Articles avec #souvenir tag

Publié le 22 Avril 2017

Preuves en est que je dois malgré tout ne pas être aussi jeune que je ne l'ai été avant c'est d'une part que je radote (un peu) et que d'autre part que j'ai connu un monde sans internet et un monde avec un internet naissant et puis Caramail et puis Facebook et puis le reste. Et s’il vous faut une preuve supplémentaire je rédige des phrases bancales à la ponctuation borderline. Mais on se moque de l'âge, ce n'est qu'un chiffre inscrit sur ton état civil qui aux yeux de la loi pour définir ta norme, ton degré de liberté, ton cadre légal et le regard de la société sur toi, bref rien de très sérieux.

Mais pourquoi est-ce que je parle de cela ? C'est pour introduire un souvenir et pour parler de la manière dont je suis venu à l'écriture. Comme je suis passé d’un garçon timide, introverti, que l'on avait convaincu qu'il était fait pour les mathématiques et ses princesses sciences non pour les lettres, à quelqu'un qui essaie de se battre avec les mots pour écrire et faire de lui un homme de lettre, ou à défaut un homme de plume et de prose.

Partons du principe que le début de ce souvenir se déroule dans un monde où internet n'était pas arrivé jusqu'à moi, disons la deuxième moitié des années 90 et partons du principe que la suite de se souvenir se déroule dans le monde où internet arrive en 56k jusqu'à chez moi et que bien entendu je ne connais rien des usages du net. D'ailleurs je ne sais même pas s'ils existaient déjà usages. Je ne suis pas historien, et si je le suis malgré tout alors je suis seulement l'historien de moi-même, l'unique auteur de mon histoire nationale.

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Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #Je est un autre, #souvenir, #Je est un Blog, #écrire, #Prose, #autofiction

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Publié le 27 Janvier 2017

Je suis allé dans un lycée technique, autant dire un lycée de garçons même si dans ma filaire S nous avions le luxe d’avoir quatre filles dans notre classe. C’était un lycée de garçons et autant de mâles alphas et bêtas en qui je ne me reconnaissais pas et d’une certaine façon c’était réciproque. Je n’y avais pas d’ami et c’était bien comme ça.

Un jour d’hiver du temps de ma première il pleuvait fort. Le ciel déjà bas avait fait place à la nuit avant même la fin des cours. Ce jour là pour une raison qui a échappée à mes souvenirs nous n’avions pas cours et chacun était libre de vaquer à son oisiveté comme il le désirait. Comme toujours et tant que possible lorsqu’il m’était permis de m’éloigner de mes congénères je sautais sur l’occasion pour sortir, marcher, parcourir la ville. Ce jour là il pleuvait. Oui, ce déjà soir de fin de journée la pluie battait fort sur la ville, j’avais une veste, étanche et chaude, mais pas de chapeau, de parapluie ou de capuche et pourtant je me suis mis à marcher, seul et sous la pluie. Il n’y a que les dix premières secondes qui sont un  peu contrariantes, peut-être désagréables, le temps de passer de sec à mouillé, mais les instants suivants je m’installer dans cette posture de garçon engoncé dans sa veste qui marche, la tête nue sous la pluie battante et le pantalon bientôt trempé de l’eau qui ruisselait sur moi. Plus j’apprivoisais cette posture et plus je me sentais bien. La pluie qui tombait uniformisait la ville, les gens reculaient sous les abris, et disparaissaient sous les parapluies me donnant l’impression de posséder la rue comme un roi audacieux.

Je marchais sans autre but que de butter le temps et j’étais bien. Soudain, au milieu d’un trottoir j’ai rencontrée une fille de ma classe, une des rares et la seule qui trouvait grâce à mes yeux, c’était à dire la seule à m’inspirer désir et tendresse. Elle se protégeait sous sa veste et sa capuche, seul son visage quelque peu ruisselant affrontait la pluie. Nous sommes arrêtés à face à face et je crois me souvenir qu’elle a eu une phrase du genre « Salut Rémy qu’est ce que tu fais là ? », c’était trois fois rien, quelques mots suivis de banalités climatiques. Mais elle m’avait nommée, elle s’était arrêté, m’avait vu détrempé et elle m’avait nommé par mon prénom. J’étais déjà le roi qui se tient droit sous la colère pluvieuse d’un dieu climatique, et soudain par l’intermédiaire de ses mots j’étais quelqu’un. Nous avons repris nos marches en sens contraire mais je goûtais alors avec plus d’intensité au bonheur de cette situation.

Je crois que c’est de cette phrase, de cette rencontre, du désir érotique et émotionnel que j’éprouvais pour cette fille croisée dans ce contexte hors lycée et hors normes, que me vient mon goût pour les jours de pluie, les jours de pluie sur la ville, et les errances sous la pluie dans la ville. Hier soir je marchais sous la pluie, dans la ville, j’avais ma veste épaisse et j’étais à l’abris sous ma chapeau qui n’empêchait pas le vent de me claquer la pluie au visage, et en éprouvant le plaisir de l’eau sur mon visage j’ai repensé à cette scène, à cette fille, à ce jour où lycéen je devenais le roi éphémère des rues mouillées.

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Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #Je est un Blog, #souvenir, #autofiction

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Publié le 23 Octobre 2016

J’ai oublié quand est-ce que j’ai accepté l’idée que je voulais écrire ; écrire pour écrire je veux dire. Et par extasions j’avais aussi curieusement oublié l’histoire que je voulais écrire pour écrire et que je n’ai jamais écrite. Et il y a quelques jours en conduisant – parce que toutes les pensées naissent et vivent en voiture ou sous la douche – mon esprit est retombé sur cette idée initiale. Je ne sais pas d’où cette idée est revenue, mais elle était là de nouveau présente à la surface de mon cerveau.

 

C’était l’histoire d’une fée. Pas n’importe quelle fée mais la toute première fée à être apparue dans la société à une époque pré-futuriste. Le récit aurait commencé bien après que cette fée soit apparue ; j’avais choisi d’ancrer le récit dans le temps de sa déchéance. En fait j’avais une idée très précise de la scène d’ouverture.

 

C’est une fée dans l’imagerie classique du genre avec des ailes scintillante, une tenue courte et des paillettes un peu partout. Elle se tient seule dans une ruelle glauque comme je les aime. Ses doigts se crispent légèrement sur sa jupe pour la retrousser un peu et là, debout dans la ruelle, elle urine. J’aimais l’image de déchéance légèrement transgressive de cette fée, image immaculée de la pureté en train de faire pipi dans une ruelle souillée.

 

C’était mon point de départ. Je voulais ensuite raconter toute le parcourt de la fée, l’impact qu’elle avait eu sur la société lorsqu’elle est apparue sur Terre. Comment l’apparition d’un tel personnage avait fait bouger les lignes de conscience et la conception du monde. J’aurai développé l’intérêt médiatique et scientifique autour de sa personne. Puis, après cette phase de starification extrême, d’autres personnages féériques seraient arrivés sur Terre, mieux qu’elle, plus intéressants, plus beaux, plus médiatiques et petit à petit la fée serait tombée dans l’oublie et le mépris la poussant à la rue et à la prostitution.

 

J’aimais l’idée de pousser une fée dans la rue, pousser une fée dans la prostitution, ce n’était pas méprisant, je voulais exprimer une tendresse et un respect pour les prostituées et les fées. Il me manquait une chute c’est vrai, mais je voulais écrire cette histoire. Depuis qu’elle m’est revenue j’ai de nouveau envie de l’écrire, même si je n’ai toujours pas de chute. Mais je me dois d’écrire ce texte par respect pour moi, mes penchants et ma première pulsion d’écriture. Je retrouve dans cette idée de base, le fantastique, l’urine, le sexe, la rue, la ville, les femmes inaccessibles, la science-fiction, le social, l’expérience d’une vie qui change, tous ces thèmes qui me fascinent et m’habitent toujours.

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Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #écrire, #ébauche, #Souvenir

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Publié le 20 Octobre 2016

Au firmament de l'écriture me revient le goût de la provocation. Combien de fois ai-je connu cela ? Tablons sur mille fois. J'en suis venu à écrire pour exprimer ce que je ne disais pas. Et je ne parlais parce que j'étais timide, introverti (ajoutez une puissance exponentielle à ce que vous imaginiez de base). Le garçon timide et l'introverti subit le monde, les relations et les implications sociales parce que sans la force de la parole pour verbaliser sa place et son rapport aux autres et aux mondes, l'individu n'existe pas. Il subit. Il survit. Il encaisse. Celui qui ne dit rien, subit et n'éprouve pas la sensation d'exister éprouve et accumule souffrances et frustrations. Les souffrances, mineures, les frustrations, toutes, quand elles habitent en soi elles y convoquent la colère, la rage et l'esprit de révolte. C'est cela ou la dépression et la triste, je ne sais pas si un jour j'ai choisi de choisir mais je peux dire que j'ai toujours été du côté de la rage, de la colère et de la révolution.

 

J'en suis donc venu à écrire pour exprimer ce que je ne parlais pas. J'en suis venu à l'écriture pour exprimer la colère, la rage, l'envie de révolution et la nécessité d'exister. Peut-être accessoirement exciter mais c'est une autre question. Ainsi au départ, devant mon premier texte, je parle de ce texte dont je savais que la nuit suivante j'irai le distribuer anonymement dans les boîtes aux lettres, j'avais déjà l'ambition de la provocation. Bien sûr à l'époque je ne l'assumais pas dans ces termes et je parlais de pamphlet parce que j'avais misé sur le fait que la culture pouvait être l'arme avec laquelle je pourrais faire couler le sang de ma présence au monde. Le pamphlet oui, et plus tard une forme de provocation ; je voulais provoquer dans le sens le plus premier degré de l'expression ; à chaque écrit que je lançais j'espérais provoquer une réaction. Accessoire j'espère aussi provoquer les potentiels lecteurs sur leurs fondations humanistes. Plus tard j'ai voulu provoquer le désir, provoquer la présence de l'autre et c'est encore une variation sur ce même thème.

 

Jusqu'à aujourd'hui je n'ai pas perdu ce goût du pamphlet ou de la provocation. Sauf qu'avec le temps se sont produites deux choses ; j'ai appris le goût de la littérature pour la littérature, en d'autres termes j'ai appris à aimer écrire pour l'écriture et en poursuivant mes études culturelles j'ai appris le sens de l'esprit critique et du libre arbitre ainsi qu'une forme de recherche de la justesse de la pensée avant la justice de l'ego qui m'a un peu éloigné de la forme directe de la provocation. Mais lorsque j'y repense, non, lorsque je me retourne pour observer mon cheminement sur internet et ses réseaux à chaque fois que j'ai envoyé ma plume conquérir un nouveau territoire virtuel c'était avec un penchant va t en guerre pour la provocation ; une approche sûrement un peu hautaine qui me soufflait dans le creux nostalgique de l'oreille que ma plume pouvait donner là-bas (à comprendre comme un ici) une meilleure mesure que les plumes des autres déjà à l'oeuvre sur ces réseaux. Ainsi au début de bien de mes blogs, de biens des avatars sur des réseaux devenus désuets ou non, je singeais pour me moquer et j'essayais d'insuffler quelque chose qui naviguait entre la parodie moqueuse et l'outrage hautain. Enfin c'est ce que je pensais, ce que j'éprouvais, même si je n'ai jamais su passer à l'acte avec des formes outrancières. Je n'avais que de minuscules conquêtes qui ne faisaient qu'un seul et petit pas en dehors de ma zone de confort vers la zone de conflit.

Non sens optimal

Non sens optimal

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Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #egotrip, #Je est un Blog, #écrire, #Souvenir

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Publié le 16 Octobre 2016

J'ai joué cette vie il y a une éternité. Mon alter égo était une sorte à la X-Files et le voilà projeté au volant de sa voiture. Il roule sur une route brumeuse. Je roule, il roule et on nous ne croisons personne. La voix omnisciente me décrit la route, les paysages évanescents dans la brume qui uniformise toute, elle évoque les villages traversés qui sont déserts, et plus elle fait durer ses descriptions et plus je commence à stresser et à monter en pression. Quelques regards de perceptions plus loin  je suis sur les nerfs. Il ne se passe toujours rien mais je suis d'un naturel parano et je commence à échafauder des théories folles, sur lesquelles la voix se fait plaisir pour rebondir dessus et nourrir ma parano. Finalement mon alter égo décide de s’arrêter pour visiter un village, il descend de sa voiture et il remarque deux chiens dans la rue. Il a peur, moi aussi, il sort son arme et se lance à la poursuite des chiens que nous ne parvenons pas à rattraper. Forcément nous nous sommes éloignés de la voiture, et lorsqu’il y revient il perçoit un véhicule arrivé au loin. Nouvelle grosse décharge d’adrénaline, une voiture arrive, des hommes en noir descendent, je panique, et lance mon alter égo dans la voiture et il part à toute allure. Il fuit droit devant lui sur cette même route brumeuse jusqu’à réaliser après quelques nouveaux regards de perception que les choses ont changées autour de moi. Mon alter égo était passé dans une sorte de poche dimensionnelle étrange non euclidienne. Tout cela à partir d’une petite route brumeuse.

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Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #ébauche, #jdr, #jeux de rôle, #souvenir

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Publié le 12 Octobre 2015

Aujourd’hui encore lorsque je marche sous la pluie, de nuit et sans parapluie, je repense à elle. L’odeur de l’eau sur mes vêtements, le bruit de l’eau et l’expérience solitaire de marcher sous la pluie, ça me ramène à elle. Plutôt ça ramène ma conscience à un instant précis qui remonte au temps du lycée, une fin de journée d’hiver quand la nuit tombe tôt, j’avais quitté les cours et je devais tuer le temps, la solitude et l’ennui en marchant dans la rue sans parapluie, engoncé dans ma veste plus tout à fait étanche, la tête ruisselante. Je me souviens que j’éprouvais alors à ce moment précis un sentiment de pouvoir, une forme de contrôle de la liberté, je frôlais les gens qui marchaient invisibles sous leurs parapluies et moi je me sentais vivre. Trempé mais vivant. Et à un moment donné, sur un espace de trottoir que je pourrais resituer précisément même si depuis la rue a changée, je l’ai croisé elle,la fille. J’avais déjà fait d’elle le fruit de convoitise secret, silencieux et discret de mon amour, je n’avais pas attendu de la croiser sous la pluie pour faire d’elle une muse qui s’ignore. Mais à ce moment là je l’ai croisé, comme moi elle ruisselait, elle marchait sans parapluie dans le sens inverse au mien. On s’est croisé, la ville mouillée reflétait les lumières du soir sur le sol ruisselant. On s’est croisé, elle m’a regardé, on s’est sourit en se disant une banalité et chacun a reprit son trajet solitaire. Depuis ce soir là, la pluie, la ville, la nuit quand ces choses là se rencontrent me rappellent ce souvenir amoureux, érotique, fugace et fantasmé.

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Rédigé par Ceci est un blog

Publié dans #Je est un Blog, #souvenir, #pluie

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