Articles avec #reflexion tag

Publié le 19 Août 2016

Christophe Lemaitre est un extraterrestre. Aussi incroyable que cela puisse paraître je suis convaincu que le sprinteur français est un extraterrestre ; et j’affirme cela sans fonder mon jugement sur ses performances. Dans l’univers du sprint la grammaire du langage corporel est très codifiée au point de frôler parfois la caricature. Un sprint vit et se joue bien en amont du coup de feu et dans ce laps de temps de l’avant course chaque athlète use de ce langage du corps pour déjà influé sur le rapport des forces qui sous-tendent les cents mètres d’une course comme des forces telluriques. Actuellement Usain Blot est certainement le meilleur porte drapeau de cette expression codifiée, il campe ce jeu muet de l’avant course de manière ostentatoire me laissant parfois penser de lui qu’il n’est qu’un automate bien huilé, mais cette saillie gratuite n’est pas au centre de mon propos.

Cette pantomime est l’héritage d’une tradition du sprint et d’aussi loin que je puisse me le rappeler, c'est-à-dire depuis la finale du 100 mètres à Tokyo en 1991, le rapport de force des personnalités s’incarne dans une joute implicite qui se joue derrière les plots de départ. L’indifférence ébène d’un Carl Lewis, l’insolence caraïbéenne d’un Ato Boldon, la perspective sculpturale d’un Lindford Christi, l’arrogance canine de Maurice Greene, chaque école de sprint avait son dialecte d’avant course et sur la scène du départ ce dialogue outrancier écrivait déjà la course.

C’est ainsi, c’est ancien, c’est nécessaire et c’est en cela que Christophe Lemaitre est un extraterrestre. Encore aujourd’hui, chaque homme qui vient se positionner sur la ligne de départ cherche à exprimer sa détermination avec force cherchant à impressionner ses adversaires ou s’attirer les faveurs de son dieu. C’est ainsi, c’est toujours, c’est eux tous et puis il y a Christophe Lemaitre. Lorsqu’il arrive sur le stade et qu’il s’installe derrière son plot au milieu des athlètes surmotivés qui montrent les muscles comme une meute de loups, je vois un grand dadais dégingandé qui se tient là avec des grands yeux écarquillés qui semblent demandaient ce qu’ils font là. Il prépare son départ, il installe ses starting-blocks et il se tient là à attendre que les autres finissent de jouer pour commencer à courir.

Comme beaucoup je me suis souvent moqué du charisme de Christophe Lemaitre avec son cheveu sur la langue et sa spontanéité désarmante. Parce qu’en plus de ne pas chercher à imposer une image sur la ligne de départ, en plus de ne pas rouler des mécaniques et de gonfler le torse pour se faire plus gros que les autres, lorsque la course est finie Lemaitre reste le même grand dadais dégingandé qui ne joue aucun rôle et qui s’exprime avec sincérité. Entre ces deux instants, après le coup de feu du départ et l’arrivée du sprint Christophe Lemaitre se mue en coureur qui s’incarne dans une foulée qui l’arrache des moqueries.

Et ne venez pas me dire que c’est parce qu’il est blanc qu’il ne sait pas rouler des mécaniques comme Usain Blot et tous les autres. Les espagnols, les italiens et tous les autres européens jouent à afficher leurs déterminations. Et si on se penche sur le sprint féminin aujourd’hui Dafné Schippers et hier Zhanna Pintusevich incarnent des sprinteuses blanches qui derrière leurs plots de départs campent mieux que personne le jeu outrancier de la détermination exprimée avec force et fureur. Dans son rôle de sprinteur d’une finale olympique Christophe Lemaitre et son allure de poupée de chiffon abandonnée dans un chenil fait office d’extraterrestre. Un extraterrestre merveilleux qui est passé dans mon esprit d’objet de curiosité à objet d’admiration.

Chronique de jeux olympiques
Chronique de jeux olympiques

Voir les commentaires

Rédigé par Monsieur C

Publié dans #Jeux Olympiques, #Rio2016, #Sport, #Réflexion

Repost 0

Publié le 15 Août 2016

Le show Usain Bolt à commencé et ma sœur pense à moi, elle suppose à juste ironie que cela me ravi. En effet, trois heures du matin je suis réveillé depuis quelques heures pour être sûr de ne rien manquer du show Usain Bolt en espérant toujours que la vérité du sport rattrape ce spectacle. Comme prévu tout se passe comme prévu, le héros jamaïcain fait son entrée, insolent et attendu il respect les codes de la marque Bolt, une AOC sprinte de grand spectacle en route pour la légende, avec l’application d’un VRP s’évertuant à vous vendre une assurance. Mais on passe tout à Usain Blot, parce que derrière ses singeries marketing et ses simagrées de show télé le monsieur assure le sprint comme jamais personne avant lui ; et certainement jamais personne après lui.

Trois fois l’homme devient champion olympique, c’est respectable pour une légende, les chiffres ne mentent pas, c’est le premier sprinteur à réussir cela. Et moi, depuis au moins huit ans, je ne crois pas à Usain Blot. Je vois la réalité de ses chronos, la vérité de ses médailles, je ne peux que m’incliner devant ces faits et pourtant … Je vais essayer de laisser de côté mes suspicions impies sur la possibilité de dopage et me concentrer sur mon incroyance. Le sprinteur est incroyable, mais je n’adhère ni ne croit à l’homme et à son personnage. Voilà huit ans que je reste insensible et hermétique à ce personnage autoproclamé légende par la nature des résultats ; si le sport repose sur les muscles bandés des hommes qui décrivent gestes qui inscrivent des chiffres sur l’anneau en tartan, les légendes s’écrivent avec des histoires et pour moi Usain Bolt ne sait écrire des chiffres et des lignes de palmarès sur les livres de comptes.

Huit ans et plus que le sprinteur Jamaïcain à pulvériser le sprint mondial ; en terme de record bien sûr, mais plus métaphoriquement aussi il a pulvérisé le sprint mondial, son essence, son esprit et sa dramaturgie antique. Lorsque qu’Usain Bolt s’aligne sur un 100 mètres, que ce soit en meeting ou pour l’obtention d’une médaille l’histoire est connu d’avance, le show se déroule sans accro en suivant un filage millimétré encodé par un esprit de communication bien rôdée ; ses gestes sonnent comme des gimmicks, ses sourires résonnent comme des slogans et la course aussi longue qu’une page de pub se déroule de la même façon. Et qu’importe si le sprinteur est arrogant avec ses adversaires, la plèbe tolère tous les manques de tact et de charisme et son idole et qu’importe si l’idole assure avec la foule de supporters électrisés un fan service d’automate qui s’éteint dès la piste quittée. Qu’importe l’homme, on accepte de lui  les écarts et les excès, le marketing et l’automatisme, tant que l’homme focalise sur le lui le regard de la plèbe parce qu’Usain Bolt est un aimant médiatique qui remplit les stades et aides le quidam à se lever en pleine nuit pour regarder sa télévision. Je comprends bien que l’athlétisme veuille choyer sa poule aux œufs d’or, surtout quand la poule à courue un jour le 100 mètres en 9’58’’ mais permettez moi de ne voir que la poule lorsque je regarde Usain Bolt.

J’entends déjà ceux qui me connaissent médire à mon sujet en me rappelant que je fustige le show insolant d’un Usain Blot alors que j’encensais le trash talking et le show du sprint à l’américaine des années 2000. Bien sûr ça peut sembler injuste et partisan de ma part. Mais à cette époque, lorsqu’un Maurice Greene venait rouler des mécaniques sur la ligne de départ ou lorsqu’un sprinteur jaugeait d’un regard hautain ses adversaires durant la course il n’était pas certain de gagner. Cette nuance peut sembler ridicule, pourtant elle me paraît essentielle. Faire du show une part intégrante de sa stratégie de course était un choix qui comportait un risque et conservait l’incertitude d’un résultat. Chaque adversaire jouait sa partition, c’était le ballet des bulldogs et des sphinx comme des animaux sauvages qui cherchent à s’impressionner avant d’entrer réellement en lutte pour la domination. Mais Usain Blot n’a pas d’adversaire, depuis huit ans nous savons tous qu’Usain Blot ne lutte pas contre quelqu’un, il ne lutte même plus pour un chrono tant les temps de sa jeunesse semblent inaccessibles ; depuis des années Usain Blot ne vient que faire la récolte des certitudes et se comporter comme le public l’espère, comme la télévision l’attend, comme le championnat lui demande. Et dans ce cadre là, quand un homme écrase toute concurrence sans même avoir à combattre, le show, l’expression calibrée de ce que l’on suppose être le personnage Usain Bolt apparait pour moi comme de la suffisance, de l’insolence mal placée et du mépris vis-à-vis de son sport. Si Usain Bolt continu de jouer les mauvais garçons en jouant avec ses adversaires sur la piste, s’il continu d’assurer le spectacle avant la course pour concorder aux codes de son personnage c’est pour moi qu’il est soit profondément déconnecté de la réalité du sprint et que cette insolence méprisante est de la maladresse, soit qu’il fait passer les intérêts médiatiques de son personnage avant la vérité du sport. Et dans les deux cas je n’apprécie pas la démarche.

Lorsqu’un homme écrase une discipline d’un talent hors norme et qu’il continu de lutter contre ses adversaires des velléités de suprématie c’est qu’il ne sait pas choisir ses combats. Lorsqu’un athlète est baigné d’un talent hors norme il doit pouvoir choisir des défis à la hauteur de ses ambitions. Si un Michael Phelps a su faire vibrer autant de monde ce n’est pas qu’il nageait contre ses adversaires, mais parce qu’il nageait pour l’histoire et contre la tragédie du héros déchu. Je peux évidemment me tromper, mais si Phelps avait eu l’arrogance d’un Usain Bolt il n’aurait pas gagné une telle adhésion du public. Parce que se lancer des défis plus grands que soit replace le héros dans narration à son échelle qui emporte le public avec elle. Je ne retrouve rien de cela chez Usain Bolt, je ne vois que la machine formatée à faire du marketing pour remplir les stades et les contrats des partenaires en courant 100 mètres.

Et même si je ne veux pas laisser planer mes suspicions de dopage vis-à-vis d’Usain Bolt, je ne peux que faire remarquer que depuis quelques années l’adversaire attitré d’Usain Bolt, sa Némésis médiatique c’est Justin Gatlin sprinteur américain de 34 ans, suspendant quatre ans après s’être fait prendre deux fois pour dopage, et qui court aujourd’hui plus vite après sa suspension qu’à l’époque où il était jeune est dopé. Avoir pour seul adversaire dangereux, un coureur sans charisme revenu du dopage et qui cristallise sur sa personne la détestation du public n’aide pas Usain Blot à devenir une légende. Et si je devais laisser libre cour à mes théories du complot visant à expliquer la machine Usain Blot j’aurais envie de penser que si la fédération internationale à laissée revenir Justin Gatlin pourtant suspendu deux fois consécutives pour dopage, c’est que justement il cristallise sur lui dédain, suspicions, haines et huées du public évitant ainsi à Usain Blot de se confronter aux doutes de la plèbe. Plus qu’un Némésis Gatlin est le paratonnerre idéal pour Usain Bolt.

Alors oui, hier soir Usain Blot a joué sa partition comme prévu, Gatlin dans ses valises, et les photographes avec pour lui les yeux de l’amour. Oui, hier soir je me suis levé en espérant encore une fois que l’histoire tourne à la tragédie, et moins de dix secondes plus tard j’ai accepté que ça ne serai pas pour ce jour. Rien n’y fait et peut-être que rien n’y fera, pour le moment je continu de resté imperméable au show d’Usain Blot, celui qui éclipse l’athlétisme et qui comme Attila ne laisse rien derrière lui (à part Justin Gatlin). La nuit dernière Wayde Van Niekerk à couru une course extraordinaire, au couloir huit il a remporté le 400 mètres en battant le record du monde de Michael Johnson. Un record établi  en 1999 durant les championnats du monde d’athlétisme de Séville. J’y été, nous y étions, le temps passe, les records tombent mais les souvenirs restes. Et Usain Blot peut bien continuer à gagner des courses sans enjeux il n’entamera jamais la valeur de mes souvenirs et de mes passions.

Usain Blot et Michael Johnson ont plusieurs points communs évidemment, gardons pour aujourd'hui les chaussures en or ...
Usain Blot et Michael Johnson ont plusieurs points communs évidemment, gardons pour aujourd'hui les chaussures en or ...
Usain Blot et Michael Johnson ont plusieurs points communs évidemment, gardons pour aujourd'hui les chaussures en or ...

Usain Blot et Michael Johnson ont plusieurs points communs évidemment, gardons pour aujourd'hui les chaussures en or ...

Voir les commentaires

Rédigé par Monsieur C

Publié dans #Jeux Olympiques, #Sport, #Réflexion, #Sidération

Repost 0

Publié le 14 Août 2016

Cette nuit sera la nuit du 100 mètres olympique ; le temps du sacre médiatique d’un dieu choisi parmi les sprinteurs venus du monde entier se défier sur une longueur de stade. La tradition est ainsi, fidèle à elle-même depuis bien longtemps. Hier c’était donc le jour des qualifications de ce 100 mètres olympique et j’ai manqué de temps pour chroniquer mon indignation devant ce qui me semble une nouveauté. Mais l’indignation ne retombe avec les jours qui se tournent, je prends donc le temps de poser ici, l’irrévérence

En effet hier j’ai découverts qu’avant les séries du 100 mètres qui allaient décider des coureurs qualifiés pour les demi-finales il y avait trois séries préliminaires. Pourquoi des séries préliminaires ? Pour aligner et faire courir les sprinteurs les plus exotiques, ceux qui possèdent le moins d’expériences et les références chronométriques les plus basses, quand ces coureurs là en possèdent, car il y a plus d’un de ces sprinteurs qui ne possèdent pas encore de référence chronométrique sur piste. Ces séries préliminaires étaient donc là pour désigner les coureurs qui seraient admis à concourir pour les qualifications. Et je trouve cela révoltant.

En d’autres termes, ces séries préliminaires incarnent la deuxième division du sprint mondiale, une seconde division qui n’a pas lieu d’être et qui n’existe que lors de ces jeux olympiques de Rio. Il faut savoir que les nations présentes dans ces séries préliminaires, petits pays exotiques dont les athlètes ne sont pas de véritables spécialistes du sprint ont été invités par le Comité International Olympique. Elles ne s’imposent pas et on ne peut pas leur reprocher de venir pourrir les qualifications de l’épreuve reine. Avant ces jeux, lors des séries, pour le premier tour on nous offrait des séries composées d’une tête de série, sprinteur leader, quelques hommes de valeur, et quelques athlètes invités qui venaient participer aux Jeux Olympiques et pas à une course de second rang. Ainsi un sprinteur samoan légèrement en surpoids pouvait courir un jour contre une légende du sprint, un champion, voir Usain Bolt. Bien sûr personne n’était dupe de qui allait l’emporter mais cette mixitée illustrait pour moi ce qui pouvait être l’esprit olympique.

Bien sûr je sais que de l’esprit olympique il ne reste rien, cet esprit olympique que j’invoque est une peau de chagrin élimée que l’on dresse en étendard en espérant cacher des jeux olympiques qui coûtent des milliards, médiatisés, professionnalisés et qui visent à la rentabilité. Pourtant j’arrivais à croire à ces instants d’olympisme quand les neufs hommes s’alignaient sur la ligne de départ. Durant ces quelques secondes, chaque homme, chaque nation, chaque athlète était présenté sur le même pied que sont concurrents et durant ces quelques secondes là qui précédaient la course l’olympisme pouvait donner l’impression de jauger les hommes de façon égalitaire.

Créer des séries préliminaires pour faire courir entre eux des pays exotiques que la plus part des gens ne peuvent pas situer sur une cartes que l’on invité pour se donner une caution étique et moral c’est pour moi un outrage violent à l’olympisme comme à l’humanisme. Inviter des athlètes pour les faire courir dans une course de seconde zone, même si celle-ci peut donner accès à la véritable course, ressemble à mes yeux à un diner de con. Et si je vais un peu plus loin dans la révolte de mon ressenti, j’ai la sensation que ces séries préliminaires sont comme une attraction de foire ; venez voir les athlètes exotiques ! Venez voir nos nègres ! Dans mon esprit les échos se ressemblent et mon indignation bouillonne.

Et si nous visons à une forme d’équité sportive, si je considère cette série préliminaire comme une course normale, alors elle est profondément injuste et inégalitaire. Imaginons un sprinteur malgache venu disputer les jeux olympiques, innocemment, honnêtement et sincèrement. S’il vise à se qualifier pour la finale olympique du 100 mètres il devra gagner sa série préliminaire, puis gagner sa série de qualification, et ensuite gagner sa demi-finale, donc participer à trois courses pour atteindre le graal d’une finale. Ensuite imaginons un sprinteur jamaïcain, s’il ambitionne de se qualifier pour la finale il doit gagner sa série de qualification, puis sa demi-finale, donc deux courses avant la finale. Deux courses pour un sprinteur reconnu, trois courses pour un sprinteur non reconnu ; ce n’est pas pour moi la meilleure illustration de la justice et de l’égalité. Et cela souligne bien que les membres du CIO n’imaginent pas qu’un sprinteur qui va courir une série préliminaire puisse décemment concourir véritablement. C’est pour cela que les séries préliminaires me jettent au visage une condescendance détestable.

Bien sûr le principe des têtes de séries qui possèdent un parcourt aménagé existe dans d’autres sports et d’autres disciplines et cela ne me révolte pas. Alors pourquoi devenir si outrancier pour un changement sur le 100 mètres ? Parce que cette discipline à des prétentions égalitaires, elle est un symbole d’un olympisme où chacun peut venir participer. Une telle révolte parce que le 100 mètres offrait jusqu’à présent une vision qui respectait cette ambition olympique qui permettait de faire de cette discipline un moment iconique du sport.  

Un changement d’accord, mais un changement pourquoi ? La seule raison plausible qui vient à mon esprit en colère c’est que c’est un changement pour faciliter la vie des sprinteurs, d’un sprinteur en particulier qui remplit les stades et qui le VRP mondiale de l’athlétisme, Usain Bolt. Je n’ai aucune preuve, aucun savoir, aucune certitude sur ce sujet, c’est ici que ma théorie maudite nourrit par la colère. Mais nous avons déjà laissé faire quand contenter la prétention de ce sprinteur les organisateurs ont modifiés la tradition du programme. Et là nous assistons à une nouvelle évolution qui me semble desservir l’esprit de l’athlétisme au profit d’une plus grande rentabilité médiatique.

Riche de cette colère, cette nuit je me lèverai pour regarder la demi-finale et la finale du 100 mètres en espérant comme à chaque course que l’incertitude triomphe.

Ma chronique olympique

Voir les commentaires

Rédigé par Monsieur C

Publié dans #Sport, #Réflexion, #jeux olympique

Repost 0

Publié le 10 Août 2016

La glorieuse incertitude du sport, la beauté athlétique des corps dans l’effort, le dépassement de soi, la fraternité des athlètes dans l’épreuve, le défi  inutile que l’on poursuit sous les projecteurs olympique, on peut dérouler beaucoup de rubans d’arrivée pour encenser l’intérêt des jeux olympiques. Mais c’est sans compter une belle dramaturgie, des petites histoires intimes qui virent au drame laid pour des Hamelet en maillot de bain.  

Je regarde les sports aussi pour cela ; voyeurisme minuscule ou perversion postmoderne ? Je ne sais pas, mais j’aime quand l’émotion vient déchirer le voile propret du consensus du sport télévisé. Hier ce sont nos nageurs français qui ont donné dans la tragédie des interviews sortis d’eau et la tirade de conférence de presse. Est-ce que Yannick Agnel a été trahi par sa fédération, a-t-il trahi les siens ? Pourrons-nous un jour  apprendre le fin mot de l’histoire ? J’en doute, qu’importe, parce que si le sport transcende l’émotion au travers d’expériences sportives réelles porteuse de romanesque et d’affecte, l’émotion surgit parfois hors champs, hors piscine, hors cadre. Yannick Agnel une sorte d’ange olympique de la précédente olympiade semble couler puis se faire voler sa dernière courses par une fédération décidant dans l’obscure d’une nuit de panique qui décide de ne plus l’aligner plombant ainsi la fin de carrière du nageur et les chances de qualification de ses compagnons de relais.

C’est minuscule et je suppose que ça n’affecte personne en dehors du monde de la natation, et pourtant cette émotion écrite et décrite comme un épisode de série télé elle me transporte comme celle des victoires et des défaites.

Voir les commentaires

Rédigé par Monsieur C

Publié dans #Sport, #jeux olympiques, #Réflexion

Repost 0

Publié le 29 Juillet 2016

Comme il existe des bouchons provoqués par des accidents de la routes, comme il existe des bouchons provoqués par des incidents climatiques type pluies diluviennes, inondations bibliques ou incendie post-barbecues, comme il existe des bouchons conjoncturels lorsque trop de voiture s’engorgent de péages en bretelles d’autoroute, il excite des bouchons de curiosité. Ce ne sont malheureusement pas des bouchons que l'on observe à l'entrée des musées, des bibliothèques, des salles de spectacles ou devant le panorama non fléchées d'une nature non balisée. En effet les bouchons de curiosité se forment lorsque des automobilistes ralentissent afin d’observer sur la voie de circulation en sens inverse de la leur un accident, un incident ou un ralentissement. Poussé par une curiosité voyeuriste malsaine et instinctive ces automobilistes comme hypnotisés par l’émergence d’un imprévu en sens contraire provoquent des ralentissements qui se muent en bouchons sur une voie de circulation normalement saine. Alors je me dis qu’un jour les cons qui montent et ceux qui descendent finiront par totalement s'arrêter pour de bon afin de se regarder dans le blanc des yeux examinant d'un regard hautain et moqueur la connerie de l'autre pas tout à fait conscients de se trouver devant un mauvais miroir ou une vraie réalité grotesque. À ce moment là les routes de France seront définitivement bloquées, viendra le moment pour le pouvoir tentaculaire et autoritaire qui sera devenu le notre de mettre nos routes en quarantaine par mesure d'éloignement des cons porteur d'une inertie négative clairement contagieuse. Il restera à trouver d'autres moyens pour se débarrasser des cons n'ayant pas les moyens d'exporter leurs apathies en zones estivales, mais la société devrait connaître, même de manière ponctuelle, une forme de soulagement.

Le paradoxe c'est que l'image que j'utilise pour illustrer mon désappointement vis à vis de cette connerie sans fin qu'est le bouchon de curiosité est bien plus belle et poétique que le fond de ma pensée

Le paradoxe c'est que l'image que j'utilise pour illustrer mon désappointement vis à vis de cette connerie sans fin qu'est le bouchon de curiosité est bien plus belle et poétique que le fond de ma pensée

Voir les commentaires

Rédigé par Monsieur C

Publié dans #Réflexion, #recyclage, #Pictogranimation

Repost 0

Publié le 26 Juillet 2016

La litanie des actes de barbarie énoncée dans les journaux augmente. C’est un fait.  Je ne suis pas sûr pourtant que la barbarie augmente. C’est la récurrence des actes barbares qui augmente. Et encore, à l’échelle du monde je ne suis même pas sûr de cela ; mais au sein de notre civilisation du regard médiatisé que l’on pose sur elle, les actes de barbarie commis dans notre environnement culturel immédiat et élargie augmentent.

Qu’importe la précision précédente, ce n’est pas cela qui porte ma réflexion.

Non, en effet si je suis frappé ce n’est pas par l’augmentation de cette récurrence barbare. Je le suis par la portée cinématographique des actes. Avant que l’on arrive aux attentats de Charlie Hebdo pour moi un attentat était un acte brutal, violent, horrible et instantané. Boom ! Un avion, une bombe, une ceinture d’explosif, voiture piégée, boom ! Le fait terroriste était dans mon imaginaire une irruption immédiate, violente et éphémère de l’horreur dans le réel.

Et puis il y a eu Charlie Hebdo et les récits, journalistiques ou fantasmés, du parcours des tueurs ; ils sonnent à la mauvaise porte, puis se font ouvrir celle de Charlie Hebdo, ils pénètrent dans la salle de rédaction, ils ciblent, tirent et tuent un à un leurs victimes et cela implique déjà une temporalité. Temporalité qui ensuite trouvera écho dans le traque, longue et médiatique, des terroristes et le déroulé de leur mise à mort.

Et puis il y a eu les attentats du Bataclan et là encore plus que jamais le déroulé des faits plonge dans l’horreur. Avant quand il n’y avait qu’une bombe, tu passais d’un état de vie à un état de trépas de façon brutale, instantané et définitive. Tu étais là, vivant, et soudain mort sans avoir eu le temps de la conscience de l’horreur. La temporalité barbare des attentats du Bataclan offre à l’horreur une nouvelle formule d’expression. Ils entrent, ils tirent, ils tuent, ils se barricadent, ils traquent, ils tuent, ils achèvent, ils revendiquent, ils résistent avant que l’assaut ne soit donné et que la mort leur soit donnée. Pendant cette durée, il y a le temps, le temps des barbares, le temps des victimes, le temps des survivants, le temps des spectateurs médiatisés par les réseaux, par la télé, et par son imaginaire qui sait que le temps est celui de la mort.

Et puis il y a eu l’attentat de Nice. Est-ce par une forme de cynisme visant à me protéger, ou à cause d’une déformation pop-culturelle de regarder trop de cinéma, mais la première chose qui a surgit à mon esprit quand j’ai appris pour cette attentat c’est un traveling. Je le disais au départ, c’est la portée cinématographique qui me frappe. Ce camion fou traçant dans la foule paniquée une route mortifère. Et l’horreur après ; je perçois l’horreur parce que je perçois l’événement dans une durée, une temporalité dans laquelle je peux me projeter. Une bombe explose ou une roquette tombe à la terrasse d’un café, les clients passent de la vie à la mort en un instant, je sais que c’est l’horreur mais elle ne me laisse pas d’espace pour m’y projeter. Mais dès que l’horreur entre dans une temporalité, dès qu’elle est portée par une mise en scène scénarisée par la parole de ceux qui la relate je peux m’y trouvé projeté. Je perçois ce temps, la peur, la panique, l’angoisse, l’adrénaline, le chaos, et tout ce qui peut passer par la conscience des vivants à ce moment là, un moment où l’attentat est en train de se faire, de se produire, d’être barbare, la durée où le fait-divers s’ancre dans le réel.

La nuit dernière encore, au Japon, un seul homme, des couteaux et la mise à mort de dix neuf victimes. Attentat ou fait-divers c’est la même chose, je suis frappé par la durée de ces actions ; si je me sens capable d’imaginer la pulsion mortifère qui pousse une personne à commettre ponctuellement un acte barbare j’ai beaucoup plus de mal à imaginer l’état de conscience d’une personne qui commet un acte barbare qui s’inscrit dans la durée parce que j’imagine cette durée comme un lieu d’émergence de la conscience.

Et ce matin, sans cynisme je me demande quel sera le prochain projet barbare à frapper ma conscience.

Voir les commentaires

Rédigé par Monsieur C

Publié dans #Réflexion, #attentat

Repost 0

Publié le 12 Juillet 2016

Quelle plus belle ambition que la contre-culture ?

Dès l’instant où l’on assume son envie ou sa nécessité d’entrer en création, en art, en littérature, qu’importe la forme dès l’instant où l’on assume sa volonté de créer, alors y a-t-il d’autres ambitions que de vouloir entrer en contre-culture ?

D’y entrer ou alors d’initier sa propre contre-culture, inventer son mouvement contre-culturel personnel bien que ce qui fasse culture ne puisse jamais jaillir ex nihilo et qu’une culture, qu’elle soit une avec-culture ou une contre-culture est toujours un objet de réaction.

Je ne suis pas contre la culture. Je suis un fidèle croyant, une ouaille docile qui culte et prie parce que je crois en la culture ; je ne vise pas la chute de le l’objet culture. Et si j’espère un déluge pour noyer le paysage culturel qui m’est contemporain c’est pour mieux espérer assister à l’émergence de territoires nouveaux, de contre-terres d’accueils à la pulsion créatrice.

Mais je suis là.

Sur internet.

Je ne surnage même pas dans le flot des classiques, des consensuels et des communiquant.

Je suis là et ?

Et je me le demande justement.

Est-ce que je serai une contre-culture à moi tout seul ?

Saurais-je avoir le courage d’estampiller mes bribes de culture comme une culture contre ?

J’ai peur du cynisme de ceux qui sont contre parce qu’il me semble stérile ; mais j’aspire parfois à cette verve qui se dit contre les lignes dominantes.

Mais si j’en suis étranger, dois-je me vouer à l’idée que ma culture doit être contre, envers moi et contre tous, les déjà contre et les encore pour ?

Dois-je ne plus dire cela à l’heure du déjeuner ?

Voir les commentaires

Rédigé par Monsieur C

Publié dans #Je est un Blog, #Réflexion

Repost 0

Publié le 9 Juillet 2016

Continuez donc du mépriser le peuple qui s’émeut et se passionne pour le foot en nous faisant croire que cette émotion éclipse la possibilité d’un engagement politique et social. Continuez donc d’opposer le besoin d’exulter dans une communion viscéral et la nécessité de porter des idéaux. Oui, continuez donc de singer ce clivage entre le peuple beauf et bœuf et les porteurs d’idées.

Continuez ainsi mais laissez-moi penser que cette posture est un leurre autant qu’une erreur de vos analyses. Soyons d’accord, je respect ceux qui emmerdent le foot et qui expriment leurs désintérêt pour la langue dramatique du sport. Mais votre désamour et votre imperméabilité à cette zone de culture populaire ne suffit pour expliquer la déliquescence de notre société. Ce n’est pas la première fois que le vote démocratique amène au pouvoir un pantin trop faible pour supporter l’ampleur de la tâche politique qui consiste à conduire un peuple dans une direction idéologique qui devrait elle-même servir ce peuple et non l’asservir. Il y a eu des démocraties de droite, des démocraties de gauche, même des démon-craties de cohabitation et toujours les intérêts financiers sont passées avant l’intérêt de bien commun de toutes les couches de la société. La démocratie n’a pas attendu un euro de football ou une coupe de monde pour révéler ses failles, ses faiblesses et ses limites.

A m’écouter je pourrais croire que je cherche à défendre la doxa, mais je suis sûr que je la maîtrise tout autant que vous. Ce qui me choque dans vos postures qui opposent 49.3 et score de foot, c’est que vous laissez sous-entendre que c’est le sport qui vide les esprits de nos contemporains alors qu’il me semble évident que le peuple n’a pas attendu cet euro pour illustrer sa bassesse, sa misère, sa crasse et son incapacité à se montre digne de son esprit critique et de sa capacité à s’autodéterminer. Le foot et le sport de masse, sport spectacle ne sont pas responsables de cette aporie des idées des politiques et de leurs doxas.

Laissez donc au sport ses vertus archaïques permettant exultation et communion et si vous désirez fustiger le peuple ils faut vous en prendre à la racine de son inculture crasse.

Voir les commentaires

Rédigé par Monsieur C

Publié dans #Sport, #Réflexion

Repost 0

Publié le 8 Juillet 2016

Alors que l’équipe de France se hisse en finale de l’euro, je regrette l’émergence – pourtant récurrente dans le domaine – d’une forme d’ostracisme qui consiste à mépriser le supporter de foot et la joie qu’il éprouve dans la victoire de 'son' équipe. Il est de bon ton aujourd'hui de cliver la société entre ceux qui s’émeuvent pour le foot et les autres qui s’émeuve pour de supposées 'bonnes' raisons. On se moque des beaufs et autres bœufs parce que selon leurs détracteurs ils se passionneraient pour une balle et pour les vingt-deux sportifs qui s’efforcent de s’agiter autour. Comme si la passion pour le sport se logeait dans l’adoration primitive d’un objet et des gourous qui en font la gloire. Je trouve cette remarque gratuite mais surtout incongrue pour ne pas dire idiote, conne et grotesque. Supposer que les amateurs de foot vibrent pour le ballon, ça revient à penser que l’amateur de littérature vibre et s’émeut pour le stylo ou le clavier qui permet à l’auteur de rédiger les œuvres qui l’emportent dans l’émotion.

Le sport, et le football ne déroge pas à cette règle, n’est pas autre chose qu’un outil de narration qui transcrit des drames, quelques fois des comédies, des élégies ou des récits mythologiques qui ont tous en commun d’être des vecteurs d’émotions et de sentiments et de permettre une forme de communion pour ceux et celles qui partagent le déroulé de cette narration sportive. Bien sûr parfois la narration est bancale, les histoires dispensables et le match mauvais, tout comme il y de mauvais romans et des tableaux sans âme. Je n’ai pas le souvenir d’avoir un jour rencontré un supporter soit seulement amateur d’objets ou de gestes ; ce n’est pas le ballon qui emporte les hommes, ce ne sont pas les gestes des sportifs qui renversent les esprits supporters. Je ne connais pas un supporter qui n’ait pas de récits à partager, et ces récits qui se partagent d’homme à homme sont écrits dans la langue du sport, dans le dialecte football en ce qui concerne l’euro qui se déroule en ce moment.

Fustiger la ferveur du supporter, c’est ne pas lui reconnaître sa capacité à s’émouvoir, vibrer et éprouver de l’empathie pour l’histoire qu’il regarde et pour laquelle il se passionne. Se moque t on des lecteurs passionnés qui vibre et s’émeuvent par procuration en lisant les mots d’autres personnes ?

Bien sûr on peut ne pas aimer ces histoires là, être sourd à la narration sportive, vouloir s’en démarquer par goût ou par ignorance, il est possible que l’on passe à côté de cela parce que l’on ne parle pas cette langue, mais la décence et le respect devrait conduire les uns à ne pas mépriser les autres avec tellement de morgue. On est en droit de ne pas aimer, et même de critiquer l’émotion d’autrui. Mais la mépriser c’est manquer de respect à ce qui fait le fondement de la nature humaine, c'est-à-dire manquer de respect à la capacité de l’homme à vibre et s’émouvoir.

Qu’importe l’objet qui vient mettre en résonance nos cordes sensibles, ça reste de la sensibilité. Et l’émotivité quand elle est stimulée n’a que vocation à grandir, se propager et s’affiner. Ce n’est pas parce que l’on va vibrer pour un match de foot que l’on se prive de vibrer pour d’autres choses. Il faut simplement amplifier et canaliser ce vibrato initial pour être amené à s’ouvrir à d’autres chants du sensibles.

Et c’est pour cela que j’écoute avec peine ces voix hautaines qui s’élèvent pour moquer la doxa qui s’émeut. J’ai l’impression que cela scelle dans mon esprit la conviction d’une société malade alors qu’en éternel optimiste je voudrais croire en un espoir pour nous.

De l'histoire, toujours des histoires, drame ou comédie, toujours des histoires oui

De l'histoire, toujours des histoires, drame ou comédie, toujours des histoires oui

Voir les commentaires

Rédigé par Monsieur C

Publié dans #Sport, #Réflexion

Repost 0

Publié le 1 Juillet 2016

Je suis d'accord avec ceux qui possèdent cette vision qui nous conduit à penser (toi & eux) que nous vivons (tous, ceux qui le pensent et ceux qui l’ignorent) dans une société qui nécessite que l'on se prostitue pour y participer. C'est un drôle de paradoxe, parce que nous devrions pouvoir être heureux sans avoir à se vendre, mais la société à réussi à convaincre les masses que le bonheur passe par le fait de se fondre dans l'unique modèle de pensée proposée ; un modèle qui dicte que nous pourrions être heureux seulement si nous suivons le chemin de la consommation ; je consomme donc je suis, c'est cette forme de devise moderne qui serait inscrite au frontons de nos temples si nous avions encore des temples, et même plus explicite, je consomme donc je suis heureux ! Et c'est pathétique parce que cette idée n'est fondée sur rien de tangible, même pas notre expérience.

 

Après, j'avoue que j'admire beaucoup les personnes qui se prostituent pour de bon, qui vendent leurs corps pour du sexe, du sexe contre de l’argent, du sexe et de l’argent dans les franges interlopes de notre société et comme j’aime et adire cette figures de prostituées je n'aime pas, par respect pour elles, utiliser le terme de prostitution de façon péjorative. Donc je préfère dire que l'on se vend et non que l’on se prostitue pour entrer et survivre dans cette société. Par extension, aujourd'hui pour exister sur les réseaux les gens sont obligés de se transformer en VRP d'eux-mêmes, commerciaux de leurs propres vies et c'est sûrement cela qui me déprime le plus parce que chacun entre dans ce moule de son plein grès, soldant sa personne et sa vie contre quelques notifications obtenue en se muant en pion bien régulé du système.

 

Non, vraiment, je n’aime pas cela.

Voir les commentaires

Rédigé par Monsieur C

Publié dans #Réflexion, #recyclage, #Je est un Blog

Repost 0