Articles avec #videgrenier tag

Publié le 26 Juin 2016

C’est toujours dangereux de flirter avec les habitudes, parce que généralement les habitudes que l’on prend, naturellement, instinctivement, inopinément, finissent toujours par devenir de mauvaises habitudes parce que plutôt que des habitudes elles forgent des liens qui nous entravent et des dressent des œillères qui nous aveuglent. Heureusement qu’avec d’en arriver à ce stade de dépense à la prévisibilité de nos envies et de nos réflexes acquis il y a un temps où l’habitude nouvelle nous forge encore un plaisir frais. Je naviguais donc entre ces deux pôles des habitudes au milieu d’un vide-grenier en cherchant un livre ; autrement dit je forçais la rencontre. Hier je vous disais qu’entre un livre et un acheteur il est surtout question d’une rencontre qui crée un je ne sais quoi qui fait basculer l’homme de l’indifférence au désir, mais parfois l’homme se force à faire tomber son désir sur un objet.

Je marchais donc en quête d’un livre à faire entrer dans ma bibliothèque chinée ; et curieusement ce jour là je ne trouvais rien qui m’intéresse. Les vide-greniers sont pourtant presque toujours remplis de livres plus ou moins anciens, plus ou moins précieux pour un lecteur, mis là je ne trouvais rien. J’avais pourtant besoin de revenir avec un livre, me dire que j’aurai ainsi un article à écrire en rentrant et qu’un nouvel ouvrage prendrait place dans ma bibliothèque chinée. Alors quand je suis enfin tombé sur un stand où trois hommes bourrus avaient étalé une pile de livre en vrac je me suis arrêté et j’ai fouiné. Je ne repartirais pas sans rien je me disais ; et pourtant là encore rien ne ressortait vraiment du lot.

Heureusement j’ai fini par repérer une belle couverture bleue, un trône en fer et un humanoïde assit dessus et sûrement même branché à lui. Dans le bandeau jaune en travers de l’image le titre, Le temps des autres, un roman de la série Anticipation des éditions fleuve noir. La même série dont je vous avez parlé il y a quelques semaines lorsque j’avais ramené trois roman de 1952. Avec cette édition nous sommes 25 ans après, l’ouvrage date de 1977, un roman de science-fiction de Chris Burger qui malgré son nom aux consonances étrangère est un auteur français. Pour dire vrai je ne sais rien de cet homme ni de son œuvre.

La couverture qui m’a conduit à acheter ce livre pour 1 euro a été dessinée par un artiste du nom de Young Artists VLOO qui a semble t il beaucoup travaillé pour les couvertures de la série Anticipation ; et finalement c’est pour moi tout aussi important que la nature des mots qui sont retranchés derrières ces visuels que je trouve toujours tellement porteur d’imaginaire. La bibliothèque s’enrichie d’un nouveau livre de science-fiction et la valeur totale ce monte donc à 21,20 euros.

Chiner sa bibliothèque #12

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Rédigé par Monsieur C

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Publié le 25 Juin 2016

Il serait tellement facile de tomber dans le mysticisme et de raconter qu’un  livre acheté est le fruit une rencontre et que les vide-greniers sont des lieux de partouzes entre des lecteurs errants et des livres aux pages largement écartées ; oui ça serait sûrement facile de déchoir dans cette prose grandiloquente et grandguignolesque mais ça serait aussi idiot.

Pourtant il y a bien des matins où l’objet livre qui passe entre mes mains me procure plus de plaisir que d’habitude et cela avant même de l’avoir lu, avant même qu’il face partie de ma bibliothèque chinée. C’est la fleur de l’instant fécondée par une intuition qui ressemble à cette fleur dont le parfum ensorcèle l’esprit de l’homme qui croise la silhouette d’une femme et que sait dans immédiatement que ce corps habité est le parfait élément de son désir ; aussitôt la femme convoitée trouve une place idéale dans l’architecture branlante des fantasmes secrets de l’homme. C’est la coïncidence entre le sujet et l’objet qui est belle, ce je-ne-sais-quoi de hasard qui écrit le sous texte d’une rencontre ; un incipit improbable qui nait dans des cartons poussiéreux où des gens d’horizons différentes entassent des objets-livres.

Il me fallait bien ces digressions nébuleuses en guise d’introduction avant de vous parler de deux ouvrages que j’ai trouvés samedi dernier dans un petit vide-grenier. Ce sont deux livres issus de la même collection dans la même édition, édité par La Bibliothèque des arts, rien  que le nom est un gage de poésie et de la poésie il en question  dans chacun  des ouvrages. Mais revenons à l’objet, ce sont de petits formats un peu plus large qu’un livre de poche, avec une couverture blanche, une police noire et une petite illustration noire & blanche en  médaillon. Les deux ouvrages portent un papier translucide mais un peu opaque en guise de couverture ce qui leur augmente leur aura de mystère. A l’intérieur les pages sont en papier épais avec un grain doux sous mes doigts dans une teinte pas tout à fait blanche. Les pages devaient être à l’origine non massicotées, d’ailleurs sur l’un des ouvrages il reste des pages de gardes qui n’ont pas été ouvertes, les autres comportent ces traces de feuillets ouvert au coupe papier. Tout ceci faisait déjà de ces deux ouvrages deux pièces que j’avais envie de posséder.

Le premier de ces deux livres porte le titre de Poésies de Verlaine Dessin de Saurat ; donc de la poésie, j’ai envie de dire de la poésie classique même si appliqué à Verlaine cet adjectif frôlerait le contre sens.  Reste pourtant que Verlaine est un poète qui incarne une figure reconnue de la poésie française, figure emblématique du poète maudis et malheureux et que beaucoup de personne on déjà entendu du Verlaine sans forcément se le rappeler. Par contre je ne connaissais pas Georges Seurat et je découvre au travers de ces illustrations un style radical qu’il sera intéressant de mieux découvrir. En tout cas l’ouvrage est beau, la mise en page est aérée laissant ainsi les vers du poète déployer toute sa musicalité singulière.

Le second livre j’en connaissais le titre, et le nom de l’auteur mais je n’avais jamais eu l’occasion encore de le lire ; il s’agit de Lettres à un jeune poète par Rainer Maria Rilke. L’ouvrage regroupe la dizaine de lettres qui constituent la correspondance entre un  jeune élève à l’école militaire tiraillé par la tentation de la poésie dans l’empire Austro-hongrois et le poète Rainer Maria Rilke.  Les deux hommes ne se connaissaient pas et c’est le jeune homme qui sollicite l’attention de Rilke pour bénéficier de ses lumières. J’ai seulement survolé quelques pages pour le moment, mais je ne peux qu’être intéressé par cette correspondance ; d’une part parce que j’ai eu par plusieurs périodes ce que je pense avoir été de véritables correspondances et que cette forme littéraire est sûrement celle parce qui est affirmée en moi le désir d’écrire, d’autre part je me sens un peut poète et un peut tiraillé par les tentations d’autres vies et je suis sûr que la réponse du poète à l’élève officier saura elle aussi me parler.

Ce sont là deux ouvrages que je suis vraiment très heureux de faire entrer dans le projet chiner sa bibliothèque, sûrement deux des plus jolies trouvailles faites en vide-grenier avec Les yeux d’Elsa par Argon. J’ai eu ces deux livres pour la somme dérisoire de 2 euros. Surtout que pour 2 euros en plus de ces deux ouvrages j’ai aussi pu prendre L’étranger d’Albert Camus. L’édition est bien plus banale mais ce n’est pas pour cela que j’ai pris ce livre. Albert Camus fait parti des premiers auteurs que je suis allé lire de moi-même afin de commencer à me forger une culture critique. Je ne sais plus pourquoi je suis arrivé à Camus, est-ce un professeur qui me l’avait conseillé, est-ce mes parents qui m’ont un jour dit que je trouverai dans cet auteur une pensée pouvant faire écho à la mienne, ou est-ce la radio (à l’époque j’étais un auditeur régulier voir excessif de France Inter) qui m’a laissé penser que Camus serait une bonne entrée en lecture, je ne sais pas. Peut-être tout cela à la fois, peut-être est-ce autre chose, mais qu’importe, Albert Camus reste un des premiers auteurs, apparenté philosophe que je suis allé lire en dehors du cadre scolaire, le second étant Freud. Alors j’ai une comme une nostalgie bienveillante pour cet auteur et même si je dois déjà avoir quelques part un exemplaire de L’étranger, je suis content que celui-ci entre dans ma bibliothèque chinée.

Voilà donc en conclusion trois livres qui arrivent dans la bibliothèque chinée, Lettre à un jeune poète de Rainer Maria Rilke, L’étranger par Albert Camus et Poésie de Verlaine Dessins de Seurat, tout cela pour la somme de 2 euros ce qui fait donc grimper le prix total de la bibliothèque à 20,20 euros.

 

Chiner sa bibliothèque #11
Chiner sa bibliothèque #11
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Rédigé par Monsieur C

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Publié le 17 Juin 2016

1992 année olympique, je suis un adolescent de 13 ans et se déroulent à Barcelone les premiers jeux olympiques pour lesquelles je me passionne vraiment. Cette année là, sans y être vraiment préparé le monde découvre la Dream Team ; les États-Unis viennent d’envoyer aux jeux une équipe constituée des meilleurs joueurs professionnels de l’époque qui forment ce que reste pour beaucoup la plus grande équipe de basket de l’histoire. Michael Jordan, Magic Johnson, Larry Bird, Pat Ewing Charles Barkley et bien d’autres. C’est une claque pour le monde, alors imaginez l’effet que cela peut avoir sur un jeune garçon comme moi, c’est la naissance d’une passion nourrit d’étoiles dans les yeux et de mystère. Parce que la NBA c’est comme la planète Mars pour un ado de province, je ne peux la voir qu’aux jeux olympiques parce qu’à la maison nous n’avons pas Canal Plus. Alors la NBA je la lis tous les mois dans les magasines que je dévore, encore aujourd’hui je me demande comment il était possible de suivre un sport en n’ayant accès aux informations qu’une fois par mois. Mais qu’importe, à partir de 92 je fantasme ce championnat de basket, ses stars et ses légendes.

Et cette passion persiste jusqu’à aujourd’hui encore ; j’adore ce basket physique, technique et spectaculaire, mais j’admire aussi cette ligue pour sa capacité à se raconter, à écrire ses histoires et ses légendes et mettre en dimension narrative et romanesque les débats sportifs qui se jouent sur les parquets. Alors dimanche dernier en se promenant avec Lucie sur un tout petite vide grenier lorsque j’ai aperçu ce livre il m’a immédiatement attiré. En couverture j’ai reconnu la silhouette de Hakeem the dream Olajuwon le fameux pivot des Houston Rocket au milieu des années 90. C’est justement la période où je me suis intéressé au basket, je feuillette un peu l’ouvrage, des jolies photos, des visages et noms connus qui ont écrits le basket de cette époque révolue et même si le livre a subit les assauts d’un stylo enfantin je demande le prix à la vendeuse. Et pour 1 euro je ne me prive pas du plaisir de faire entrer dans la bibliothèque chinée ce morceau de nostalgie et de la petite histoire sportive. Au départ j’étais hésitant quand à faire entrer des livres de ce format dans le projet chiner sa bibliothèque, non pas que j’instaure une ségrégation par rapport au contenu, mais parce que ces livres assez grands de tailles sont finalement assez compliqués à ranger. Mais mon goût pour la nostalgie sportive, la seule à vraiment savoir caresser ma corde sensible dans une tonalité de tendre émotion, m’a décidé à laisser sa place à ce livre là.

la valeur totale de la bibliothèque chinée monte à 18,20 euros
la valeur totale de la bibliothèque chinée monte à 18,20 euros

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Rédigé par Monsieur C

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Publié le 11 Juin 2016

Il y a quelques jours entrait dans la bibliothèque chinée un poids lourd, littéralement un pavé de 900 pages, dans une édition Gallimard bien épaisse. Aujourd’hui je vais évoquer de toutes petites entrées dans le projet. Dans le matin frais d’un samedi matin je mettais la main sur un carton entier où était rangés méticuleusement une grande quantité de petits livres ; majoritairement des Classiques Larousse dont les éditions été issues de toutes les décennies et d’autres petites monographies des grands auteurs issues d’autres éditions. C’était plus fort que moi, ça me donnait envie de fouiller, enfin de passer en revu la liste exhaustive des titres présents dans le carton. Avant de m’enflammer et d’emporter avec moi plus d’ouvrage que je pourrais en payer je prenais le temps d’interroger le vendeur sur le prix de ses petits livres. Il m’annonce 50 centimes l’ouvrage, ce qui m’ouvre la perspective raisonnable d’en prendre quatre.

Je choisis des auteurs comme le sélectionneur choisi des footballeurs pour constituer son équipe de rêve ; des poètes, des romantiques, des stylistes, des nouvellistes. Les livres sont minuscules, mais ils sentent l’école, les devoirs et ce savoir classique que l’on essaie de nous enseigner sans que l’on comprenne toujours pourquoi. D’ailleurs certains ouvrages sont légèrement annotés, je suppose par un élève studieux, d’autres sembles avoir été inscrit dessus le nom de la classe ou de l’établissement. Dans mon équipe j’ai pris Victor Hugo avec Hernani qui est encore protégé par sa protection. Ensuite Gérard de Nerval, dont la monographie annonce Pages Choisies, prose et poésie, le programme me plait. Vient ensuite Chateaubriand dans une monographie qui nous offre des extraits de Atala, René et Les Natchez. Vient ensuite La Bruyère avec des extraits tirés des Caractères. Et pour finir Prospère Mérimée avec sa nouvelle La Vénus d’Ille.

Si vous comptez aussi bien que moi, cela fait cinq auteurs quand je voulais en prendre quatre. Malgré tout je demande au vendeur s’il accepterait que je prenne ces cinq ouvrages pour 2 euros et gentiment l’homme accepte. J’emporte donc ces cinq petits livres pour qu’ils rejoignent le projet chiner sa bibliothèque et qui donnent un lustre classique à cette collection d’ouvrages éclectiques.  

Et le total dépensé jusqu'à présent pour constituer la bibliothèque chinée est de 17,20 euros
Et le total dépensé jusqu'à présent pour constituer la bibliothèque chinée est de 17,20 euros

Et le total dépensé jusqu'à présent pour constituer la bibliothèque chinée est de 17,20 euros

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Rédigé par Monsieur C

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Publié le 10 Juin 2016

Je me suis lancé dans cette idée de chiner ma bibliothèque pour différentes raisons ; au départ pour le plaisir de chiner des livres, mais aussi avec l’idée d’avoir de la matière pour alimenter mon blog en article en chinant des prétextes d’écriture, ou encore parce que je trouve intéressant de questionner le rapport entre la culture et l’argent, et pour finir parce que les livres sont des objets et des objets avec qui l’on a des histoires tactiles, émotives et matérielles.

Donc ce jour-là j’ai réalisé un achat bi-classé dans le sens où il mérite sa place dans la bibliothèque chinée parce qu’il s’agit de livres contenant des romans, mais qui mérite aussi sa place sur mon autre blog en lien avec la pop culture autour de laquelle j’essaie d’axer mes articles parce ce sont des livres de science-fiction que j’ai acheté avant tout pour l’aspect suranné et désuet des illustrations de leurs couvertures.

Il y avait dans un carton un lot de vieux livres de science-fiction, couverture noire où se dévoilent des peintures / illustrations qui exhalent la SF d’un autre siècle bien avant l’informatique, le numérique et calibrage. J’en ai choisi trois, trois livres de science-fiction des années 50 dans la collection Anticipation des éditions Fleuve Noir. C’est une collection très prolifique qui a profondément marqué les lecteurs évidement mais qui a aussi influencé les auteurs de science-fiction de la seconde moitié du XXème siècle. Peut-être l’ai-je déjà abordé plus tôt au travers d’anciens articles, ou peut-être pas, quoi qu’il en soit il faut savoir que j’aime énormément la science-fiction vieille école avec tout ce qu’elle dégage comme sensation. J’aime les romans, mais j’aime aussi les visuels décomplexés, un peu désuets et parfois kitsch avec des extraterrestres sympathiques, des robots anthropomorphes, des rayons de lumière, des combinaisons spatiales qui ne dépareilleraient pas dans l’équipage du Comandant Cousteau. Cette esthétique est un peu une des madeleines pour mon imaginaire. Cette science-fiction spatiale relève plus de Jules Verne que de Stephen Hawking. Et derrière ces couvertures un peu ringardes parfois, il y a de vrais romans qui portent des visions fortes écrites par des auteurs du siècle dernier qui éclairent d’une lueur étrange notre présent.

J’ai donc choisi trois romans au travers de leurs couvertures, ce sont des éditions de 1952 payées 2 euros pour les trois. Il y a Le Satellite Artificiel de Jean-Gaston Vandel, du même auteur Les Astres Morts, et de Vargo Statten un roman qui se nomme Les Fabricants de soleil. Vu leurs âges ces livres sont plutôt en bon état, malheureusement l’un deux a servi à réaliser un herbier et la personne qui a un jour mit des fleurs entre les pages du livre n’est jamais revenu les retirer. Il y a donc quelques pages tachées par les pigments des pétales et la matière organique décomposée.

Et la somme totale de la bibliothèque chinée monte à 15,20 euros

Et la somme totale de la bibliothèque chinée monte à 15,20 euros

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Rédigé par Monsieur C

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Publié le 8 Juin 2016

Chiner sa bibliothèque est une question littéraire mais aussi une question de hasard. Ce dimanche nous partions pique-niquer à la plage avec Lucie, mais avant de pouvoir poser nos corps encore trop blancs sous le soleil et dans le sable j'ai proposé de faire une petite promenade dans un énième vide-grenier. C’est ainsi qu’en fin de matinée nous déambulions entre les allées d’un vide-grenier nîmois. Je ne cherchais rien, je me contentais d’apprécier le dépaysement quand, sur un stand tenu par un petit monsieur un peu vieux, j’ai vu ce livre, Bonjour Tristesse de Françoise Sagan. C’est le genre de livre dont le titre me parle même si je ne l’ai jamais lu parce qu’il est glosé dans les émissions littéraires radiophoniques qu’il m’arrive d’écouter. J’aurai pu l’acheter pour cela, j’aurai pu l’acheter pour son auteure dont la réputation n’en fini pas de déborder de la sphère littéraire pour essaimer dans la société au sens plus large et pourtant je l’ai prit pour une autre raison. Je l’ai acheté pour l’écho que le titre sur cette couverture mélancolique créait dans le réel.

Le livre était là, seul au milieu de bibelots sans valeur, posé à plat presque au centre de la table, une table grise. Au fond il n’y avait aucune raison que le livre se trouve là, mais il y était et il disait Bonjour Tristesse comme s’il avait conscience de sa présence sur un parking de supermarché de province un dimanche matin perdu au milieu des objets de troisième main et du désespoir de ceux qui s’en séparent. J’ai eu de la peine. Non, j’ai eu de l’empathie pour ce livre, pour ce visage, pour ce cri, pour Françoise Sagan, pour la tranche orangée de ce livre alors j’ai demandé son prix, et je l’ai négocié pour repartir avec pour 50 centimes.

Chiner sa bibliothèque #7

Le second livre trouvé en vide-grenier et que je vous présente dans le cadre de chiner sa bibliothèque c’est un poids lourd. Je vous parle dans un premier temps de son poids réel, c’est un pavé de 900 pages, un beau livre Gallimard avec sa couverture si reconnaissable. Il a même gardé son bandeau de promotion, son bandeau rouge oui, celui pour rappeler aux clients qu’ils vont acheter un Prix Goncourt. Si cela ne garanti pas toujours la qualité littéraire ça garanti souvent de très bonnes ventes. C’est donc un auteur qui a obtenu le Goncourt en 2006, Jonathan Littell. Si vous avez un peu de mémoire vous vous souvenez sûrement du titre, Les Bienveillantes. Comme beaucoup de gens je n’ai pas lu ce Goncourt, ni les autres, mais j’en ai abondamment entendu parler parce que ça fait toujours gloser le milieu et le hors milieu quand ce prix est décerné. N’étant pas un lecteur au long cours je ne crois pas qu’une œuvre comme Les Bienveillantes soit faite pour moi, en tout cas pas encore. Mais qui sait, un jour je serai peut-être en mesure de le lire et dans ce cas là il sera présent, à m’attendre dans ma bibliothèque. Pour ce prix Goncourt dans un très bon état j’ai déboursé la somme de 1 euro. Il y a dix ans il valait 25 euros, donc quasiment le double de ce que j’ai déboursé actuellement pour faire grande ma bibliothèque chinée.

Noël 2006, ça ressemble à une dédicasse, c'est encore plus plaisant je trouve à trouver dans un livre, ça lui rajoute de l'histoire vécue. Et avec Les Bienveillantes la somme totale déboursée pour chiner sa bibliothèque s'élève à 13,20 euros

Noël 2006, ça ressemble à une dédicasse, c'est encore plus plaisant je trouve à trouver dans un livre, ça lui rajoute de l'histoire vécue. Et avec Les Bienveillantes la somme totale déboursée pour chiner sa bibliothèque s'élève à 13,20 euros

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Rédigé par Monsieur C

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Publié le 4 Juin 2016

Les brocantes se suivent, les vide-greniers ne se ressemblent pas toujours mais désormais je les parcours toujours dans l’idée de chiner ma bibliothèque. Et plus les livres arrivent à moi et plus je prends plaisir à cette déambulation estivale et littéraire que je partage avec ma petite amie. J’aime beaucoup cette tension entre le hasard de l’errance et l’ambition du projet Chiner sa bibliothèque ; bref tout cela pour introduire de nouvelles entrées dans la bibliothèque chinée.

J’avais évoqué dans un précédant article l’intérêt rôlistique que j’ai vis-à-vis de Michael Moorcock, auteur de La légende de Hawkmoon dont j’avais trouvé un tome dans un précédant vide-grenier. En plus de vouloir découvrir sa littérature de science-fiction de noire fantasy post-apocalyptique j’avais aussi été séduit par le design de sa couverture. Cette fois, pour 1 euros, je suis tombé sur le volume 2 du cycle d’Elric, autre série de l’auteur anglais ; il s’agit de La forteresse de la perle. Je suis très content de reconstitué petit à petit l’œuvre de Michael Moorcock dont j’ai aimé passionnément l’univers que j’avais découverts à travers le jeu de rôle. Bon, c’est une édition de 2005 et je trouve les éditions contemporaines moins inspirées et moins exotiques que les éditions plus anciennes en matière de couverture, mais ce n’est pas grave.

Chiner sa bibliothèque #6

Plus loin dans le vide-grenier mon regard est attiré par un épais volume à la couverture remarquable pour ses couleurs criardes jaune et rouges qui ne sont pas du meilleur goût. Au centre de la couverture un homme avec une moustache, une pipe et une casquette anglo-saxonne semble regarder loin hors cadre. C’est Le tour du monde en 80 jours, un classique de Jules Verne. Je connais de nom Le tour du monde en 80 jours mais si ce volume est estampillé Classiques Jeunesse je dois confesser ne jamais avoir lu ce roman. Et si je connais cette histoire c’est pour avoir regardé le dessin animé éponyme dans les années 80. Or dans ce dessin animé Phileas Fogg est un lion anthropomorphe et tous les personnages sont eux des animaux anthropomorphés. Du coup en voyage sur la couverture ce Phileas Fogg moustachu qui me fait plus penser à Magnum le justicier hawaïen de la série télé qu’à un lion de dessin animé je suis déstabilisé. Ce sentiment est suffisant pour demander le prix du livre, 1 euro, même si l’ouvrage n’est pas dans un état irréprochable avec quelques marques de moisissure sur la tranche et une odeur de renfermé entre ses pages ça a suffit pour que je l’achète. En plus comme c’est une version jeunesse, la police est large et très agréable à lire et le livre de 1992 est ponctué d’illustrations en noir & blanc très plaisantes.

Voilà à quoi ressemblait Phileas Fogg dans mon imaginaire
Voilà à quoi ressemblait Phileas Fogg dans mon imaginaire

Voilà à quoi ressemblait Phileas Fogg dans mon imaginaire

Nous venions donc d’acheter Le tour du monde en 80 jours et nous déambulions entre les allées quand ma petite amie me fit repérer un petit volume intitulé Collection Jules Verne. Le volume en question est Voyage au centre de la Terre. Le livre me semble bien mince pour contenir l’ouvrage tout entier, je pense dans un premier temps qu’il s’agit d’un tome parmi une série reconstituant Voyage au centre de la Terre, mais après avoir ouvert l’ouvrage je vois qu’il s’agit en réalité d’une version abrégée de Voyage au centre de la Terre. Qui plus est le livre est joliment illustré avec ce qui ressemble à des aquarelles sépia. Comme nous venions d’acheter un Jules Verne, je demande le prix de cette version abrégée et la vendeuse me répond 20 centimes. Alors même si la couverture n’est pas très heureuse j’ai pris cette version abrégée que je suis curieux de lire d’ailleurs.

Avec ces trois nouveaux ouvrages le montant de la bibliothèque s’élève à 12,70 euros.

Avec ces trois nouveaux ouvrages le montant de la bibliothèque s’élève à 12,70 euros.

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Rédigé par Monsieur C

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Publié le 1 Juin 2016

C’était un dimanche matin, peut-être un samedi, le moment idéal pour aller chiner avec ma petite amie qui pour me faire plaisir à fait l’effort de se lever un peu plus tôt qu’à son habitude du week-end. Se promener sur un marché aux puces où une brocante c’est un peu comme se balader au pied du sapin un matin de noël alors que l’on sait que cette année nous n’avons pas été très sages et que nous ne seront pas forcément récompensés par le père Noël ce fichtre porte drapeau d’une méritocratie enfantine.

Et comme à chaque vous que nous faisons les vides greniers elle & moi, nous cherchons des livres pour alimenter le projet chiner sa bibliothèque. Des livres qui doivent attiser notre attention et se présenter à nous pour une bouchée de pain. Et ce jour là, dans un vent glacé qui chassait les nuages mais couvrait le ciel bleu de froid nous ne trouvions pas grand-chose jusqu’à ce que nous soyons attirés par la couverture d’un Stendhal. Et je dis bien par la couverture et non par le nom de l’auteur ; sur la façade d’un palais que je suppose italien par le titre du livre esquissée d’un simple trait noir, des personnages colorés, damoiselle, amoureux, homme de foi, d’arme et une religieuse semblent s’agiter dans une action toute aussi romanesque que théâtrale. Cette couverture blanche, ces personnages aux dessins colorés, m’ont tout de suite séduit déclenchant ce je-ne-sais-quoi qui motive l’achat. Pour 1 euro nous achetions donc les Chroniques Italiennes de Stendhal, ce qui, par chance pour le mauvais lecteur que je suis, s’avère être un recueil de nouvelles. Ce n’est pas que je n’aime pas lire, mais j’ai l’esprit qui se disperse rapidement attiré par de nouvelles zones d’attractions mentales qui me détournent parfois de mon intérêt initial. Avec  les nouvelles c’est bien plus facile de picorer un texte, partir ailleurs pour y revenir après. Je n’ai remarqué qu’après que ce que je prenais pour un cadre graphique était en faite le nom de la maison d’édition. Et même si cette édition date de 1977 je trouve ce petit détail graphique très moderne.

Un peu plus loin dans le vide grenier, alors que nous commencions à nous réchauffer à mesure que le soleil dardait ciel, sol et visiteurs c’est un ouvrage de René Barjavel qui m’a attiré l’œil. Il s’agit de Ravage. Au désespoir des esthètes et des amateurs je n’ai jamais lu ce livre, pourtant reconnu comme un classique de la science-fiction. J’ai découverts la SF par les films, les films américains en fait, et par les jeux vidéo ; j’étais donc jeune et par extension plein de préjugés. Je ne me souviens plus de qui, mais je me souviens qu’à plusieurs reprises on m’a conseillé de lire Barjavel, que c’était de la SF français et que ça pourrait me plaire. Mais dans mon esprit de petit con étroit (d’esprit) la science-fiction française ne pouvait être que mauvaise ou sans intérêt. Et tout cela m’est revenu à l’esprit quand j’ai croisé ce livre que j’ai acheté pour 50 centimes en espérant pouvoir combler ma bêtise de jeunesse.

Actuellement le montant de la bibliothèque est de 10,50 euros
Actuellement le montant de la bibliothèque est de 10,50 euros

Actuellement le montant de la bibliothèque est de 10,50 euros

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Rédigé par Monsieur C

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Publié le 22 Mai 2016

Le prix de la culture ne permet pas de jauger de la valeur d'une oeuvre. C’est une évidence que le système économique de la culture ne permet pas toujours de percevoir cette donnée, cela alimentant le préjugé selon lequel la culture est - trop - onéreuse. Pourtant cela devient tout de suite plus évidant lorsque l’on parcourt les vides greniers. Et c’est ce qui m’a conduit à vouloir mener ce projet qu’est chiner sa bibliothèque en constituant une bibliothèque éclectique à tout petit budget. Écumer les brocantes et les marchés aux puces c’est justement ce qui a conduit l’homme que je suis, écrivain, consommateur générique et consommateur culturel à relativiser la nature - déviante - de la relation instaurée en maîtresse référente entre une oeuvre, son prix, sa valeur culturelle et le lecteur. C’est une chose de savoir une chose comme on sait une donnée générique, mais l’éprouver dans le réel donne une perception plus fine et souvent plus intime de ce savoir.

 

Chiner c'est une forme de chasse aux trésors où les trésors se dessinent dans le contraste de leurs prix bradés et de leurs qualités littéraires élevées ; même si cette dernière donnée est largement subjective. Reste que pour un lecteur donné, il y a toujours la possibilité de découvrir un livre qui compte ou qui comptera pour lui à un prix ridiculement bas. C'en est même déroutant parfois. Se pencher sur un livre dont le nom évoque un pan de l'histoire littéraire et de découvrir que l'on peut l'emporter avec soi pour presque rien. Je sais que je devrais être habitué à ce phénomène qui brade la culture jusqu'à une gratuité illégale à portée de clic dans le flux internet. Mais entre regarder un film en volant sa diffusion sur un site de streaming et réaliser que l'on peut obtenir l'objet pour 50 centimes il y a une différence de perception assez forte sur moi.

 

Ce matin donc, je chinais doucement dans un minuscule vide grenier de campagne et je me penche sur un bac où des livres sont entassés sans soin pour mieux voir les titres. Alors que je suis penché pour regarder ces livres j'entends la femme qui tenait le stand m’annoncer que je peux prendre ce que je veux, c’est gratuit. Elle veut se débarrasser de tout, elle me précise que si je le désir je peux tout emporter ; c’est une application du principe de vide grenier au pied de la lettre. Je ne voulais pas pour autant repartir avec n'importe quoi, j'ai choisi avec soin et j'ai trouvé un morceau d'histoire, Le journal d’Anne Frank dans une édition de 1974. Je n’ai jamais lu ce livre mais j’en connais la portée à la manière dont cette oeuvre imprègne notre inconscient et notre non conscient collectif. C’est une oeuvre qui a nécessairement sa place dans une bibliothèque chinée. Ensuite j’ai trouvé deux poètes. Le premier c’est Jacques Prévert avec le recueil posthume Soleil de Nuit. Le second est sûrement tout aussi célèbre, non, il est certainement encore plus célèbre (je ne n'aventurerai pas en revanche à jauger de leurs talents respectifs pour établir une hiérarchie, la poésie ça se déguste seulement, ça ne se jauge pas dans le jeu de celui qui aura la plus grosse), c’est Victor Hugo avec le recueil Les contemplations. C’est amusant je viens de remarquer que sur la couverture, celle avec le prix encore en franc et une jolie couverture comme sur les livres scolaire ce qui permet à l’esprit de vagabonder en imaginant que le livre est celui d’une écolière (les écoliers sont moins soigneux), bref sur cette couverture le nom de l’auteur est plus gros que le titre du recueil, Hugo, sans prénom, preuve je suppose que le poète et auteur est une figure bien plus connue que toutes les autres.

 

Le dernière livre que j’ai pris c’est une livre qui se nomme Sang pour sang, le réveil des vampires. C’est un ouvrage rédigé par Jean Marigny professeur émérite de littérature anglaise et américaine et spécialiste de la figure du vampire. Il est aussi fondateur du GERF « Groupe d'Études et de Recherches sur le Fantastique » qu'il a dirigé plusieurs années et également membre de la branche canadienne de la Transylvanian Society of Dracula. Ce genre d’ouvrage même s’il participer au projet chiner sa bibliothèque ne va pas rejoindre physiquement ma bibliothèque chinée mais plutôt ma bibliothèque autour du jeu de rôle. Ce que j’ai aimé quand j’ai vu de petit livre c’est qu’il est joliment et richement illustré.

 

Voilà donc quatre ouvrages qui entrent dans le projet chiner sa bibliothèque et en plus pour la somme de zéro euro, gratuitement !

 

La somme totale de la bibliothèque est donc toujours de 9 euros
La somme totale de la bibliothèque est donc toujours de 9 euros
La somme totale de la bibliothèque est donc toujours de 9 euros
La somme totale de la bibliothèque est donc toujours de 9 euros

La somme totale de la bibliothèque est donc toujours de 9 euros

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Rédigé par Monsieur C

Publié dans #livre, #brocante, #bibliothèque, #videgrenier, #vide grenier, #chiner

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Publié le 18 Mai 2016

Le plaisir de chiner sa bibliothèque c’est le plaisir de la rencontre impromptue avec un objet livre qui soudain va se mettre à me parler attisant ainsi mon envie de l’acheter. Ce jour là c’est le regard de cet homme en couverture qui m’a interpellé ; cette fois-ci ce n’était pas le livre qui me parlait mais la photo sur la couverture. Rapidement j’ai identifié le livre, c’est le catalogue de l’exposition Visa pour l’image, un fameux festival de photographie documentaire qui se déroule à Perpignan tous les ans, édition 2009. Or j’aime la photographie, et je suis déjà allé visiter Visa pour l’image, d’ailleurs en feuilletant l’ouvrage les photos m’ont rappelées que j’avais vu l’exposition en 2009. Généralement les catalogues d’expositions feraient de bons souvenirs, mais ils sont généralement trop chers pour moi. Je me suis pourtant aventurer à demander le prix de l’ouvrage, après une légère hésitation la personne me répond 1,5 euros. Inutile de négocier, à ce prix je suis reparti avec le catalogue d’exposition de Visa pour l’image 2009, très heureux de pouvoir le faire entrer dans ma bibliothèque chinée, démontrant encore une fois que la culture, même celle que l’on aime, peut se dénicher à de bons prix.

Chiner sa bibliothèque #3
Chiner sa bibliothèque #3

Le second ouvrage que je vous présenter aujourd’hui n’a pas de lien avec la photographie. C’est un livre du regretté Terry Pratchett, disparu il y a un peu plus d’un an. Il a été l’auteur d’une œuvre protéiforme nommée Les Annales du Disque-Monde constitué d’une quarantaine d’ouvrages répartis sur différents cycles et traitant d’un monde de fantasy fantaisiste, flirtant avec la parodie, le pastiche ou la satire.  J’ai connu cet écrivain anglais par l’entremise du jeu de rôle car le Disque-monde a été adapté en jeu de rôle. J’ai donc trouvé le volume 7 des Annales du Disque-monde, qui correspond au début du cycle des anciennes civilisations et dont le titre est Pyramides. Pour 50 centimes d’euro, ce livre comme neuf entre dans ma bibliothèque chinée au rayon SF, au rayon fantasy et au rayon œuvres en lien avec le jeu de rôle.  

Actuellement le montant de la bibliothèque est de 9 euros

Actuellement le montant de la bibliothèque est de 9 euros

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