Articles avec #reflexion tag

Publié le 23 Juin 2016

Dans les rues, dans les médias, dans les bouches grandes ouvertes de la doxa facile, on brandit volontiers le spectre de la pauvreté comme la pire des déchéances ; elle est montrée du doigt et désignée comme l’ennemi intime numéro un, loup solitaire nécessairement affamé d’être pauvre, qui prêt à bondir sur nous et déchiqueter dans sa gueule rageuse les lambeaux de nos habitudes et les haillons de nos illusions. Devenir pauvre serai comme la pire des lycanthropies, cela transformerai les moutons en des bêtes plus monstrueuses encore. Car le pauvre c’est le monstre, celui qui n’est pas comme nous au point qu’on le pointe du doigt l’excluant de facto du cercle fermé de ceux qui font société.

Oh ça non il ne fait pas beau être pauvre, il ne faut pas l’être et si tu l’es alors il ne faut pas le dire, tu devrais courber la tête et aller à la mine creuser un peu plus profond ta tombe dans l’espoir de trouver un chemin de sortie à l’ignoble pauvreté. Pourtant le monde est un pays pauvre, le monde est un pays majoritairement peuplé de pauvre ; être pauvre est une norme statistique et l’humanité de chacun survie à cela.

Il ya dans certaines formes de pauvreté une force qui est salvatrice, elle nous isole de la course insensée à la consommation, c’est un vaccin violent qui nous prive de l’inessentiel. Alors, enfin libéré de sa place de sujet consommant l’homme se retrouve devant sa condition d’homme. Faut-il encore accepter sa pauvreté sans s’y soumettre, s’y confronter sans s’y conforter, la voir comme une lanterne, un élément aléatoire, libérateur et brutal. Il se peut alors que l’homme se trouve libéré de l’angoisse que provoquait un supposé devoir de consommation et il peut alors commencer à créer. Pour de bon, pour son bien, pas comme un travail, mais comme un exutoire nécessaire afin de générer ses propres outils d’existence.

Et finalement, si ce jour advient, les lieux communs n’avaient pas tout à fait tord, parce que ce jour là, le pauvre, homme errant parce que libéré de ses chaînes, homme armé des outils qu’il s’est construit, devient un électron libre insoumis aux impératifs qui contraignent la doxa sociétale et il devient de fait le danger. C’est un radical libre, soustrait à la dominance des masses par l’argent et instruit de sa puissance créative ; et dans ce moment là je jubile ma pauvreté.  

Un seul visiteur hier ; faites mieux #RT #racolage

Voir les commentaires

Rédigé par Monsieur C

Publié dans #Je est un Blog, #Réflexion, #Autofiction

Repost 0

Publié le 22 Juin 2016

Je me rappelle qu’il y a quelques années déjà je voulais faire la manche, faire de la mendicité. Ce n’était pas un projet d’avenir non, c’était dans une vision politique et artistique, l’idée de mendier quelques euros alimentait des idées d’arts, de provocations, et de stimulations intellectuel pour ma matière grisée à cette idée de flirter avec l’argent des autres. Je m’imaginais alors me tenir debout à un rond-point en portant sur moi les codes du genre pour distribuer aux automobilistes me prêtant de l’intérêt des papiers les invitants à se rendre sur un site internet afin de me faire un don.

J’aimais alors cette idée de délocaliser l’acte de don, j’étais animé par un sens du paradoxe qui renvoyait le mendiant du possible, c'est-à-dire moi, et le donateur de la rue, c'est-à-dire l’autre à des postures détachées de la réalité. Par la suite je continuais de manipuler cette idée de la mendicité et du don faussement gratuit de l’autre à autrui en cherchant toujours à faire émerger une forme d’art ; c’est ce que je voulais. J’imaginais l’artiste mendier pour son œuvre, pas pour la vendre mais pour lui donner une valeur ; mener mendicité pour faire naître une valeur relative à une œuvre d’art. Encore après j’ai même mené mon mémoire en photographie sur ce que j’ai appelé la posture du mendiant. C’est bien que cette image du mendiant est une récurrence intellectuelle en moi.

Nous voilà des années plus tard, je n’ai encore rien osé mendier mais je continu d’être porté par cette question ; sauf que nous sommes entrés dans l’air du financement participatif et des collectes d’argent collective. Encore ce matin j’ai découverts OKpal une nouvelle plate-forme pour récupérer de l’argent conçue par Ulule déjà acteur majeur du financement participatif. J’ai donc survolé les projets qui demandent de l’argent sur OKpal et j’ai réalisé que nous sommes bel et bien entrés dans l’époque de la mendicité numérique, mendicité 2.0 pour reprendre cette expression déjà désuète. Je ne critique rien, si ce genre de plate-forme permet de créer de la solidarité et de faire passer de l’argent de mains à d’autres mains je trouve ça très bien. Mais ça a réveillé mon envie de mendier, pas comme un projet d’avenir, non, mais comme un geste politique et artistique. Parce que sur OKpal pas de contrepartie, pas de limite de temps, c’est juste une interface pour permettre à des gens de réclamer de l’argent à d’autres personnes libres de leur en donner ; faire la manche, faire la mendicité c’est maintenant possible avec sa carte bleue et peut-être même avec son compte Paypal, je trouve cela tellement fascinant que je ne sais pas si je résisterai longtemps à l’envie de mendier à mon tour.

Voir les commentaires

Rédigé par Monsieur C

Publié dans #Je est un Blog, #Réflexion, #argent

Repost 0

Publié le 19 Juin 2016

Je me rappelle que lorsque nous étions petits avec ma petite sœur nous aimions entre autre chose jouer aux vaisseaux. Je ne me rappelle plus très bien du contenu de ces jeux, mais je sais que souvent nous y revenions. Jouer aux vaisseaux c’était s’imaginer en capitaine de vaisseau façon corsaire de l’espace qui commande son navire spatial avec un ordinateur. Je me rappelle très bien que nous nous étions fabriqué des ordinateurs pour accompagner ces jeux où nos vaisseaux étaient nos lits ou nos chaises ; oui je vous parle d’une époque où nous n’avions encore jamais vu d’ordinateur personnel à la maison, du coup un ordinateur c’était en fait une de ces interfaces abstraites et absurdes avec des boutons, des lumières et des écrans radars comme l’on en voit dans n’importe quel film ou dessin animé de science-fiction. Ayant des parents bricoleurs, nous avions pu récupérer des choses qui nous inspiraient quelques choses de science-fictionnelle, des interrupteurs, des potards, des pièces de bric et de broc que nous plantions dans notre ordinateur qui était en fait deux tranches de polystyrène l’une sur l’autre dans une forme vaguement inspirée d’une machine à écrire – il n’existe pas de photo de nos constructions et j’ai bien conscience que ma description est trop succincte pour que vous puisiez bien visualiser ce que nous fabriquions, j’en suis désolé –. Notre père avait installé de petites ampoules de lampe de poche derrière des écrans qui étaient constitués de portes documents où nous posions des papiers claques sur lesquels nous dessinions le contenu des écrans radars. Ce que je veux dire par là c’est que lorsque je repense à tout cela je réalise que ma vision du futur, de l’ordinateur par exemple, était parfaitement claquée sur ce que je voyais dans les dessins animés qui eux-mêmes retranscrivaient ce qu’ils pensaient que serai le futur dans les années 70. Mais c’était non-conscience mais c’était bien en moi ; je ne cherchais pas précisément à reproduire le cockpit de l’Odysseus d’Ulysse 31 ou du Cyberlab du Capitaine Flam mais c’est ce que je faisais parce que ces figures sont celles qui ont imprégné en premier la matière première de mon imaginaire.

Je suis le fils d'un autre siècle
Je suis le fils d'un autre siècle
Je suis le fils d'un autre siècle
Je suis le fils d'un autre siècle

Voir les commentaires

Rédigé par Monsieur C

Publié dans #Je est un Blog, #Réflexion, #recyclage, #SF

Repost 0

Publié le 16 Juin 2016

Je me souviens, c’était il y a quatre ou cinq ans, nous débutions sur Facebook et nous ne devinions pas tout à fait la déferlante que représenteraient les réseaux sociaux dans nos vies supposées elles aussi sociales. Dans ce nébuleux passé je me souviens bien que nous redoutions de sombrer dans une impudeur numérique généralisée. Nous n’appelions pas ça le big data, à l’époque c’était seulement notre vie privé ; des vies privées que des personnes dévoilaient sans pudeur, annonciation des couples, des séparations, des naissances, des décès, des petites anecdotes et les visages de nos amis que l’on déversait sans gène.

Sous les sursauts de conscience que nos âmes avaient nous redoutions l’impudeur généralisée, nous étions naïfs, ce n’était pas de l’impudeur, c’était seulement de la vie sans formatage. Ce n’était pas de l’inconscience, c’était seulement l’absence d’un savoir-faire, d’un savoir-dire, d’un savoir-être organisé par des géants numériques tellement délocalisés qu’ils se sont enracinés, dans le nuage.

Aujourd’hui nous sommes quelques nébuleuses années plus tard et les réseaux sont sous contrôle ; le contrôle de qui je ne sais pas. Aujourd’hui, quelques années après nos balbutiements sur la toile, nous nous exprimons avec contrôle. C’est trop, je le disais hier, c’est pathétique. Sur la toile chacun est devenu un professionnel de son image ; chacun gère son propos comme s’il était un communicant reconnu. Les réseaux ont gagnés, ils ont fait de nous des rouages bien graissés qui formatent sa pensée et sa vie pour le bien des notifications de réseaux aveugles.

Il aura fallut quoi ? Quatre ans ? Cinq ans ? Pour que l’impudeur de ces qui livraient maladroitement leurs vies réelles, brutes d’être vécues sans filtres, se transforme en en tweet, en photo, en statut dont la langue est maintenant parfaitement maîtrisée, expression formatée sur mesure et partout à tour de clic, sur des horizons numériques qui m’entourent je ne vois plus que des communicants, des putes à clics, des animateurs de communauté, qui propagent tous ce qu’ils pensent être de l’information. Ce n’est plus leurs vies, ce n’est pas du savoir, ça n’informe pas, c’est seulement de la communication dans le sens péjoratif dont j’afflige le terme.

 L’espace public de nos citées a depuis bien longtemps été colonisé par la communication, les sollicitations visuelles, publicitaires et racoleuses à tel point que je ne parviens plus à imaginer une ville vierge. Pendant un temps j’ai cru que la perspective d’un continent numérique offrait un nouvel Eden, un nouveau Far West où il serait possible de faire émerger de nouvelles formes d’existence, un no man’s land qui permettrait aux individus de faire émerger en eux de nouvelles idées à même de renouveler créations, réflexions et perspectives.

Mais non, ce continent numérique à été colonisé, formaté, la parole de l’humain dans sa maladresse d’ignorant et son instabilité de créature créative n’y a plus sa place. Une nouvelle fois nous sommes voués à nous formater pour continuer de frayer avec les autres, ou rester en marge en espérant que la prochaine révolution naîtra entre nos mains ou entre nos boîtes crâniennes.

Voir les commentaires

Rédigé par Monsieur C

Publié dans #Réflexion, #Internet

Repost 0

Publié le 3 Juin 2016

Je pense qu’il est temps d’en finir avec la grogne sociale. Je ne parle pas des mouvements sociaux ni de la politique qui les récupère ou les provoque, je veux dire qu’il faut en finir avec le vocabulaire qui réduit les mouvements contestataires et la révolte populaire en une simple grogne.

Je ne juge ni ne jauge de la pertinence des revendications qu’expriment les acteurs sociaux ; elles sont diverses et variées, mais je m’insurge devant le mépris langagier qui balaye d’un revers de vocabulaire la légitimité de ces expressions populaire en les réduisant à une grogne. La réaction sociale d’un peuple fasse à son gouvernement n’est pas un cri de cochon, ni un murmure sourd qui s’échapperait entre les dents serrées d’une population n’osant pas s’exprimer.

Dieu sait pourtant que je conchie la doxa et ses mouvements de masse, pourtant je m’insurge pour elle qu’elle laisse les médias et les politiques réduire sa parole à un grognement. Si l’on ne parvient pas à en finir avec l’expression de « grogne sociale » alors il me semble que nous ne pourrons jamais envisager un peuple qui communique avec ses élites, ceux censés le représenter et administrer le pays. Ceux du haut parlent régulièrement de renouer un dialogue social et mais réduisent l’expression du peuple à un grognement ; fichtre de cochon en tir bouchon !

Voir les commentaires

Rédigé par Monsieur C

Publié dans #Réflexion, #recyclage

Repost 0

Publié le 17 Mai 2016

Je me suis un homme dans une société déviante ; ma société, notre société à déviée de sa révolution initiale. Ce n’est pas une conjecture, c’est un fait. J’écris depuis une société malade. Quoi que … elle n’est pas malade, elle est aveugle, idiote et conne, et sorti des lieux communs qui fleurissent dans les bouches mièvres de la doxa et sur les frontons des journaux à la place des titres, ni la connerie, ni  l’idiotie, ni le handicape d’être aveugle est en soit une maladie. Je viens à la vie dans une société dévoyée qui se croit encore fièrement au sommet de sa gloire ; gloriole occidentalo-centrée qui pense qu’elle est toujours à l’avant-garde d’un mouvement mondial. Mais le monde tourne, sans elle, sans nous, la société s’en fout, moi pas. J’écris dans une société qui a scié tous ses étayes idéologiques, ses valeurs, ses convictions, sa foi, ses idées ; il ne reste que le bout du nez des pantins du pouvoir pour gouverner des crises comme un capitaine corsaire manoeuvrerait son navire par une nuit de tempête au milieu des récifs ; demain ne restera plus que le récit des morts, de la coque éventrée et de toute la bonne volonté, ustensile désuet pour barrer son bateau dans le noir.

C’est pathétique parce que plus personne n’est dupe.

Nous sommes loin de la catharsie, alors les auteurs de la semaine et les écrivains du dimanche ne semblent plus bander pour la nation, ils tirent des lignes pour le cynisme du présent comme on se retient à la bouée bafouée par les flots. Je n’en veux à personne, seulement à moi d’avoir laissé échappé le semblant de cap que je souhaiter retenir. Écrire sans ce cap, c’est se laisser couler au fond du moule, c’est ne pas échapper au détermine d’airain qui brise les reins des teneurs de plumes littéraires.

Je vous promets, j’aurai tellement aimé avoir du talent.  

Voir les commentaires

Rédigé par Monsieur C

Publié dans #Je est un Blog, #écrire, #Réflexion

Repost 0

Publié le 8 Avril 2016

Il n'y a pas si longtemps, il lui arrivait encore de descendre le soir dans les rues pour monnayer du sexe. Il états le client et elles étaient les prostituées. C'était vendeur, il ne trouvait pas cela miséreux, c'était à chaque fois sa grande aventure.

N'allez pas croire qu’il faisait ça parce qu’il était célibataire, croyez moi, il ne l’était pas, et ne pensez pas qu’il faisait ça pour le sale ou le pouvoir, chez lui il avait déjà une femme libérée. Ces femmes payées aux coins des rues lui ouvraient les portes des marges interlopes. Il aimait la nuit, les villes, les failles, les femmes, les fêlures, le sexe et la vie, elles lui offraient un petit morceau de cela. Ce n'était pas crade, ce n'était pas triste, c'était humain, un de ces trucs qu'on appel de belles rencontres avec quelques jeux de dupes parfois mais la plus part du temps les putes sont des filles franches avec lesquelles se tissent des trucs uniques sous la lumières jaunies des réverbères et dans les habitacles de voiture. Il était leur client. Et maintenant s’il devait faire la même chose il serait hors là loi. 

Cette loi courtisane qui pénalise le client des travailleurs du sexe, outre le fait de créer des situations ubuesques et de provoquer dans sa tête des débats houleux, a surtout retiré deux valeurs essentielles des moments échangés avec les putes ; d’une part la ville que l'on parcourt la nuit entre transe et rituel hypnotique, et d’autre part les faux-semblant noctambules sans lesquels on ne peut pas se dévoiler et se mettre nu.

Tout cela le rend mélancolique, et moi aussi.

 

 

Voir les commentaires

Rédigé par Monsieur C

Publié dans #Réflexion, #recyclage

Repost 0

Publié le 2 Avril 2016

Acheter, consommer, collectionner, posséder, s’asservir ou se libérer je n'ai encore jamais réussi à régler la question. Je veux dire la régler à hauteur personnelle, je ne vais pas penser contre la liberté d'autrui, seulement j'éprouve des sensations contraire devant l'objet et son rapport à lui étant conflictuel je sais qu'il est matière à réflexion.

 

Dans cette société qui fonde son avenir sur la croissance et la consommation répondre à la question de l'achat et de l'accumulation me semble nécessaire, tout du moins se poser la question.

 

Consommer m’octroie une sensation d'appartenance à un groupe social défini par l'objet de l'achat et plus largement à la mécanique générale de la société.

 

Revendre, jeter, donner les choses que je possède m’octroie indéniablement un sentiment de la libération et de liberté.

 

Observer les collectionneurs, les accumulateurs dans un domaine précis me fascine et parfois je jalouse cette pulsion qui semble transcender leur raison en les poussant toujours plus loin dans la quête d'objets.

 

Qui je suis permis eux ?

Qu'est ce que je suis avec ça, ces choses que je désir posséder et dont je suis heureux de me libérer ?

 

Et il y a ce que je disais hier sur la poésie, le fait que bricoler est l'acte poétique par essence, créer par soi même, avec la maladresse et l'imperfection inhérentes à un geste humain. Créer c'est s'affranchir d'acheter. Bien sûr il va falloir acheter la matière première, mais la récupération peut s'affranchir de cela.

 

Créer est il alors un geste de résistance ? Si tel est le cas, de résistance à quoi ? Faudrait-il réprouver l'acte d'achat comme on cherche à jeter l'opprobre sur le client de la prostitution ? Est-il honteux d'acheter ? Sûrement que je le pense dans la mesure où l'on achète ce que l'on aurait pu créer. Ou alors c'est sûrement ce que je pense dans la mesure où l'acte d'achat est un geste d'angoisse qui tend à faire taire un sentiment indiscret de pulsion de vie.

 

Je ne suis pas sûr pourtant d'être d'accord avec moi. Cette pensée est trop brute pour être ressemblante à mon avis. Mais il est sûr qu'il est avant tout question de vie, d'angoisse et d'expression et d'une équation où l'acte d'achat est une donnée variable parmi les autres.

 

Acheter pour se sentir vivre avec les autres est un échec et une soumission regrettable et détestable.

 

Savoir acheter le nécessaire, l'essentiel, son plaisir dans un geste mesuré est une qualité.

 

La lutte de l'individu ne doit pas être aveugle. J'aime la déraison et c'est sûrement pour cela que j'aime les collectionneurs qui compulsent les objets d'un domaine jusqu'à à épuisement du sujet, de l'argent ou de la passion. J'aurai aimé être ainsi parce que je n'aime pas être raisonnable mais je voudrais savoir vivre sans que cette sensation dépende de l'argent dépensé pour les objets désirés et payés. Je voudrais que mon sentiment d'existence soit dépendant d'un geste créatif et non commercial. Mais au fond j'aime me reposer parfois sur l'idée que je suis un peu le mouton du troupeau qui paie sans compter son crédit d'existence.

 

Sauf que je veux être un résistant un exemple qui puisse vivre sans être créditeur d'une mécanique que je rejette.

 

Je suis un être paradoxal, pauvre adossé à la vie et à ses idées ; enfin si je dis pauvre et adossé c’est pour l’allitération et la mimétique sonore avec paradoxal.

Acheter, payer ou vivre

Voir les commentaires

Rédigé par Monsieur C

Publié dans #Réflexion

Repost 0

Publié le 24 Mars 2016

Sous la peau égotique, larvées sous la chair dans la graisse et le muscule, dans les nœuds neuronaux matière grise débordante ; où naissent donc mes inspirations, suis-je porteur d’elles comme la femme l’est pour l’embryon, suis-je qu’une étagère où les inspirations sont rangées, suis-je seulement un tombeau au-dessus duquel mon esprit comme un maître vaudou s’affaire à ressusciter certaines inspiration depuis mes limbes ?

C’est bien plus pragmatique, mes inspirations naissent dans mes fantasmes car pour écrire longtemps sur un même sujet et poursuivre d’assiduité un seul projet, j'ai besoin que l'idée de départ m'excite en profondeur, qu’elle stimule ma corde érotique sur un mode sensible. Que ce soit parce qu'une fois l'objet terminé j’imagine qu’il me permettrait d’accéder au sexe d’une muse, ou que ce soit parce qu'en lui même le sujet m'excite, si je n'éprouve pas cette forme d'attraction sexuelle, érotique, intrinsèque à mon cortex alors je ne peux pas être inspiré.

Après, pour tout dire, et dieu comme les muses savent que même si je ne les écoute pas toujours je leur écris toujours tout ; je ne crois plus à l'inspiration. Ce n'est pas que rien m'excite, au contraire mes érotiques sont multiples et nombreuses, mais je ne crois pas que l'écriture soit obligée de se soumettre à l'inspiration.  C’est même l'inverse, en vérité, je pense que la véritable écriture est celle qui transcende l'inspiration jusqu'à s'en détacher et devenir un geste littéraire justement et non pulsionnelle car écrire sous l'effet de l'inspiration c'est simplement suivre sa pulsion. L’écriture comme geste conscient et rationnel s’écrit sans ce mythe de l’inspiration.

Voir les commentaires

Rédigé par Monsieur C

Publié dans #écrire, #Réflexion, #recyclage

Repost 0

Publié le 9 Mars 2016

Il y a du bruit de fond pour la pensée du monde. Je ne sais pas si le monde est plus compliqué actuellement qu’avant. Je ne suis pas sûr que le monde soit devenu plus complexe maintenant que dans un autre temps et pourtant il me semble qu’il est de plus en plus difficile de faire l’effort d’une réflexion critique au sujet du monde et de ces actualités.

 

Il y a tellement de bruit de fond, les figures d’intellectuelles ont disparues et les pôles politiques n’offrent plus de cap idéologiques ; plus rien n’éclaire la pensée et pourtant la civilisation nous accule de faits et d’évènements à penser. Paradoxe d’un temps qui explose sans que nous puissions le contenir par un appareil critique.

 

La pensée a rompu sous les coups de butoirs d’un paysage médiatiques où le pathos et les déments sont libres d’inonder l’espace de la vacuité de leurs paroles. D'un côté il y a la gauche qui se bat contre elle-même pour se convaincre qu'elle est pas qu'une somme d'idées éclectiques et qu'elle couve encore une idéologie forte. Portant elle devenue hermétique à la notion même d'idéologie. Elle préfère faire l'autruche et se détourne d'une revendication assumée de ces choix politiques. Difficile alors pour l'homme citoyen moyen de penser, peser et faire infléchir sa pensée au contact d'une pensée de gauche grevée par sa propre déliquescence.

 

De l'autre côté il y a la droite qui se répand et multiplie ses candidats comme en son temps Jésus les pains distribués à sa droite. Tous ils sont fiers d'être convaincus d'incarner une voie nouvelle et neuve. Petits souverains fielleux qui se répandent en j'ai changé, je suis le renouveau, le nouveau, la nouvelle, je suis la voie de la droite des droites et ils maudissent la déliquescence de la gauche qui récolte les pensées scories d'une société ivre. Difficile alors pour l'homme citoyen moyen d'arquer sa réflexion le long de l'arc idéologique d'une droite qui n'a plus d'armes, seulement des cannes à pêches.

 

Tellement de bruit pour rien, tellement de coups de butoir qui viennent s’écraser sur ma pensée que petit à petit je sens que je recule. J’ai cru pendant la moitié de ma vie au moins que la force d’une idée pouvait sauver un homme et par extension sauver le monde. Je me suis battu seul contre moi pour forger une pensées et appréhender le monde avec un semblant de justesse objective en supposant que ça donnerai à ma parole une force relative. Mais tout ceci est vain et moi je devrais mieux aller me coucher.

Voir les commentaires

Rédigé par Monsieur C

Publié dans #Réflexion

Repost 0