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Publié le 17 Janvier 2015

Quand nous étions en - paix - ni avait-il pas déjà des traîtres à nos valeurs, des ennemis du consensus, de la délation de bouche à oreille et même déjà une dictature marketing ; oui il y avait déjà tout cela, hier, dans un hier symbolique pour dire avant, hier quand nous étions en paix nous étions déjà avec des soldats dans les lieux publics et des gens dans la peur, et pourtant nous ne doutions pas que nous étions en paix sur notre sol. Nous pouvions être en guerre avec nous même, en guerre avec nos démons intérieurs, individuels, mais l'état, la nation, la société était en paix et cela dans le paradoxal flagrant que notre nation était en guerre dans différents pays, sur différents terrains d’opérations militaire. Nous, citoyens nous nous sentions en paix alors que notre nation faisait la guerre, mais ce genre de paradoxe est le prix de la bonne conscience. La paix n'est pas un encéphalogramme plat, la paix et pleine de dissensions, de tensions, de pressions. Aujourd'hui comme hier je considère mon pays en paix, dans une paix qui plait ou ne plait pas mais dans une paix officielle. Et ni traîtres, ennemis, soldats, dictateurs, tous s'agitant dans le sein de notre paix n'ont réussi, pour l'instant, à remettre la paix en question. Il n’y a que nous, le peuple, assez faible pour ébranler notre paix au nom d’intérêts que l’on suppose plus grands parce qu’ils sont plus intimes à nos subjectivités. Il faudra accepter que la paix soit une contrainte, un compromis qui s’appliquent à tous, à chacun, et par essence la paix nous entrave. Nous, toi, moi, les soldats dans les rues, les terroristes, les militants, les vendeurs de crédits et d’assurances, les mecs du marketing et même les écrivains, la paix est notre dictature, nécessaire et choisie. Et si nous voulons faire entrer le pays en guerre, contre les musulmans, les nègres, les roms, les pauvres, les rousses, les vendeurs de matelas, les cuistots chinois, c’est que nous ne sommes pas prêts pour la paix et qu’allégrement nous crachons dans la soupe que nous revendiquons. Que voulez-vous, la paix est finalement assez docile avec les cons.

Moi au moins, je suis en paix

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Publié le 16 Janvier 2015

S'il faut opposer quelque chose à la monté de la parole nauséeuse que des individus pas toujours recommandables par la bonne morale prennent ce n'est pas une loi mais une expression plus intense de la liberté d'expression des penseurs, nobles défendeurs de valeurs. Mais il n'y a plus d'intellectuels pour défendre des valeurs nobles dans notre société. Nos générations ont été désertées par les penseurs, alors ne nous étonnons pas que la parole des cons prenne autant de place. Au lieu de fustiger cette liberté d'expression prise en otage par les cons, fustigeons le recule de nos penseurs, de nos intellectuels et de notre propre parole. Evidemment tu es libre de penser autrement, tu peux à ta guise te faire fossoyeur de l'idée selon laquelle les intellectuels peuvent incarner une avant-garde de la pensée et une figure sous laquelle les gens peuvent se ranger, sous-entendu se réunir, s’unir. En désertant le paysage social l'intellectuel à en fait laissé la place au fait que chacun est devenu son propre intellectuel, comme si penser le monde de façon subjective et personnelle suffisait à faire d'une personne un penseur. Ce n'est pas parce que je prends de l'aspirine en automédication que je suis médecin, pas plus que penser fait des gens des intellectuels. Le libéralisme de la pensée c'est aussi le recul de la pensée, chacun prend son point de vu pour une idée, une valeur à défendre et en réaction c'est la société qui se déchire. La place des intellectuels pour guider, borner, éclairer, la pensée commune sera toujours possible, souhaitable et nécessaire selon moi, hier bien sûr, aujourd'hui surtout et toujours en 2030 et durant les siècles qui survivront.

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Publié le 12 Janvier 2015

D’abord, je me souviens, c’était il y a une éternité, mercredi, d’abord la stupeur, peur d’y croire, pas la tête à comprendre, pas si vite, pas tout de suite, pas avant le balai dans la télé des ruisseaux médiatiques charriant la peine, la peur, le sang et les balles.

Le temps d’y plonger, à mon tour, et après la stupeur une forme d’incrédulité enragée, pas de peur mais le corps et l’esprit ébranlé, liberté d’expression en empathie, au chaud, au bouillant de ses tripes, c’était il y a longtemps, c’était avant d’être Charlie, c’était quand le cœur, individu honorable, se dressait seul dans ma poitrine pour dire qui voulait reprendre le flambeau d’une forme libre d’expression irrévérencieuse.

Déjà, dehors, la traque, les ruisseaux médiatiques sont des rivières, implacables, incapable de suivre autre chose que leurs lits, et sur les berges on observe, on tweet, on retweet, je me souviens, ma première réaction a été une hésitation, devais-je réagir moi aussi, à chaud, donner corps à mon esprit ébranlé, ma toute première réaction fut un doute. Sur les réseaux sa piaille, babillages en moins de 142 caractères, sa partage sa peur, sa colère, c’est humain, c’est légitime, mais ce n’est qu’un bruit de fond de plus en plus assourdissant, le grondement plus ou moins unanime des autoroutes, de l’information, de l’informatif. Beaucoup de bruit qui empêche de penser

Des gens sont morts, policiers, anonymes, journalistes, l’ironie de l’information veut que les auteurs de ce massacre soient en fuite, dévorés par la ville ils ont disparus, et le peuple, peu à peu, devient Charlie. Presque aussi vite nous oublierons Charlie Hebdo, les gens le disent, nous sommes Charlie, je suis Charlie, personne n’est un journal, personne n’est une victime, tout le monde est une phrase, une abstraction, je suis Charlie, mais qui est Charlie ? Qu’est-ce que Charlie ? C’est à ce le demander mais tout va si vite, il y a si longtemps déjà que les caricaturistes sont morts, un jour, deux jours peut-être, et déjà ils phagocytés par la parole d’internet, parce que Je suis Charlie ça vient de là, un hastag, une manière d’indexer la pensée dans le grand tout, le grand vide, le grand bazar sans frontière des internets. Un slogan et même un logo, Je suis Charlie se décline comme on décline sa marque ; archaïsme marketing en avatar, en logo, en bandeau, dans un premier temps sur la toile, ensuite sur la télé, demain dans les journaux, la parole du peuple disent-ils, mais l’internet est la parole de l’anonyme.

Tout vas si vite, la stupeur, la blessure, la colère, l’union, la traque, c’était il y a longtemps. Aujourd’hui tous Charlie, tous rivés à la télé, à la radio, à suivre la traque des criminels responsables des attentats, encore une fois les médias relaient la parole des anonymes, de la foules, des proches, c’est un pot-pourri de l’information, du racolage, de la pudeur et du sensationnel. C’était il y a longtemps, la foule est devenue Charlie, le monde est devenu Charlie, sans savoir exactement qu’est-ce que Charlie, qui est Charlie ; Charlie c’est un moule pour contenir et modeler tout le pathos charrié par la foule et par les flots boueux des fleuves médiatiques. Tout doit entrer dans Charlie, c’est une étiquette, une AOC de la douleur, de la dignité et de la lutte contre la peur.

Déjà demain, et hier sont morts les terroristes, personne ne pleurent de ne pas pouvoir voir ses monstres au pilori de la justice, à croire que le peuple n’a plus croyance en la justice, mais le peuple est Charlie, le peuple dresse des crayons, le peuple n’a pas peur et c’est bien ainsi. Demain le peuple se réunit et marche, tous groupés, tous ensemble, ainsi réuni le troupeau de moutons n’a plus peur des loups et c’est beau, c’est légitime, comme les gazelles pour se prémunir des lions ; tous Charlie en oubliant qu’avant d’être mort Charlie Hebdo était bien seul. Tous unis contre la peur, le terrorisme, tous ces Charlie pensent découvrir la liberté d’expression, et s’inventant une nouvelle passion pour elle, comme si Charlie vivant le peuple était empêché d’être libre de son esprit, de son expression. Tout vas si vite, mercredi la stupeur, mercredi la colère, et dimanche déjà la joie, digne certes, mais joyeuses, on manifeste, on marche ensemble, on dresse devant soi son hastag, son logo ; je suis Charlie et dans la rue on fait son selfie, on porte son slogan, on montre que l’on appartient au groupe des gentils. Tout va si vite, c’était si loin, semble-t-il le temps où le manifestant manifestait sa voix en écrivant sur sa banderole l’expression de sa critique, de son soutien ; aujourd’hui on est tous Charlie et on imprime en A4 les mots-dièses de Twitter et on arbore le logo.

Et c’est beau, c’est sûr, puisque tout le monde le dit, tout le monde le pense, comme pour se rassurer que ce soit bien le cas, c’est reprit par les journaux, par la télé, il y a deux jours encore j’étais dans l’affection sincère, la stupeur, j’avais mal pour eux en visionnant en moi cette scène d’exécution, j’avais mal en réalisant n’avoir jamais usé de ma liberté d’expression assez loin pour être - utile - ; j’étais dans l’affection et je trouvais cela saint, mais c’était il y a trois jours et dimanche il est de bon ton d’affirmer l’espoir, le bonheur et la joie de voir le peuple ensemble, debout. Mais moi je suis comme un plongeur en eau profonde qui remonte trop vite à la surface, sans marquer ses paliers. De l’horreur d’un massacre, à une forme de liesse populaire, dans les rues les gens semblent heureux comme si nous venions de gagner une coupe. Et moi j’ai du mal à les suivre.

Tout vas si vite, mercredi le massacre et au soir de dimanche, déjà, enfin, le grand divertissement télévisuel du service public ; chanteurs pour l’émotion, humoristes pour l’impertinence et dans l’écrin de l’auditorium de la maison de la radio un parterre hétéroclite de public. J’ai la sensation d’être ivre, d’un mauvais trip, d’une drôle d’émission, on s’y sent libre d’expression parce que l’on peut dire bite à la télé. Tous sont Charlie, certains sont charlots, les humoristes ressortent les vannes qu’hier déjà nous lisions sur twitter ou que nous faisons sur la toile ; tout va trop vite.

Tout va si vite.

Tout est allé si vite, les attentats, la mort, l’information, la foule qui se lève et l’émission commémorative, en moins d’une semaine. Et je doute que la pensée, que la réflexion, et même l’émotion puisse être digérées si rapidement ; laissez-nous donc le temps de penser par nous-même, nous exprimer par nous-même, ressentir pas nous même, être nous-même, et utiliser de nos esprits critiques par nous-même.

La liberté d’expression n’est pas une invention, ni une possession de Charlie Hebdo. La liberté d’expression n’a pas attendue les morts et la violence de ces attentats pour être en danger, la pensée unique, la mondialisation de la pensée menace partout et tout le monde. Partout de par le monde, des journalistes luttent et meurent pour ou à cause de leur liberté d’expression. Il n’y a rien de neuf, rien de nouveau, et Charlie Hebdo avait besoin de nous avant, hier, demain, toujours, et la pensée a besoin que l’on cultive notre pensée, la pensée a besoin de notre culture, l’esprit critique à besoin de notre liberté d’expression pour s’inscrire dans le monde, demain, hier, toujours, rien de neuf sur le front de la pensée, de la littérature, et de l’autocensure.

Mais pourtant, à priori, tout va si vite …

Hier j’ai voulu faire preuve de sincérité et d’irrévérence, aujourd’hui je mise sur mon ressenti, je sais que je suis paradoxal à fustiger les réactions à chaud tout en mettant la mienne en place. Je ne me sens pas Charlie, je ne l’affiche pas, je ne le revendique pas parce que je ne me sens pas légitime pour me prétendre Charlie, si ce Charlie est bien Charlie Hebdo. Mais en essayant d’avoir une plume impertinente, irrévérencieuse, j’espère rendre hommage et m’inscrire dans la tradition des pamphlétaires, tradition à laquelle Charlie appartenait. Il ne suffit pas d’imprimer son logo et scander son slogan pour pouvoir se revendiquer d’une liberté d’expression. A ma façon, laborieuse peut-être et maladroite, je forge ma prose critique et j’espère que je serai debout quand la foule sera dispersée, retournée à son quotidien, laissant dans le paysages les tombes couchées de ces agitateurs d’idées.

2026 jours que je suis ici sans titre

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Publié dans #Je est un Blog, #Réflexion, #Polémique

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Publié le 8 Janvier 2015

Rien ne prouve que la mort n'est pas douloureuse ... ceci étant dit, moi, nous sommes ébranlés dans notre liberté d'expression. Mais cela m'a conduit à me poser une question. Les journalistes de Charlie ont été exécutés pour avoir défendu contre menaces et marrées leur liberté d'expression, mais nous, nous qui aujourd'hui nous revendiquons d'être Charlie, combien parmi nous ont su tenir et assumer des propos qui nous mettent en danger de mort ? Nous sommes Charlie de cœur, mais sommes-nous capables de prendre la prose, le crayon et la plume pour défendre cette liberté d'expression, pas en disant - ne touche pas à ma liberté d'expression - mais en agissant, parlant et pensant de manière libre, en sortant nos plumes et nos bouches des sentiers tracés par l'embourgeoisement, le lieu commun et la médiocrité de la pensée commune ? Sommes-nous réellement des Charlie ou seulement des moutons qui ne savons que bêler dans le sens du vent ? Je n'accuse personne, à part moi, mais je question tout le monde, sincèrement, sans préjugés, sommes-nous capable d'avoir une langue libre ? C'est à dire un esprit libre. C'est à dire un esprit décalaminé des scories du déterminisme, du marketing, de l'endoctrinement, de la télévision et des petits pots pour bébé de pensées prémâchées ? Je n'accuse personne mais je me confronte à ma responsabilité sans être sûr de la réponse que je trouverai en moi.

Puis-je être libre de mon expression ?

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Publié dans #Réflexion, #recyclage, #écrire, #pamphlet

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Publié le 5 Janvier 2015

Tous les roms, les magrébins, les noirs, nègres, les étrangers surtout s’ils ne sont pas de couleurs sobres, les sombres, les gitans, bougnoules, melons, les arabes et toutes les épines de notre rose ; il faut tous les mettre dehors, au trou, à la mer dans le chaos et l’écume des vagues qui s’écrasent sur les ferrys et dans le bruit des violons, de la violence, l’odeur et les cris de la foule injurieuse qui agite son opprobre par-dessus sa tête folle.

Oui tous, et nous aussi. Qui d’audacieux pour prétendre ne jamais avoir eu à refouler l’amer d’une telle pensée ? Juste une fois, se surprendre à penser cela, juste une fois, par hasard, instinct, peur ou par faiblesse. Qui jamais n’a laissé émerger telle pensée en soi ? Qui de toujours a su penser avec la dévotion bénédictine et appliquer à n’avoir que des pensées vertueuses ?

On ne peut jamais échapper à la pensée obscène qui surgit en nous et qui impose sa loi dictatoriale, une loi arbitraire selon laquelle il faut se débarrasser des tous les autrui. Surgissement raciste, archaïque, antique, de soi pour soi et contre les autres. Soyons sincère, et honnête, essayons de l’être ; la vérité c’est que personne n’échappe à l’obscène de ses pensées, parce que c’est humain. Comme il est humain de rire du malheur des autres, de prendre plaisir à écraser des chiens errants, de convoiter la femme de son voisin, de désirer jouir dans la bouche de sa sœur, s’aiguiser l’appétit et gonfler son gosier au McDo, maudire la laideur difforme des nouveaux nés ou se soulager d’un sac poubelle sur un bord d’une route de campagne.

Le surgissement du monstrueux est un inévitable de la nature humaine, radicale, explosive, nous sommes par nature des êtres instables. Alors les voleurs de poules, le malheur, la négritude de nos haines laides, la violence, tous se trouve dans le tableau initial de nos pensées primaires. Là, quelque part derrière des herbes folles dans notre jardin secret dont on ferme l’entrée par un portillon rouillé. Oui, dans l’enclos de nos arrières pensées tout y est, tout jailli comme le pétrole qui suinte et corrompt la nature alentour.

Il faut arrêter de prendre la pose de la vierge effarouchée, nous ne sommes pas imperméable à des pensées nauséeuses. Pourtant il excite une frontière au-delà de laquelle l’odieux se dévoile, s’incarne, un au-delà par-delà duquel la merde pue la merde. Parce que si le jaillissement est inévitable et si on ne peut condamner personne de le ressentir, ni soi, ni la doxa rugissant dans la fange, là où il faut se trouver du bon côté de la frontière c’est quand il s’agit de verbaliser. Parce que la pensée, en soi si elle est libre et florissante, déflorant les tabous comme les fantasmes conquièrent des territoires interdits par la bonne morale mais là où le tri se fait c’est quand on avance sous couvert d’esprit libre arbitrant nos mots.

Condamnons nos mots, pas nos pensées. Et s’il faut tourner 2020 fois sa langue dans sa bouche avant de dire des conneries, prenons le temps.

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Publié dans #Polémique, #Réflexion, #Divagations diverses

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Publié le 4 Janvier 2015

Pour tout le virtuel du monde je vous donne de l'or, mon or ... Ici, tout, moi, vous, les chattes et les cons, le talent, la passion, la poésie, la sexualité, ici tout est virtuel, pour de faux, c'est ce que l'on dit, en tout cas ce que l'on disait avant, je m'en rappelle de cet avant, de quand on scindait en - deux - trois - dix, - douze - les couches sédimentaires du réel ; il y avait le réel, là, quelque part, et puis ailleurs, dans un ailleurs qui n'existe pas il y avait le virtuel, relation virtuelle, échanges virtuels, le vide, l’absence, quelque chose comme la réalité virtuelle mais sans lunette, sans que ça n'ai un goût de futur.

Deux espaces distincts, celui de la terre, la boue, l'auge où se trouve la vie et puis sur le fond blanc des écrans sans teint il y avait du virtuel, la virtualité des choses et dans le fond personne ne savait dire pourquoi cela était virtuel. C'était un fait, une vérité imposée à la communauté par la force des choses.

Mais voilà, la littérature est-elle virtuelle ? L'écriture, la romanisation, l'étalage rédigé de nos vies et de nos inventions sur un réseau d'ordinateurs qui quadrille le monde est-ce un geste virtuel ? Geste sans réalité ? Faut-il faire une part des choses entre le roman des livres, la littérature feuilletonnante des journaux et le récit de nos identités, entités fantasmées sur la toile ?  Non. Pas selon moi. Alors, si la littérature est réelle alors ce qu'il se passe ici est réel. 

Je suis réel. 

Mes fantasmes sont réels. 

Mes mensonges sont réels. 

Ma poésie est réelle. 

Les mots ici sont réels. 

L'acte de lecture qu'il vous faut produire pour arriver jusqu’ici est réel. 

L'ennuie que vous pouvez avoir à me lire est réel. 

L'excitation ressentie devant des photos est réelle. 

 

Et pourtant, tant que je n'aurai pas rédigé ces mots dans l’écorce d'un arbre ou graffité sur les murs d'une ville, alors on continuera de penser que ce qui est ici est virtuel, aussi virtuel que les guerres dans la télé, et les dinosaures dans ma télé.  

Même ma poésie doit se montrer à l'épreuve du réel pour pouvoir prétendre y prendre pied. Sans quoi je ne serai qu'un poète virtuel, c'est ce que l'on pourrait dire d'un poète du plausible ou d'un homme plausiblement poète, mais on préfère dire virtuel. C'est un virus le virtuel parce que ça contamine l'esprit des gens, cela diffère un impact. Tout ceci est virtuel parce que tout ceci est dans un boite sans fond, un ordinateur ouvert comme une fenêtre sur un serveur dont ni vous ni moi ne sait où il s'ancre dans la fange du monde. C'est bien ça le virtuel, ne pas savoir, ne rien savoir. 

Du poison, de la fumée, de la fumée derrière les écrans et non devant ; une belle ironie. 

Je vitupère et je vous mets dans poings virtuels dans vos gueules virtuelles, et ma poésie, virtuelle, ne sonne qu'aux creux de vos ordinateurs doubles cœurs. 

Comment être sûr que vous êtes réels ?

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Publié dans #Réflexion, #écrire, #réel, #poésie

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Publié le 3 Janvier 2015

Peut-on disparaître psychologiquement sans mourir de son corps, ou en tout cas échouer à vivre sa psyché chez soi, en son corps ? Malheureusement oui, en tout cas c'est mon opinion, à condition bien sûr d'avoir une approche symbolique de la disparition parce que disparaître reste soit impossible soit métaphorique. Le corps est toujours là tant que nous sommes vivant, mais le corps n'est pas toujours habité ou incarné par soi, par nous. Alors, si un corps peut se présenter à nous sans l'incarnation de son âme / personnalité / esprit / propriétaire / etc. alors c'est qu'il est possible de disparaître psychologiquement sans mourir de la chair. La chair, le corps, les ovaires, les cheveux, la moelle et les muscles ce ne sont que des véhicules, vaisseaux ou calèches, du pareil et du même, des vases creux - pléonasme - à incarner ou investir de soi, de jolies fleurs ou de l'espace de notre esprit critique. Or, s'il existe une place pour émettre une injonction à habiter son corps et c'est que le fait d'habiter son corps ne va pas de soi et qu'il est plausible d'échouer ou d'en disparaître. L'incertitude de cette réussite s'appuie - et dans une autre mesure - revendique la possibilité de disparaître psychologiquement sans mourir de soi.

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Publié le 2 Janvier 2015

Il est comme mort le pauvre, pas à la rue mais sans argent, sans finance fixe, le SFF parce que ça sonne comme RSA mais en plus pauvre ; en plus d’être pauvre il est pingre ; et s’il est pauvre le pauvre c’est justement parce qu’il flambe, parce il dilapide sa misère dans la consommation usuelle et l’autre consommation, la consommation conne, détonante comme la déco d’une émission de télé, parce qu’il est comme cela le pauvre, sans goût, à peine celui de la vie et surtout pas celui des grands arts parce qu’il est con ; certainement, le pauvre, comme le SDF il le cul vissé à sa chaise - de maison - et comme le penseur d’un Rodin il convoque l’image du clochard qui enfonce ses pas dans le goudron, mais seulement l’été parce que l’hiver le goudron c’est comme le béton et le trottoir, c’est dur, aride, raide comme un coup de trique, c’est âpre et râpeux ; et ainsi prostré dans cette posture d’esthète de la chaise, le pauvre sans envie ni argent, il ne brille que par l’indifférence qu’il offre à sa condition et dans l’esprit commun de la doxa il est mort comme une statue dans les églises ; un symbole vite oublié où les ivrognes viennent uriner et les femme éveuvées viennent pleurer ; c’est pourtant de saison, on met tous les gens dans le même sac, télévisés par caste puis étiquetés avec promptitude pour ne pas s’y perdre dans les cases et voilà comment on arrive par mettre tous les pauvres dans la même rue, sans manifestation de manifestation, juste des cons, pauvres, marginaux des centres villes posés là, comme des mots modestes balbutiés par une société analphabète

Un jour nous serons tous des pingouins roux

Un jour nous serons tous des pingouins roux

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Publié le 21 Décembre 2014

Une partie du corps, est-ce le mien, ou celui de l'autre, et je ne doute pas que l'on attend de ma prose qu'elle écrive sur le corps féminin, objet du désir que je convoite de mon écriture mais le corps féminin n'est pas une partie du corps, pas plus que le corps du mâle n'est une part d'un grand corps neutre, quoi que si on en vit à écouter la Bible alors la femme, son corps surtout est une part du corps de l'homme au sens du mâle, alors je pourrais écrire sur cela, mais sur le corps, d'elle ou de lui je ne regarde ni ne convoite les mêmes parties de la même façon ; le corps en morceau, ou pire, en parcelle, comme la terre vendue en parcelle pour y faire pousser des lotissements. Je voudrais être en mesure de parler du visage de l'autre, de la femme, mais parler du visage générique d'une femme générique n'a pas de sens, parce que c'est l'essence d'une harmonie particulière qui fait sens quand on croise tel ou tel visage ; un accord que l'on ne saura définir formellement entre une forme objective et ce que l'on perçoit d'expression d'une subjectivité enfoui. Il y a des visages, et tout se joue entre le nez, le regard et la bouche, qui donne du sens à l'instant du face à face, et ne compte pas sur moi pour divaguer que le regard et la porte sur l'âme, nos le visage quand il a la chance d'exprimer quelque chose est une porte sur les tabous, les gênes et les pudeurs de l'autre et à travers cela, à travers son visage qui exprime ses pudeurs on accède aux failles ; les visages les plus beaux se sont ceux où l'on peut lire le mensonge, la timidité, la pudeur, la peur, l'effroi et parfois même le désir, quand justement le visage, icône du masque social transmet une émotion non-sociale, quand le visage trahi une expression archaïque qui n'est socialement acceptable de porter sur ses traits. C'est parce que le visage est comme un lac où les émotions - déviantes - viennent faire des rides à la surface comme la pierre jetée fait des ronds dans l'eau que le visage est une partie fascinante du visage. Et il n'y a que les fous, les cons et les autres pour s'arrêter au visage comme sommet esthétique, il n'est qu'une interface et l'interface devient - belle - quand elle bug ou qu'elle s'offre une divagation ; un visage est laid quand une personne joui mais l'instant où l'on fait face au visage jouissant est beau, surtout si on est la personne qui provoque l'orgasme, la beauté du visage c'est son dérèglement et non sa plastique canonique.

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Publié le 11 Décembre 2014

Parce que nous sommes des conformistes, des cons aussi, et des petits bourgeois pour qui la chose la plus essentielle c'est la continuité, la stabilité et éviter le changement et quand soudain une chose vient à disparaître on met en œuvre la mécanique du manque, non parce que la chose en elle-même nous provoque un vide ou un absence mais parce qu'elle nous met nez à nez avec le changement et que l'on a peur du changement, peur de devoir se réapprendre, réapprendre le monde et devoir s'éduquer à de nouvelles normes alors on cherche à perpétuer le consensus, on commence à regretter ce que l'on avait avant et on éructe que c'était forcément mieux, que la chose perdue manque à notre vie, à nos envies et on fait comme si on ne pouvait plus vivre sans elle mais c'est juste que l'on refuse de vivre dans un monde où la sécurité et le confort ne seraient pas des choses acquises et on fait mine d'ignorer le changement et l'évolution et le chaos et la mort. Le sentiment de manque n'est qu'une hypocrisie de nos personnalités, rien de plus, une rumeur pour masquer que les choses changent et qu'il faut s'y soumettre parce que cela nous dépasse. Et ce ne sont pas les choses en elles qui nous manquent mais le sentiment que l'on éprouvait quand les choses étaient là, une impression de stabilité, de sécurité et l’immortalité, en réalité juste le sentiment de l'immobilisme.

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