Articles avec #ecrire tag

Publié le 1 Octobre 2015

Il n’y a pas d’invention derrière lui. C’est un homme du futur. Un homme au présent dans le futur que l’on prédisait il y a quelques dizaines d’années ; la vérité en moins. C’est un homme seul derrière son écran, affairé à inventer des histoires. Il écrit des histoires pour les autres, parce qu’à lui ça ne lui fait plus rien d’écrire, l’invention lui laisse le goût du fade. Entre lui et l’écran, plat à la lumière bleutée, la fumée de sa cigarette électronique essaie de camper encore un futur de pacotille. Mais rien ne prend, son futur, son l’an deux mille quinze n’a le goût de rien, pourtant il consomme tout ce qu’il peut de futuriste, de cybernétique, mais les lunettes de réalités virtuelles ne servent qu’à regarder le même porno que papa, les drones domestiques ne servent qu’à amuser les enfants, dix minutes à peine. Il a l’oreillette greffée à l’oreille, sans fil, il consulte sur sa montre connectée un semble de vie sociale virtuelle, il essaie, il s’y adonne, mais ça n’a le goût de rien, et surtout pas de futur. Que faire ? Il aspire une nouvelle bouffée de cette fumée électronique et se remet à écrire. Dans le lot, dans le nombre de ces saynettes futuristes, parfois rétro futuriste pour tromper la mort, il espère un jour mettre le doigt sur ce qui a poussé le futur à échouer.

Le futur n'aura pas lieu

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Publié dans #écrire, #SF

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Publié le 19 Septembre 2015

Je suis clos - comme une page blanche - je suis sec, vide, vidé et aride, je suis stérile comme une roche basaltique, je suis creusé comme une page blanche, je suis le puits qui a épuisé tous les litres d’eau qu’il pouvait donner ; plus rien ne vient, je creuse la plage et le sable écoule mon trou et j’écope le sable hors de mon trou, j’écope à vide, je tourne à vide, je dévide un esprit sec et je ne suis pas exempt de redondance, je répète à vide la même action stérile, je tourne en rond, la queue mordue par ma bouche d’Ouroboros, je me love dans les draps d’un lit vide, livide je stagne, ma page croupie, le corps arqué et l’esprit qui bande le vide pour fendre rien. Pour un peu je préférerai bander mou.

 

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Publié dans #Je est un Blog, #Écrire, #recyclage

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Publié le 15 Septembre 2015

Avant, au far-west de l’internet, je traînais souvent sur les tchats pour récupérer les adresses mails d’inconnus. Ensuite j’écrivais à ces inconnus des mails groupés, 10, puis 20, puis 100 personnes et encore plus jusqu’au jour où mon fournisseur d’accès m’apprenait ce qu’était le spam. C’était avant, j’en savais rien, je ne voulais rien vendre, je ne voulais qu’écrire au plus grand nombre de personnes et espérer recevoir des réponses, des réactions. Je parle d’un temps en 56K, je découvrais les internets et quand je recevais un e-mail je l’imprimais pour l’archiver dans un classeurs, idée pas si conne puisque aujourd’hui je les possède encore. J’écrivais moi, mon journal intime, désirs et révoltes envoyé à des inconnus. Ce spam intime - fonctionnait - les gens répondaient, souvent pour me demander d’arrêter, parfois pour m’insulter, quelques fois une fille tissait avec moi une correspondance, un jour je suis même tombé amoureux et j’ai dit je t’aime dans une cabine téléphonique, jamais nous nous sommes vu, déjà à l’époque j’espérer que les mots pouvaient conduire au sexe mais je ne savais pas comment.

Maintenant tout est fini, on a Twitter, et mille réseaux sociaux pour avoir sa cour, son agora, son instagram pour s’exhiber, ses blogs pour s’écrire et j’ai la nostalgie du temps d’avant, comme si c’était un autre monde, autre mode d’écriture. Je partais au front, je partais en guerre, je partais à l’inconnu, j’affûtais des mots que j’allais envoyer aux inconnus comme le soldat graisse son arme pour tirer des balles en fusion sur un ennemi inconnu. Quand tu ne sais pas sur qui tu tires ça te déresponsabilise, mais quand tu ne sais pas à qui tu écris ça te stimule, parce que l’espoir c’est la réaction, pas la mort, même si depuis ce temps certainement que des correspondantes sont mortes.

Je me souviens de ce nœud au ventre, peur et excitation, quand je m’attablais pour écrire le mail que j’allais envoyer au front, c’était ma guerre, ma guerre contre la timidité et l’inertie. Ma lutte à mot armé pour le sexe, l’amour et l’autre. J’avais peur, j’avais de vraies émotions de joies. C'est l'incertitude qui exaltait ma plume, ma guerre était noble mais secret, mon front mouvant et émouvant. Aujourd’hui c’est devenu quotidien, une norme de mon écriture, j’écris des drones qui peuvent penser par eux-mêmes.

Venez, on part en guerre 2hautenbas@gmail.com

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Publié dans #Je est un Blog, #écrire, #correspondance

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Publié le 26 Août 2015

Au forum des enfers je parcours l’assemblée du regard. Suis-je donc le seul, la seule de mes connaissances à se trouver ici, invité ou exiler pour jauger de mon taux de perversion ? Autour de moi les personnes arborent des regards d’anges, c’est louche, gueules de princesses et de premiers de la classe. Je ne suis pas comme eux, moi le mal il peut se lire dans mon regard, d’autres disent sur mon visage mais c’est surtout que je dévisage les gens sans vergogne, je les dévisage et je leur épargne rien de ce qu’ils me renvoient à la gueule ; comme un juste retour des choses. Mais je suis là, je me suis assis à côté d’une demoiselle dont je peux être sûr que sous ses allures de beauté trop commune elle brise des cœurs ou qu’elle allume des feux sans se soucier des maux qu’elle laisse s’inscrire dans les souvenirs de ses victimes. C’est étrange, oui le lieu est étrange et pire encore, le concept est étrange, pour ne pas dire fou ; inviter sur la base du volontariat les gens à venir faire estimer leur taux de perversion c’est fou, ça ne devrait jamais marcher. Et je suis pris d’un doute, violant comme une claque au visage qui vous réveille la lucidité ; il n’y a qu’un con comme moi pour venir faire peser son pesant de perversité pour repartir avec une somme, un chiffre, une jauge comme une fierté, les autres ici ils sont venus pour vérifier qu’ils étaient purs. Mon dieu quel con !

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Publié dans #écrire, #ébauche

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Publié le 19 Août 2015

Je crois que je me suis décidé à être sérieux ; enfin sérieux ; déjà sérieux ; sérieusement sérieux et donc je crois que je me suis décidé à être mort ; un peu mort ; un peu plus mort ; déjà mort ; légèrement mort parce que si je suis encore un enfant c’est bien que je continu de penser et de croire et de revendiquer qu’être sérieux c’est mourir un peu. Et pourtant, oui, il est temps pour moi de l’être un peu mieux ou un peu plus, un peu déjà et déjà plus sérieux, plus sérieux que moi et plus sérieux que je l’ai été avant ; mais je l’espère encore rester malgré tout moins sérieux que d’autres. Car à défaut de trouver la corde pour me pendre j’ai choisi de trouver le fil du rasoir sur le quel circuler et donc par effet de manche : avancer. Le sérieux il compartimente, il cautionne, il construit, il encastre et il rend carré les choses qui tournent en rond dans sa tête comme une comptine enfantine enfante des allitérations. Ici, décidé, sérieux demain dès aujourd’hui et désormais je vais devoir faire cohabiter l’homme rigoureux qui ancre ses pieds dans le réel pour incarner le sérieux et le poète ubuesque qui folâtre dans l’écume folle de la réalité. Alors, si demain je ne suis pas là, dites-vous bien que si ce n’est moi, c’est donc moi-même. Ou mon autre.

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Publié dans #Je est un Blog, #Je est un autre, #écrire

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Publié le 11 Août 2015

Je voudrais t’apprendre comment j’écris. Pas de manière à ce que tu écrives comme moi j’écris ; non, je voudrais juste de faire passer un morceau de mon expérience, comme du partage, comme une donation, un don de moi, une mise à nu, une mise à jour. Oui je voudrais que tu comprennes mon expérience de vie. Cette expérience dans laquelle je me suis lancé comme une naissance et qui depuis façonne qui je suis, ce que je suis, ce que je vis et ce que j’envie. Oui je voudrais être ton livre ouvert, et que ma transparence t’aide à voir le sens là où tu ne perçois qu’une forme d’égoïsme. Bien sûr, peut-être que j’écris mal, que je poursuis un mauvais modus operandi , mais actuellement c’est ma seule notice, c’est mon fil d’Ariane pour cette expérience que je fais sans filet ; écrire c’est une plongée, en moi, écrire c’est une perte de soi, un abandon provisoire mais nécessaire pour partir à la rencontre de cette matière littéraire que l’on amène à la surface de la conscience pour en faire son outil de travail. Alors oui je me laisse perdre, je me fais prendre, je cherche à créer cet espace proche de la page vierge, du trou noir, de l’espace en creux où il devient possible d’envisager l’écriture. Mais écrire c’est long, se perdre c’est long, on ne s’efface pas de soi en un claquement de doigts alors il me faut ce temps pour disparaître avant de revenir.

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Publié dans #Je est un Blog, #écrire

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Publié le 10 Août 2015

Pour la fatwa d'une poésie face à la télévision, je m'allonge seul.

 

Une phrase, une seule phase.

 

Fœtus numérique d'un authentique espoir, je suis l'œuf non avorté de mon avènement.

 

Et plus précisément de l'avènement d'un autre, le protocole d'une suite et d'une naissance.

 

Il y aura cet autre mais sera-t-il à la hauteur de la tâche que je lui promets ?

 

Dans le noir, je l'envisage sur du blanc, draps de grains à peine pliés, froissé

 

Une lettre inédite, une lettre bien cachée en guise de révélation qui guide quelqu'un ou quelque chose.

 

Et avec lui des éphémérides pugnaces.

 

Une balade à deux doigts.

 

Et sur la pâte de ma langue raide je dessine des enfers aux doux éclats électriques.

 

Et projet d'un jour dresser un paravent de carton, un linceul artisanal où j'écrirai à la main le titre de cette anthologie.

 

Fondu au noir.

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Publié dans #Je est un Blog, #écrire

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Publié le 16 Juillet 2015

Elle garde ses distances ; il sait qu’elle garde une distance, il le vois, il le sent et il se prend cela dans la tête ; un coup de point dans l’estomac parce que cette distance percute ce je ne sais quoi qu’ils se sont dit, elle et lui, avant, ils se sont partagé cette conviction réciproque de réciprocité ; elle le lui a dit qu’il est sa zone de liberté, il est celui qui est le lieu où elle peut tout dire, le lieu où elle est nue, sans fard, sans faux semblant qu’il a le regard perçant et bienveillant. Et aujourd’hui en arrivant elle garde cette distance réglementaire, cette distance qui ne dire rien, que dès dit ce qu’ils s’étaient dit. Alors il souffre, il encaisse, il donne une bonne figure même si sous ses traits il se fige. Et puis il produit de la narration, il se raconte son histoire, une histoire, il extrapole et il comprend ; cette distance qu’elle lui inflige c’est la distance qu’elle estime nécessaire pour échapper à son regard transparent et ne pas se compromettre. Parce que pour survivre elle a été obligée de se compromettre, de se donner un compromis pour échapper à son existence et elle sait que lui le verra tout de suite et même si elle sait qu’il ne fera rien pour ébranler son choix de compromission elle ne veut pas tenter le diable de s’ébranler elle-même et c’est pour cela qu’elle s’impose une distance de sécurité et en pensant cela, lui, il se rassure, il ressent petit à petit la conviction de cette vérité ; il veut savoir qu’il a raison, alors il tord, contorsionne le réel pour en arriver à ce point et faire coller sa supposition avec la possibilité d’un île.

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Publié dans #écrire, #Chronique chaotidienne

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Publié le 30 Juin 2015

Et voilà déjà, six ans derrière, et déjà six longues années que je tiens ce blog avec une assiduité quasi parfaite, quotidienne si on excepte les jours où je n’ai pas pu. Oui. Voilà six ans.

On regarde derrière et déjà tout ce temps là. Curieux.

Depuis peu et sans rapport avec ce cycle calendaire je me suis plongé dans la relecture de ce blog, depuis mes débuts dans l’idée d’en sortir la moelle poétique. La recueillir.

Alors je me lis, je me relis comme je lirai un  auteur étranger et j’éprouve une sensation étrange qui parfois va jusqu’à ce que je me sente mal à l’aise. La confrontation avec cet autre moi d’il y a six ans est compliquée ; étonnante. Il y a des choses que je n’arrive pas à relire, elles me semblent grotesque et le grotesque m’a toujours mit mal à l’aise. Parfois je relis et j’apprécie la prose comme celle d’un auteur qui me serait étranger. Et là c’est glorifiant pour l’égo.

Mais ce qui m’étonne le plus, finalement, c’est ma stagnation stylistique ; à en croire que ce blog est le lieu de mon embourgeoisement. Je reviens toujours sur les mêmes choses, réécrire les mêmes thèmes, redonder dans mes formes. Pour certains on pourrait voir dans cela une manifestation du style. Moi je ne sais pas.

Je sais juste qu’enfin j’accepte en moi la part de poète et l’ambition littéraire. Et c’est au filtre de cela que je me relis. C’est étrange. Qu’est-ce que je cherche ?

Bon anniversaire en retard à moi-même. Je suis ici né le 26 juin 2009.

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Publié dans #Je est un Blog, #mélancolie, #écrire

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Publié le 25 Juin 2015

Sommes-nous tous des créateurs ? C’est ce que je crois, et c’est ce qui me rend coupable de l’être ; parce que si nous sommes tous des créateurs, si vous êtes tous des créateurs, alors je ne vaux rien de plus que vous. Non pas qu’il soit important de valoir plus ou moins que son voisin, mais il est important de se définir par rapport à un savoir-faire, une qualité excédentaire que l’on peut faire valoir dans la bourse aux échanges sociaux. Et donc, si nous sommes tous créateurs alors je n’ai rien à échanger parce que ce que j’ai vous l’avez déjà.

Je dis cela avec un esprit de rhétorique parce que même si je me questionne je sais ma valeur, ma qualité excédentaire. Et pourtant cette question, disons la sensation qui sous-tend ma question, je la ressens sincèrement. Nous sommes tous capable de créer, nous sommes tous de potentiels créateurs alors que j’ai un doute plus que raisonnable sur le fait que nous ne sommes pas tous de potentiels avocats ou de potentiels couturiers ou jardinier ou médecin.

C’est paradoxal, plus je doute de ma légitimité à endosser le rôle de créateur, de créatif, plus je m’installe dans ce rôle, plus je l’éprouve comme l’exacte alter égo de ma personne et c’est sûrement parce que j’éprouve l’envie d’affirmer ma personne alter exacte comme une personne créatrice que je ressens cette - chose - qui dit que l’on est tous créateurs ; c’est peut-être un manque de narcissisme qui me pousse à ne pas me prétendre au-dessus de la valeur moyenne, ou un éternel optimisme qui me laisse entendre que tous pourraient être à ma place parce que ma place est enviable - et nécessaire à l’équilibre du monde -. Je ne sais pas, je sais juste que je suis un créateur et tel est le sens de ma vie.

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Publié dans #Je est un Blog, #écrire, #egotrip

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