Articles avec #theodora tag

Publié le 12 Octobre 2014

Quand on est comme moi, une commerçante de conviction, on sait qu'il est impossible de se lancer dans les affaires et y réussir sans s'y investir corps et âme ; c’est-à-dire y investir son temps, son corps et ses deniers. Et cela est d'autant plus vrai quand on est comme moi une femme qui fait commerce de son corps. Alors, quand nous sommes arrivés dans le quartier des arènes, je n'ai pas redouté de faire ma place, et de devoir me battre pour cela. Je m'attendais à être accueillie par la pègre locale et à être soumise aux pressions inhérentes à l'arrivée d'une nouvelle concurrence, mais j'étais décidée à ne pas céder. Je suis habituée à payer de mon corps, et je ne lésine pas sur l'investissement personnel pour porter haut les valeurs de mon métier ; don de soi, abnégation, plaisir, partage. Mais vendre son corps conduit une femme à connaître la valeur de chaque pièce, de la moindre dragme. Et il était hors de question de payer l'impôt parasite imposé par un chef de pègre locale et même si je savais que j'allais à la rencontre de problèmes et de difficultés. Je savais que je pouvais compter sur le soutien de mes compagnons, combattants émérites et hommes de conviction.

Nous avons eu quelques hésitations quant à décider de la nature de notre commerce, car si je suis douée pour le commerce des plaisirs mes compagnons sont parfois un peu puritains. Mais nous avons opté pour la Rousse Flamboyante, taverne de plaisir. Tenir tête aux sbires du Prince n'était pas difficile, le commerce est un jeu de dupes, mais je ne m'attendais pas à faire face à un meurtre le soir de l'ouverture ...

Rapport d'investissement rendu avec un jour de retard le 1927 ème jour

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Publié dans #Theodora, #recyclage

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Publié le 14 Septembre 2013

Théodora était de nature insoumise et suspicieuse. Elle exprimait donc de l’incrédulité sur son visage et dans  ses grands yeux clairs. Interrompant sa logorrhée, le personnage métallique aux allures de charlatan mécanique se pencha sur Théodora et colla ses lèvres froides à la bouche pulpeuse de la jeune fille et l’embarras. Théodora était subjuguée, interloquée. Elle avait l’habitude d’embrasser les hommes, mais ça ce n’était pas un homme. Le baiser avec un goût curieux, âpre et amer. C’était comme si mille minuscules serpents fouillaient la bouche de la demoiselle en cherchant des recoins pour se cacher. Il fallut quelques instants pour que Théodora reprenne ses esprits et repousse violemment la chose. Et comme elle l’avait appris auprès des courtisanes de Dame Isais qui lui avaient expliqué comment définir une frontière claire à ne pas franchir avec les clients irrespectueux, elle décocha une puissante gifle à l’individu.

  • Il fallait te faire entendre raison ma petite. Regarde autour de toi. Maintenant tu vas pouvoir enfin voir la vérité.

Théodora était toujours nue, elle se trouvait toujours sur cette étrange plate-forme de bois qui se tenait au pilier avec des bras difformes, le ciel était toujours comme un cristal concave aux lueurs irisée. Mais maintenant elle voyait des enfants qui jouaient entre les piliers immenses reliant le sol au ciel. Enfin, des enfants c’est vite dit. Les personnages qu’elle voyait avaient bien les traits d’enfants, mais il avait la taille de géant. Elle crut au départ que ces enfants géants tenaient des dragons en laisse comme de vulgaires montreurs d’ours avec leurs plantigrades.

Mais l’individu métallique aux yeux de rubis lui demanda de regarder mieux. Cette fois Théodora réalisa que ces enfants à la taille de géant ne tenaient pas les dragons en laisse mais ils commandaient ces dragons par l’intermédiaire de pupitre de bois avec divers leviers et boutons. Et ce qu’elle croyait être une laisse était en réalité un ensemble de fils et de tubes souples où d’étranges fluides scintillants circulaient.

  • Maintenant que tu peux distinguer le réel à travers le voile du mensonge que j’ai déchiré pour toi tu peux voir la nature véritable de ce que tu prends pour des dragons. Ce ne sont que de simples épouvantails, des créatures articulées, vides, creuses. Ce ne sont que des baudruches, à peine plus élaborées que des vessies de porcs et vous pauvres petits humains vous continuez de croire à la vie et à la dominance des espèces draconique. Quelle blague ! Quels sots vous faites ! Te voilà belle maintenant à détenir ce secret ma pauvre poule.  

 

L'avant / l'après

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Publié le 7 Septembre 2013

Depuis plusieurs minutes la créature discourait devant Théodora agitant ses bras et produisant de nombreuses étincelles autour de sa personne ; cela pouvait trahir de la nervosité comme l’emportement de la passion. Plus qu’un discours, c’était une logorrhée, le personnage volubile inondait l’espace d’un flot paroles ininterrompues mais plutôt décousues auxquelles Théodora avait du mal à se raccrocher. Il évoquait les dragons, les Grands Dragons, il interpellait Théodora en lui rappelant qu’il était le docteur ès Dragon.

  • Le début, la fin, la vie, la mort, la renaissance, la survivance des espèces, le cycle astral des choses, la naissance du monde, la déconstruction du chaos, tout est clair vu d’ici. J’ai tout compris ! Mais morts ! Oui, tous morts ! Ils tous morts. Disparus jusqu’aux derniers, jusqu’à la dernière écaille, plus un œuf, plus une aile, pas une griffe n’a survécu. Regarde autour de toi petite fille, tous les dragons sont morts et depuis si longtemps que le monde les a oubliés.
  • Bien sûr que non ! Les dragons vivent toujours,  j’en ai  même déjà vu un spécimen une fois.
  • Tous les dragons sont morts, pauvre petite idiote. Mais pour faire perdurer la domination draconique sur la liberté de l’hommes, sur l’imaginaire des femmes et sur la faconde des bonimenteurs on a décidé de recréer des dragons mécaniques, de fausses bêtes creuses et trompeuses qui rampent dans les airs comme des marionnettes que des mains humaines géantes manipules avec un doigté stellaire.
  • Mais qu’est-ce que je fais ici ? Qui êtes-vous ? Mais surtout qu’est-ce que vous êtes ?

 

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Publié le 6 Septembre 2013

Soudain Théodora entendit une voix. Elle leva la tête et aperçu devant elle un être curieux. C’était un homme de taille moyenne, entièrement constitué d’un métal doré. Des étincelles pareilles à de minuscules éclaires crépitaient autour de lui. Il se tenait debout sur une plate-forme en bois dont la balustrade ouvragée représentait des membres humains et justement elle se terminait par de grands bras noueux et nervurés qui encerclaient la colonne. Le petit homme était entrain de parler à Théodora, mais elle n’écoutait rien, elle était subjuguée par les deux rubis carmin qui luisaient à dans les orbites de la créature. La créature métallique lança alors une décharge électrique qui frappa Théodora en pleine poitrine. En plus de faire pointer ses seins nus cela ramena Théodora à écouter la créature qui lui faisait face.

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Publié le 30 Août 2013

Le long des cinq années durant lesquelles Théodora travaillait à rendre heureux les hommes, protecteurs, marchands, guerriers, sages, politiciens, adolescents, marginaux, scribes, moines, mages, maîtres d’armes, cavaliers, prêcheurs et autres aventuriers, elle n’avait connu qu’un seul incident. Une seule passe avait mal tourné et nécessité l’intervention des hommes de main de Dame Isais. C’était quand Théodora avait 15 ans. Une nuit un client mystérieux de passage dans la ville entra dans le bordel. Il était grand, il avait la peau mate ce qui contrasté avec ses yeux bleus et ses cheveux blonds coupés courts qui lui donnait l’air sévère. Même s’il avait la carrure d’un homme d’armes, il n’en portait aucune. Il parlait lentement détachant chaque syllabe. Sans préambule il commandait deux filles et Théodora accompagnée de son amie Lucie Kraona montèrent dans la chambre du client. S’il était froid et distant, l’homme avait su se montrer courtois en offrant aux filles plusieurs coupes de liqueurs qu’il avait rapportées de voyage.

 

Théodora possédait différents savoir-faire qu’elle avait appris des différentes courtisanes, elle savait notamment se servir des rubans de soie pour attacher les corps selon les rites érotiques. L’homme lui demanda d’attacher Lucie-Kraona, et Théodora trouva cela naturel et prit soin d’attacher son amie avec une douceur érotique délicieuse parce qu’elle savait que les hommes aiment voir les femmes jouer entre elles. Ensuite, l’homme voulut lui-même attacher Théodora dans une position qu’elle ne connaissait pas.  Elle avait appris que l’on ne refuse jamais rien à un client, surtout si c’est un homme robuste témoignant d’un empressement violent. Ligotée dans une position indélicate, Théodora senti monter l’angoisse. Elle fut prise de panique en voyant la violence de l’homme s’intensifier et elle commença à suffoquer jusqu’à en perdre connaissance.

 

À son réveil la jeune fille était suspendue par les rubans de soie à une gigantesque colonne de pierres ouvragée dont la base disparaissait dans la brume et dont le sommet semblait rejoindre le ciel opalescent. Ce ciel était comme constitué d’une immense gemme phosphorescente. Par mouvement de balancier le corps frêle et nu de Théodora put se rétablir sur une aspérité de la colonne. Regardant autour d’elle Théodora réalisait que d’autres colonnes supportaient ce toit de cristal. Quel ne fut pas sa frayeur en réalisant que certaines colonnes étaient constituées uniquement d’ossement de dragon. D’autres semblaient faites exclusivement d’immenses tubes et tuyaux de fer, de cuivre ou de verre dans lesquels on pouvait voir transiter de la lumière, et des flux dont Théodora ne connaissait pas la nature.

 

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Publié le 29 Août 2013

Les années qui suivirent donnèrent à la jeune paysanne blonde l’occasion de développer ses prédispositions aux plaisirs de la chair. La jeune fille ne faisait preuve aucun tabou ni d’aucune limite. Au contraire, elle brûlait du feu de la curiosité et elle était toujours disposée à essayer une pratique nouvelle. L’autre qualité qui faisait d’elle une courtisane remarquée c’est qu’elle apprenait très vite les petites habitudes perverses de ses clients réguliers. Elle su rapidement anticiper les désirs noirs de ces amants et elle donnait toujours satisfaction au-delà des espérances. Elle avait vite compris que si les hommes sont des amants dont les perversions peuvent être sans limites, ils sont aussi des êtres faibles très mal à l’aise avec le fait de nommer leurs pulsions noires. Et Théodora avait le don de sentir ce que désirait un homme même si par gène, pudeur ou méconnaissance il n’était pas capable le formuler ou l’avouer.

 

Durant ses cinq années de service et de différents vices auprès de Dame Isais, Théodora ne connut qu’une seule déception, rien qu’une seule. C’est quand elle prit connaissance de l’accord que sa mère avait signé avec la mère maquerelle. En effet quand Dame Isais était venue la chercher dans sa campagne, elle s’était engagée à reverser la moitié de ce que gagnait Théodora à sa mère. Ensuite, elle prélevait un quart de ses revenus pour les frais de fonctionnement du bordel. Et il ne restait alors à Théodora qu’un maigre quart de ce qu’elle gagnait. Ce n’était pas une fille vénale, mais elle avait de l’honneur et cette situation lui donnait la sensation de se faire voler. C’est ce jour-là qu’elle prit la décision d’économiser sa paie pour un jour pouvoir racheter sa liberté. Pas qu’elle ne voulait plus travailler, mais pour travailler à son compte et que sa mère ne touche plus une pièce d’or. Heureusement, le plaisir qu’elle prenait dans la maison de Dame Isais parvenait à la combler et à lui faire oublier ses rancœurs.

 

Il faut dire que la vie au bordel était beaucoup plus douce qu’à la campagne. Dans la maison de Dame Isais Théodora vivait à l’étage dans une jolie petite chambre qu’elle partageait avec Marie Draconna Kristensen, d’ailleurs ces deux-là partageaient plus qu’une chambre d’ailleurs. Au rez-de-chaussée, là où l’on recevait les clients, la table était toujours dressée, on pouvait boire et manger. Et les clients, en plus du prix des passes n’étaient jamais avares de cadeaux, de robes, de bijoux, de fleurs et Théodora adorait être couverte de jolies choses. Ça en était fini pour elle la promiscuité d’avec ses frères et sœurs, les maigres repas, les robes en toile épaisses et la rudesse des punitions. Aujourd’hui si Théodora reçoit des coups de fouet ou la fessée c’est pour le plaisir, celui qu’elle prend et celui qu’elle donne au client. ,. les clients lui offraient régulièrement des robes et des bijoux

 

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Publié le 19 Août 2013

Les hommes, clients chez Dame Isais, ont vite eu fait de repérer l’éclatante beauté de la jeune Théodora même si elle n’était pas au menu du bordel. La jeune fille s’était habituée à faire naître les rumeurs, elle aimait se nourrir de ces histoires sulfureuses dans lesquelles elle était reine et princesse. Il n’en fallait pas moins pour que les propositions affluent auprès de Dame Isais. Théodora était encore vierge et le prix une pucelle sur le marché de la courtisane atteignait souvent des sommets. Ce n’était pas souvent qu’une vierge aussi belle et déjà femelle était en vitrine dans le bordel. Un an après son arrivée, après une longue année d’éducation au savoir-vivre d’une pute, la virginité de Théodora fut mise officiellement aux enchères. C’est un riche négociant en minerai, détenteur de plusieurs mines à travers la région et client fidèle de l’établissement de Dame Isais, qui offrir le prix le plus élevé.

 

Le soir de sa première fois était arrivé et pour une fois c’était aux filles d’être aux petits soins pour Théodora afin de la préparer pour son premier client. Théodora se sentait redevenue la petite reine qu’elle était dans ses histoires et elle adorait cela. Elle offrir sa virginité sans verser une larme, à part les quelques larmes de sang qui perlaient sur les pétales ouverts de sa fleur de femme.

 

Théodora était devenue une courtisane à part entière.

 

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Publié le 15 Août 2013

Marie Draconna Kristiansen était une femme de 20 ans plus vieille que Théodora. Elle avait les cheveux rouges, coupés court et toujours coiffés en bataille comme un volcan en éruption. Son visage doux et lisse était éclairé par un regard à l’éclat particulier que lui donnaient ses yeux vérons ; l’un bleu et l’autre couleur ambre. C’était une femme aux épaules larges, les cuisses fuselées toujours plantée sur des talons hauts et larges, elle avait une poitrine lourde que ses corsets faisait saillir en avant et des hanches larges qui lui dessinaient une taille marquée.

 

Marie Draconna Kristiansen était une belle femme, mais si les hommes payaient pour s’offrir ses faveurs ce n’était pas pour l’éclat particulier de sa beauté ; Marie Draconna Kristiansen avait mis au point une danse qu’elle seule pouvait réaliser. Elle y simulait avec une sensualité exacerbée le coït violent et passionné entre une femme et un dragon. Sa danse se concluait par l’orgasme de la femme qui tranchait alors la tête du dragon. C’était un spectacle aussi sulfureux et renommé et pour y assister on venait de loin voir la danse de la femme et du dragon ; les guerriers humanistes ayant déjà combattu des dragons, les Protecteurs garant de l’ordre et de la morale draconique, les voyageurs ayant connu les merveilles des mondes lointains, tous les hommes étaient subjugués, consumés et excitée par le spectacle de Marie Draconna Kristiansen. Pour déshabiller elle deux faucilles qui symbolisaient les griffes du dragon tenaillant dans ses serres le corps de la femme. Les hommes étaient fous de cette audace,  ils regardaient Marie Draconna lacérant sa robe et ses jupons avec ces deux faucilles et on pouvait voir le désir fulminer dans leur regard.

 

Théodora blonde ingénue et la brûlante Marie Draconna avaient en elles le même sens de l’irrévérence et de l’insoumission et cela les rapprocha très rapidement. Marie Draconna Kristiansen prit la jeune novice sous son aile voyant en elle une héritière éclatante. Théodora apprit la danse du coït entre la femme et le dragon de la main même de Marie Draconna. Elle lui enseigna bien sûr comme manier la faucille, mais seulement une seule faucille, car tant que Marie Draconna serait en mesure de réaliser sa danse Théodora restera son élève et devra n’utiliser qu’une seule arme pour marquer son rang inférieur. Les premières danses furent maladroites, Théodora était impétueuse et dans de sa fougue, elle garda une jolie cicatrice en forme de demi-lune sur sa hanche droite. Durant son année de novice, elle apprit également les usages des soins et de l’alchimie pour éviter qu’une femme ne tombe enceinte où soit contaminée par la vermine qui brûle à l’intérieur de certains hommes mais aussi les lotions et onguents qui  peuvent calmer les ardeurs d’un amant insatiable.

 

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Publié le 14 Août 2013

Il n’était pas question que dans une maison au prestige important comme celle de Dame Isais  qu’une enfant de douze ans, belle mais surtout inexpérimentée, travaille à assouvir  les hommes venus payer pour cela. Dame Isais était peut-être une tenancière de bordel de province, mais c’était aussi une femme d’élégance qui possédait un véritable sens de la renommée, du service et de la qualité et cela faisait déjà bien longtemps qu’elle faisait rayonner sa maison en usant d’une aura jamais ternie. Alors quand une très jeune femme arrivait chez-elle, il était de coutume que durant une année entière la demoiselle soit une novice. Les novices étaient là pour apprendre ; elles devaient observer leurs aînées et les assister dans leurs préparatifs et dans leur quotidien. C’est ainsi que Théodora fût instruite des choses qu’une femme de petite vertu doit savoir. Théodora avait l’esprit vif et la curiosité dévorante, mais elle était dépourvue de culture et de savoirs ; son corps de nymphe blonde n’était un diamant brut et il fallait parer la demoiselle d’éducations et de savoirs pour dévoiler tout le potentiel et l’éclat trouble que ce corps recelait. Théodora apprit à coiffer les filles, à nouer leurs corsets, à démêler leurs rubans quand un client trop fougueux les mettait cul par-dessus tête. Elle apprenait aussi l’art de se rendre belle, de plaire, le maquillage et les manières, le savoir-vivre aussi, c'est-à-dire la connaissance de us et coutume de la citée de Korom afin de savoir en séduire ses hommes. Durant son année de novice elle découvrit aussi l’art du plaisir, celui que l’on découvre par l’art des caresses et des contorsions qui rendent fous les sangs et les sens d’une femme. Elle fut aussi initiée à l’amour saphique dont les douceurs capiteuses avaient vite fait de l’enivrer. Au bout de quelques mois Théodora était une autre fille. Maintenant c’était une femme, une femme qui allait sur ses treize ans, mais une femme prête à assister la courtisane qui était devenu sa tutrice attitrée : Draconna Marie Kristiansen. Elle était présente dans les alcôves et les chambres où Draconna retrouvait ses clients. Théodora observait non sans plaisir comme une femme doit recevoir un homme, comme le rendre fou des désirs qu’il assouvit et comme l’homme alors et à la merci de la femme.

 

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Publié le 13 Août 2013

Quelques semaines plus tard la caravane avait conduit Théodora à Korom. Théodora n’avait jamais connu la ville, mais combien de fois l’avait-elle imaginée en écoutant parler les voyageurs ? Elle aimait écouter les récits les chansons des bardes, les récits des scribes ; elle savait bien qu’ils exagéraient dans le sordide, le merveilleux et surtout qu’ils surchargeaient leurs récits d’une angoisse urbaine diffuse pour impressionner les villageois. Pourtant, dès que les faubourgs de Korom ont été en vue Théodora a été fasciné ; elle était comme le papillon de nuit attiré par les lumières du feu. Ses impressions étaient partagées entre émerveillements et inquiétudes. Théodora allait travailler dans le bordel de Dame Isais. Durant les longues semaines de voyages la tenancière du bordel au charisme pouvant passer de la chaleur au glacial en un battement de cils lui avait expliqué comment les choses devaient se passer et cela aussi laissait Théodora sur un entre-deux émotionnel. Mettre à profit son don pour la sensualité lui semblait être une aubaine qu’elle ne pouvait pas refuser et qui l’excitait au profond de son ventre. Mais elle n’avait jamais laissé un homme dépasser la barrière de son intimité et l’idée de devoir ouvrir cette dernière frontière de son impudeur pour soulager les messieurs de leurs désirs les plus intimes lui nouait le ventre. Dame Isais l’avait aussi enseignée les règles de vie, la cohabitation avec les autres prostituées et comment la vie se passait au bordel. Et même si Théodora ressentait une certaine appréhension, elle prenait bien soin de la reflouer et l’impatience alors revenait sur le devant de sa scène intérieure.

 

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