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Publié le 18 Octobre 2016

1991 l’athlétisme entre dans ma vie par le biais du petit écran, des championnats du monde d’athlétisme et de la passion électrique, électrique et contagieuse qui anime la famille autour de ce rituel télévisuel fiévreux. Je ne dois pas encore avoir treize ans mais je tombe dans cette passion de spectateur, la ferveur et le plaisir qui se partagent autour des noms, des corps et des chiffres qui codent les performances et que l’on apprend avec ma sœur comme d’autres enfants ont sûrement appris des prières sacrées. L’année d’après la passion se confirme avec les jeux olympiques de Barcelone qui ouvre cette drôle de religion sportive à d’autres saints que ceux de l’athlétisme. C’est à cette époque toujours que j’entre dans la culture du supporter du foot, la première vraie coupe du monde que j’ai suivie avec l’assiduité d’un jeune supporter c’est celle de 90. Bien sûr j’ai de vagues et lointains souvenirs de la main de dieu en 86 et de mon père qui regardait le match avec des cousins plus âgés. De la même manière j’ai découvert l’olympisme avec Barcelone mais j’ai des bribes de souvenirs du 100 mètres de Séoul sacré et salie par la Ben Johnson.

 

Tout s’est joué là, à l’entrée de la dernière décennie du siècle. Ces graines de la passion de supporter n’ont jamais démenties leur force. C’est avec cette force, cette fougue, cette envie d’en voir, d’en percevoir et d’en ressentir toujours plus que je me suis retrouvé dans des stades d’athlétisme pour palpiter au rythme des championnats du monde à Séville, à Athènes, à Paris, à Osaka. Si je voulais parfaire mon introduction je devrais aussi parler de ma naissance à la photographie, ma passion pour les images et pour la réflexion, le savoir, la culture et la culture des images, mais si j’entre dans ce genre de détail mon introduction finira par avoir des allures d’autobiographie alors que je ne suis là que pour vous chroniquer l’entrée de quelques ouvrages dans la bibliothèque chinée.

 

Le premier de ces livres c’est Séoul 88, les 24es Jeux Olympiques au jour le jour et vous comprenez je suppose un peu mieux l’angle de mon introduction. C’est un joli livre de photos aux éditions Solar et France Loisir qui date sans surprise de 1988. Et comme son titre est très honnête, il relate jour par jour le déroulement de ces jeux olympiques, bien sûr en préférant les images chocs ou marquantes comme le plongeur Greg Louganis connu pour s’être ouvert la crâne sur le plongeoir en ratant un saut, qui reviendra avec ses points de sutures pour remporter le titre. Nageurs, sprinteurs, et tous les autres sont là, des noms que j’ai connus et d’autres que je redécouvre. J’aime beaucoup faire cette lecture rétroactive du sport, observer les corps trente années en arrière, regarder les équipements, les mouvements et voir comment l’émotion d’un moment se transporte dans le temps. Qui imaginait en 1988 que Jean-françois Lamour cet escrimeur champion olympique deviendrait ministre et député ? Un livre avec surtout des images, et ces images me parlent, elles me parlent du sport et elles parlent à ma nostalgie comme elles parlent à mon regard ; livre acheté pour 1 euro. Je suis très content de cet achat.

 

Le second ouvrage est sobrement intitulé Athlétisme Dieux et Déesses. Je crois que cette fois nous sommes en plein dedans. Sur la couverture avant la silhouette emblématique de Carl Lewis. Sur la couverture arrière la silhouette sculpturale de Merlene Ottey, le ton est donné ; ce sont là deux figures intimes élevées au rang de mythe, le titre n’était pas mensonger.  C’est un ouvrage édité aux éditions Messidor en mai 1991, quelques semaines avant les championnats du monde d’athlétisme de Tokyo. Ce livre se présente comme un menu de ces championnats à venir, pour chaque discipline il présente les grands noms, les stars, les possibles vainqueurs. Pour chaque épreuve, pour chaque sportif, un texte, des photos et tellement de souvenir qui me reviennent. Il y a ceux que j’ai vu courir, ceux dont j’ai entendu le nom, ceux que je découvre et il y a ceux qui n’étaient pas encore devenus les légendes qu’ils deviendront. Le livre n’est pas épais mais il est généreux en noms, en photos et en émotions qu’il me procure. Lui aussi je l’ai acheté pour 1 euro, ce qui me paraît être un très bon prix au regard des émotions que j’y retrouve. En plus ces deux ouvrages qui ont plus de 25 ans sont dans un parfait état, intérieur et extérieur.

 

Je pourrais arrêter cet article ici parce que je n’ai pas chiné d’autres livres de sport ce week-end, mais pour évacuer la possibilité d’un retard je vais continuer en trouvant un drôle de fil conducteur. Ce fil c’est Barcelone, berceau de ma rencontre avec l’olympisme et terre d’expression d’un architecte que j’ai découvert lors de mes dernières vacances avec ma petite amie : Antoni Gaudi. Et donc ce week-end j’ai rencontré un petit livre qui s’appelle Gaudi, une introduction à son architecture chiné pour 2 euros. Le prix n’est pas la meilleure affaire que j’ai faite, mais après avoir pris une très grosse claque en rencontrant l’architecture de ce personnage hors norme, architecte et artiste et assurément immense génie de son temps et des temps futurs, je n’avais pas envie de négocier le prix, je voulais juste repartir avec l’ouvrage. Il contient un essai de Juan-Eduardo Cirlot sur l’œuvre de Gaudi illustré par de nombreuses et très belles photographies de ses réalisations. Avec ce livre je vais pouvoir poursuivre la découverte du travail fascinant et renversant de force et de modernité de Gaudi et c’est là une perspective qui me réjouis parce que j’ai vraiment eu un coup de foudre pour l’esprit de cet homme dont je pressens la grandeur.

Le jeune Segueï Bubka respire cette nostalgie que j'aime retrouver comme la féline Merlenne Ottey
Le jeune Segueï Bubka respire cette nostalgie que j'aime retrouver comme la féline Merlenne Ottey
Le jeune Segueï Bubka respire cette nostalgie que j'aime retrouver comme la féline Merlenne Ottey

Le jeune Segueï Bubka respire cette nostalgie que j'aime retrouver comme la féline Merlenne Ottey

Séoul prémince d'une passion que je ne connaissais pas encore en direct mais dont j'ai reçu l'aura
Séoul prémince d'une passion que je ne connaissais pas encore en direct mais dont j'ai reçu l'aura
Séoul prémince d'une passion que je ne connaissais pas encore en direct mais dont j'ai reçu l'aura

Séoul prémince d'une passion que je ne connaissais pas encore en direct mais dont j'ai reçu l'aura

 Voilà 4 euros bien dépensés qui font monter la somme totale des dépenses pour chiner sa bibliothèque à 78 euros.
 Voilà 4 euros bien dépensés qui font monter la somme totale des dépenses pour chiner sa bibliothèque à 78 euros.

Voilà 4 euros bien dépensés qui font monter la somme totale des dépenses pour chiner sa bibliothèque à 78 euros.

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Publié le 22 Août 2016

La France héroïque, la France équipe vaincue et perdant magnifique ; la gloire de mes héros s’inscrit parfois en larmes salées et en défaites amères. Quoi de mieux pour terminer les jeux qu’une dernière finale ; et hier soir boxe, basket, handball nous offraient les dernières incertitudes d’émotions métalliques avant que ne se clôture pour quatre années la valse des quinze jours olympiques. Comme c’était déjà le cas depuis déjà huit ans, l’équipe de France de handball entrait en finale afin d’y écrire sa légende. Je suis un fervent supportaire de ce sport, croyez donc à mes yeux de Chimène mais ne niez pas que si Usain Blot est entré en légende en glanant trois titres olympiques sur 100 mètres alors nos handballeurs pouvaient parapher le même contrat de légende s’ils parvenaient à accomplir eux aussi, tous ensemble, la conquête d’un troisième titre olympique.

Hier malheureusement l’équipe de France de handball a perdue. Comme les filles inespérées d’argent la veille, les garçons ont perdus. Ils sont tombés de leurs piédestal pour s’échouer sur la seconde place du podium, félicités d’argent et glorifiés d’être seconds. Mais peut-on se glorifier d’une simple seconde place lorsque l’on est habitué à remporter l’or et les titres ? Peut-on se réjouir d’une défaite lorsque l’on est tenu par l’attente d’un public de supportaires et un second de néophytes passionnés à briller au firmament ? Je suppose que non et pourtant j’affirme que oui.

La grandeur de cette génération de handballeurs, et plus généralement la grandeur de ces  d’équipe de France successives dont le liant passe par les mains du gardien Thierry Omeyer et par les mains de la légende Daniel Narcisse qui dans un ultime coup de rein est parvenu à qualifier la France en finale comme quinze ans en arrière l’iconique Jackson Richardson qualifiait l’équipe de France pour la finale du championnat du monde que les français allaient gagner en battant déjà les allemands d’un but venu d’ailleurs, oui la grandeur de cette équipe là, multiple, fractale et unique dans la dominance de ses victoires s’est aussi écrite dans la défaite olympique des jeux de Rio.

Il n’y a pas de grandeur sans décadence, il n’y a pas de héros sans crépuscule et on ne fait pas de légende sans l’affront de farouches adversaires. Les allemands en demi-finale ont voulu être ses adversaires virulents qui parviennent à défaire l superbe de l’équipe de France. Mais nous avons un contentieux avec eux depuis une demi-finale de championnat du monde en 2007 chez eux où le but qui Michael Guigou qui permettait à la France de poursuivre le match au-delà des prolongations nous a été volé par des arbitres partisans et nous ne pouvions pas laisser les allemands gagner cette fois ci et endosser le beau rôle du chasseur avec son trophée olympique. Les allemands ne pouvant jouer ce rôle il ne nous restait plus que les guerriers danois pour nous terrasser et jouer avec la France la partition d’une légende écrite à quatre mains. Il nous fallait perdre, chuter si proche d’une victoire légendaire pour devenir une équipe de légende.

Entre l’équipe de France de handball et Usain Blot il n’y a qu’une seule différence et cette différence c’est Mikkel Hansen. On ne pouvait pas choisir meilleur bourreau pour enflammer le ciel crépusculaire de notre équipe de France. Usain Bolt partira un jour comme il est venu, seul, avec ses titres, ses gimmicks, ses slogans et ses chronomètres laissant dans les tablettes de l’athlétismes des nombres qui finiront par devenir énigmatiques, irréels et déshumanisés comme sont les records laissés par les athlètes des pays de l’Est dans une époque où les murs cachaient tant bien que mal l’histoire affolante du dopage. Mais l’équipe de France de handball laissera une histoire dont le dernier chapitre s’est ouvert hier soir dans la défaite honnête offerte par les danois, un dernier chapitre dont on a laissé à l’esthète Mikkel Hansen le luxe de le parapher de sa marque. Dans quelques mots les championnats du monde de handball se dérouleront les France, et à coups sûr le crépuscule de cette équipe de France se parachèvera, je l’espère par un feu d’artifice mémorable qui précédera la nuit.

Hier soir à Rio se sont les prémices de ce crépuscule qui sont apparus dans le ciel de l’équipe de France de handball et même si c’est un peu triste je ne peux pas m’empêcher de trouver ça beau.  

Chronique de jeux olympiques
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Rédigé par Monsieur C

Publié dans #Rio2016, #Jeux Olympiques, #Sport

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Publié le 20 Août 2016

Inexorablement nous approchons du dernier acte de ce barnum olympique. Et si depuis déjà quelques jours je lutte pour refouler les vagues de mélancolies liées aux manques qui vat se lover en moi une fois la flamme éteinte, je me dis que je ne peux pas tourner cette page sans écrire sur l’érotisme inhérent à l’exhalation des corps, écrire sur l’érotisme qui innerve chaque épreuves en toute discrétion. J’ai glosé la dramaturgie du sport puis j’ai glosé l’esthétique du sport, pour clôturer le triptyque de mes passions je vais gloser les corps, le masculin et le féminin qui transpirent et me transportent de l’émotion à la pulsion, de l’esprit au corps et je parle ici du mien.

Les jeux olympiques c’est  deux semaines durant lesquelles des hommes et des femmes vont affronter les performances de leurs corps drapés dans des tenues réduites à une pudeur qui vise à n’entraver aucun mouvement ; lorsque que l’on formule les jeux sous cet angle alors on comprend que ce sport est aussi une joute érotique. Rien n’est affirmé dans ce sens, et rien n’est fait dans ce sens, ce qui compte c’est la performance et le résultat olympique. Mais paradoxalement, pour moi la volonté de ne pas chercher à sexualiser l’effort et le sport est déjà un point important sur lequel une forme d’érotisme doit s’appuyer. En effet je considère l’érotisme qu’à partir du moment où il émerge là où l’on ne l’attend pas. Et c’est bien le cas ici ; il se passe quelque chose, des corps se dévoilent là où l’on attend d’eux un résultat sportif.  

Il est question du corps, mais je voudrais qu’il soit clair qu’il n’est pas question ici de limiter l’érotisme à l’esthétique dénudé des corps. Lorsque je dis que les corps se dévoilent je veux dire qu’ils dévoilent leurs présence, ils se révèlent aux spectateurs parce qu’ils s’expriment par le biais d’eux-mêmes. Qu’importe le sport, qu’importe la tenue, lorsqu’une épreuve débute il s’agit d’une femme, ou d’un homme, qui vient sur le devant de la scène par le biais de l’expression de son corps. Hors du cadre de la compétition sportive, les corps sont les véhicules d’enjeux sociaux et s’ils entrent nécessairement dans les rapports humains ils n’y entrent presque jamais seulement par et pour eux-mêmes. Ici les corps s’expriment pour eux-mêmes et les individus existent à travers eux ; il n’est pourtant pas question d’objectiser les individus en les réduisant à un corps beautés, il est question ici d’exprimer la capacité transcendantale d’un corps. Cette présence parfois fulgurante où le corps s’exprime en repoussant ses limites est porteuse d’un érotisme qui me parle. Ce sont des corps qui parlent de leurs vérités et de leurs réalités physiologiques. Les individus ne sont pas là pour se mettre en valeur, les corps suent, les muscles bandent, les gens souffrent, se consument en se contraignent dans un geste puis ils exultent. Les corps vivent dans une violence brutale, dans l’expression d’eux-mêmes. C’est dans un premier temps une expression asexuée qui affirme sa présence mais lorsque je suis confronté à la présence irrémédiable du corps je suis submergé d’un ressenti érotique.

Le corps qui exulte, le corps contraint, le corps expression de sa présence, ce corps là est le corps de la sexualité. Ce que je veux dire c’est qu’en dehors de la compétition sportive, ce corps là l’individu ne le côtoie que dans sa sexualité. Contrainte, effort, exultation pour viser à une forme de transcendance ; du lit de la sexualité à la piste de l’athlète il n’y a qu’un pas que mon esprit fantasmatique franchi mille fois.  

Mon érotisme étant à multiple facette je dois bien avouer que la présence des corps féminins me renverse par la beauté sculpturale de ces femmes. Ce que j’aime durant les jeux olympiques c’est que la beauté des corps féminin, et celle des corps masculins, exprime ici mieux qu’ailleurs sa profonde diversité. À chaque sport ses corps, à chaque types de corps ses morphotypes et leurs expressions. Tous ces corps dans leurs diversités caricaturales campent tous un érotisme certain. Faut-il y voir une orgie ou une leçon ? Je ne sais pas car je me contenter d’aimer ici la sensation de redécouvrir que l’érotisme ne tient pas à une forme figée ni à un canon préétabli ; et si c’est un lieu commun de le rappeler c’est un lieu commun qui s’oppose à d’autres préjugés. Pourquoi je les trouve belles et en quoi cette beauté m’est érotique ? D’épreuves en épreuve j’assiste au ballet des corps de femmes, du lancé de marteau au 100 mètres, de la natation à l’haltérophilie, de l’escrime à la gym dans chaque épreuve je découvre des corps qui me parlent la langue de l’érotisme. Car ce que je vois ce sont des femmes qui semblent être à l’aise avec leur corps. En tout cas des femmes qui savent évoluer avec leur corps dans une relation d’intense réciprocité. Dans la vie plus quotidienne on croise régulièrement des femmes qui semblent être en conflit avec leurs corps et ce malaise, cette relation contrariée, est un frein à mon érotisme. Alors quand à l’inverse je découvre des femmes qui ont su faire de leurs corps un outil de travail devenu une machine de précision et que je vois qu’elles ont trouvé la voie pour travailler en relation avec lui, je me surprends à éprouver de l’érotisme car cette relation intense d’un individu et de son corps est source de mon érotisme.

Et pour finir c’est qu’elles sont belles ces femmes que je trouve belles. Et pour finir c’est qu’ils sont beaux ces hommes que je trouve beaux ; qu’importe leurs corps je me délecte de l’esthétique érotique qui susurre au creux de mon oreille. Des corps dans l’effort, des corps sans effet de séduction, des corps présents, des corps que j’aime.

Chronique érotique de l'olympisme
Chronique érotique de l'olympisme
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Rédigé par Monsieur C

Publié dans #Jeux Olympiques, #Rio2016, #Sport, #érotisme

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Publié le 19 Août 2016

Christophe Lemaitre est un extraterrestre. Aussi incroyable que cela puisse paraître je suis convaincu que le sprinteur français est un extraterrestre ; et j’affirme cela sans fonder mon jugement sur ses performances. Dans l’univers du sprint la grammaire du langage corporel est très codifiée au point de frôler parfois la caricature. Un sprint vit et se joue bien en amont du coup de feu et dans ce laps de temps de l’avant course chaque athlète use de ce langage du corps pour déjà influé sur le rapport des forces qui sous-tendent les cents mètres d’une course comme des forces telluriques. Actuellement Usain Blot est certainement le meilleur porte drapeau de cette expression codifiée, il campe ce jeu muet de l’avant course de manière ostentatoire me laissant parfois penser de lui qu’il n’est qu’un automate bien huilé, mais cette saillie gratuite n’est pas au centre de mon propos.

Cette pantomime est l’héritage d’une tradition du sprint et d’aussi loin que je puisse me le rappeler, c'est-à-dire depuis la finale du 100 mètres à Tokyo en 1991, le rapport de force des personnalités s’incarne dans une joute implicite qui se joue derrière les plots de départ. L’indifférence ébène d’un Carl Lewis, l’insolence caraïbéenne d’un Ato Boldon, la perspective sculpturale d’un Lindford Christi, l’arrogance canine de Maurice Greene, chaque école de sprint avait son dialecte d’avant course et sur la scène du départ ce dialogue outrancier écrivait déjà la course.

C’est ainsi, c’est ancien, c’est nécessaire et c’est en cela que Christophe Lemaitre est un extraterrestre. Encore aujourd’hui, chaque homme qui vient se positionner sur la ligne de départ cherche à exprimer sa détermination avec force cherchant à impressionner ses adversaires ou s’attirer les faveurs de son dieu. C’est ainsi, c’est toujours, c’est eux tous et puis il y a Christophe Lemaitre. Lorsqu’il arrive sur le stade et qu’il s’installe derrière son plot au milieu des athlètes surmotivés qui montrent les muscles comme une meute de loups, je vois un grand dadais dégingandé qui se tient là avec des grands yeux écarquillés qui semblent demandaient ce qu’ils font là. Il prépare son départ, il installe ses starting-blocks et il se tient là à attendre que les autres finissent de jouer pour commencer à courir.

Comme beaucoup je me suis souvent moqué du charisme de Christophe Lemaitre avec son cheveu sur la langue et sa spontanéité désarmante. Parce qu’en plus de ne pas chercher à imposer une image sur la ligne de départ, en plus de ne pas rouler des mécaniques et de gonfler le torse pour se faire plus gros que les autres, lorsque la course est finie Lemaitre reste le même grand dadais dégingandé qui ne joue aucun rôle et qui s’exprime avec sincérité. Entre ces deux instants, après le coup de feu du départ et l’arrivée du sprint Christophe Lemaitre se mue en coureur qui s’incarne dans une foulée qui l’arrache des moqueries.

Et ne venez pas me dire que c’est parce qu’il est blanc qu’il ne sait pas rouler des mécaniques comme Usain Blot et tous les autres. Les espagnols, les italiens et tous les autres européens jouent à afficher leurs déterminations. Et si on se penche sur le sprint féminin aujourd’hui Dafné Schippers et hier Zhanna Pintusevich incarnent des sprinteuses blanches qui derrière leurs plots de départs campent mieux que personne le jeu outrancier de la détermination exprimée avec force et fureur. Dans son rôle de sprinteur d’une finale olympique Christophe Lemaitre et son allure de poupée de chiffon abandonnée dans un chenil fait office d’extraterrestre. Un extraterrestre merveilleux qui est passé dans mon esprit d’objet de curiosité à objet d’admiration.

Chronique de jeux olympiques
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Rédigé par Monsieur C

Publié dans #Jeux Olympiques, #Rio2016, #Sport, #Réflexion

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Publié le 18 Août 2016

Les jeux olympiques ne ressemblent jamais plus aux jeux olympiques que sur un stade d’athlétisme. Je ne boude jamais mon plaisir devant aucun des sports qui se voient offrir un déroulé olympique et j’encourage même le CIO à faire tourner les disciplines dans une noria chronométrée entre nouveauté et tradition. Mais lorsqu’il s’agit pour moi d’avoir en tête une image des jeux olympique je vois un stade où des athlètes dépensent sans compter leurs efforts musculeux et suants. Le corps de l’athlète dans un effort anonyme c’est cela pour moi le visage des jeux olympique.

L’athlétisme ne ressemble jamais plus aux jeux olympiques que durant les épreuves combinées et les concours où se répètent les gestes quand se succèdent les hommes et les femmes. Voilà dix jours que je glorifie l’émotion transporté par la narrativité du sport et aujourd’hui subitement je prends le contre pieds de moi-même et j’affirme que l’image des jeux olympiques, son esthétique fondamentale, se joue lorsque des corps anonymes répètent des gestes athlétiques. De la même manière dont je pense que l’émotion du sport surgit bien mieux lorsque l’épreuve est revisionnée une seconde fois et donc qu’elle est dépecée de la tension et de l’adrénaline qui sont provoquées par l’incertitude glorieuse, je pense que l’esthétique du sport surgit bien mieux lorsque l’épreuve est nettoyée de sa narration noueuse et souterraine.

Les sprintes et les courses sont souvent des courses d’un jour dont le déroulé invite à focaliser son attention sur la narration dramatique de l’enjeu. Les athlètes concourent en simultané et l’attention se concentre avant tout sur l’incertitude du vainqueur et la tragédie des perdants. On ne se délecte pas réellement la nature du geste ; même si le ralenti permet parfois d’extrait le geste de son ensemble narratif. Pour réduire l’esthétique olympique à un concours d’athlétisme ou à une épreuve combinée il faut comprendre que ces épreuves là reproduisent en grandes séries le même geste. Un par un les athlètes répètent inlassablement le même lancé, le même saut, la même tentative de sport. Et lorsque le concours est bien filmé, c'est-à-dire qu’il est retransmit dans l’intégralité de ses essais on fini par oublier l’enjeu des médailles et on commence à entrer dans l’admiration du geste. Et si je joins les épreuves combinées aux concours pour styliser l’esthétique olympique c’est que pour le néophyte le décathlon ou l’heptathlon parvient à éviter la starification des épreuves uniques. Le sprint et les courses sont formatés pour mettre au firmament un homme ou une femme qui sera champion après sa dernière foulée.

Dans le déroulé d’un décathlon la dernière foulée d’une épreuve n’est qu’un pas vers l’épreuve suivante et le meilleur d’une épreuve ne sera pas forcément le champion de la suivante. Alors, quand on a la chance d’assister dans son longueur à une épreuve combinée on découvre petit à petit la grande esthétique des corps athlétiques contraints par un effort antique. On s’éloigne doucement des machines de pointes formatées pour concourir sur qu’une seule épreuve et on embrasse ces corps noueux qui s’expriment sur toutes les disciplines du stade. Ils sont nombreux, tous différents, et les sauts s’enchaînent, les lancés se suivent, même les courses se répètent et émerge toutes les différences des corps et les nuances maladroites des techniques et soudain on réalise que l’on n’est plus en train de suivre un classement, on assiste à un geste et on s’émerveille de la nature du geste. Qu’importe la hauteur, la longueur, la performance, nous sommes devenus spectateur d’un geste esthétique d’une grande force. Je remercie encore une fois Canal Plus de nous avoir offert de longs moments d’épreuves combinées en espérant que d’autres personnes aient succombés à l’esthétique olympique.

Chronique de jeux olympiques
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Rédigé par Monsieur C

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Publié le 17 Août 2016

Chaque nuit je me réveille et devant ma télévision je m’enthousiasme pour les jeux olympiques. Chaque nuit il y a matière à me passionner ; au fond de ma nuit, entre le jour et le sommeil dans une parenthèse interstitielle du réel je trouve toujours à vibrer. Un match de handball féminin, un 110 mètres haies, une victoire qui va se gagner dans les retranchements d’une équipe, il a toujours matière à m’insuffler de l’adrénaline. Seul, supporter solitaire rivé à mon canapé rouge comme un acteur soliloquant sur sa scène je n’hésite pas à crier, j’éructe lorsque le sort bascule du bon côté et je colère à l’inverse lorsque l’incertitude du cœur l’emporte sur tapis vert ; la passion palpite comme une corde lourde qui vibre intensément à chaque assaut de cette adrénaline qui exulte en moi lorsque le sport écrit ses pages les plus épiques.

Si je me tiens éveillé nuits olympiques après nuits olympiques c’est que l’adrénaline distillée par ces JO repousse la fatigue. J’aime cet état de supporter qui se tient debout sur le flot tumultueux du sport incertain, romantique et narratif. Et lorsque la nuit olympique s’arrête, j’éteins ma télé et je laisse retomber doucement cette agitation intérieure jusqu’à ce que le sommeil revienne prendre la place qui devrait être la sienne.

Dès le lendemain matin je rallume ma télé et je remercie Canal Plus pour son émission Tout Rio qui relate en images et commentaires la journée écoulée la veille. En toute logique je connais déjà tous les résultats, je connais la fin de chacune des histoires qui se sont déroulées hier et pourtant je regarde avec une avidité différente ces résumés. Lorsque je suis purgé de l’adrénaline que provoquent la tension et l’incertitude du direct des épreuves je deviens alors particulièrement réceptif aux émotions. Chaque matin je regarde les résumés d’épreuves dont je connais le résultat et ça ne manque pas, il y a chaque matin un moment où je ne peux pas retenir mes larmes. Est-ce la fatigue qui s’accumule qui me rend plus sensible moi qui me prétend régulièrement comme un cœur de pierre ? Je ne sais pas, mais je ne le crois pas parce que je sais que ce sport là, que cette expression dramaturgique du sport, a toujours été ma principale source d’émotion. Des mois, voir des années après le titre de champion du monde des handballeurs français en 2001 il m’est arrivé de me retrouver en larme rien qu’en retraçant dans un dialogue imaginaire de moi avec moi l’incertitude de la finale et l’égalisation de Gregory Anquetil. Chaque matin je rejoue cette quête à l’émotion, plus précisément je cultive ces émotions pour m’en nourrir et m’en enrichir.

Je ne connais rien qui me provoque de pareilles émotions que d’assister à des enjeux sportifs qui se dénouent dans l’effort de chacun. Et pour moi ça va plus loin que la performance, que le geste ou le compte patriotique d’une médaille. C’est le chemin d’une vie qui durant quelques minutes, quelques heures, se dénouent devant nous. C’est d’une impudeur et d’une intensité touchante, et ce que je ne trouve pas chez Usain Bolt, je le retrouve partout ailleurs dans les luttes sincères d’athlètes qui livrent l’effort d’une vie.

Lorsque je revisionne une épreuve et que je n’ai plus l’adrénaline provoquée par la tension induite par l’incertitude, lorsque que je revisionne une épreuve en connaissant et le dénouement et la dramatique de l’épreuve alors je peux percevoir au mieux les émotions qui sont enjeux et sous-jacentes dans l’épreuve. Je pourrais lister ces moments de renversement durant lesquels je ne suis qu’une émotion intense devant l’émotion d’athlètes, mais ça n’aurait pas forcément beaucoup de sens parce que ce qui me parle à moi ne parle pas nécessairement aux autres et parce que ce partage d’émotion impudique et sincère qui se joue entre l’athlète et le supporter relève de l’intime. Bien sûr je parle d’une intimité médiatisée par la télévision, et d’ailleurs ce n’est pas pour rien que j’éprouve beaucoup plus de plaisir à regarder les jeux olympiques qui se déroulent dans un pays avec lequel le décalage horaire est si grand que les épreuves se jouent durant notre nuit. Parce que ces nuits olympiques sont de biens meilleurs écrins à ce partage émotif que les jeux qui se déroulent dans un fuseau horaire voisin.

C’est lorsque je prends conscience de la dramaturgie d’une épreuve, que je me la remémore, que l’émotion monte en moi aussi sûrement que la colère m’inonde lorsque je regard le 20 heures de TF1. C’est pour cette raison que je trouve primordial et important de véhiculer les narrations, les histoires et les éléments de développement qui permettent de percevoir la dramaturgie qui porte l’émotion. Cette transmission là dépend beaucoup des commentateurs qui peuvent ou non donner aux néophytes les codes pour se laisser emporter cette émotion.

Vous pouvez trouver cela idiot, vain et ridicule, je ne viendrais pas vous convaincre du contraire si tel est votre conviction. En aucun cas cela fera changer ce que je vais chercher dans le fait de suivre les jeux olympiques ; l’épreuve olympique est faite pour être celle d’une vie, et cette plus-value culturelle qui est au cœur du principe des JO crée des moments de transcendance privilégiée là où une femme ou un homme trouve la force de se délivrer de son histoire pour en écrire une nouvelle page. Hier Mélina Robert-Michon qui décroche une médaille et un record de France à 37 ans pour sa cinquième participation aux JO m’offrait un de ces moments dont je nourris mes émotions. Chaque jour, deux types d’émotion, l’incertitude et la tension induite, puis les larmes et l’émotion et chaque jour je sens monter, déjà, l’ombre de la nostalgie parce que je sais que les jeux vont finir. Par chance, dans quatre ans ils seront à Tokyo ; décalage horaire merveilleux, presque parfait et qui plus ai j’ai découverts l’athlétisme les nuits de l’été 1991 lors dans championnats du monde d’athlétisme de Tokyo …

Il suffit que je me remémore le déroulé d'une épreuve pour ressentir l'émotion remonter en moi

Il suffit que je me remémore le déroulé d'une épreuve pour ressentir l'émotion remonter en moi

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Rédigé par Monsieur C

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Publié le 16 Août 2016

Retour de nage et une nuit blanche ; des France Brésil à répétition et toujours la même fin. Je sens la fatigue peser sur mes yeux, pousser derrière le crâne comme un rideau obturant qui cherche à cacher l’intérieur suranné d’une maison de campagne. On joue en olympisme, et aujourd’hui je suis l’athlète qui laisse courir, celui qui laisse filer ses adversaires et que si contente du plaisir d’être là. Je ne vais pas épiloguer sur les polémiques, les victoires sauvées, les défaites médaillées et la sensation d’injustice à ceux qui se sentent privés de leurs lauriers. Tout ceci fait l’essence du sport, les larmes de rages, l’injustice, les sifflets, les écarts de conduites, les cris, les hourras et la valse des juges c’est la grammaire du sport spectacle ; ne cherchons pas à jouer contre, à fustiger les injustices. Et pourtant j’écris cet article en regardant le final du 10 kilomètres en eau libre chez les hommes et j’ai bien du mal à comprendre que l’on sanctionne une athlète pour avoir touché, frotté ou frappée dans le mouvement de sa nage son adversaire. Un sport de peloton, un sport d’eau vive, un sport de contact ne devrait pas se passer de ces contacts lorsqu’ils se déroulent dans le mouvement de la nage. Encore à l’instant les commentateurs désignent le finish du marathon en eau libre comme la guerre, la bataille, je m’étonne que l’on puisse batailler sans heurts.

Parfois la beauté du sport se cristallise dans l’injustice ; il y a les champions magnifiques mais il y a aussi les perdants héroïques, ceux qui ont laissé échapper une victoire à cause d’une destinée cruelle. L’écriture des narrations sportives se basent souvent sur le sens de la tragédie et c’est pour cela que l’injustice et la cruauté entrent si facilement en échos avec nos cœurs de supporters qui ont grandis dans l’ombre de la culture hellénique ; n’et-ce pas d’ailleurs là bas que les jeux olympiques sont nés ?

Et sans gratuité, ni mauvais esprit, je voudrais laisser ici quelques mots sur le podium du 100 mètres qui a sacré hier la victoire de Usain Bolt. Je ne sais pas si c’est ma mauvaise langue qui influe sur mon regard mais ce podium m’a paru sans âme, sans émotion. Alors que les officiels remplissaient leurs rôles, on pouvait voir Usain Bolt, le visage neutre, lancer régulièrement des regards par-dessus son épaule. Un complotiste aurait vu dans ce regard une pointe d’inquiétude d’un homme qui regarde derrière lui personne ne le suis. Le canadien André De Grasse était en retenu, le sulfureux Justin Gatlin affichait un sourire satisfait mais artificiel et Usain Bolt était là à attendre sans émouvoir. Lorsqu’il est monté sur sa première marche il a l’expression attendue, trop attendue pour paraître sincère, et rapidement la cérémonie s’est terminée. J’ai envie de croire que je ne suis pas le seul à avoir ressenti cette fraîcheur sur le podium du 100 mètres, j’ai été étonné par exemple de voir comme les télévisions ne se sont pas attardées sur la cérémonie elles qui sont pourtant si promptes à glorifier la légende Usain Bolt.

Chronique de jeux olympiques

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Rédigé par Monsieur C

Publié dans #Jeux Olympiques, #Sport

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Publié le 15 Août 2016

Le show Usain Bolt à commencé et ma sœur pense à moi, elle suppose à juste ironie que cela me ravi. En effet, trois heures du matin je suis réveillé depuis quelques heures pour être sûr de ne rien manquer du show Usain Bolt en espérant toujours que la vérité du sport rattrape ce spectacle. Comme prévu tout se passe comme prévu, le héros jamaïcain fait son entrée, insolent et attendu il respect les codes de la marque Bolt, une AOC sprinte de grand spectacle en route pour la légende, avec l’application d’un VRP s’évertuant à vous vendre une assurance. Mais on passe tout à Usain Blot, parce que derrière ses singeries marketing et ses simagrées de show télé le monsieur assure le sprint comme jamais personne avant lui ; et certainement jamais personne après lui.

Trois fois l’homme devient champion olympique, c’est respectable pour une légende, les chiffres ne mentent pas, c’est le premier sprinteur à réussir cela. Et moi, depuis au moins huit ans, je ne crois pas à Usain Blot. Je vois la réalité de ses chronos, la vérité de ses médailles, je ne peux que m’incliner devant ces faits et pourtant … Je vais essayer de laisser de côté mes suspicions impies sur la possibilité de dopage et me concentrer sur mon incroyance. Le sprinteur est incroyable, mais je n’adhère ni ne croit à l’homme et à son personnage. Voilà huit ans que je reste insensible et hermétique à ce personnage autoproclamé légende par la nature des résultats ; si le sport repose sur les muscles bandés des hommes qui décrivent gestes qui inscrivent des chiffres sur l’anneau en tartan, les légendes s’écrivent avec des histoires et pour moi Usain Bolt ne sait écrire des chiffres et des lignes de palmarès sur les livres de comptes.

Huit ans et plus que le sprinteur Jamaïcain à pulvériser le sprint mondial ; en terme de record bien sûr, mais plus métaphoriquement aussi il a pulvérisé le sprint mondial, son essence, son esprit et sa dramaturgie antique. Lorsque qu’Usain Bolt s’aligne sur un 100 mètres, que ce soit en meeting ou pour l’obtention d’une médaille l’histoire est connu d’avance, le show se déroule sans accro en suivant un filage millimétré encodé par un esprit de communication bien rôdée ; ses gestes sonnent comme des gimmicks, ses sourires résonnent comme des slogans et la course aussi longue qu’une page de pub se déroule de la même façon. Et qu’importe si le sprinteur est arrogant avec ses adversaires, la plèbe tolère tous les manques de tact et de charisme et son idole et qu’importe si l’idole assure avec la foule de supporters électrisés un fan service d’automate qui s’éteint dès la piste quittée. Qu’importe l’homme, on accepte de lui  les écarts et les excès, le marketing et l’automatisme, tant que l’homme focalise sur le lui le regard de la plèbe parce qu’Usain Bolt est un aimant médiatique qui remplit les stades et aides le quidam à se lever en pleine nuit pour regarder sa télévision. Je comprends bien que l’athlétisme veuille choyer sa poule aux œufs d’or, surtout quand la poule à courue un jour le 100 mètres en 9’58’’ mais permettez moi de ne voir que la poule lorsque je regarde Usain Bolt.

J’entends déjà ceux qui me connaissent médire à mon sujet en me rappelant que je fustige le show insolant d’un Usain Blot alors que j’encensais le trash talking et le show du sprint à l’américaine des années 2000. Bien sûr ça peut sembler injuste et partisan de ma part. Mais à cette époque, lorsqu’un Maurice Greene venait rouler des mécaniques sur la ligne de départ ou lorsqu’un sprinteur jaugeait d’un regard hautain ses adversaires durant la course il n’était pas certain de gagner. Cette nuance peut sembler ridicule, pourtant elle me paraît essentielle. Faire du show une part intégrante de sa stratégie de course était un choix qui comportait un risque et conservait l’incertitude d’un résultat. Chaque adversaire jouait sa partition, c’était le ballet des bulldogs et des sphinx comme des animaux sauvages qui cherchent à s’impressionner avant d’entrer réellement en lutte pour la domination. Mais Usain Blot n’a pas d’adversaire, depuis huit ans nous savons tous qu’Usain Blot ne lutte pas contre quelqu’un, il ne lutte même plus pour un chrono tant les temps de sa jeunesse semblent inaccessibles ; depuis des années Usain Blot ne vient que faire la récolte des certitudes et se comporter comme le public l’espère, comme la télévision l’attend, comme le championnat lui demande. Et dans ce cadre là, quand un homme écrase toute concurrence sans même avoir à combattre, le show, l’expression calibrée de ce que l’on suppose être le personnage Usain Bolt apparait pour moi comme de la suffisance, de l’insolence mal placée et du mépris vis-à-vis de son sport. Si Usain Bolt continu de jouer les mauvais garçons en jouant avec ses adversaires sur la piste, s’il continu d’assurer le spectacle avant la course pour concorder aux codes de son personnage c’est pour moi qu’il est soit profondément déconnecté de la réalité du sprint et que cette insolence méprisante est de la maladresse, soit qu’il fait passer les intérêts médiatiques de son personnage avant la vérité du sport. Et dans les deux cas je n’apprécie pas la démarche.

Lorsqu’un homme écrase une discipline d’un talent hors norme et qu’il continu de lutter contre ses adversaires des velléités de suprématie c’est qu’il ne sait pas choisir ses combats. Lorsqu’un athlète est baigné d’un talent hors norme il doit pouvoir choisir des défis à la hauteur de ses ambitions. Si un Michael Phelps a su faire vibrer autant de monde ce n’est pas qu’il nageait contre ses adversaires, mais parce qu’il nageait pour l’histoire et contre la tragédie du héros déchu. Je peux évidemment me tromper, mais si Phelps avait eu l’arrogance d’un Usain Bolt il n’aurait pas gagné une telle adhésion du public. Parce que se lancer des défis plus grands que soit replace le héros dans narration à son échelle qui emporte le public avec elle. Je ne retrouve rien de cela chez Usain Bolt, je ne vois que la machine formatée à faire du marketing pour remplir les stades et les contrats des partenaires en courant 100 mètres.

Et même si je ne veux pas laisser planer mes suspicions de dopage vis-à-vis d’Usain Bolt, je ne peux que faire remarquer que depuis quelques années l’adversaire attitré d’Usain Bolt, sa Némésis médiatique c’est Justin Gatlin sprinteur américain de 34 ans, suspendant quatre ans après s’être fait prendre deux fois pour dopage, et qui court aujourd’hui plus vite après sa suspension qu’à l’époque où il était jeune est dopé. Avoir pour seul adversaire dangereux, un coureur sans charisme revenu du dopage et qui cristallise sur sa personne la détestation du public n’aide pas Usain Blot à devenir une légende. Et si je devais laisser libre cour à mes théories du complot visant à expliquer la machine Usain Blot j’aurais envie de penser que si la fédération internationale à laissée revenir Justin Gatlin pourtant suspendu deux fois consécutives pour dopage, c’est que justement il cristallise sur lui dédain, suspicions, haines et huées du public évitant ainsi à Usain Blot de se confronter aux doutes de la plèbe. Plus qu’un Némésis Gatlin est le paratonnerre idéal pour Usain Bolt.

Alors oui, hier soir Usain Blot a joué sa partition comme prévu, Gatlin dans ses valises, et les photographes avec pour lui les yeux de l’amour. Oui, hier soir je me suis levé en espérant encore une fois que l’histoire tourne à la tragédie, et moins de dix secondes plus tard j’ai accepté que ça ne serai pas pour ce jour. Rien n’y fait et peut-être que rien n’y fera, pour le moment je continu de resté imperméable au show d’Usain Blot, celui qui éclipse l’athlétisme et qui comme Attila ne laisse rien derrière lui (à part Justin Gatlin). La nuit dernière Wayde Van Niekerk à couru une course extraordinaire, au couloir huit il a remporté le 400 mètres en battant le record du monde de Michael Johnson. Un record établi  en 1999 durant les championnats du monde d’athlétisme de Séville. J’y été, nous y étions, le temps passe, les records tombent mais les souvenirs restes. Et Usain Blot peut bien continuer à gagner des courses sans enjeux il n’entamera jamais la valeur de mes souvenirs et de mes passions.

Usain Blot et Michael Johnson ont plusieurs points communs évidemment, gardons pour aujourd'hui les chaussures en or ...
Usain Blot et Michael Johnson ont plusieurs points communs évidemment, gardons pour aujourd'hui les chaussures en or ...
Usain Blot et Michael Johnson ont plusieurs points communs évidemment, gardons pour aujourd'hui les chaussures en or ...

Usain Blot et Michael Johnson ont plusieurs points communs évidemment, gardons pour aujourd'hui les chaussures en or ...

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Rédigé par Monsieur C

Publié dans #Jeux Olympiques, #Sport, #Réflexion, #Sidération

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Publié le 14 Août 2016

Cette nuit sera la nuit du 100 mètres olympique ; le temps du sacre médiatique d’un dieu choisi parmi les sprinteurs venus du monde entier se défier sur une longueur de stade. La tradition est ainsi, fidèle à elle-même depuis bien longtemps. Hier c’était donc le jour des qualifications de ce 100 mètres olympique et j’ai manqué de temps pour chroniquer mon indignation devant ce qui me semble une nouveauté. Mais l’indignation ne retombe avec les jours qui se tournent, je prends donc le temps de poser ici, l’irrévérence

En effet hier j’ai découverts qu’avant les séries du 100 mètres qui allaient décider des coureurs qualifiés pour les demi-finales il y avait trois séries préliminaires. Pourquoi des séries préliminaires ? Pour aligner et faire courir les sprinteurs les plus exotiques, ceux qui possèdent le moins d’expériences et les références chronométriques les plus basses, quand ces coureurs là en possèdent, car il y a plus d’un de ces sprinteurs qui ne possèdent pas encore de référence chronométrique sur piste. Ces séries préliminaires étaient donc là pour désigner les coureurs qui seraient admis à concourir pour les qualifications. Et je trouve cela révoltant.

En d’autres termes, ces séries préliminaires incarnent la deuxième division du sprint mondiale, une seconde division qui n’a pas lieu d’être et qui n’existe que lors de ces jeux olympiques de Rio. Il faut savoir que les nations présentes dans ces séries préliminaires, petits pays exotiques dont les athlètes ne sont pas de véritables spécialistes du sprint ont été invités par le Comité International Olympique. Elles ne s’imposent pas et on ne peut pas leur reprocher de venir pourrir les qualifications de l’épreuve reine. Avant ces jeux, lors des séries, pour le premier tour on nous offrait des séries composées d’une tête de série, sprinteur leader, quelques hommes de valeur, et quelques athlètes invités qui venaient participer aux Jeux Olympiques et pas à une course de second rang. Ainsi un sprinteur samoan légèrement en surpoids pouvait courir un jour contre une légende du sprint, un champion, voir Usain Bolt. Bien sûr personne n’était dupe de qui allait l’emporter mais cette mixitée illustrait pour moi ce qui pouvait être l’esprit olympique.

Bien sûr je sais que de l’esprit olympique il ne reste rien, cet esprit olympique que j’invoque est une peau de chagrin élimée que l’on dresse en étendard en espérant cacher des jeux olympiques qui coûtent des milliards, médiatisés, professionnalisés et qui visent à la rentabilité. Pourtant j’arrivais à croire à ces instants d’olympisme quand les neufs hommes s’alignaient sur la ligne de départ. Durant ces quelques secondes, chaque homme, chaque nation, chaque athlète était présenté sur le même pied que sont concurrents et durant ces quelques secondes là qui précédaient la course l’olympisme pouvait donner l’impression de jauger les hommes de façon égalitaire.

Créer des séries préliminaires pour faire courir entre eux des pays exotiques que la plus part des gens ne peuvent pas situer sur une cartes que l’on invité pour se donner une caution étique et moral c’est pour moi un outrage violent à l’olympisme comme à l’humanisme. Inviter des athlètes pour les faire courir dans une course de seconde zone, même si celle-ci peut donner accès à la véritable course, ressemble à mes yeux à un diner de con. Et si je vais un peu plus loin dans la révolte de mon ressenti, j’ai la sensation que ces séries préliminaires sont comme une attraction de foire ; venez voir les athlètes exotiques ! Venez voir nos nègres ! Dans mon esprit les échos se ressemblent et mon indignation bouillonne.

Et si nous visons à une forme d’équité sportive, si je considère cette série préliminaire comme une course normale, alors elle est profondément injuste et inégalitaire. Imaginons un sprinteur malgache venu disputer les jeux olympiques, innocemment, honnêtement et sincèrement. S’il vise à se qualifier pour la finale olympique du 100 mètres il devra gagner sa série préliminaire, puis gagner sa série de qualification, et ensuite gagner sa demi-finale, donc participer à trois courses pour atteindre le graal d’une finale. Ensuite imaginons un sprinteur jamaïcain, s’il ambitionne de se qualifier pour la finale il doit gagner sa série de qualification, puis sa demi-finale, donc deux courses avant la finale. Deux courses pour un sprinteur reconnu, trois courses pour un sprinteur non reconnu ; ce n’est pas pour moi la meilleure illustration de la justice et de l’égalité. Et cela souligne bien que les membres du CIO n’imaginent pas qu’un sprinteur qui va courir une série préliminaire puisse décemment concourir véritablement. C’est pour cela que les séries préliminaires me jettent au visage une condescendance détestable.

Bien sûr le principe des têtes de séries qui possèdent un parcourt aménagé existe dans d’autres sports et d’autres disciplines et cela ne me révolte pas. Alors pourquoi devenir si outrancier pour un changement sur le 100 mètres ? Parce que cette discipline à des prétentions égalitaires, elle est un symbole d’un olympisme où chacun peut venir participer. Une telle révolte parce que le 100 mètres offrait jusqu’à présent une vision qui respectait cette ambition olympique qui permettait de faire de cette discipline un moment iconique du sport.  

Un changement d’accord, mais un changement pourquoi ? La seule raison plausible qui vient à mon esprit en colère c’est que c’est un changement pour faciliter la vie des sprinteurs, d’un sprinteur en particulier qui remplit les stades et qui le VRP mondiale de l’athlétisme, Usain Bolt. Je n’ai aucune preuve, aucun savoir, aucune certitude sur ce sujet, c’est ici que ma théorie maudite nourrit par la colère. Mais nous avons déjà laissé faire quand contenter la prétention de ce sprinteur les organisateurs ont modifiés la tradition du programme. Et là nous assistons à une nouvelle évolution qui me semble desservir l’esprit de l’athlétisme au profit d’une plus grande rentabilité médiatique.

Riche de cette colère, cette nuit je me lèverai pour regarder la demi-finale et la finale du 100 mètres en espérant comme à chaque course que l’incertitude triomphe.

Ma chronique olympique

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Rédigé par Monsieur C

Publié dans #Sport, #Réflexion, #jeux olympique

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Publié le 12 Août 2016

Faut-il encore que je m’astreigne à écrire sur les jeux olympique tant mes chroniques olympiques sont médiocres ? J’ai un doute pourtant je persiste parce qu’à chaque journée de ces derniers jeux olympiques je pars loin ; un voyage en arrière dans le temps de mes souvenirs, un voyage intérieur dans l’ADN de mes souvenirs familiaux, un voyage en émotion parce que je suis un homme au cœur de pierre qui pourtant s’émeut par la dramaturgie olympique. Oui, et puis je persiste aussi parce que je me suppose fidèle à des obsessions archaïques et ces jeux de Rio sont ma pierre d’un Sisyphe athlétique qui pousse sa charge minérale dans un stade antique.

Et puis si je dois m’arrêter d’écrire sur les jeux olympiques je le ferai seulement après avoir écris sur Michael Phelps parce que si le champion était déjà grand avant ces jeux, à Rio il était sa légende de héros immortel, immémorial et infini. On peut compter ses médailles d’or, ses titres olympiques, compter sur les doigts de sa main le nombre de jeux olympiques auxquels il a participé et rajouter quatre années entre chaque doigt pour réaliser l’envergure de ce héros. Cette nuit ce n’est pas cinq mais quatre doigts que Michael Phelps montrait, il ne comptait pas ses participations aux jeux olympiques mais il affichait le nombre de titres olympiques consécutifs qu’il a remporté sur le 200 mètres quatre nages. Cet homme possède le palmarès d’un héros, car s’il a gagné 22 médailles d’or il en a remporté 13 dans des épreuves individuelles dépassant ainsi l’athlète antique Léonidas de Rhodes qui avait rapporté 12 titres durant les jeux antiques environs deux cents ans avant le début de notre ère. Battre un héros antique devenu demi dieu, il n’en fallait pas moins pour un tel héros moderne.

Et Si Phelps est beau, s’il est grand, si chaque nuit je m’émeus pour lui alors que j’avais été moins porté par son exploit à Londres c’est parce que Michael Phelps est entré dans son crépuscule. Comme tous les héros il a connu la gloire, il est descendu de son piédestal allant jusqu’à goûter aux enfers après avoir décidé de mettre fin à sa carrière et comme tous les héros il est revenu de son enfer personnel et de nouveau il gagne, il souffre et il gagne et moi au petit matin lorsque je vois ce champion éprouvé par l’effort, les yeux mouillés sur le podium moi aussi je mouille les miens. Il a su revenir et gagner en champion crépusculaire aux sensations humaines, douleur, souffrance, épreuves et l’émotion de la victoire comme au premier jour.

Et si la plus part des champions crépusculaires finissent leurs carrières avant d’entrer dans une nouvelle vie, Michael Phelps va terminer la sienne pour entrer dans la légende ; une légende universelle, celle des athlètes qui transcende leur condition et leur sport pour s’incarner dans la culture populaire infinie et immortelle. Et je pourrais écrire des pages et des pages sans parvenir à instaurer une langue qui soit à la hauteur de sa légende ; comme tous les petits journalistes je ne fais que paraphraser une langue universelle qui nous dépasse tous. Mais j’avais envie que ma prose même médiocre puisse prendre le temps de rendre hommage à cette légende qui s’écrit. C’est un modèle pour tous les auteurs qui rêvent je n’en doute pas de rédiger eux aussi des légendes ; un jour peut-être j’aurai la verve pour esquisser un héros moderne qui connaisse l’état de grâce mais avant cela je roule en boule dans cette émotion qui me monte lorsque Michael Phelps plonge dans l’eau.

Michael Phelps 2014

Michael Phelps 2014

Micheal Phelps 2016

Micheal Phelps 2016

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Rédigé par Monsieur C

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