai essayé de panser mon coeur en pensant le monde et les attentats avec mon âme. J'ai ardemment essayé en croyant que c'était mon devoir, convaincu que penser le monde et l’horreur de ces événements qui venaient de jaillir dans le réel calmerait les envolées d’un lyrisme émotionnel souvent destructeur qui emportait la foule. Il y a eu un attentat, nous étions tous Charlie et j'ai cru que nous pourrions penser ensemble parce qu'il fallait panser le monde. Je n'étais pas dupe mais j'ai fais en sorte d'y croire. Nous étions Charlie.

 

Plus tard il y a eu les vagues de migrants. Il y a toujours eu des vagues de migrants, il y avait ceux qui mourraient noyés et puis il y a eu ceux qui venaient, ceux que nous devions accueillir, à pieds partout dans l'Europe, ici en France ; nous devions les accueillir et les penser dans un même geste de retard et d’urgence. Mais sous les vagues déferlantes de migration de réfugiés la France réalisait qu'elle n'avait pas de moyens pour penser ce moment, ce mouvement. Il fallait de la pensée, de la culture, de la sagesse, de la philosophie pour penser ce moment et nous n’avions rien de cela. Comme toujours j'ai voulu le penser ce moment, le comprendre, l’appréhender dans sa justesse. J'ai voulu y croire, j'ai cherché de toutes mes forces une pensée pour appréhender l'événement. Mais j'ai échoué. Il n’y a eu que des vagues successives de lieux communs et de paroles moches, préjugés et matières prémâchées formant comme une bouillie intellectuelle, il y avait l’urgence mais l’état, la natation, les individus, les médias, n’arrivaient pas à faire preuve de pensée. C’était pour moi un double spectacle d’horreur. L’horreur des morts échouées et l’horreur du peuple qui ne sait plus rien dire ni penser et qui essaie d’agir dans pensées. Les informations étaient impossibles à trouver, impossibles à entendre, impossible à émettre. Nous étions face au mur de l’impensée. C’était l’échec de la pensée, de ma pensée, déjà ou encore l’échec de Charlie, l’échec de la nation en tant qu’objet culturel. Et moi, dans ce moment j’ai ressenti l’échec de ma pensée. J'ai voulu la sauver, sauver le monde, sauver le sens, mais je n’y suis pas arrivé. C’est de ce moment là que je suis sorti sortir du monde.  

 

Et puis voilà, il y a Paris. Attentats en série. Attentats innommables. Je déteste ce terme mais pourtant c'est le mot juste. Je n'ai pas de mot pour dire. Je n'ai pas de mots pour penser. Je n’ai pas de mots de ressenti. Je regarde la télé tout en suivant les réseaux sociaux, je regarde l’effroi, la terreur, la mort, j’observe et j’ai l’impression que je ne ressens rien. Je me sens froid, encéphalogramme plat. Cet état de sidération est-ce cela la réussite terroriste ou est-ce l’échec de mon esprit ?

 

L'un ou l'autre. Ça sonne comme une fin de ma parole. Une fin de ma pensée.

 

Je voulais ne rien dire. Je ne voulais pas écrire. Je voulais me taire et observer. Pourtant je suis là et j’écris, mais je ne suis pas dupe. En janvier lorsque je prenais la parole c’était pour essayer de penser, de réagir avec une forme de sagesse intellectuelle, en tout cas c’est ce que j’essayais de faire. Aujourd’hui je prends la parole mais je ne parviens qu’à parler de moi. Petit à petit je sors de ma sidération.

 

Nous sommes lundi. Pour marquer mon instant de commémoration j’ai choisi d’écrire pendant une minute.

Je vais écrire pendant une minute pour observer à ma manière du respect et de l'émotion pour les morts, j'aurai du faire taire la télé ça aurai été plus honnête, mais je n'ai plus le temps pour cela. De l'autre côté de ma tête la porte est ouverte sur la nature et le soleil et les oiseaux se foutent de la noirceur des hommes, c'est flagrant à cet instant, c'est curieux, c'est terriblement beau de voir que l'automne finalement il passe comme toujours. Les hommes et les femmes tombent, les autres meurent et l'univers tourne. J'espère que quelques part dans cet univers il y a matière à sauver le monde. Une minute c'est trop court.

Ma minute de silence

Ébauche du texte né dans la nuit de vendredi 13

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Publié le 15 Novembre 2015

Tout ceci est parfaitement anachronique. Tout ici est devenu irréel, surréel, hors de propos, hors de réalité. Penser, désirer, fantasmer, écrire ou créer vers un en dehors du réel, vers une échappatoire est devenu un geste de fantôme. Ici rien n'a changé. Mais tout a changé. Par devoir, par civisme. Par humanité. Tout a changé et rien a changé.

 

On ressent qu'il faudrait s'arrêter, faire table rase et tout remettre en question, l'autre, autrui et soi. Remettre en question la culture et l'émotion et surtout la pensée. On sent bien qu'il faudrait tout arrêter, faire table rase et remettre sur pied de nouvelles histoires, de nouvelles pensées. Penser le présent avec du neuf. Mais on ne peut pas, le spectacle doit continuer, la vie aussi et le fleuve grave de l'émotion emporte le vivant un peu plus loin de soi, en soi, en avant. Loin de la rive, dans une dérive de l'être­-là. Durant un temps le cri des balles, le souffle des explosions et la vie quittant les corps ont arrêté le temps, ils ont rendu caduque le sens du monde d'avant ainsi que le sens de nos vies. Plus rien ne fait sens. Je n'ai plus sens à rien, plus de sens à rien

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Publié le 20 Octobre 2015

Qu’est ce qu’ils croyaient vraiment ?

 

J’ai grandi si longtemps ostracisé par la doxa et la pesanteur puante de son maniérisme acculturé qu’aujourd’hui je ne peux que faire semblant de jouer à leurs jeux. Je n’en partage ni la conviction ni la croyance. Je n’ai aucune loyauté envers vos règles qui ne sont  bonnes qu’à alimenter le brasero de mes rages. On porte tous un masque, je n’en suis pas dupe et derrière le mien je suis un radicalisé. C’est ce qui arrive aux âmes que l’on a trop longtemps tenues à l’écart du dogme que se partage le plus grand nombre. Je n’ai pas rompu d’avec le monde, seulement j’ai prit assez de recul pour le tenir dans ma ligne de mire.

 

Alors qu’est ce qu’ils espèrent maintenant ?

 

Que je courbe le dos et que je baisse les yeux pour leur servir la soupe et que j’huile les rouages auxquels ils s’enchaînent feignant de ne pas voir l’abysse qui les bouffe ?  Non, je n’ai pas oublié l’amère des morsures et le savant dosage de leurs indifférence. Je vous salue messieurs, je vous salue mesdames, mais viendra le jour où vos maisons seront en feu et où il vous faudra vous rappeler de moi. Je suis un agent libre, vous m’avez poussez si profond dans mes retranchements que j’ai rompu les chaînes de mon déterminisme, mais pas celles de ma colère.

 

Mon âme à échappé à vos dieux et elle s’est échouée au-delà de la frontière que vous avez tracé entre vos normes et vos monstres. Je ne suis pas si loin, à peine un pas au-delà, vous pouvez me voir comme je vous vois mais sachez que cette frontière je l’ai franchi sans bagages, laissant de votre côtés l’éthique, la morale, et les raisons idiotes que je pourrais avoir de me laisser asservir par votre société. J’ai échappé à vos traques névrosées, et si vous avez cessé de me poursuivre c’est qu’au fond de vous vous savez que j’ai aussi échappé à votre statut de proie. J’ai sorti mes couteaux et s’il fallait se faire la guerre, de vous à moi ça sera d’homme à homme, chasseur contre chasseur, démiurge contre démiurge. N’oubliez pas, je suis allégé de morale et d’éthique … Mon âme a brûlée tant de fois dans le lyrisme des romantismes noirs que je me fond dans vos nuits comme la mort dans votre subconscient.

 

Pendant que dans ce monde, quelque part des tours tombent, des ruines s’embrassent, vous glapissez comme des oies blanches dans une basse-cour de fer blanc. Moi dans ces moments j’éprouve une forme d’empathie. Je ne l’ai pas choisi, c’est l’héritage que vous m’avez légué. Je suis un radical, je ne partage ni les causes ni les ambitions des radicaux qui tiennent le haut de vos peurs mais cette part de moi échouée après la frontière de vos normes éprouve pour leurs outils une certaine tendresse. Continuez de crier aux monstres, fermez les yeux et priez pour que ceci relève de l’inhumanité. Mais si vous avez tord et que c’est moi qui ai raison, si je suis un homme alors vous avez perdus. Je suis l’échec de vos modèles de pensées. Encore faudrait-il que vous en ayez eu.

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Publié le 28 Septembre 2015

Ce matin, j’étais dans ma voiture et j’écoutais les informations du monde. Cela parlait de Syrie, de terrorisme et de l’intervention militaire russe en terre de Syrie. À cet instant, j’ai perçu en moi un sentiment qui montait, un sentiment assez indistinct mais que je sentais appartenir à ces sentiments qui relèvent de l’admiration. J’ai alors eu d’écrire pour exprimer mon admiration aux testicules de Vladimir Poutine. Non pas que je sois admiratif de sa politique et encore moins de ses ambitions personnelles. Mais j’admire ses couilles, ses testicules qui expriment une forme de mépris et de dénigrement du monde, l’achèvement d’un égotisme épique, dantesque et parfait héritier de l’ampleur soviétique de l’esprit russe.

Il possède cette façon décontenancente de penser sa propre action politique et militaire d’une manière qui semble parfaitement détachée. Non pas qu’il ne pense pas le monde dans sa complexité, je suis sûr qu’il sait la complexité des choses, mais il se détache de la mythologie occidentale, la puissance américaine, le dogme démocratique. Sur le grand échiquier de la géopolitique, il joue seul, et selon ses propres règles. De la même manière qu’il a marché sur l’Ukraine sans trouver de réelle opposition idéologique des grandes nations souveraines, il peut décider d’aller faire le ménage sur son paillasson syrien sans attendre l’approbation américaine, européenne, arabe. Il sait qu’il est un monde à lui tout seul et comme un Chuck Norris politique, seul, dans une posture de dignité qui vire au burlesque il agit.

Et c’est pour cela que j’éprouve de l’admiration : sa capacité d’action, d’agir comme bon lui semble. Finalement j’admire chez lui ce que je désir en moi, une capacité d’action déconnectée du tous champs sociaux et seulement liée à un intérêt, une ambition ou une conviction personnelle.

Monsieur Vladimir Poutine, si je ne partage pas votre politique, sachez que j’admire vos testicules slaves.

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Publié le 27 Septembre 2015

 

Il y a des choses que l’on ne comprend pas. Les autres ce sont celles que l’on ne comprend plus. Un jour sûrement on a cru les comprendre, on a eu cette sensation de comprendre la chose, d’en connaître les contours et d’en anticiper les circonvolutions. Et puis, plus tard, après, sans que l’on a été en mesure de le deviner pour soi on ne comprend plus. On regarde, la même chose, on regarde la même chose et l’on ne la comprend plus, à en douter de l’avoir déjà comprise un jour.

On se sent bête, on est comme un con, sauf que l’on a conscience que nous le sommes devenus.

Mais comment ?

Par l’erreur ? Par l’erreur d’avoir cru comprendre les choses ? Par une erreur que l’on aurai commise dans l’entre deux laps de temps, une erreur qui nous aurai faite perdre le fil de la compréhension comme on perd le fil de sa pensée ? C’est ça ? C’est quoi ? Nous sommes devenus avec le temps assez malins pour réaliser que ce que l’on pensait être de la compréhension n’était que du vent ?

C’est merde. C’est nul. C’est bête.

C’est se lever un matin, ouvrir la fenêtre et porter sur ce paysage mille fois familier le regard d’un étranger. C’est à n’y rien comprendre. 

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Publié le 5 Septembre 2015

Pourquoi croire en soi ?

Pourquoi respirer ?

Pourquoi se nourrir ?

Pourquoi se projeter demain alors que demain est incertain ?

Pourquoi vivre ?

 

Parce que l'on n'a qu'une seule chance pour vivre, un seul moment pour vivre. Alors puis que l'on y est jusqu'au cou dans la vie autant le vivre, ivresse et virages qui crissent. Pouvoir croire en soi, c'est croire en dieu, croire que nous sommes ce dieu qui détient notre destin, il faut croire en soi pour vivre aussi con que cela puisse être comme réponse c'est la seule réponse que je puisse faire au nihilisme du sens de la vie. On ne peut pas espérer que la vie donnera son sens d'elle-même alors s'il nous faut l'aiguille d'une boussole pour nous faire tenir debout dans le chaos du monde c'est la croyance de soi qui la sera.

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Publié dans #Réflexion, #recyclage, #retard

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