Articles avec #ebauche tag

Publié le 13 Juin 2014

La ville la nuit, après l’orage, sent la fange. La ville après la pluie a l’odeur d’une ferme ou d’un élevage de cochons dont les odeurs sont exaltées par la pluie estivale. Ema marche dans les rues pour rentrer chez elle, elle arpente des rues familières aux odeurs habituellement invisibles à son habitude noctambule. Ce soir cette odeur l’obsède. En quelques pas dans la rue l’odeur a phagocyté toutes ses pensées, une odeur de merde mouillée, la fange où se roulent les cochons. Elle se demande d’où lui vient cette certitude que l’odeur de la rue mouillée est pareille à celle de la fange. Ema essaie de remonter le fil de ses savoirs pour se souvenir du moment où elle a appris ce que désigne la fange. Et comment aurait-elle pu en apprendre l’odeur ? Pourtant à chaque respiration, ses narines capturent l’odeur de merde qui règne dans la rue et qui s’imprègne en elle au point qu’à un moment Ema soulève ses chaussure et regarde ses semelles pour vérifier que ce n’est pas elle qui transporte la phéromone fécale qui inonde la rue.  Mais non, ce n’est pas elle. Et pourtant c’est là, elle marche parmi les porcs vautrés devant leurs auges, elle marche dans le fumier séché que la pluie a rendu mou. Elle y est Ema, elle y va, pour un peu elle pourrait se convaincre que c’est une cochonne.

 

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Publié dans #autofiction, #écrire, #écriture, #ébauche, #Merde

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Publié le 27 Mai 2014

Elle arrive dans une pièce. Une très petite pièce aux dimensions gargantuesques. Sur ce point, elle réalise que le sol et les murs sont inversés ; les murs sont le sol et le plafond et le sol et le plafond sont les murs. de toute façon sol, murs et plafond sont en nourriture. elle tire sur sa jupe pour que les yeux sur lesquels elle marche ne puissent regarder sous sa jupe parce qu'elle ne porte pas de culotte, normal, elle n'avait pas prévue d'être vu d'ici, ou de là. Alors, elle marche sur la pointe des pieds en visant bien les yeux pour les aveugler. Elle aurait aimé sortir de là, mais la porte a disparu. Il ne reste qu'une bouche à la place de la porte par là où elle est arrivée. Enfin ce n'est pas une bouche, c'est la sienne de bouche, mais en taille standard d'huisserie. Pour sortir elle aurait été obligée de s'avaler puis de se vomir ce qui n'était pas pour une pucelle prude pareille une perspective enviable. Alors, elle continue de marcher, en avant, donc sur le mur, vers l'avant là où devrait se trouver un horizon, mais il n'y en a pas. Juste un trait de marqueur rouge sur un mur qui est le sol et qui délimite une moitié haute et l'autre base. Et elle sent bien même si elle ne le voit pas qu'en dessous de la ligne rouge c'est mouillé. Elle marche dans l'eau qu'elle a jusqu'à la poitrine, pour un peu elle pourrait nager dans cette eau invisible, donc voler un peu mais elle ne peut pas parce qu'elle a le vertige. Alors elle marche, de toute façon la gargantuesque pièce minuscule a disparue, les murs se sont dépliés pour former un sol disparate de murs, de plafond, de sol et de nature tout autour d'elle. Et l'eau aussi invisible était-elle s'est répandue par terre la laissant pesante et à moitié mouillée. Alors maintenant elle peut marcher vite et se diriger vers une grosse bite d'amarrage rouillée où est attaché un point et au bout du point une ligne fine avec un hameçon qu'elle gobe sans attendre.

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Publié dans #recyclage, #écrire, #Divagations diverses, #écriture, #ébauche, #SF

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Publié le 12 Mai 2014

J’anticipe toujours le pire, mais j’espère toujours le meilleur ; du coup, je suis toujours tiraillé.

La souplesse du cul de l’auteur est toujours plus grande dans son autofiction afin qu’il puisse l’avoir entre deux chaises sans jamais tomber

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Publié dans #Je est un autre, #autofiction, #citation, #egotrip, #écriture, #ébauche, #Souplesse

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Publié le 11 Mai 2014

Sans se poser de questions, je me lance parfois dans la rédaction d’un article avec une idée claire et parfois même très précise de ce que je vais et veux dire. Mais il y a plus d’un jour et souvent de nuit, comme ce soir, je me lance sans filet, sans me poser de questions, sans savoir où cela va me mener. D’ailleurs, parfois, surtout avant mais c’est devenu plus rare, je me lance au hasard des mots, je tâtonne durant quelques lignes, je ponds de mauvaises phrases et puis soudain jailli quelque chose d’intéressant, poétique ou intelligent, politique ou surréaliste, en tout cas une chose que j’aime ; souvent je me disais que j’avais une écriture au diesel et toujours je gardais la pollution pré-phrases intéressantes ; par paresse mais aussi parce que j’aimais à me dire que ces traces là sont le limon ou plutôt le substrat de mon écriture ; une couche de merde et puis une couche de jaillissement verdoyant si je veux filer la métaphore. C’est un triste constat aussi que de se dire que l’on n’est pas maître de sa prose, que je ne suis qu’une sorte de guide, de chien de berger qui accompagne des mots sur un écran jusqu’au moment où les mots décident de se mettre en forme, en place, en idée ; la place de l’écriture n’est pas dans cette passivité. Enfin ce n’est qu’une posture, je suis toujours celui qui frappe le clavier et donc qui donne forme à tout cela, mais la sensation d’être spectateur de ma prose est bien réelle. Et ce soir, qu’est ce que cela donne ? Je vous en laisse le jugement.

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Publié dans #Je est un Blog, #écrire, #écriture, #ébauche, #egotrip

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Publié le 9 Mai 2014

Elle a de gros seins bien sûr, mais elle a surtout un visage d'ange triste, un visage qui transcrit et transmet des émotions et justement des émotions en lien avec le fait d'être une femme avec des gros seins et en montrant sa poitrine au moins généreuse, elle exprime dans ses yeux, son visage, dans la plissure de sa bouche une forme de tristesse, comme si elle savait qu'on ne verrait plus que ça, plus que ses gros seins et elle est belle de cela, belle parce qu'elle éprouve de l'émotion et que cette émotion est triste et que sa tristesse s'ancre dans la protubérance de sa poitrine que pourtant elle exhibe ; elle est belle de sa contradiction

l'autofiction était pleine de femmes, de gros seins et de femmes qui les dévoilent

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Publié dans #autofiction, #sein, #érotisme, #Ponctuation, #Prose, #écrire, #écriture, #ébauche, #Débauche, #recyclage

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Publié le 5 Mai 2014

Hier, une jeune femme pleine de charme et de discrétion me posait cette question : la sexualité est-elle toujours soumise à la morale ?

La première chose qui est venue dans mon esprit comme réponse, c’était oui. Oui, c’était évident pour moi que la morale porte toujours sur la sexualité un regard inquisiteur. Et puis j’ai eu le temps de parler avec elle, et puis j’ai eu le temps d’y réfléchir, de me reposer la question et de tourner autour. Est-il si évident que notre sexualité est soumise à notre morale ?

Oui bien sûr.

Bien sûr que non.

Pourquoi est-il si difficile de se décider ? Parce qu’il est évident, logique et immuable que la morale conditionne - elle mais pas qu’elle - notre perception du monde, de la réalité, des autres, de nous et bien sûr de la sexualité. Il paraît logique de répondre oui, parce que nous ne pouvons pas nous soustraire à un regard morale sur ce qu’est le sexe, nos sexes, l’unions de nos sexes. Mais oui, mais justement, mais bien sûr ! La morale / notre morale ; nous nous encombrons de deux mots identiques pour supposer deux concepts aux tranchants différents.

Ainsi, la question que cette jeune femme voulait soulever en moi était peut-être la suivante : la sexualité est-elle toujours soumise à la morale sociétale et quand est-ce que la sexualité parvient à passer sous le joug de notre propre morale ?

Vous aurez remarqué que les jeunes femmes tournent les questions avec bien plus d’élégance que moi qui parvient toujours à alourdir les questions de digression inutiles.

Je crois que nos différents siècles, je veux parler de ceux qui ont eu le loisir de construire notre culture au sens le plus large que l’on puisse espérer, ont par plusieurs époques érigeaient des morales en ruptures avec l’ordre morale dominant, religieux ou républicain. Sous la plume de libertins, de libertaires, de philosophes, de poètes ou de pamphlétaires la morale était ébranlée et les lignes délimitant le bien et le mal dans la société bougeaient. La sexualité alors s’ébrouait comme un cheval sauvage ou un félin retenu trop long en captivité et elle feulait sauvagement en conquérant de nouveaux territoires fantasmatiques. Ensuite, petit à petit, l’ordre morale dominant dicté par le consensus et l’inertie de la doxa reprenait son rôle de dictature silencieuse de ce qui est ou non morale et la sexualité tombée alors à nouveau sous le joug d’un ordre morale.

La coercition de la morale sur la sexualité par l’ordre morale ; culpabilité, honte, frustration et  le refoulé du fantasme. Et parfois, par le truchement des plumes, des queues et de cons et un souffle emporte les corps et libère fantasmes et pratiques avant d’être reprit et remit en cage.

Alors oui, bien sûr que nous vivons sous la soumission de la morale au sens d’ordre morale.

Mais bien sûr que non, parce qu’actuellement la morale au sens de valeur personnelle, individuelle et propre à chacun est en berne. Avoir un sens morale, se forger un sens morale et une morale qui puisse exister en marge de l’ordre morale dominant est un travail sur soi nécessitant effort, volonté et une culture suffisante ; or rien ne cela n’est plus à l’œuvre dans l’actuelle temps de notre société. Le temps trop court de la consommation des masses par la masses et pour la masse ne laisse à personne l’idée contre-productive de se forger un sens morale en marge de la dominance. Alors en un sens aujourd’hui nos sexualités ne sont plus soumisses au regard inquisiteur de la morale mais à celui plus insidieux encore du conformisme. Dans un monde qui à accouchés des plus étonnants outils d’asservissement du peuple à une exhibition forcée, les réseaux sociaux, l’hyper médiatisation de soi conduit les gens et la sexualité à se jauger sur un mode comparatif et presque productiviste ; or cette posture est en soi a-morale, dépourvue de morale et d’ambition morale. Alors de fait je devrais pouvoir dire que la sexualité se trouve aujourd’hui affranchie du regard de la morale mais pas affranchie d’inquisiteurs pour la juger malheureuse.

Sans prendre la peine de reforger pour soi une grille morale personnelle nous continuerons de faire errer nos bites et nos chattes dans le conformisme d’une pensée dominante fondée sur la pauvreté intellectuelle de son temps, triste temps.

Je remercie cette jeune femme d’avoir soulevée cette question et je m’excuse de n’avoir fait qu’évoquer des pistes de réponses ; je manque de temps pour construire une réponse plus dense.  

L'éducation visuelle des années porno chic sur nos valeurs morales & sexuelles a fait bouger les lignes de nos ambitions sexuelles, oui mais ça, c'était avant ...

L'éducation visuelle des années porno chic sur nos valeurs morales & sexuelles a fait bouger les lignes de nos ambitions sexuelles, oui mais ça, c'était avant ...

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