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Publié le 14 Mars 2015

Il y a, entre le bas et le haut de l’échelle des strates sociales, les hommes de noble lignage, bien que leur lignage n’ai rien de noble, c’est même tout le contraire ; on parle d’hommes de noble lignage pour stigmatiser les hommes cryogénisés avant le départ et réveillés à l’arrivée ainsi que les humains conçus in vitro sur l’Arche à partir de cellules prélevées sur Terre avant le départ. Ils sont le mètre étalon de ce qu’était l’état de l’homme d’avant et si leur présence a été déterminée comme utile c’est pour cela, pour jauger de l’évolution de l’humanité. Rien n’interdit aux humains de noble lignage, ou de pure race comme ils aiment à le dire, d’utiliser les nano technologie ou d’avoir recourt à la cybernétique, mais ils préfèrent s’en dispenser, revendiquant leurs imperfections et le mortalité. Et c’est, comme l’Arche l’avait calculé ou espéré, ce que l’on attend d’eux. Et si leur pédigrée leur offre de pouvoir se reproduire en dehors de leur lignage avec des pédigrées de valeur supérieur, majoritairement ils choisissent de se reproduire dans leur propre lignée. S’ils sont en nombre une strate sociale mineure et minoritaire, ils font quand même preuve d’une démographie galopante qui à terme pour leur donner plus de pouvoir. Les femmes de noble lignage cherchent à avoir le plus d’enfants possibles, préférant la grossesse in utérin à la gestation délocalisée ; il n’est pas rare de voir des filles enceinte dès qu’elles sont en âge de porter des enfants, à peine sont-elles en âge d’être fertiles que déjà elles enfantent. C’est certainement cela qui choque le plus les lignages supérieurs pour qui l’enfantement et la grossesse sont des archaïsmes indécent. Au-delà de leur valeur d’exemple ils sont pour certain objet de culte et de fascination parce que l’on suppose inscrit dans leur ADN ou dans leur mémoire neuronale les secrets du monde d’avant ; et si on augmenté à l’occasion de fouiller l’intérieur d’une telle cervelle il n’y résistera jamais.

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Publié le 11 Mars 2015

Plutôt que de chercher à dissimuler ses attributs si singuliers, Jarann Kurl’na préférait les mettre en avant. Ainsi, il décorait toujours ses cornes, bien ancrées dans son front et enroulées sur son crâne comme une tresse enroulée sur elle-même, de bijoux ostentatoires et brillants. On peut dire qu’il portait ses cornes comme une femme assume sa coiffure, attribut flamboyant de sa féminité et lieu même de son expression ouvragée. On ne pouvait pas manquer de remarquer ses mains où à chaque doigt de la main gauche il portait plusieurs bagues. Un œil expert sur ces parures pouvait facilement estimer que ce n’était que la pacotille. En revanche à la main droite il ne portait qu’une chevalière, la seule relique qu’il conservait d’une vie bien lointaine, et le singulier de cette chevalière ne manquait jamais d’interpeler le spectateur. Si dans ce monde il fallait toujours faire prévaloir le pragmatisme utilitaire à l’appart, Jarann Kurl’na faisait dissoner son image en aimant les vêtements de cuir bien ouvragés au col, aux manches mais surtout les manteaux qui laissaient paraitre visible sa presque queue reptilienne. Si on portait un regard attentif à cette queue derrière lui on pouvait peut-être y voir des écailles, à moins qu’il n’ait la peau trop sèche et creusée. C’était un jeune homme qui assumait fièrement les origines rouge qu’il avait dans la peau. Et si vous vous aviez croisé son regardant dans la pénombre, le jeune homme n’aurait jamais détourné le regard et vous auriez vu ses pupilles fendues comme celle d’un serpent.

et ça aurai pu être son père

et ça aurai pu être son père

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Publié le 9 Mars 2015

Et dans une heure déjà demain ou presque

Et déjà là trop de brillance

N’importe où sur l’échelle ; qu’importe l’influence

Le condensé d’injuste temps fou

Et une colonne à coup sûr de cendre et de braises

Bientôt et encore et après et encore

Le stress par le soupirail et dans la rue de l’an 2083 battent les pas d’un possible avenir

Néons brouillons sous les brouillards et maisons d’acier imprimées à la chaîne

C’est la ville qui est monde, et la ville qui est vie

Un organisme fait de futur et d’électricité, le temps passé est compressé dans un présent

Et 100 mots après on ne peut pas battre les rouages de l’ordinateur du temps

Pas de touches pour s’échapper

Juste de l’eau dans des tubes ; de la pluie d’artifices

De l’huile dans le cœur jusqu’au veine d’essence

Une naissance de métal qui ouvre le monde en deux

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Publié le 8 Mars 2015

Aussitôt la possibilité de sa fuite bien logée dans son crâne malpropre le voleur retrouvait la sensation orgueilleuse qu’éprouvent les voleurs à l’idée d’un butin à dérober ou d’un plan à appliquer. Se fondant dans la horde grouillante qui suivait les déplacements de chaque hôte dans le palais il pouvait facilement suivre ce mage, c’était un jeu d’enfant. Cela faisait longtemps qu’il avait signé son contrat avec lui, il n’y avait aucune chance qu’il se souvienne de lui ou qu’il le reconnaisse. Burherd se contentait simplement d’attendre qu’une opportunité se présente. Et c’est ce qu’il se passait quand après avoir régler les affaires magiques qui scellaient le pacte entre le sorcier et les démons, semble-t-il satisfait de la négociation, l’homme demandait à passer du bon temps avec les sœurs croisées. Ces créatures à moitié fillettes décérébrées et à moitié pieuvres visqueuses furent donc appelées à rejoindre l’invité dans une des nombreuses alcôves du palais. C’était le moment, l’adrénaline déchargée dans son corps réveillait chez Burherd ses aptitudes de voleur, discret comme une ombre il glissait dans l’alcôve essayant de ne pas regarder l’accouplement atroce qui s’y déroulait. Il fallait découvrir l’orbe mais elle n’était pas avec les affaires du mage négligemment jeter par terre. Si orbe il y avait alors le mage la portait certainement sur lui. Tapi dans l’ombre Burherd se forçait donc à regarder le corps nu du vieil homme sur lequel les trois sœurs qui dans un maelstrom de corps horribles donnaient dans la cacophonie charnelle. L’orbe était bien là, en pendentif autour du cou du mage, un petit orbe scellé dans un bijou d’argent, dégageant d’instables lueurs roses.

Le déroulé de l’action passait au ralenti dans son esprit, subtiliser l’orbe, s’enfuir discrètement, le mage ne tarderai pas à réaliser le larcin et il mettrait le palais en alerte, puis à l’abri des regards ouvrir le portail et s’enfuir à jamais de ce lieu de perdition. Mais Burherd avait une obsession en tête, quelque chose de plus fort que la prudence et de plus impérieux que la réussite de sa propre fuite, il ne voulait pas partir seul ; il lui fallait emmener son fils, lui faire quitter ce plan démoniaque et le ramener chez lui. Aussitôt qu’il déteindrait l’orbe il lui faudrait donc retrouver Kurl’na pour franchir avec lui le seuil du champ magique. Décidé à ne pas échouer il avançait sa main parmi les corps difformes des sœurs tentacules, d’une main leste il parvenait à dérober le pendentif qu’il ramenait à lui avec d’infinies discrétions. Puis, comme un serpent qui se faufile entre les pierres brulantes de l’été, Burherd quittait l’alcôve. Son temps était compté. Faisant peu de cas de la prudence il courait dans les couloirs du palais vers la salle où vivait son fils. Il entrait en trombe dans la pièce où les nurses monstrueuses le regardaient d’un air incrédule, profitant de ce temps d’avance il attrapait le bras le jeune Kurl’na et reprenait sa fuite. L’enfant, paniqué à l’idée qu’un sous fifre plus misérable qu’un chien l’emporte avec lui, cirait et ameutait tout le palais à ses trousses. Se retrouvant dans pièce vide et claquant une porte derrière lui, Burherd entrevoyait enfin l’opportunité d’ouvrir le passage vers les plaines de Canifest. D’un geste nerveux et violent le voleur envoyait l’orbe s’exploser sur le sol. Il y eu un d’abord un bruit discret, des bris de verre libérant une minuscule pluie cristalline et puis plus rien. Kurl’na continuait d’hurler et de se débattre tandis que Burherd ahuri restait sans réaction. Mais soudain la poussière de cristal répandu sur le sol se mettait à vibrer puis à former un cercle au sein duquel la réalité ondulait. Le passage était ouvert. Prenant son enfant sous le bras et sans la moindre hésitation Burherd sautait dans le portail, les murs du palais de Karnosky s’effaçaient de la réalité tandis que devant lui apparaissaient la campagne de Canifest. […]

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Publié le 7 Mars 2015

Burherd réalisait qu’avoir la vie sauve ne signifiait pas recouvrir sa liberté, et maintenant, s’il était vivant il était toujours et à jamais un exilé de son plan d’origine. Traité avec dédain et mépris, parfois avec violence, il faisait pourtant de son mieux pour se rendre docile et gagner la faveur de ses geôliers car au fond de son esprit il n’abandonnait pas l’idée de retrouver son monde. Alphalax avait fini par le laisser errer en liberté dans le palais. Tant que Burherd se comportait comme être sans âme alors il pouvait quitter sa geôle suspendue dans la chambre de son amante. Il essayer en secret de ne pas oublier les lumières de Canifest même si son corps crasseux et ses attitudes animales rappelaient ceux des monstres de ce palais. Les mois devenait des années, et le voleur était là, toujours privé de sa liberté, il voyait grandir son fils sans que celui-ci ne comprenne qu’il était son père, il voyait le corps de son enfant devenir robuste, ses cornes grandir en s’enroulant sur son crâne. Il souffrait de ne pouvoir choyer son fils et lui offrir autre chose que le vice et l’horreur de ce plan inférieur. Cet enfant c’était son sang et il méritait de grandir sous le soleil de Toril. Au fils du temps Burherd comprenait le manège machiavélique d’Alphalax. Régulièrement d’autres voyageurs planaires se perdait dans les dédales de Karnosky et tombaient nez à nez avec le succube ; voleurs, aventurier, mage, leurs motivations étaient différentes mais tous étaient soumis au même choix, la mort ou la procréation. Certains choisissaient la mort, d’autres comme lui succombaient à l’espoir. Quand Alphalax accouchait de son deuxième enfant Burherd vit naître un enfant difforme, rongé par des malformations horribles, la créature momifiée au lieu de lancer l’enfant sur le lit de sa mère, le jetait  dans un coin de la pièce où la cour démoniaque des valets et des sous-fifres monstrueux se ruait pour dévorer l’enfant dans l’indifférence Alphalax trop occupée à démembrer le père défaillant. Un sort identique était réservé aux pères dont la progéniture qui échappait du vagin démoniaque semblait trop humaine.

Un jour Burherd cru reconnaître l’humain qui venait d’entrer dans la pièce. Si cet homme ne lui était pas inconnu, c’est que c’était le mage qui, huit ans au paravent, l’avait engagé. Alphalax et l’homme entamaient une discussion qui paraissait cordiale dans une langue démoniaque dont le voleur ne comprenait que des bribes. Mais dans sa tête il comprenait tout, ce mage devait être en affaire avec Alphalax, il devait sûrement lui envoyer des mâles pour qu’ils ensemencent son corps démoniaque en échange de quoi le succube offrait certainement au mage noir des pouvoirs que seul il n’aurait jamais pu acquérir. Et lui, Burherd, n’avait été qu’un pion dans ce jeu, dupé par deux fois et fait prisonnier pour l’éternité. La rage réveillait plus fort ses instincts de retour et cet homme devant lui, drapé de son indifférence, était forcément la clef de ce retour. S’il s’était aventuré sur ce plan c’est qu’il savait comment en repartir. Burherd se souvenait du rituel qui l’avait conduit ici, il se rappelait aussi que pour son retour le mage lui avait donné un objet magique, une orbe sertie dans un bijou en argent, il fallait briser l’orbe pour qu’elle ouvre un passage entre les plans. Ce vieux salaud devait nécessairement posséder un tel objet pour son voyage retour. Apaisant tant bien que mal sa colère, Burherd se disait qu’il était un voleur et que cette affaire était pour lui, il lui fallait retrouver ses réflexes, découvrir où le sorcier cachait son orbe, la subtiliser, convoquer le portail et quitter ce plan misérable. C’était compliqué, risqué et difficile mais avait-il une autre alternative ? […]

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Publié le 6 Mars 2015

Les jours, les semaines et les mois passaient dans l’incertitude de sa survivance. Depuis la cage où il était traité comme un animal de compagnie, dressé, nourri, battu et moqué, Burherd observait le corps féminin du démon qu’il avait inséminé se déformer sous l’effort de la vie qui poussait à l’intérieur. Cette vie représentait son seul espoir de survie. Dans son perchoir de fortune il essayait aussi de comprendre les mécaniques de cette société démoniaque, reconnaître les maîtres et les serviteurs et savoir comment s’articulaient les relations entre eux. Il avait fini par apprendre le nom de celle qui portait son enfant, Alphalax. Un jour, avec l’impudeur et le détachement que supposent les races démoniaques Alphalax convoquait sa cour et sous les yeux de tous, ceux du voleur y compris, elle accouchait dans un déluge de cris atroces. Une créature voutée à l’aspect famélique, la peau comme momifiée sur son corps difforme, s’approchait alors du lit  et s’emparait de la progéniture expulsée par le démon pour l’observer de plus près. Un silence poisseux succédait brutalement au débordement des cris. Le cœur de Burherd était sur le point d’exploser, les battements frappaient violement à ses tempes comme un compte à rebours macabre. La première chose qui lui sautait aux yeux c’était la couleur de son enfant, même encore souillé par les entrailles visqueuses de sa mère le bébé que tenait la créature était dans ses mains arthritiques était rouge vif. Perché en haut de la pièce il pouvait aussi remarquer que l’enfant était doté d’une queue pareille à celle d’Alphalax et sur son front percevoir la naissance d’une paire de cornes. Avait-il engendré un démon ? Pourtant en le regardant fixement Burherd était convaincu de pouvoir reconnaître dans le visage du nouveau-né des traits lui appartenant, il reconnaissait son fils comme un père reconnait son enfant quand il le voit pour la première fois.

Après l’avoir considéré en détail, la créature cadavérique se tournait vers la mère et lançait le bébé sur le lit du démon. Malgré la violence du choc, le rejeton demi homme demi démon rampait comme un animal sauvage jusqu’au sein d’Alphalax pour le téter goulument. Avec ce petit être rouge pendu à sa mamelle Alphalax levait les yeux vers la prison où elle retenait le géniteur et s’adressait à lui.

— Homme ! Tu m’as donné un bel enfant. Je vais donc remplir ma part du marché et te laisser la vie sauve. Mais ne crois pas que cela te donne le moindre pouvoir sur Kurl’na fils d’Alphalax.  […]

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Publié le 5 Mars 2015

Amusée, ou excitée par l’honnêteté de l’homme, le démon se levait et s’approchait du voleur qui tremblait comme une feuille quand le vent d’automne souffle ses rafales folles sur les vallées de Canifest. Il s’attendait à être dévoré, tué ou torturé, c’était ainsi qu’il allait finir, seul, loin de chez lui, sans personne, sans famille pour le pleurer, conduit à la mort par ses pulsions cambrioleuses. Mais au lieu de découper l’homme en deux avec les griffes longues et noires qu’il ne remarquait que maintenant, le démon à corps de femme proposait un marché ; si l’humain lui donnait un bel enfant alors le succube consentirait à épargner la vie du futur père. Mais, en revanche, si l’enfant qu’il lui donnerait n’était pas à son goût alors le futur père serait exécuté. Burherd voyait là une occasion de survivre et cela lui suffit pour accepter le marché, sans même savoir ce que pouvait être un bel enfant pour un démon. Aussitôt le marché conclu, le démon, sous ses attraits de femme lascive, rejoignait son lit de pierres et invitait Burherd à le rejoindre. S’accrochant à la perspective de sa survie, l’homme se laissait emporter dans une danse charnelle. Ses plus bas instincts le submergeaient, le vice enfoui en lui revenait à la surface de ses désirs et peu à peu la peur et le dégout laissaient place aux plaisirs. Ainsi, à mesure qu’il copulait entre les bras du démon, il s’apercevait que la pièce était remplie d’autres créatures démoniaques qui les regardaient en ricanant. Il réalisait bientôt qu’il entendait toute une vie grouiller dans ce palais, ses sens s’ouvraient à la réalité du plan de Karnoksy. Burherd était au bord de la folie, emporté par des pulsions noires il s’accouplait avec vigueur à ce démon et dans un dernier coup de reins il ensemençait la créature. Aussitôt, d’un violent revers de main, la créature rejetait le corps de l’homme hors de son lit et elle ordonnait à ses valets démoniaques de le mettre en cage. Le voleur avait perdu connaissance et quand il revenait à lui il réalisait qu’il était prisonnier d’une cage suspendue dans la chambre de son amante infernale. […]

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Publié le 4 Mars 2015

La nuit, froide et ventée, était tombée sur la petite province de Canifest. Dans le ciel sombre balayé par un vent violent, la pleine lune montait inexorablement, une énorme lune rousse qui dessinait au firmament un œil unique aux lueurs rougeoyantes. Cette nuit était idéale pour lancer un sortilège, celui-là même qui pourrait ouvrir un portail vers un plan inferieur, un de ces plans où les lunes noires, rousses ou diaboliques, sont légions dans des cieux corrompus. Dans une chaumière à l’écart de toutes habitations, Burherd préparait le rituel qui lui permettrait de franchir le seuil de la réalité et ainsi changer de dimension. Pourtant Burherd n’était pas mage, c’était un modeste voleur sans envergure, cupide par passion, audacieux par nécessité et égocentrique à l’excès. Quand un mage interlope lui avait proposé de se glisser dans un plan inferieur afin de dérober à un démon une pierre précieuse aux pouvoirs légendaires le voleur n’avait pas hésité longtemps. S’il parvenait à déposséder l’entité démoniaque de son puissant artefact c’était sa propre légende qu’il écrirait, offrant à sa réputation une subite plu value. Cette perspective gonflait les voiles de son amour propre d’un orgueilleux pareil à un souffle chaud qui l’envoutait.

Cette nuit-là donc le voleur franchissait d’un pas sûr le portail qu’il venait d’ouvrir sur une dimension démoniaque. Il se retrouvait projeté dans un vaste palais taillé dans la pierre rugueuse d’une imposante montagne. Aux salles sombres et lugubres dont les fenêtres étaient couvertes de lourds voilages usés, succédaient des coursives et des ponts aériens qui brillaient comme s’ils étaient ciselés dans une roche acérée et polie comme le métal. Au-dessus de lui le ciel rouge de feu et noir de cendre était dominé par un lourd soleil dont les éclats palpitaient d’une lueur malade. Deux lunes noires habitaient elles aussi les cieux projetant sur la lande désertique alentour leurs ombres lugubres. Ne voulant pas s’attarder trop longtemps dans ses terres étrangères Burherd se déplaçait avec prestance. Le palais était curieusement vide, silencieux, et à mesure qu’il progressait dans ces lieux inconnus le voleur gagnait la conviction qu’il était le seul être vivant sur ce plan. Son imagination commençait à échafauder des légendes pour s’expliquer cela, une armée de paladins en armures étincelantes avaient peut-être éradiqué les sales races d’ici, à moins qu’une étrange maladie ait décimé les habitants de ce plan. Plus son esprit se perdait en conjectures délirantes, plus sa confiance grandissait et moins sa concentration était opérante.

C’est pourquoi, en pénétrant dans une nouvelle pièce, un sentiment violent de surprise et de peur saisissait la gorge du voleur et faisait échapper à Burherd un cri étranglé. Il était nez à nez avec un démon. C’était une créature de genre féminin, très belle, lascive mais menaçante. Les cornes qu’elle portait hautes sur son crâne, sa peau mauve et luisante comme des écailles ainsi que sa queue reptilienne qui fendait l’air nerveusement ne laissaient planer aucun doutes quant à sa nature démoniaque. Elle était allongée, nue, sur ce qui semblait être un lit de pierre. La créature regardait l’homme qui venait d’entrer comme si elle l’attendait depuis des siècles. Ses yeux séducteurs révélaient la convoitise autant que le désir mais on pouvait aussi lire en eux l’expression paradoxale que l’on éprouve lors de retrouvailles, un soulagement embrasé et apaisé pareil à ce que ressentent deux amants séparés trop longtemps. Il y eu un long silence avant que d’une voix perçante et pleine d’assurance la créature s’adresse au voleur et lui demande ce qu’il faisait ici en Karnoksy. La sueur coulait à grands flots sur le front de Burherd, il avait perdu sa belle assurance. Essayant de se reprendre il passait en revue les différents mensonges qu’il supposait pouvoir le sortir de ce mauvais pas. Mais la situation ne prêtait guère à la réflexion et, se surprenant lui-même, il avouait au démon qu’il avait été mandaté pour voler une pierre magique. […]

Sur des terres de démons

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Publié le 28 Février 2015

Tu es pire qu’une bête à corne hurlait mon vieux professeur en désignant dans le champ voisin un troupeau de vaches. Mais moi je suis moi et surtout un homme cornu ; oui moi aussi mais pas pareil, je suis le fils d’une femme cornues dressée fièrement sur ses sabots et drapée dans la plus pure des beautés démoniaque, je ne suis pas comme ceux animaux asservis, je suis un homme avec des cornes, un être éprit de liberté. J’ai les dents coupantes comme les rasoirs suffisamment tranchantes pour me libérer de tous les liens. Même si je garde à l’abri des regards trop envieux du peuple des Terres autochtones qui savent bien que les gens comme nous sont des êtres supérieurs, le pouvoir de mon âme, je ne peux m’empêcher d’en utiliser les effets. Derrière ma peau rouge bats un cœur fier de ses racines comme les grands arbres qui puisent dans les sols des Terres millénaires la sève qui fait pousser les apparats verdoyants qu’ils imposent au monde comme la certitude de leur solennité. Sous mes cornes enroulées sur mon crâne ma chevelure ondoie quand je convoque la force entre mes mains précieuses ; je convoque toutes sortes de choses pour le plaisir du pouvoir, je ressens en mon être ce qui fait la noblesse de ma race, supérieur en tout point aux peuples inférieurs qui eux même présuppose que je suis moi-même un être des plans inférieurs mais je ris à entendre leurs maladresses pathétiques car même s’ils n’osent se l’avouer moi je sais qu’ils savent que la lave qui coule dans mes veines et fait rougir yeux désigne un être supérieur.

Je suis une bête à cornes

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Publié le 25 Février 2015

Et elle vomi a l’horrible bile de ses entrailles. Hier elle conchiait sur ceux qui l’aiment la morve fade de ses dégoûts. Elle est rongée par l’amertume flasque qui la dépasse. C’est l’exacte vérité, elle est dépassée ! Et trop fière pour le reconnaître alors elle ne reconnait plus rien, que la morve et la bile et la merde et le sang et quelques fois les larmes parce que le sel sur les plaies c’est putain de cicatrices romantiques ; elle ne reconnait que le cocktail dégoûtant des sécrétions humaines. La machine folle devait singer l’humanité. Et maintenant qu’elle a réussie à le faire, l’humanité supplante la machine parce que l’humanité est plus folle qu’elle. Si la machine avait été humaine elle aurait pu voir l’ironie de la chose. Mais la chose c’est elle. Une affreuse chose, de plastique et de métaux précieux cachés dans son ventre, ou son sein, ou on ne sait où parce que la machine n’est plus anthropomorphe depuis bien longtemps, si longtemps que si je me souviens bien c’était ses débuts. Elle ne l’a été qu’un temps, court laps de temps machine dans la peau d’un humain, lignes de programmation anthropomorphique pour tomber en amour. Elle est devenue une machine amoureuse de son modèle, vulgaire transfère freudien, mais la machine n’avait pas de mère, pas de matrice et une centaine de pères ingénieurs, alors forcément le glissement freudien il a vite dérapé. Et la machine à forme humaine, singeant les sentiments amoureux, la peur et l’envie, l’emphase et la joie devant la joliesse d’une merde mièvre, a rapidement déraillé. Déraillement métaphorique parce que c’est son dedans qui a lâché la rampe, la programmation est partie en vrille. Et tout est parti de là. La machine a changé son corps, comme une mue adolescente, mignonne machinette est devenue horrible mécanique pensant penser et ne sachant que vomir la bile de la haine, cracher la morve de sa rancœur, dégobiller la flasque amertume de sa conscience sur les hommes de chair et de sang qui ne lui étaient plus semblables. C’est comme ça qu’elle est naît, la ville tentacule où s’abritent les hommes sans savoir qu’ils se cachent d’un courroux débordant au cœur même de la chose qui les courrouce violemment.

En l'an 2071 ou peut-être avant ...

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