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Publié le 19 Octobre 2016

Voici la retranscription et la réécriture d'un bref échange que j'ai eu avec une personne autour du fait de confronter nos personnages à l'acte sexuel qu'est le fait de baiser. C'est juste une petite digression de ma pensée sans grandes idées ni fulgurances de réflexion.

 

Se faire moine je ne veux pas, je ne peux pas. Pas tant à cause pour un vœu d'abstinence qui m'empêcherai de baiser, d’aimer, de désirer et de connaître femmes, muses et proies au profond de leurs âmes et de leurs corps toujours chauds mais parce que je ne suis pas croyant. Dans le fond je pense que pour baiser avec une personne les deux formes de relation sont possibles et sûrement nécessaires. Parfois la méconnaissance de sa proie, ignorer le nom, la vie et les possibles destins de sa partenaire rend les amants libres des entraves de la morale et des freins de conscience leurs vies réciproques. On s’abandonne alors à deux dans un instant presque animal et ce moment de sexe là révèle à chacun sa propre personne, sa véritable présence dans l’ignorance de l’autre. Quand nous ne savons rien de notre partenaire et que nous faisons l’expérience de la baise avec elle, alors nous sommes confrontés à la résonnance de nos désirs. Il n’y a plus que soi et le corps de l’autre. Or ce corps de l’autre devient le réceptacle symbolique de l’infinie libération de soi et celui suppose un risque, le risque de se découvrir, le risque de réaliser qu’il y a en soi des parts que l’on n’est peut-être pas prêt à assumer. J’imagine souvent que c’est cela qui repousse les détracteurs du sexe décomplexé dans la réciprocité d’un pseudonyma partagé.

Mais l’autre rapport est possible. Parfois afin de baiser mieux, même si baiser ne s’accorde que difficilement à une notion de qualité améliorée, il est nécessaire de connaître le monde, l’univers, l’intérieure intimité de son ou sa partenaire afin de savoir où et comment l’emmener hors de sa zone de confort pour que ce partenaire de baise puisse transgresser ses limites car la baise n’est baise que lorsqu’elle est une transgression.  On ne peut pas baiser si on n’éprouve pas la sensation de transgresser une frontière ou un tabou, physique, morale, ou éthique. Et la connaissance de l’autre, qui n’a pas besoin d’être réciproque, a besoin d’apprendre à connaître l’autre par delà le verni de sa sociabilité quotidienne. L’auteur a donc ce choix, il peut utiliser la baise, le sexe et la passion intense de ses personnages pour révéler l’un ou révéler l’autre, rarement les deux si l’auteur veut être honnête. Tout dépend s’il veut faire de son personnage un réceptacle ou un catalyseur de la réaction de l’autre. Enfin, là je ne sais plus si je suis en train de parler de moi en tant qu’homme, de moi en tant que personnage de roman ou de romance ou si je parle simplement comme auteur.

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Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #écrire, #Sexualité, #recyclage, #Réflexion

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Publié le 14 Octobre 2016

Un jour j’ai écris un personnage et j’étais trop con pour remarquer qu’il était moi, que c’était moi, lui est moi et moi être lui. Ce qui est dommage c’est que j’ai fini par arrêter de l’écrire. Alors je n suis plus sûr de savoir si je suis toujours lui ou si nos lignes de textes ont finies par dévier au point de nous rendre dissemblable. Si je le cherche je le trouverai sûrement en voiture le long d’une rue ou tapinent encore quelques irréductibles avec qui il va s’offrir quelques mensonges à se partager dont il tartinera des pages d’hier. Alors que moi je n’y serai pas, ailleurs je continuerai de mener une vie de démiurge, plus demi dieu ivre que véritable omniscience. Et si je ne suis plus lui, s’il n’est plus moi alors qui est-il ? Et moi, reflet sans source que suis-je devenu ? Un lapin dans un miroir sans tain ?

Je n’y crois pas, il est toujours moi et je suis toujours l’auteur de lui ; il n’y a qu’un chapitre qui dort recroquevillé sur des pages pas encore massicotée sous mes cheveux longs. Nous sommes ce savant mélange d’avance et de retard là où le présent n’est qu’une erreur de concordance, qu’un point de fuite pour des réalités contraires qui s’aspirent au même horizon depuis la même grotte. Il n’est plus là sauf dans les lignes, sauf dans mes livres, sauf dans mon crâne à tisser ses filets de neurones accablés pour capturer des fées, des papillons et des déesses à peine mûres comme les fleurs cueillies à l’aube de leur jeunesse dans la genèse élégiaque d’une beauté à peine déboutonnée.

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Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #Je est un autre, #écrire, #poésie

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Publié le 4 Octobre 2016

Voilà peut-être un siècle que j’écris sur des blogs. En temps des êtres biologiques ça doit faire peut-être quinze années que je pose ma prose sur différents types de blogs. Et c’est tout le temps qu’il m’aura fallu avant de comprendre que je ne sais pas bloguer parce que je blogue des livres et que l’on ne répond pas à un livre.

[ Lâchez vos com’]

Depuis l’ensemble de ces années, masses prolifiques depuis lesquelles je poste et publie mes écrits sur des blogs, je poursuis la quête vaine du commentaire. Si je blog au lieu d’écrire des livres c’est exclusivement pour cela. Et si j’en suis venu à écrire, c’est exactement pour cela ; je voulais des commentaires.

[Lâchez vos putains de commentaires !]

Plus précisément j’écrivais pour obtenir des interactions. La correspondance m’offrait cela de façon plus sûr ; envoyer sa part du marché tacite et recevoir la part que l’autre envoyée de soi, c'est-à-dire d’elle-même. Depuis tout ce temps que je blog j’espère la même chose ; écrire ici et récolter des commentaires. Et pourtant, ce blog là, est sûrement le moins rentable en commentaires. L’investissement écriture personnelle, récolte d’interaction est devenue si faible que ça n’a plus de sens d’attendre cela.

[Lâche ton gros com’ gros !]

Il m’aura fallu mille ans pour comprendre que c’est moi qui ne sait pas y faire ; je ne sais pas bloguer, j’écris peut-être, mais je ne blog pas, ou alors mal. Pourtant, lorsque je me travesti et que j’endosse le rôle d’une jeune fille un peu paumée, un peu délurée, ou que je campe le rôle d’une mère stricte qui frôle le frigide, lorsque je suis une autre je ramasse les commentaires à la pelle ; sans appel, sans autres formes de racolage que ma présence travestie je récolte les interactions. N’y a-t-il donc qu’aux femmes que l’on lâche des commentaires à défaut d’en lécher d’autres sur leurs lèvres silencieuses ?

[Fichtre, dépose ton com’ comme un étron sur de la porcelaine]

Je me suis moqué un million de fois de l’ère archaïque des lâchez vos com ! des Skyblog en mendicité dilettante. Aujourd’hui toujours je continu d’avoir le jugement condescedant pour les youtubers qui quémande la récolte des pouces. Tout cela parce que j’ai cru jusqu’à maintenant que l’économie des interactions reposait sur une forme de mérite et que de demander relever de la plus indigente vulgarité.

 [Laisse ton com’ vivre sa vie pour moi, c’est vital pour l’un de nous deux]

Souvent je me suis abstenu, j’ai joué le garçon détaché qui blog pour le plaisir et qui se contre fous des commentaires ; mais c’est un mensonge. Je blogue pour les interactions, je suis sur les réseaux sociaux pour la même raison, lorsque je veux écrire des choses qui n’attendent pas de retour interactionnels alors j’écris des livres ou bien j’écris ici, ce blog, dans cette forme là.

Non je n'ai pas honte, je veux juste mon commentaire

Non je n'ai pas honte, je veux juste mon commentaire

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Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #Blog, #écrire, #Je est un Blog

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Publié le 18 Septembre 2016

Journée du patrimoine et je sors de la visite des archives de la ville d’Orange. Et maintenant j’écris, du papier numérique et du clavier de plastique, mais comme si je devais en douter, je réalise que j’aime les vieux papiers. Je ne sais pas si ce doit être évident pour tout le monde que l’écrivain aime le papier. Je ne sais même pas  si ce doit être évident que l’on doit tous aimer le papier parce qu’il porte la nature de notre histoire.

J’avais un sentiment empirique à ce sujet, et depuis que j’écume avec plus d’assiduité les vide-greniers je commence à comprendre que j’ai pour le papier un attachement particulier. Je dis papier c’est idiot, je veux dire pour les traces écrites que ce soit sur papier, toile, carton, vélin, parchemin et tous les autres supports envisageables. Et là, en sortant des archives je comprends que je suis sensible à la matière qui porte nos écrits.

Je ne crois pas éprouver une émotion  rétrograde, je ne suis pas militant d’un éternel retour aux supports palpables ; mais je ressens de la tendresse et de l’émotion devant le document qui transporte la trace écrite. Sûrement parce qu’il est une forme de dépositaire d’une écriture dont le contenu littéraire peu me touche, mais aussi parce que le document en tant qu’objet concret, que support physique, est porteur des traces d’une vie, d’une sous ou sur histoire qui vient s’ajouter à l’histoire littéraire.

Aujourd’hui c’est sûr. J’aime les vieux documents, qu’importe leur contenu d’ailleurs. J’aime regarder un document comme on regarde un paysage, une ville, une ruine, et m’imaginer son histoire en remontant le fil de ses aspérités et des actes humains qui l’on façonnée.

Un jour sûrement je viendrais à imprimer tous mes mails.

Un  jour moins sûr je viendrais peut-être à imprimer mes blogs.

La vérité de ma destiné c’est bien d’écrire des livres.

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Rédigé par Monsieur C

Publié dans #écrire

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Publié le 9 Juin 2016

Tous les jours je viens trainer mes guêtres sur les réseaux sociaux, caniveaux numériques collectant nos grandes et nos petites eaux intimes pour les récolter dans de grand réservoir, gueules béantes, anonymes et invisibles qui se nourrissent de cela et nous stockent sûrement sous forme de graisse ou de matière organique en petits paquets d’octets et de bits. On ne m’y force pas, je viens, je me tiens debout au bord de la décharge et je regarde autour de moi. Je vois là un sacré potentiel, un outil puissant qui végète et doucement sombre et s’enfonce dans le marasme mouvant de nos non-actions.

Et chaque jour où je viens ici, en pénitent du cynisme ambiant j’éprouve le fameux je-ne-sais-quoi ; c’est comme une pulsion de renaissance. Je là, le clic mou et l’œil torve et je regarde cette incommensurable carcasse constituée de nos avatars et je me dis que j’ai envie de faire un truc ici. Juste là, sur Facebook, je voudrais créer ma page, mon groupe, définir un espace et lui donner un ton, une couleur, bref une ambition et une prétention. Et je voudrais faire de cette espace une zone de hype, de créativité, d’esprit critique et de libre arbitre. Je voudrais que ça soit fort et que ça fasse réagir les autres, parce que je veux faire partir du jeu et prétendre que j’en suis parce j’agrégerai petit à petit une communauté d’esprit et que le bouzin se portera à ébullition jusqu’à créer un maelstrom très stimulant pour la pensée et la créativité. Dès lors nous pourrons passer à l’acte dans le réel et contaminer la réalité de l’inventivité née entre les parois invisibles de ma zone, ma page, mon groupe, ma cellule primitive.

Oui je veux ça. Oui, je veux la même chose que les autres. Oui, je veux m’inspirer de ceux qui sonnent comme bons à mon esprit critique et je veux surpasser, enterrer, faire passer de mode ceux que je suppose médiocres et mauvais. Oui, je veux ça, comme un caprice et comme une ombre pourpre qui rend rouge mes joues de honte. Parce que je veux ça, mais je sais que je n’ai pas le talent ni le réseau nécessaire pour l’avoir. J’ai peur de mettre en jeu une ambition pour laquelle je n’aurai pas les épaules, les clefs et le mors pour la dompter et lui faire les figures élégantes que je voudrais lui imposer.

J’ai la sensation d’avoir juste assez de lucidité pour envisager mon échec, juste assez pour me projeter et percevoir le pathétique de la situation que je pourrais créer. Juste un peu trop pour lâcher prise et ne pas voir ce que je vois, ne pas savoir ce que je sais.

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Rédigé par Monsieur C

Publié dans #Je est un Blog, #créer, #écrire, #ébauche

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Publié le 4 Juin 2016

Je crois et j’ai toujours cru que l’on faisait tous la même chose, persuadé que vivre c’était s’inventer des personnages. Je ne suis pas écrivain, écrire ce n’est qu’un moyen, qu’un outil, et je ne suis pas un outil. Ce que je suis c’est démiurge, une façon de me nommer créateur mais avec une plus value de classe et d’exotisme mystique.

Du moins démiurge c’est ce que je serai lorsque j’aurai surmonté les murs implicites de mes prisons névrosées. Je n’ai jamais su faire qu’une chose, inventer des personnages, pas ceux que l’on écrit pour des romances adolescentes, mais ceux que l’on campe quand on espère toucher les seins d’une romantique adolescente ; ces personnages que j’observais chez les autres, qui passaient, trépassaient, ces personnages que les rouages sociaux feuilletaient en ce foutant de savoir s’il y avait une once de véridique dans ces pitres grotesques. La seule chose dans laquelle j’étais capable c’était discerner puis verbaliser les personnages des autres ; moi je n’en étais pas un, moi je n’étais personne.  J’avais mille personnages intérieurs mais aucun n’avaient le courage de prendre le contrôle de notre vie.

C’est ainsi que je me suis retrouvé à écrire, par hasard. Non, même pas par hasard, pas plus que par nécessité. Ecrire c’était un dommage collatéral de ma pensée. Il m’aura fallu des années, assez pour dépasser la décennie, avant que je n’envisage qu’écrire pouvait être une fin.  Avant d’admettre cela  je créé mes personnages, et je pensais que tout le monde faisait cela, ça n’avait alors pour moi aucun sens d’y voir autre chose qu’une sale manie.

Un jour je comprendrai qu’écrire c’est aussi cela. Mais d’ici là je jalouse ceux qui osent, bons ou moins bons que moi je m’en fouts, j’admire leur audace à supplanter leurs esprit critique pour exprimer l’imperfection de leurs pensées, de leurs personnages et moi je meurs étouffé sous un monceau de cadavre de personnages, vécus, fantasmés, écris, envisagés. Je jalouse ceux qui reviennent de là. Et je jubile pourtant d’y être.

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Rédigé par Monsieur C

Publié dans #Je est un Blog, #écrire

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Publié le 17 Mai 2016

Je me suis un homme dans une société déviante ; ma société, notre société à déviée de sa révolution initiale. Ce n’est pas une conjecture, c’est un fait. J’écris depuis une société malade. Quoi que … elle n’est pas malade, elle est aveugle, idiote et conne, et sorti des lieux communs qui fleurissent dans les bouches mièvres de la doxa et sur les frontons des journaux à la place des titres, ni la connerie, ni  l’idiotie, ni le handicape d’être aveugle est en soit une maladie. Je viens à la vie dans une société dévoyée qui se croit encore fièrement au sommet de sa gloire ; gloriole occidentalo-centrée qui pense qu’elle est toujours à l’avant-garde d’un mouvement mondial. Mais le monde tourne, sans elle, sans nous, la société s’en fout, moi pas. J’écris dans une société qui a scié tous ses étayes idéologiques, ses valeurs, ses convictions, sa foi, ses idées ; il ne reste que le bout du nez des pantins du pouvoir pour gouverner des crises comme un capitaine corsaire manoeuvrerait son navire par une nuit de tempête au milieu des récifs ; demain ne restera plus que le récit des morts, de la coque éventrée et de toute la bonne volonté, ustensile désuet pour barrer son bateau dans le noir.

C’est pathétique parce que plus personne n’est dupe.

Nous sommes loin de la catharsie, alors les auteurs de la semaine et les écrivains du dimanche ne semblent plus bander pour la nation, ils tirent des lignes pour le cynisme du présent comme on se retient à la bouée bafouée par les flots. Je n’en veux à personne, seulement à moi d’avoir laissé échappé le semblant de cap que je souhaiter retenir. Écrire sans ce cap, c’est se laisser couler au fond du moule, c’est ne pas échapper au détermine d’airain qui brise les reins des teneurs de plumes littéraires.

Je vous promets, j’aurai tellement aimé avoir du talent.  

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Rédigé par Monsieur C

Publié dans #Je est un Blog, #écrire, #Réflexion

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Publié le 11 Mai 2016

Est-ce que je suis malade d’écrire ? Non je vis, je n’écris pas mais je vis, ma vie, et l’on ne peut pas être malade de vivre ; ou alors c’est tout en spleen et ce n’est pas mon idéal. Qu’est ce que je fais de ma vie ? J’écris et je ne suis pas fou, puisque je vis ma vie à l’envie et de l’intérieur ; et j’écris des livres qui existent avant tout dans mon crâne, c’est là que je cris en silence les brouillons de sous culture où bouillonne ma culture pop. Je ne suis pas un pape, mais un coq en pâte avec un harem de livres mort-nés en gestation dans la poche gastrique de mon cerveau. Mes mots je les régurgite régulièrement en noir & blanc. Je suis un auteur mort-né qui frôle la bordure marginale des bordels de rues, je descends souvent les signes de ponctuation parce que j’aime éructer en secret le rythme narcissique de ma prose bancale, c’est banal, comme de sortir sa queue pendant une bacchanale au lieu d’écrire des livres qui ne finiront jamais dans les anales du bac. Je ne suis pas malade d’écrire, j’ai juste besoin d’une césarienne limbique pour m’aider à coucher mes mots sur de papier d’éditeur. Je n’ai pas peur mais je fais taire mes mots sous le couvercle de fer d’une paresse pudique, d’une pudeur qui me voile comme la femme dénudée qui ne sait pas se complaire dans sa complète nudité.

Pour qui je parle ? Pour moi.

Pour qui j’écris pour moi.

Non je ne suis pas fou, et je ne parle jamais seul. Pourtant depuis sept ans bientôt je n’écris que pour moi, comme un solo de jazz ou une saillie masturbatoire.

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Rédigé par Monsieur C

Publié dans #écrire, #Je est un Blog

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Publié le 20 Avril 2016

Je regarde mon chien dans le fusil, je me demande si l'autre est plus serein que moi et je me demande lequel de nous deux appuiera sur la détente avant l'autre. Le chien s'est couché sur son cousin, il ne nous attend pas et moi je me demande encore et toujours, je me jure tous les diables que je ne m'y reprendrais pas. Pourtant je regarde s'éparpiller aux quatre coins des vents les miettes qui s’effritent de ma personne ; je suis un être pulvérulent, un lépreux sans la lèpre qui n'échappe pas à son érosion. Triste sort pour un triste sir je m'imagine comme la pierre de roc dans le tumulte d'un torrent et je ne vois pas que je suis le galet qui roule dans le lit de la rivière. Je regarde à nouveau l’autre qui me tient en joue et j’imagine la morsure froide du canon, je feu et l’acier, je le suppose pêcheur devant dieu et moi comme la biche qui se fige dans les phares du camion ; j’ai les mains sur le volant, je ne bronche pas le corps sylphide de la biche se fige dans le faisceau de mes phares, je m’attends au choc les sens à l’affût pour ne rien manquer des os qui se brisent sous la violence de l’impacte. BANG. Vitesse constante, le pare-choc de mon 33 tonnes absorbe le corps vivant de l’animal comme le torrent emporte les bois et les feuilles dans le flot régulier et tumultueux de son expression. Quelques secondes plus tard l’asphalte se déroule de nouveau dans le calme noir de ma nuit. Il défile comme les lignes serrées qui noircissent la page blanche.  

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Rédigé par Monsieur C

Publié dans #Je est un Blog, #écrire

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Publié le 24 Mars 2016

Sous la peau égotique, larvées sous la chair dans la graisse et le muscule, dans les nœuds neuronaux matière grise débordante ; où naissent donc mes inspirations, suis-je porteur d’elles comme la femme l’est pour l’embryon, suis-je qu’une étagère où les inspirations sont rangées, suis-je seulement un tombeau au-dessus duquel mon esprit comme un maître vaudou s’affaire à ressusciter certaines inspiration depuis mes limbes ?

C’est bien plus pragmatique, mes inspirations naissent dans mes fantasmes car pour écrire longtemps sur un même sujet et poursuivre d’assiduité un seul projet, j'ai besoin que l'idée de départ m'excite en profondeur, qu’elle stimule ma corde érotique sur un mode sensible. Que ce soit parce qu'une fois l'objet terminé j’imagine qu’il me permettrait d’accéder au sexe d’une muse, ou que ce soit parce qu'en lui même le sujet m'excite, si je n'éprouve pas cette forme d'attraction sexuelle, érotique, intrinsèque à mon cortex alors je ne peux pas être inspiré.

Après, pour tout dire, et dieu comme les muses savent que même si je ne les écoute pas toujours je leur écris toujours tout ; je ne crois plus à l'inspiration. Ce n'est pas que rien m'excite, au contraire mes érotiques sont multiples et nombreuses, mais je ne crois pas que l'écriture soit obligée de se soumettre à l'inspiration.  C’est même l'inverse, en vérité, je pense que la véritable écriture est celle qui transcende l'inspiration jusqu'à s'en détacher et devenir un geste littéraire justement et non pulsionnelle car écrire sous l'effet de l'inspiration c'est simplement suivre sa pulsion. L’écriture comme geste conscient et rationnel s’écrit sans ce mythe de l’inspiration.

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Rédigé par Monsieur C

Publié dans #écrire, #Réflexion, #recyclage

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