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Publié le 19 Mars 2017

Il fut donné une sépulture décente aux corps calcinés dévorés par le feu et outrager par l’horreur d’indicibles bandits. Dès lors notre petite troupe de voyage était sur le qui vive redoublant de méfiance et de vigilance. Nous ne voulions pas faire chemin  arrière mais nous redoutions que la barbarie des individus ayant commis ces crimes s’abattent sur nous. Nous progression dans un silence épais et la lumière des jours peinait à étreindre nos cœurs d’un peu de chaleur. Declan Harpe faisait œuvre de toutes ces techniques de ruse pour nous guider entre les ombres pesantes des arbres de la forêt et le péril lancinant de la terreur qui nous harcelait lorsque nous fermions les yeux.

Après une nouvelle journée de progression nous arrivions en vue d’une bicoque reculée connue dans la région comme un relais pour des voyeurs éreintés comme nous. L’idée de passer une nuit avec un toit au dessus de la tête me réjouissait d’avance et j’aurai eu tendance à baisser ma garde si notre ami et guide le demi-indien n’avait pas mobilisait notre attention nous exhortant à quelques instants encore de prudence ; des chevaux attachés indiquaient la présence d’autres voyageurs. Nous étions descendu de nos chevaux et progressions à pas prudents sur le sentier tracé par les nombreux les voyageurs qui avant nous étaient venus trouver une nuit de paix ici.

Chacun de nous sentait palpiter con cœur si fort dans sa poitrine que le battement était perceptible jusque dans les paumes de nos mains qui tenaient fermement les crosses de nos armes. Dans le ciel crépusculaire le soleil s’apprêtait à disparaître laissant se répandre dans les cieux la lumière rouge de son sang. Avant que nous ayons le temps d’héler les occupants pour annoncer notre venue la porte volait en éclats et quatre hommes furieux comme des chiens enragés jaillissaient de la baraque en hurlant. Avec une frénésie d’aliénés ils courraient sur nous, certainement ivres de haine et d’alcool, en tirant sur nous une pluie de balles mortelles.

Tout c’est alors passé très vite. Les canons de nos armes crachèrent leurs plombs dans des gerbes de poudre. Dans le chaos de la fusillade les chevaux hennissaient en s’enfuyant. Autour de nous les impacts soulevaient la poussière. L’air devenait irrespirable. La fusillade a duré quelques secondes mais l’intensité outrancière de cette confrontation donnait l’impression que nous traversions une longue guerre. Quelques secondes plus tard, le voile poisseux d’un silence interlope recouvrait pourtant de nouveau le parvis de la bicoque. Nos premiers mots furent pour compagnons afin de voir si nous étions tous en vie. Evidemment nous n’avions pas pu échapper aux morsures violentes des plombs dans nos chairs mais tous nous étions vivant ce qui n’était pas le cas de nos agresseurs.

Nous pourrions croire que c’est la main d’un dieu de miséricorde et de vengeance qui a guidé nos gâchettes pour défendre nos vies, mais je crois plus prosaïquement que si nous nous en sommes sortis c’est parce que nous avions bien plus à perdre que nos assaillants. L’homme qui sait ce qu’il peut perdre sait ce qui le raccroche à la vie et dans les moments où la faucheuse est sur le point de faire basculer le plateau où elle tient votre âme du côté des enfers cela peut vous sauver.

C’était une erreur d’appréciation, tous nos assaillants n’étaient pas morts. L’un deux pourtant blessé à mort à la poitrine continuait de vitupérer contre sa pitoyable fatalité. Nous avons voulu offrir à ce pauvre homme l’opportunité d’une ultime rédemption mais alors que nous cherchions à recueillir sa dernière confession l’homme fulminait toujours. Sur son flanc nous pouvions voir le sang buller depuis la plaie béante qui le déchirait. Au lieu de demander pardon l’homme a revendiqué son sort en avouant que c’était lui et ses frères qui avaient commis l’attaque du prospecteur ainsi que le meurtre et le viol de sa famille.

Si la mort n’avait pas emporté ce rejeton du diable à ce moment précis je suis sûr qu’il aurait continué d’avouer et de revendiquer d’autres barbaries. Je suis convaincu qu’aujourd’hui ces monstres ne manquent à personne. Lorsque fut venu le moment de rassembler les biens, panser nos blessures et reprendre le voyage nous avons découvert les actes de propriétés qui avaient été usurpés au prospecteur. Une famille morte pour quelques feuilles de papier …

Nous avons aussi réalisé que les quatre corps étendant devant nous qui se vidaient de leurs sangs par les trous que les balles avaient laissés dans leurs entrailles n’étaient autre que le gang des frères Jeffret. Sans surprise malheureusement leurs têtes étaient mises à prix. Avant de devenir les bandits odieux qu’ils étaient devenus les frères Jeffret ont connu et commis la guerre. Cette implacable guerre qui avait fait tressaillir tellement de familles dans notre pays, cette irrémédiable guerre qui avait déchiré tellement d’âmes dans notre pays. Si longtemps après, si loin du front, nous payons encore pour les horreurs de cette guerre civile. Combien d’hommes, de soldats, de mercenaires, de jeunes garçons enrôlés, ont été marqués et façonnés par les drames incessants de la guerre et aujourd’hui errent comme des âmes torturées inadaptées à la vie moderne qui nous offre une seconde chance ? Combien de temps allons-nous souffrir des blessures de guerre comme les Jeffret ? Seul l’avenir nous le dira.

Fin.

Ray Nilwood

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Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #ébauche, #jdr, #jeux de rôle, #recyclage, #Deadlands

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Publié le 18 Mars 2017

Cela faisait quelques semaines que je travaillais à un dossier susceptible de déboucher sur un scoop. Mais mon papier piétinait. Je me résolvais à quitter Portland et ses faubourgs où tout avait commencé afin de me rendre à Crimson Bay dans l’idée que la petite bourgade recelait des éléments qui pourraient débloquer mon article.

 Je conseille à tous les hommes désireux de réellement connaître un lieu et sa population de s’y rendre à cheval et non en train. Certes le confort et la modernité du chemin de fer vous permettra d’y arriver plus vite et plus frais. Mais si vous n’entreprenez pas un véritable périple éreintant et difficile qui vous imprégnera de la poussière et de la sueur sous la chaleur étouffante des jours, de l’insécurité des nuits sous les étoiles d’un ciel glacé, ou de l’imperceptible étrangeté de la nature sauvage qui a formé ce décor alors vous passerez à côté de l’objet de votre quête. Si vous souhaitez vraiment entrer dans l’esprit d’une personne rappelez-vous que c’est son environnement qui a façonné son esprit et qu’en vous imprégnant de l’expression sous jacente du paysage vous serez en mesure d’acquérir le meilleur outil de compréhension.

C’est pour cela que je décidais de me rendre à Crimson bay à cheval. J’embauchais un guide, un certain Declan Harpe à moitié indien et à moitié américain. Il acceptait de me conduire jusqu’à Crimson Bay en  passant par les chemins de traverses. Nous nous mîmes en  route accompagnés de deux autres voyeurs préférant comme moi le souffle de la nature à celui charbonneux de la locomotive. Les premiers jours de voyages étaient sereins, Declan Harpe aussi bon guide que trappeur menait le trajet sans heurts.

Arrivés à mi-chemin les sens de notre guide furent  alertés par un sombre présage ; un peu à l’Ouest de notre route une colonne chancelante de fumée grisâtre défigurait le ciel. Il fut décidé de nous dérouter afin  d’identifier la nature de ce mauvais augure. En nous approchant avec prudence nous eûmes l’horreur de découvrir un charriot renversé et le spectacle terrifiant de quatre corps sans vie auxquels quelqu’un avait mit le feu. Le brassier malhabile n’avait pas encore dévoré toutes les chairs et nous pouvions reconnaître les cadavres profanés et en parti calciné d’un homme, de sa femme et de ce que je supposais être leurs deux filles.

Il faut déjà avoir accepté de réveiller le monstre qui sommeil en chacun de nous pour rançonner d’honnêtes gens et jouir sans remords de leurs biens. Mais il faut avoir abandonné tous espoirs en la nature humaine et avoir consommé la chair sanguinolente du monstre errant dans notre âme pour s’adonner au meurtre, au viol et à la torture d’innocentes personnes.

 

à suivre ...

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Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #ébauche, #jdr, #recyclage, #jeux de rôle, #Brainstorming, #Deadlands

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