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Publié le 11 Janvier 2017

Les hommes et le sexe fort ... plus qu'une question, c’est une attaque frontale sur un des piliers du patriarcat un peu archaïque de notre société. Je suis un homme et j'ai un sexe, je devrais être content parce que je suis le fort, blague à part, quel est mon avis ? Mon avis est que cette appellation de sexe fort exprime une réalité historique et socioculturelle construite par des mâles pour des mâles ne correspond pas à une vérité biologique ou sociologique. Rapidement dans l’histoire le mâle s'est octroyé une place de première plan dans les sociétés, je n'ai pas d'avis sur cela parce que c'est ancien, je le regarde comme un fait historique même si je ne suis pas expert pour historiciser la raison de ce clivage "historique". Pourtant je suppose que les mâles ont eu vite fait de décider qu'une personne qui saigne régulièrement, qui voit son corps temporairement dédié à la présence d'enfants et dont le psychisme exprime un grand penchant pour l'esprit d'empathie qui ressemble à un esprit maternel ne devait pas être une personne en mesure d’être forte, libre et indépendante. Je ne dis pas que c'est ce que je pense, mais je pense que c'est ce qu'ont supposé des mâles il y a fort fort longtemps. Ces préjugés qui permettaient aux mâles de briguer le poste de sexe fort, je suppose qu'ils n'ont pas eux du mal à s'inscrire dans l'esprit des hommes de pères en fils.

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Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #Sexualité, #Réflexion, #recyclage

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Publié le 3 Janvier 2017

Je suis rentré chez moi. Pour la première fois j’ai tenu dans ma main l’acier d’un feu, et 38 plombs. J’ai éprouvé au travers de ma paume le poids et la présence et j’ai réalisé subitement la puissance iconique que transporte, et transmet, un tel objet de feu. Je n’avais jamais tenu cela auparavant et je ne m’étais jamais posé de questions particulières autour de ce que peuvent transmettre ces braises. Soudain je ressentais avec surprise l’expression de la densité métallique, je réalisais à quel point un tel objet porte en lui une part de l’universel de l’inconscient collectif. Je tenais, je ressentais la présence du métal et la puissance dégagée par une forme de précision mécanique à la fois rudimentaire et sensible mais au-delà de cela j’avais la sensation d’avoir dans la main une évidence visant à l’universel. C’était comme si cette chose qui m’était inconnue la seconde d’avant puisait soudainement dans mon inconscient et dans le non-conscient commun mondial des magmas culturels qui faisaient en moi des laves d’une infinité d’éléments culturels fulgurants qui à leur tour se faisaient sentir dans mon esprit comme autant d’évidences qui n’attendaient que d’être réveillées.

Le poids de l’histoire, le sens de la vie et de la mort, le fétichisme précieux, la puissance, les jeux d’enfants, les films, les jeux vidéo, les actualités, les faits divers, l’histoire et d’autres choses encore, un grand tout qui ne parait pas éprouver de limite dans son évocation. Et plus je tiens la main refermée et plus elle m’ancre dans ce que je ne peux pas identifier comme autre chose que le puits culturel qui traverse la civilisation des hommes en travers des années, des sociétés, des temps. Je suis fasciné par cet objet, par l’expérience de cet objet dans ma main.

Il est très troublant de percevoir le contraste qu’il parvient à contenir dans la petitesse physique et dense de l’objet qui s’oppose avec l’infini puissance d’évocation de l’objet qui ne cesse de me parler de lui, de son monde, de mon monde. Ce n’est pas de la psychomancie, c’est seulement de la culture, du savoir faire, de l’histoire, qui tient dans ma main.

Je suis impressionné de détenir ceci car cette présence rend soudain obsolète la métaphore du stylo et de la littérature comme des armes ; en fait la présence pragmatiquement banale de la chose éclaire la métaphore d’une lumière que je ne lui connaissais pas, la rendu doucement caduque et, par curieuse extension, la renforce aussi.

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Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #Chronique chaotidienne, #Réflexion, #Je est un Blog

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Publié le 31 Décembre 2016

Cette année, encore, des gens meurent. Il y a les morts naturelles des vieux, les morts catastrophiques du climat, les morts accidentelles toujours tragiques et bien d’autres types de morts, mais à priori, en 2016, selon l'observatoire des réseaux sociaux, il y a surtout eu les morts de personnes célèbres. Et pas qu'un peu, selon ce même observatoire des losers connectés, observatoire dont je fais parti, il y a eu une pelletée de personnes connues, reconnues, voir iconiques qui sont décédées avec un sens plus ou moins hâtif du timing. De Prince à David Bowie en passant par Carrie princesse Leia Fisher ou Fidel Castro, le paradis des gens connus s'est vu augmenté par un gratin de figures tutélaires pour une certaine génération.

 

Des gens meurent, oui. C’est triste, parfois c’est con.

 

Les gens meurent et aussi cruelle soit la disparition pour les vivants mourir ça reste d’une grande banalité, pour preuve l’homme meurt depuis la nuit des temps de l’humanité.

 

Alors bien sûr on est triste de remarquer que ce sont nos idoles et nos jalons qui meurent, perdre une star que l’on connaissait pour avoir consommé son produit politique ou culturel c’est un peu comme perdre son grand-père qui à chaque anniversaire nous donnait une enveloppe avec du cash dedans, sauf que ce grand-père là on ne le connaissait pas vraiment, mais on aimait beaucoup ses enveloppes.

 

En cette année 2016 les réseaux, sociaux et culturels, ripent en masse, en canon, en série ; prendre une posture empruntée pour dire sa peine de voir disparaître telle ou telle personne connue c’est devenu une figure imposée. Et de concert les geeks que je soupçonne être l’unité de base du réseau social générique répètent que 2016 est une année particulièrement cruelle parce qu’elle a décimée plusieurs figures connues de tous et leurs postures de deuils laissent à penser que la mort est un concept ancré en 2016.

 

Curieusement je me rappelle que lorsque j’étais enfant, et que mes parents regardaient les cérémonies de remises de prix comme les César, les Victoires de la musique ou les Molières il y avait toujours un moment où l’on rendait hommage aux personnes de la profession disparus dans l’année. Si je m’en souviens c’est justement que je ne connaissais quasiment personne des noms énoncés et lorsque j’entendais s’ajouter à la litanie des morts une personne que je connaissais vaguement j’étais content.

 

Il faut que la génération Y et que les générations suivantes se préparent à la venue de la mort, année après année elle va récolter les têtes, les noms, l’aura et la vie des personnes qui constituent votre paysage culturel. C’est inévitable, inéluctable, nous sommes entrés dans l’âge où les gens connus que nous avons aimés sont vieux, usés et meurent. Nous avons été jeunes dans les années 80, 90 ? Eux ont été jeunes dans les années 60, 70 ? Nous regardions le club Dorothée pendant qu’ils testaient toutes les drogues et les substances qui font les saveurs de leurs œuvres. Ne nous étonnons pas, nos étoiles d’hier sont déjà mortes, elles palpitent un peu encore et vont s’éteindre dans la logique des choses.

 

Pas la peine d’être triste ou étonné, tout était joué d’avance, tout c’est joué avant même que l’on vienne au monde.

 

Et puis vous pouvez commémorer tous les RIP de l’année, moi j’ai perdu mon chien. Tu ne peux pas test !

 

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Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #Réflexion, #Chronique chaotidienne

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Publié le 25 Novembre 2016

Je ressens la nécessité de pousser mes codes et d’expérimenter la créativité autrement. Éprouver  la sensation réelle de possède l’outil libertaire qui tient dans la créativité ; écriture ou photographie pour moi. Je le sais. C’est un savoir.

Je le perçois. C’est une perception, ou plutôt un ressenti.

Je devrais aller jusqu’à dire que c’est une émotion.

D’accord mais que faire de cela. Car si je connais le ressenti, le savoir, la perception d’une sensation émotive, je ne sais pas comment convertir ce savoir en acte. Est-ce l’immuable barrière du passage à l’acte qui me retient d’être dans l’expérience entière de possession de mes outils de créations ? Faut-il que je m’octroie l’ordre de réaliser mes projets dans le réel pour me permettre d’avoir le loisir d’assouvir la pulsion qui me dicte de les dépasser ?

Je me tiens, créateur, dans une distance incertaine entre le passage à la réalisation d’une production imparfaite, et la perspective de transcender cette imperfection en une chose plus aboutie. Je ne suis ni dans l’un, ni dans l’autre. Et mes projets avancent alors comme des choses grouillantes qui évoluent sous la ligne de visibilité des radars, presque contre mon grès. Contre le grès d’une part incertaine de moi en lutte contre la part raisonnée qui sait.

Il est temps.

Il est l’heure.

Ce blog n’est-il pas né de cela ? De la contrainte que je me suis imposé de créer au moins une chose par jour pour la déposer ici ? Si. Il est temps de faire évoluer la contrainte dans plus de réalité.

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Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #Je est un Blog, #Chronique chaotidienne, #écrire, #Réflexion, #Réel

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Publié le 9 Novembre 2016

Le jour d’après, au réveil nous y sommes. C’est Donald Trump qui remporte l’élection présidentielle aux États-Unis. Devant les écrans je regarde les gens outragés, outrés, offusqués nous expliquer l’erreur, le problème et exprimer une forme de condescendance intellectualiste pour ces américains qui ont votés en dehors de la bonne façon de penser. Qu’elle était la bonne façon de penser ? Sans ironie je ne la connais pas, mais à priori ce n’est certainement pas celle de Donald Trump, pas celle de ses électeurs non plus.

La démocratie doit-elle toujours accoucher de la bonne idéologie ? De la seule idéologie ayant obtenue la carte ? Mais la carte de qui ? Le monde appartient-il aux intellectuels, aux penseurs et aux idéologues ? J’en doute parce que cette race là est en voie d’extinction. Ne pouvons nous pas nous réjouir de l’acte de démocratie, se réjouir d’une élection qui se déroule selon ses propres règles et qui au final exprime la volonté émisse par la majorité du peuple souverain ?

Bien sûr que non, personne ne veut écouter les voix émissent par la doxa parce que personne n’est dupe, les gens sont cons et d’instinct personne n’a envie d’écouter la voix des cons. Pourtant la démocratie offre à tous les cons et à tous ceux qui sont les cons de quelqu’un d’autre l’outil de son expression idéologique.

Devrait-on le leur reprocher ? Non !

Devrions-nous nous réjouir que la voie du peuple puisse se faire entendre ? Oui !

Vote de colère ou de contestation ? Bien sûr que non, bien sûr que oui peut-être bien, mais ça n’a pas de valeur de jugement, la démocratie est un outil qui permet au peuple d’exprimer la valeur de sa ferveur élective. Réjouissons nous que la démocratie fonctionne. Et si les pays sont peuplés de cons, ou avec plus de modération, si les pays sont peuplés de personnes dont les idéaux, les volontés, les envies ne coïncident pas avec les valeurs, les volontés, les idéaux des classes dirigeantes alors réjouissons-nous que la démocratie permettent d’accorder le peuple, corps de la nation, avec sa tête incarnée par les classes dirigeantes.

Je ne partage rien avec les ambitions et les volontés de Donald Trump. Mais il a joué en respectant la règle du jeu démocratique, au moins à peu près autant que son adversaire et ce matin je n’arrive pas à comprendre et entendre les postures outrées devant sa victoire démocratique. Des élections fantaisistes, faussées, truquées, facétieuses et fallacieuses qui méritent nos outrages et nos contestations idéologique il y a en a beaucoup qui devraient passer avant l’élection de Donald Trump.

Bien sûr ces postures névrosées devant le résultat d’une élection légale nous renvoient à notre propre destin électoral. Cela nous rappelle à quel point aucun de nos hommes politiques n’est en mesure de prendre en charge les cons. Bien entendu c’est une mauvaise tournure de phrase, car je sais bien que tous les politiciens prennent en charge les cons et leurs discours en dehors du cadre du bien penser. Mais ce que je veux dire c’est que je n’entends jamais aucun politicien d’ici nous annoncer comment ils vont s’occuper des cons et de leurs idées, comment ils vont évangéliser les idiots, les cons, les mals pensants, les mauvais pensants, avec la sainte pensée unique. Parce que derrière ou devant les réactions outrées devant l’élection de Donald Trump c’est bien de cela dont il est question. La bonne pensée, la pensée politiquement correcte et l’évangélisation de ceux qui pensent hors de cette norme.

Toutes les pensées en dehors du cadre de la bien-pensance ne sont pas bonnes je n’ai jamais dis ou supposé cela, mais toutes les pensées hors du cadre de la bien-pensance sont légitimes à être pensées, exprimées et même légitime d’exister. Vos réactions, les réactions, ces réactions m’attristent parce qu’elles se dérobent de leurs enjeux centraux qui opposent la pensée unique et les pensées marginales laissant ainsi croire que la pensée unique est bonne parce qu’elle dénigre les pensées marginales. Or cela nous écarte de la réflexion, des débats, de la construction d’une idéologie qui ne soit pas une pensée unique mais un cadre à l’émergence de pensées plurielles.

Je sens bien que le rhume et le froid du matin grippent un peu les formulations de ma réflexion qui n’était pas une réflexion au matin mais une sensation, un ressenti devant mes écrans. Je vais donc aller prendre un café, un Doliprane et écouter le monde bruisser en activant mes neurones non pas pour mieux réfléchir mais pour réfléchir plus en profondeur. Et excusez-moi de ne pas m’étonner du fruit de la démocratie.

Félicitation Monsieur Trump, c'est toujours la démocratie qui l'emporte.

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Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #Trump, #Electionamericaine, #DonaldTrump, #USElection2016, #Réflexion

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Publié le 21 Octobre 2016

Je ne sais pas trop comment expliciter mieux cette intuition qui me souffle que l'écriture en tant que forme littéraire ne peut advenir que dans une forme de travail. Cette impression que la vérité de l’écriture ne doit pas reposer sur l'incertitude de l'inspiration.

 

Peut-être qu'en lieu et place de "travail" je devrais substituer un terme comme technique ou science, un terme qui amène l'écriture dans une dimension plus ouvrière, plus prolétaire, plus ancrée dans une pratique physique, un geste, une réalité, une sueur, une forme d'abnégation du corps et de l'esprit.

 

J’ai du mal à estimer cette écriture qui naît sous l'emphase d’une inspiration. L'écriture sous sa forme la plus romantique, presque mystique, avec l’idée que l’auteur doit être dans la soumission vis-à-vis d’une force exogène qui préexisterait à l’extérieur de sa conscience ce n'est pas ce que je reconnais comme de l'écriture. C’est une forme littéraire réelle parce que je sais qu’elle existe et que beaucoup de personnes la poursuivent et la pratiquent. Mais j’ai du mal à supposer cette forme de rédaction comme une écriture littéraire.

 

Évidemment nous nageons dans l’approximation des termes, parce qu’écrire c’est former des pensées et des idées en assemblant des lettres qui dans une langue donnée forment des mots. Oui écrire c’est cela et c’est difficilement discutable. Mais j’entends aussi écrire comme une forme de création particulière qui se constitue avec de l’écriture, des écrits, mais qui n’est pas écrire au sens littéral.

 

Bien sûr qu’il est horriblement prétentieux de dire cela et d’ailleurs je ne compte pas faire du prosélytisme à partir de cette conception. C’est juste la mienne, juste une intuition, une impression. Je ne dénigre pas l’écriture qui naît à l’instinct et à l’inspiration et qui noircie des pages sans avoir la sensation de travailler ou de penser son écrit à froid. Cette forme là existe, et parfois je la jalouse parce que je ne la connais pas. Ce sont deux formes de production de texte qui cohabitent devant moi et moi je ne suis doué qu’avec une de ces deux formes. Bien sûr j’ai d’instinct l’impression que cette forme que j’ai acquise est la meilleure parce qu’elle cherche à se retirer de l’incertitude de sentiments et de sensations relativistes mais je n’en ai pas la certitude, pas encore.

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Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #écrire, #Réflexion

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Publié le 19 Octobre 2016

Voici la retranscription et la réécriture d'un bref échange que j'ai eu avec une personne autour du fait de confronter nos personnages à l'acte sexuel qu'est le fait de baiser. C'est juste une petite digression de ma pensée sans grandes idées ni fulgurances de réflexion.

 

Se faire moine je ne veux pas, je ne peux pas. Pas tant à cause pour un vœu d'abstinence qui m'empêcherai de baiser, d’aimer, de désirer et de connaître femmes, muses et proies au profond de leurs âmes et de leurs corps toujours chauds mais parce que je ne suis pas croyant. Dans le fond je pense que pour baiser avec une personne les deux formes de relation sont possibles et sûrement nécessaires. Parfois la méconnaissance de sa proie, ignorer le nom, la vie et les possibles destins de sa partenaire rend les amants libres des entraves de la morale et des freins de conscience leurs vies réciproques. On s’abandonne alors à deux dans un instant presque animal et ce moment de sexe là révèle à chacun sa propre personne, sa véritable présence dans l’ignorance de l’autre. Quand nous ne savons rien de notre partenaire et que nous faisons l’expérience de la baise avec elle, alors nous sommes confrontés à la résonnance de nos désirs. Il n’y a plus que soi et le corps de l’autre. Or ce corps de l’autre devient le réceptacle symbolique de l’infinie libération de soi et celui suppose un risque, le risque de se découvrir, le risque de réaliser qu’il y a en soi des parts que l’on n’est peut-être pas prêt à assumer. J’imagine souvent que c’est cela qui repousse les détracteurs du sexe décomplexé dans la réciprocité d’un pseudonyma partagé.

Mais l’autre rapport est possible. Parfois afin de baiser mieux, même si baiser ne s’accorde que difficilement à une notion de qualité améliorée, il est nécessaire de connaître le monde, l’univers, l’intérieure intimité de son ou sa partenaire afin de savoir où et comment l’emmener hors de sa zone de confort pour que ce partenaire de baise puisse transgresser ses limites car la baise n’est baise que lorsqu’elle est une transgression.  On ne peut pas baiser si on n’éprouve pas la sensation de transgresser une frontière ou un tabou, physique, morale, ou éthique. Et la connaissance de l’autre, qui n’a pas besoin d’être réciproque, a besoin d’apprendre à connaître l’autre par delà le verni de sa sociabilité quotidienne. L’auteur a donc ce choix, il peut utiliser la baise, le sexe et la passion intense de ses personnages pour révéler l’un ou révéler l’autre, rarement les deux si l’auteur veut être honnête. Tout dépend s’il veut faire de son personnage un réceptacle ou un catalyseur de la réaction de l’autre. Enfin, là je ne sais plus si je suis en train de parler de moi en tant qu’homme, de moi en tant que personnage de roman ou de romance ou si je parle simplement comme auteur.

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Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #écrire, #Sexualité, #recyclage, #Réflexion

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Publié le 14 Septembre 2016

Lorsque j’ai débuté le projet chiner sa bibliothèque j’avais une idée assez précise de ce que je voulais que ce soit et en même temps je ne savais pas trop à quoi cela allait ressembler ; et cela nécessairement car un des plaisirs de ce genre de projet c’est que je ne sais pas quels livres je vais rencontrer. Je ne voulais pas décider à l’avance d’une ligne éditoriale et me restreindre à un genre, une époque voir à une maison d’édition. Je savais qu’avec les temps de grandes lignes émergeraient et permettraient de dresser un portrait plus précis de ce projet de bibliothèque chinée. C’est vrai que c’était aussi pour moi un prétexte pour me permettre d’avoir une bonne raison de me lever les samedis et les dimanches matins pour arpenter les vide-greniers et y chiner des ouvrages ce qui est une chose que j’adore faire.

Se lever tôt, avant la chaleur écrasant de l’été, parfois avec le soleil, parfois avant lui et prendre des routes désertes pour se rendre dans des villages voisins et des villes voisines que j’ai souvent jamais pris le temps d’explorer avant ; chercher, fouiner, discuter, bref chiner autour de livre que je n’attendais pas. C’est vraiment, mais alors vraiment, un grand plaisir pour moi. Dès le départ mon projet n’est pas celui d’une collection, d’une part parce que l’on ne peut pas collectionner tous les livres, ni ceux du monde, ni ceux de France, ensuite parce que l’important dans mon projet de départ c’était de montrer que la culture est là, accessible avec très peu d’argent, en tout cas je ne sais pas si le très est juste selon vos critères, donc je vais dire accessible avec peu d’argent, voir accessible avec un peu d’argent. Actuellement le projet chiner sa bibliothèque m’a coûté 42,5 euros  pour soixante ouvrages achetés et recensés : à mes yeux c’est très raisonnable.

En plus quand je dis que la culture est là, accessible proche de nous est à bon marché, j’essaie de ne pas caricaturer une culture chiante, épaisse et lourde. Certes j’aime la poésie et je fais entrer beaucoup d’ouvrages de poésies dans cette bibliothèque, mais je en me cantonne pas à cela, il y a des classiques, de la science-fiction, des classiques de la science-fiction, des livres jeux avec les livres dont on est le héros (je mets hors catégorie les jeux de rôle chinés en vide-greniers) et quelques livres OVNI autour de ce qui me tient à cœur c'est-à-dire la pop culture. Et mine de rien, ce projet là m’a permis de renouer avec une forme de lecture, une forme moins solennelle, mais ne cherchez pas le sens de cette phrase, je crois qu’elle ne parle qu’à moi ; chiner un livre, le découvrir, le nettoyer, lui découvrir ou lui imaginer une histoire ça instaure avec l’ouvrage un lien en amont de la lecture et ce lien très instinctif chez-moi exacerbe le plaisir à lire le livre en question. C’est différent d’un ouvrage qui arrive chez soi en un clic de chez Amazon.

Je disais tout à l’heure que je ne cherche pas à faire une collection, mais je crois qu’en parti je me trompe un peu. Bien entendu je ne recherche pas les livres pour leurs valeurs de collection, ce qui m’importe toujours en premier c’est son contenu et son prix ; et je n’achète jamais un livre en me disant que je vais faire une bonne affaire ou en me disant que je pourrais toujours le revendre derrière sur internet, ça non. Mais j’avoue que je n’ai pas de mal à acheter un livre que j’ai déjà parce que l’édition est plus jolie ou juste parce que j’aime justement cette idée d’accumuler quelques même livres dans des éditions différentes et cette chose là ressemble à de la collection. Mais jusqu’à présent je crois que je n’ai que trois éditions Baudelaire avec Les Fleurs du mal, dont une que j’ai donnée, et deux éditions du Horla du Maupassant.

Voilà quatre mois déjà que j’ai commencé à chiner ses livres. Et le plaisir ne s’essouffle pas, bien au contraire il grandi à mesure que la bibliothèque se précise. Il grandi aussi à mesure que je deviens plus exigeant avec les ouvrages que j’achète. Il y a quatre mois il y avait nécessairement une part d’empirisme parce que je ne savais pas ce que j’allais trouver ni ce que je voulais trouver. Mais de coups de cœur en coups de cœur de poésies en poètes, de classiques en figures et d’éditions en éditions j’affine mon goût et donc mon plaisir de chiner. C’est sûrement idiot mais il y a une chose que j’ai du mal à retranscrire dans le plaisir que j’éprouve à faire les vide-grenier, c’est le plaisir de donner une seconde vie aux objets, ici les livres, en leur donnant une seconde attention. L’objet livre a toujours une histoire, réelle ou fantasmée, et souvent je me dis qu’arriver dans un vide-grenier c’est pour l’objet un coup d’arrêt dans son histoire. En l’achetant, en éprouvant du plaisir à le détenir et en trouvant du sens à le posséder j’ai la sensation de lui redonner cette nouvelle dose d’attention qui lui permet de continuer d’écrire son histoire. C’est sûrement pour cela que j’aime les ouvrages qui portent en eux les traces de leurs vécus, souvent ce sont des notes sur les pages ou une dédicace avec le nom ou l’année, parfois des antisèches inscrites par un collégien anxieux, ou les gribouillis de la main d’un enfant ayant échappé la vigilance de ses parents qui me permettent de me raconter d’imaginer la vie du livre, parfois l’âge de l’ouvrage suffit à imaginer le reste ; un recueil de poésies de Châteaubriant dans une édition de 1831 (teaser de fou pour un livre dont je n’ai pas encore chroniqué l’entrée dans la bibliothèque) a nécessairement eu une vie romanesque et rocambolesque d’achats en héritages, des étagères d’une bibliothèque à la poussière d’un grenier avant ‘arriver jusqu’à moi par l’entremise d’un vide-grenier. Cette histoire, supposée et imaginaire c’est la cerise sucrée sur mon plaisir de chiner.

Et pour ne rien gâcher à travers ce projet il y a le plaisir des mots, cette fois je parle de ceux dont je suis l’auteur au travers de mes articles. Je me suis souvent demandé si je devais continuer ce blog parce qu’y avoir de l’inspiration quotidiennement est une épreuve hasardeuse et compliquée. Mais lorsqu je dois faire la chronique d’un livre qui entre dans la bibliothèque chinée les mots facilement et en quantité ; parfois dès l’achat, dès que je repère un livre qui me fait de l’œil sur un stand de vide-grenier j’ai déjà une ébauche des mots que je trouverai pour raconter le moment, déjà les mots à la bouche en quelques sortes.

J’étais parti pour faire une introduction avant de parler de trois livres orphelins achetés séparément durant cet été mais cette introduction est déjà trop longue. Je vais donc m’arrêter là et il faudra revenir demain pour voir quelques livres vont entrer dans le projet chiner sa bibliothèque. Re teaser de ouf ! J’ai bien l’occasion encore de vous parler de ce sujet, parce qu’il m’inspire, parce que je me sens bien avec, le soir lorsque je rédige mes articles et les matins tôt lorsque je me lève pour chiner. Allez, c’est bon, cette fois j’arrête.

 

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Publié le 27 Août 2016

Alors oui, depuis quand le désir de soustraire aux autres, aux gens, aux inconnus, aux anonymes, à la doxa, à un autrui de non choisi et non consenti est un geste religieux ? Le contrôle de soi, de son images, de son corps, de son rapport aux autres ne peut pas être et ne doit pas être une lubie que l'on réserve aux stigmates des religieux, non la liberté d'expression de son corps et donc la liberté de contrôle et la liberté de retrait de son corps d’un espace public parasité par l'injonction libidinale d'une part ostentatoire de la société doit être un droit uniforme et transversale que chaque maillon de cette société devrait être en mesure d'appliquer et de respecter.

Que ce soit pour l'hypothèse d'un dieu, que ce soit un choix de société, que ce soit un échappatoire vis à vis d'un complexe ou d'une angoisse, ou que ce soit simplement une décision souveraine chez une personne souveraine j'appel chacun à se vêtir et se devêtir comme bon lui semble sur les plages publics. Et je ne comprends pas que l'on puisse aspirer à une société où une instance politique désir interférer dans la manière que chacun choisi pour se représenter sur la plage. Nous devons admettre que pour une part importante de la population mondiale nous vivons sous le regard de dieu et pour nous autres athées nous devons admettre que nous vivons tous sous le regard concupiscent d'une entitée extraterrestre qui depuis son infini à statistiquement un œil braqué sur nous. Si certains désir se présenter dans le plus simple appareil à ce regard extra terrestre ou extra ordinaire c'est là leur liberté, si certains veulent se couvrir par pudeur ou respect c'est encore là leur liberté et si d'autres préfèrent le bon goût du bikini trop petit ou du slip de bain c'est une énième fois sa liberté. La question ce n'est pas qui, ce n'est pas comment ni même pourquoi, la question c'est de savoir ce qui rendrait ce choix subjectif et arbitraire non légitime. Et ne voyant aucune raison pour invalider la nature de ce choix je ne comprends pas que l'on puisse admettre que ce choix ne soit pas respectable et respecté.

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Publié dans #Réflexion, #Burkini

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Publié le 19 Août 2016

Christophe Lemaitre est un extraterrestre. Aussi incroyable que cela puisse paraître je suis convaincu que le sprinteur français est un extraterrestre ; et j’affirme cela sans fonder mon jugement sur ses performances. Dans l’univers du sprint la grammaire du langage corporel est très codifiée au point de frôler parfois la caricature. Un sprint vit et se joue bien en amont du coup de feu et dans ce laps de temps de l’avant course chaque athlète use de ce langage du corps pour déjà influé sur le rapport des forces qui sous-tendent les cents mètres d’une course comme des forces telluriques. Actuellement Usain Blot est certainement le meilleur porte drapeau de cette expression codifiée, il campe ce jeu muet de l’avant course de manière ostentatoire me laissant parfois penser de lui qu’il n’est qu’un automate bien huilé, mais cette saillie gratuite n’est pas au centre de mon propos.

Cette pantomime est l’héritage d’une tradition du sprint et d’aussi loin que je puisse me le rappeler, c'est-à-dire depuis la finale du 100 mètres à Tokyo en 1991, le rapport de force des personnalités s’incarne dans une joute implicite qui se joue derrière les plots de départ. L’indifférence ébène d’un Carl Lewis, l’insolence caraïbéenne d’un Ato Boldon, la perspective sculpturale d’un Lindford Christi, l’arrogance canine de Maurice Greene, chaque école de sprint avait son dialecte d’avant course et sur la scène du départ ce dialogue outrancier écrivait déjà la course.

C’est ainsi, c’est ancien, c’est nécessaire et c’est en cela que Christophe Lemaitre est un extraterrestre. Encore aujourd’hui, chaque homme qui vient se positionner sur la ligne de départ cherche à exprimer sa détermination avec force cherchant à impressionner ses adversaires ou s’attirer les faveurs de son dieu. C’est ainsi, c’est toujours, c’est eux tous et puis il y a Christophe Lemaitre. Lorsqu’il arrive sur le stade et qu’il s’installe derrière son plot au milieu des athlètes surmotivés qui montrent les muscles comme une meute de loups, je vois un grand dadais dégingandé qui se tient là avec des grands yeux écarquillés qui semblent demandaient ce qu’ils font là. Il prépare son départ, il installe ses starting-blocks et il se tient là à attendre que les autres finissent de jouer pour commencer à courir.

Comme beaucoup je me suis souvent moqué du charisme de Christophe Lemaitre avec son cheveu sur la langue et sa spontanéité désarmante. Parce qu’en plus de ne pas chercher à imposer une image sur la ligne de départ, en plus de ne pas rouler des mécaniques et de gonfler le torse pour se faire plus gros que les autres, lorsque la course est finie Lemaitre reste le même grand dadais dégingandé qui ne joue aucun rôle et qui s’exprime avec sincérité. Entre ces deux instants, après le coup de feu du départ et l’arrivée du sprint Christophe Lemaitre se mue en coureur qui s’incarne dans une foulée qui l’arrache des moqueries.

Et ne venez pas me dire que c’est parce qu’il est blanc qu’il ne sait pas rouler des mécaniques comme Usain Blot et tous les autres. Les espagnols, les italiens et tous les autres européens jouent à afficher leurs déterminations. Et si on se penche sur le sprint féminin aujourd’hui Dafné Schippers et hier Zhanna Pintusevich incarnent des sprinteuses blanches qui derrière leurs plots de départs campent mieux que personne le jeu outrancier de la détermination exprimée avec force et fureur. Dans son rôle de sprinteur d’une finale olympique Christophe Lemaitre et son allure de poupée de chiffon abandonnée dans un chenil fait office d’extraterrestre. Un extraterrestre merveilleux qui est passé dans mon esprit d’objet de curiosité à objet d’admiration.

Chronique de jeux olympiques
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Rédigé par Monsieur C

Publié dans #Jeux Olympiques, #Rio2016, #Sport, #Réflexion

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