Adieux en 2016

Publié le 31 Décembre 2016

Cette année, encore, des gens meurent. Il y a les morts naturelles des vieux, les morts catastrophiques du climat, les morts accidentelles toujours tragiques et bien d’autres types de morts, mais à priori, en 2016, selon l'observatoire des réseaux sociaux, il y a surtout eu les morts de personnes célèbres. Et pas qu'un peu, selon ce même observatoire des losers connectés, observatoire dont je fais parti, il y a eu une pelletée de personnes connues, reconnues, voir iconiques qui sont décédées avec un sens plus ou moins hâtif du timing. De Prince à David Bowie en passant par Carrie princesse Leia Fisher ou Fidel Castro, le paradis des gens connus s'est vu augmenté par un gratin de figures tutélaires pour une certaine génération.

 

Des gens meurent, oui. C’est triste, parfois c’est con.

 

Les gens meurent et aussi cruelle soit la disparition pour les vivants mourir ça reste d’une grande banalité, pour preuve l’homme meurt depuis la nuit des temps de l’humanité.

 

Alors bien sûr on est triste de remarquer que ce sont nos idoles et nos jalons qui meurent, perdre une star que l’on connaissait pour avoir consommé son produit politique ou culturel c’est un peu comme perdre son grand-père qui à chaque anniversaire nous donnait une enveloppe avec du cash dedans, sauf que ce grand-père là on ne le connaissait pas vraiment, mais on aimait beaucoup ses enveloppes.

 

En cette année 2016 les réseaux, sociaux et culturels, ripent en masse, en canon, en série ; prendre une posture empruntée pour dire sa peine de voir disparaître telle ou telle personne connue c’est devenu une figure imposée. Et de concert les geeks que je soupçonne être l’unité de base du réseau social générique répètent que 2016 est une année particulièrement cruelle parce qu’elle a décimée plusieurs figures connues de tous et leurs postures de deuils laissent à penser que la mort est un concept ancré en 2016.

 

Curieusement je me rappelle que lorsque j’étais enfant, et que mes parents regardaient les cérémonies de remises de prix comme les César, les Victoires de la musique ou les Molières il y avait toujours un moment où l’on rendait hommage aux personnes de la profession disparus dans l’année. Si je m’en souviens c’est justement que je ne connaissais quasiment personne des noms énoncés et lorsque j’entendais s’ajouter à la litanie des morts une personne que je connaissais vaguement j’étais content.

 

Il faut que la génération Y et que les générations suivantes se préparent à la venue de la mort, année après année elle va récolter les têtes, les noms, l’aura et la vie des personnes qui constituent votre paysage culturel. C’est inévitable, inéluctable, nous sommes entrés dans l’âge où les gens connus que nous avons aimés sont vieux, usés et meurent. Nous avons été jeunes dans les années 80, 90 ? Eux ont été jeunes dans les années 60, 70 ? Nous regardions le club Dorothée pendant qu’ils testaient toutes les drogues et les substances qui font les saveurs de leurs œuvres. Ne nous étonnons pas, nos étoiles d’hier sont déjà mortes, elles palpitent un peu encore et vont s’éteindre dans la logique des choses.

 

Pas la peine d’être triste ou étonné, tout était joué d’avance, tout c’est joué avant même que l’on vienne au monde.

 

Et puis vous pouvez commémorer tous les RIP de l’année, moi j’ai perdu mon chien. Tu ne peux pas test !

 

Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #Réflexion, #Chronique chaotidienne

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