Vacarme crânien

Publié le par Rémy

Moi l’homme à la pensée bruyante, l’homme au vacarme crânien récurent, j’éprouve souvent le besoin ou la nécessité de couvrir ce vacarme là à l’intérieur de moi avec un vacarme extérieur. Vacarme qui n’en est que rarement un en réalité, parce que plus que d’un vacarme pour vaincre mon bruit intérieur qui déblatère des pensées en permanence j’ai surtout besoin d’un fil de dialogue, une conversation, une voix humaine, j’ai besoin d’attacher mon attention à des paroles pour les écouter et m’oublier dans ce geste d’écoute.

Est-ce humain ? Suis-je humain ? Je le pensais, aujourd’hui je me le demande, mais humain ou non cela reste moi.

Mais parfois l’être que je suis, qu’importe le degré de normativité que je peux revendiquer, a besoin de laisser se faire le silence autour de lui pour écouter ses pensées et souvent alors pouvoir les écrire. C’est au final un moment plutôt rare, toujours conscient et donc forcément précieux. Un instant de recueillement qui ressemblerait presque à une délivrance ; au fait de littéralement délivrer mes pensées comme le messager vient délivrer son message, comme le chevalier vient délivrer sa princesse, ma prose est un message, ma prose est une princesse, mon crâne est un vélin, mon crâne est un donjon et le silence ma page livre.

Vacarme crânien
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article