Deuxième mi-temps

Publié le 9 Juillet 2016

Continuez donc du mépriser le peuple qui s’émeut et se passionne pour le foot en nous faisant croire que cette émotion éclipse la possibilité d’un engagement politique et social. Continuez donc d’opposer le besoin d’exulter dans une communion viscéral et la nécessité de porter des idéaux. Oui, continuez donc de singer ce clivage entre le peuple beauf et bœuf et les porteurs d’idées.

Continuez ainsi mais laissez-moi penser que cette posture est un leurre autant qu’une erreur de vos analyses. Soyons d’accord, je respect ceux qui emmerdent le foot et qui expriment leurs désintérêt pour la langue dramatique du sport. Mais votre désamour et votre imperméabilité à cette zone de culture populaire ne suffit pour expliquer la déliquescence de notre société. Ce n’est pas la première fois que le vote démocratique amène au pouvoir un pantin trop faible pour supporter l’ampleur de la tâche politique qui consiste à conduire un peuple dans une direction idéologique qui devrait elle-même servir ce peuple et non l’asservir. Il y a eu des démocraties de droite, des démocraties de gauche, même des démon-craties de cohabitation et toujours les intérêts financiers sont passées avant l’intérêt de bien commun de toutes les couches de la société. La démocratie n’a pas attendu un euro de football ou une coupe de monde pour révéler ses failles, ses faiblesses et ses limites.

A m’écouter je pourrais croire que je cherche à défendre la doxa, mais je suis sûr que je la maîtrise tout autant que vous. Ce qui me choque dans vos postures qui opposent 49.3 et score de foot, c’est que vous laissez sous-entendre que c’est le sport qui vide les esprits de nos contemporains alors qu’il me semble évident que le peuple n’a pas attendu cet euro pour illustrer sa bassesse, sa misère, sa crasse et son incapacité à se montre digne de son esprit critique et de sa capacité à s’autodéterminer. Le foot et le sport de masse, sport spectacle ne sont pas responsables de cette aporie des idées des politiques et de leurs doxas.

Laissez donc au sport ses vertus archaïques permettant exultation et communion et si vous désirez fustiger le peuple ils faut vous en prendre à la racine de son inculture crasse.

Rédigé par Monsieur C

Publié dans #Sport, #Réflexion

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