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Publié le 10 Août 2016

La glorieuse incertitude du sport, la beauté athlétique des corps dans l’effort, le dépassement de soi, la fraternité des athlètes dans l’épreuve, le défi  inutile que l’on poursuit sous les projecteurs olympique, on peut dérouler beaucoup de rubans d’arrivée pour encenser l’intérêt des jeux olympiques. Mais c’est sans compter une belle dramaturgie, des petites histoires intimes qui virent au drame laid pour des Hamelet en maillot de bain.  

Je regarde les sports aussi pour cela ; voyeurisme minuscule ou perversion postmoderne ? Je ne sais pas, mais j’aime quand l’émotion vient déchirer le voile propret du consensus du sport télévisé. Hier ce sont nos nageurs français qui ont donné dans la tragédie des interviews sortis d’eau et la tirade de conférence de presse. Est-ce que Yannick Agnel a été trahi par sa fédération, a-t-il trahi les siens ? Pourrons-nous un jour  apprendre le fin mot de l’histoire ? J’en doute, qu’importe, parce que si le sport transcende l’émotion au travers d’expériences sportives réelles porteuse de romanesque et d’affecte, l’émotion surgit parfois hors champs, hors piscine, hors cadre. Yannick Agnel une sorte d’ange olympique de la précédente olympiade semble couler puis se faire voler sa dernière courses par une fédération décidant dans l’obscure d’une nuit de panique qui décide de ne plus l’aligner plombant ainsi la fin de carrière du nageur et les chances de qualification de ses compagnons de relais.

C’est minuscule et je suppose que ça n’affecte personne en dehors du monde de la natation, et pourtant cette émotion écrite et décrite comme un épisode de série télé elle me transporte comme celle des victoires et des défaites.

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Rédigé par Monsieur C

Publié dans #Sport, #jeux olympiques, #Réflexion

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Publié le 29 Juillet 2016

Comme il existe des bouchons provoqués par des accidents de la routes, comme il existe des bouchons provoqués par des incidents climatiques type pluies diluviennes, inondations bibliques ou incendie post-barbecues, comme il existe des bouchons conjoncturels lorsque trop de voiture s’engorgent de péages en bretelles d’autoroute, il excite des bouchons de curiosité. Ce ne sont malheureusement pas des bouchons que l'on observe à l'entrée des musées, des bibliothèques, des salles de spectacles ou devant le panorama non fléchées d'une nature non balisée. En effet les bouchons de curiosité se forment lorsque des automobilistes ralentissent afin d’observer sur la voie de circulation en sens inverse de la leur un accident, un incident ou un ralentissement. Poussé par une curiosité voyeuriste malsaine et instinctive ces automobilistes comme hypnotisés par l’émergence d’un imprévu en sens contraire provoquent des ralentissements qui se muent en bouchons sur une voie de circulation normalement saine. Alors je me dis qu’un jour les cons qui montent et ceux qui descendent finiront par totalement s'arrêter pour de bon afin de se regarder dans le blanc des yeux examinant d'un regard hautain et moqueur la connerie de l'autre pas tout à fait conscients de se trouver devant un mauvais miroir ou une vraie réalité grotesque. À ce moment là les routes de France seront définitivement bloquées, viendra le moment pour le pouvoir tentaculaire et autoritaire qui sera devenu le notre de mettre nos routes en quarantaine par mesure d'éloignement des cons porteur d'une inertie négative clairement contagieuse. Il restera à trouver d'autres moyens pour se débarrasser des cons n'ayant pas les moyens d'exporter leurs apathies en zones estivales, mais la société devrait connaître, même de manière ponctuelle, une forme de soulagement.

Le paradoxe c'est que l'image que j'utilise pour illustrer mon désappointement vis à vis de cette connerie sans fin qu'est le bouchon de curiosité est bien plus belle et poétique que le fond de ma pensée

Le paradoxe c'est que l'image que j'utilise pour illustrer mon désappointement vis à vis de cette connerie sans fin qu'est le bouchon de curiosité est bien plus belle et poétique que le fond de ma pensée

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Rédigé par Monsieur C

Publié dans #Réflexion, #recyclage, #Pictogranimation

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Publié le 26 Juillet 2016

La litanie des actes de barbarie énoncée dans les journaux augmente. C’est un fait.  Je ne suis pas sûr pourtant que la barbarie augmente. C’est la récurrence des actes barbares qui augmente. Et encore, à l’échelle du monde je ne suis même pas sûr de cela ; mais au sein de notre civilisation du regard médiatisé que l’on pose sur elle, les actes de barbarie commis dans notre environnement culturel immédiat et élargie augmentent.

Qu’importe la précision précédente, ce n’est pas cela qui porte ma réflexion.

Non, en effet si je suis frappé ce n’est pas par l’augmentation de cette récurrence barbare. Je le suis par la portée cinématographique des actes. Avant que l’on arrive aux attentats de Charlie Hebdo pour moi un attentat était un acte brutal, violent, horrible et instantané. Boom ! Un avion, une bombe, une ceinture d’explosif, voiture piégée, boom ! Le fait terroriste était dans mon imaginaire une irruption immédiate, violente et éphémère de l’horreur dans le réel.

Et puis il y a eu Charlie Hebdo et les récits, journalistiques ou fantasmés, du parcours des tueurs ; ils sonnent à la mauvaise porte, puis se font ouvrir celle de Charlie Hebdo, ils pénètrent dans la salle de rédaction, ils ciblent, tirent et tuent un à un leurs victimes et cela implique déjà une temporalité. Temporalité qui ensuite trouvera écho dans le traque, longue et médiatique, des terroristes et le déroulé de leur mise à mort.

Et puis il y a eu les attentats du Bataclan et là encore plus que jamais le déroulé des faits plonge dans l’horreur. Avant quand il n’y avait qu’une bombe, tu passais d’un état de vie à un état de trépas de façon brutale, instantané et définitive. Tu étais là, vivant, et soudain mort sans avoir eu le temps de la conscience de l’horreur. La temporalité barbare des attentats du Bataclan offre à l’horreur une nouvelle formule d’expression. Ils entrent, ils tirent, ils tuent, ils se barricadent, ils traquent, ils tuent, ils achèvent, ils revendiquent, ils résistent avant que l’assaut ne soit donné et que la mort leur soit donnée. Pendant cette durée, il y a le temps, le temps des barbares, le temps des victimes, le temps des survivants, le temps des spectateurs médiatisés par les réseaux, par la télé, et par son imaginaire qui sait que le temps est celui de la mort.

Et puis il y a eu l’attentat de Nice. Est-ce par une forme de cynisme visant à me protéger, ou à cause d’une déformation pop-culturelle de regarder trop de cinéma, mais la première chose qui a surgit à mon esprit quand j’ai appris pour cette attentat c’est un traveling. Je le disais au départ, c’est la portée cinématographique qui me frappe. Ce camion fou traçant dans la foule paniquée une route mortifère. Et l’horreur après ; je perçois l’horreur parce que je perçois l’événement dans une durée, une temporalité dans laquelle je peux me projeter. Une bombe explose ou une roquette tombe à la terrasse d’un café, les clients passent de la vie à la mort en un instant, je sais que c’est l’horreur mais elle ne me laisse pas d’espace pour m’y projeter. Mais dès que l’horreur entre dans une temporalité, dès qu’elle est portée par une mise en scène scénarisée par la parole de ceux qui la relate je peux m’y trouvé projeté. Je perçois ce temps, la peur, la panique, l’angoisse, l’adrénaline, le chaos, et tout ce qui peut passer par la conscience des vivants à ce moment là, un moment où l’attentat est en train de se faire, de se produire, d’être barbare, la durée où le fait-divers s’ancre dans le réel.

La nuit dernière encore, au Japon, un seul homme, des couteaux et la mise à mort de dix neuf victimes. Attentat ou fait-divers c’est la même chose, je suis frappé par la durée de ces actions ; si je me sens capable d’imaginer la pulsion mortifère qui pousse une personne à commettre ponctuellement un acte barbare j’ai beaucoup plus de mal à imaginer l’état de conscience d’une personne qui commet un acte barbare qui s’inscrit dans la durée parce que j’imagine cette durée comme un lieu d’émergence de la conscience.

Et ce matin, sans cynisme je me demande quel sera le prochain projet barbare à frapper ma conscience.

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Rédigé par Monsieur C

Publié dans #Réflexion, #attentat

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Publié le 12 Juillet 2016

Quelle plus belle ambition que la contre-culture ?

Dès l’instant où l’on assume son envie ou sa nécessité d’entrer en création, en art, en littérature, qu’importe la forme dès l’instant où l’on assume sa volonté de créer, alors y a-t-il d’autres ambitions que de vouloir entrer en contre-culture ?

D’y entrer ou alors d’initier sa propre contre-culture, inventer son mouvement contre-culturel personnel bien que ce qui fasse culture ne puisse jamais jaillir ex nihilo et qu’une culture, qu’elle soit une avec-culture ou une contre-culture est toujours un objet de réaction.

Je ne suis pas contre la culture. Je suis un fidèle croyant, une ouaille docile qui culte et prie parce que je crois en la culture ; je ne vise pas la chute de le l’objet culture. Et si j’espère un déluge pour noyer le paysage culturel qui m’est contemporain c’est pour mieux espérer assister à l’émergence de territoires nouveaux, de contre-terres d’accueils à la pulsion créatrice.

Mais je suis là.

Sur internet.

Je ne surnage même pas dans le flot des classiques, des consensuels et des communiquant.

Je suis là et ?

Et je me le demande justement.

Est-ce que je serai une contre-culture à moi tout seul ?

Saurais-je avoir le courage d’estampiller mes bribes de culture comme une culture contre ?

J’ai peur du cynisme de ceux qui sont contre parce qu’il me semble stérile ; mais j’aspire parfois à cette verve qui se dit contre les lignes dominantes.

Mais si j’en suis étranger, dois-je me vouer à l’idée que ma culture doit être contre, envers moi et contre tous, les déjà contre et les encore pour ?

Dois-je ne plus dire cela à l’heure du déjeuner ?

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Rédigé par Monsieur C

Publié dans #Je est un Blog, #Réflexion

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Publié le 9 Juillet 2016

Continuez donc du mépriser le peuple qui s’émeut et se passionne pour le foot en nous faisant croire que cette émotion éclipse la possibilité d’un engagement politique et social. Continuez donc d’opposer le besoin d’exulter dans une communion viscéral et la nécessité de porter des idéaux. Oui, continuez donc de singer ce clivage entre le peuple beauf et bœuf et les porteurs d’idées.

Continuez ainsi mais laissez-moi penser que cette posture est un leurre autant qu’une erreur de vos analyses. Soyons d’accord, je respect ceux qui emmerdent le foot et qui expriment leurs désintérêt pour la langue dramatique du sport. Mais votre désamour et votre imperméabilité à cette zone de culture populaire ne suffit pour expliquer la déliquescence de notre société. Ce n’est pas la première fois que le vote démocratique amène au pouvoir un pantin trop faible pour supporter l’ampleur de la tâche politique qui consiste à conduire un peuple dans une direction idéologique qui devrait elle-même servir ce peuple et non l’asservir. Il y a eu des démocraties de droite, des démocraties de gauche, même des démon-craties de cohabitation et toujours les intérêts financiers sont passées avant l’intérêt de bien commun de toutes les couches de la société. La démocratie n’a pas attendu un euro de football ou une coupe de monde pour révéler ses failles, ses faiblesses et ses limites.

A m’écouter je pourrais croire que je cherche à défendre la doxa, mais je suis sûr que je la maîtrise tout autant que vous. Ce qui me choque dans vos postures qui opposent 49.3 et score de foot, c’est que vous laissez sous-entendre que c’est le sport qui vide les esprits de nos contemporains alors qu’il me semble évident que le peuple n’a pas attendu cet euro pour illustrer sa bassesse, sa misère, sa crasse et son incapacité à se montre digne de son esprit critique et de sa capacité à s’autodéterminer. Le foot et le sport de masse, sport spectacle ne sont pas responsables de cette aporie des idées des politiques et de leurs doxas.

Laissez donc au sport ses vertus archaïques permettant exultation et communion et si vous désirez fustiger le peuple ils faut vous en prendre à la racine de son inculture crasse.

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Rédigé par Monsieur C

Publié dans #Sport, #Réflexion

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Publié le 8 Juillet 2016

Alors que l’équipe de France se hisse en finale de l’euro, je regrette l’émergence – pourtant récurrente dans le domaine – d’une forme d’ostracisme qui consiste à mépriser le supporter de foot et la joie qu’il éprouve dans la victoire de 'son' équipe. Il est de bon ton aujourd'hui de cliver la société entre ceux qui s’émeuvent pour le foot et les autres qui s’émeuve pour de supposées 'bonnes' raisons. On se moque des beaufs et autres bœufs parce que selon leurs détracteurs ils se passionneraient pour une balle et pour les vingt-deux sportifs qui s’efforcent de s’agiter autour. Comme si la passion pour le sport se logeait dans l’adoration primitive d’un objet et des gourous qui en font la gloire. Je trouve cette remarque gratuite mais surtout incongrue pour ne pas dire idiote, conne et grotesque. Supposer que les amateurs de foot vibrent pour le ballon, ça revient à penser que l’amateur de littérature vibre et s’émeut pour le stylo ou le clavier qui permet à l’auteur de rédiger les œuvres qui l’emportent dans l’émotion.

Le sport, et le football ne déroge pas à cette règle, n’est pas autre chose qu’un outil de narration qui transcrit des drames, quelques fois des comédies, des élégies ou des récits mythologiques qui ont tous en commun d’être des vecteurs d’émotions et de sentiments et de permettre une forme de communion pour ceux et celles qui partagent le déroulé de cette narration sportive. Bien sûr parfois la narration est bancale, les histoires dispensables et le match mauvais, tout comme il y de mauvais romans et des tableaux sans âme. Je n’ai pas le souvenir d’avoir un jour rencontré un supporter soit seulement amateur d’objets ou de gestes ; ce n’est pas le ballon qui emporte les hommes, ce ne sont pas les gestes des sportifs qui renversent les esprits supporters. Je ne connais pas un supporter qui n’ait pas de récits à partager, et ces récits qui se partagent d’homme à homme sont écrits dans la langue du sport, dans le dialecte football en ce qui concerne l’euro qui se déroule en ce moment.

Fustiger la ferveur du supporter, c’est ne pas lui reconnaître sa capacité à s’émouvoir, vibrer et éprouver de l’empathie pour l’histoire qu’il regarde et pour laquelle il se passionne. Se moque t on des lecteurs passionnés qui vibre et s’émeuvent par procuration en lisant les mots d’autres personnes ?

Bien sûr on peut ne pas aimer ces histoires là, être sourd à la narration sportive, vouloir s’en démarquer par goût ou par ignorance, il est possible que l’on passe à côté de cela parce que l’on ne parle pas cette langue, mais la décence et le respect devrait conduire les uns à ne pas mépriser les autres avec tellement de morgue. On est en droit de ne pas aimer, et même de critiquer l’émotion d’autrui. Mais la mépriser c’est manquer de respect à ce qui fait le fondement de la nature humaine, c'est-à-dire manquer de respect à la capacité de l’homme à vibre et s’émouvoir.

Qu’importe l’objet qui vient mettre en résonance nos cordes sensibles, ça reste de la sensibilité. Et l’émotivité quand elle est stimulée n’a que vocation à grandir, se propager et s’affiner. Ce n’est pas parce que l’on va vibrer pour un match de foot que l’on se prive de vibrer pour d’autres choses. Il faut simplement amplifier et canaliser ce vibrato initial pour être amené à s’ouvrir à d’autres chants du sensibles.

Et c’est pour cela que j’écoute avec peine ces voix hautaines qui s’élèvent pour moquer la doxa qui s’émeut. J’ai l’impression que cela scelle dans mon esprit la conviction d’une société malade alors qu’en éternel optimiste je voudrais croire en un espoir pour nous.

De l'histoire, toujours des histoires, drame ou comédie, toujours des histoires oui

De l'histoire, toujours des histoires, drame ou comédie, toujours des histoires oui

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Rédigé par Monsieur C

Publié dans #Sport, #Réflexion

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Publié le 1 Juillet 2016

Je suis d'accord avec ceux qui possèdent cette vision qui nous conduit à penser (toi & eux) que nous vivons (tous, ceux qui le pensent et ceux qui l’ignorent) dans une société qui nécessite que l'on se prostitue pour y participer. C'est un drôle de paradoxe, parce que nous devrions pouvoir être heureux sans avoir à se vendre, mais la société à réussi à convaincre les masses que le bonheur passe par le fait de se fondre dans l'unique modèle de pensée proposée ; un modèle qui dicte que nous pourrions être heureux seulement si nous suivons le chemin de la consommation ; je consomme donc je suis, c'est cette forme de devise moderne qui serait inscrite au frontons de nos temples si nous avions encore des temples, et même plus explicite, je consomme donc je suis heureux ! Et c'est pathétique parce que cette idée n'est fondée sur rien de tangible, même pas notre expérience.

 

Après, j'avoue que j'admire beaucoup les personnes qui se prostituent pour de bon, qui vendent leurs corps pour du sexe, du sexe contre de l’argent, du sexe et de l’argent dans les franges interlopes de notre société et comme j’aime et adire cette figures de prostituées je n'aime pas, par respect pour elles, utiliser le terme de prostitution de façon péjorative. Donc je préfère dire que l'on se vend et non que l’on se prostitue pour entrer et survivre dans cette société. Par extension, aujourd'hui pour exister sur les réseaux les gens sont obligés de se transformer en VRP d'eux-mêmes, commerciaux de leurs propres vies et c'est sûrement cela qui me déprime le plus parce que chacun entre dans ce moule de son plein grès, soldant sa personne et sa vie contre quelques notifications obtenue en se muant en pion bien régulé du système.

 

Non, vraiment, je n’aime pas cela.

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Rédigé par Monsieur C

Publié dans #Réflexion, #recyclage, #Je est un Blog

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Publié le 23 Juin 2016

Dans les rues, dans les médias, dans les bouches grandes ouvertes de la doxa facile, on brandit volontiers le spectre de la pauvreté comme la pire des déchéances ; elle est montrée du doigt et désignée comme l’ennemi intime numéro un, loup solitaire nécessairement affamé d’être pauvre, qui prêt à bondir sur nous et déchiqueter dans sa gueule rageuse les lambeaux de nos habitudes et les haillons de nos illusions. Devenir pauvre serai comme la pire des lycanthropies, cela transformerai les moutons en des bêtes plus monstrueuses encore. Car le pauvre c’est le monstre, celui qui n’est pas comme nous au point qu’on le pointe du doigt l’excluant de facto du cercle fermé de ceux qui font société.

Oh ça non il ne fait pas beau être pauvre, il ne faut pas l’être et si tu l’es alors il ne faut pas le dire, tu devrais courber la tête et aller à la mine creuser un peu plus profond ta tombe dans l’espoir de trouver un chemin de sortie à l’ignoble pauvreté. Pourtant le monde est un pays pauvre, le monde est un pays majoritairement peuplé de pauvre ; être pauvre est une norme statistique et l’humanité de chacun survie à cela.

Il ya dans certaines formes de pauvreté une force qui est salvatrice, elle nous isole de la course insensée à la consommation, c’est un vaccin violent qui nous prive de l’inessentiel. Alors, enfin libéré de sa place de sujet consommant l’homme se retrouve devant sa condition d’homme. Faut-il encore accepter sa pauvreté sans s’y soumettre, s’y confronter sans s’y conforter, la voir comme une lanterne, un élément aléatoire, libérateur et brutal. Il se peut alors que l’homme se trouve libéré de l’angoisse que provoquait un supposé devoir de consommation et il peut alors commencer à créer. Pour de bon, pour son bien, pas comme un travail, mais comme un exutoire nécessaire afin de générer ses propres outils d’existence.

Et finalement, si ce jour advient, les lieux communs n’avaient pas tout à fait tord, parce que ce jour là, le pauvre, homme errant parce que libéré de ses chaînes, homme armé des outils qu’il s’est construit, devient un électron libre insoumis aux impératifs qui contraignent la doxa sociétale et il devient de fait le danger. C’est un radical libre, soustrait à la dominance des masses par l’argent et instruit de sa puissance créative ; et dans ce moment là je jubile ma pauvreté.  

Un seul visiteur hier ; faites mieux #RT #racolage

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Rédigé par Monsieur C

Publié dans #Je est un Blog, #Réflexion, #Autofiction

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Publié le 22 Juin 2016

Je me rappelle qu’il y a quelques années déjà je voulais faire la manche, faire de la mendicité. Ce n’était pas un projet d’avenir non, c’était dans une vision politique et artistique, l’idée de mendier quelques euros alimentait des idées d’arts, de provocations, et de stimulations intellectuel pour ma matière grisée à cette idée de flirter avec l’argent des autres. Je m’imaginais alors me tenir debout à un rond-point en portant sur moi les codes du genre pour distribuer aux automobilistes me prêtant de l’intérêt des papiers les invitants à se rendre sur un site internet afin de me faire un don.

J’aimais alors cette idée de délocaliser l’acte de don, j’étais animé par un sens du paradoxe qui renvoyait le mendiant du possible, c'est-à-dire moi, et le donateur de la rue, c'est-à-dire l’autre à des postures détachées de la réalité. Par la suite je continuais de manipuler cette idée de la mendicité et du don faussement gratuit de l’autre à autrui en cherchant toujours à faire émerger une forme d’art ; c’est ce que je voulais. J’imaginais l’artiste mendier pour son œuvre, pas pour la vendre mais pour lui donner une valeur ; mener mendicité pour faire naître une valeur relative à une œuvre d’art. Encore après j’ai même mené mon mémoire en photographie sur ce que j’ai appelé la posture du mendiant. C’est bien que cette image du mendiant est une récurrence intellectuelle en moi.

Nous voilà des années plus tard, je n’ai encore rien osé mendier mais je continu d’être porté par cette question ; sauf que nous sommes entrés dans l’air du financement participatif et des collectes d’argent collective. Encore ce matin j’ai découverts OKpal une nouvelle plate-forme pour récupérer de l’argent conçue par Ulule déjà acteur majeur du financement participatif. J’ai donc survolé les projets qui demandent de l’argent sur OKpal et j’ai réalisé que nous sommes bel et bien entrés dans l’époque de la mendicité numérique, mendicité 2.0 pour reprendre cette expression déjà désuète. Je ne critique rien, si ce genre de plate-forme permet de créer de la solidarité et de faire passer de l’argent de mains à d’autres mains je trouve ça très bien. Mais ça a réveillé mon envie de mendier, pas comme un projet d’avenir, non, mais comme un geste politique et artistique. Parce que sur OKpal pas de contrepartie, pas de limite de temps, c’est juste une interface pour permettre à des gens de réclamer de l’argent à d’autres personnes libres de leur en donner ; faire la manche, faire la mendicité c’est maintenant possible avec sa carte bleue et peut-être même avec son compte Paypal, je trouve cela tellement fascinant que je ne sais pas si je résisterai longtemps à l’envie de mendier à mon tour.

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Rédigé par Monsieur C

Publié dans #Je est un Blog, #Réflexion, #argent

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Publié le 19 Juin 2016

Je me rappelle que lorsque nous étions petits avec ma petite sœur nous aimions entre autre chose jouer aux vaisseaux. Je ne me rappelle plus très bien du contenu de ces jeux, mais je sais que souvent nous y revenions. Jouer aux vaisseaux c’était s’imaginer en capitaine de vaisseau façon corsaire de l’espace qui commande son navire spatial avec un ordinateur. Je me rappelle très bien que nous nous étions fabriqué des ordinateurs pour accompagner ces jeux où nos vaisseaux étaient nos lits ou nos chaises ; oui je vous parle d’une époque où nous n’avions encore jamais vu d’ordinateur personnel à la maison, du coup un ordinateur c’était en fait une de ces interfaces abstraites et absurdes avec des boutons, des lumières et des écrans radars comme l’on en voit dans n’importe quel film ou dessin animé de science-fiction. Ayant des parents bricoleurs, nous avions pu récupérer des choses qui nous inspiraient quelques choses de science-fictionnelle, des interrupteurs, des potards, des pièces de bric et de broc que nous plantions dans notre ordinateur qui était en fait deux tranches de polystyrène l’une sur l’autre dans une forme vaguement inspirée d’une machine à écrire – il n’existe pas de photo de nos constructions et j’ai bien conscience que ma description est trop succincte pour que vous puisiez bien visualiser ce que nous fabriquions, j’en suis désolé –. Notre père avait installé de petites ampoules de lampe de poche derrière des écrans qui étaient constitués de portes documents où nous posions des papiers claques sur lesquels nous dessinions le contenu des écrans radars. Ce que je veux dire par là c’est que lorsque je repense à tout cela je réalise que ma vision du futur, de l’ordinateur par exemple, était parfaitement claquée sur ce que je voyais dans les dessins animés qui eux-mêmes retranscrivaient ce qu’ils pensaient que serai le futur dans les années 70. Mais c’était non-conscience mais c’était bien en moi ; je ne cherchais pas précisément à reproduire le cockpit de l’Odysseus d’Ulysse 31 ou du Cyberlab du Capitaine Flam mais c’est ce que je faisais parce que ces figures sont celles qui ont imprégné en premier la matière première de mon imaginaire.

Je suis le fils d'un autre siècle
Je suis le fils d'un autre siècle
Je suis le fils d'un autre siècle
Je suis le fils d'un autre siècle

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Rédigé par Monsieur C

Publié dans #Je est un Blog, #Réflexion, #recyclage, #SF

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