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Publié le 6 Mars 2017

Il faut ralentir le temps tandis que le râle antique remonte le long de nos boyaux maudits.

Dans l’écran grossier de nos télévisions les présidents du monde et ceux qui y aspirent accélèrent comme des chevaux fous. S’ils avaient l’élégance ou la grâce des grands hommes j’aurai pu voir en eux la comète écarlate qui illumine le ciel. Mais ce ne sont que des locomotives décapitées qui vont de plus en plus vite pour échapper à l’instant de leur présent.

Il faut ralentir, fermer les yeux et les rouvrir.

Une fois.

Une autre fois.

Sans urgence.

En ne ressentant rien impérieux.

Les hommes politiques sont des chevaux fous qui galopent en se vidant de leurs sangs comme des canards sans têtes.

La basse-cour court à perdre haleine.

Je ferme les yeux, je freine le temps.

Je pensais que tout cela serait meilleur.

Mais je pense trop.

J’espère trop.

Ralentir.

Doucement.

Comme les cheveux qui tombent.

Les rafales ravagent l’air au-delà de la fenêtre.

La nuit cache le reste.

Un verre d’eau, une cigarette.

Quelques braises qui rougeoient encore.

Et le métronome monétaire palpite de rouge puis de vert, de rouge puis de vert.

Tout perdre et tout gagner – tout prendre et remiser.

 

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Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #Divagations diverses, #Prose

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Publié le 4 Mars 2017

Anachronique chronique sans queue ni tête

Il faut être têtu pour se tenir ici dans le silence des voix

Le bruit ténu de tes pas frôle l’espace

Tu teintes l’air avant de lui tenir tête

Cela nous épargne les trémolos et tout le tintouin qui vient en cascade

Je me carapace quand tu te carapates

Toute petite chronique d’un vieux grognard

Les mots grincent lorsque je grimace grimé d’un silence gourmand

Au lit, avec quelques livres, tu te remémores des allitérations

D’escalier en escargot la pensée rampe dans le colimaçon

Demain nous partirons pour Stalingrad

Le train de nuit et les frontières franchies une à une au rythme de nos passeports

Dans le wagon-bar les fumées de cigarettes dévoileront le temps qui passe

Et nos pas pourront se poser en terre étrangères où nous ne serons personne

Comme une fin en soi, anonymes dans le langage d’autrui, anonymes dans leurs yeux

La liberté de nos corps retournés à l’accent russe des bouches slaves

Ainsi que le bruit des artères autoroutières larges comme des baleines éventrées

Il n’y aura pas de maison pour crasher nos espoirs dévoyés

Seulement le lit d’un hôtel pour nos corps aimantés

L’exotisme nous sera ordinaire sous les auspices d’un nouveau dévot

Et le regard d’un tyran liminaire

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Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #poésie, #Prose

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Publié le 25 Février 2017

Le son long est une lame délicate qui imprime la marque de ses dents dans la lèvre de ma femme.

Le sang lent et délicat coule comme une épaisse bisque le long des jambes fine de ma fille.

Le temps large est une distorsion entre mes tympans et l’oracle mort de mon hypothalamus.

La maîtresse écarlate encore avide d’être comblée halète doucement dans les draps détrempés.

Des odeurs de sueurs et de verges dégondées trahissent silencieusement le crime adultère.  

Dans la cave où de grands crus patientent ils creusent les tombes de celles tombées pour eux.

Il pense que l’infini n’est qu’une boucle qui emprisonne le présent en fumant sa cigarette.

La cendre macule les corps allongés dans le sol, les meubles assistent à l’indicible.

Il jure des insultes rugueuses dans sa langue slave quand sa maîtresse défèque dans le trou béant.

Un violent coup de pelle vient clore l’incident et elle s’affale sans folie dans la merde et la mort.

Il reste la nuit entière pour combler les vides et amputer les impasses de quelques coups de plume.

Ainsi se clos le drame d’un duo amputé dans l’empathie d’un instant éclaire qui zèbre la vie d’un paraphe noir de jais plus que rouge sang.

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Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #Prose, #poésie

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Publié le 21 Février 2017

Érection, solide et solitaire, monument funéraire des années épiques quand le sexe et la baise étaient les deux mamelles d’une seule vie

Statue de chair qui se dresse devant l’homme. Au risque de devenir fou il pourrait croire que la figure phallique le supplie de la saisir entre ses mains pour la branler avec parcimonie, juste assez pour attiser l'envie mais pas trop pour ne pas jouir déjà, trop vite et trop tôt.

C'est comme si l’érection avait la conscience que tant qu'elle serait là, raide, droite, visant le ciel comme l'aiguille d'une boussole vise le Nord, l’homme serait capable de se mettre en marche dans une logique d'apaisement.

Or cette érection ne rêve pas des mains de l’homme pour la caresser, elle rêve de bouches, de vagins et d'anus, elle rêve de salive, de cyprine, de lubrifiant et de la douceur humide des orifices d'une femme.

Comme toutes les autres cette érection est dingue des filles qui dansent dans les crânes, elle est folle des filles qui se dénudent sur les écrans, elle est comme un chien fou course les femmes dans la rue et se rêve entre leurs cuisses avant d'exploser entre leurs seins.

Mais cette érection n'est pas dupe, si elle se vide, si elle s'affaisse, si elle libère les tensions tectoniques qui tracent des failles de la bienséance de l’homme alors elle sait que sa raison reprendra le dessus et qu'elle soufflera à l’homme de viser un consensus de sagesse plutôt que la folie marginale d'une baise.

Les hommes le savent, les érections supplient, elles minaudent, elles désirent plus fort que ça qu’une étrangère la caresse et que par accident cela fasse gonfler en elle autant qu’en l’homme le désir du coït. Elle est maline cette putain d'érection et l’homme n’est pas naïf, ce n'est pas neuf, il n’est que son pantin.

Qui d'autre que Brigite Bardot pour racoler un peu cette complainte ?

Qui d'autre que Brigite Bardot pour racoler un peu cette complainte ?

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Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #Prose, #érotisme, #Sexualité, #poésie

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Publié le 20 Février 2017

Ils possèdent puis se dépossèdent.

Ils déposent et sans le savoir ils se délivrent.

Lui il chine, fouine, traque, il n’achète pas, lui récolte.

Les glaneurs ne sont jamais morts, les vieux souvenirs jamais loin.

Ses morts à rallonge qui s’allongent dans la sciure, ne dorment pas.

Les cercueils ne sont pas clos.

Ils ne sont pas vide non plus.

Ils croulent sous des amas d’immondices que les mots ne veulent pas lâcher.

Ils cumulent comme les rois défunts d’autres temps les apparats.

Des objets devenus désuets avant même de naître dans le crayonné des designers.

Assis au bar je commande un verre, le barman le claque sur le zinc.

Ici les collectionneurs sont déjà passés récolter les sous-bocks.

Le métal et le verre trinquent comme des amants font l’amour dans les toilettes.

C’est vite, ivre, le bruit comme la porte frappe les esprits.

Et si vite c’est fini comme les fêtes qui ne survivent pas aux lundis.

Je respire fort ce corps décomposé aux odeurs d’humus.

Et j’éparpille les scories pour dénuder de vieux objets perdus.

Des choses perdues, objets trouvés, retrouvés, terre retournée.

Le futur ne dort jamais, il devient comme l’aube du matin fécond.

L’instant d’après il n’est que fœtus d’une mort éphémère en avance sur son avenir.

Et moi j’y creuse un sillon chérissable comme la raie de tes fesses.

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Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #Prose, #poésie, #Divagations diverses

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Publié le 13 Février 2017

Camille la catin claudicante était bien calée contre mes couilles où elle clamait des cantiques en croquant des cachets.

 

La gamine grimée en gouine galvanisée par des grenades dégoupillées gambadait gaiement le long de la grève où des galères gardaient un Graal.

 

Au matin Camille mirait les ombres mordorées des matelots qui mettaient le meilleur d'eux même à masser leurs mollets entre leurs mains moites.

 

La petite putain à la peau patinée par la patience qu'elle prodigue aux rayons pointés sur elle prouve que sa poitrine pourpre pointe sous la pression de ses pulsions.

 

Ses seins sans tissus dessus sont saillants et s'exposent dans l'espace séduisant de sa proximité, ils s'offrent aux assauts sensuels des sérieux sans soupçons.

 

Les vagues vrombissent vainement sous le vestibule que vise son vagin valeureux avant que les vapeurs vrillent les volutes voluptueuses venues de ses viscères.

 

Dans son dos dansent les désirs développés par les dards dressés des devins qui décrètent les drames de la destinée et décrivent divers désespoirs.

 

Camille crame ses guenilles et ne conserve que sa culotte en couleur crème, elle se cambre, se crispe, comme une chenille Camille crevasse son cocon et se coule dans un carré de soie.

 

Sous un soleil spécial son corps s'emballe, elle se saoule sans hésiter se sentant souillée par les séries salaces de pensées qu'elle puise dans son secret sentier lancinant.


Déesse des doigts idiots elle déborde en délivrant le délicieux désir qui dorlote le diamant damasse qui dérive au dôme de son indolence.

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Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #poésie, #Prose

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Publié le 6 Février 2017

Il ou je, le voilier tangue. Il trace l’outrage de l’indécision

Si peu et trop de tout ; la présure de poète après une incision

Chroniqueur d’heure à heure de souvenirs toujours vivants

Ma muse est devenue madame, mais je reste son dissident

Le drame de ta majorité bascule sous la cathédrale de la trotteuse

Ton éventail, une vie nouvelle mais tu reste ma pucelle hargneuse

Dès que le temps est pour moi je m'abandonne à mes indiscrétions

L’œil collé à la bouche de judas, j’y contemple tes accrétions

Des mausolées gastriques, des ruines intestinales

Les papillons sont morts, ton ventre bat d’ombres minérales

Souviens-moi, au saut du lit je buvais à tes mots les sucs

Archéologue de tes alvéoles jeunes qui donnaient sur un viaduc

Je remonte le fil léger des fluides que tu écoulais hors de toi

Sur la carte, méthodique, je suis les lignes du doigt

Sur ta joute démoniaque je me courbe pour embrasser tes sabots

C’est ma valse mécanique, l’orgiaque négation du destin des tarots

 

Je décompte encore ce qu’il me reste de tes souvenirs.

Tu vieillies bien plus vite que ma nostalgie peut le soutenir

Le dessin sauvage trace une ligne sur ta joue juvénile

Pour tes aréoles ostracisées puissent faire le retour du chenil

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Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #Prose, #poésie, #autofiction

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Publié le 3 Février 2017

Elle s’est assise sur une rose.

Elle avait gardé sa culotte mais elle s’est assise sur une rose.

Pétales et épines disparaissent sous son cul serré par une culotte bleue.

Elle lui a soulevé le cœur dans les draps ravagés.

Elles étaient nues, les corps liés.

Leurs bouches bées livraient aux lèvres de salive close la sainte guerre.

Rapide, son corps scindé dans une vrille hurlait dans sa sueur.

Deux fois

Percée d’impudeur puérile elle tiraille son décolleté.

Et la vie qu’à un fil devient à son sein le trouble d’être dévoilée.

Ses mamelles mordorées pèsent sa vie d’une histoire révoquée.

Et le métro passe. Et les portes qui s’ouvrent et il repart sans elle.

Au jardin d’une vision son visage flou laisse entendre le reproche urinaire.

Mais elle cède à la satisfaction d’un ruissellement lacrymal sans pleur.

La cascade en dentelles poursuit la ligne de mire où fuite l’horizon.

Boum. Boum.

Aux sommets des culs orfèvres tremblent les feuilles onusiennes.

Des sans-culottes et fesses tendues vers le ciel attendant la trame bombardière.

Embrasser vos missiles sur la moquette usée et rouge.

Le temps viendra où les sommets sonneront le glas de vos dessous disparates.

Lorsque sonne la fin le monde s’ouvre et s’enroule les tentacules.

Téton dardé par le vice d’un appendice visqueux.

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Rédigé par Mémoire de joueur

Publié dans #poésie, #Prose, #punchline, #érotisme

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Publié le 31 Janvier 2017

Oh la jolie petite pute, une vraie catin que j'espère gratuite pour que je puisse lui gicler mon foutre pictural partout sur son visage d'ange.

Poésie larme à l’œil je conchie sur ta plume de velours avec panache et avec rage.

Prosodie pathétique de la langue crue qui se roule dans la fange, avec l’âge et le goût amer de le prendre j’apprends à oser le ton.

Hache à part je lui coupe la tête et la littérature râle lorsque de sa gorge tranchée elle macule le sol et gesticule comme un canard sans tête avant la saison.

Un geyser profane de souillure séminale déborde des encriers que l’on croyait démodés depuis que le chant des canons à supplanté l’audace des claviers mécaniques.

Ils ne dorment plus, ne vivent plus et même plus ils ne baisent ; ainsi ne fronde plus la génération perdue amante effrénée des uniformes et du clic.

Le prono des éperons a le luxe douteux de marquer les poitrines, mais pourquoi ne le voient-ils pas ? Cécité sémantique ou bien nécessité inique de ses gravures de mort d’ignorer le rang des moutons hiéroglyphes.

Demain le désastre annoncé dans le cri de l’aube moqueuse viendra s’échouer leur le pavé érodé par les bottes courtisanes qui se donnent aux mains riches des clients passifs.

La forêt est mammaire et les mamelles du pouvoir enflent dans l’ignorance des dogmes. Alors sous le ciel de l’instant j’abandonne mon âme aux fontaines du vice

Alors je redondance dans mon renoncement et j’abdique le pastiche de mon âme à la pratique onanique qui vise et pourfend la vacuité bienfaitrice.  

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Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #poésie, #Prose, #érotisme

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Publié le 28 Janvier 2017

Des plages et des plages de poésie cathartique, autrement dit de gros cacas grisâtres collés de sable. Il y a de la valve cardiaque qui manque de se faire mâcher entre les dents de deux zèbres.

Tes robes et Tes jupes et dessous des os et des os, ton petit corps calcaire ébranlé par les joutes magmatiques de mes pulpeuses pulsions. Tu tremble comme la terre quand un bassin minier est perforé par le membre mécanique d'une unité de forage, comme mon père, oh désespoir !

Orbe de foudre et vestiges lacustres donnent le change d'un décor demain. Ce soir il parcourt la parcelle enneigée émaillée de cadavres d'animaux et le cannibale tiendra son ventre jusqu'au jour qui vient après la nuit, il heurtera son cri à la matière grasse qu'il a marié à sa gorge et qu'il nomme sa rage.

Quelques branches coupées qui ne sont même pas des arbres.

Aujourd'hui c'est un beau gosse qui sort de son œuf. Il n'est pas venue seul, sa sœur cadette sort elle aussi de l’omelette, coulante,baveuse, qui trône à sa table. L'orage grêle fort à sa fenêtre et couvre les cris. Il lève son verre et trinque aux fantôme avec lesquels enfin, il peut se permettre de boire.

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Publié dans #poésie, #prose

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