Post-messe

Publié le 30 Décembre 2016

Je me suis déplacé dans une église ce jour de noël pour célébrer avec la foule populaire la messe de minuit qui pour l’occasion était donnée à 18 heures. J’y suis venu avec mon esprit ouvert d’athée baptisé, qui pense que dieu est une nécessité métaphysique à laquelle j’ai décidé de ne pas croire, avec ma tête ouverte où se croisent les paroles chrétiennes que ma grand-mère me donnait avec les mots échangés dans les discussions que j’entretenais avec mes témoins de Jéhovah, je suis venu sans à priori et avec un goût pour le mysticisme et le sentiment nécessaire de communion que l’on devrait tous un jour rechercher.  

Je suis venu joyeux et j’ai ouvert les yeux et les oreilles pour écouter et goûter aux saveurs de la tradition. J’étais là, une paire d’yeux dans la foule et je regarder les rituels en écoutant les paroles de l’homme d’église qui était venu les délivrer avec ferveur. Je me suis rendu attentif et plus l’homme ouvrait sa parole aux écrits de la bible plus je ressentais grandir sa responsabilité. C’est curieux, je n’avais jamais perçu cela avant, j’écoutais un homme et je percevais ce que je suppose être la responsabilité de parler au nom de dieu.

Plus qu’un discourt, il collait au livre, selon mon jugement partisan. J’attendais à ce que son discourt m’emporte moi aussi, parce que j’avais fais la démarche de venir, mais j’ai eu la sensation que ses paroles étaient surtout énoncées  pour ceux et celles qui déjà partageaient les vertus et les ferveurs du texte, à la ligne, au mot, à la ponctuation ; plus ou moins les largesses de la traduction bien entendu. Et alors que la rivière des paroles pieuses, que je supposais bibliques, emportait les gens vers la célébration de noël je ne pouvais pas m’empêcher de question mon for intérieur et mes maigres connaissances, je voulais être porté, emporté et trouvé dans la communion ce sentiment supérieur qui abat la conscience, l’égo et l’individu pour le porter au point de fusion où l’on devient un avec ses congénères, ses frères, ses sœurs et ses semblables. Mais  le poids de la fidélité aux textes, et la responsabilité de parler pour Dieu empêchait l’homme d’église de m’emporter avec lui, je repensais alors aux stades où il est de bon ton de fustiger la misère culturelle des supporters et je me disais que pourtant il n’y  que là que je trouve la précieuse sensation de communier avec des inconnus par delà nos différences et nos ressemblances, ce n’est que là que j’éprouve cet abandon de soi pour une chose plus grande qui embrasse les hommes entre eux et je trouve cela ironique.  

Rédigé par Monsieur Ray

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