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Publié le 2 Janvier 2015

Il est comme mort le pauvre, pas à la rue mais sans argent, sans finance fixe, le SFF parce que ça sonne comme RSA mais en plus pauvre ; en plus d’être pauvre il est pingre ; et s’il est pauvre le pauvre c’est justement parce qu’il flambe, parce il dilapide sa misère dans la consommation usuelle et l’autre consommation, la consommation conne, détonante comme la déco d’une émission de télé, parce qu’il est comme cela le pauvre, sans goût, à peine celui de la vie et surtout pas celui des grands arts parce qu’il est con ; certainement, le pauvre, comme le SDF il le cul vissé à sa chaise - de maison - et comme le penseur d’un Rodin il convoque l’image du clochard qui enfonce ses pas dans le goudron, mais seulement l’été parce que l’hiver le goudron c’est comme le béton et le trottoir, c’est dur, aride, raide comme un coup de trique, c’est âpre et râpeux ; et ainsi prostré dans cette posture d’esthète de la chaise, le pauvre sans envie ni argent, il ne brille que par l’indifférence qu’il offre à sa condition et dans l’esprit commun de la doxa il est mort comme une statue dans les églises ; un symbole vite oublié où les ivrognes viennent uriner et les femme éveuvées viennent pleurer ; c’est pourtant de saison, on met tous les gens dans le même sac, télévisés par caste puis étiquetés avec promptitude pour ne pas s’y perdre dans les cases et voilà comment on arrive par mettre tous les pauvres dans la même rue, sans manifestation de manifestation, juste des cons, pauvres, marginaux des centres villes posés là, comme des mots modestes balbutiés par une société analphabète

Un jour nous serons tous des pingouins roux

Un jour nous serons tous des pingouins roux

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Publié le 21 Décembre 2014

Une partie du corps, est-ce le mien, ou celui de l'autre, et je ne doute pas que l'on attend de ma prose qu'elle écrive sur le corps féminin, objet du désir que je convoite de mon écriture mais le corps féminin n'est pas une partie du corps, pas plus que le corps du mâle n'est une part d'un grand corps neutre, quoi que si on en vit à écouter la Bible alors la femme, son corps surtout est une part du corps de l'homme au sens du mâle, alors je pourrais écrire sur cela, mais sur le corps, d'elle ou de lui je ne regarde ni ne convoite les mêmes parties de la même façon ; le corps en morceau, ou pire, en parcelle, comme la terre vendue en parcelle pour y faire pousser des lotissements. Je voudrais être en mesure de parler du visage de l'autre, de la femme, mais parler du visage générique d'une femme générique n'a pas de sens, parce que c'est l'essence d'une harmonie particulière qui fait sens quand on croise tel ou tel visage ; un accord que l'on ne saura définir formellement entre une forme objective et ce que l'on perçoit d'expression d'une subjectivité enfoui. Il y a des visages, et tout se joue entre le nez, le regard et la bouche, qui donne du sens à l'instant du face à face, et ne compte pas sur moi pour divaguer que le regard et la porte sur l'âme, nos le visage quand il a la chance d'exprimer quelque chose est une porte sur les tabous, les gênes et les pudeurs de l'autre et à travers cela, à travers son visage qui exprime ses pudeurs on accède aux failles ; les visages les plus beaux se sont ceux où l'on peut lire le mensonge, la timidité, la pudeur, la peur, l'effroi et parfois même le désir, quand justement le visage, icône du masque social transmet une émotion non-sociale, quand le visage trahi une expression archaïque qui n'est socialement acceptable de porter sur ses traits. C'est parce que le visage est comme un lac où les émotions - déviantes - viennent faire des rides à la surface comme la pierre jetée fait des ronds dans l'eau que le visage est une partie fascinante du visage. Et il n'y a que les fous, les cons et les autres pour s'arrêter au visage comme sommet esthétique, il n'est qu'une interface et l'interface devient - belle - quand elle bug ou qu'elle s'offre une divagation ; un visage est laid quand une personne joui mais l'instant où l'on fait face au visage jouissant est beau, surtout si on est la personne qui provoque l'orgasme, la beauté du visage c'est son dérèglement et non sa plastique canonique.

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Publié dans #recyclage, #Réflexion, #Je est un Blog, #Divagations diverses

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Publié le 11 Décembre 2014

Parce que nous sommes des conformistes, des cons aussi, et des petits bourgeois pour qui la chose la plus essentielle c'est la continuité, la stabilité et éviter le changement et quand soudain une chose vient à disparaître on met en œuvre la mécanique du manque, non parce que la chose en elle-même nous provoque un vide ou un absence mais parce qu'elle nous met nez à nez avec le changement et que l'on a peur du changement, peur de devoir se réapprendre, réapprendre le monde et devoir s'éduquer à de nouvelles normes alors on cherche à perpétuer le consensus, on commence à regretter ce que l'on avait avant et on éructe que c'était forcément mieux, que la chose perdue manque à notre vie, à nos envies et on fait comme si on ne pouvait plus vivre sans elle mais c'est juste que l'on refuse de vivre dans un monde où la sécurité et le confort ne seraient pas des choses acquises et on fait mine d'ignorer le changement et l'évolution et le chaos et la mort. Le sentiment de manque n'est qu'une hypocrisie de nos personnalités, rien de plus, une rumeur pour masquer que les choses changent et qu'il faut s'y soumettre parce que cela nous dépasse. Et ce ne sont pas les choses en elles qui nous manquent mais le sentiment que l'on éprouvait quand les choses étaient là, une impression de stabilité, de sécurité et l’immortalité, en réalité juste le sentiment de l'immobilisme.

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Publié dans #recyclage, #Réflexion

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Publié le 3 Décembre 2014

La tête comme un vide, ordure, le bras à vif, nerf et chair et le cul posé, comme le sont les jeunes, posés dans la rue ou bien chez eux ou encore à attendre le bus comme si l’inspiration allait venir à moi en bus ou en moyen motorisé comme les facteurs et les témoins qui prêchent pour Jéhovah et que j’aimais tant parce qu’avec eux il était toujours possible de miser sur l’existence des choses et merci à eux pour les élévations du débat et la mission de sauvetage parce que finalement si ce n’est eux quelles sont les autres personnes qui sincèrement s’inquiètent de notre sort et de notre avenir parce que nous on y va le ventre plein et le bras levé vers l’apocalypse même si certains de nous y vont les yeux fermés par l’indifférence qu’ils témoignent pour l’avenir des choses certainement parce qu’ils savent au fond d’eux qu’aujourd’hui comme en 1977 l’apocalypse est proche et que le monde vit dans un monde destructible sur promesse ou sur programme allons, dieu ou pas, la fin viendra avec la fin du soleil et de l’univers et nous, les athées on se moque des croyances apocalyptiques alors que c’est notre science qui annonce la fin des temps et même sa création, c’est donc ça l’ironie du sort

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Publié dans #Ponctuation, #Réflexion, #Dieu

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Publié le 25 Novembre 2014

Vivre avec son temps ... c'est un mythe, une légende, c’est une utopie et sûrement une réalité. C’est une question, et, une injonction ; il faut vivre avec son temps, sinon … sinon je ne sais pas, mais sinon on sera dépassé, has-been  bientôt et puis après la tombe de l’indifférence. Mais vivre avec son temps ça eu du sens, parce que tous les temps ne sont pas identiques, toutes les époques ne sont pas les mêmes et il y aura toujours les suiveurs, les marginaux et les créateurs d’air du temps et c’est autour de ces trois figures que nait l’injonction de vivre avec son temps pour grossir les rangs des suiveurs ce qui a pour vertu de marginaliser un peu plus les marginaux et de donner un peu plus de pouvoir aux créateurs de tendances ; c’est ça vivre avec son temps, c’est vivre dans le ton d’un temps que l’on n’a pas choisi, c’est donné à son temps le poids d’exister plus que les autres temps alors qu’en soit, que dans un absolu on devrait être incité à vivre en avance de son temps et à créer son temps, en défaire les coutures pour remodeler son temps ; parce que vivre avec son temps c’est déjà être dépassé, c’est être un mouton, un pion, un rouage, un mécanisme, un soldat bien obéissant qui valide ce que le temps est même s’il ne l’a pas créé.

Et vivre avec son temps c’est aussi, tout bêtement, vivre ; parce que l’on vit toujours au temps présent, on n’échappe pas à son instantanéité, on est là, les deux pieds dedans et c’est peut-être pour s’offrir une forme d’échappatoire à cette fatalité que l’on s’ordonne de vivre le temps présent histoire de ne pas réaliser que nous sommes des responsables de cette médiocrité. Nous ne sommes plus en 1969.

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Publié dans #recyclage, #Réflexion

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Publié le 20 Novembre 2014

Aimer, c'est s'attacher et être attaché, dans le sens d’un attachement émotionnel positif - si tant soit peu que l'on puisse être attaché de manière positive - mais c'est aussi la mise en liens au sens de l'aliénation, aimer c'est aliéner son libre arbitre, sa liberté, son indépendance au nom d'une cause supposée supérieure à soi : l'amour, le bien nommé grand amour ; juge de paix qui est censé être le seul à pouvoir nous donner l'aval de la sexualité, comme s'il y avait, quelque part, une entité seule habilitée à dire oui, vous pouvez baiser, sans quoi on s’attirerait les foudres d'une punition. L'amour, grand supermarché des lieux communs dans lequel chaque individu a l'impression de découvrir un secret, un trésor, un mystère oubliant qu'avant lui des milliard de personnes ont déjà défloré ce secret et qu'après lui d'autres milliard viendront éprouver la même sensation fallacieuse et galvaudée d'être un unique découvreur. L'amour se mensonge, l'amour se traitre inféodé aux états, aux églises, aux religions qui se prétend avec orgueil le plus intime de nos sentiments mais qui se dévoile comme le plus consensuel des traits de nos ressentis intimes, il ne fait pas le poids l’amour devant une pulsion, un fantasme, une peur, une folie, tous plus ancrés et archaïques en nous ; l'amour c'est un passeport, une formalité, c'est usuel et administratif, c'est réglementé est égalitaire dans son expression, bref c'est inhumain et tout ce qui se déroule d'intense pour soi et pour l'autre relève d'autre chose que de l'amour et cela même si des personnes adeptes de raccourcis viendront vous dire que c'est de l'amour. Mais l'amour est l'amour, il n'est pas la passion, le désir, la folie, la joie, la pulsion, la connivence, la complicité, la dualité, l'unicité, l'amour devrait et doit assumer ce qu'il est : l'amour et pour le reste allons chercher ailleurs ce que le monde et les femmes et les hommes ont à offrir de mieux.

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Publié dans #Digression, #amour, #Réflexion, #recyclage

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Publié le 24 Septembre 2014

C'est vaste, large, complexe et hasardeux de s'approcher d'une telle réponse ; il faut soit une grande dose d'inconscience soit une grande dose de prétention. Je me demande de ces deux traits, lesquels j'ai en plus grande quantité.

Est-ce que l'art doit être politique ? Cela suppose que l'art pourrait ne pas être politique ; mais qu'est-ce que serait un art qui ne soit pas politique ? Dès lors qu'il convoque son nom et se définit dans un espace - géographique et culturel - donné alors l'art est politique. Il est posture, prise de position, il est fruit et cause, adjuvant et précipité, il est nécessairement politique. Seul un art qui pourrait naître ex nihilo dans un espace vierge et sans spectateur pourrait être un art a-politique ; mais cette hypothèse est irréaliste, dans le réel l'art est politique.

Tu nous forces - moi et ceux qui vont répondre - à tous les raccourcis, je ne suis même pas sûr que l'on ai le temps de définir ce qu'est l'art, ni ce qu'est le politique. Bref, s'il fallait qu'un art soit plus politique que les autres, ma première pensée irai vers ce qui gravite autour du Street art et de l'art de rue - un art de rue dans lequel je place autant le graffiti sauvage que l'art institutionnel que les villes placent dans les rues pour "remercier" leurs concitoyens d'avoir payé pour autre chose - parce que la rue et l'espace public en général est un lieu propice à la politique. L'art du musée est un art sous et toujours traversé d'intentions politiques mais l'écosystème du musée est une bulle coupée du reste du monde et donc l'impact politique des œuvres au sein du musée est réduit par rapport à l'art qui se trouve au contact de l'espace publique. Mais résumer l'art politique à un art de conquête de l'espace public serait une erreur de ma part. Parce que  je suis plus touché, plus questionné et plus influencé par l'art littérature et par l'art conceptuel que par l'art de rue. L'art en forme de littérature, poésie, art conceptuel se trouve dans une posture hybride entre l'art de la rue, sauvage, et l'art des musées, institutionnel. L'art sous forme littéraire possède l'aura de son rang, mais il se trouve, se retrouve partout, dans nos mains, dans nos vies, proche de nous, n'importe où, la force des mots, cette force qui n'est pas que résonné et raisonnable et rationnelle, mais qui est aussi sensible et intuitive, la littérature parle un double, un triple langage, c'est ça forme et la parole, écrite, et tout aussi politique que les autres arts.

Que penser du lien entre art et gouvernement ? Je suis, je crois, nostalgique de l'époque où l'on pouvait compter avec les avants gardes, en dehors de tout contrôle, créatifs et audacieux et puis d'un autre côté l'art institutionnel ; et plus l'avant-garde créait, plus l'art institutionnel digérait l'art des avants gardes qui en réaction poussaient encore plus loin leur créativité [...]

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Publié dans #recyclage, #question, #Réflexion, #art

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Publié le 28 Août 2014

Si l'acte de mémoire est un geste créatif, c’est donc qu’il oblige à faire un choix dans la manière que l’on convoque pour reconstituer le souvenir que nous cherchons à faire revenir ; dès lors peut-on se demander si le passé appartient vraiment à la réalité ?

C'est une approche intéressante et un brin provocatrice. Trouver une façon d'extraire le passé de la réalité, c'est une très bonne façon de se libérer. Faudrait-il encore que cette - théorie - puisse assumer sa conclusion. Que la mémoire ne soit pas objective, c’est sûr, c'est un fait ; nos mémoires sont romanesques et déterminer selon les circonstances et leurs éducations à construire tels ou tels souvenirs. Mais le passé ne repose-t-il que sur la mémoire ? Le passé est-il un souvenir du présent ; cela pourrait être une belle métaphore, mais il faudrait que le temps présent soit une entité douée de conscience et de mémoire afin de se rappeler elle-même dans un temps antérieur pour que le passé comme concept soit un souvenir. Mais ce n'est pas le cas, le temps présent n'est pas conscient.

 

Ensuite, le fait qu'un souvenir soit une construction, romanesque ou d’autodéfense, n'invalide pas le présent et la réalité du porteur du souvenir. Tous les individus se construisent une histoire personnelle, cette histoire c'est celle qu'ils fondent avec leurs souvenirs et leurs mémoires créatives ; nous avons tous en tête des "souvenirs" de notre petite ou très petite enfance dont on se souvient non pas parce que l'on a gardé une trace mémorielle de cet évènement à l'époque mais parce que l'on nous a raconté cent fois la chose et qu'à force on est persuadé de s'en souvenir. Mais si l'impression de ce souvenir  est fausse, nous sommes bien réels, l'acte est bien réel, il peut être attesté par d'autres personnes qui ont des traces mémorielles plus solides que nous, il peut y avoir des photographies, des vidéos de cet événement, nous pouvons croiser les témoignages pour affiner et assurer la véridicité de l’événement dont on croit ce souvenir l'avoir vécu. Et si c'est un événement qui s'inscrit dans un cadre historique comme une guerre il y a sûrement des chercheurs qui ont attestés de la réalité de ce que l'on a vécu. Donc même si le souvenir que l'on a de la chose est illusoire, fantaisiste, inventé, la chose en elle-même est réelle et nous sommes réels et le passé est réel.

 

On ne pourrait douter de la réalité du passé qu'à une seule condition, que l’on soit une personne seule, unique sur Terre, la seule et unique personne à exister et que l’on découvre cette théorie par nous-même sans qu'il n'y ai aucune autres consciences pour échanger avec nous. Alors, effectivement, sachant que la mémoire est un acte créatif, on ne pourrat raisonnablement que douter de la réalité du passé et alors il pourrait se scinder de la réalité.

 

Mais nous ne sommes pas seuls.

 

Et le passé existe.

 

Et les passés existent.

Et déjà 1886 jours que je tiens ce blog. Un article par jour. Un jour par jour. Et cela tous les jours d’une année depuis plusieurs années ; et tout cela pour une minuscule poignée de dix visiteurs quotidiens.

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Publié dans #Digression, #Dieu, #divagations, #Réflexion

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Publié le 28 Juillet 2014

Tout ça pour ça. Toute une vie estivale et sociale en suspend pour le sport, coupe du monde, tour de France et selon les années jeux des olympiades et championnats à échelle mondiale. Et après ?  

Nous laissons toute notre attention à l'événement télévisé de nature sportif, nous laissons l'esprit sur le bas côté, la télé fait caisse de résonance, les informations, la publicité, les journaux, les habitués au café du coin, la famille, les collègues, les amis l'ensemble du consensus social direct et indirect de nos relations accepte l'idée. L'esprit collectif se plie à la puissance du modèle acceptant l'ogre sportif comme maître des lieux.  

Et après ?

Et après oui ?  

Après il en va des coupe du monde comme des guerres civiles, après plus rien. Il n'y a pas de raison de reprocher aux supporters et au public de coopération apprécier le spectacle sportif, j'en suis, mais après ? Tout ça pour ça ? C'est à dire tout ça pour rien ? L'art laisse une trace en soi, mais qu'en est t-il de Pays-Bas Danemark ? Je trouve cela triste, le vide après l'événement, comme cette période réfractaire après l'acte sexuel et le mâle qui se dit "tout ça pour ça ?".  

Ce qui est triste c'est notre incapacité à faire perdurer et survivre la valeur émotionnelle et spirituelle de ces rites estivaux.  

Et après cet article un autre.  

Demain.  

Aujourd'hui le 1855 ème jour d'écriture de ce blog.

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Publié le 27 Juin 2014

Dans un monde où la vie privée était de nature privée, le dévoilement de l’écrivain,  le dévoilement de soi par la fiction, par l’autofiction, avait du sens et donc de l’impact. On pouvait alors faire de son impudeur et de sa capacité au dévoilement le fondement de l’être au monde de l’écriture. J’y croyais, je savais la possibilité de ma prose à déshabiller l’humain, celui que je suis et celui logé dans le corps d’autrui. Mais voilà, nous sommes passés de l’ère du jardin secret et de la vie privée à l’ère de l’impudeur volontaire et dictatoriale des réseaux sociaux. Et l’impact comme l’enjeu du dévoilement littéraire perd peu à peu de sa puissance et il va falloir apprendre à trouver dans d’autres rouages la force de son écriture ; peut-être faudra-t-il faire reposer sur l’écriture la capacité à redonner du mystère à soi, de mystère au monde. Inutile de se dévoiler, l’étendard dans le mensonge, l’illusion et le voilement de soi. Je suis un autre, je suis une autofiction, je suis une machine, je ne dévoile pas je crée.

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