Articles avec #creer tag

Publié le 8 Février 2017

J’ai tant aimé lancer mes mots à la ligne folle de l’inconnu, des inconnues au féminin pluriel. C’est là tout le sens de mon écriture, de ma naissance aux mots, de ma renaissance à l’âme et à la vie, et à une vie. Oui, toutes mes vies, et tout le sens à leur accorder, sont nées de cette volonté de lancer le fil désuet des lignes de mots aux femmes qui échappaient à ma vie, à ma compréhension et à la complétude de mon être.

C’était donc là, dans les nuits blanches des correspondances que je me suis forgé une plume, comme les grosses et grasses plumes que l’on épile avec vigueur du croupion des autruches. J’ai aimé ça ; c’était en toute logique sans mesure et sans raison et dans ce feu torrent je suis venue mille fois à la vie qui devenait la mienne.

Aujourd’hui le monde a eu raison de ces nuits d’ivresses à s’envoyer des e-mails. On supposait pourtant déjà à cette époque que l’e-mail allait tuer la lettre, qu’importe la forme j’avais l’ivresse et nous avions nos mots qui s’étalaient en pages qui s’échangeaient sans fards. Mais la forme courte a eu raison de mes correspondances.

Non je ne suis pas honnête. C’est moi qui ai eu raison de mes correspondances, je me suis détourné d’elles parce que je n’étais plus à la hauteur des muses et des personnes avec qui j’échafaudais ces va-et-vient lettrés ; l’image que me renvoyait des jeunes femmes n’était plus celle que je pouvais assumer. Je me suis laissé couler dans le silence, infiniment nostalgique et mille fois bouillant de souvenirs et de regrets mais je n’étais plus celui que j’étais, je n’étais plus celui que je voulais être, je n’étais plus celui que je devais être, je n’étais plus celui qu’il aurait fallu être pour être honnêtement à la hauteur des espérances que je chérissais dans ces mots échangés. La forme courte n’a eu qu’à parachever mon désastre et à me couper les doigts.

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Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #Je est un Blog, #créer, #Réflexion, #Chronique chaotidienne

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Publié le 2 Août 2016

Durant mes nuits d’insomnies j’ai pris l’habitude d’assommer mon absence de sommeil en lançant Youtube et en laissant l’algorithme des suggestions me faire dériver dans la sphère pas vraiment euclidienne du Youtube francophone. Et des insomnies ces derniers temps j’en connais toutes les nuits. Alors j’en bouffe de la vidéo. Je ne sais pas si le manque de sommeil joue sur mon jugement mais je me fascine vite pour ce monde que je ne connaissais pas ; je savais qu’il était là, souterrain et agissant, je voyais ses remous à la surface mais je ne m’étais jamais intéressé à lui ; prétention d’écrivain qui assène seul dans son esprit la vérité de la plume contre la médiocrité des vidéos.

Je ne vais pas défoncer des portes ouvertes pour reconnaître qu’il y a de bonnes productions, ce n’est pas le propos.

La vérité c’est qu’à force d’en voir, je commence à éprouver l’envie d’en faire. L’enfer ! Je ne suis pas sûr de vouloir assumer ma présence, pas certain de pouvoir respecter le travail que ça représente. Mais je m’en moque aussi profondément parce que ce qui me fascine dans ce que dégage la masse de médiocrité mise en ligne à la disposition de sa communauté c’est justement la médiocrité, facilité, maladresse, mauvaise production et voyeurisme egotripal.

Mes pulsions de fanzine, mes désirs de do it yourself, mes envies de bricole de proximité qui s’en va à la rencontre de la présence d’autrui pour se fracasser dessus je commence à me dire que c’est en vidéo que ça pourrait naître. Et n’être qu’un rêve, qu’une lubie frustrée encore une fois non aboutie.

Suis-je donc là ?

Suis-je donc prêts ?

Est-ce ma vocation que de signer l’arrêt de mort de mes mots ? Une mise en demeure ?

Et le réel alors ?

Et les bibliothèques bordel !

Saurais-je passer ce cap et écouter la médiocrité bouillante qui agite ma mer de la créativité ; mer asséchée depuis bien le temps qu’elle a déserté ma mer de la sérénité.

Est-ce que je vais oser ? Franchir un cap ? Le premier pas ? Et afficher ma tête comme parapher le contrat de ma mise à prix, tête à mort avec le diable ?

Je ne sais pas encore, mais pourtant oui, après plusieurs nuits d’insomnies j’éprouve l’envie de faire des vidéos. Sans projets ni contenus, juste une pulsion.

Une envie de faire des vidéos

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Rédigé par Monsieur C

Publié dans #Je est un Blog, #créer

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Publié le 9 Juin 2016

Tous les jours je viens trainer mes guêtres sur les réseaux sociaux, caniveaux numériques collectant nos grandes et nos petites eaux intimes pour les récolter dans de grand réservoir, gueules béantes, anonymes et invisibles qui se nourrissent de cela et nous stockent sûrement sous forme de graisse ou de matière organique en petits paquets d’octets et de bits. On ne m’y force pas, je viens, je me tiens debout au bord de la décharge et je regarde autour de moi. Je vois là un sacré potentiel, un outil puissant qui végète et doucement sombre et s’enfonce dans le marasme mouvant de nos non-actions.

Et chaque jour où je viens ici, en pénitent du cynisme ambiant j’éprouve le fameux je-ne-sais-quoi ; c’est comme une pulsion de renaissance. Je là, le clic mou et l’œil torve et je regarde cette incommensurable carcasse constituée de nos avatars et je me dis que j’ai envie de faire un truc ici. Juste là, sur Facebook, je voudrais créer ma page, mon groupe, définir un espace et lui donner un ton, une couleur, bref une ambition et une prétention. Et je voudrais faire de cette espace une zone de hype, de créativité, d’esprit critique et de libre arbitre. Je voudrais que ça soit fort et que ça fasse réagir les autres, parce que je veux faire partir du jeu et prétendre que j’en suis parce j’agrégerai petit à petit une communauté d’esprit et que le bouzin se portera à ébullition jusqu’à créer un maelstrom très stimulant pour la pensée et la créativité. Dès lors nous pourrons passer à l’acte dans le réel et contaminer la réalité de l’inventivité née entre les parois invisibles de ma zone, ma page, mon groupe, ma cellule primitive.

Oui je veux ça. Oui, je veux la même chose que les autres. Oui, je veux m’inspirer de ceux qui sonnent comme bons à mon esprit critique et je veux surpasser, enterrer, faire passer de mode ceux que je suppose médiocres et mauvais. Oui, je veux ça, comme un caprice et comme une ombre pourpre qui rend rouge mes joues de honte. Parce que je veux ça, mais je sais que je n’ai pas le talent ni le réseau nécessaire pour l’avoir. J’ai peur de mettre en jeu une ambition pour laquelle je n’aurai pas les épaules, les clefs et le mors pour la dompter et lui faire les figures élégantes que je voudrais lui imposer.

J’ai la sensation d’avoir juste assez de lucidité pour envisager mon échec, juste assez pour me projeter et percevoir le pathétique de la situation que je pourrais créer. Juste un peu trop pour lâcher prise et ne pas voir ce que je vois, ne pas savoir ce que je sais.

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Rédigé par Monsieur C

Publié dans #Je est un Blog, #créer, #écrire, #ébauche

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Publié le 26 Février 2016

Est-il encore judicieux de faire des choses, des films, des photos, des histoires, des romans, des jeux, des objets culturels ?  Faut-il encore créer ces choses-là dans ce monde-là et avec ces outils-là qui sont les notre ? Dans un temps indistinctement reculé par rapport à mon siège je me souviens que l’on disait parfois ; à quoi bon faire de la poésie après Victor Hugo, à quoi bon faire de la sculpture après Michel Ange, à quoi bon faire un jeu de plate-forme après Super Mario Bros ? Nous nous posions ces questions comme nous aurions pu ériger des prétextes à nos médiocrités ; ce questionner de la sorte ce n’était pas abdiquer mais seulement témoigner de notre volonté de créer et de notre humilité à la lumière des lanternes de nos classiques.

C’était un temps, c’était avant.

Aujourd’hui lorsqu’il arrive que je me questionne ce n’est plus sous le jour artificiel et subjectif de mes lanternes d’antant. Si je me demande s’il est encore légitime de créer des choses culturelles ce n’est pas parce que de nouveaux maîtres auraient imposé de nouveaux classiques faisant monter d’un cran le cap de la qualité infranchissable; non, si je me questionne c’est parce que la plèbe, armée d’outils de création et de propagation massive produit en masse de la médiocrité créative. Et tout cela est déversé sans limites raisonnables sur les réseaux sociaux, les sites et les canaux numériques jusqu’à saturation. Ils sont tous là, partout, les poètes de pacotilles, les cinéastes à la petite semaine, les romanciers boutonneux, les photographes poisseux, j’en passe et des biens pires, tous les créatifs qui ne savent faire la part de marketing et de l’art, tous les pulsionnels adipeux et les dépressifs de la prose, une armée bien vivante qui marche sur l’art, la culture et la créativité avec le pas lourd des victoires invisibles.

Et quand je m’assoie parfois au bord de ce fleuve boueux, puissant et implacable, quand je m’assoie moi, créatif et poète façonné à la mamelle du doute, de l’esprit critique et de l’ambition égotique je ne peux qu’hésiter. Ne serait-il pas salvateur que je ne rajoute pas mon ruisseau à ce fleuve bourbeux ? J’agite dans mon esprit courroucé la vacuité d’un tarissement salvateur et utopique de la médiocrité comme un acte de foi. Est-ce que me montrer à la hauteur de mes ambitions ça ne serai pas de me taire ? Pénitence de me merde ! Je sais que je ne suis pas de ceux qui trouveront une échappatoire dans la pénitence de mon âme ; alors je suis très bien que je fini toujours par me jeter au fleuve comme d’autres vont au Gange. Et si je ne parviens pas à surnager, je peux toujours pisser dedans.

Faut-il s'arrêter de créer ?

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Rédigé par Monsieur C

Publié dans #créer, #Je est un Blog, #Digression

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Publié le 17 Février 2016

Comme je me l’étais imposé hier je viens d’établir ma première colonne ; celle qui liste et accueille tous mes projets créatifs, enfin pour le moment elle se limite à la création écrite parce que je n’ai pas le temps de formaliser des projets qui ne soient pas constitués de mots. Et après un premier jet, et le terme de jet est bien adapté, j’en suis à 19 entrées. Donc  19 projets auxquels je me dois de consacrer du temps dans les temps à venir pour espérer mener à bien plusieurs d’entre eux. A terme tous mais la raison me conseil de viser de n’en réaliser que certains avant le printemps.

Je ne sais pas si c’est beaucoup ou si c’est peu 19 projets. Bien sûr certains sont succins, en apparence simples à réaliser, comme écrire un poème sur le thème de la jeune femme chiffonnée ou écrire une critique de jeu vidéo, d’autres sont plus dantesque à hauteur de procrastinateur comme mener à bout la relecture et la sélection de mes nouvelles pour en faire un recueil.

Dix-neuf projets, dix-neuf facettes de moi et encore ce n’est qu’un premier jet, je suis sûr que d’autres projets qui sommeillent en marge de ma conscience après l’avoir habités quelques temps viendrons grossir cette liste. Sans compter les nouveaux projets que je ne manquerai pas d’évoquer en moi ; d’ailleurs à l’instant je viens de passer à 20 projets. Et j’ai peur que si je n’arrête pas cet article bientôt j’en serai à plus encore.

Voilà, aujourd’hui comme un nouveau jour de naissance je sais que j’ai pas moins de 20 projets à faire accoucher de moi ; j’ai l’utérus dans le cerveau et le vagin au bout des doigts et j’ai envie de rajouter un 21ème projet qui serait d’écrire de la poésie à partir de cette phrase.

La seule indulgence que je me suis permis c’est de dater tous ces projets du 17 février même si certains sont en moi depuis des années, ça rend l’échec du passage à l’acte moins visuel même si je ne suis pas dupe de moi-même.

Voilà, aujourd’hui 21 projets sur le feu ; ne me reste plus qu’à les accoucher.

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Rédigé par Monsieur C

Publié dans #écrire, #créer, #Je est un Blog

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Publié le 16 Février 2016

Lorsque j’ai décidé de me lancer en écriture je ne savais rien. C’est à peine si je savais écrire.

Je me suis lancé et j’ai défriché empiriquement l’acte d’écriture et la manière dont il faut ou dont on peut intégrer ce geste créatif à sa vie. Je n’avais pas de repères, pas de savoir faire, juste une passion pour l’analyse, les mots, écrire et peut-être une certaine capacité à l’abnégation dès lors que je fais une chose que j’aime.

Si on se débrouille toujours pour écrire, savoir comment gérer le fait d’écrire ça c’est autre chose. C’est en dehors, ça sort du chant de la passion, c’est un domaine étranger et pourtant c’est le pilier de tout cet engagement d’écrire. Après avoir compris que je voulais écrire, j’ai compris - enfin j’ai appris à comprendre au contact des autres personnes qui se sont engagées  comme moi sur le chemin de l’écriture - que ce n’était pas l’écriture le sens de ma vie ni même ma passion. Ce qui fait sens et qui passionne mon âme c’est la créativité, l’acte créatif et l’écriture est seulement un des outils avec lequel je suis plus ou moins à l’aise et celui que j’ai choisi d’utiliser le plus régulièrement.

Cet outil je l’affûte. Depuis des années je m’astreins à tenir ce blog au rythme d’au moins un article par jour pour cette raison, travailler ma plume. Mais ce projet chronologique et chronophage ce n’est pas le seul que j’ai bien heureusement. Et si j’écris cet article c’est pour me parler de cela, parce que je suis le lecteur le plus assidue de mon blog.

Des projets j’en ai, plusieurs, en même temps sur le feu. Pendant longtemps j’avançais à tâtons, dans le chaos et le noir, sans prioriser, sans répartir mon temps ; tout en force, en fatigue et à l’instinct. Mais même l’instinct ça s’use. J’ai appris alors - toujours avec l’aide des paroles extérieures - à organiser mon temps, à faire tenir un agenda et donc à prioriser mes projets. J’ai découpé ma vie en tranches d’écritures assignées à trois de mes projets précis, roman, poésie, vécugraphie. C’était les trois directions cardinales de ma créativité ; trois axes inscrits dans le numérique des agendas qui structuraient mon temps.

Et ça a fonctionné, un temps en tout. Malheur ou chance j’ai l’esprit qui fourmille, bouillonne et qui accouche souvent d’idées qui me plaisent, d’autres mort-nées et au bout d’un moment elles viennent se coller aux projets principaux, comme des vampires, des sangsues, mon esprit ne sait plus les retenir et je me perds en conjectures coupables sur quand et comment je dois les aplatir sur le papier. Idées d’article pour mes blogs (pas celui-ci), idées de nouvelles, idées de textes réagissants à l’indigence de l’actualité, idées de mondes à développer et les projets que l’on croise au hasard de la vie et sur lesquels nous voudrions nous greffer.

Aujourd’hui mon agenda bien utile est remplie de contraintes obsolètes, soit parce que les œuvres sont avancées et qu’elles ne nécessitent plus autant de temps, soit parce que d’autres envies / idées occupent mon esprit. Aujourd’hui je dois réapprendre l’empirisme de ma créativité pour avancer. Inconsciemment et consciemment, avoir priorisé trois projets m’a conduit à éprouver de la culpabilité quand mon esprit divague ou digresse sur d’autres idées et l’effet pervers que je m’impose c’est de ne pas écrire sur ou avec ces idées neuves tant que je n’ai pas terminé les anciennes. Sauf que la culpabilité me rend improductif et ma créativité se vrille.

Je dois apprendre de manière neuve à organiser mes passages à l’acte comme on planifie une énième bataille.

De mon agenda je ne vais garder que les cases, mais je vais les vider de leurs névroses thématiques. Je ne vais garder que des tranches de vies où écrire, d’autres pour brainstormer et d’autres pour les à côtés. Et quelque part dans un nuage toujours accessible je vais établir la liste d’entrée de mes projets.

Une colonne pour les évoquer tous, les grands, les petits, les malingres et les fous, tous, quelques mots pour dire qu’ils existent, et je ne devrais jamais refuser d’y inscrire une idée à l’intérieur ; projet de livre ou d’article, d’œuvre ou d’art, tout y aura sa place.

Une colonne pour les étapes accomplies vers la réalisation de ces projets. Et s’il n’y a pas d’épates particulières pour la réalisation d’un projet, le projet lui-même, ceux qui seront dans la colonne de cette liste seront les projets en cours d’accomplissement, sur le feu.

Une colonne, la plus difficile pour moi, celle des projets terminés.

Je m’imposerai de ne pas mettre de hiérarchie dans les projets de la première colonne, sauf s’il y a une date butoir, dans ce cas là j’imposerai une nomenclature esthétique pour que je les identifie rapidement. J’envisage aussi de mettre la date d’entrée des projets dans cette colonne. Et je me laisse aussi la liberté de créer une quatrième colonne cachée, celle des projets éliminés, une poubelle secrète pour me soulager des certains projets et peut-être plus tard venir en ressusciter certains.

Si j’en suis venu à cette méthode c’est avant tout à cause de ce blog. Et c’est même pour cela que j’en fais un article. Parce que cette contrainte quotidienne est un vrai problème parce que je garde mes bons mots pour les autres choses, et pourtant je me dois de mettre ici des mots tous les jours. Je ne sais quelle place, quelle hiérarchie donner à ce blog. Alors, je me relâche un peu l’étau dans lequel j’ai figé mes jours dans des cases de créativité dédiées à tel ou tel projets je me dis que ma plume sera peut-être de nouveau libre de venir ici comme l’oiseau pondre autre chose que ma médiocrité.  

Cette image n'a aucun rapport avec le texte, mais lorsque j'illustre un article c'est souvent que je compte le partager sur les réseaux, j'essaie donc de mettre une image un peu racoleuse, c'est à dire érotique et troublante pour créer de la curiosité. Et puis moi je non fumeur j'ai une grande fascination pour les photos de fumeuse.

Cette image n'a aucun rapport avec le texte, mais lorsque j'illustre un article c'est souvent que je compte le partager sur les réseaux, j'essaie donc de mettre une image un peu racoleuse, c'est à dire érotique et troublante pour créer de la curiosité. Et puis moi je non fumeur j'ai une grande fascination pour les photos de fumeuse.

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Rédigé par Monsieur C

Publié dans #écrire, #créer

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Publié le 19 Janvier 2016

Je suis venu au jeu de rôle étant jeune adolescent timide et introverti, très introverti et timide. Et si je n’avais pas eu la chance d’être initié par mon meilleur ami qui découvrait le jeu de rôle et qui m’a fait jouer la campagne Baron Samedi à Ins / MV je pense que je n’aurai jamais osé de moi-même me tourner vers ce loisir. Cette première expérience a été un vrai calvaire pour moi, je ne savais pas quoi faire, comment le faire et quoi dire. Pourtant, le jeu de rôle s’est imposé à moi comme une passion, quelques années plus tard je me souviens avoir dit avec le plus grand sérieux que dans le futur je pourrais me passer de tout ce qui faisait ma jeunesse sauf du jeu de rôle. L’ironie du sort c’est que la vie, l’éloignement de mon groupe de joueur et ma timidité à en rencontrer d’autres à la fac m’a amené à ne plus pratiquer le jeu de rôle. Durant cette traversée du désert j’ai pourtant continué à imaginer des jeux, des univers, des décors. Et je suis sûr que sans le savoir cette activité secrète et silencieuse à nourrit mon envie d’écrire. Le temps a passé, j’ai grandi, surmonté ma timidité, et au hasard des rencontres j’ai retrouvé le jeu de rôle et le plaisir de jouer. C’est étonnant de renouer avec une passion après avoir évolué, déroutant parfois, passionnant toujours. Entre temps j’avais embrassé aussi le désir d’écrire et j’avais oublié qu’à une époque j’écrivais dans ma tête des univers de jeux de rôle. Parce que l’univers est fait de cycle, aujourd’hui je me tourne de nouveau vers la création de jeu de rôle, j’essaie de penser cette démarche avec plus de maturité et de recule qu’à l’époque où ce n’était qu’une rêvasserie nostalgique. Et là, ce soir, ce jour, aujourd’hui, j’ai la sensation que créer autour du jeu de rôle est le geste créatif le plus stimulant que je n’ai jamais connu. Je ne sais pas pourquoi, je ne sais pas comment, mais c’est ce que je ressens. Paradoxalement si mes idées foisonnent je n'ai pas encore délimité avec précision le chant de ma prochaine et première création de cette nouvelle époque, mais l'élan qui me porte est épique.

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Rédigé par Ceci est un blog

Publié dans #jdr, #jeux de rôle, #créer, #Je est un Blog

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Publié le 20 Décembre 2015

création en place public, l'audace d'écrire de la merde, l'audace du médiocre, l'audience aussi ; créatif, créateur, cré-acteur et auteur à réaction sur moteur diesel, j'ai du gazole plein le cul, micros particules de la tête. Neurone en corde raide, la raison en berne, j'enfante des fantasmes mort-nés que je chéri chaque nuit en espérant qu'ils se lèvent et sortent par eux-même de mon esprit lent. Je tue mon temps à le perdre, autoproduction introductive de ma non production, le tourne à vide comme un derviche tourneur atonal de l'intérieur. Je cri en clavier cassé des glaviots du net, internet en gorges chaudes regorge de puits sans fond pour faire son temps et quand je ne creuse pas le trou où logé vos vides, je retrace un vieux sillon usé, usagé comme un chemin de trait, comme le cheval mais les quart fers en moins et les deux pieds en plus, en supplément, sans âme ni farine animal ; je glose, déploie mon gosier et j'espère deux fois cent dans le jour et toujours mieux demain, toujours demain, toujours y croire et la frustration s'accroît et ne pourra mourir que le jour où les mots en agrégats, en accrétion feront le big bang intime d'un mec sans intérêts.

Sans les vôtres, moi je m’évertue, ever-tue pour l’éternel Sisyphe de mes ambitions.

Aujourd’hui ici et demain dans un livre.

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Rédigé par Ceci est un blog

Publié dans #écrire, #créer

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Publié le 8 Novembre 2015

Est-ce qu’il est possible qu’une œuvre d’art soit juste une expérience de l’imagination ? Plus précisément, si un créateur, auteur, concepteur de game design de jeu de rôle met en place un contexte d’expérience ludique dédié à l’art est-ce que la partie pourra être considérée comme une œuvre d’art ? Suis-je en mesure de créer / inventer un jeu de rôle qui soit une œuvre d’art. Pas le jeu en lui-même, pas l’objet libre qui porte le jeu, mais créer un jeu de rôle dont l’expérience soit une œuvre d’art ? C’est ma question. C’est aussi mon ambition. Pousser certains curseurs du jeu de rôle assez loin pour créer un jeu expérimental, un jeu d’expérience, une expérience qui soit une œuvre d’art ; vous êtes une couleur, vous avec la capacité de vous déplacer et de contaminer par votre couleur une matière, un objet, un bâtiment et vous voilà projeté au cœur d’une ville moderne. Ce n’est même pas un exemple, juste une ébauche de pensée. Jouez donc l’expérience de cette couleur, bleue, verte, mauve, jouez dans l’espace urbain et cela créer une œuvre d’art, une œuvre sans preuve. Vous êtes une lumière filante dans l’univers, non, vous êtes au volant d’une voiture lancée à vive allure sur l’autoroute. Personne devant, personne derrière, la nuit défile à vive allure, vous êtes libre de gérer votre conduite, prisonnier ou non des railles de sécurité et soudain au loin des phares viennent dans votre direction, et soudain au loin, vous supposez une silhouette sur la route, que faites vous ? Une expérience de jeu en tant qu’œuvre, l’expérience comme une œuvre, le ressenti comme une œuvre. Est-ce possible ? Est-ce plausible ? Est-ce que je vais y arriver ?

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Rédigé par Ceci est un blog

Publié dans #jdr, #écrire, #créer, #art

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Publié le 12 Mai 2015

Un jour nous arriverons à la fin de la réalité, des possibles et de l’univers. Ce n’est pas garanti mais c’est certain. C’est dans un temps éternel et impossible à se représenter décemment, mais cela n’empêche pas que ça arrivera. L’univers, la matière, la lumière, les lois physiques arriverons à la fin, à leurs fins, une à une jusqu’à ce qu’il reste moins que le rien, moins que le néant. On le sait, disons qu’on le suppose avec force et certitudes mais la distance de cette inexorable fin la rend abstraite. Très bien, nous ne sommes que des bébés autruches dans le désert de notre futur. Mais je me demande quand est-ce que l’humanité prendra cette donnée en compte. Prendre en compte la fin de tout, la fin totale et inexorable ; car même si l’univers ne se dissout pas dans son propre vide, à coup sûr la Terre disparaîtra. Et aujourd’hui, assis sur la terrasse, au soleil, dans le calme du printemps, je sais que seule l’imagination a le pouvoir de sauver le monde. Ce n’est pas une expression et surtout pas une métaphore, c’est une vérité ; à l’heure actuelle la seule arme contre la fin du monde programmée dans un futur lointain c’est l’imagination. La science n’est qu’un outil à la solde de l’imagination ; aujourd’hui au calme de mon printemps d’homme à la plume et à l’imagination en action je me sens le sauveur d’un monde dont je ne sais le nom et qui ne saura jamais le mien, pourtant cela m’offre une sensation grisante de pouvoir.

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Rédigé par Ceci est un blog

Publié dans #SF, #science, #Réflexion, #imagination, #créer

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