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Publié le 25 Juin 2014

On devrait tous, tout le monde, tout le monde occidental, au moins une fois dans sa vie, nettoyer la faïence de ses toilettes. Oui, nettoyer sa merde et parfois celle de ses proches. Le beau geste, l’altruisme et la générosité audacieuse, et pas seulement nettoyer ses toilettes par esprit de participation égalitaire aux tâches ménagères. Non, il faut être amené à récurer ses toilettes parce que cela a une portée métaphysique et valeur de chemin initiatique.

 

C’est important parce que c’est beau, c’est beau parce que c’est tabou, c’est tabou parce que c’est sale, c’est sale parce que l’on chie ici.

 

Il faut voir plus loin que le trivial, c'est comme nettoyer la bouche de l'enfer afin de pouvoir mieux converser avec elle, ou lui selon que l’on parle aux enfers ou leur bouche. C'est bien de cela dont-il s'agit, une discussion avec l'intime, avec la part universelle de nos humanités. Mais je sais et tout le monde le sait aussi, tout le monde ne nettoie pas sa merde là où il la pose. Alors cette bouche boschienne des enfers souillée par l’expression des fessiers des hommes et des femmes manquent d’écoute et c’est tout l’expérience mystique du quotidien par la reconquête de son environnement qui est ignorée.

 

C'est une lutte porte close à l'éternité sans failles. Toi, ton cul, Lucifer et une brosse à récurer, c'est Sisyphe qui s'y colle et les seuls à en réchapper sont les snobs qui chient dehors comme des chiens. Il se passe là-bas plus de philosophie que tu ne pourras jamais en sortir par la bouche.

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Publié dans #Réflexion, #recyclage, #Merde, #Polémique, #poésie, #Je est un Blog

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Publié le 20 Juin 2014

Nous avons pris l’habitude de dire qu’internet est une fenêtre sur le monde. Et en cela le Windows n’est pas innocent ; mais Windows ou pas, écran ou pas, il est une chose certaine, c’est qu’internet et son support informatique ne sont pas des fenêtres. Cessons de supposer que cet écran, plat, coins carrés et surface pixélisée à outrance, est une fenêtre. Parce qu’internet c’est un support, physique, c’est une interface et cette interface n’est pas une fenêtre ; la fenêtre s’ouvre, la fenêtre porte la transparence et elle permet au regard de s’enfuir ou de voyage. L’écran ne s’ouvre pas, il s’allume et s’éteint. L’écran est tout sauf transparent, l’écran est plein, trop-plein, saturé, de chose, de savoirs, d’images, de textes, de la présence pesante d’inconnus, d’amis, de devoirs, de jeu, d’animation, de tout et jamais le regard ne peut passer au travers. Pas encore. La technologie n’est pas encore au point pour laisser passer le regard au travers du flux d’information continu qu’est internet.

Mais en réalité ce n’est pas ce que je voulais dire, ce n’est pas le premier sens de ma pensée, parce que si internet n’est pas une fenêtre, c’est parce qu’internet est avant tout un rapport d’échelles. Internet existe par ses interfaces, l’ordinateur, le mobile, la tablette et ces accessoires induisent avec nous, utilisateurs, un rapport physique et ce rapport physique est la proximité. Internet est une petite chose, internet se doit d’être contre soi, à portée de mains, au pire de bras. Dès qu’internet sort de cette distance d’un bras il devient inopérant, trop petit, confus, inutilisable. Internet est pensé pour fonctionner avec le nez de l’utilisateur à quelques centimètres de son écran, un petit mètre tout au plus et c’est à ce titre qu’il s’impose comme un rapport d’échelles entre l’utilisateur et le monde - numérique -. Mobile et tablette créent encore plus de proximité, et les Google Glasses et autres clones optiques rapprochent encore plus proche l’écran de l’utilisateur. Nous devrions lutter pour prendre nos distances d’internet, lançons nous dans un tir à la corde pour se reculer et voir la petitesse d’internet ; les fenêtres sont grandes et vous êtes tous petits.

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Publié dans #Réflexion, #internet, #web, #Métaphysique, #échelle, #fenêtre, #Dieu, #Désenchantement

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Publié le 9 Juin 2014

La fatigue sur le corps ; mais l’esprit.

Les muscles, les intestins, les mains, la tête, la peau ; et puis le reste.

Et l’esprit ?

Il va sans dire qu’il s’en va se laver, seul, sale, dans la nécessaire obligation de propreté.

Oui, mais l’esprit ?

À l’aise dans son corps, de grande taille, de grande corpulence, c’est visible, c’est variable, surtout quantifiable par d’augustes instruments, oui mais l’esprit ?

Qu’en est-il de l’esprit quand le corps calciné par le fait de s’éprouver lui-même ? L’esprit n’est pas un muscle, ni une couche de graisse, l’esprit n’est pas plastique, quantifiable par la mesure ; et l’audace des plus grands esprits se mesure à leur démesure et j’y vois un signe ; on ne peut pas mettre l’esprit sous la douche et le délasser. Ceux qui supposent et subissent la télévision comme anesthésique confondent anesthésie et bien-être et je plains sincèrement leur moitié quand ils devront leur offrir un peu de bien-être.

Et l’esprit, oui ? En est-il impacté de l’usure du corps ou bien libéré ? Est-ce qu’il ricane et glousse un peu bêtement en regardant le corps éprouver le poids de sa propre limite ? C’est donc censé être cela le jeu, ce jeu, ce genre de jeu là ? On se moque parce que l’on est bien mieux loti sans masse squelettique et de muscle et de graisse ? Il rigole bien l’esprit mais le corps aussi, parce que l’esprit peu branler du vent tant qu’il le peu et masturber son gros intellect, ça ne change pas que c’est que le corps qui bande, baise et joui.

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Publié dans #Je est un Blog, #Divagations diverses, #Réflexion, #Corps, #Esprit

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Publié le 25 Mai 2014

Avec l'avènement des réseaux sociaux et leur envahissement [envilissement] par le piaillement décontracté de ceux que l'on nomme les jeunes nous nous trouvons dans un système où la parole adolescente est à la porté de tous, toi et moi y comprit. 

Ces mêmes jeunes nous conchient volontiers dessus en pensant que passé 30 ans on oubli ce qu'a été notre jeunesse ; détrompez vous, moi, je vous écoute et j'essai de comprendre, sous entendu de mettre en perspective votre jeunesse et toutes les autres jeunesses - la mienne y compris -. Aujourd'hui des gamines à peine pubères revendique très fièrement une vie de sexe, de drogue et de vodka ; déjà c'est remarquable, le rock n roll a été viré de l'équation. Autrement dit les jeunes ont viré la culture du slogan sex drugs and rock and roll. Plus de vodkas - à coup sûr frelatées - et moins de culture, cela peut sembler con, mais c'est important ... On entend donc cette jeunesse revendiquer le sexe, la drogue et la mise à sac de la conscience par l'alcool parce que c'est cool. 

Petits cons !

Ne croyez pas que je reproche à la jeunesse de vouloir baiser à orgasme rabattu, il est question de leur cul et ils en font ce qu'ils veulent, pareils pour la drogue et l'alcool je ne suis pas là pour jouer les chastes rabat-joie. Mais ce qui me met en colère, ce qui me déçoit et me fait pisser froid c'est que cette jeunesse idiote pense qu'ils sont les premiers et les seuls à avoir conquit ce mode de vie. Ils ignorent jusqu'à la caricature la beat génération 1950, les hippies 1960, les libertins du 16ème siècle ou encore les surréalistes 1920. Notre jeunesse, baise, bois et re-baise et re-bois sans but, sans logique, sans épaisseur, sans ambition. 

Baiser et se dévergonder sans ambition, des orgies sans ambitions, petits cons vous êtes donc si vides ? 

Ils sont tristes ? 

Ils pensent que baiser, boire et se conforter aux images médiatiques savamment orchestrées par les publicitaires, c'est ça être libre ou être révolter ou vivre intensément. Mais quand on baise comme dans la télévision, quand on boit comme dans internet on est toujours qu'un mouton. Et quand le système à recycler le foutre de l'insoumission pour en faire de la bonne soupe qu'il sert à la jeunesse qui croit que cette soupe au foutre a le goût de l'irrévérence alors le système a gagné et l'individu à perdu. 

J'ai longtemps fantasmé sur la sexualité prétendue débridée de cette jeunesse, parce que je crois que la sexualité porte en elle les germe de la révolution, la sodomie et la fellation sont des gestes aussi révolutionnaires que de balancer un cocktail Molotov sur un fourgon de CRS. Mais je réalise à l'entendre que la sexualité de la jeunesse n'est pas empreinte d'envergure, d'idéologie, d'ambition, de valeur, de panache, de politique, ce sont juste des pénis des dans cons et des langues dans des culs. 

Mais qu'est-ce qu’une société peut espérer si sa jeunesse ne la fait plus bander ? Je suis sûr qu'aujourd'hui les pucelles et les puceaux, les jeunes femmes et les jeunes hommes baisent comme des vieux, je suis sûr qu'ils baisent comme des vieux le samedi soir entre Patrick Sébastien et Ruquier. Cette jeunesse ne cherche pas l'extase ou la transcendance par le sexe ou par la drogue. Ils ne cherchent même pas à exorciser leurs démons. Non, ils baisent. Point à la ligne. Rien de plus.

Cette jeunesse qui ouvre grand sa gueule et ses cuisses n'est qu'une machine à banaliser la révolution, à tuer dans l’œuf, la couille ou l'ovaire la conquête de soi, de l'extase et de la révolution. Quelle tristesse. 

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Publié dans #Sexualité, #Réflexion, #révolte, #jeunesse, #révolution, #recyclage, #bite, #con, #pucelle

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Publié le 9 Mai 2014

Les ordinateurs aiment-ils les gens ? Les gens dans les ordinateurs s’aiment, parfois, un peu, se croisent, se rencontrent, se baisent, s’ignorent, se flirtent, s’effleurent de leur présence, se haine, mais les machines, oui les machines en elles-mêmes sont elles là pour nous aimer ? Puis-je faire confiance à mon ordinateur s’il ne m’aime pas ? Et s’il ne m’aime pas puis-je l’aimer en retour ? Et si je ne peux pas l’aimer en retour parce que l’amour à sens unique est toujours une roue qui conduit à la torture ? Et si je ne peux pas l’aimer comment est-ce que je pourrais justifier de passer autant de temps avec lui ? Alors oui, je le redemande, les ordinateurs peuvent-ils aimer les gens ? Et ne me riez pas au nez parce que cette question est fondamentale si vous y réfléchissez bien. S’ils ne nous aiment pas alors nous sommes des masochistes qui passent une part substantielle de leur vie avec des cyniques et psychopathes sans affects et l’on ne peut pas construire une vie, une société et une civilisation sur ce rapport inégal. Et ne croyez pas que l’amour que vous pouvez mettre dans les ordinateurs change la donne ; ils n’ont pas de cœur, ils ont des processeurs et les processeurs jusqu’à preuve du contraire ne sont pas capables d’émotions. Vous allez me dire que nous non plus humains nous ne sommes pas toujours capables d’émotions et pourtant nous nous aimons parfois les uns les autres, mais c’est parce que l’humanité est irrationnelle et nous ne pouvons et ne devons pas souhaiter des ordinateurs irrationnels parce qu’à créer des ordinateurs irrationnels autant se rencontrer entre humains et faire des enfants !

Alors oui, les ordinateurs aiment-ils les gens ?

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Publié dans #Digression, #Divagations diverses, #Réflexion, #amour, #SF

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Publié le 7 Mai 2014

J’ai un rapport avec la publicité assez particulier dans le sens où plus jeune j'étais totalement fasciné par la publicité, surtout celles qui sont dans ma télévision. Je n’en manquais aucune, je détestais que l’on zappe pendant les pubs et je passais des heures à enregistrer en VHS avec le magnétoscope de mes parents mes publicités favorites. Certaines d’entre-elles me donnaient même de grandes émotions,  en particulier celle-ci, qui pendant 4 ans ne passait que pendant la période de noël. Elle était donc rare et d'autant plus précieuse.

J'éprouve toujours une vraie émotion quand je regarde cette pub, surtout maintenant qu'elle est ancré dans ma mythologie personnelle

C’était une époque où je ne manquais aucun magazine de Culture Pub sur M6 et où j'allais régulièrement à La nuit des publivores manger de la pub pendant des heures. Bref j'étais accros à la publicité. Mais pas comme un consommateur. J'étais jeune et que j'avais besoin de me rattacher à ce qui me semblait être une contre-culture : la publicité.

J'ai la sensation qu'à cette époque, les années 90, début 2000 peut-être encore, la publicité était un lieu d'expérimentations et de transformations culturelles. C’était un temps où l’on pouvait affirmer qu’il se passait quelque chose au sein de la publicité et que cette chose pouvait, plus tard, se retrouver dans le reste de la société. Même si je n'avais pas les mots pour le penser c'était pour moi comme si la pub était l'avant-garde d'une culture en mutation qui plus tard se transformait en culture mainstream. Je crois que l'exemple le plus flagrant c'est la fameuse époque porno chic, époque publicité Benetton, qui choquait outrancièrement les gens avant que petit à petit l'imagerie porno chic entre dans les mœurs ; aujourd'hui qui pour s'émouvoir d'une gamine qui joue les lolitas dévergondées pour vendre des yaourts ou des robes ?

Quand on pense la pub comme un lieu de création et de mutation culturelle, il ne faut pas oublier que plusieurs réalisateurs qui deviendront tendance dans le début des années 2000 auront fait leurs armes dans la pub où les formats étaient plus libres.

Malheureusement, comme le dit une publicité actuelle " mais ça c'était avant" ...

Aujourd'hui je suis un désenchanté de la publicité, je suis devenu un anti-pub, et certaines de ces publicités pourraient me pousser au meurtre - Souvenez-vous de cet article de janvier 2013 … -.

Je me demande si cette amertume est venue parce que la publicité à changée ou si c’est moi qui ai changé. Je n'arrive pas à me décider. D'un côté la publicité me semble avoir perdu toute ambition créative formelle. Et plus qu'avant, j'ai la sensation que la publicité nous prend pour des cons. Mais c'est peut-être juste moi qui ai vieilli et qui maintenant décrypte mieux les armes de destruction massive de conscience et de libre qu’arbitre la pub. À moins qu'elle ne soit moins discrète qu'avant ...

Quoi qu'il en soit, aujourd'hui, je suis dans un constat critique dévastateur vis-à-vis de la publicité et dans une profonde amertume quand je suis face à elle. Je rêve qu’une personne parvienne à créer un logiciel pour bloquer la pub, pas sur internet où c'est déjà utile même si ce n'est pas efficace à 100 %, mais pour nos télévisions. À une époque où la crise est la crise, les gouvernements de tous les bords n'ont qu'un mot à la bouche, relancer la consommation - ce qui fait trois mots certes - et relancer la consommation est devenue une obsession, comme si cette foutue consommation, surconsommation pour être honnête, était devenu la seule idéologie que l'humanité puisse suivre. Nous vivons en dictature de la consommation dans cette dictature la publicité, c'est le bras armé, une sorte de Stasi qui nous traque pour que l'on consomme. C'est peut-être pour cela que le libertaire s’est réveillé en moi et qu'il lutte contre la pub. Et aller contre la pub c’est aller contre la consommation, c’est aller contre le modèle d’État, c’est aller contre le bien commun, c’est passer pour un clodo et un con de dé-consommateur. Or je ne suis pas contre la consommation, je suis contre le fait que l’on nous prive d’alternative et de liberté.

En reniant sur la créativité qui animait la pub « d'avant », la publicité assume maintenant parfaite de faire de la propagande pour une idéologie dont elle ignore elle-même la présence. Et aujourd’hui défilent dans nos téléviseurs les spots de pub comme de mauvais films de propagande dont personne n’est dupe mais que personne n’évite. On se laisse faire, dociles et débiles et jamais les moutons de Panurges n’ont été si consentants à leur asservissement. Et peut-être que ma plus grande révolte devant la publicité c’est qu’il est si simple de lutter ; éteindre la télé, zapper, ne pas acheter, etc. Le monde est tellement cynique et absurde et surtout dirigé par la dictature de la rentabilité que si nous cessions d’être réceptifs aux formats pub alors les publicités disparaîtraient d’elles-mêmes presque instantanément.

Et c’est de là oui, que vient ma plus grosse colère, ma rage et mon désenchantement. La publicité est le révélateur de notre soumission et de notre docilité crasse. Nous vivons sous le joug d’une dictature que nous pourrions éteindre d’un commun accord en appuyant sur le bouton de la télécommande. Et si la publicité et les valeurs contemporaines qu’elle véhicule continuent de régner sur le continent de notre société c’est simplement parce que la société est faite de cons. C’est ce qui me rend le plus amer et qui me pousse réellement à éprouver des envies de meurtre devant certaines pubs. Ces pulsions sont très courtes parce que ma morale reprend vite le dessus, mais si la pub à raison alors les rues sont pleines de cons consternants et condescendant à leur propre inanité et durant un bref instant mon esprit reptilien me dit que leur perte ne serait pas grande pour la société et l’espoir d’une société meilleure.

Qu’elle est devenue triste cette publicité qui n’a plus à faire d’effort pour convaincre, qu’elle est devenue pauvre cette publicité qui n’a plus qu’à traire les cerveaux exsangues d’une populace médiocre …

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Publié le 5 Mai 2014

Hier, une jeune femme pleine de charme et de discrétion me posait cette question : la sexualité est-elle toujours soumise à la morale ?

La première chose qui est venue dans mon esprit comme réponse, c’était oui. Oui, c’était évident pour moi que la morale porte toujours sur la sexualité un regard inquisiteur. Et puis j’ai eu le temps de parler avec elle, et puis j’ai eu le temps d’y réfléchir, de me reposer la question et de tourner autour. Est-il si évident que notre sexualité est soumise à notre morale ?

Oui bien sûr.

Bien sûr que non.

Pourquoi est-il si difficile de se décider ? Parce qu’il est évident, logique et immuable que la morale conditionne - elle mais pas qu’elle - notre perception du monde, de la réalité, des autres, de nous et bien sûr de la sexualité. Il paraît logique de répondre oui, parce que nous ne pouvons pas nous soustraire à un regard morale sur ce qu’est le sexe, nos sexes, l’unions de nos sexes. Mais oui, mais justement, mais bien sûr ! La morale / notre morale ; nous nous encombrons de deux mots identiques pour supposer deux concepts aux tranchants différents.

Ainsi, la question que cette jeune femme voulait soulever en moi était peut-être la suivante : la sexualité est-elle toujours soumise à la morale sociétale et quand est-ce que la sexualité parvient à passer sous le joug de notre propre morale ?

Vous aurez remarqué que les jeunes femmes tournent les questions avec bien plus d’élégance que moi qui parvient toujours à alourdir les questions de digression inutiles.

Je crois que nos différents siècles, je veux parler de ceux qui ont eu le loisir de construire notre culture au sens le plus large que l’on puisse espérer, ont par plusieurs époques érigeaient des morales en ruptures avec l’ordre morale dominant, religieux ou républicain. Sous la plume de libertins, de libertaires, de philosophes, de poètes ou de pamphlétaires la morale était ébranlée et les lignes délimitant le bien et le mal dans la société bougeaient. La sexualité alors s’ébrouait comme un cheval sauvage ou un félin retenu trop long en captivité et elle feulait sauvagement en conquérant de nouveaux territoires fantasmatiques. Ensuite, petit à petit, l’ordre morale dominant dicté par le consensus et l’inertie de la doxa reprenait son rôle de dictature silencieuse de ce qui est ou non morale et la sexualité tombée alors à nouveau sous le joug d’un ordre morale.

La coercition de la morale sur la sexualité par l’ordre morale ; culpabilité, honte, frustration et  le refoulé du fantasme. Et parfois, par le truchement des plumes, des queues et de cons et un souffle emporte les corps et libère fantasmes et pratiques avant d’être reprit et remit en cage.

Alors oui, bien sûr que nous vivons sous la soumission de la morale au sens d’ordre morale.

Mais bien sûr que non, parce qu’actuellement la morale au sens de valeur personnelle, individuelle et propre à chacun est en berne. Avoir un sens morale, se forger un sens morale et une morale qui puisse exister en marge de l’ordre morale dominant est un travail sur soi nécessitant effort, volonté et une culture suffisante ; or rien ne cela n’est plus à l’œuvre dans l’actuelle temps de notre société. Le temps trop court de la consommation des masses par la masses et pour la masse ne laisse à personne l’idée contre-productive de se forger un sens morale en marge de la dominance. Alors en un sens aujourd’hui nos sexualités ne sont plus soumisses au regard inquisiteur de la morale mais à celui plus insidieux encore du conformisme. Dans un monde qui à accouchés des plus étonnants outils d’asservissement du peuple à une exhibition forcée, les réseaux sociaux, l’hyper médiatisation de soi conduit les gens et la sexualité à se jauger sur un mode comparatif et presque productiviste ; or cette posture est en soi a-morale, dépourvue de morale et d’ambition morale. Alors de fait je devrais pouvoir dire que la sexualité se trouve aujourd’hui affranchie du regard de la morale mais pas affranchie d’inquisiteurs pour la juger malheureuse.

Sans prendre la peine de reforger pour soi une grille morale personnelle nous continuerons de faire errer nos bites et nos chattes dans le conformisme d’une pensée dominante fondée sur la pauvreté intellectuelle de son temps, triste temps.

Je remercie cette jeune femme d’avoir soulevée cette question et je m’excuse de n’avoir fait qu’évoquer des pistes de réponses ; je manque de temps pour construire une réponse plus dense.  

L'éducation visuelle des années porno chic sur nos valeurs morales & sexuelles a fait bouger les lignes de nos ambitions sexuelles, oui mais ça, c'était avant ...

L'éducation visuelle des années porno chic sur nos valeurs morales & sexuelles a fait bouger les lignes de nos ambitions sexuelles, oui mais ça, c'était avant ...

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