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Publié le 31 Décembre 2016

Cette année, encore, des gens meurent. Il y a les morts naturelles des vieux, les morts catastrophiques du climat, les morts accidentelles toujours tragiques et bien d’autres types de morts, mais à priori, en 2016, selon l'observatoire des réseaux sociaux, il y a surtout eu les morts de personnes célèbres. Et pas qu'un peu, selon ce même observatoire des losers connectés, observatoire dont je fais parti, il y a eu une pelletée de personnes connues, reconnues, voir iconiques qui sont décédées avec un sens plus ou moins hâtif du timing. De Prince à David Bowie en passant par Carrie princesse Leia Fisher ou Fidel Castro, le paradis des gens connus s'est vu augmenté par un gratin de figures tutélaires pour une certaine génération.

 

Des gens meurent, oui. C’est triste, parfois c’est con.

 

Les gens meurent et aussi cruelle soit la disparition pour les vivants mourir ça reste d’une grande banalité, pour preuve l’homme meurt depuis la nuit des temps de l’humanité.

 

Alors bien sûr on est triste de remarquer que ce sont nos idoles et nos jalons qui meurent, perdre une star que l’on connaissait pour avoir consommé son produit politique ou culturel c’est un peu comme perdre son grand-père qui à chaque anniversaire nous donnait une enveloppe avec du cash dedans, sauf que ce grand-père là on ne le connaissait pas vraiment, mais on aimait beaucoup ses enveloppes.

 

En cette année 2016 les réseaux, sociaux et culturels, ripent en masse, en canon, en série ; prendre une posture empruntée pour dire sa peine de voir disparaître telle ou telle personne connue c’est devenu une figure imposée. Et de concert les geeks que je soupçonne être l’unité de base du réseau social générique répètent que 2016 est une année particulièrement cruelle parce qu’elle a décimée plusieurs figures connues de tous et leurs postures de deuils laissent à penser que la mort est un concept ancré en 2016.

 

Curieusement je me rappelle que lorsque j’étais enfant, et que mes parents regardaient les cérémonies de remises de prix comme les César, les Victoires de la musique ou les Molières il y avait toujours un moment où l’on rendait hommage aux personnes de la profession disparus dans l’année. Si je m’en souviens c’est justement que je ne connaissais quasiment personne des noms énoncés et lorsque j’entendais s’ajouter à la litanie des morts une personne que je connaissais vaguement j’étais content.

 

Il faut que la génération Y et que les générations suivantes se préparent à la venue de la mort, année après année elle va récolter les têtes, les noms, l’aura et la vie des personnes qui constituent votre paysage culturel. C’est inévitable, inéluctable, nous sommes entrés dans l’âge où les gens connus que nous avons aimés sont vieux, usés et meurent. Nous avons été jeunes dans les années 80, 90 ? Eux ont été jeunes dans les années 60, 70 ? Nous regardions le club Dorothée pendant qu’ils testaient toutes les drogues et les substances qui font les saveurs de leurs œuvres. Ne nous étonnons pas, nos étoiles d’hier sont déjà mortes, elles palpitent un peu encore et vont s’éteindre dans la logique des choses.

 

Pas la peine d’être triste ou étonné, tout était joué d’avance, tout c’est joué avant même que l’on vienne au monde.

 

Et puis vous pouvez commémorer tous les RIP de l’année, moi j’ai perdu mon chien. Tu ne peux pas test !

 

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Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #Réflexion, #Chronique chaotidienne

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Publié le 25 Novembre 2016

Je ressens la nécessité de pousser mes codes et d’expérimenter la créativité autrement. Éprouver  la sensation réelle de possède l’outil libertaire qui tient dans la créativité ; écriture ou photographie pour moi. Je le sais. C’est un savoir.

Je le perçois. C’est une perception, ou plutôt un ressenti.

Je devrais aller jusqu’à dire que c’est une émotion.

D’accord mais que faire de cela. Car si je connais le ressenti, le savoir, la perception d’une sensation émotive, je ne sais pas comment convertir ce savoir en acte. Est-ce l’immuable barrière du passage à l’acte qui me retient d’être dans l’expérience entière de possession de mes outils de créations ? Faut-il que je m’octroie l’ordre de réaliser mes projets dans le réel pour me permettre d’avoir le loisir d’assouvir la pulsion qui me dicte de les dépasser ?

Je me tiens, créateur, dans une distance incertaine entre le passage à la réalisation d’une production imparfaite, et la perspective de transcender cette imperfection en une chose plus aboutie. Je ne suis ni dans l’un, ni dans l’autre. Et mes projets avancent alors comme des choses grouillantes qui évoluent sous la ligne de visibilité des radars, presque contre mon grès. Contre le grès d’une part incertaine de moi en lutte contre la part raisonnée qui sait.

Il est temps.

Il est l’heure.

Ce blog n’est-il pas né de cela ? De la contrainte que je me suis imposé de créer au moins une chose par jour pour la déposer ici ? Si. Il est temps de faire évoluer la contrainte dans plus de réalité.

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Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #Je est un Blog, #Chronique chaotidienne, #écrire, #Réflexion, #Réel

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Publié le 9 Novembre 2016

Le jour d’après, au réveil nous y sommes. C’est Donald Trump qui remporte l’élection présidentielle aux États-Unis. Devant les écrans je regarde les gens outragés, outrés, offusqués nous expliquer l’erreur, le problème et exprimer une forme de condescendance intellectualiste pour ces américains qui ont votés en dehors de la bonne façon de penser. Qu’elle était la bonne façon de penser ? Sans ironie je ne la connais pas, mais à priori ce n’est certainement pas celle de Donald Trump, pas celle de ses électeurs non plus.

La démocratie doit-elle toujours accoucher de la bonne idéologie ? De la seule idéologie ayant obtenue la carte ? Mais la carte de qui ? Le monde appartient-il aux intellectuels, aux penseurs et aux idéologues ? J’en doute parce que cette race là est en voie d’extinction. Ne pouvons nous pas nous réjouir de l’acte de démocratie, se réjouir d’une élection qui se déroule selon ses propres règles et qui au final exprime la volonté émisse par la majorité du peuple souverain ?

Bien sûr que non, personne ne veut écouter les voix émissent par la doxa parce que personne n’est dupe, les gens sont cons et d’instinct personne n’a envie d’écouter la voix des cons. Pourtant la démocratie offre à tous les cons et à tous ceux qui sont les cons de quelqu’un d’autre l’outil de son expression idéologique.

Devrait-on le leur reprocher ? Non !

Devrions-nous nous réjouir que la voie du peuple puisse se faire entendre ? Oui !

Vote de colère ou de contestation ? Bien sûr que non, bien sûr que oui peut-être bien, mais ça n’a pas de valeur de jugement, la démocratie est un outil qui permet au peuple d’exprimer la valeur de sa ferveur élective. Réjouissons nous que la démocratie fonctionne. Et si les pays sont peuplés de cons, ou avec plus de modération, si les pays sont peuplés de personnes dont les idéaux, les volontés, les envies ne coïncident pas avec les valeurs, les volontés, les idéaux des classes dirigeantes alors réjouissons-nous que la démocratie permettent d’accorder le peuple, corps de la nation, avec sa tête incarnée par les classes dirigeantes.

Je ne partage rien avec les ambitions et les volontés de Donald Trump. Mais il a joué en respectant la règle du jeu démocratique, au moins à peu près autant que son adversaire et ce matin je n’arrive pas à comprendre et entendre les postures outrées devant sa victoire démocratique. Des élections fantaisistes, faussées, truquées, facétieuses et fallacieuses qui méritent nos outrages et nos contestations idéologique il y a en a beaucoup qui devraient passer avant l’élection de Donald Trump.

Bien sûr ces postures névrosées devant le résultat d’une élection légale nous renvoient à notre propre destin électoral. Cela nous rappelle à quel point aucun de nos hommes politiques n’est en mesure de prendre en charge les cons. Bien entendu c’est une mauvaise tournure de phrase, car je sais bien que tous les politiciens prennent en charge les cons et leurs discours en dehors du cadre du bien penser. Mais ce que je veux dire c’est que je n’entends jamais aucun politicien d’ici nous annoncer comment ils vont s’occuper des cons et de leurs idées, comment ils vont évangéliser les idiots, les cons, les mals pensants, les mauvais pensants, avec la sainte pensée unique. Parce que derrière ou devant les réactions outrées devant l’élection de Donald Trump c’est bien de cela dont il est question. La bonne pensée, la pensée politiquement correcte et l’évangélisation de ceux qui pensent hors de cette norme.

Toutes les pensées en dehors du cadre de la bien-pensance ne sont pas bonnes je n’ai jamais dis ou supposé cela, mais toutes les pensées hors du cadre de la bien-pensance sont légitimes à être pensées, exprimées et même légitime d’exister. Vos réactions, les réactions, ces réactions m’attristent parce qu’elles se dérobent de leurs enjeux centraux qui opposent la pensée unique et les pensées marginales laissant ainsi croire que la pensée unique est bonne parce qu’elle dénigre les pensées marginales. Or cela nous écarte de la réflexion, des débats, de la construction d’une idéologie qui ne soit pas une pensée unique mais un cadre à l’émergence de pensées plurielles.

Je sens bien que le rhume et le froid du matin grippent un peu les formulations de ma réflexion qui n’était pas une réflexion au matin mais une sensation, un ressenti devant mes écrans. Je vais donc aller prendre un café, un Doliprane et écouter le monde bruisser en activant mes neurones non pas pour mieux réfléchir mais pour réfléchir plus en profondeur. Et excusez-moi de ne pas m’étonner du fruit de la démocratie.

Félicitation Monsieur Trump, c'est toujours la démocratie qui l'emporte.

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Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #Trump, #Electionamericaine, #DonaldTrump, #USElection2016, #Réflexion

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Publié le 21 Octobre 2016

Je ne sais pas trop comment expliciter mieux cette intuition qui me souffle que l'écriture en tant que forme littéraire ne peut advenir que dans une forme de travail. Cette impression que la vérité de l’écriture ne doit pas reposer sur l'incertitude de l'inspiration.

 

Peut-être qu'en lieu et place de "travail" je devrais substituer un terme comme technique ou science, un terme qui amène l'écriture dans une dimension plus ouvrière, plus prolétaire, plus ancrée dans une pratique physique, un geste, une réalité, une sueur, une forme d'abnégation du corps et de l'esprit.

 

J’ai du mal à estimer cette écriture qui naît sous l'emphase d’une inspiration. L'écriture sous sa forme la plus romantique, presque mystique, avec l’idée que l’auteur doit être dans la soumission vis-à-vis d’une force exogène qui préexisterait à l’extérieur de sa conscience ce n'est pas ce que je reconnais comme de l'écriture. C’est une forme littéraire réelle parce que je sais qu’elle existe et que beaucoup de personnes la poursuivent et la pratiquent. Mais j’ai du mal à supposer cette forme de rédaction comme une écriture littéraire.

 

Évidemment nous nageons dans l’approximation des termes, parce qu’écrire c’est former des pensées et des idées en assemblant des lettres qui dans une langue donnée forment des mots. Oui écrire c’est cela et c’est difficilement discutable. Mais j’entends aussi écrire comme une forme de création particulière qui se constitue avec de l’écriture, des écrits, mais qui n’est pas écrire au sens littéral.

 

Bien sûr qu’il est horriblement prétentieux de dire cela et d’ailleurs je ne compte pas faire du prosélytisme à partir de cette conception. C’est juste la mienne, juste une intuition, une impression. Je ne dénigre pas l’écriture qui naît à l’instinct et à l’inspiration et qui noircie des pages sans avoir la sensation de travailler ou de penser son écrit à froid. Cette forme là existe, et parfois je la jalouse parce que je ne la connais pas. Ce sont deux formes de production de texte qui cohabitent devant moi et moi je ne suis doué qu’avec une de ces deux formes. Bien sûr j’ai d’instinct l’impression que cette forme que j’ai acquise est la meilleure parce qu’elle cherche à se retirer de l’incertitude de sentiments et de sensations relativistes mais je n’en ai pas la certitude, pas encore.

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Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #écrire, #Réflexion

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Publié le 19 Octobre 2016

Voici la retranscription et la réécriture d'un bref échange que j'ai eu avec une personne autour du fait de confronter nos personnages à l'acte sexuel qu'est le fait de baiser. C'est juste une petite digression de ma pensée sans grandes idées ni fulgurances de réflexion.

 

Se faire moine je ne veux pas, je ne peux pas. Pas tant à cause pour un vœu d'abstinence qui m'empêcherai de baiser, d’aimer, de désirer et de connaître femmes, muses et proies au profond de leurs âmes et de leurs corps toujours chauds mais parce que je ne suis pas croyant. Dans le fond je pense que pour baiser avec une personne les deux formes de relation sont possibles et sûrement nécessaires. Parfois la méconnaissance de sa proie, ignorer le nom, la vie et les possibles destins de sa partenaire rend les amants libres des entraves de la morale et des freins de conscience leurs vies réciproques. On s’abandonne alors à deux dans un instant presque animal et ce moment de sexe là révèle à chacun sa propre personne, sa véritable présence dans l’ignorance de l’autre. Quand nous ne savons rien de notre partenaire et que nous faisons l’expérience de la baise avec elle, alors nous sommes confrontés à la résonnance de nos désirs. Il n’y a plus que soi et le corps de l’autre. Or ce corps de l’autre devient le réceptacle symbolique de l’infinie libération de soi et celui suppose un risque, le risque de se découvrir, le risque de réaliser qu’il y a en soi des parts que l’on n’est peut-être pas prêt à assumer. J’imagine souvent que c’est cela qui repousse les détracteurs du sexe décomplexé dans la réciprocité d’un pseudonyma partagé.

Mais l’autre rapport est possible. Parfois afin de baiser mieux, même si baiser ne s’accorde que difficilement à une notion de qualité améliorée, il est nécessaire de connaître le monde, l’univers, l’intérieure intimité de son ou sa partenaire afin de savoir où et comment l’emmener hors de sa zone de confort pour que ce partenaire de baise puisse transgresser ses limites car la baise n’est baise que lorsqu’elle est une transgression.  On ne peut pas baiser si on n’éprouve pas la sensation de transgresser une frontière ou un tabou, physique, morale, ou éthique. Et la connaissance de l’autre, qui n’a pas besoin d’être réciproque, a besoin d’apprendre à connaître l’autre par delà le verni de sa sociabilité quotidienne. L’auteur a donc ce choix, il peut utiliser la baise, le sexe et la passion intense de ses personnages pour révéler l’un ou révéler l’autre, rarement les deux si l’auteur veut être honnête. Tout dépend s’il veut faire de son personnage un réceptacle ou un catalyseur de la réaction de l’autre. Enfin, là je ne sais plus si je suis en train de parler de moi en tant qu’homme, de moi en tant que personnage de roman ou de romance ou si je parle simplement comme auteur.

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Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #écrire, #Sexualité, #recyclage, #Réflexion

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Publié le 14 Septembre 2016

Lorsque j’ai débuté le projet chiner sa bibliothèque j’avais une idée assez précise de ce que je voulais que ce soit et en même temps je ne savais pas trop à quoi cela allait ressembler ; et cela nécessairement car un des plaisirs de ce genre de projet c’est que je ne sais pas quels livres je vais rencontrer. Je ne voulais pas décider à l’avance d’une ligne éditoriale et me restreindre à un genre, une époque voir à une maison d’édition. Je savais qu’avec les temps de grandes lignes émergeraient et permettraient de dresser un portrait plus précis de ce projet de bibliothèque chinée. C’est vrai que c’était aussi pour moi un prétexte pour me permettre d’avoir une bonne raison de me lever les samedis et les dimanches matins pour arpenter les vide-greniers et y chiner des ouvrages ce qui est une chose que j’adore faire.

Se lever tôt, avant la chaleur écrasant de l’été, parfois avec le soleil, parfois avant lui et prendre des routes désertes pour se rendre dans des villages voisins et des villes voisines que j’ai souvent jamais pris le temps d’explorer avant ; chercher, fouiner, discuter, bref chiner autour de livre que je n’attendais pas. C’est vraiment, mais alors vraiment, un grand plaisir pour moi. Dès le départ mon projet n’est pas celui d’une collection, d’une part parce que l’on ne peut pas collectionner tous les livres, ni ceux du monde, ni ceux de France, ensuite parce que l’important dans mon projet de départ c’était de montrer que la culture est là, accessible avec très peu d’argent, en tout cas je ne sais pas si le très est juste selon vos critères, donc je vais dire accessible avec peu d’argent, voir accessible avec un peu d’argent. Actuellement le projet chiner sa bibliothèque m’a coûté 42,5 euros  pour soixante ouvrages achetés et recensés : à mes yeux c’est très raisonnable.

En plus quand je dis que la culture est là, accessible proche de nous est à bon marché, j’essaie de ne pas caricaturer une culture chiante, épaisse et lourde. Certes j’aime la poésie et je fais entrer beaucoup d’ouvrages de poésies dans cette bibliothèque, mais je en me cantonne pas à cela, il y a des classiques, de la science-fiction, des classiques de la science-fiction, des livres jeux avec les livres dont on est le héros (je mets hors catégorie les jeux de rôle chinés en vide-greniers) et quelques livres OVNI autour de ce qui me tient à cœur c'est-à-dire la pop culture. Et mine de rien, ce projet là m’a permis de renouer avec une forme de lecture, une forme moins solennelle, mais ne cherchez pas le sens de cette phrase, je crois qu’elle ne parle qu’à moi ; chiner un livre, le découvrir, le nettoyer, lui découvrir ou lui imaginer une histoire ça instaure avec l’ouvrage un lien en amont de la lecture et ce lien très instinctif chez-moi exacerbe le plaisir à lire le livre en question. C’est différent d’un ouvrage qui arrive chez soi en un clic de chez Amazon.

Je disais tout à l’heure que je ne cherche pas à faire une collection, mais je crois qu’en parti je me trompe un peu. Bien entendu je ne recherche pas les livres pour leurs valeurs de collection, ce qui m’importe toujours en premier c’est son contenu et son prix ; et je n’achète jamais un livre en me disant que je vais faire une bonne affaire ou en me disant que je pourrais toujours le revendre derrière sur internet, ça non. Mais j’avoue que je n’ai pas de mal à acheter un livre que j’ai déjà parce que l’édition est plus jolie ou juste parce que j’aime justement cette idée d’accumuler quelques même livres dans des éditions différentes et cette chose là ressemble à de la collection. Mais jusqu’à présent je crois que je n’ai que trois éditions Baudelaire avec Les Fleurs du mal, dont une que j’ai donnée, et deux éditions du Horla du Maupassant.

Voilà quatre mois déjà que j’ai commencé à chiner ses livres. Et le plaisir ne s’essouffle pas, bien au contraire il grandi à mesure que la bibliothèque se précise. Il grandi aussi à mesure que je deviens plus exigeant avec les ouvrages que j’achète. Il y a quatre mois il y avait nécessairement une part d’empirisme parce que je ne savais pas ce que j’allais trouver ni ce que je voulais trouver. Mais de coups de cœur en coups de cœur de poésies en poètes, de classiques en figures et d’éditions en éditions j’affine mon goût et donc mon plaisir de chiner. C’est sûrement idiot mais il y a une chose que j’ai du mal à retranscrire dans le plaisir que j’éprouve à faire les vide-grenier, c’est le plaisir de donner une seconde vie aux objets, ici les livres, en leur donnant une seconde attention. L’objet livre a toujours une histoire, réelle ou fantasmée, et souvent je me dis qu’arriver dans un vide-grenier c’est pour l’objet un coup d’arrêt dans son histoire. En l’achetant, en éprouvant du plaisir à le détenir et en trouvant du sens à le posséder j’ai la sensation de lui redonner cette nouvelle dose d’attention qui lui permet de continuer d’écrire son histoire. C’est sûrement pour cela que j’aime les ouvrages qui portent en eux les traces de leurs vécus, souvent ce sont des notes sur les pages ou une dédicace avec le nom ou l’année, parfois des antisèches inscrites par un collégien anxieux, ou les gribouillis de la main d’un enfant ayant échappé la vigilance de ses parents qui me permettent de me raconter d’imaginer la vie du livre, parfois l’âge de l’ouvrage suffit à imaginer le reste ; un recueil de poésies de Châteaubriant dans une édition de 1831 (teaser de fou pour un livre dont je n’ai pas encore chroniqué l’entrée dans la bibliothèque) a nécessairement eu une vie romanesque et rocambolesque d’achats en héritages, des étagères d’une bibliothèque à la poussière d’un grenier avant ‘arriver jusqu’à moi par l’entremise d’un vide-grenier. Cette histoire, supposée et imaginaire c’est la cerise sucrée sur mon plaisir de chiner.

Et pour ne rien gâcher à travers ce projet il y a le plaisir des mots, cette fois je parle de ceux dont je suis l’auteur au travers de mes articles. Je me suis souvent demandé si je devais continuer ce blog parce qu’y avoir de l’inspiration quotidiennement est une épreuve hasardeuse et compliquée. Mais lorsqu je dois faire la chronique d’un livre qui entre dans la bibliothèque chinée les mots facilement et en quantité ; parfois dès l’achat, dès que je repère un livre qui me fait de l’œil sur un stand de vide-grenier j’ai déjà une ébauche des mots que je trouverai pour raconter le moment, déjà les mots à la bouche en quelques sortes.

J’étais parti pour faire une introduction avant de parler de trois livres orphelins achetés séparément durant cet été mais cette introduction est déjà trop longue. Je vais donc m’arrêter là et il faudra revenir demain pour voir quelques livres vont entrer dans le projet chiner sa bibliothèque. Re teaser de ouf ! J’ai bien l’occasion encore de vous parler de ce sujet, parce qu’il m’inspire, parce que je me sens bien avec, le soir lorsque je rédige mes articles et les matins tôt lorsque je me lève pour chiner. Allez, c’est bon, cette fois j’arrête.

 

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Publié le 27 Août 2016

Alors oui, depuis quand le désir de soustraire aux autres, aux gens, aux inconnus, aux anonymes, à la doxa, à un autrui de non choisi et non consenti est un geste religieux ? Le contrôle de soi, de son images, de son corps, de son rapport aux autres ne peut pas être et ne doit pas être une lubie que l'on réserve aux stigmates des religieux, non la liberté d'expression de son corps et donc la liberté de contrôle et la liberté de retrait de son corps d’un espace public parasité par l'injonction libidinale d'une part ostentatoire de la société doit être un droit uniforme et transversale que chaque maillon de cette société devrait être en mesure d'appliquer et de respecter.

Que ce soit pour l'hypothèse d'un dieu, que ce soit un choix de société, que ce soit un échappatoire vis à vis d'un complexe ou d'une angoisse, ou que ce soit simplement une décision souveraine chez une personne souveraine j'appel chacun à se vêtir et se devêtir comme bon lui semble sur les plages publics. Et je ne comprends pas que l'on puisse aspirer à une société où une instance politique désir interférer dans la manière que chacun choisi pour se représenter sur la plage. Nous devons admettre que pour une part importante de la population mondiale nous vivons sous le regard de dieu et pour nous autres athées nous devons admettre que nous vivons tous sous le regard concupiscent d'une entitée extraterrestre qui depuis son infini à statistiquement un œil braqué sur nous. Si certains désir se présenter dans le plus simple appareil à ce regard extra terrestre ou extra ordinaire c'est là leur liberté, si certains veulent se couvrir par pudeur ou respect c'est encore là leur liberté et si d'autres préfèrent le bon goût du bikini trop petit ou du slip de bain c'est une énième fois sa liberté. La question ce n'est pas qui, ce n'est pas comment ni même pourquoi, la question c'est de savoir ce qui rendrait ce choix subjectif et arbitraire non légitime. Et ne voyant aucune raison pour invalider la nature de ce choix je ne comprends pas que l'on puisse admettre que ce choix ne soit pas respectable et respecté.

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Publié dans #Réflexion, #Burkini

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Publié le 19 Août 2016

Christophe Lemaitre est un extraterrestre. Aussi incroyable que cela puisse paraître je suis convaincu que le sprinteur français est un extraterrestre ; et j’affirme cela sans fonder mon jugement sur ses performances. Dans l’univers du sprint la grammaire du langage corporel est très codifiée au point de frôler parfois la caricature. Un sprint vit et se joue bien en amont du coup de feu et dans ce laps de temps de l’avant course chaque athlète use de ce langage du corps pour déjà influé sur le rapport des forces qui sous-tendent les cents mètres d’une course comme des forces telluriques. Actuellement Usain Blot est certainement le meilleur porte drapeau de cette expression codifiée, il campe ce jeu muet de l’avant course de manière ostentatoire me laissant parfois penser de lui qu’il n’est qu’un automate bien huilé, mais cette saillie gratuite n’est pas au centre de mon propos.

Cette pantomime est l’héritage d’une tradition du sprint et d’aussi loin que je puisse me le rappeler, c'est-à-dire depuis la finale du 100 mètres à Tokyo en 1991, le rapport de force des personnalités s’incarne dans une joute implicite qui se joue derrière les plots de départ. L’indifférence ébène d’un Carl Lewis, l’insolence caraïbéenne d’un Ato Boldon, la perspective sculpturale d’un Lindford Christi, l’arrogance canine de Maurice Greene, chaque école de sprint avait son dialecte d’avant course et sur la scène du départ ce dialogue outrancier écrivait déjà la course.

C’est ainsi, c’est ancien, c’est nécessaire et c’est en cela que Christophe Lemaitre est un extraterrestre. Encore aujourd’hui, chaque homme qui vient se positionner sur la ligne de départ cherche à exprimer sa détermination avec force cherchant à impressionner ses adversaires ou s’attirer les faveurs de son dieu. C’est ainsi, c’est toujours, c’est eux tous et puis il y a Christophe Lemaitre. Lorsqu’il arrive sur le stade et qu’il s’installe derrière son plot au milieu des athlètes surmotivés qui montrent les muscles comme une meute de loups, je vois un grand dadais dégingandé qui se tient là avec des grands yeux écarquillés qui semblent demandaient ce qu’ils font là. Il prépare son départ, il installe ses starting-blocks et il se tient là à attendre que les autres finissent de jouer pour commencer à courir.

Comme beaucoup je me suis souvent moqué du charisme de Christophe Lemaitre avec son cheveu sur la langue et sa spontanéité désarmante. Parce qu’en plus de ne pas chercher à imposer une image sur la ligne de départ, en plus de ne pas rouler des mécaniques et de gonfler le torse pour se faire plus gros que les autres, lorsque la course est finie Lemaitre reste le même grand dadais dégingandé qui ne joue aucun rôle et qui s’exprime avec sincérité. Entre ces deux instants, après le coup de feu du départ et l’arrivée du sprint Christophe Lemaitre se mue en coureur qui s’incarne dans une foulée qui l’arrache des moqueries.

Et ne venez pas me dire que c’est parce qu’il est blanc qu’il ne sait pas rouler des mécaniques comme Usain Blot et tous les autres. Les espagnols, les italiens et tous les autres européens jouent à afficher leurs déterminations. Et si on se penche sur le sprint féminin aujourd’hui Dafné Schippers et hier Zhanna Pintusevich incarnent des sprinteuses blanches qui derrière leurs plots de départs campent mieux que personne le jeu outrancier de la détermination exprimée avec force et fureur. Dans son rôle de sprinteur d’une finale olympique Christophe Lemaitre et son allure de poupée de chiffon abandonnée dans un chenil fait office d’extraterrestre. Un extraterrestre merveilleux qui est passé dans mon esprit d’objet de curiosité à objet d’admiration.

Chronique de jeux olympiques
Chronique de jeux olympiques

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Rédigé par Monsieur C

Publié dans #Jeux Olympiques, #Rio2016, #Sport, #Réflexion

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Publié le 15 Août 2016

Le show Usain Bolt à commencé et ma sœur pense à moi, elle suppose à juste ironie que cela me ravi. En effet, trois heures du matin je suis réveillé depuis quelques heures pour être sûr de ne rien manquer du show Usain Bolt en espérant toujours que la vérité du sport rattrape ce spectacle. Comme prévu tout se passe comme prévu, le héros jamaïcain fait son entrée, insolent et attendu il respect les codes de la marque Bolt, une AOC sprinte de grand spectacle en route pour la légende, avec l’application d’un VRP s’évertuant à vous vendre une assurance. Mais on passe tout à Usain Blot, parce que derrière ses singeries marketing et ses simagrées de show télé le monsieur assure le sprint comme jamais personne avant lui ; et certainement jamais personne après lui.

Trois fois l’homme devient champion olympique, c’est respectable pour une légende, les chiffres ne mentent pas, c’est le premier sprinteur à réussir cela. Et moi, depuis au moins huit ans, je ne crois pas à Usain Blot. Je vois la réalité de ses chronos, la vérité de ses médailles, je ne peux que m’incliner devant ces faits et pourtant … Je vais essayer de laisser de côté mes suspicions impies sur la possibilité de dopage et me concentrer sur mon incroyance. Le sprinteur est incroyable, mais je n’adhère ni ne croit à l’homme et à son personnage. Voilà huit ans que je reste insensible et hermétique à ce personnage autoproclamé légende par la nature des résultats ; si le sport repose sur les muscles bandés des hommes qui décrivent gestes qui inscrivent des chiffres sur l’anneau en tartan, les légendes s’écrivent avec des histoires et pour moi Usain Bolt ne sait écrire des chiffres et des lignes de palmarès sur les livres de comptes.

Huit ans et plus que le sprinteur Jamaïcain à pulvériser le sprint mondial ; en terme de record bien sûr, mais plus métaphoriquement aussi il a pulvérisé le sprint mondial, son essence, son esprit et sa dramaturgie antique. Lorsque qu’Usain Bolt s’aligne sur un 100 mètres, que ce soit en meeting ou pour l’obtention d’une médaille l’histoire est connu d’avance, le show se déroule sans accro en suivant un filage millimétré encodé par un esprit de communication bien rôdée ; ses gestes sonnent comme des gimmicks, ses sourires résonnent comme des slogans et la course aussi longue qu’une page de pub se déroule de la même façon. Et qu’importe si le sprinteur est arrogant avec ses adversaires, la plèbe tolère tous les manques de tact et de charisme et son idole et qu’importe si l’idole assure avec la foule de supporters électrisés un fan service d’automate qui s’éteint dès la piste quittée. Qu’importe l’homme, on accepte de lui  les écarts et les excès, le marketing et l’automatisme, tant que l’homme focalise sur le lui le regard de la plèbe parce qu’Usain Bolt est un aimant médiatique qui remplit les stades et aides le quidam à se lever en pleine nuit pour regarder sa télévision. Je comprends bien que l’athlétisme veuille choyer sa poule aux œufs d’or, surtout quand la poule à courue un jour le 100 mètres en 9’58’’ mais permettez moi de ne voir que la poule lorsque je regarde Usain Bolt.

J’entends déjà ceux qui me connaissent médire à mon sujet en me rappelant que je fustige le show insolant d’un Usain Blot alors que j’encensais le trash talking et le show du sprint à l’américaine des années 2000. Bien sûr ça peut sembler injuste et partisan de ma part. Mais à cette époque, lorsqu’un Maurice Greene venait rouler des mécaniques sur la ligne de départ ou lorsqu’un sprinteur jaugeait d’un regard hautain ses adversaires durant la course il n’était pas certain de gagner. Cette nuance peut sembler ridicule, pourtant elle me paraît essentielle. Faire du show une part intégrante de sa stratégie de course était un choix qui comportait un risque et conservait l’incertitude d’un résultat. Chaque adversaire jouait sa partition, c’était le ballet des bulldogs et des sphinx comme des animaux sauvages qui cherchent à s’impressionner avant d’entrer réellement en lutte pour la domination. Mais Usain Blot n’a pas d’adversaire, depuis huit ans nous savons tous qu’Usain Blot ne lutte pas contre quelqu’un, il ne lutte même plus pour un chrono tant les temps de sa jeunesse semblent inaccessibles ; depuis des années Usain Blot ne vient que faire la récolte des certitudes et se comporter comme le public l’espère, comme la télévision l’attend, comme le championnat lui demande. Et dans ce cadre là, quand un homme écrase toute concurrence sans même avoir à combattre, le show, l’expression calibrée de ce que l’on suppose être le personnage Usain Bolt apparait pour moi comme de la suffisance, de l’insolence mal placée et du mépris vis-à-vis de son sport. Si Usain Bolt continu de jouer les mauvais garçons en jouant avec ses adversaires sur la piste, s’il continu d’assurer le spectacle avant la course pour concorder aux codes de son personnage c’est pour moi qu’il est soit profondément déconnecté de la réalité du sprint et que cette insolence méprisante est de la maladresse, soit qu’il fait passer les intérêts médiatiques de son personnage avant la vérité du sport. Et dans les deux cas je n’apprécie pas la démarche.

Lorsqu’un homme écrase une discipline d’un talent hors norme et qu’il continu de lutter contre ses adversaires des velléités de suprématie c’est qu’il ne sait pas choisir ses combats. Lorsqu’un athlète est baigné d’un talent hors norme il doit pouvoir choisir des défis à la hauteur de ses ambitions. Si un Michael Phelps a su faire vibrer autant de monde ce n’est pas qu’il nageait contre ses adversaires, mais parce qu’il nageait pour l’histoire et contre la tragédie du héros déchu. Je peux évidemment me tromper, mais si Phelps avait eu l’arrogance d’un Usain Bolt il n’aurait pas gagné une telle adhésion du public. Parce que se lancer des défis plus grands que soit replace le héros dans narration à son échelle qui emporte le public avec elle. Je ne retrouve rien de cela chez Usain Bolt, je ne vois que la machine formatée à faire du marketing pour remplir les stades et les contrats des partenaires en courant 100 mètres.

Et même si je ne veux pas laisser planer mes suspicions de dopage vis-à-vis d’Usain Bolt, je ne peux que faire remarquer que depuis quelques années l’adversaire attitré d’Usain Bolt, sa Némésis médiatique c’est Justin Gatlin sprinteur américain de 34 ans, suspendant quatre ans après s’être fait prendre deux fois pour dopage, et qui court aujourd’hui plus vite après sa suspension qu’à l’époque où il était jeune est dopé. Avoir pour seul adversaire dangereux, un coureur sans charisme revenu du dopage et qui cristallise sur sa personne la détestation du public n’aide pas Usain Blot à devenir une légende. Et si je devais laisser libre cour à mes théories du complot visant à expliquer la machine Usain Blot j’aurais envie de penser que si la fédération internationale à laissée revenir Justin Gatlin pourtant suspendu deux fois consécutives pour dopage, c’est que justement il cristallise sur lui dédain, suspicions, haines et huées du public évitant ainsi à Usain Blot de se confronter aux doutes de la plèbe. Plus qu’un Némésis Gatlin est le paratonnerre idéal pour Usain Bolt.

Alors oui, hier soir Usain Blot a joué sa partition comme prévu, Gatlin dans ses valises, et les photographes avec pour lui les yeux de l’amour. Oui, hier soir je me suis levé en espérant encore une fois que l’histoire tourne à la tragédie, et moins de dix secondes plus tard j’ai accepté que ça ne serai pas pour ce jour. Rien n’y fait et peut-être que rien n’y fera, pour le moment je continu de resté imperméable au show d’Usain Blot, celui qui éclipse l’athlétisme et qui comme Attila ne laisse rien derrière lui (à part Justin Gatlin). La nuit dernière Wayde Van Niekerk à couru une course extraordinaire, au couloir huit il a remporté le 400 mètres en battant le record du monde de Michael Johnson. Un record établi  en 1999 durant les championnats du monde d’athlétisme de Séville. J’y été, nous y étions, le temps passe, les records tombent mais les souvenirs restes. Et Usain Blot peut bien continuer à gagner des courses sans enjeux il n’entamera jamais la valeur de mes souvenirs et de mes passions.

Usain Blot et Michael Johnson ont plusieurs points communs évidemment, gardons pour aujourd'hui les chaussures en or ...
Usain Blot et Michael Johnson ont plusieurs points communs évidemment, gardons pour aujourd'hui les chaussures en or ...
Usain Blot et Michael Johnson ont plusieurs points communs évidemment, gardons pour aujourd'hui les chaussures en or ...

Usain Blot et Michael Johnson ont plusieurs points communs évidemment, gardons pour aujourd'hui les chaussures en or ...

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Rédigé par Monsieur C

Publié dans #Jeux Olympiques, #Sport, #Réflexion, #Sidération

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Publié le 14 Août 2016

Cette nuit sera la nuit du 100 mètres olympique ; le temps du sacre médiatique d’un dieu choisi parmi les sprinteurs venus du monde entier se défier sur une longueur de stade. La tradition est ainsi, fidèle à elle-même depuis bien longtemps. Hier c’était donc le jour des qualifications de ce 100 mètres olympique et j’ai manqué de temps pour chroniquer mon indignation devant ce qui me semble une nouveauté. Mais l’indignation ne retombe avec les jours qui se tournent, je prends donc le temps de poser ici, l’irrévérence

En effet hier j’ai découverts qu’avant les séries du 100 mètres qui allaient décider des coureurs qualifiés pour les demi-finales il y avait trois séries préliminaires. Pourquoi des séries préliminaires ? Pour aligner et faire courir les sprinteurs les plus exotiques, ceux qui possèdent le moins d’expériences et les références chronométriques les plus basses, quand ces coureurs là en possèdent, car il y a plus d’un de ces sprinteurs qui ne possèdent pas encore de référence chronométrique sur piste. Ces séries préliminaires étaient donc là pour désigner les coureurs qui seraient admis à concourir pour les qualifications. Et je trouve cela révoltant.

En d’autres termes, ces séries préliminaires incarnent la deuxième division du sprint mondiale, une seconde division qui n’a pas lieu d’être et qui n’existe que lors de ces jeux olympiques de Rio. Il faut savoir que les nations présentes dans ces séries préliminaires, petits pays exotiques dont les athlètes ne sont pas de véritables spécialistes du sprint ont été invités par le Comité International Olympique. Elles ne s’imposent pas et on ne peut pas leur reprocher de venir pourrir les qualifications de l’épreuve reine. Avant ces jeux, lors des séries, pour le premier tour on nous offrait des séries composées d’une tête de série, sprinteur leader, quelques hommes de valeur, et quelques athlètes invités qui venaient participer aux Jeux Olympiques et pas à une course de second rang. Ainsi un sprinteur samoan légèrement en surpoids pouvait courir un jour contre une légende du sprint, un champion, voir Usain Bolt. Bien sûr personne n’était dupe de qui allait l’emporter mais cette mixitée illustrait pour moi ce qui pouvait être l’esprit olympique.

Bien sûr je sais que de l’esprit olympique il ne reste rien, cet esprit olympique que j’invoque est une peau de chagrin élimée que l’on dresse en étendard en espérant cacher des jeux olympiques qui coûtent des milliards, médiatisés, professionnalisés et qui visent à la rentabilité. Pourtant j’arrivais à croire à ces instants d’olympisme quand les neufs hommes s’alignaient sur la ligne de départ. Durant ces quelques secondes, chaque homme, chaque nation, chaque athlète était présenté sur le même pied que sont concurrents et durant ces quelques secondes là qui précédaient la course l’olympisme pouvait donner l’impression de jauger les hommes de façon égalitaire.

Créer des séries préliminaires pour faire courir entre eux des pays exotiques que la plus part des gens ne peuvent pas situer sur une cartes que l’on invité pour se donner une caution étique et moral c’est pour moi un outrage violent à l’olympisme comme à l’humanisme. Inviter des athlètes pour les faire courir dans une course de seconde zone, même si celle-ci peut donner accès à la véritable course, ressemble à mes yeux à un diner de con. Et si je vais un peu plus loin dans la révolte de mon ressenti, j’ai la sensation que ces séries préliminaires sont comme une attraction de foire ; venez voir les athlètes exotiques ! Venez voir nos nègres ! Dans mon esprit les échos se ressemblent et mon indignation bouillonne.

Et si nous visons à une forme d’équité sportive, si je considère cette série préliminaire comme une course normale, alors elle est profondément injuste et inégalitaire. Imaginons un sprinteur malgache venu disputer les jeux olympiques, innocemment, honnêtement et sincèrement. S’il vise à se qualifier pour la finale olympique du 100 mètres il devra gagner sa série préliminaire, puis gagner sa série de qualification, et ensuite gagner sa demi-finale, donc participer à trois courses pour atteindre le graal d’une finale. Ensuite imaginons un sprinteur jamaïcain, s’il ambitionne de se qualifier pour la finale il doit gagner sa série de qualification, puis sa demi-finale, donc deux courses avant la finale. Deux courses pour un sprinteur reconnu, trois courses pour un sprinteur non reconnu ; ce n’est pas pour moi la meilleure illustration de la justice et de l’égalité. Et cela souligne bien que les membres du CIO n’imaginent pas qu’un sprinteur qui va courir une série préliminaire puisse décemment concourir véritablement. C’est pour cela que les séries préliminaires me jettent au visage une condescendance détestable.

Bien sûr le principe des têtes de séries qui possèdent un parcourt aménagé existe dans d’autres sports et d’autres disciplines et cela ne me révolte pas. Alors pourquoi devenir si outrancier pour un changement sur le 100 mètres ? Parce que cette discipline à des prétentions égalitaires, elle est un symbole d’un olympisme où chacun peut venir participer. Une telle révolte parce que le 100 mètres offrait jusqu’à présent une vision qui respectait cette ambition olympique qui permettait de faire de cette discipline un moment iconique du sport.  

Un changement d’accord, mais un changement pourquoi ? La seule raison plausible qui vient à mon esprit en colère c’est que c’est un changement pour faciliter la vie des sprinteurs, d’un sprinteur en particulier qui remplit les stades et qui le VRP mondiale de l’athlétisme, Usain Bolt. Je n’ai aucune preuve, aucun savoir, aucune certitude sur ce sujet, c’est ici que ma théorie maudite nourrit par la colère. Mais nous avons déjà laissé faire quand contenter la prétention de ce sprinteur les organisateurs ont modifiés la tradition du programme. Et là nous assistons à une nouvelle évolution qui me semble desservir l’esprit de l’athlétisme au profit d’une plus grande rentabilité médiatique.

Riche de cette colère, cette nuit je me lèverai pour regarder la demi-finale et la finale du 100 mètres en espérant comme à chaque course que l’incertitude triomphe.

Ma chronique olympique

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Rédigé par Monsieur C

Publié dans #Sport, #Réflexion, #jeux olympique

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