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Publié le 2 Octobre 2016

Je me suis penché sur un stand pour ramasser un livre. Il pleuvait un peu, assez pour que les gens autour de moi commencent à s’affoler. Sous les gouttes je feuilletais le livre. Si je m’étais intéressé à lui c’est parce qu’il s’agissait de ce que je considère comme un objet de curiosité ; ici un ouvrage de 1975 titré la libération de la femme. Je remarque qu’avec le temps je m’intéresse de plus en plus souvent à ces livres qui m’apparaissent comme des objets de curiosités parce qu’ils sont à mes yeux des reliques de pensées, de genres ou d’époques que je n’ai pas connus. La libération de la femme c’est une cause qui faisait écho dans la société il y a plus de quarante ans et qui continue toujours de résonner dans notre société contemporaine sous l’appellation égalité homme femme. Je feuilletais donc ce livre, curieux d’effleurer l’imagerie et l’expression de cette idéologie à la fois si actuelle dans mon esprit et en même temps drapées dans un mode de représentation qui m’apparaissait comme touchant et légèrement désuet.

Soudain en feuilletant le livre j’ouvre des pages qui renfermaient deux lettres manuscrites. Et en voyant cette correspondance confiée au secret des pages de ce livre militant j’ai immédiatement su que je voulais ce livre ; pas tant pour ses pages mais pour les secrets qu’elles conservent. D’une question à la vendeuse je me renseigne sur le prix et je m’offre cet ouvrage et sa correspondance pour 50 centimes d’euro.

J’éprouvais une forme de satisfaction à laquelle se mêlait une sincère excitation à l’idée de découvrir les lettres parce que ces deux correspondances manuscrites étaient évidemment le centre d’intérêt de ma curiosité.

Mardi 18. Je n’ai pas sommeil, je t’aime ! ce sont les premiers mots de cette lettre reçue. C’était plus que prometteur. La première lettre est rédigée sur une double page arrachée à un cahier, c’est une écriture petite, serrée, régulière avec une certaines emphase sur les sentiments qui me parait être écrite de la main d’une fille. A qui s’adresse t elle ? Je ne le sais pas. Une amoureuse à son amoureux ? Une amoureuse à une amoureuse ? Une cousine à sa cousine ? Je ne sais pas, la prose est narrative, descriptive, elle parle des personnes, des faits, des lieux, mais pas d’une date précise ni de son destinataire, je ne peux qu’imaginais, déduire depuis le contenu d’une époque, il y a une cabine téléphonique, des prénoms comme Régis, Marcelle, et Christian et un professeur ; c’est sûrement les lettres d’une étudiante, une Fabienne car la seconde lettre est signée Fabienne et cette seconde lettre est plus explicitement adressée à autre femme. La signature dit

Douces Caresses
Doux Baisers
Amour doux

Fabienne

Une amoureuse à son amoureuse et parce que je manque sûrement un peu d’imagination je suppose ces deux lettres rédigée certainement à l’époque du livre, à la fin des années 70 ou au début des années 80. Si je suis satisfait de faire entrer la libération de la femme dans ma bibliothèque chinée en tant que livre objet de curiosité je suis surtout particulièrement content d’avoir déniché ces deux lettres tendres. Je suis un peu lecteur, un peu auteur, parfois poète, mais plus que tout je suis fasciné par l’humanité et je suis profondément un voyeur, voyeur de l’intimité et de la sincérité de cette humanité que j’observe avec tendresse et curiosité ; me passionnant pour les passions des uns et jouissance des passions des autres.

Avec ce livre et ces deux lettres de correspondance la somme dépensée pour constituer la bibliothèque chinée en vide-grenier atteint 60 euros. Et toujours n'oubliez pas que vous pouvez afficher les photos en cliquant dessus.
Avec ce livre et ces deux lettres de correspondance la somme dépensée pour constituer la bibliothèque chinée en vide-grenier atteint 60 euros. Et toujours n'oubliez pas que vous pouvez afficher les photos en cliquant dessus.

Avec ce livre et ces deux lettres de correspondance la somme dépensée pour constituer la bibliothèque chinée en vide-grenier atteint 60 euros. Et toujours n'oubliez pas que vous pouvez afficher les photos en cliquant dessus.

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Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #chiner, #bibliothèque, #livre, #videgrenier, #vide grenier, #brocante, #correspondance

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Publié le 30 Septembre 2016

Je croyais que je trouvais peu de science-fiction lorsque je chinais ma bibliothèque chinée ; mais hier en réorganisant la dite bibliothèque je me suis rendu compte que j’avais quasi plus de science-fiction que de poésie (et je ne sais pas s’il existe de la poésie science fictionnelle ; avez-vous des informations là-dessus ?). En même ce n’est pas étonnant que je récolte de la science-fiction parce que c’est le genre littérature que j’ai aimé en premier et que c’est celui aux mamelles de qui j’ai biberonné mes premiers pas dans l’imaginaire de ma classe adulte.

Je trouve et j’achète de la science-fiction en vide-grenier et pourtant j’ai curieuse la sensation de n’en voir jamais ; curieux. La semaine dernière encore dans le matin frais d’un vide-grenier je trouve sur le même stand deux livres de chez J’ai lu dans la collection science-fiction. Sur la couverture du premier j’ai reconnu une affiche d’un film bien connu de mon goût propre, celle de Mad Max au-delà du dôme du tonnerre. Le film je le connais et je l’aime, je l’ai regardé et revu et même si le terme peut sembler curieux ce film m’émerveille toujours. Je ne sais pas si je vais lire le livre, disons que connaissant très bien l’histoire je ne vais sûrement pas mettre cet ouvrage dans mes priorités de lecture, mais j’aime le posséder parce qu’il contient les restes et les ruines d’un univers d’après l’apocalypse que j’aime. Je suis un amoureux du post-apo, je suis amoureux des œuvres, livres, jeux, films, qui relatent ce monde d’après l’apocalypse et d’avant la fin ou la renaissance. Le livre comme objet me semble comme neuf, comme si la personne avant moi l’avait elle aussi acheté juste pour le posséder et non le lire. Intrigué par son état si propre j’ai regardé ça date d’édition et j’ai été surpris de voir 1985, j’ai dû aller vérifier la date de parution du film Mad Max au delà du dôme du tonnerre parce que j’étais persuadé qu’il était sorti plus tard. Pourtant la couverture exprime que ce livre de Joan D. Vinge a était écrit d’après le scénario de Terry Hayes et Gerorge Miller, il ne pouvait donc pas être antérieur au film. Effectivement le film est sorti la même année que le livre et moi je me sens vieux.

Le second ouvrage qui était présent sur ce stand est une des trouvailles dont j’étais le plus heureux ce matin là ; pourtant il ne s’agit là que d’un livre de poche payé pour un demi-euro. Oui mais ce livre c’est Gravé sur chrome, un recueil de nouvelles de William Gibson. J’apprécie beaucoup cet auteur parce qu’il est la figure de proue du mouvent cyberpunk et tout comme les univers post-apocalyptique j’aime les univers cyberpunk. D’ailleurs sous certains angles de lecture nous pourrions défendre l’idée que les mondes cyberpunk sont des mondes post-apocalyptique où la nature humaine et les valeurs humanistes sont brisées par une apocalypse invisible. Sous d’autres biais de lectures nous pouvons voir les mondes cyberpunk comme des mondes pré-apocalyptique en lien avec les mondes post-apo. Enfin qu’importe comment nous envisageons l’interaction entre ces genres, ce sont deux genres qui me parlent et à ce titre j’apprécie et j’admire l’œuvre de William Gibson. Gravé sur chrome est un recueil de nouvelles, qui contient entre autre Johnny Mnemonic connue pour avoir été adapté au cinéma à la fin des années 90. Alors oui ce n’est pas grand-chose, mais vraiment rentrer Gibson dans ma bibliothèque chinée est un plaisir, un honneur et une vraie satisfaction ; en plus je confesse que j’apprécie de plus en plus les formes courtes qui permettent au piètre lecteur que je suis de picorer plus facilement différentes œuvres et différents auteurs.

Voilà que je vous parle d’un troisième ouvrage déniché ce jour là et qui n’est, je crois, pas un livre de science-fiction. Mais c’est une fiction que j’ai eu envie de lire après avoir reçu les conseils répétés de quelques amies qui me connaissaient bien et qui disaient que l’esprit de cette saga pouvait trouver un écho avec l’esprit qui vit dans mon corps. Cette saga au succès mondial c’est Millénium de Stieg Larsson. Il y a quelques années il était difficile de passer à côté de la hype qui avait emporté le livre après le décès de l’auteur suédois. Et pourtant je n’avais jamais lu Millénium et par instinct de préservation je n’avais pas regardé les différentes adaptations au cinéma.  Lorsque j’ai commencé à chiner ma bibliothèque je pensais facilement trouver les trois romans qui constituent Millénium, Les Hommes qui n'aimaient pas les femmes, La Fille qui rêvait d'un bidon d'essence et d'une allumette et La Reine dans le palais des courants d'air et en plus j’escomptais les trouver à prix modique. Ainsi lorsqu’au début de mon projet je suis tombé sur une personne qui vendait sa trilogie pour 5 euros j’avais essayé de négocier le prix à la baisse et devant son refus j’étais parti sans acheter sûr de mon intuition. J’ai passé les mois suivant à fouiner les vide-grenier sans jamais recroise un seul de ses romans. Il aura fallu attendre la semaine dernière pour recroiser le premier roman de la saga, Les hommes qui n’aimaient pas les femmes ; j’ai demandé le prix et cette fois quand la personne m’a répondu 1 euro 50 je n’ai pas cherché à négocier et j’ai acheté, enfin, mon exemplaire.

Voici trois livres que j’ai chiné pour ma bibliothèque et que j’entre avec beaucoup de satisfaction. Je me rends compte qu’au fil du temps et des vide-greniers mon goût s’affine et que le plaisir grandi parce que chaque pièce qui entre dans la bibliothèque trouve sa place et son sens et si j’aime chiner c’est entre autre raison parce que j’apprécie cette sensation de sens.

59,5 euros dépensés

59,5 euros dépensés

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Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #chiner, #bibliothèque, #livre, #videgrenier, #vide grenier, #brocante, #SF

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Publié le 29 Septembre 2016

Je n’en finirai donc jamais de dérouler mes butins littéraire rapportés d’un vide-grenier un matin de septembre. C’est un jour qui fût pour moi riche en poésies, en poètes et en poèmes. Toujours l’œil qui interpelle le premier, dans un second temps l’esprit fait son office et fait remonter à la surface des bribes de savoirs, de souvenirs et il comble les larges interstices avec des impressions de déjà vu, des ça me dit quelque chose et autre familiarité qui chasse l’ignorance.

Je vois donc un album, format carré à couverture claire et sur cette couverture un nom qui m’est familier, celui de Paul Eluard, pilier du surréalisme. C’est pour cela que je ne m’étonne pas de voir au centre de la couverture l’illustration d’une demoiselle au corps de plume et en dessous le titre, Grain-d’Aile. Je ne sais rien de ce texte, j’avoue mon ignorance, mais je sais que les grands esprits pensent presque toujours hors des cases et que leurs productions débordent et se glissent dans des formes qui ne sont pas celles pour lesquelles ils sont connus et reconnus.

Grain-d’Aile est un conte, c’est aussi le prénom de l’héroïne qui est légère, si légère que, lorsqu’elle naquit, sa maman s’étonna de ne pas la sentir peser dans ses bras. C’est bien là un conte pour enfant écrit de la main d’un poète surréaliste ; mais l’album devant moi était plus que cela car il était illustré par la main d’une femme, Chloé Poizat. Et je crois que j’aurai reposé le livre sans me décider à en demander le prix si les illustrations ne m’avaient pas interpellé. Difficile d’en parler quand je sais que je peux en partager des images ; j’apprécie le contraste entre une forme de légèreté naïve qui entre en contact avec une forme de réappropriation mutagène qui injecte un sens un peu plus mature. L’alchimie fonctionne et il se dégage de ces illustrations un sentiment d’étrangeté latent juste assez fort pour stimuler la conscience mais bien assez discret pour ne pas phagocyter le texte.

En décidant d’acheter Grain-d’Aile pour un seul modique euro j’ai découvert la prose de Paul Eluard par le prisme une nouvelle forme littéraire (pour moi) et j’ai surtout rencontré un univers visuel et une illustratrice dont j’apprécie vraiment l’univers visuel. Et même si ce n’est « qu’un » conte pour enfant je trouve l’objet livre vraiment superbe et les vide-greniers sont fait pour cela, rencontrer des objets que l’on aurait jamais connu autrement. Exactement comme l’autre livre que dont je vais vous chroniquer la rencontre.

Chiner sa bibliothèque #29

Encore et toujours sur ce même vide-grenier de fin d’été, juste après avoir trouver ma dose de poésie réglementaire, je me penche sur un étale et j’entre en collision avec l’expression intense d’une Marilyn Monroe figée dans une image au grain très fort. Je connais Marilyn Monroe comme tout le monde, comme tout le monde connaît cet icône de la culture bien au-delà de ses films. Et lorsque je remarque la couverture de ce livre j’ai vraiment un intérêt immédiat et vif pour lui ; je ne vais par parler de coup de foudre, mais il est clair que l’expression et le visage de cette Marilyn me touche. Je ramasse donc le livre pour le regarder de plus près. Je n’ai jamais été particulièrement porté par la culte de Marilyn Monroe, mais je reconnais en elle l’érotisme incomparable qu’elle exhale au travers des photos et des films sur lesquels elle apparaît. Le livre s’appelle Marilyn Monroe Fragments poèmes, écrits intimes, lettres, je le feuillette rapidement et je tombe une seconde fois sous le charme de l’ouvrage. Il s’agit comme le titre l’indique, d’un recueil de Fragments rédigés par Marilyn Monroe. La maquette superbe met en scène et en page des facsimilés des documents originaux, sur une page et en vis-à-vis la retranscription en anglais ainsi que la traduction en français.

Des lettres dactylographiées, des mots griffonnés sur le papier à entête d’un hôtel, des textes crayonnés dans un cahier, on navigue entre les traces écrite de l’actrice icône et petit à petit on entre en elle, dans sa tête, son esprit, sa pensée et celle que l’on aime à faire passer pour folle et dépressive, devient plus proche de nous, plus humaine et si ce n’était pas déjà le cas on se prend d’affection pour la sensibilité bouleversante de cette femme. J’ai vraiment eu un coup de foudre immédiat pour l’objet livre et pour ce qu’il représente, c’est cet ouvrage qui à réveillé en moi l’envie d’établir une correspondance à une star nébuleuse pour éprouver la sensation grisante que les mots nous permettent de transcender les distances et les différences pour entrer en intimité avec une personne. La personne voulait 1 euro pour ce livre, je les ai payés très volontiers et je suis rentré avec Marilyn.

C’est ainsi que pour 2 euros je fais entrer deux superbes livres dans ma bibliothèque chinées dont la somme totale dépensée jusqu’à présent pour la constituer s’élève à 57 euros et je ne suis pas sûr de la logique grammaticale de cette phrase …

C’est ainsi que pour 2 euros je fais entrer deux superbes livres dans ma bibliothèque chinées dont la somme totale dépensée jusqu’à présent pour la constituer s’élève à 57 euros et je ne suis pas sûr de la logique grammaticale de cette phrase …

Chiner sa bibliothèque #29
Chiner sa bibliothèque #29

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Rédigé par Monsieur Ray

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Publié le 28 Septembre 2016

Je ne suis pas sûr d’être encore un poète, je ne suis pas sûr non plus d’être en dépression et je sais en revanche que je ne suis pas alcoolique. Quand à être romantique les avis divergent sur le sujet depuis le temps tendre de mon adolescence. Mais pourquoi est-ce que je raconte cela ? Parce que j’avais envie d’une introduction facile et énigmatique et pour placer en exergue de cette chronique de vide-grenier les qualités d’un poète comme Alferd De Musset. De ce poète jusqu’à présent je ne connais que le nom et sa réputation de dandy décadent, alcoolique, dépressif et poète, à n’en pas douter un homme sensible, romantique et sombre qui sera l’amant de George Sand. Aujourd’hui je vais pouvoir connaître le poète par son œuvre. Il y a quelques semaines lors d’une matinée de chine en vide-grenier, matinée généreuse en poésie,  je me trouve devant une petite caisse de bois où s’entassent de vieux livre. Il est inscrit 1 euro les deux et moi je chine dedans.

Remarquant mon intérêt le vendeur me propose de partir avec la caisse et tous les livres pour 10 euros, je ne doute pas que ça serai une bonne affaire, mais je n’avais repéré que deux ouvrages qui m’intéressaient, du coup je décline son offre mais je me saisi d’un livre écrit par Alfred De Musset (et non Alfred de Batman). Choix de Poésie A. de Musset est un ouvrage édité en 1942 à Paris par la librairie Alphonse Lemerre. Les pages ont été massicotées avec soin par le premier lecteur de ce livre qui est resté malgré son âge en excellent état je trouve. C’est le support parfait pour apprendre à lire la prose de ce romantique de De Musset ; un livre vendu 5 nouveaux francs il y a soixante quatorze ans et acheté 50 centimes d’euros aujourd’hui. Et oui monsieur Livre, le temps passe et le monde change, mais la poésie entre vos pages reste l’intacte et fragile corde sensible qui relie les mondes.

Des mondes il y en a entre moi et le prochain livre que je vais vous présenter, le second ouvrage acheté avec De Musset pour remplir les conditions de l’offre deux livres contre 1 euro. Dans ce second ouvrage il est question de Chateaubriand et d’une pièce de théâtre, Moïse, plus précisément d’une tragédie en vers. Pourquoi y a-t-il des mondes entre moi blogueur et chineur et cette tragédie de Chateaubriand ? C’est parce que l’ouvrage date de 1831. Un livre vieux de 185 ans chiné en vide-grenier pour 50 centimes, ça laisse du temps pour connaître bien des mondes non ? En voyant la date sur la couverture je suis déjà séduit et je prends soin de ranger avec quelques précautions l’ouvrage dans mon sac. Cette fois il n’y a plus de doutes à avoir, j’aime les vieux ouvrages ! 185 années me sépare du moment où ce livre est sorti de l’imprimerie, j’imagine à peine toutes les vies que ce livre à traversées, quels lecteurs se sont plongés dans la pièce, quelles lectrices sont tombées amoureuses de la littérature en laissant glissant leurs doigts fins sur ce papier.

Ce papier c’est justement ce qui m’a immédiatement frappée lorsque j’ai feuilleté le livre c’est le grain du papier. Je ne sais pas si vous avez eu dans votre enfance d’avoir des parents portés sur le travail manuel, j’ai eu cette chance là et il nous ai arrivés quelques fois de faire du papier recyclé avec de vieux journaux. Le papier grossier que nous obtenions à la fin du processus avait un grain qui ressemblait à celui de cet exemplaire du Moïse de Chateaubriand. Ensuite ce qui est marquant dans cet ouvrage de 1831 ce sont les marques laissées par l’impact des caractères du le papier ; laissez courir ses doigts sur la surface délicieusement rugueuse du papier et sentir se dessiner sous ses doigts les formes des caractères frappés est un plaisir qui frôle l’érotisme. Je suis juste furieusement content de rentrer ce livre dans ma bibliothèque chinée ; il est bien évidement qu’il en est le doyen pour le moment. L’ouvrage est sortie de l’imprimerie à peine 19 ans après que Chateaubriand est fini de rédiger la pièce. Oui, c’est vrai, 19 ans c’est beaucoup trop pour utiliser l’expression à peine, mais ramené à 185 ans je trouve ça peu. Et toujours pour un livre de son âge trouvé en vide-grenier et donc conservé dans des conditions moyenne, je trouve que l’état de l’ouvrage est plutôt bon.

Malgré l’âge avancé de ces deux ouvrages le prix dépensé pour les obtenir est modique et la valeur totale de la bibliothèque atteint 55 euros.
Malgré l’âge avancé de ces deux ouvrages le prix dépensé pour les obtenir est modique et la valeur totale de la bibliothèque atteint 55 euros.
Malgré l’âge avancé de ces deux ouvrages le prix dépensé pour les obtenir est modique et la valeur totale de la bibliothèque atteint 55 euros.

Malgré l’âge avancé de ces deux ouvrages le prix dépensé pour les obtenir est modique et la valeur totale de la bibliothèque atteint 55 euros.

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Rédigé par Monsieur Ray

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Publié le 26 Septembre 2016

Maintenant que le fait de collection Les Fleurs du Mal est devenu officiel je me dois de rentrer d’un week-end de chine avec au moins un exemplaire du recueil de Baudelaire, et ce samedi 24 septembre j’ai trouvé mon exemplaire réglementaire. C’est un volume de la collection Le Livre de poche classique présenté par Jean-Paul Sarte et édité par Gallimard en 1969. La couverture est sombre, noire et verte et la tranche du livre verte avec des traces de décoloration dû à l’âge et la conservation relativiste du livre. Je trouve cette couverture très capiteuse avec une femme nue et une seconde dénudée, des fleurs qui fanent en bouquet décomposé et des teintes sombres qui collent parfaitement au romantisme de Baudelaire. Je dois avouer que je possède déjà un exemplaire de cette édition, mais le dos du livre était abîmés ce qui n’est pas le cas ici. Et puis pour le prix où j’ai payé ce livre je ne pouvais pas me le refuser. Mais avant de donner son prix, je passe au reste du lot car c’est tout un lot que j’ai acheté à la même femme.

Dans une précédente chronique sur le projet chiner sa bibliothèque je vous racontais que lorsque j’ai arrêté la fac et que j’ai eu la démarche active de me cultiver je suis allé instinctivement vers Camus et vers Freud et que cela m’avait laissé une empreinte nostalgique pour ces deux auteurs. Et donc dans le carton de livre où j’étais en train de chiner je trouve Freud délire et rêves dans la « Gradiva » de Jensen, un ouvrage de Sigmund Freud dans lequel il analyse un court roman de Wilhem Jensen dans lequel l’auteur chercher à percer les secrets d’un bas relief italien. Ce n’est pas un ouvrage que j’ai lu ou connu dans le passé même si son titre m’a été quelques fois évoquer en cours d’histoire de l’art il me semble. J’ai donc mis l’ouvrage de côté et j’ai continué de chiner.

Et là je vois un visage familier, celui de Frankenstein, héros du roman de May W Shelley. Je n’ai jamais lu Frankenstein mais j’ai entendu mille fois l’éloge de ce roman qui incarne une figure parfaite de la littérature gothique et que beaucoup considère aussi comme un des textes fondateurs de la science-fiction. Cet exemplaire édité aux éditions Marabout en 1983 me semble très attirant, et je le mets donc dans la pile des livres qui m’intéressent. Voyant (enfin ?) quelqu’un qui s’intéresse à son carton de livre la vendeuse m’informe qu’elle les vend à 10 centimes l’unité. Dix centimes ? Voilà une bonne raison de chiner plus en avant dans ce carton !

Le temps de m’arrêter sur un classique parmi les classiques, un roman de Conan Doyle, Le chien des Baskerville. Encore un livre que je connais pour ne l’avoir pas lu ; il y a des œuvres comme celle-ci dont l’aura est si puissante qu’elle fini toujours par nous atteindre même si on n’a jamais prit la peine d’ouvrir l’ouvrage d’origine. Il me semble plus que logique alors de faire entrer ce Sherlock Holmes dans ma bibliothèque chinée, surtout qu’à ce prix là ça serait un crime de laisser dans ce vide-grenier ; autant que ce jeu de mots est criminel, je l’avoue.

Je continue de fouiner et j’aperçois les Contes Fantastiques d’Hoffmann. Immédiatement ça sonne en moi comme un nom familier, forcément puisque dans mon esprit Contes Fantastiques d’Hoffmann ça sonne comme Les contes d’Hoffman, sauf que le second est un opéra et que j’ai sous les yeux un livre, recueil de contes fantastiques. Encore une fois je me dis que faire entrer un auteur que je n’ai jamais lu pour 10 centimes c’est une occasion en or. Et avec cet ouvrage je tiens une pile de cinq livres que je montre à la vendeuse en préparant ma pièce de 50 centimes. Mais la vendeuse me dit, comme vous en prenais cinq je vous en offre un gratuit, cherchez un ouvrage qui vous intéresse. Et me revoilà le nez dans le carton, presque sûr pourtant d’avoir attrapé tous les ouvrages qui m’inspiraient. Mais pour ne pas décevoir la vendeuse et pour profiter de l’occasion j’ai pris Château en Suède de Françoise Sagan pour une seule raison, et cette raison c’est Françoise Sagan.

Je repars donc de ce vide-grenier avec six livres pour lesquels je n’ai dépensé que 50 centimes.

Avec une dépense de 2,5 euros en tout et pour tout la somme totale de la bibliothèque s'élève à 54 euros
Avec une dépense de 2,5 euros en tout et pour tout la somme totale de la bibliothèque s'élève à 54 euros

Avec une dépense de 2,5 euros en tout et pour tout la somme totale de la bibliothèque s'élève à 54 euros

Je me demande encore pourquoi la personne en possession de ce livre à eu envie de réinscrire le titre du livre à l’intérieur du livre. Mais c’est un trace poétique, comme ce que je suppose être la fleur d’un coquelicot qui a séché bien assez longtemps jusqu’à s’imprégner dans l’œuvre, mais je pense qu’il a peu de risque que la fleur revienne à la vie.

Je me demande encore pourquoi la personne en possession de ce livre à eu envie de réinscrire le titre du livre à l’intérieur du livre. Mais c’est un trace poétique, comme ce que je suppose être la fleur d’un coquelicot qui a séché bien assez longtemps jusqu’à s’imprégner dans l’œuvre, mais je pense qu’il a peu de risque que la fleur revienne à la vie.

Je profite de cet article pour chroniquer l’entrer de deux BD chinées la semaine dernière. Je ne chine pas souvent de BD, je ne sais pas pourquoi d’ailleurs. Mais bon, la semaine dernière donc je tombe sur les tomes 1 & 2 des Technopères une bande dessinée en huit tomes, ce qui est raisonnable je trouve, parce que ça me laisse la place de me dire que je peux réunir et lire les huits et qui se déroule autour de l’univers de L’incal. Et que ce soit pour L’incal ou pour Les Technopères, ce qui m’attire dans ces univers, en dehors que ce soit de la science-fiction décomplexée, c’est l’homme qui écrit les scénarios, Alejandro Jodorowsky. Lorsque je suis tombé sur ces deux BD scénarisées par  Alejandro Jodorowsky, en plus les deux premiers tomes ce qui m’incite plus facilement à acheter une des éléments constitutifs d’une série plus vaste j’ai eu envie de les prendre, surtout pour 1 euro pièce. Je paie et je rentre chez moi et là j’ai la petite déception de voir que les BD avaient un peu prit l’humidité, surtout le tome 2. Le tome 1 avait quelques pages légèrement gondolées par endroit et le tome 2 avec des pages plus franchement gondolées et même collées par endroit. Et pour finir les deux albums étaient un peu cintrés et elles avaient une légère odeur de renfermé, une bonne odeur de malle stockée dans une cave humide. Je n’étais pas déçu directement par l’état des livres parce que ça ne m’empêche pas de profiter de l’histoire, mais je m’en voulais un peu de ne pas avoir mieux regardé avant d’acheter, j’aurai pu soit ne pas les prendre, soit profiter de leur état pour négocier, c’était donc mon ego de chineur qui était froissé.

Je ne savais pas trop quoi faire pour « restaurer » ces deux ouvrages, après une petite réflexion et après avoir évacuer de mon esprit l’idée de les mettre au micro onde … si si j’y ai vraiment pensé et si je n’ai pas testé c’est que ce format ne va pas au four, je me suis dis que le plus simple pour chasser l’humidité ça serai simplement de mettre mes BD au soleil. Ici les journées sont encore belle, le soleil chaud et je me suis dis qu’avec leur couvertures sombres elles se réchaufferaient vite et que ça aiderai sûrement à les assainir. Je pose donc mes Technopères sur la table de jardin bien orientés pour prendre le soleil et je m’en retourne vaquer à d’autres occupations. Et puis je n’y pense plus, et je pars en week-end en les oubliant dehors. Et ce matin je rentre chez moi au matin frais et je vais dans le jardin où je découvre mes deux ouvrages avec les couvertures trempées par la rosée du matin qui perlait à grosses gouttes dessus. Et assez curieusement ça m’a fait rire. Au moins maintenant je saurais pourquoi mes BD sont dans un état moyen, ça ne sera pas parce que j’aurai été un mauvais chineur mais parce que je suis bien trop tête en l’air !

Joe la bonne idée, mettre ses livres dehors pour qu’ils sèchent et les oublier là à la merci de l’humidité du petit matin durant tout un week-end !

Joe la bonne idée, mettre ses livres dehors pour qu’ils sèchent et les oublier là à la merci de l’humidité du petit matin durant tout un week-end !

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Rédigé par Ray

Publié dans #chiner, #bibliothèque, #livre, #videgrenier, #vide grenier, #brocante

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Publié le 25 Septembre 2016

Le hasard est le cœur battant d’une errance en vide-grenier ; ne pas savoir ce que l’on cherche et ne pas s’attendre à ce que l’on trouve. Je parle pour moi, chineur qui déambule le cœur léger et l’œil qui vagabonde. Je suis loin d’être un chineur qui saute sur son téléphone pour jauger du prix et de la rareté d’un objet ou d’un livre. Je laisse parler ma curiosité et j’essaie de restreindre les dépenses. Il m’en faut donc peu pour me décider. Samedi 24 septembre j’ai eu le temps de visiter deux vide-greniers et j’ai pu rapporter de beaux butins à des prix très raisonnables ; en voici une partie.

Minute ! Papillon de Peter Cheyney est l’exemple parfait d’un livre acheté sur un coup de tête pour un coup de cœur. Lorsque j’ai vu cette couverture je suis tombé sous le charme, immédiatement comme un coup de foudre pour la dame avec son fume-cigarette qui patiente sur la couverture. Je ne connais pas Peter Cheyney et je ne connais pas ce roman mais j’ai tout de suite voulu l’avoir. Je vous avoue que j’ai surtout pensé que j’avais pouvoir découper la couverture et mettre madame sous cadre tant son charme en direct des années 50 m’a séduit. Rassurez-vous je ne vais mutiler personne parce que je viens de voir que cette édition de Minute ! Papillon au presses de la cité de 1949 possède une couverture « fourreau » qui peut se retirer (d’ailleurs quelqu’un peu me dire comment s’appelle une couverture qui couvre la couverture du livre ? Je suis sûr que ça a un nom plus exact que mon approximation) et donc être mise sous cadre sans découper ce livre de 1949. Je demande le prix pour repartir avec la dame sur la couverture et le vendeur me demande 50 centimes ; déjà que lorsque l’on aime on ne compte pas, je ne me suis pas fait prier pour payer.

Ailleurs sur le vide-grenier je suis entrain  de chiner un bac avec des livres plus ou moins vieux et je repère un petit ouvrage assez mince au fronton duquel est marqué un nom bien connu des poètes, Aragon. Il s’agit du texte d’une conférence organisé pour les jeunesses du Parti Communiste en 1959. Il ne s’agit pas de l’expression poétique de Louis Aragon mais de l’expression de son engagement politique. La conférence était intitulée Il faut appeler les choses par leur nom et elle était suivie d’une  intervention de Maurice Thorez intitulée Problèmes de notre époque. J’ai hésité à prendre ce livre pace qu’il n’appartient pas à l’œuvre poétique d’Aragon, mais j’ai pensé au livre de Lénine que j’ai chiné il y a quelques semaine L’état et la révolution et je me suis dis que je pourrais ouvrir un rayonnage politique de gauche dans ma bibliothèque j’ai donc demandé le prix, 50 centimes, un prix non dissuasif pour ma bibliothèque, achat coup de tête. En rentrant à la maison et avant de rédiger cet article j’ai un peu regardé sur internet, mon but n’était pas de regarder le prix mais l’histoire de cette conférence mais au final j’en ai plus appris sur le prix que sur l’histoire de ce bouquin et j’ai été surpris de voir que ce petit ouvrage de 60 pages édités en 1959 par le Parti Communiste Français cote un peu plus de 30 euros. Loin de moi l’idée de revendre mon exemplaire pour en tirer bénéfice, mais savoir que j’ai fait une bonne affaire en achetant ce livre est un peu comme ma cerise sur ma bibliothèque. En plus l’exemplaire est en très bon état, enfin en bon état à part une légère tâche de graisse à l’arrière et les agrafes qui ont commencés à rouiller.

J’avais manqué la poésie d’Aragon, mais j’ai pris l’habitude maintenant de toujours réussir à chiner un ouvrage de poésie dans mes sorties en vide-grenier. Ce matin là j’ai trouvé la Poésie de Rimbaud. Les œuvres complètes du poète en édition de poche, que dire de plus ? Je crois que je n’ai rien à rajouter, j’aime Rimbaud et même si l’édition poche n’est pas une édition des plus glamour tous les poèmes sont là, les illuminations, la saison en enfer, et tous les autres poèmes. Pour 50 centimes je ne peux qu’être heureux.  

Un coup de cœur pour une dame en couverture, un coup de tête pour l’expression politique d’un poète reconnu, un classique livre de poésie chiné parce que j’aime la poésie, il reste pour clôturer cette chronique des livres chinés un samedi matin de septembre à parler d’un auteur que j’aime et que j’aime trouver en vide-grenier. Il s’agit de H.P Lovecraft créateur mythique du mythe de Cthulhu. Jusqu’à présent je n’ai eu qu’une seule fois la chance de croiser H.P Lovecraft en vide-grenier, c’était cet été pour L’horreur dans le musée déjà dans une éditons France Loisir. Effectivement ce samedi matin j’ai encore mis la main sur un ouvrage de H.P Lovecraft édité par France Loisir, il s’agie du Masque de Cthulhu.  C’est un recueil de six nouvelles édité à l’origine à titre posthume par August Derleth exécuteur testamentaire de l’auteur. Je suis vraiment content parce que j’aime beaucoup l’auteur et son mythe et c’est un plaisir de pouvoir picorer de la forme courte. Quand en plus je n’ai eu à débourser que 50 centimes je ne vois rien de négatif à cet achat.

Ce jour là mon butin contenait d’autres livres mais j’en ferai la chronique un peu plus tard. Merci de votre lecture.

Et voici quatre nouveaux livres dans ma bibliothèque chinée dont le montant dépensé pour la constituer est de 51,5 euros
Et voici quatre nouveaux livres dans ma bibliothèque chinée dont le montant dépensé pour la constituer est de 51,5 euros

Et voici quatre nouveaux livres dans ma bibliothèque chinée dont le montant dépensé pour la constituer est de 51,5 euros

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Rédigé par Ray

Publié dans #chiner, #bibliothèque, #livre, #videgrenier, #vide grenier

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Publié le 22 Septembre 2016

C’était un des premiers vide-greniers de septembre, dans un village où chacun devant sa maison vide son trop plein de babioles et d’objets culturels. J’aime ces ambiances là, très conviviale, très vide-maison, sans professionnels mais avec souvent de bonnes affaires. Sur quasiment le premier stand devant lequel je passe je m’arrêter sur quelques livres.

D’abord sur un Camus. Lorsque j’ai abandonné la fac afin de préparer un changement de voie qui échouera avant de se faire finalement par hasard quelques années plus tard, j’avais décidé de profiter de mon temps pour me cultiver. Ça signifiait pour moi lire des livres. Mais lesquels ? J’étais seul, solitaire et avant l’ère internet et instinctivement je me suis tourné vers Freud et vers Camus. Ce sont donc les premiers auteurs que j’ai acheté pour forger mon esprit critique dans une démarche active et personnel. J’ai eu des affinités avec la prose et la pensée d’Albert Camus comme avec les figures de Sisyphe ou de Meursault. C’est finalement très logique que je décide de faire entrer l’œuvre de Camus dans ma bibliothèque chinée. Sur ce stand là, je repère donc Caligula dans une édition récente (2006) dans le catalogue Folio Théâtre. Certainement un exemplaire scolaire ayant appartenue à une certaine Aurélie.

Sur le même étale de livre je repère deux bouquins de la collection Poésie/Gallimard. Intérieurement je me dis chouette, de la poésie puisque chiner de la poésie pour ma bibliothèque est devenu ma petite obsession. D’abord il y a Alcools rédigé de la main d’Apollinaire. C’est un recueil que l’auteur à édité la première fois en 1913, un recueil en pleine mutation poétique dans lequel Apollinaire décide de supprimer sa ponctuation. Et les gens qui sont habitués à me lire comprendront que cette forme littéraire soustraire à la ponctuation ne peut que me toucher et me parler. Le second ouvrage de cette collection Poésie/Gallimard c’est Choix de poème de Paul Celan. Et là je dois avouer mon ignorance, je n’avais jamais entendu parler de cet auteur. En feuilletant l’ouvrage j’en ai vite déduis que l’auteur écrivait en langue allemande puisque le livre est dans une édition bilingue Allemand / Français ; Wikipédia finira de me présenter ce poète ayant été considéré comme un poète de l’Holocauste au travers de poème comme Fugue de la mort. Si je souligne de poème là ce n’est pas seulement parce que la page Wikipédia en parle, c’est parce qu’un professeur de littérature ou d’allemand à fait étudier ce poème à ses étudiants et que l’étudiant qui avait l’exemplaire que je viens d’acheter prenait ses notes sur son livre. Vous savez, j’aime beaucoup ce genre de trace, non pas pour qu’elle me donne des aides de lecture de ce poème mais parce que ça me donne de la matière pour m’imaginer la vie de ce livre.

Il me restait à demander le prix pour ces trois ouvrages et les personnes en voulaient 1,5 euro, un prix plus que raisonnable que j’ai payé sans trembler trop heureux de rentrer de la poésie et du Camus. Ce n’était que le début du vide-grenier et je n’imaginais pas que ce jour là j’allais pouvoir ramener quatre autres de livres de poèmes et de poésies et d’autres encore pour me réjouir hors domaine poétique. Mais il faudra revenir ici les jours prochains pour découvrir quelques livres vont entrer dans le projet chiner sa bibliothèque.

Celan, Apollinaire et Camus entrent dans la bibliothèque dont la valeur totale monte à 49,5 euros

Celan, Apollinaire et Camus entrent dans la bibliothèque dont la valeur totale monte à 49,5 euros

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Rédigé par Monsieur C

Publié dans #chiner, #bibliothèque, #livre, #videgrenier, #vide grenier, #poésie

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Publié le 21 Septembre 2016

Des fleurs de mauvaises natures poussent de mes jardins secrets comme publics et de même manière des fleurs du mal poussent dans ma bibliothèque, celle que je chine de greniers vidés en greniers vidés.

Je le disais à mots pleins pour vous et demis mots pour moi dans le premier hors série des articles chiner sa bibliothèque ; était-il possible que je collectionne les éditions des Fleurs du mal de Charles Baudelaire ? J’en avais déjà deux plus un que j’avais offert et trois exemplaires ce n’était pas assez encore pour supposer une collection, ça aurait pu être un hasard ou le fruit d’un esprit dilettante. Avoir posé des mots sur cette accumulation latente d’exemplaires des Fleurs du mal m’a fait franchir le pas et ce week-end en deux vide-grenier j’ai rapporté deux nouveaux exemplaires du recueil de Charles Baudelaire. Une édition en classique poche de 2009 avec ses marques pages que je suppose laissé par un lycéen à l’écriture maladroite et une autre édition au format poche de 1995 avec une très jolie couverture. Ce livre là valait 10 francs il y a un peu plus de vingt ans ; dix francs je trouve que la poésie coûtait peu cher à la fin du siècle précédant.

Je ne suis expert de rien mais empiriquement j’ai envie d’affirmer que Les fleurs du mal de Charles Baudelaire est le livre de poésie le plus récurent en vide-grenier. Ainsi j’extrapole en me disant que ces Fleurs du mal sont certainement le recueil de poésie le plus communément acheté et lu dans les foyers français ; et pas seulement par des étudiantes studieuses mais aussi par tous les romantiques qui naissent dans l’adolescence et qui se bercent de le romantisme noire du poète.

Au niveau des prix dépenser pour deux fois Les fleurs du mal ça reste très raisonnable, l’exemplaire le plus récent a été payé 50 centimes d’euros tant dis que l’exemplaire avec la jolie couverture m’a été offert par une femme à qui j’achetais deux jeux de Playstation 3 (qu’elle m’a vendu pour 4 euros).

Toujours ce week-end, toujours en chinant dans un vide-grenier je repère sur un stand bordélique deux couvertures de la collection Poésie/Gallimard. Le premier livre c’est Anthologie de la poésie française du XVI siècle, une édition de 2005 qui semble avoir été très peu consultée. Le second bouquin c’est Anthologie de la poésie française du XIX * de Chateaubriand à Baudelaire, une édition de 2004. Celle-ci porte beaucoup plus de trace de lecture, et c’est rassurant. Il s’agit du tome 1, il existe donc un tome 2 et en bon chineur, accumulateur, collectionneur ça me donne nécessairement envie de compléter l’ouvrage. Je demande aux vendeurs le prix, ils annoncent 3 euros pour les deux ouvrages mais dans un sursaut d’audace commerciale je propose 2 euros et les vendeurs acceptent. Pour 1 euro pièce je trouve que c’est vraiment un bon prix pour ces anthologies. Du coup ce week-end ce sont quatre livres de poésie qui entrent dans la bibliothèque chinée même si en réalité je possédais déjà Les fleurs du mal.

Avec ses nouvelles entrées la valeur totale dépensée pour chiner sa bibliothèque monte à 47,9 euro, j’arrondi à 48 euros, autant dire que l’on se rapproche de la barre symbolique (oui mais de quoi ?) des 50 euros de dépenses en quasiment 6 mois.

Avec ses nouvelles entrées la valeur totale dépensée pour chiner sa bibliothèque monte à 47,9 euro, j’arrondi à 48 euros, autant dire que l’on se rapproche de la barre symbolique (oui mais de quoi ?) des 50 euros de dépenses en quasiment 6 mois.

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Rédigé par Ray

Publié dans #chiner, #bibliothèque, #livre, #videgrenier, #vide grenier

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Publié le 15 Septembre 2016

Cette fois c’est la bonne, l’introduction que je voulais écrire hier c’est transformée en article fleuve sur l’avant, sur l’après, et sur le plaisir de mener ce projet. Jusqu’à présent je faisais généralement les chroniques d’entrées de livre dans l’unité de temps d’un vide-grenier, parfois je scindais en deux quand j’avais fais beaucoup d’achats le même jour mais là je vais faire l’inverse. Je réuni quatre achats éparses et je fais ici la chronique de quatre nouvelles entrées, pour cinq livres chinés cet été au hasard d’août ou de juillet et qui, les jours où je les ai trouvés, étaient mes seuls achats de livre.

Pour commencer parlons du livre Réseaux D’ombres de Rémy. Pas besoin d’en dire plus, je crois que tout est dit, tout est là. Mais comme je suis d’un naturel prolixe je vais quand même en dire plus. Ce jour là c’était un grand vide-grenier, beaucoup d’exposant, beaucoup de soleil, beaucoup de chaleur et j’avais déjà fais quelques achats côté jeux vidéo et jouets. J’étais loin d’être bredouille, mais j’avais ce sentiment d’incomplétude de revenir d’un vide-grenier sans un livre pour le projet chiner sa bibliothèque. Je fouinais donc avec plus d’attention dans l’espoir de trouver un ouvrage qui m’interpelle à un bon prix et ce jour là curieusement les vendeurs avaient des prix audacieusement hauts pour des livres. Je fini par tomber sur cette couverture et là directement j’y ai vu un message. Rémy réseaux d’ombres, Rémy, avec un i grecque comme le mien, comme les vrais Rémy. Je ne savais rien de l’ouvrage mais m’étant senti concerné j’ai demandé le prix. Enfin un livre à 50 centimes, un livre que j’ai pu acheter. Sans me faire plus bête que je ne suis avec son titre et ses empreintes digitales bleues et rouges je supposais un roman sur la résistance. Certes, je n’ai pas été non plus très malin puisque j’ai cru que le Rémy sur la couverture faisait parti du titre, non c’était l’auteur, colonel Rémy, héros de la résistance. Je n’ai même pas acheté le livre pour sa couverture, ni pour sa tranche rouge rosie par le temps et l’eau, non je l’ai acheté pour son titre et donc je n’en connais pas le contenu. Pour ce que j’en ai feuilleté ça semble être une forme de témoignage biographique du colonel Rémy.

Comme vous pouvez le voir Rémy Réseaux d'ombres contient pas mal de code et de documents en plus du texte

Comme vous pouvez le voir Rémy Réseaux d'ombres contient pas mal de code et de documents en plus du texte

Chiner sa bibliothèque #23

Autre jour, autre lieu, mais encore un livre à la tranche rouge. Cette fois un livre de poésie. C’est devenu ma lubie, ma quête et mon jeu, revenir le plus souvent possible avec de la poésie. J’ai du retard à la lecture des classiques et des autres poètes, et maintenant que j’ai fais la paix avec la poésie j’ai plaisir à rattraper ce temps passé à la maudire ou à la détester. Est-ce que Mallarmé est un classique ou un autres je vous laisse seuls juges. Je l’ai un peu étudié à la fac, surtout son poème Jamais un coup de dés n’abolira le hasard qui m’avait laissé un sentiment de sidération positif. J’étais donc en joie de tomber sur du Mallarmé en vide-grenier pour 1 euro. Il s’agit de l’ouvrage Poésies, Anecdotes ou Poèmes, Pages diverses. En feuilletant la page de garde je lis que l’ouvrage ne comporte pas Un coup de dés, c’est une toute petite déception vite oubliée, je dois même dire que ça m’a fait sourire parce que même si Mallarmé est un fameux poète je n’avais lu que ce poème de lui, et me voir notifier noir sur blanc que le seul poème que je connaissais n’était pas de le livre j’y ai vu une amusante ironie.

Troisième ouvrage on change de registre. J’ai acheté un livre qui se nomme Lara Croft les carnets secrets aux éditions Albin Michel. Je ne sais pas s’il faut encore faire les présentations, mais au cas où, les gens voici Lara Croft une des premières icônes du jeu vidéo à dépasser son média d’origine, Lara voici les gens qui n’ont peut-être jamais joué à un de tes jeux Tomb Raider mais qui te connaissent sûrement de nom. La première chose que j’ai regardé en feuillant l’ouvrage c’est son année d’édition, parce que si dans l’absolu je ne suis pas un grand fan des jeux vidéo Tomb Raider je suis plutôt fasciné par les figures de la culture populaire. Et je crois pouvoir dire sans trop faire d’erreur qu’en France Lara Croft est la première figure du jeu vidéo à transcender son rôle de star du jeu vidéo pour devenir durant quelques temps star à part entière, une vedette. C’est à cette époque que Lara Croft personnage devenue star faisait de la publicité pour d’autres produits que le jeu vidéo. En 1998 & 1999 nous pouvions voir Lara Croft nous vendre des voitures Seat. Bien sûr les pubs reprenaient les codes du jeu vidéo mais c’était quand même un signe que l’aura de Lara avait dépassé le cadre de la Playstation. Et justement ce livre date de 1999. C’est ce qui m’a convaincu de le prendre pour 2 euros, il est le témoignage d’une époque et l’on a cherché à créer une personnalité médiatique de toutes pièces à partir d’un personnage de jeu vidéo. Aujourd’hui si l’on veut une starlette bon marché il suffit de piocher dans le vivier de la télé réalité, mais au début du siècle notre société culturelle a piochée dans le jeu vidéo. Le livre Lara Croft les carnets secrets se lit comme un dictionnaire, à chaque lettre sont associés six entrées qui sont autant d’accroches pour de petits paragraphes rédigés comme si Lara répondait elle-même. Les visuels peuvent prêter à sourire, le concept même de faire parler Lara comme une personne peut mettre mal à l’aise tant on se demande quelle était la cible de cette ouvrage, mais si on regarde cela comme une œuvre d’art, une tentative unique dans le temps je trouve ce livre parfaitement intéressant.

Les poses choisies pour Lara sont toujours assez tendancieuse même si dans le texte Lara dit détester être vue comme un sex-symbol

Les poses choisies pour Lara sont toujours assez tendancieuse même si dans le texte Lara dit détester être vue comme un sex-symbol

Avec ces derniers achats j'ai dépensé 46,4 euros pour la bibliothèque

Avec ces derniers achats j'ai dépensé 46,4 euros pour la bibliothèque

Un jour mon regard a été attiré par les couvertures noires et mauves aux aspects polardisantes de deux livres assez minces. Je ne connaissais pas l’auteur, je ne connaissais pas les titres mais l’esthétique de la couverture et la quatrième de couv’ assez laconiquement orientée polard m’a poussé à demander le prix. C’était 20 centimes le livre, 40 centimes pour Sous influence et pour Ultime voyage de Christopher Pike. J’ai cessé de réfléchir, j’ai payé et je suis parti. Je pensais avoir acheté de la littérature de gare, du polard de salle d’attente que je comptais mettre aux toilettes et c’est d’ailleurs ce que j’ai fais. D’ailleurs les livres ne sont pas mauvais, et se lisent sans difficultés ; s’il doit y avoir un petit hic c’est que l’auteur, Christopher Pike fait dans la littérature post jeunesse, ce sont donc de bonnes petites histoires tendance noires pour ado, ce qui n’est pas en soi une critique d’ailleurs mais ça explique parfois la minceur de l’intrigue.

Avec cette chronique des retours éparses de l’été je suis presque à jour dans mon projet chiner sa bibliothèque. Il me reste à faire une chronique groupée sur les livres dont vous êtes le héros trouvé tout au long de l’été et une fois que cela sera fait je n’aurai plus que mon dernier vide-grenier à vous chroniquer pour être à jour. Si je suis capable de faire ça dans la semaine c’est guinguette !

En bonus je vous laisse avec les pub Seat où Lara Croft jouait.

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Rédigé par Monsieur C

Publié dans #chiner, #bibliothèque, #livre, #brocante, #videgrenier, #vide grenier

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Publié le 14 Septembre 2016

Lorsque j’ai débuté le projet chiner sa bibliothèque j’avais une idée assez précise de ce que je voulais que ce soit et en même temps je ne savais pas trop à quoi cela allait ressembler ; et cela nécessairement car un des plaisirs de ce genre de projet c’est que je ne sais pas quels livres je vais rencontrer. Je ne voulais pas décider à l’avance d’une ligne éditoriale et me restreindre à un genre, une époque voir à une maison d’édition. Je savais qu’avec les temps de grandes lignes émergeraient et permettraient de dresser un portrait plus précis de ce projet de bibliothèque chinée. C’est vrai que c’était aussi pour moi un prétexte pour me permettre d’avoir une bonne raison de me lever les samedis et les dimanches matins pour arpenter les vide-greniers et y chiner des ouvrages ce qui est une chose que j’adore faire.

Se lever tôt, avant la chaleur écrasant de l’été, parfois avec le soleil, parfois avant lui et prendre des routes désertes pour se rendre dans des villages voisins et des villes voisines que j’ai souvent jamais pris le temps d’explorer avant ; chercher, fouiner, discuter, bref chiner autour de livre que je n’attendais pas. C’est vraiment, mais alors vraiment, un grand plaisir pour moi. Dès le départ mon projet n’est pas celui d’une collection, d’une part parce que l’on ne peut pas collectionner tous les livres, ni ceux du monde, ni ceux de France, ensuite parce que l’important dans mon projet de départ c’était de montrer que la culture est là, accessible avec très peu d’argent, en tout cas je ne sais pas si le très est juste selon vos critères, donc je vais dire accessible avec peu d’argent, voir accessible avec un peu d’argent. Actuellement le projet chiner sa bibliothèque m’a coûté 42,5 euros  pour soixante ouvrages achetés et recensés : à mes yeux c’est très raisonnable.

En plus quand je dis que la culture est là, accessible proche de nous est à bon marché, j’essaie de ne pas caricaturer une culture chiante, épaisse et lourde. Certes j’aime la poésie et je fais entrer beaucoup d’ouvrages de poésies dans cette bibliothèque, mais je en me cantonne pas à cela, il y a des classiques, de la science-fiction, des classiques de la science-fiction, des livres jeux avec les livres dont on est le héros (je mets hors catégorie les jeux de rôle chinés en vide-greniers) et quelques livres OVNI autour de ce qui me tient à cœur c'est-à-dire la pop culture. Et mine de rien, ce projet là m’a permis de renouer avec une forme de lecture, une forme moins solennelle, mais ne cherchez pas le sens de cette phrase, je crois qu’elle ne parle qu’à moi ; chiner un livre, le découvrir, le nettoyer, lui découvrir ou lui imaginer une histoire ça instaure avec l’ouvrage un lien en amont de la lecture et ce lien très instinctif chez-moi exacerbe le plaisir à lire le livre en question. C’est différent d’un ouvrage qui arrive chez soi en un clic de chez Amazon.

Je disais tout à l’heure que je ne cherche pas à faire une collection, mais je crois qu’en parti je me trompe un peu. Bien entendu je ne recherche pas les livres pour leurs valeurs de collection, ce qui m’importe toujours en premier c’est son contenu et son prix ; et je n’achète jamais un livre en me disant que je vais faire une bonne affaire ou en me disant que je pourrais toujours le revendre derrière sur internet, ça non. Mais j’avoue que je n’ai pas de mal à acheter un livre que j’ai déjà parce que l’édition est plus jolie ou juste parce que j’aime justement cette idée d’accumuler quelques même livres dans des éditions différentes et cette chose là ressemble à de la collection. Mais jusqu’à présent je crois que je n’ai que trois éditions Baudelaire avec Les Fleurs du mal, dont une que j’ai donnée, et deux éditions du Horla du Maupassant.

Voilà quatre mois déjà que j’ai commencé à chiner ses livres. Et le plaisir ne s’essouffle pas, bien au contraire il grandi à mesure que la bibliothèque se précise. Il grandi aussi à mesure que je deviens plus exigeant avec les ouvrages que j’achète. Il y a quatre mois il y avait nécessairement une part d’empirisme parce que je ne savais pas ce que j’allais trouver ni ce que je voulais trouver. Mais de coups de cœur en coups de cœur de poésies en poètes, de classiques en figures et d’éditions en éditions j’affine mon goût et donc mon plaisir de chiner. C’est sûrement idiot mais il y a une chose que j’ai du mal à retranscrire dans le plaisir que j’éprouve à faire les vide-grenier, c’est le plaisir de donner une seconde vie aux objets, ici les livres, en leur donnant une seconde attention. L’objet livre a toujours une histoire, réelle ou fantasmée, et souvent je me dis qu’arriver dans un vide-grenier c’est pour l’objet un coup d’arrêt dans son histoire. En l’achetant, en éprouvant du plaisir à le détenir et en trouvant du sens à le posséder j’ai la sensation de lui redonner cette nouvelle dose d’attention qui lui permet de continuer d’écrire son histoire. C’est sûrement pour cela que j’aime les ouvrages qui portent en eux les traces de leurs vécus, souvent ce sont des notes sur les pages ou une dédicace avec le nom ou l’année, parfois des antisèches inscrites par un collégien anxieux, ou les gribouillis de la main d’un enfant ayant échappé la vigilance de ses parents qui me permettent de me raconter d’imaginer la vie du livre, parfois l’âge de l’ouvrage suffit à imaginer le reste ; un recueil de poésies de Châteaubriant dans une édition de 1831 (teaser de fou pour un livre dont je n’ai pas encore chroniqué l’entrée dans la bibliothèque) a nécessairement eu une vie romanesque et rocambolesque d’achats en héritages, des étagères d’une bibliothèque à la poussière d’un grenier avant ‘arriver jusqu’à moi par l’entremise d’un vide-grenier. Cette histoire, supposée et imaginaire c’est la cerise sucrée sur mon plaisir de chiner.

Et pour ne rien gâcher à travers ce projet il y a le plaisir des mots, cette fois je parle de ceux dont je suis l’auteur au travers de mes articles. Je me suis souvent demandé si je devais continuer ce blog parce qu’y avoir de l’inspiration quotidiennement est une épreuve hasardeuse et compliquée. Mais lorsqu je dois faire la chronique d’un livre qui entre dans la bibliothèque chinée les mots facilement et en quantité ; parfois dès l’achat, dès que je repère un livre qui me fait de l’œil sur un stand de vide-grenier j’ai déjà une ébauche des mots que je trouverai pour raconter le moment, déjà les mots à la bouche en quelques sortes.

J’étais parti pour faire une introduction avant de parler de trois livres orphelins achetés séparément durant cet été mais cette introduction est déjà trop longue. Je vais donc m’arrêter là et il faudra revenir demain pour voir quelques livres vont entrer dans le projet chiner sa bibliothèque. Re teaser de ouf ! J’ai bien l’occasion encore de vous parler de ce sujet, parce qu’il m’inspire, parce que je me sens bien avec, le soir lorsque je rédige mes articles et les matins tôt lorsque je me lève pour chiner. Allez, c’est bon, cette fois j’arrête.

 

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