Articles avec #digression tag

Publié le 16 Janvier 2017

Il y a un ciel sous lequel demain le froid donnera dans le cristal. Sur le goudron des rues et les bétons des armes citadines, de la fumée posthume et la vapeur volute qui sorte des bouches goulues dans le matin triste, la tonnelle ne donnera plus de miel aux fleurs des abeilles, et le tonnelet de vin est vide, comme la saison d’hier et la vie demain qui échappe la fumée, le brouillard se fendille et la mousse des bières frappe les esprits encore sobres ; les hommes séduisants et l’odeur du malte qui rendent les femmes rousses. La voiture sous la neige du parking attend que Charon paie son parcmètre, quelques pièces d’or et des ossements fossiles à la place des yeux. Et elle pourra aller de borne en borne griffer les kilomètres qui déroulent sous les fesses des trônes. Elle ne savait pas, et elle ne le sait pas. Mais elle donnait du trône dans les toilettes du restaurant et ça sonnait bizarre, sans qu’elle ne devine qu’il trouvait cela séduisant, c’est sa naïveté qui donnait de la moelle, une greffe osseuse sur son corps de ligne, et le crayon gras au bord des yeux pour tracer d’une ligne la direction à prendre.

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Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #Divagations diverses, #Chronique chaotidienne, #Digression

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Publié le 8 Septembre 2016

Sa femme était en train d’avoir ses règles sur leur guitare électrique. Ce n’était pas plus gore que d’habitude ; comme à chacun sa liberté d’éponger ses menstruations, il respectait le droit de sa femme de les vider sur une guitare. Après tout, après, quelques jours après, le sang coagulé en cloaques rouges, noirs, pourpres, sonnait toujours très bien.

Lui finissait son bol de lait. Du lait froid, pas un truc tiède et chaud issu de la pie d’une bête ou du sein d’une femme. Un lait industriel issu d’une bouteille pasteurisé ; la seule chose que l’on puisse confondre avec un acte dévot. Il avait du lait plein la moustache, il coulait en gouttes lactées dans sa barbe.

Il se préparait à écrire invisible. Il écrivait dans le dos de sa femme et derrière les paupières de nombreux lecteurs. Il lui avait fallu du temps pour affirmer son style. Pas moins de 222 mots. Ce n’était pas beaucoup avant de trouver son style puis l’écrire là où l’on ne peut pas le lire.

Il fît une pause.

Puis il lâcha une rafale.

Il but un verre d’eau tiède.

Sa femme saignait toujours, maintenant sur la télécommande.

Et il écrivit cela

Continuons de croire que nos peuvent être compris et entendus auprès de ceux à qui nous les dédions et tenons bon. Je sais que c'est difficile, mais je sais qu'il y a des personnes avec qui la compréhension réciproque est effective.

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Rédigé par Monsieur C

Publié dans #Dialogue de sourd, #Digression

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Publié le 31 Juillet 2016

Et pas sûr que ce soir, aussi et non plus, la barre des deux cents.

Et même en dessous de cela, c’est acte de libération de soi.

Ou pas.

Non d’une flûte en plastique chinée au marché aux puces.

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Rédigé par Monsieur C

Publié dans #Digression

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Publié le 30 Juillet 2016

Il n’y aura rien ce soir, rien d’autre que la chaleur et le poids de l’atmosphère d’une nuit d’été.

Parfois, des mots, c’est de trop.

C’est rare oui, mais ça arrive.

Ils se dispersent en sueur de mots sur de l’asphalte de mots.

Une cité.

Une suée.

Sauna russe, finlandais ou d’autres pays froids.

Pas besoin de ça ici ce soir.

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Rédigé par Monsieur C

Publié dans #Digression

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Publié le 3 Juillet 2016

Sans merde, je blague à part, c’est nul.

Sans blague, merde, je suis nul comme l’est cet article.

Oui, je n’ai rien à dire, nous sommes dimanche.

Non, je n’ai rien  à dire car nous sommes dimanche.

Je suis un manche, un poile dans la main d’un manchot incapable, c’est pour dire.

Oui c’est tout dire.

Dire tout et son contraire, dire tout et mon contraire, dire tout est mon contraire, à supposer que je ne dise rien.

Le menteur est au contraire de celui qui dit tout, parce que le menteur est celui qui ne dit rien en disant tout.

Et il creuse toujours.

Il se creuse la tête.

Et je creuse le fond.

Et il et je nous nous croisons quelque part.

Je bois un verre de thé froid jaune pisse, pisse froide et claire.

Je note bien que ça avance, et je compte les pas.

N’est-ce pas ? Oui c’est.

Pour les trois quart terminé et pour le dernier à faire, vite et bien ; comme la langue de pleutres.

Faut pas tout croire, et bien apprendre à lire entre les lignes axiomatiques de mes neurones.

Un dernier verre de cigüe et je ne mourrai pas.

Droit au but, l’œil aigue et l’aigle au dessus du crâne comme l’auréole des anges.

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Rédigé par Monsieur C

Publié dans #Digression, #Divagations diverses

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Publié le 21 Juin 2016

Plus je suis moche, intègre et fou et mieux je me sens moi. Plus je déverse ici l’insensé de mes désirs, l’outrance de mes fantasmes, la perversité de mes pulsions, l’outrage de mes obsessions, autrement dit plus je suis sûr que la crudité nue de mon âme reflète la médiocrité de mon corps et mieux je me sens libre d’être moi. Donc plus je suis sale et plus je me sens sincère ; sans pour autant être sûr du taux de souillure de ce que je dévoile ici car le puritanisme étant maladroitement réparti dans la société, la souillure de l’un et la dorure de l’autre ; et d’un jeu de pisse piteux à l’odeur âcre aux jet dorés d’un jaillissement cristallin qui réjouit l’homme lorsque le flot brûlant tombe et coule sur sa fierté bandée il n’y qu’une infra mince frontière de mots, de morale et de culture ; une frontière indistincte qui oscille et qui fait vaciller le droit chemin de sa destinée divine. Je ne sais pas si j’écris pour constituer cette frontière mouvante, ou si au contraire les mots que je dévoile depuis le siège humain qu’est mon cervelet biologique viennent fissurer cette frontière pour la faire avancer ou reculer voir disparaître au profit d’une nouvelle. 

J’écris ici pour cela ; pour être moi et un être-soi qui bande histoire d’avoir une arme en plus de mon clavier pour partir à la guerre ; et surtout avoir une raison de vaincre et de revenir parce que la perspective d’une femme qui ouvre son sexe et ses bras c’est la meilleure façon de me faire dévaler les montagnes que je ne saurai pas détruire. 

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Rédigé par Monsieur C

Publié dans #Digression, #érotisme

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Publié le 26 Février 2016

Est-il encore judicieux de faire des choses, des films, des photos, des histoires, des romans, des jeux, des objets culturels ?  Faut-il encore créer ces choses-là dans ce monde-là et avec ces outils-là qui sont les notre ? Dans un temps indistinctement reculé par rapport à mon siège je me souviens que l’on disait parfois ; à quoi bon faire de la poésie après Victor Hugo, à quoi bon faire de la sculpture après Michel Ange, à quoi bon faire un jeu de plate-forme après Super Mario Bros ? Nous nous posions ces questions comme nous aurions pu ériger des prétextes à nos médiocrités ; ce questionner de la sorte ce n’était pas abdiquer mais seulement témoigner de notre volonté de créer et de notre humilité à la lumière des lanternes de nos classiques.

C’était un temps, c’était avant.

Aujourd’hui lorsqu’il arrive que je me questionne ce n’est plus sous le jour artificiel et subjectif de mes lanternes d’antant. Si je me demande s’il est encore légitime de créer des choses culturelles ce n’est pas parce que de nouveaux maîtres auraient imposé de nouveaux classiques faisant monter d’un cran le cap de la qualité infranchissable; non, si je me questionne c’est parce que la plèbe, armée d’outils de création et de propagation massive produit en masse de la médiocrité créative. Et tout cela est déversé sans limites raisonnables sur les réseaux sociaux, les sites et les canaux numériques jusqu’à saturation. Ils sont tous là, partout, les poètes de pacotilles, les cinéastes à la petite semaine, les romanciers boutonneux, les photographes poisseux, j’en passe et des biens pires, tous les créatifs qui ne savent faire la part de marketing et de l’art, tous les pulsionnels adipeux et les dépressifs de la prose, une armée bien vivante qui marche sur l’art, la culture et la créativité avec le pas lourd des victoires invisibles.

Et quand je m’assoie parfois au bord de ce fleuve boueux, puissant et implacable, quand je m’assoie moi, créatif et poète façonné à la mamelle du doute, de l’esprit critique et de l’ambition égotique je ne peux qu’hésiter. Ne serait-il pas salvateur que je ne rajoute pas mon ruisseau à ce fleuve bourbeux ? J’agite dans mon esprit courroucé la vacuité d’un tarissement salvateur et utopique de la médiocrité comme un acte de foi. Est-ce que me montrer à la hauteur de mes ambitions ça ne serai pas de me taire ? Pénitence de me merde ! Je sais que je ne suis pas de ceux qui trouveront une échappatoire dans la pénitence de mon âme ; alors je suis très bien que je fini toujours par me jeter au fleuve comme d’autres vont au Gange. Et si je ne parviens pas à surnager, je peux toujours pisser dedans.

Faut-il s'arrêter de créer ?

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Rédigé par Monsieur C

Publié dans #créer, #Je est un Blog, #Digression

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Publié le 6 Janvier 2016

Ça pourrait être toi. Et ça pourrait être moi. Ça pourrait être nous. Toi et moi, ou ça aurait pu être vous, toi et lui, toi et lui, et pourquoi pas moi et elle ? Et vous et moi non ? Oui ça pourrait être nous, vous et moi et taisons le vouvoiement pour la rigueur délassée du tu. Quand je vois cela et lorsque j’y pense je suis ému, je regarde ces vieilles photos où j’étais un autre et je tremble de l’intérieur ; l’interroge le regard étranger de celui que j’étais en me demandant comment nous sommes devenus lui et moi de si lointain cousin, et même pas incestueux.

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Rédigé par Ceci est un blog

Publié dans #Digression

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Publié le 2 Janvier 2016

Je ne sais pas si toi lecteur tu imagines comme le principe de ce blogue est contre productif, contre instinctif et que plus généralement le principe de venir chaque jour écrire un article différent à partir d’une page blanche est une conception de l’écriture qui est à l’opposé de ce que peut et devrait être la littérature. L’écrivain, aussi prolixe soit-il, sait qu’il peut travailler dans la durée le même matériau, c’est ce qui rapproche l’écrivain de l’artiste, il compose son travail sur de longues durées autour du même matériau, le bronze, la peinture, l’argile, le marbre ou dans le cas de l’écrivain une idée de texte, de nouvelle, de roman, de narration. Dès lors qu’il tient son idée, idée qui peut se référer à une forme d’inspiration mais qui souvent relève plutôt de l’obsession, alors il peut travailler et faire acte d’écriture. Il n’a pas à s’angoisser de l’idée, de l’inspiration, de ce qui sera son sujet ou son thème ; quand il tient sa ligne directrice ou éditoriale il peut focaliser son esprit sur une production purement littéraire, chercher ses mots, tourner ses phrases, écrire, c'est-à-dire tout réécrire après son premier jet, puis le second, puis le énième. Ce que je fais ici, venir chaque jour écrire un article c’est l’opposé de cela, c’est recommencer le pire passage de la condition d’écrivain tous les jours depuis plus de six ans. C’est du masochisme qui donne naissance à de la médiocrité. Je devrais m’astreindre une ligne éditoriale, une histoire, un thème, un style, qu’importe mais je devrais peut-être m’astreindre à me choisir une ligne directrice pour ne plus patauger dans la perspective du qu’est-ce que je vais pouvoir écrire et pouvoir écrire pour de bon ici comme je le fais ailleurs.

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Rédigé par Ceci est un blog

Publié dans #Je est un Blog, #Digression

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Publié le 21 Juillet 2015

Il y en a une que je ne connais pas dans la hype de l’irl, mais que je connais là ; ici, ivresse numérique ; numérique live style, épistolaire du silence et amusée de la vie comme une muse non muselée. Alors oui un an de plus, une fois encore une année de passée qui est venue avec sa contrepartie de souvenirs et de projets et des amours fous contre des amours foutus en l’air parce qu’elle est toujours là, la folie, qui est souvent la même chose que l’amour. Et là, il y a une bande de déglinguées qui se tape la bise en pleine rue, toutes ensembles pour se souhaiter de bons anniversaire ; invocations impies pour esquiver la mort qui prend les traits du temps qui passe et qui se laisse entrer dans la peau des femmes, filles et des fillettes dont aucune n’échappent à la chape de plombs dont on fait la faux de la dame en noire. Et si je passe par là, la tête par la fenêtre, au-dessus la rue comme un homme au-dessus de la mêlée je vais crier un « bien ton anniversaire, je te le souhaite comme une bouteille vidée de l’amer puis jetée à la mer ! »

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Rédigé par Ceci est un auteur

Publié dans #Divagations diverses, #Digression, #délocaliser

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