Articles avec #dialogue de sourd tag

Publié le 15 Mai 2017

- Faire mieux ? 

- Oui faire mieux je dis !

- Mais comment ?

- En jouant ? Il faut toujours savoir jouer à faire les choses, ça évite de se prendre au sérieux sans empêcher de l’être.

- Tu veux dire qu’il faut jouer à être sérieux ?

- C’est une option, ce n’est QU’UNE option !

- Pas la peine de crier, ça va j’ai compris.

- Je ne cris pas j’écris avec des majuscules, et te plains pas j’aurai pu écrire en gras …

- Ok, ok, je comprends.

- C’est normal que tu comprennes c’est toi qui m’a appris cela.

- Ah c’est pour ça cette impression de déjà vu alors.

- Et finir tous les paragraphes avec un point d’interrogation tu ne trouves pas ça comique toi ? Ou risible voir ridicule ?

- Mais alors pas du tout. Au contraire je trouve cela très beau, le fait que ça revienne à chaque paragraphe je m’étais même fait la remarque que c’était poétique, comme une forme de rituel. En plus je trouve ça tellement agréable, le lecteur à l’impression d’être prit par la main pour l’accompagner à répondre, c’est doux et élégant.

- Whaou je suis d’accord avec ça moi aussi.

- Pas étonnant c’est moi qui te l’ai dis.

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Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #Dialogue de sourd

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Publié le 29 Mars 2017

Il m’arrive parfois d’utiliser mon téléphone et la saisie vocale de Google pour noter mes idées et faire des brouillons facilement et rapidement. Ce n’est pas idéal pour écrire, en revanche je trouve que cette formule est une bonne façon de retranscrire à la volée le bouillonnement de mon esprit à un moment donné. Jusqu’à présent je suis plutôt bluffé par la qualité du service. Aujourd’hui j’étais dans les bouchons, j’avais les fenêtres ouvertes et la radio parlait fort lorsque j’ai voulu utiliser la technique pour ébaucher un article. Et je me suis rendu compte que dans ces circonstances l’application ne captait qu’un sens très relatif de ce que je voulais dire. J’avais beau faire des efforts, prendre soin de bien articuler, parler fort et même crier, rien n’y faisait.

Je voulais dire : Il y a cinq ans j’ai beaucoup hésité avant de donner mon vote. Je vous laisse avec les nombreuses approximations interprétées par la saisie vocale parce que j’ai trouvé ça très amusant.

Il y a 5 ans j'ai beaucoup les idées agréablement votre il y a 5 ans j'ai beaucoup hésité avant d'arriver mon votre il y a beaucoup hésité avant il y a 5 ans et j'habite hésité avant de donner mon Mathias en congé beaucoup hésité avant de donner mon pote il y a 5 ans il y a 5 ans j'ai beaucoup c'est super abandonné mon votre il y a 5 ans épuisé il y a 50 ans et beaucoup plaisir avant de donner mon vol il y a Kiabi il y a 5 ans j'ai beaucoup hésité à donnez-nous votre il y a 5 ans j'ai beaucoup aimé ikea donnez-nous votre il y a 5 ans j'ai beaucoup hésité donner mon boss

La saisie vocale de mon téléphone Android

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Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #écrire, #Chronique chaotidienne, #Dialogue de sourd

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Publié le 10 Janvier 2017

Nous parlions vulgarité orale et littéraire. Je lui disais que les murs des toilettes publiques sont de vrais livres à ciel fermé et que je les trouve intéressants parce qu’il se rédige sur leurs pages sales et souvent poisseuses une véritable poésie de la vulgarité. Elle m’a répondu que les toilettes autour de chez-elle n’étaient pas très cleans. Je ne voulais pas entendre sa remarque comme la simple constatation d’une donnée de propreté parce que je voulais voir dans sa réponse une expression de ce qui sépare parfois mâles et femelles. Je trouve ça triste de ne pas se sentir à l’aise dans les toilettes, mine de rien c'est un haut lieu de l'intime alors autant savoir s’y sentir bien.

Je ne peux pas nier que les toilettes publiques, lycée, fac, boulot, café, et plus globalement partout où l’on se vide et se soulage hors de chez soi, sont régulièrement des lieux malpropres, pas propres. Pourtant hommes et femmes y ont une perception très différentes. Les uns peuvent prendre le temps de lire ou de rédiger de la prose de chiotte pendant que les autres s’appliquent à se sortir plus propre qu’elles y sont entrées. Ici se creuse alors la ligne de faille qui fracture la distance comportementale entre l'homme et de la femme dans leurs rapports aux lieux d’aisances. Les femmes sont amenées à devoir poser leurs fesses et exposer une part de leur intimité à cet espace souvent insalubre. Elles se sentent alors vulnérables à une attaque impures, impropres. Des armes bactériologiques les obligent à donner dans l’acrobatie métaphorique et réelle qu’elles doivent mener pour réussir à vous soulager en jonglant avec l’hygiène douteuse et la promiscuité sanguinolente des semblables qui se risquent elles aussi à vider leurs vessies. Et cette tension induite ne leur laisse pas le répit nécessaire pour lire la prose souvent créative qui gravite sur les parois des chiottes.

Les hommes sont suffisamment équipés en matériel anatomique et en pauvreté psychique pour faire usage des toilettes sans se soucier de l’hygiène. Leurs intimité mécanique leur permet de se sentir serein les pieds dans l’urine et leur psychologie archaïque de nature qui ne s’inquiète pas de subir les assauts de l’insalubre et du glauque. Je suppose que c’est pour cela que nous pouvons prendre le temps de lire et parfois d’écrire cette prose qui macule les murs des toilettes.

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Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #Dialogue de sourd, #pipi, #autofiction

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Publié le 20 Septembre 2016

Elle : Il y a deux mondes qui coexistent en moi.

Lui : Tu sais j’envie ceux que tu as habilités à franchir cette frontière en toi. Moi je n'ai qu'un seul monde à l'intérieur, mais nous sommes des dizaines de variations dégénérées à le peupler.

Elle : Alors j'envie l’audience démultipliée que tes pensées trouvent dans le fond de ton crâne.

Lui : Oh ça oui, tu peux. Mes intérieurs dégénérés valent tous mieux que moi.

Dialogue d'usine

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Rédigé par Monsieur C

Publié dans #Dialogue de sourd

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Publié le 8 Septembre 2016

Sa femme était en train d’avoir ses règles sur leur guitare électrique. Ce n’était pas plus gore que d’habitude ; comme à chacun sa liberté d’éponger ses menstruations, il respectait le droit de sa femme de les vider sur une guitare. Après tout, après, quelques jours après, le sang coagulé en cloaques rouges, noirs, pourpres, sonnait toujours très bien.

Lui finissait son bol de lait. Du lait froid, pas un truc tiède et chaud issu de la pie d’une bête ou du sein d’une femme. Un lait industriel issu d’une bouteille pasteurisé ; la seule chose que l’on puisse confondre avec un acte dévot. Il avait du lait plein la moustache, il coulait en gouttes lactées dans sa barbe.

Il se préparait à écrire invisible. Il écrivait dans le dos de sa femme et derrière les paupières de nombreux lecteurs. Il lui avait fallu du temps pour affirmer son style. Pas moins de 222 mots. Ce n’était pas beaucoup avant de trouver son style puis l’écrire là où l’on ne peut pas le lire.

Il fît une pause.

Puis il lâcha une rafale.

Il but un verre d’eau tiède.

Sa femme saignait toujours, maintenant sur la télécommande.

Et il écrivit cela

Continuons de croire que nos peuvent être compris et entendus auprès de ceux à qui nous les dédions et tenons bon. Je sais que c'est difficile, mais je sais qu'il y a des personnes avec qui la compréhension réciproque est effective.

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Rédigé par Monsieur C

Publié dans #Dialogue de sourd, #Digression

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Publié le 4 Août 2016

Clampin : C'est quoi ton truc avec Ophélie Winter ?
Moi : Une lutte contre l'oublie. Une sorte d'archéologie érotique de la vulgarité. Dans le fond (de sa culotte) cette fille était en avance sur le temps des vacuités.

Hmme atomique

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Rédigé par Monsieur C

Publié dans #Dialogue de sourd, #Homme atomique

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Publié le 23 Juillet 2016

C’était l’hier dans le blanc de mon cœur, des moustaches et des cheveux flous, vaguement longs disent les autres. Toi, gentille hier, maîtresse du ter-ter, un peu mémère de la mer-mer en temps d’estivaliers sur les routes, des routiers et des roturiers aussi parfois, tu balances des lignes ; j’oubliais de mettre mes points à la ligne, tu en mets avant les tiennes, tu joutes de la punchline comme la crevette de l’aquagym, avec du cœur et le sens inné de la désuétude.

Non mais tu es sérieuse ? Je veux dire avec moi parce qu’avec toi tu joues comme le sens, mais méchant tu y crois vraiment à ça toi ? Tu le crois ça ? AHL production ! Je ne suis pas encore parti que déjà je n’en reviens pas, tu revis ça avec les champignons d’un Absolem mais n’oublis pas qu’ils sont assommants et que les assonances ne peuvent conduire qu’aux dissonances ; je ne vois que ça, je ne vois pas pourquoi mais ça tangue pour toi comme la carlingue d’un Titanic un soir d’iceberg.

Si ce n’est pas triste c’est que tu es drôle, et si j’y pense c’est que c’est joyeux, un septième d’une petite pièce en blanc acte de théâtre. Mais si, et en bon triste sire que je suis, je suis sûr que tu sauras trouver du sens à tout cela, c’est ce qui tisse la toile sur laquelle tu tapisses comme à Lisieux un drôle de drame mythologique ; inexorablement tu remets ton ouvrage sur le métier et tu espérer tisser un trame qui fasse du sens pendant que je tise peinard  des rimes d’auteurs bien plus qualifiés que moi.

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Rédigé par Monsieur C

Publié dans #Dialogue de sourd

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Publié le 17 Juillet 2016

Un jour il faudra que tu parles, que tu sortes de tes retranchements et que tu affrontes tes sentences à la lumière crue de tes prétentions. Tu parles peu, tu jactes beaucoup et tu délivres une petite musique été comme hiver qui parvient à mes oreilles avec une irrégularité qui pourrait passer pour du mauvais son. Ce n’est pas une cascade, rien d’une catharsis, un flot tumultueux comme le songe d’une nuit d’avril, juste un ruisseau, un pissadou sans danger.

Cest bien beau tout ça, mais je n’y crois pas.

Je ne crois pas en toi ; rien ne m’évoque quelque chose.

Tu n’éveilles aucuns intérêts chez moi.

Et c’est bien triste, parce que tu sembles bouger les lèvres, bouger les doigts et pour un peu cette phrase pourrait sonner comme un jeu sexuel. Mais à la différence du sexe, tu ne me touches pas et ça commence à devenir gênant. Pour un peu on va se croire à la fin du banquet du mariage d’une cousine éloignée ; et toi qui parles un peu fort dans l’indifférence des convives.

Je trouve cela triste.

Même pas un pincement au cœur.

Même pas un coup de colère.

Je ne peux même pas revendiquer du cynisme, ni même de l’indifférence.

Je suis juste un peu gêné pour toi.

C’est bien dommage, nous pourrions jouter, joyeusement se pourfendre avec un point de romantisme et d’épique envolée, nous pourrions d’autres choses mais il n’en ai rien.

Est-ce là ta limite ?  

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Rédigé par Monsieur C

Publié dans #Dialogue de sourd

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Publié le 2 Mai 2016

Ma petite amie bouche régulièrement mes toilettes. Littéralement c’est une chieuse, elle produit de grande quantité de merde. C’est beau de savoir que son petit cul déverser de telles quantités de matière fécale dans mes toilettes, des kilos de caca qu’elle essuie à grand renfort de papier toilette, par rouleau entier. C’est ainsi, ma petite amie est une usine à caca, c’est comme ça, c’est la vie, sans faux semblant. La nature des corps, la certitude de l’organique et aucun discourt ne pourra prétendre qu’elle ne chie pas. Et tant mieux, j’aime l’humanité et l’humanité s’exprime souvent au fond des toilettes. 

Mon petit ami il boit beaucoup, de l’eau, de la bière, du thé, alors forcément mon petit ami il pisse beaucoup, il pisse des litres, des hectolitres d’urine plus ou moins jaune, toujours chaude à la sortie. Il pisse partout, avec joie et fierté, il joue avec son sexe comme un enfant s’amuse avec le tuyau d’arrosage de ces parents l’été, il arrose tout et partout. Il urine dehors, il fait pipi sous la douche, il pisse gaiement en sifflotant, jamais honteux, comme une fontaine à urine. Son sexe exhale souvent cette odeur acre de pisse, mais pourtant je l’aime, je les aime tous les deux lui et son sexe et sa vessie de pucelle qu’il vide à tout va.

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Rédigé par Monsieur C

Publié dans #Dialogue de sourd

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Publié le 4 Avril 2016

- Bonjour, voyez-vous la colonne de fumée qui monte vers le ciel ?

- Oui.

- Et bien cette colonne c’est la fumée qui s’échappe de mon esprit. Il n’y est pas brillant, pas particulière chaud, mais il est en fusion. C’est la perpétuelle activité, matin et soir et le midi et le reste, au toilette et au lit, en voiture, sous la douche, au four et au fourneau et même dans le moulin du sexe.

- Tu veux dire toujours ? Tu veux dire vraiment tous les jours ton esprit s’active ?

- Oui, tout le temps, comme une usine qui où des ouvriers sous payés se relayent pour faire les trois huit, ou comme une usine chinoise où des enfants travaillent et vivent sur place pour nous refourguer des baskets ou des smartphones. C’est donc un sacré boxon, bruyant et branlant comme une usine qui tabasse le dos des ouvriers courbés.

- Elles devraient se syndiquer tes idées non ?

- Non, mes idées elles s’en foutent de s’organiser pour lutter contre le chaos sur lequel mon cerveau capitalise. Mes idées sont des putains anarchistes incapables de coopérer. Elles se tirent la bourre pour savoir laquelle sera la meilleure.

- Et alors, laquelle l’emporte ?

- C’est le problème, je fume comme une usine et dès que j’ai la tête tournée elles se barrent d’ici ; directement j’leur colle un blâme pour abandon de poste.

- Est-ce que ça marche ?

- Non.

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Rédigé par Monsieur C

Publié dans #Dialogue de sourd

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