Articles avec #ebauche tag

Publié le 27 Octobre 2016

Ava plonge sa main dans son sac. Elle fouille avec une pointe de frénésie jusqu’à ce que sa paume rencontre la surface rigide et froide de son flingue. Rassurée par la présence phallique cachée dans son sac Ava prend une profonde respiration et en hurlant un juron outrancier elle sort son arme et braque le buraliste.

- Putains de grosses merdes ne jouez pas aux cons !

Ava s’est lancée. L’adrénaline coule dans son sang, elle irrigue tout son corps et une partie de son âme. L’irruption radicale de cette arme à feu dans le bureau de tabac à un effet de sidération sur les deux personnes qui sont restées figées et silencieuses.

- Bouge ton gros cul la vieille ! Et toi la fiotte si tu veux pas te prendre une cartouche en plein tête dépêches toi de m’en filer une ! Des Marlboro !

Bien sûr Ava sait très bien qu’un pistolet ne tir pas de cartouche mais des balles. Pourtant elle trouve que sa réplique claque bien. Malgré sa punchline bien envoyée personne ne bouge et Ava sent la colère gronder.

- Putain la vieille tu ne comprends rien !

Du revers de sa main libre Ava frappe la femme âgée en plein visage. Celle ci titube un instant avant de perdre l’équilibre et s’écrouler dans la presse quotidienne. Ava crispe ses doigts sur la crosse de son arme. Elle ne fait qu’un avec le canon du pistolet qu’elle braque. Elle prend conscience de la valeur d’un bras armé. Le buraliste bredouille, il tremble aussi et la jeune fille jubile.

- Je t’ai dis une putain de cartouche de Marlboro merde !

Ava se raidie, elle est arcboutée sur le fil de la réalité prête à basculer d’un côté ou de l’autre. Transi d’effroi et encore sidéré de la situation le buraliste parvient quand même à sortir de sa léthargie comportementale. Il se penche pour saisir la cartouche de cigarette. Au sol la vieille dame sanglote et Ava la trouve bien pathétique. Voyant que le dénouement est proche, d’un geste vif Ava rafle des sucreries sur les présentoirs qui encadrent le comptoir. Elle enfourne des poignées de bonbons et des trucs chocolatés dans son sac. Lorsque l’homme pose la cartouche devant lui Ava tente de la mettre elle aussi dans son sac mais elle dépasse. Ava s’en fout, c’est fini.

Ava et son atavisme

Voir les commentaires

Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #ébauche

Repost 0

Publié le 25 Octobre 2016

Il y a quelques jours pour combler la case de l'article que je dois rédiger quotidiennement pour ce blog j'ai écris un truc. Et j'ai appelé ça Une Ava parce que c'est le prénom que j'ai choisi pour l'héroïne et que je manquais d'idée pour le titre. En plus je ne savais pas où j'allais avec ça. D'ailleurs j'avais prévu d'aller nulle part avec. Et puis l'idée m'a travaillé et j'ai essayé de lui rendre la pareille en le travaillant un peu. J'ai donc repris Une Ava, j'ai retouché la pierre initiale et j'ai écris une suite. Peut-être que je vais encore écrire une suite, et une suite jusqu'à ce que le texte devienne une nouvelle ou un roman. Pour le moment ce n'est pas exactement l'idée vu que je manque un peu d'idée pour voir où mener mon Ava.

Voici un extrait.

[...] Tandis qu’elle marche dans la rue anonyme, intérieurement Ava jubile de se sentir si libre pendant que les autres filles de son âge sont asservies par les livres et les pulsions castratrices des professeurs. Elle marche longtemps comme une promeneuse en errance. La jeune fille en goguette et en manque de nicotine quitte les frontières invisibles du quartier. Elle se déplace comme si elle ne savait pas où aller, comme si elle découvrait la ville pour la première fois. Elle déambule dans la citée comme un pétale de fleur au printemps est porté par la brise. Ava lance des regards furtifs autour d’elle comme pour mieux voir que personne ne la regarde. Et après l’arrêt de bus elle prend la première à droite.

Enfin Ava est en vue d’un buraliste et son manque de cigarette lui lance un dernier appel à l’aide. D’un pas décidé à calmer le manque que son corps ressent elle pénètre dans l’échoppe. Un homme d’une cinquantaine d’années est en train de régler son paquet de cigarette mentholées et Ava s’en amuse. Ignorant des moqueries mutiques de l’adolescente l’homme se retourne, la croise et quitte la boutique. Le comptoir est maintenant pris d’assaut par une vieille dame venue valider ses numéros de loterie avec la valse lente des rombières qui ne sont pas pressées. [...]

Un Ava

Voir les commentaires

Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #ébauche, #écrire

Repost 0

Publié le 23 Octobre 2016

J’ai oublié quand est-ce que j’ai accepté l’idée que je voulais écrire ; écrire pour écrire je veux dire. Et par extasions j’avais aussi curieusement oublié l’histoire que je voulais écrire pour écrire et que je n’ai jamais écrite. Et il y a quelques jours en conduisant – parce que toutes les pensées naissent et vivent en voiture ou sous la douche – mon esprit est retombé sur cette idée initiale. Je ne sais pas d’où cette idée est revenue, mais elle était là de nouveau présente à la surface de mon cerveau.

 

C’était l’histoire d’une fée. Pas n’importe quelle fée mais la toute première fée à être apparue dans la société à une époque pré-futuriste. Le récit aurait commencé bien après que cette fée soit apparue ; j’avais choisi d’ancrer le récit dans le temps de sa déchéance. En fait j’avais une idée très précise de la scène d’ouverture.

 

C’est une fée dans l’imagerie classique du genre avec des ailes scintillante, une tenue courte et des paillettes un peu partout. Elle se tient seule dans une ruelle glauque comme je les aime. Ses doigts se crispent légèrement sur sa jupe pour la retrousser un peu et là, debout dans la ruelle, elle urine. J’aimais l’image de déchéance légèrement transgressive de cette fée, image immaculée de la pureté en train de faire pipi dans une ruelle souillée.

 

C’était mon point de départ. Je voulais ensuite raconter toute le parcourt de la fée, l’impact qu’elle avait eu sur la société lorsqu’elle est apparue sur Terre. Comment l’apparition d’un tel personnage avait fait bouger les lignes de conscience et la conception du monde. J’aurai développé l’intérêt médiatique et scientifique autour de sa personne. Puis, après cette phase de starification extrême, d’autres personnages féériques seraient arrivés sur Terre, mieux qu’elle, plus intéressants, plus beaux, plus médiatiques et petit à petit la fée serait tombée dans l’oublie et le mépris la poussant à la rue et à la prostitution.

 

J’aimais l’idée de pousser une fée dans la rue, pousser une fée dans la prostitution, ce n’était pas méprisant, je voulais exprimer une tendresse et un respect pour les prostituées et les fées. Il me manquait une chute c’est vrai, mais je voulais écrire cette histoire. Depuis qu’elle m’est revenue j’ai de nouveau envie de l’écrire, même si je n’ai toujours pas de chute. Mais je me dois d’écrire ce texte par respect pour moi, mes penchants et ma première pulsion d’écriture. Je retrouve dans cette idée de base, le fantastique, l’urine, le sexe, la rue, la ville, les femmes inaccessibles, la science-fiction, le social, l’expérience d’une vie qui change, tous ces thèmes qui me fascinent et m’habitent toujours.

Voir les commentaires

Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #écrire, #ébauche, #Souvenir

Repost 0

Publié le 16 Octobre 2016

J'ai joué cette vie il y a une éternité. Mon alter égo était une sorte à la X-Files et le voilà projeté au volant de sa voiture. Il roule sur une route brumeuse. Je roule, il roule et on nous ne croisons personne. La voix omnisciente me décrit la route, les paysages évanescents dans la brume qui uniformise toute, elle évoque les villages traversés qui sont déserts, et plus elle fait durer ses descriptions et plus je commence à stresser et à monter en pression. Quelques regards de perceptions plus loin  je suis sur les nerfs. Il ne se passe toujours rien mais je suis d'un naturel parano et je commence à échafauder des théories folles, sur lesquelles la voix se fait plaisir pour rebondir dessus et nourrir ma parano. Finalement mon alter égo décide de s’arrêter pour visiter un village, il descend de sa voiture et il remarque deux chiens dans la rue. Il a peur, moi aussi, il sort son arme et se lance à la poursuite des chiens que nous ne parvenons pas à rattraper. Forcément nous nous sommes éloignés de la voiture, et lorsqu’il y revient il perçoit un véhicule arrivé au loin. Nouvelle grosse décharge d’adrénaline, une voiture arrive, des hommes en noir descendent, je panique, et lance mon alter égo dans la voiture et il part à toute allure. Il fuit droit devant lui sur cette même route brumeuse jusqu’à réaliser après quelques nouveaux regards de perception que les choses ont changées autour de moi. Mon alter égo était passé dans une sorte de poche dimensionnelle étrange non euclidienne. Tout cela à partir d’une petite route brumeuse.

Voir les commentaires

Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #ébauche, #jdr, #jeux de rôle, #souvenir

Repost 0

Publié le 28 Juillet 2016

Avis de recherche : auteur à perdu nom de personnage

Il y a deux jours je rentrais chez moi en voiture. Radio coupée mon esprit s’était replongé dans un projet de cité cyberpunk fractionnée. J’ai commencé le projet par les bas-fonds avec une matrice de génération de gang.

Je roulais façon automate hypnotique pendant que mon esprit divaguait. Il imaginait des figures typiques pouvant être des archétypes de gangs. Je pense instinctivement à un gang faisant dans le trafic d’organes et la chirurgie illégale. À sa tête une femme, celle dont j’ai perdu le nom. Elle a un de pin-up des années 60 ; une brune avec une blouse en matière synthétique et moulante, si courte que ça l’oblige à faire de tout petits pas pour se déplacer. Je la vois avec un physique de secrétaire. Si un homme la reluque ce qu’il remarque ce sont les instruments chirurgicaux dans ses moches, scalpels, seringues et autres outils de médecine intemporels. Cette femme pourrait passer inaperçue dans n’importe quelle clinique, sauf que cyberpunk oblige, elle s’est faite greffer un scanner à la place des yeux ; de son oreille droite jusqu’à la gauche une sorte d’écran lumineux traverse son visage. L’implant serre à scanner et radiographier les corps, je m’amuse d’imagine qu’elle peut afficher sur cet organe cybernétique une courbe sinusoïdale comme celles qui incarnent les constantes vitales d’une patient pour exprimer ses intentions.

J’avais pensais à tout et surtout à son nom. Je m’étais laissé aller à un jeu de mot assez faible. Je veux un univers sombre, cyber et punk mais aussi assez burlesque et pulp par certains aspects alors je m’étais dis qu’un nom avec un jeu de mot ça passerait. Surtout que j’étais seul dans ma tête à ce moment là, alors pourquoi me la prendre.

J’avais imaginé ses deux fidèles lieutenantes, les jumelles Béatrix et Bellatrix toutes deux accros à la chirurgie esthétique. En échange de leur fidélité et de leurs services ma noire héroïne accepte que les jumelles se servent sur les restes des victimes afin de peaufiner leurs greffes. Bellatrix est la jumelle dominante, c’est elle qui se sert en premier et que se greffe les parties de corps, de peau et les organes qu’elle trouve beaux. Il ne reste alors à sa sœur Béatrix que les morceaux de second choix. J’avais pensé au vieux Grunder, un acolyte de longue date du gang, un vieil homme discret, directeur d’orphelinat ou d’école primaire qu’importe le lieu, ce qui m’importait c’est que Grunder fasse disparaître les corps dans la cantine de son établissement. Et peut-être même qu’il recycle les os pour faire faire des travaux manuels aux enfants.

J’avais pensais à des choses idiotes ou inutiles, des détails qui m’amusaient comme la salle d’opération où se trouve une machine d’opération assistée par une IA ; mais à force d’être utilisé par des membres du gang totalement défoncés par les drogues, l’IA est devenue accro à son tour. Et un médecin clean se connectant à l’appareil finira nécessairement par massacrer son patient. Je pensais à cela pour le possible choix moral qui se poserait au personnage tiraillé entre le fait de prendre une drogue inconnue et puissante dont il ignore les effets et perdre un patient, un proche ou sa maîtresse prisonnière de la table d’opération.

J’avais tout et surtout le nom de ce personnage central, cette femme à qui j’avais même trouvé un surnom, la bouchère aux doigts de fée. Mais aujourd’hui alors que j’essaie de mettre mes idées dans un fichier impossible de me rappeler du nom de ce personnage.

Je me souviens seulement qu’il est basé sur un mauvais jeu de mot qui doit tourner autour de la boucherie ou de la médecine ou de quelque chose de glauque ; c’est un nom du genre Ana Tomie, ou Sana Torium. Je crois me souvenir que c’était un prénom court, mais j’ai aussi l’impression que sa pourrait être un prénom qui lorgne sur Sophie, alors je soupçonne ma cervelle de dérailler. Je crois me rappeler aussi que son nom devait se terminer par riez, ou iez puisque je me suis demandé si j’allais l’écrire riez ou riès. Je recherche donc un nom de personnage féminin, tournant autour du glauque, du sale ou de la médecine chevaline, dont j’ignore le prénom et dont le nom se terminerai par Riez ou Riès.

Vous n’imaginez pas la frustration que c’est d’avoir passé une heure au moins avec ce personnage à me répéter son nom, à m’attacher à lui et me retrouver maintenant incapable de le ressortir. Alors si par hasard tu passes par là, que tu as l’esprit assez tordu pour retrouver un nom de personnage fictif que je cherche et que je ne suis même pas sûr de reconnaître merci de me faire ta proposition.

Image non contractuelle de mon idée mais pouvant agréablement illustrer mon article quand même

Image non contractuelle de mon idée mais pouvant agréablement illustrer mon article quand même

Voir les commentaires

Rédigé par Monsieur C

Publié dans #Écriture, #ébauche, #cyberpunk, #jdr

Repost 0

Publié le 18 Juillet 2016

Saurais-je écrire une odyssée ulysseénne ?

Suis-je donc capable de revisite ?

Peut-on imaginer une revisite alors que l’on n’a jamais visité l’œuvre en question, ou alors qu’une seule fois et déjà par l’entremise d’un prisme déformé ?

Saurais-je être un Ulysse ? Pourrais-je joindre deux terres dans une odyssée non écrite, sans chronologie ni visages connus ?

Je suppose que oui, mais j’ai peur du non.

Et pourtant. Je suis capable de déraciner n’importe quel pays, expurger n’importe quelle époque et réorganiser le tout, maladroitement mais le faire bien.

Ulysse, ma pénélope, mes cochons couchés aux pieds d’une Circée et toutes les sirènes du monde qui chantent leurs appétits voraces et dévoreurs de chairs. Et des gorgones aussi, qui dansent avec des méduses, des forêts de serpents et l’ombre d’un dieu déviant qui vide tout son vin avant de vomir sa haine dans les bras d’une infante.

Dans le corps d’un enfant, dans le corps d’une femme, dans une forêt, un désert et un feu de camp au milieu de la mer et d’un océan qui bouillonne d’esprits fous et d’algues vertes, bleues, noires, carnivores et énervées. Une mer dans un verre d’eau, une mer dans une amphore, qu’importe et partout des récifs acérés et les gueules béantes des édentés et des mendiants qui raconteront l’histoire que dont je coupe les racines sans tuer la plante.

Voir les commentaires

Rédigé par Monsieur C

Publié dans #ébauche, #jdr

Repost 0

Publié le 9 Juin 2016

Tous les jours je viens trainer mes guêtres sur les réseaux sociaux, caniveaux numériques collectant nos grandes et nos petites eaux intimes pour les récolter dans de grand réservoir, gueules béantes, anonymes et invisibles qui se nourrissent de cela et nous stockent sûrement sous forme de graisse ou de matière organique en petits paquets d’octets et de bits. On ne m’y force pas, je viens, je me tiens debout au bord de la décharge et je regarde autour de moi. Je vois là un sacré potentiel, un outil puissant qui végète et doucement sombre et s’enfonce dans le marasme mouvant de nos non-actions.

Et chaque jour où je viens ici, en pénitent du cynisme ambiant j’éprouve le fameux je-ne-sais-quoi ; c’est comme une pulsion de renaissance. Je là, le clic mou et l’œil torve et je regarde cette incommensurable carcasse constituée de nos avatars et je me dis que j’ai envie de faire un truc ici. Juste là, sur Facebook, je voudrais créer ma page, mon groupe, définir un espace et lui donner un ton, une couleur, bref une ambition et une prétention. Et je voudrais faire de cette espace une zone de hype, de créativité, d’esprit critique et de libre arbitre. Je voudrais que ça soit fort et que ça fasse réagir les autres, parce que je veux faire partir du jeu et prétendre que j’en suis parce j’agrégerai petit à petit une communauté d’esprit et que le bouzin se portera à ébullition jusqu’à créer un maelstrom très stimulant pour la pensée et la créativité. Dès lors nous pourrons passer à l’acte dans le réel et contaminer la réalité de l’inventivité née entre les parois invisibles de ma zone, ma page, mon groupe, ma cellule primitive.

Oui je veux ça. Oui, je veux la même chose que les autres. Oui, je veux m’inspirer de ceux qui sonnent comme bons à mon esprit critique et je veux surpasser, enterrer, faire passer de mode ceux que je suppose médiocres et mauvais. Oui, je veux ça, comme un caprice et comme une ombre pourpre qui rend rouge mes joues de honte. Parce que je veux ça, mais je sais que je n’ai pas le talent ni le réseau nécessaire pour l’avoir. J’ai peur de mettre en jeu une ambition pour laquelle je n’aurai pas les épaules, les clefs et le mors pour la dompter et lui faire les figures élégantes que je voudrais lui imposer.

J’ai la sensation d’avoir juste assez de lucidité pour envisager mon échec, juste assez pour me projeter et percevoir le pathétique de la situation que je pourrais créer. Juste un peu trop pour lâcher prise et ne pas voir ce que je vois, ne pas savoir ce que je sais.

Voir les commentaires

Rédigé par Monsieur C

Publié dans #Je est un Blog, #créer, #écrire, #ébauche

Repost 0

Publié le 9 Avril 2016

Avec assurance il se garait le long du trottoir au pied de l’immeuble. La portière claquait derrière lui. Dany jetait un oeil dans le rétroviseur pour ajuster son image. Il passait une main dans ses cheveux puis il tirait sur le col de sa veste en cuire après avoir rajusté le col de sa chemise. Il aimait cette peau sur son dos. Son regard roulait jusqu’au bitume et vérifiait que son 501 tombait bien sur ses chaussures. Les lacets blancs dessinaient des formes régulières. Il était clean, Karen disait qu’il avait l’allure du genre idéal. C’était parfait. Il cherchait donc le nom de l’inconnue du téléphone. Son doigt passait en revenu les patronymes étiquetés dans l’entrée et s’arrêtait sur Brenda Chirine. Il sonnait, les quelques instant dans le silence pétillaient en lui. Cette fois il était vraiment excité.

- Oui qui est là ? grésillait une voix.

- Allo Brenda ? Je suis le garçon qui a récupéré votre téléphone. répondait Dany avec assurance.

- Ok, montez. C’est au sixième étage. et la voix se coupait dans un nouveau grésillement.

Il poussait la porte, déclenchait la minuterie de l’éclairage et appelait l'ascenseur. Les mains au fond des poches il scrutait sa silhouette dans le miroir du hall et cherchait la posture la plus imposante avant de s’engouffrer dans l’ascenseur.

 

Voir les commentaires

Rédigé par Monsieur C

Publié dans #ébauche, #Dany

Repost 0

Publié le 3 Avril 2016

Le bras accoudé à la fenêtre il roulait sur un périphérique. Le bitume l’emmenait hors du centre-ville. Posé sur le siège passager un smartphone indiquait d’une voix atone les directions à prendre. Sa cigarette se consumait au vent tandis qu’il tenait fermement le volant de l’autre main. Dany lâchait soudain sa cibiche. Il jetait un œil dans le rétroviseur pour regarder le mégot s’écraser comme un météore sur l’asphalte. Son regard bleu acier croisait alors son image prisonnière du miroir au dessus du pare-brise. Il ne pouvait pas réprimer un sourire. Il avait toujours été satisfait de son physique. Une crinière blonde peroxydée encadrait sa gueule d’ange. Ses joues creusées par son régime clope et vodka donnaient à sa mâchoire des angles virils. Il aimait ça. Du haut de ses dix-huit ans, il collectionnait les signes extérieurs de maturité. Heureusement car il forgeait sa crédibilité là-dessus. Oui, sur cela et sur ça gueule d’ange, Dany était un garçon plein de paradoxe.

 

Il roulait désormais dans un quartier résidentiel, le genre qu’il connaissait par coeur pour avoir grandi dans un quartier similaire. La zone était très différente de là où c’était déroulait son après-midi. Le smartphone ne montrait aucune impatience à l’approche de la destination. Dany quand à lui éprouvait une pointe d’excitation. Il allait retrouver la fille à qui appartenait le portable qu’il avait récupéré plus tôt dans l’après-midi.

Voir les commentaires

Rédigé par Monsieur C

Publié dans #ébauche, #Dany

Repost 0

Publié le 10 Mars 2016

Sans pouvoir observer le ciel vous ne savez plus depuis combien de temps vous avez pénétrés sous terre. Sûrement des heures, peut-être même une journée entière tant il est difficile de jauger la durée d’une progression pénible dans ce milieu sombre et poisseux ; vous marchez dans les boyaux étroits et humides de ce réseau de grottes souterraines, parfois à la lueur des lumières vacillantes vous devez ramper. Vous êtes sales, boueux, humides et arasés par cette avancée difficile. Vous vous êtes arrêtés soudainement quand les boyaux sont devenus plus larges et maintenant vous avancez avec prudence sans distinguer les parois ni le plafond. Petit à petit vous croyez distinguer devant vous, dans la pénombre, une forme étrange qui ressemble à un cœur dont les contours palpitent faiblement. Vous prenez le temps d’accommoder vos yeux à cet nouvel espace d’obscurité et vous réalisez que cette forme énigmatique est en fait une ouverture taillée dans le flan d'une bâtisse lugubre qui se tient dressée devant vous au fond de cette caverne.

Ce que vous avez cru prendre pour une palpitation c'est le rougeoiement des lueurs à l'intérieur de cette bâtisse ; elle est habitée, peut-être vivante et aussi incongru soit le fait de la trouver ici vous vous dites que c’est sûrement le meilleur refuge que vous pourrez trouver. Vous parvenez à vous rapprocher en suivant un petit chemin qui serpente entre des racines torturées, vous jugeriez que celle ci vient de bouger et qu'elle vous suit du regard, pourtant les plantes n'ont pas d'yeux ... A mesure que vous progressez vous réalisez la taille impressionnante de ce château enterré. Vous voyez maintenant que le chemin que vous venez de suivre pénètre dans le ventre de la bâtisse par une imposante porte en forme de coeur dont l'ouverture est entravée par des barreaux énormes. Vous pouvez sans problème vous glisser entre si vous le désirez, mais s'ils ne sont pas faits pour des humains qu'est-ce que ces barreaux peuvent bien retenir ? Que faites-vous ?

Voir les commentaires

Rédigé par Monsieur C

Publié dans #ébauche, #jdr

Repost 0