Articles avec #divagations diverses tag

Publié le 27 Octobre 2015

[...] Chaque matin révélait un peu plus de désespoir dans ses veines, comme si la nuit ne s’était pas tout à fait levée mais qu'elle s’était glissée sous sa peau pour disparaître aux yeux des autres. C’était ça son drame et il le portait comme un mutant assume son pouvoir, le pouvoir d’avaler la nuit, les millions d’insectes nécrophages, les noctambules et tous les gens ivres, les désespérés et la culpabilité des couples adultères. Mutant contre héroïque sans masque, sans costume, il se levait sans slip, errait nu jusqu’à ce que l’hiver laisse son appartement trop froid. Ni de ça vie, ni de sa marque il pouvait prétendre les avoir choisi comme il ne choisissait de s’endormir ou de subir ses insomnies. La passivité c’était installée insidieusement, le poussant chaque jour un peu plus profond dans son siège de spectateur de sa propre vie. Il n’avait même pas choisi sa place et n’avait pas pu se rincer l’espoir dans le décolleté d’une hypothétique ouvreuse ; spectateur d’un écran noir dans une salle où la vie mettait au rebus les reliquats de la nuit. Et pourtant il s’était fait non sans raison, une vocation de transcender ce marasme. Do it yourself qu’ils disaient dans l’air du temps, c’est ce qu’il allait faire. Construire sa propre bombe faite des briques et des débris qui échouaient jusqu’à lui. [...]

Une table de poker

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Publié dans #autofiction, #Divagations diverses

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Publié le 25 Octobre 2015

Il s’adossait souvent à un immeuble. Seul, le soir, et parfois c’est à une falaise qu’il s’adossait, toujours seul, toujours le soir, toujours pour regarder et parfois pour y écrire. Il avait besoin de se sentir acculé. En tout cas il s’était convaincu de cela pour supporter le fait de l’être. Alors s’assoir au pied du mur ça sonnait bien. C’était sa façon de donner du corps à son idée. Écrire parfois, s’assoir le reste du temps. Et entre deux, entre ces deux extrémités hésiter, résider assit adossé à une falaise. Dans une autre vie il aurait pu être chanteur ou peintre en bâtiment. Il n’était ni l’un ni l’autre et le temps courait à son poignet.

Les lignes rouges

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Publié dans #Divagations diverses

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Publié le 24 Octobre 2015

Il y a des choses insupportables. Et d’autres qui sont insupportables. Il n’y a pas de différences entre ces deux choses et pourtant elles sont fondamentalement identiques et donc différentes. On refait toujours la même chose, les soirs, les jours, toujours la même chose et à chaque fois les choses sont différentes, geste identique chose différente. Et il en va de même avec les choses insupportables, choses insupportables et d’autres choses insupportables et pourtant parfaitement distinctes et si l’on sait que les deux existent c’est que l’on tolère ouvertement et facilement certaines alors que les autres nous sont tellement insupportable que l’on ne peut même pas tolérer de reconnaître qu’elles le sont, des choses qui sont tellement au dessus de notre seuil de supportabilité que l’on préfère les nier de notre existence. Insupportable horloge au tableau des minutes.

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Publié dans #Divagations diverses

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Publié le 4 Octobre 2015

Une approximation couleur d’Anjou.

Il n’y a pas de doute, un ou deux, un enjeu.

Il c’est l’engin, elle c’est le chantier.

Et dans le nez des odeurs d’automne, un automne interne, de l’intérieur.

Il y a de quoi égrainer des points et des graines de courges.

Lui, il compte les pages, petite et grande page et les ballons de baskets orange.

Il faut compter avec le désespoir qui lui, arrive comme un roi dans une salle de balle.

Dantesque de minutie.

Une machine à écrire claque.

Il y a le corps qui s’exhume d’un lointain plaisir, ancien.

Et sous l’arbre héroïque qui recycle la nature des choses,

Une reine dort, s’endort, somnole sous un automne sournois qui lui tombe dessus.

Crash de feuilles mortes et de bouquets séchés.

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Publié le 3 Octobre 2015

Ils sont beaux les gladiateurs. Ils sont beaux, comme endormis dans le sable noir d’obsidienne de l’arène. Ils pourraient presque avoir l’air paisibles, en paix avec leurs rêves. L’arène gronde, elle bouillonne d’une ferveur sourde qui n’attend qu’eux pour exulter. Une dizaine d’hommes et de femmes même pas tous taillés dans la chair dont se délectent les combattant, mais tous là pour jouer leurs vies : mais ils ne le savent pas encore. Certains bougent, ils émergent, la ferveur rugit et descend comme une coulée pyroclastique depuis le haut des gradins et les gladiateurs, hébétés, se prennent la violence de la ferveur. Certains sont galvanisés, la plus part pétrifiés. Un jeune garçon c’est rué vers le pilier de marbre en lévitation le plus proche de lui, avec l’agilité d’un singe il grimpe vers le cube irradiant d’une aura rose. Ils sont enfin tous éveillés, paniqués et submergés par l’adrénaline, je jubile, ça va enfin commencer. Les esclaves tirent les immenses battants de la portes de bois et métal, elle gémit et vomi bientôt une créature immonde. Elle ressemble à un gigantesque porc, une truite parce que de nombreuses mamelles pendent sous elle, une truie gigantesque, sa peau suinte un liquide noir poisseux, un pauvre homme qui a voulu sauter sur elle est engluant contre son flanc et la truie l’écrase contre un mur de l’arène. Sur ce corps de truie titanesque une tête lisse et aveugle comme celle d’un nourrisson beugle d’affreux borborygme.

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Publié dans #Divagations diverses, #écrire, #ébauche, #SF, #jdr

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Publié le 13 Septembre 2015

Treize et un qui font la suite, un humain en air de liberté, orage orange au dessus du crâne, orage neuronale en dessous ; c’est un territoire de béton et de bitume, le terroir urbain, un bout de terre et un nappage de civilisation – impure – pour enrober l’idée que nous avons tous plus qu’un pied à terre. Trémolos dans les doigts, insistance érotique, assistant de la misère et artisan de la magie ; homme de peu, et roi de rien, de tout à faire et de la fumée au balcon qui mieux que les seins ré-entre par la fenêtre, du balcon à la fenêtre, incendiaire voisine, incendie voisin, le peuple pyromane n’aura pas de peaux à tendre sur ses tambours et le tonnerre seul fera jaser le ciel et foudroyer la nuit. Y’a un putain de poète climatique qui tag le ciel de zèbres fous et de tâches nuageuses dégueulasses ; bombes climatiques pour toutes les eaux des ciels qui ne coulent pas depuis tes yeux, lacs salés des sirènes sourdes ; et quelques satyres mes amis pour les pêcher depuis les rives et les lendemains qui chantent ou enchantent les jours. La foudre sur mes souvenirs, et les rues sous les eaux et les pas qui s’avancent dans la jungle neuronale ; encore et fin.

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Publié dans #Divagations diverses

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Publié le 2 Septembre 2015

Je découpe les filles pour mieux m'en sortir, m'en sauver et les contrôler. Je ne contrôle pas les filles mais je contrôle l'impression de contrôler les filles et ainsi j'ai l'impression de contrôler ma vie, l'envie et mes envies ; découper les filles et espérer entrer en elles, les faire entrer les cases bien trop nombreuses, parfois trompeuses, de mes fantasmes.

Variation en Je mineur

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Publié dans #Divagations diverses, #citation

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Publié le 1 Septembre 2015

Je découpe le temps pour mieux m'en sortir, m'en sauver et le contrôler. Je ne contrôle pas le temps mais je contrôle l'impression de contrôler le temps et ainsi j'ai l'impression de contrôler ma vie ; découper le temps et le faire rentrer dans les cases trop peu nombreuses d'un agenda.

Lièvre de papier pixel temps

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Publié dans #Divagations diverses, #citation

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Publié le 25 Août 2015

Noir feu black peur ; la place des coussins et la chaleur séductrice trace sur la peau de coton le contour inexacte d’une courbe gironde. Un point pour une respiration, haletante. Je n’ai peut-être pas le talent qu’il faut mais j’ai le courage de trier tous mes mots au cordeau. Il fallait mettre de thé dans son eau. Et de l’eau dans sa tasse. La barre sur les T et les étais dans la mine. Il toujours, fallait, faudrait, fallu, faire bien mieux parce que là c’est très mauvais, trop modeste, pour ne pas dire véritablement médiocre. Coloré comme la terre par les ocres et l’épée du héros pas le sang des orcs, rouge sous leurs peaux verte ouvertes de plaies béantes un peu effilées mais très efficaces. Je ne vais pas trahir une nation qui serait née sous un roc, alors je vais, comme toujours, taire ma voix comme l’on conserve le secret d’un trésor, une croix sur une carte, emplacement que l’on se transmet sans se donner la vérité du lieu roulé dans le verre de la bouteille que l’on réserve à la mer. Mais je ne suis pas héros, pas plus que pirate, je suis juste moi, ici présent comme un étendard d’un internet du banal.

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Publié le 16 Août 2015

Il faut extraire toujours quelqu’un de quelque part.

C’est une guerre de la montre, je regarde le compteur, pas assez pour se dire que ça fait cinq cents mots en deux petits tas.

Un tas haut et l’autre qui fait un tabac.

Et même moins encore, on peut compter son décompte sur les milles doigts du seul homme avec des cicatrices de sang sur le dos de la paume de la main.

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